WHISPERS DOWN THE LANE ✿
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Avez-vous entendu parler de la foire d’automne ? Je crois que c’est la Mairie qui a mis ça en place. Je me réjouis de voir tout cela : il y a des animations pour les enfants, des stands d’artistes, je crois qu’ils vont monter une pièces de théâtre aussi. Sans compter que les commerçants et restaurateurs locaux proposent de bonnes choses à manger…Il y a toujours quelque chose à y faire, peut-être que ça vous plairait. Retrouvez le résumé détaillé de l’intrigue ici !
Tenby, novembre 2020
8°C/11°C ♣ Alors que l’hiver s’approche à grands pas, l’automne s’est bien installée et la pluie balaye régulièrement Tenby. Le fameux brouillard anglais se fait de plus en plus fréquent, alors que les pêcheurs espacent leurs sorties en mer. Quelques tempêtes sont à prévoir, ne vous promenez pas trop en front de mer par grand vent !
La foire fait l’objet de toutes sortes de rumeurs…Tout cela va être riche en événements. C'est toujours une telle joie de voir de l'animation à Tenby, en plus Et puis on a besoin de souffler un peu après toute cette histoire d'incendie... Et vous, allez vous y faire un tour ? Donnez votre avis ici !
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looking for a stranger | Abel

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Terri Greenfeld
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
Terri Greenfeld
TON PSEUDO : Maria
TON AVATAR : Rachel Weisz
TES CRÉDITS : aslaug (avatar), sial (signature), tumblr (gifs)
TA DISPONIBILITE RP : En cours : Emma, Abel, Sam, Luke, Charlie. (5/5)

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POINTS : 202
ARRIVÉE À TENBY : 05/04/2020
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ÂGE DU PERSONNAGE : 44 ans (2 mars 1976)
CÔTÉ COEUR : Célibataire.
PROFESSION : Libraire, ex-chirurgien dans l'armée.
REPUTATION : Elle n'est pas très sociable, et elle n'a pas l'air de trop aimer parler d'elle, c'est dommage, avec son métier...mais surtout, elle est d'une vulgarité sans bornes !


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MessageSujet: looking for a stranger | Abel    looking for a stranger | Abel EmptyMer 22 Avr - 21:49

There's not a soul out there
No one to hear my prayer
Gimme, gimme, gimme a man after midnight
Take me through the darkness
To the break of the day



Après avoir refermé la porte de sa librairie encore embaumée par les substances de peinture et d’ouvrages fraîchement sortis de l’imprimerie, Terri s’était accordé un instant de répit, une bouffée d’oxygène avant une petite cigarette, comme toujours lorsque quelque chose n’allait pas. Exception faite que cette fois-ci, rien n’allait.

Cette brillante idée de s’installer à l’autre bout de la planète et d’y monter une librairie qui n’allait définitivement pas fonctionner lui rongeait l’esprit alors même qu’elle n’avait pas commencé à vendre le moindre bouquin. Elle avait investi pas mal de ses économies et de sa rente militaire pour acheter le fonds de commerce. Elle n'avait même pas pensé à se trouver avant une baraque à acheter dans le coin, et devait crécher encore quelques semaines dans un B&B. Ah, c’était clair, c’était une belle idée de merde ! Mais c’était son idée. Faisant fi des conseils du psychologue qui l’avait diagnostiquée, elle avait décidé de se laisser porter en attendant que les choses s’arrangent par elles-mêmes. Après tout, elle avait bien réussi à berner son commandement pendant huit mois, elle pouvait bien en faire de même avec les gens d’ici… Surtout qu'il suffisait d’aller à la messe deux fois par semaine en habits du dimanche et répéter trois « je vous salue marie » un peu trop près de la Lloyd pour passer pour un enfant de chœur. Tout en laissant lui échapper un mince sourire à cette évocation, Terri poursuivait sa remontée de l’artère principale du centre historique vers l’emplacement de parking de son 4x4 – l’écologie restait encore un concept très abstrait pour elle  – sans même s’attarder sur le décor pourtant d’un charme pittoresque. L’architecture et l’art n’étaient pas sa priorité à cet instant. La réouverture devait avoir lieu dans trois jours et elle était encore loin du compte mais elle demeurait dans un déni total. Après tout, même cette pimbêche de Scarlett O’hara répétait que demain était un autre jour. Alors, en passant devant la devanture de la Five Arches Tavern, elle marqua un temps d’arrêt et considéra la question. Cela ne dura qu'une poignée de secondes : à peine l'idée était apparue à la surface de son esprit qu'elle en était déjà à écraser son mégot de cigarette sur la semelle de sa chaussure et entrait dans ce qui semblait être un pub. Tout en s’approchant du zinc, la brune inspectait de ses prunelles inquisitrices les lieux : de l’alcool, un match en fond sonore et de la testostérone. Le seul traitement qu’elle avait toujours jugé efficace et sans effets secondaires indésirables. En s’installant, elle sentit poindre en elle une bouffée d'excitation : il ne manquait plus que de se jeter dans la mêlée et d’attraper le premier poisson, bien remuant au possible.

