WHISPERS DOWN THE LANE ✿
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Avez-vous entendu parler de la foire d’automne ? Je crois que c’est la Mairie qui a mis ça en place. Je me réjouis de voir tout cela : il y a des animations pour les enfants, des stands d’artistes, je crois qu’ils vont monter une pièces de théâtre aussi. Sans compter que les commerçants et restaurateurs locaux proposent de bonnes choses à manger…Il y a toujours quelque chose à y faire, peut-être que ça vous plairait. Retrouvez le résumé détaillé de l’intrigue ici !
Tenby, novembre 2020
8°C/11°C ♣ Alors que l’hiver s’approche à grands pas, l’automne s’est bien installée et la pluie balaye régulièrement Tenby. Le fameux brouillard anglais se fait de plus en plus fréquent, alors que les pêcheurs espacent leurs sorties en mer. Quelques tempêtes sont à prévoir, ne vous promenez pas trop en front de mer par grand vent !
La foire fait l’objet de toutes sortes de rumeurs…Tout cela va être riche en événements. C'est toujours une telle joie de voir de l'animation à Tenby, en plus Et puis on a besoin de souffler un peu après toute cette histoire d'incendie... Et vous, allez vous y faire un tour ? Donnez votre avis ici !
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Soldier boy and Jesus' freak || Luke

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MessageSujet: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptyDim 26 Jan - 21:15

Chaque matin commence par une prière. Le petit-déjeuner également. Peut-être même que Abel récite encore une prière en franchissant la porte de son cabinet, retenant un soupir lorsqu’il passe devant l’affiche qu’il a accroché sur la porte. Ca faisait quelques temps qu’il y réfléchissait, il s’est finalement décidé à rechercher un collaborateur. Le fait est que dans une dizaine d’années, sans doute, il prendra sa retraite, et il faudra bien que Tenby ait un médecin à ce moment là pour prendre sa suite.  Autant commencer à chercher maintenant, comme ça les gens s’habitueront. Et puis, avec ses activités à la paroisse et au conseil municipal, Abel ne sait plus trop où donner de la tête. Avoir un collègue avec lui ne ferait pas de mal et le soulagerait un peu. Mais force est de constater que cette tentative de recrutement ne marche pas très bien, pour l’instant. Abe a fait diffuser l’annonce dans le journal local, et puis même sur internet, avec l’aide de sa secrétaire, parce qu’en dehors de ses logiciels médicaux – et encore ! – il ne comprend pas grand-chose à la technologie. Mais il faut croire que les jeunes ne veulent plus s’installer à la campagne, et que leurs collègues médecins plus âgés sont déjà installés, et qu’ils n’ont pas vraiment envie de bouger.

Pourtant, ce jour là – miracle ou effet des prières ? – sa secrétaire s’empresse de lui délivrer la bonne nouvelle : « Il y a un monsieur qui est passé pour l’annonce, Docteur ! Il a laissé son CV et sa carte. Je lui ai dit que vous pourriez le recevoir en fin d’après-midi, il n’y a pas beaucoup de consultations, est-ce que ça vous va ? » Abel a un léger sourire en s’emparant du CV et commence à le parcourir. « Non, en fin d’après midi, c’est très bien, merci. Monsieur Jones est arrivé ? » La discussion s’engage ensuite sur des sujets plus médicaux, et le reste de la journée se poursuit.

Il ne reste effectivement plus grand monde à la fin de la journée, ce qui donne à Abel l’occasion de parcourir plus en détail les quelques informations qu’il a sur son collègue. Un médecin militaire. C’est plutôt un gage de sérieux. Un type d’ici, en plus, à ce qu’il lui semble, car le nom de Caryll lui dit quelque chose. A-t-il déjà rencontré Luke Caryll ? Abe ne s’en souvient pas, mais le nom lui dit quelque chose. « Docteur, le docteur Caryll est là. » Il lève la tête, notant la dernière question qui lui vient : pourquoi quitter l’hopital ? C’est sans doute une meilleure place que celle de médecin généraliste. « Ah, faites le entrer, merci. » Le conseiller municipal se lève à son tour, et tend la main à son collègue pour le saluer. « Enchanté, cher confrère. Installez vous, installez vous, ne faites pas attention au désordre, je viens de terminer les consultations du jour. Voulez-vous un café ? Je vais en refaire un, Doris – c’est la secrétaire que vous avez vu tout à l’heure - doit être partie. » Abel n’est pas un grand bavard, mais il met un point d’honneur à être poli dans les relations sociales. Et puis c’est une véritable commère, de toute façon.

Il revient avec du café. En parlant, il essaie aussi de se faire une idée du personnage que peut être Luke. Un peu froid, peut-être, l’armée, sans doute, avec une bonne mise. Un peu plus jeune que lui – la petite quarantaine, sans doute. « Alors, qu’est-ce vous a poussé à répondre à l’annonce ? Je vous avoue, je commençais à désespérer de voir quelqu’un candidater. La campagne n’attire pas beaucoup, de nos jours. Mais vous êtes de Tenby, peut-être ? C’est ce que j’ai cru lire sur votre cv. » A présent, à lui de parler un peu.
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MessageSujet: Re: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptySam 15 Fév - 21:20

Est-ce que tu viens de te réveiller trois heures après la sonnerie de ton réveil, oui. Tu tapotes ta table de chevet en quête de ton téléphone tout en luttant pour ouvrir les yeux. Un long soupir plus tard, tu es étales dans le lit fixant le plafond, tu veux une clope mais tu es trop crevé pour quitter cette position. Tu as passé ta nuit à jouer aux jeux-vidéos pour passer ta rage, pas question de courir la nuit, ça te rappelle de trop mauvais souvenirs. Tu regardes rapidement l'heure et tu constates qu'il ne te reste plus beaucoup de temps pour te préparer. Après avoir reçu une magnifique lettre de l’hôpital t'indiquant que ton contrat n'allait pas être prolongé, dans un élan de colère, tu as eu l'idée de déposer ton CV dans un cabinet, celui d'Abel Griffiths. Tu dois déposer tes papiers avant midi et tu as à peine une heure devant toi pour le faire alors voilà enfin que tu te bouges. Une douche, trois clopes et un café plus tard, tu es habillé et tu traverses la ville afin de rejoindre le cabinet et évidemment, il n'est pas là ce fameux Abel quand tu arrives, tu ronchonnes dans ta barbe et tu déposes ton CV à sa secrétaire qui te dit qu'il te rencontrera en fin d'après-midi. Un nouveau soupire plus tard, tu quittes les lieux et tu vas vaquer un peu en ville, le temps de grignoter au bar, de boire un nouveau café et de marcher au bord de l'eau, emmitouflé dans ton manteau. Tu questionnes tes choix récents, ils manquent de sens, tu ne sais pas ce que tu fais ici, pourquoi est-ce que tu t'entêtes à rester dans les coins alors que la seule chose dont tu as envie c'est de rejoindre les rangs à nouveau, de porter une arme et surtout, de porter secours à tes camarades, ta seconde et surtout, vraie famille. Installé sur le rebord d'un muret donnant sur la plage principale, tu observes l'eau qui s'agite devant tes yeux et tu continues à repenser à tes actions récentes, idiotes. Tu ne peux pas retourner en arrière pour autant, tu ne vas pas retourner voir ce type et lui dire de tout oublier, que tu te barres à l'armée. On va dire que c'est ta dernière chance.

Voilà, c'est bien ça, une dernière chance à Tenby. C'est sur cette pensée que tu retournes au bar prendre un café avant d'aller te glisser dans la salle d'attente du cabinet ou tu as posté ce matin même. Tu observes les quelques patients qui attendent, ils sont peu et ils sont vieux pour la plupart et c'est là que tu te demandes réellement ce que tu fais ici. Tu ronges tes ongles un instant avant de remonter le col de ta chemise que tu as enfilé à la va-vite ce matin, histoire de ne pas ressembler à rien quand Abel va venir te voir et surtout, te faire passer l'entretient. Faut avouer que tu n'es pas le plus doué pour passe des entretiens, toi et ta franchise légendaire, vous passez rarement le pas de la porte... Tu te fais appeler, te sortant de ta torpeur et tu entres dans un bureau, digne d'un bon médecin de campagne plus que confortable. Tu hausses un sourcil en voyant Abel et tu lui serres la main fermement. « Bonjour, merci de m'accorder votre temps aussi rapidement et oui, un café pourquoi pas. » Un de plus, un de moins, il n'y a rien de meilleur que le café. Tu notes le prénom de la secrétaire que tu n'avais pas eu le temps de prendre avant et tu t'installes continuant ton observation du bureau. Comment est-ce que vous allez travailler à deux ici, toi aussi tu veux un bureau aussi classe que celui-là et tu ne veux pas le partager. « Mon contrat s'est arrêté subitement à l’hôpital, ils n'ont plus eu besoin de mes services, un question de budget il me semble. » tu tapotes tes doigts sur tes genoux. « Je suis originaire de Tenby oui, j'essaie de donner une dernière chance à cette ville avant de définitivement lever les voiles alors je m'en remets à vous. Pourquoi est-ce que vous cherchez un collaborateur ? » Tu lui poses aussi une question, tu ne cherches pas à ce que la conversation n'aille que dans un sens et si vous avez à collaborer tous les deux, Abel va apprendre que tu es bien loin d'être un tendre. Tu prends la tasse de café entre tes mains et tu viens souffler dessous doucement avant d'en boire quelques gorgées.
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MessageSujet: Re: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptyVen 20 Mar - 23:31

Mener un entretien de recrutement, ce n’est pas facile, et encore moins que Abel ne l’aurait cru. Lui qui est curieux comme une pie et d’habitude prompt à juger les gens se rend compte que ce n’est pas facile de de juger des compétences de quelqu’un sur cette simple base. Bon, ils ont du temps pour discuter, c’est l’avantage. Maintenant, il n’a pas non plus beaucoup de candidats, les médecins souhaitant s’installer dans le coin ne sont pas réellement légion, Abel sait donc, sans le dire, qu’il n’a pas réellement le choix, et qu’il va bien falloir qu’il fasse avec. Le profil de Caryll lui parait sérieux, mais sa personnalité ? Un militaire, ça devrait être carré. Ca plait bien à Abel, ça, par contre. Il aime les gens carré : on peut lui reprocher beaucoup de choses, mais comme médecin, il reste quand même sérieux et appliqué.  