Malheureusement pour elle, en terminant sa pinte de bière, elle dut se rendre à l’évidence :  les mâles du coin n’avaient d’yeux que pour la télévision. En effet, un match de rugby était retransmis depuis un peu moins d’un quart d’heure et semblait capter tous les esprits, même ceux du serveur qui manqua par deux fois de lui rapporter un verre de whisky. Lassée de constater à la mi-temps que ses œillades étaient sans effet mais également de supporter les cris de supporters qui visiblement se trompaient de spectacle, Terri ravala sa fierté et décida de s’installer avec tout l’aplomb qui lui restait encore au comptoir. Ingurgitant à présent son troisième verre dans un petit râle de contentement étouffé par l’ambiance, elle plongea ses yeux dans le breuvage ambré. Il ne lui était d’aucun effet : elle pensait encore aux appels de son banquier. « Garçon ! … Dis, vous n’avez rien de plus fort ? C’est pas que je n’aime pas boire ton thé à onze livres mais quand même… » s’exclama-t-elle en apostrophant le serveur, sa paume en l’air pour qu’il la capte bien comme il faut.

Évidemment, elle ne se rendit moins emmerdeuse qu’après avoir goûté le Penderyn à quarante degrés qui lui embrouilla l’esprit quelques instants. À vrai dire, elle n’avait pas vraiment noté le nom, elle se contentait de pointer son verre vide par intermittences afin de le voir se remplir encore et encore, dans une ataraxie presque complète. À chaque gorgée, elle se sentait un peu plus anesthésiée par les arômes fumées et fruitées du whisky qui reléguait à présent ses inquiétudes de bouquiniste à des années lumières. Elle était apaisée et surtout toujours un peu plus enhardie : oui, elle était maîtresse de ses émotions et surtout de son destin. Oui, elle aurait un mâle ce soir dans son lit, oui elle était une déesse du sexe et elle allait le prouver. À la fin du match tout du moins.

Heureusement pour elle, quelqu’un l’avait entendue là-haut : la silhouette de ce qui semblait être un riche quinqua s’approchait du comptoir. Elle n’avait rien manqué du spectacle qu'il offrait, de la manière dont il était entré d’un pas pressé et l’air préoccupé jusqu’à son installation sur un des tabourets libres dans une distinction très bourgeoise. Terri se mordilla la lèvre inférieure : quelque chose en lui lui avait tapé dans l’œil et fait reposer le verre qu’elle n’avait jusqu’alors jamais délaissé. Était-ce cette élégance qu’il dégageait sans effort, cette chevelure de jais et ce regard profond ? Elle n’en savait rien, mais elle était persuadée de l’avoir déjà croisé… Mais où ? Sur l’avenue ? Ses sous-vêtements s’en seraient souvenu, c’était certain. Enivrée par l’idée de ne plus rentrer seule au Bed & Breakfast, elle inspira profondément avant jeter un regard vers son décolleté afin de s’assurer que tout était encore ferme et bien en  place. « Impeccable » songea t-elle avant de se passer une main dans ses cheveux bruns qu’elle détachaient, fin prête à passer à l’attaque. Quittant son siège au moment opportun -  elle profita de la ferveur de fin de match  - pour se rapprocher du mystérieux brun, objet de ses convoitises qui quant à lui voyait sa commande arriver.