Autre point positif, ils vont s’entendre, si Luke aime le café. Les tasses servies, il écoute ce que son collègue a à dire, confortablement enfoncé dans son fauteuil. « Je vois, j’en suis désolé…malheureusement, j’ai l’impression que la NHS part totalement à vau-l’eau. Vous n’avez pas peur de vous ennuyer, comme généraliste ? Ce n’est pas aussi trépidant qu’urgentiste, il faut l’avouer. C’est votre spécialité, je suppose ? Comme chirurgien-militaire ? » Il se demande vraiment ce qui peut pousser quelqu’un de cette trempe à quitter l’armée, pour venir à Tenby. « Je dois dire que votre CV reste assez impressionnant. Peut-être même, pour être honnête, assez…surdimensionné, par rapport à ce qu’on fait ici. Je ne le dis pas du tout pour vous décourager, mais c’est vraiment de la médecine courante, on fait un peu psy aussi. » Et commère à l’occasion, mais ça c’est encore autre chose, à vrai dire. « Vous n’avez pas peur de vous ennuyer ? » Il ne cherche vraiment pas à décourager son interlocuteur, car comme Abel n’a pas de candidats, il est prêt à envisager toutes les options. Mais il veut être bien sûr que Luke sache dans quoi il s’engage. La vie de médecin de campagne est calme. Il s’en est lui-même rendu compte lorsqu’il a reprit le cabinet de son père. Abe avait lui aussi un CV sans doute surdimensionné pour reprendre le cabinet familial. La transition entre médecin humanitaire au fin de la brousse africaine et médecin de campagne à Tenby a été rude pour lui aussi, même s’il s’y est fait. Mais souvent, il ressent une pointe de regret, il imagine ce qu’aurait été sa vie s’il était resté là-bas. « Pour retourner à l’armée, je suppose ? »

Il boit une gorgée de café, curieux de savoir quelles motivations peuvent guider Luke, cherchant à en apprendre plus sur son collègue, histoire de voir s’ils pourraient s’entendre. « Je comprends un peu, cela dit, quand j’étais plus jeune, j’ai fait quelques années en Afrique comme médecin humanitaire, je regrette parfois que ça n’ait pas duré plus longtemps. » Abel regrette aussi son mariage, et de ne pas avoir dit non à son père, mais il est fier, aussi, fier de sa vie, de son rang…mais quand même. Il ne peut pas totalement effacer les regrets. Bah, peu importe, il ne veut pas trop s’étaler, et il choisit plutôt de répondre à la question de son confrère. « Eh bien, j’ai presque 54 ans. Il y a toujours eu un cabinet à Tenby, mais si je ne cherche pas maintenant un remplaçant, je pense que je ne trouverai personne quand je partira à la retraite. Et mine de rien, comme je suis aussi conseiller municipal, je pense que ce serait bien qu’on soit deux. » Il s’est organisé pour ça, aussi. « Je ne suis pas très difficile sur les conditions, cela dit. Je n’ai aucune difficulté avec le fait que vous développiez votre propre patientèle Et même si vous ne restez pas toute la vie, ça me laissera du temps pour chercher un autre collaborateur. L’idée est surtout de se partager la patientèle et le travail. Tout le monde vient ici, et même si ce sont rarement des problèmes graves, la population vieillit, donc ça fait du travail. » Rien d’ingérable si on est bien organisé, selon Abel, mais tout seul, il est de plus en plus souvent débordé, même s’il tient pour l’instant le choc. « On passe beaucoup de temps à être une épaule et à écouter. Comme je le disais, on fait surtout de l’humain, ce sont les trois quarts du boulot, je pense, il faut en avoir conscience. » Il cherche à voir si Luke, comme lui, peut avoir une personnalité assez sociable pour faire ça. Abe en doute un peu, mais se dit qu’il jugera à l’usage. « Vous voulez visiter ? J’ai réaménagé le second bureau l’année dernière, en plus du secrétariat. »
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MessageSujet: Re: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptyJeu 23 Avr - 12:28

Confortablement installé mais quelque peu nerveux malgré tout, tu l'écoutes attentivement et tu t'es posé la même question que lui, mais pendant une seconde, sans chercher à y apporter une réponse. Tu vas évidemment t'ennuyer ici, ce n'est pas à ton habitude de rester dans un bureau ou alors de faire des visites à domiciles sur des personnes âgées, pas du tout. Tu passes ta main gauche sous ton menton l'air pensif avant de répondre, réfléchissant un instant histoire de ne pas tout foutre en l'air dès le début. « Sur le terrain oui, les urgences c'était ma place mais comme vous avez pu le voir, j'ai été légiste durant un certain temps et ensuite, j'ai rejoins Tenby en tant qu'urgentiste mais ça n'a pas duré. » En réalité tu n'as pas quitté l'armée, tu as simplement été poussé dans la réserve active, c'est à dire que si ils ont besoin de toi, ils ont un coup de téléphone à passer et tu dois tout quitter pour les rejoindre. Sans mentir, tu attends ce coup de téléphone. Tu ne sais pas quand il va arriver et si il va arriver un jour, mais tu attends. « Honnêtement, je suis là pour découvrir une nouvelle facette de la médecine, certes loin de ce que j'ai pu connaître jusque là mais je pense que c'est une expérience qui peut s'avérer bénéfique. » Tu décoches cette réponse comme ça, pas peu fier. Ça va faire son petit effet et puis soyons honnête, tu adores découvrir des choses, surtout si elles sont liées à l'action certes mais pourquoi pas filer un coup de mains dans un cabinet médical de campagne. Ça va peut-être te calmer, te permettre de t'imposer des limites et d'arrêter de vouloir changer du tout au tout chaque seconde qui passe. C'est peut-être ce dont tu as besoin, qui sait alors mieux vaut ne pas se louper. Tu lui expliqueras plus tard dans ton contrat qu'il y a des risques que tu t'en ailles du jour au lendemain mais bizarrement, tu sens qu'il est déjà au courant de tout ça. Sa question qui suit te le prouve et tu hoches la tête de haut en bas. « Soit je me fais appeler, soit j'y vais moi-même et demande une affectation. » Tout va dépendre de ton avenir, de tes choix, de ce qu'il va se passer autour de vous, dans le monde, tu es à la merci de ça.

Un sourcil haussé, tu es quelque peu surprit d'apprendre qu'il n'a pas toujours été dans les coin et qu'en plus il a été en Afrique, ça ne devait pas toujours être évident. « Il n'est jamais trop tard pour y retourner, surtout si vous y êtes déjà allé, avec votre expérience, ça ne peut que bien se passer. » Tu hausses les épaules, il te le dit clairement qu'il regrette mais tu penses qu'il doit pouvoir y retourner, après si ça se trouve, il a des obligations bien plus importantes que ce cabinet qui l'obligent à rester ici. Trouver des médecins en campagne c'est compliqué mais les habitants iront à l’hôpital et puis ils seront aussi bien soignés. Ou pas. « Vous savez, les cabinets des petites villes se vident peu à peu, mais il y a quand même un hôpital ici et la période touristique apporte pas mal de monde, le calme de la ville attire les gens, qui sait, peut-être que Tenby sortira du lot et vous permettra de trouver un remplaçant quand le moment sera présent. » Mais non, ça ne sera sans doute pas toi, tu veux toujours tenter ta chance ici et voir comment ça fonctionne, les relations avec les patients, les gestes des médecins généralistes, tu en as des choses à apprendre à toi, le type qui veut tout faire et qui peut actuellement tout faire. En parlant de ça, Abel lui aussi semble être capable de faire mal de choses à la fois. « Médecine et politique, ça doit pas réellement faire bon ménage, si ? » Tu as toujours eu cette image des médecins en rogne contre les politiques, enfin ceux qui ne sont pas des vendus aux compagnies pharmaceutiques. Après, si il est au conseil municipal, il est plus à même de donner son avis et de pousser des gueulantes si besoin est. Tu reprends une gorgée de ton café avant de hausser la tête de haut en bas. « C'est ce que j'avais cru comprendre, un partage du travail. » Et ça te convient parfaitement, ça veut dire que tu auras du temps pour toi, tu ne passeras pas tout ton temps à bosser à des heures improbables. « Je sais que j'ai l'air un peu froid comme ça, parfois même vulgaire et trop franc, mais je sais m'adapter dans les situations et écouter, je sais le faire, mais ce que je fais le mieux, c'est soigner les gens. » Tu croises son regard que tu retiens quelques longues secondes avant de le suivre après que celui-ci lui propose une petite visite. « Je veux bien oui. » Tu abandonnes ta tasse après l'avoir vidé sur le bureau et tu laisses Abel te guider.
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MessageSujet: Re: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptyLun 27 Avr - 21:50

« C’est sûr que ce  sera une expérience très différente de ce que vous avez pu connaitre. » Confirme immédiatement Abel à Luke lorsqu’il lui explique vouloir apprendre de nouvelles choses. « Ce n’est pas forcément trépidant sur le plan médical, on va dire. Sur le plan humain, je crois que c’est toujours une bonne expérience. Peut-être même qu’on arrivera à vous convaincre de rester. » Il plaisante, mais il apprécie la franchise de son interlocuteur. Abel apprécie ce discours honnête et sans prétention. Plus il discute avec Luke Caryll plus il est convaincu que son collègue ne cherche pas à cacher qui il est, avec ses défauts et ses qualités. Ses premières impressions sont favorables, et il lui semble qu’ils pourraient faire affaire, voire bien s’entendre. « Je comprends bien l’idée. Si on arrive à s’entendre, mais que vous repartez, vous pourriez me dire le délai que l’armée mettrait pour vous redéployer ? Il faudrait que je m’organise, si tel était le cas. »

Abel peut comprendre qu’on ait pas envie de rester toute sa vie à Tenby, quand bien même il n’a pas fait ce choix là. Plus jeune, combien de fois n’a-t-il pas failli faire le même choix que Luke et repartir ? Combien de fois n’a-t-il pas regretté ses années perdues dans la cambrousse africaine ? C’était une vie dangereuse, bien sûr, parce que déjà à l’époque, la situation régionale était instable, et puis ce n’était pas facile sur le plan médical non plus. Quand Abel est parti, l’épidémie du VIH commençait, personne ne gérait plus rien, les gens mourraient sans que personne ne puisse expliquer ce qu’ils avaient. Est-ce qu’il serait aujourd’hui, plus utile là-bas qu’ici ? Sans doute, mais ça fait longtemps qu’il est rangé, et même Abe dit regretter, il sait bien qu’il se fait un peu trop vieux pour ça. Et la situation est encore plus instable et difficile qu’avant, il ne peut pas réellement se permettre de faire ça.