« C’est pour moi, laissez-moi vous l’offrir. J’y tiens. » indiqua-t-elle en s’accoudant d’une voix suave, tant à la destination de ce dernier qu’au serveur à qui elle offrait également son regard enfiévré.

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vertigo

Les tristesses de la vie se dissipent aux rayons de l'amour fraternel comme les gelées d'automne fondent le matin quand le soleil se lève. Félicité Robert de Lamennais, Le livre du peuple (1838)
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MessageSujet: Re: looking for a stranger | Abel    looking for a stranger | Abel EmptyVen 1 Mai - 17:43


Is it too late to come on home ?
Are all those bridges now old stone ?
Is it too late to come on home ?
Can the city forgive ? I hear its sad song

Ce n’est pas une bonne soirée, et il n’a pas envie de rentrer : ça commence à devenir un calvaire, et une routine pour Abel. Si seulement il n’avait qu’un seul problème à gérer à la fois, ce serait encore acceptable, mais non, même pas, il a l’impression que son univers entier est en train de s’écrouler et qu’il courre en permanence pour essayer de sauver les meubles. L’agitation du conseil municipal et l’accumulation de clients au cabinet lui font oublier le sentiment d’échec profond qu’il éprouve en plus du reste et le gardent occupé pendant la journée. Mais les soirées, ce sont d’autres histoires, où il a tout le temps de ruminer. Il ne peut bien sûr pas dire grand-chose à Betty, sa femme, alors Abel s’enfonce dans un silence maussade la plupart du temps, ou bien il sort et il marche jusqu’à ce qu’il soit un peu calmé. Ce soir là ses pas le conduisent sur le chemin du Five Arch Tavern sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, perdu dans ses pensées, la mine soucieuse, tentant de faire le point.

Cette histoire de chantage le bouffe. Penny Collins tient réellement sa vie entre ses mains, même si Abel pense avoir établi un statu quo. Mais comment savoir, et comment arrêter cet enfer ? Que Betty le découvre, il pourrait peut-être le supporter. Après tout, ça lui donnerait peut-être l’occasion de mettre fin à ce mariage, enfin, ce n’est pas comme s’ils s’aimaient de toute façon, et après...après il verrait. Mais il ne veut pas se résoudre à affronter l’humiliation que ce serait si ses électeurs découvraient -même si en l’occurrence c’est un mensonge – que le bon docteur Griffiths est en réalité un hypocrite de premier ordre et qu’il trompe sa femme. Et que ce soit ses enfants qui le découvrent…non, ça, ça angoisse profondément Abel. Il sait d’avance la déception qu’il leur causera. Il sait qu’il les perdra, alors qu’il essaye d’arranger les choses, justement. Finalement, la conversation qu’ils ont tous les trois cet été a bien fini par une profonde remise en cause, même si Abel ne sait pas très bien où il en est par rapport à ça. Il sait que ses enfants lui manquent ; il sait qu’il doit en partie s’en prendre à lui-même s’ils se sont éloignés. Il aimerait bien que Jesse passe un peu plus de temps avec eux, puisqu’il a l’air d’être décidé à rester un peu à Tenby en ce moment. Mais il a l’air pas mal occupé à fréquenter la petite Blake…Abel n’aurait rien contre s’il ne jugeait pas qu’il fallait se méfier de cette fille, qui semble capable d’aimer autant que de briser des cœurs. Peut-être qu’il se trompe, Abel aimerait bien que ce soit le cas, d’ailleurs. Peut-être qu’ils pourraient l’inviter, ce serait l’occasion de voir s’il se trompe… Lenny aussi lui manque. Leur dernière conversation était…étrange. Il ne sait pas vraiment où ils en sont, d’ailleurs. Est-ce qu’il devrait la rappeler ? Retourner la voir ? Et puis il y a Judith…Abel a terriblement envie de la voir, mais ce n’est pas raisonnable. Il faudrait qu’ils arrêtent tout ça, mais il n’y arrive pas…il est trop attaché.