« Je ne sais pas trop, vous savez. Ce cabinet était celui de mon père, avant moi – si vous êtes de Tenby, vous l’avez peut-être connu – et ça m’ennuierai de le laisser tomber avant de prendre ma retraite. » Il sourit avec bonhommie, avant de hausser les épaules : « Et puis toute ma vie est ici, maintenant. Je suis marié, et j’ai deux enfants, c’est plus difficile de tout quitter. Je ne peux pas seulement penser à moi. Et honnêtement, ils me manqueraient. Ce sont eux, là. » Il désigne les photos qui trainent sur son bureau, dans leurs cadres stricts. Bien sûr que Abel comprend des personnalités comme Jesse, son fils, toujours en mouvement, aux quatre coin du globe. Abel a été comme ça lui aussi, et parfois il se reconnait franchement dans la personne qu’est son fils. Jesse est encore jeune, et il a la chance de pouvoir faire ce qu’il veut. Lui n’a pas été assez courageux pour dire non aux convenances et il a mené la vie de médecin de campagne que son père avait choisie pour lui. Mais il a fini par apprécier cette vie, les privilèges qu’elle lui offre, le respect qu’on lui porte, les maitresses qu’il collectionne. Enfin, peu importe, Luke n’a pas besoin de savoir ça, ils ne sont pas destinés à devenir amis, juste collègues à la rigueur, et même s’ils sympathisent, il est trop tôt pour se confier sur sa vie.

De toute façon, ils ne sont pas vraiment là pour ça, à moins que parler de leur vie personnelle n’aie un impact sur l’organisation de la vie du cabinet. « C’est ce que je me suis dit au début, mais je vous avoue que je n’ai pas eu beaucoup de succès…à part vous, comme je vous le disais, il n’y a eu personne. C’est dommage, parce que c’est une jolie ville, même si la population est un peu âgée. » Abel sourit, conscient des défauts et des qualités de son village. « A terme, je pense que le côté station balnéaire pourrait plaire. Il y a des gens qui cherchent ça. Et c’est bien pour élever des enfants. » Abe a l’élégance de ne pas poser la question, se doutant que si Luke peut avoir une petite amie – ou un petit ami, ce qui serait de moins bonne moralité et poserait peut-être un peu plus de problèmes au docteur Griffiths – fonder une famille ne doit pas être une priorité pour son collègue et peut-être futur associé. Elle est peut-être un peu sous-entendue ; il ne veut pas parler de sa vie privée, mais il ne peut s’empêcher d’être curieux, puisqu’après tout, c’est lui qui recrute. En échange, il tolère quelques questions de Luke. « Pas vraiment, ce serait différent si j’étais au Parlement, à Swansea, je suppose, mais au conseil municipal les enjeux sont très locaux…pour le reste, je suppose que comme nous tous, je suis en colère contre ceux qui flinguent la NHS à petit feu, mais qu’est-ce que vous voulez, quelque soit leur bord politique, c’est toujours un peu la même chose. » Abel hausse les épaules, blasé des gouvernements successifs qui cassent le système de santé qu’ils ont. Un jour, ça finira en catastrophe sanitaire, ils s’en mordront les doigts, mais ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Définitivement, Luke lui plait bien, il est conscient de ses défauts. « Je crois que la franchise est une qualité, en médecine. Il faut savoir dire les choses, mais il faut savoir aussi dire la vérité quand la situation l’exige. » Pour le reste, qu’est-ce qu’il peut dire ? Luke risque de choquer les vieilles dames, sans doute, bon. Et Abel non plus n’aime pas trop les gens vulgaires, mais il a été plutôt cordial avec lui, et il ne voit pas trop de quoi se plaindre au regard de cet entretien. Il se permet donc simplement une recommandation : « Quant au reste, bon, vous avez tout de même une carrière médicale comme moi. Je ne crois pas que j’ai beaucoup à vous dire ni à vous apprendre sur la gestion de la détresse ou de l’angoisse des patients. Essayez juste de ne pas traumatiser de vieilles dames, si possible. » Il guide ensuite Luke au travers du cabinet. « Le bureau de Doris et la machine à café…la salle d’attente…et le bureau. Comme vous voyez, c’est un peu plus moderne que le mien. Cela dit si vous faites comme moi des visites à domicile, vous n’y serez pas pas souvent. » Il n’a rien contre le fait que Luke l’aménage, non plus, ni qu’il s’organise comme il veut. A ce niveau, il n’est pas très difficile l’issue que Abel compte donner à l’entretien. « Hm, il y a la question du loyer, je n’y avais pas pensé. Si on se partage le travail et les rentrées, il faudra envisager un partage des frais. On verra ça au moment venu, le loyer n’est pas très élevé de toute façon. Je ne sais pas si vous avez des questions ? » Lui n’en a plus, en tout cas. « De mon côté, il m’en reste deux. Est-ce que vous seriez d’accord pour une période d’essai, disons un mois, pour voir comment on fonctionne ? » Et s’ils arrivent à fonctionner. Le CV de Luke lui plait et Abe est prêt à lui donner sa chance, il n’a pas l’air d’avoir un caractère insupportable – à vrai dire Abel préfère les gens un peu distant, un type bruyant et trop familier ne lui aurait pas plu. Un médecin doit avoir de la dignité – donc il se dit que ça pourrait marcher. Et que en un mois, il aura le temps de voir s’il s’est trompé. «  Donc je voudrais savoir quand est-ce que vous pourriez commencer ? Si on se dit lundi, le temps de faire un double des clefs à vous donner, et de tout répartir au niveau des dossiers, ça vous va ? » En espérant qu’il ait fait le bon choix. Au moins il verra s'ils peuvent s'entendre, d'ici là.