Bref, Abel Griffiths est coincé de toute part, et il le sait. La mort dans l’âme, il soupire. Il y a sans doute des solutions, mais il faudrait être moins fier et être capable d’assumer les conséquences. Pour l’instant, il ne l’est pas. Il a juste envie de pleurer sur son sort, et besoin d’un verre. Boire seul pour obulier ses prolèmes, Abel a toujours considéré, de façon péremptoire, que ça ne concernait que les lâches et les faibles, mais il a été obligé de réviser son jugement. Ses barrières tombent, les unes après les autres, et il ne sait plus trop où il en est, maintenant. En tout cas, ça tombe bien, il est arrivé au Five Arch Tavern. Un verre suffira, le temps de reprendre courage, c’est ce qu’il se dit.

Abel s’installe donc au bar, la tête ailleurs, assez indifférent aux autres clients, et il commande un double-whisky. Pas plus, après, il rentrera, se jure-t-il. Et il replonge dans ses réflexions maussades,  ne souhaitant pas plus d’interactions sociales que nécessaires. Pourtant, le sort semble en avoir décidé autrement, puisqu ‘une voix féminine vient interrompre ses pensées de plein fouet, le faisant reprendre pied dans la réalité. Un peu déstabilisé, Abe ne sait pas trop quoi dire : « Oh euh…merci. » Un rudiment de politesse, encore un peu maladroit, car il est surpris de cette proposition. C’en est une, indubitablement, Abel sait reconnaitre quand il plait aux femmes. D’ordinaire, ça l’aurait peut-être flatté, mais pas là. D’abord parce que c’est lui qui invite, de façon très vieux jeu – même s’il pourrait trouver ça excitant en d’autres circonstances. Ensuite parce qu’il ne connait absolument pas son interlocutrice, ce qui le rend méfiant. Qui sait ce qu’elle lui veut vraiment ? Penny Collins aussi avait l’air charmante, et finalement elle l’a manipulée. Autant dire que Abel a été très échaudé, et il se méfie un peu. D’autant que son interlocutrice a l’air passablement ivre, en tout cas elle a de l’avance sur lui dans la boisson. Le nombre de verres autour d’elle en témoigne, et cela tire un froncement de sourcils au médecin :  « C’est très aimable à vous, mademoiselle ? Madame ? » Comme une invitation à se présenter, à au moins donner son nom. C’est une jolie brune, un peu plus jeune que lui. Abe a l’impression de l’avoir déjà vue quelque part, et il cherche dans ses souvenirs où.  Une commerçante du centre-ville, à ce qui lui semble ? Enfin, peu importe, il n’a pas spécialement envie de le savoir. Il voudrait surtout couper court. « Mais…comment vous dire…je ne suis pas sûr d’être de très bonne compagnie ce soir, ni d’être dans l’état d’esprit de faire connaissance avec d’autres gens. » Pas facile de remballer quelqu’un en étant poli. Abel en a d’autant moins l’habitude qu’il rembarre les jolies femmes, et cette fille l’est. Mais il n’est vraiment pas dans cet état d’esprit. En fait, Terri le dérange plus qu’autre chose. « A vrai dire, j’espérais boire un verre tranquillement avant de rentrer chez moi…c’est tout. » Il essaye cela dit d’être poli. Il voudrait éviter un scandale et comme elle a l’air d’avoir bu plus que de raison, c’est une possibilité sérieuse, et qu’il voudrait éviter.
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MessageSujet: Re: looking for a stranger | Abel    looking for a stranger | Abel EmptyMer 20 Mai - 22:34

Séparée de cet inconnu par un dernier tabouret, la brune profite de cette nouvelle proximité pour s’installer sur son nouveau siège, tournée de trois quarts vers ce drôle de quinqua. En effet, plus les secondes passent et plus sa vision se fait plus nette : Terri doit admettre que même si ce bougre semble désemparé, il dégage surtout une aura spéciale, de celle qui vous font dire qu’il s’agit de quelqu’un de bien derrière cette façade austère. Son instinct ne la trompait jamais, enfin presque… surtout en matière d’amants, en réalité. Toutefois, pour l’heure, elle se laissait totalement transporter par les effets des deux derniers rhums qui triomphaient de ses dernières inhibitions - la respiration courte et le sang lui tapant toujours un peu plus fort aux tempes, Terri tente de garder un sourire convenable sur ses lèvres tandis que le serveur apporte la commande du mystérieux anglais : c’est là, lorsqu’il attrape la boisson que son attention est captée par l’éclat d’un anneau à son annulaire gauche. Marié, songe-t-elle silencieusement tout en se demandant ce qu’un homme de son standing pouvait bien faire à cet endroit à une heure pareille… « Mademoiselle, évidemment. » répond Terri du tac au tac, opinant de la tête avec la fierté de l’éternelle célibataire endurcie, vaillante, même à quarante ans passés. En réalité, elle accuse un temps d’arrêt quelques secondes après avoir répondu à cette question – que sous-entendait-il par-là véritablement ? Piquée au vif, elle relève des sourcils froncés vers son interlocuteur qui venait tout de même de lui renvoyer au visage son âge. Ou peut-être n’était-ce en rien cela, en fait… Elle avait décidément trop bu pour réaliser une introspection de ce genre en plein milieu d’une séduction à peine entamée, et puis qu’importe au fond, elle veut surtout ne pas rester - ou plutôt rentrer – seule, même si cela signifie également faire voler en éclat les conventions qu’elle s’attache tant à défendre durant la journée. Triste constat d’une vie passée sur les deux pôles de la planète, sans jamais admettre la moindre attache, sans jamais succomber pour la toute dernière fois.

Alors dans la taverne, fidèle à ses vieilles habitudes, elle s’est jetée à corps perdu dans une tentative de séduction maladroite qui reflète sans filtres le désespoir certain qui la guette et qui la ronge silencieusement. Terri n’a pas véritablement conscience qu’il est un peu tard pour s’adonner encore à cet exercice, surtout qu’elle n’a jamais été le genre de femme à vouloir jouer les épouses parfaites. Elle n’est jamais entrée dans le moule, n’a jamais cédé aux sirènes du mariage ou de l’âge. Toutefois, certains soirs, la solitude lui rappelle qu’elle n’est plus à l’été de sa vie. « Je vous en prie, tout le plaisir est pour moi… surtout que, vous semblez en avoir sacrément besoin mon cher. » Terri tente, en opinant la tête d’un air bienveillant, de dissiper la gêne que semble vouloir contenir son interlocuteur. Mais c’est indéniable, dans ses gestes à moitié assurés et ses allures cavalières, elle n’est vraiment pas fine, encore moins élégante, et quand elle s’entend parler avec le petit décalage dû aux effets de l’alcool, elle sent la honte poindre en elle immédiatement. Il est trop tard cependant pour reculer et puis, quitte à tout tenter, elle est prête à aller jusqu’au bout. Alors, altière, Terri opine de la tête quand il la remercie, un sourire presque aux lèvres. A-t-elle enfin flairé juste ? Elle se décide enfin à poser son verre qu’elle retenait entre ses doigts tremblants quand il finit par lui avouer qu’il n’a pas envie d’elle.