Dernière édition par Abel Griffiths le Jeu 21 Mai - 19:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptyJeu 14 Mai - 20:02

Une expérience différente qui ne te fait guère envie mais tu sais que tu dois passer par-là, tout essayer pour rester ici, faire comme-ci tout allait bien. Tu es honnête avec Abel, pas question de lui mentir sur tes intentions ou tout simplement la personne que tu es. Tu te la joues un peu diplomate aussi, tu ne lui rentres pas dans le lard comme tu peux le faire avec tous les autres, après tout, ça reste un entretient d'embauche même si tu penses que tu as le job. Est-ce que tu t'avances un peu trop vite, certainement pas. « Vous pourrez toujours essayer de me convaincre. » Réponds-tu du tac-o-tac en souriant mais tu sais pertinemment que si tu es rappelé, tu y cours sans jeter un seul regard en arrière ce qui pose un problème avec sa question suivante. « Si je suis capable de vous prévenir de mon départ à l'avance, je le ferai, si ce n'est pas le cas, je prendrai les mesures nécessaires pour ne pas vous causer le moindre problème. » tu poseras une enveloppe avec du liquide après avoir vidé ton bureau, un petit message d'adieu et puis plus rien, comme tu le fais toujours, tu files à la sauvette. Mais si par chance, tu es appelé par l'armée, à ce moment-là tu pourras lui fournir tous les documents dont il aura besoin pour se faciliter la tâche. Tu verras bien, parce que tu n'y es pas encore à ce moment du départ même si tu ne jures que par ça.

« Dans ces cas-là, si vous m'embauchez, prenez le temps de filer d'ici, le cabinet de votre père ne va pas s'écrouler. » Dis-tu avec un sourire en coin, si tu étais lui, tu refuserais immédiatement, tu n'es pas un homme de confiance avec les finance et tu te doutes bien que la secrétaire ne pourra pas toujours te filer un coup de mains si Abel vient à partir. Tu fixes le médecin un instant, cherchant à trouver un air de ressemblance avec quelqu'un que tu as connu ici quand tu étais jeune. Si son père était médecin ici, tu as certainement du le voir avant de partir, c'est peut-être même lui qui a signé les papiers prouvant que tu étais apte à rejoindre l'armée, qui sait. Malheureusement, tu n'as plus de souvenirs de ces moments alors tu tournes la tête de gauche à droite. « Non, je ne m'en rappelle pas mais, est-ce que votre père était le seul médecin à Tenby à l'époque, disons, il y a une trentaine d'années ? » Tu demandes quand même, sait-on jamais, peut-être que c'était lui ton sauveur, peut-être pas. Un peu de curiosité ne fait de mal à personne. « Vous pouvez toujours prendre les photos durant le voyage et puis, vous avez un téléphone. » Tu n'imagines pas qu'Abel vive encore avec ses enfants, tu ne les vois pas comme des bambins et d'ailleurs, tu distingues un jeune homme sur une photo présente sur le bureau. Après peut-être qu'Abe est un papa poule qui veut tous les jours voir ses enfants, d'où sa réticence à vouloir partir. D'ailleurs, pourquoi est-ce que tu le pousses à partir ? Parce que toi tu veux absolument le faire et que rien ne se passe ? Peut-être. Tu n'as pas l'intention de chercher à comprendre, pas maintenant.