« Message bien reçu, gentleman. » Elle hausse les épaules dans un sourire déçu mais qui se veut surtout poli, un doigt levé sur sa tempe qu’elle redresse ensuite dans un salut militaire avant de tourner les talons. Simulacre d’humour pour faire passer la pilule. Il avait rapidement coupé court à ses petites manœuvres, à ses fins espoirs et surtout, il avait eu l’art et la manière de lui faire sentir qu’elle n’était vraiment pas digne d’intérêt. Il lui était difficile d’admettre ses erreurs à jeun, mais cette fois c’était pire que cela, un homme avait eu l’outrecuidance de lui faire douter de ses charmes. Et pourtant… Terri reste lucide. En rejoignant tête baissée son tabouret de bar, elle doit bien admettre dans les motifs du vieux parquet abîmé qu’elle avait fait fausse route. Sur ce coup, elle s’était littéralement trompée. Elle n’aurait jamais parié sur le fait qu’il ne l’aborde pas et pire, qu’il refuse sa compagnie. Mais il n’est jamais de défaite amère pour elle, seulement des occasions manquées. Alors, quelques mètres plus loin, renfrognée derrière son verre, elle se fait plus petite. Il était évident que son égo en avait pris un coup, et un sacré. Tout en laissant reposer sa joue contre son poing fermé qui la retient debout, elle se laisse à divaguer, le regard perdu quelques instants avant que ses paupières ne se ferment et qu’elle ne fasse tomber son téléphone au sol qu’elle ramasse en tâtonnant sous les effets de l’alcool. C’est à cet instant qu’elle entend les railleries misogynes de son voisin de comptoir, à peine voilées. Tout en se redressant, la brune lève son regard noir vers ce dernier. « C’est à moi que tu parles… ? » assène premièrement Terri, sans obtenir de réponse. Elle s’approche alors, sans mâcher ses mots cette fois.

« Oh … ! C’est à toi que je parle, connard… La prochaine fois, pense à retrouver tes couilles avant de t’adresser à moi. » Elle ponctue sa phrase en lui balançant le contenu de son verre au visage, sans retenue aucune. Forcément, en face, la réaction ne se fait pas attendre : à peine le rhum dégouline sur ses joues que ce dernier s’avance furieusement vers elle en hurlant, elle qui ne bouge pas d’un cil. « Frapper une femme, de mieux en mieux… Viens, je t’attends. » Impétueuse et impérieuse, l’israélienne défie le colosse écossais qui retrousse ses manches, les sourcils froncés mais un sourire au coin des lèvres. Avec son mètre soixante-huit, elle se sait sous-estimée et ne se préoccupe absolument pas du fait que désormais tous les regards sont tournés vers eux. Elle se moque bien de se donner en spectacle, tout ce qui lui importe est de renvoyer cet individu dans ses vingt-deux mètres.
Ainsi, sous la montée d’adrénaline qui la réveille un peu, Terri sent son rythme cardiaque s’accélérer et surtout ses réflexes semblent lui revenir, puisqu’elle n’attend pas le premier coup pour se défendre. Sa main droite fermé dans un solide poing, elle a dégainé son bras musclé par des années d’entraînement militaire en plein dans le nez de son adversaire. Terri savait concilier bagarre et médecine : un bon coup sur le cartilage supérieur et elle le savait destiné à passer la nuit à attendre aux urgences. Cela n’avait pas raté, malgré ses deux grammes d’alcool dans le sang, elle visait juste et le pauvre homme qui avait titubé en arrière se retrouvait désormais avec un bon filet de sang qui roulait jusque sur son menton. Malheureusement pour Terri, elle avait aussi quelque peu irrité ce dernier qui lui balança en guise de réponse un tabouret de bar en plein visage. Guillerette, elle ne réagit pas à temps de sorte à pouvoir l’éviter et reçut un des pieds tout près de son œil gauche, sur la fine peau de son arcade sourcilière. L’israélienne qui hurlait à présent, toucha sa plaie en frémissant et constata le sang qui perlait entre ses doigts, sans se soucier du tabouret qui termina sa course sur la nuque d’un supporter. Non, elle préféra attraper la première chose qui lui passa sous la main, à savoir une chaise, et, dans sa grande générosité, se décida à aller la fracasser sur le crâne de son assaillant, à quelques mètres à peine du mystérieux anglais qu’elle avait précédemment abordé. Forcément, la chaise en bois ne fit pas long feu, égrenant ses échardes et ses brisures sur le costume impeccable de ce dernier. « Vous m’auriez laissé votre numéro… je vous aurais au moins payé le pressing ! » beugla Terri au milieu de cet énorme foutoir, en essayant de distinguer à qui elle donnait un coup de poing à présent, et qui elle devait remercier pour le cendrier qui venait de voler en éclats.

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MessageSujet: Re: looking for a stranger | Abel    looking for a stranger | Abel EmptyVen 19 Juin - 19:07


Is it too late to come on home ?
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D’ordinaire, Abel aurait-il remarqué Terri Greefeld ? Il réfléchit à la question, tout en lui parlant – le débit de son interlocutrice le lui permet - et la réponse est sans doute oui. Il n’a jamais su résister à une jolie femme et elle est très jolie. Mais ce n’est vraiment pas le moment, et sa situation est suffisamment compliquée comme ça. Le médecin est fatigué et un peu perdu, voire même au bout du rouleau. Un verre peinard ne lui ferait pas de mal, c’est ce qu’il s’était dit, mais cet incident gâche un peu sa soirée. Tout ça à cause d’une fille dont il ne connait même pas le nom, parce qu’elle n’a pas compris sa question, la barbe. Au moins, elle a la décence de comprendre vite qu’il faut lui ficher la paix, et sans rien dire de plus, il retourne à son whisky et à ses sombres pensées avec gratitude. Continuant de ruminer, Abe jette malgré tout un regard en biais à la brune de temps en temps, histoire de voir si tout va bien. Malgré lui, son métier a repris le dessus, et il ne peut s’empêcher, alors même qu’il broie du noir, de se dire qu’il serait bon que quelqu’un veille sur elle, sinon ça va mal finir. Mais, eh. Ce n’est pas son problème, à lui, d’abord, non ? Déjà, le barman pourrait commencer par ne pas la servir…quel inconscient.

Avant qu’il n’ait eu le temps de dire quoi que ce soit, il entend cependant de nouveau la voix un peu pâteuse de la brune, agacée cette fois. Le temps que Abel réalise ce qu’il se passe, elle a déjà balancé son poing dans la figure que quelqu’un. Sidéré, il regarde alors le bar devenir une scène de bataille rangé, levant son verre à temps pour éviter un cendrier, mais n’évitant pas les éclats de bois projetés par l’explosion d’une chaise. Abe a le réflexe de se recroqueviller sur lui-même pour se protéger, avant de regarder ce que devient Terri, qui s’est pris un tabouret, et qui saigne. le choc a tiré au médecin une grimace, lui faisant mal pour elle. Il reste un brin de compassion chez lui, tout aigri et déprimé qu’il est, et se dit encore une fois que quelqu’un s’occupe d’elle. Elle ne parait cependant pas plus affectée que ça, et semble trouver tout cela normal, ce qui a pour effet de faire exploser le conseiller municipal, même si ses cris se perdent dans le chaos ambiant : « Mais ma parole…mais vous êtes dingues ! » Hurle-t-il pour couvrir le bruit, indigné. Il l’attrape par le bras alors qu’elle manque de tomber, et il évite de justesse un verre qui s’écrase au fond du bar. « Venez avec moi ! » Crie-t-il toujours. Il faut qu’ils sortent de là. Abel est beaucoup de choses, dur, sévère, parfois méprisant, mais jamais violent, ça le rebute, comme médecin. Il préfère soigner les belliqueux plutôt que de se battre, et c’est ce qu’il s’apprête à faire. « Venez, je vous dis, quelqu’un va finir par appeler la police et vous allez avoir des problèmes. » Elle n’est pas vraiment en état de résister, heureusement, ce dont Abel ne va pas se plaindre. Lui non plus ne veut pas de problème avec la police. « Tant qu’ils ne nous remarquent pas… »