C'est vrai que lorsqu'on se balade dans les rues de Tenby, ce ne sont pas les jeunes qui s'y trouvent, mais plus une population qui a tendance à vieillir mais comme le dit Abe, le côté station balnéaire attire énormément, surtout en période estivale et tout le monde sait que les gens ont tendance à faire les idiots en vacances, donc ça peut rajeunir la clientèle et surtout faire fonctionner le cabinet à pleine régime si tu y travailles, avec deux médecins, y a de quoi couvrir plus de patients.  « Est-ce que ça serait vraiment différent ? » demandes-tu subitement. Tu n'y crois pas une seconde, la politique et la médecine, ça ne va pas ensemble pour tellement de raisons que tu ne peux pas les citer. C'est un sujet problématique, tabou même, les médecins ne sont que des pions, tout comme les soldats, ils sont les premiers envoyés au casse-pipe si il y a une crise. Enfin tous les humains sont des pions au final, certains mieux placés que d'autres... « Je ne crois pas aux miracles. » Ajoutes-tu en haussant les épaules, signifiant que tu ne penses pas que les choses vont changer, que les médecins, infirmiers et autres membres des soignants vont obtenir la reconnaissance qu'ils méritent. Le monde n'est pas beau comme ça, non, loin de là.  « Et vous avez raison, il faut savoir dire la vérité. » Au bon moment aussi, avec les bons mots et ça, honnêtement, ce n'est pas ton fort. À l'armée, tu étais plus là pour accompagner jusqu'à la mort, en disant que tout ira bien, même si ça n'a pas été souvent le cas, voir un ami mourir, lui mentir jusqu'à la dernière seconde pour le rassurer, ça reste une épreuve, mais tu as été bien formé, tu sais contenir tes émotions, gérer tout ça. C'est pour ça que tu étais doué. Tu l'es encore, ou presque... « Je ne traumatiserai personne ou je ferai du mieux que je peux. » Un clin d’œil accompagne tes mots qui te sortent de ta torpeur liée à l'armée, au deuil et à la souffrance. Tu n'iras pas faire des allusions salaces à une vieille dame, non, tu te contiendras de le faire sur la fille de celle-ci tout en évitant soigneusement un procès pour harcèlement. Ça ira, si Abe décide de t'embaucher, tu passeras ton mois à l'essai de la meilleure des manières afin de lui montrer que tu es quelqu'un de confiance malgré tout. « Je me doutais bien qu'il y allait avoir une période à l'essai, un mois ça me va et si mon travail vous convient et bien on pourra rediscuter du loyer du bureau et du reste sans problèmes. » Tu hoches la tête de haut en bas, sentant que tout se passe pour le mieux et que l'entretient touche doucement à sa fin. « Je peux commencer quand ça vous arrange mais lundi c'est parfait comme ça, vous me donnez les clés, des horaires que je sache à quoi m'en tenir et puis on part pour ce mois d'essai. »  Et maintenant, c'est à Abel de juger de la qualité de ton travail et honnêtement tu n'as pas peur de ça, tu as plus peur de faire une gaffe avec des mots mal placés ou des remarques que des patients auraient aimé ne pas entendre. C'est ton plus gros problème, les relations sociales, mais tu sais que tu peux faire des efforts là-dessus et si tu te focalises sur le côté santé ça ira, quitte à simplement être le médecin froid. Ça pourra aller, non ? « Merci de m'offrir cette opportunité. » Tu lui tends ta main pour la lui serrer, espérant sceller le début d'une bonne collaboration.
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Soldier boy and Jesus' freak || Luke Empty
MessageSujet: Re: Soldier boy and Jesus' freak || Luke   Soldier boy and Jesus' freak || Luke EmptyJeu 21 Mai - 23:51

Est-ce que Abe comprend un peu Luke ? Bien sûr. Il se souvient trop de sa hâte de s’en aller de Tenby, lorsqu’il était jeune, pour partir explorer le monde, loin de cette ville où il ne se passait jamais rien et où il avait l’impression d’être enfermé avec lui-même, de stagner, en bref. Il voulait être utile, aux autres, à la médecine, faire quelque chose, en somme. Luke raisonne peut-être de la même manière. Il n’y a pas beaucoup de différence du point de vue de Abe, entre l’armée et l’humanitaire en temps de crise ou de guerre. C’est la même camaraderie, et les mêmes galères. Il n’a juste sans doute pas la même foi en son pays – parce que les militaires sont des patriotes, non ? – de son côté : la guerre n’apporte rien, jamais, à personne, sinon le danger. C’est en ce sens qu’il réplique finement à la blague de son collègue : « Ma foi, ce n’est pas si mal, une vie où on ne risque pas de mourir à tous les coins de rues, on s’habitue. » Le ton qu’il emploie est aussi à la plaisanterie, mais le sourire de Abel est un peu triste. Il comprend le goût de l’aventure de Luke, mais il a vu assez ce que donnaient les ravages d’une guerre pour ne pas trop adhérer à l’idée d’armée – sauf celle du salut et du Seigneur, bien sûr. En tout cas, au moins, les choses sont claires avec Luke, et Abel note les possibilités : au mieux, il a gagné un collègue qui reprendra le cabinet, au pire, il a désormais un peu de temps pour se retourner et retrouver un repreneur. Il hoche donc la tête avec gratitude : « Merci, je n’en demande pas plus. » Cela dit, Luke a quand même manifestement envie de tenter sa chance, ça reste une attitude positive. « Vous ne le regretterez pas, vous verrez ! »