Au moins, une fois dehors, ils peuvent respirer un peu. Pour la soirée calme, cependant, c’est raté, et ça on ne peut pas dire que Abe apprécie beaucoup. « Dieu du ciel, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça…j’aurais mieux fait de rester chez moi. » Soupire-t-il lourdement. Non, bon, il n’aurait sans doute pas supporter de rentrer ce soir, de diner avec Betty comme si de rien n’était. Voir autre chose lui a fait un peu de bien, même si c’est une bagarre stupide. Maintenant qu’ils sont dehors, il voit mieux le visage de Terri, sous la lumière jaune et un peu trouble des réverbères, et le constat qu’il fait est celui d’un expert : « Il faut qu’on vous soigne ça. Tenez. » La plaie qu’elle a est assez vilaine et il vaudrait mieux la désinfecter et l’examiner un peu. Réalisant qu’elle ne sait toujours pas plus que lui à qui elle a affaire, il continue d’un ton qui ne souffre pas de contradiction et qui lui permet de se présenter. « Je vais vous emmener à mon cabinet, ce n’est pas loin, et vous ne pouvez pas rester comme ça. » Il faut dire aussi qu’il a déjà vu la brune énervée et qu’il n’a pas envie que ça recommence, surtout qu’ayant un peu d’expérience comme médecin, Abel sait que les personnes alcoolisées deviennent vite agressives. Il espère donc gagner sa confiance et l’apaiser un peu en révélant qu’il est le médecin du village, et qu’elle le suive sans faire de scandale, car elle a vraiment besoin d’aide, à ce niveau là. « Allez, venez. » Heureusement le cabinet n’est qu’à une rue de là, et il n’y a pas trop de chemin à faire.

Ouvrant la porte avec le double qu’il conserve désormais depuis le soir du second incendie – on ne sait jamais – Abel allume la lumière et s’efface pour laisser entrer Terri. Il n’y a pas beaucoup de lumière et l’ambiance est un peu étrange, mais ça suffit pour montrer son bureau, typique d’un médecin de campagne, un peu vieillot mais confortable, et le crucifix qui pend au mur, comme les photos des enfants. Ignorant ce décor familier, il pousse légèrement la libraire vers la table d’examen avec bonhommie : « Allez, assise, madame la poivrote. Enfin, mademoiselle, pardon. » Un peu d’humour ne fait pas de mal, quand bien même il est un peu sarcastique et conservateur, à l’image de Abel. Mais cela prouve aussi qu’il commence à digérer la situation, et que finalement, il n’en veut pas trop à Terri : le bien être des patients prime toujours, la compassion quand bien même il ne se prive pas réellement de faire un peu la moral – mais ça c’est plus son côté conseiller municipal et prêcheur du dimanche : « Vous avez de la chance d’être tombée sur le médecin du village, vous savez. Je ne fréquente pas beaucoup le Five Arch Tavern, d’habitude. » Ça, c’est peut-être une confession un peu trop personnelle, et Abel espère qu’elle ne relèvera pas. Il sélectionne quelques outils, avant de se laver les mains pour procéder à un rapide examen. « Levez la tête…comment est-ce que vous voyez ? » Interroge-t-il, approchant un tabouret pour s’assoir en face de Terri et examiner son œil. Pensif, il ajoute d’un ton circonspect, repensant au nombre de verres qu’elle a enfilé : « Hm. Peut-être pas bien de toute façon, il faudra voir demain matin. Je vais vous nettoyer ça et vous mettre un pansement. »

Farfouillant dans ses outils, il prépare un tampon imbibé de désinfectant, avant de remarquer sur le ton de la conversation : « Je ne sais toujours pas comment vous vous appelez, d’ailleurs. Fermez l’œil, vous voulez bien. » Il applique délicatement le désinfectant, continuant à faire la conversation, essayant d’obtenir quelques informations sur sa patiente du soir. « Ah, oui, ça pique un peu. Mais je vous ai déjà vu, je crois. La librairie, c’est bien ça ? Bien, le pansement, maintenant…» Le temps de préparer ledit pansement, il continue son interrogatoire. « Ça vous arrive souvent, ce genre d’épisode ? Que je sache si je dois me préparer à vous revoir ici souvent… » Et si ça nécessite aussi un suivi pour un symptôme de dépendance à l’alcool, tant qu’à faire, parce que si c’est le cas, c’est plus grave qu’une simple bagarre.
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