La discussion continue sur leurs parcours professionnels et leurs motivations, et fatalement, Abel ne peut que mentionner son père. Malgré des relations parfois difficiles avec celui-ci, il est toujours content d’évoquer son père, finalement. Il lui manque, mine de rien. « Oh oui, il n’y avait que lui, déjà ici, d’ailleurs, mais ça ne ressemblait pas encore à ça. » Il s’est mis à tout rénover quand il a repris le cabinet, désireux de tout moderniser, et peut être aussi de s’imprégner de cet espace si marqué par l’impressionnante aura de son père – d’en faire quelque chose à lui. D’un geste, Abel indique la rue : « La maison familiale est à côté, c’est pour cela qu’il avait voulu louer ici. Si jamais si je ne suis pas là, vous pourrez toujours sonner et laisser un mot à ma femme si vous avez besoin de me joindre. » A l’heure des téléphones, ce n’est pas forcément le plus moderne, mais Abel n’est pas réellement quelqu’un de moderne, au contraire. Il est même plutôt le cliché du médecin de famille de campagne, qu’on invite à déjeuner le dimanche. Ce n’est peut-être pas la vie dont il rêvait, mais il s’y est habitué, et maintenant, c’est difficile de revenir en arrière. Mais est-ce qu’il en a vraiment envie ? Pas sûr. Ses enfants lui manqueraient, et…le monde a changé. « Je ne suis pas sûr. Le monde était différent avant. Moins dangereux. C’est assez fou à dire, quand on sait de quoi on part, je pensais pas qu’on pourrait faire pire que le Rwanda ou le Darfour, vous savez. » Réplique-t-il donc pensivement quand Luke lui signale que ce serait tout de même possible. Abel en est un peu désolé : qui pouvait imaginer le 11 septembre, DAESH, et toutes ces nouvelles guerres ? « Ce n’est plus tellement partir, le problème, c’est plutôt revenir. » Les médecins humanitaires font une bonne cible pour les terroristes. Il n’y a qu’à voir cette française, retenue depuis des années par Boko Haram…

Non, à tout prendre, Abel préfère sans doute sa vie, même si sur bien des plans, il y a eu pas mal d’échecs. Il a renoncé à sa carrière et son mariage est assez nul, c’est difficile avec ses enfants, en politique, il se contente de sa petite influence. Il aurait pu faire mieux, mais il aime assez ces petits privilèges de notable. Ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas de conviction, mais peut-être qu’il n’a plus assez d’énergie, ou pas assez de volonté, pour se battre. Il hausse donc les épaules à la question de Luke, ne prenant pas ombrage de ce qu’il dit : « Je n’aurais pas beaucoup plus de pouvoir, sans doute, donc effectivement…non. » Peut-être que les choses s’amélioreront…si Dieu le veut. La foi est quelque chose d’incontournable chez Abel Griffiths, il ne cherche pas à le dissimuler, en témoigne le crucifix qui trone derrière son bureau. Il sourit donc amicalement à Luke : « Moi si. Il ne faut pas perdre espoir, c’est un risque à courir. Il ne faut désespérer de rien, le Seigneur nous protège. » Peut-être qu’il passe pour un illuminé, il s’en fiche, il y croit. Et après tout, il n’a pas tout à fait tort. « La preuve, vous avez fini par candidater alors que je ne trouvais personne. » Bon, il sera sans doute moins facile de résoudre la crise du système de santé par une simple apparition que de trouver un nouveau médecin pour Tenby. Il faut espérer que les atouts du village fonctionnent, maintenant…

En attendant, il faudra se contenter de ce qu’il a. Abe songe qu’il a l’air d’être tombé sur un sacré numéro, mais comme il n’est pas non plus homme à s’en laisser compter, il n’est pas très impressionné. Mais bon, tant que Luke reste professionnel, ils peuvent bien se permettre de rire, ce qu’il fait en retour. « En espérant que ce ne soit pas eux qui vous traumatisent, pas vrai ? » Ils ont l’air d’avoir un accord qui marche et les semaines à venir promettent d’être intéressantes. Au pire, si ça ne va pas, dans un mois, il y aura peut-être un autre candidat. En attendant, c’est l’heure de mettre fin à l’entretien, puisqu’ils sont raccords sur les conditions : « Parfait. Doris vous expliquera et elle verra avec vous pour commencer à établir votre planning et vos rendez-vous. Je pense qu’il y aura aussi quelques documents à signer, pour l’assurance et des histoires de responsabilité aussi, mais rien d’inhabituel, ou que vous ne connaissiez pas déjà. Ca devrait vous occuper une partie de la journée. Je vous donnerai les clefs lundi matin aussi, il faut que je fasse des doubles. » Abel essaye de penser aux derniers détails pratiques, mais tout a l’air clair, et comme Luke n’a pas de question, il n’y a plus qu’à lui dire au revoir et à voir s’il se présentera lundi : « Bien, je crois que tout est en ordre ? Je vous raccompagne, si vous voulez. » Une dernière précision et requête lui vient à l’esprit alors qu’ils franchissent le pas de la porte du cabinet :  « Ah, et oui, je pense qu’on peut éventuellement se tutoyer, si on est amené à travailler ensemble. En général, on me donne plutôt du Abel ou du Abe. » Il serre la main tendue de Luke, avec un dernier sourire : « Bonne fin de semaine, alors ! Et à lundi prochain ! » Une bonne chose de faite.
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