WHISPERS DOWN THE LANE ✿
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.



 
Avez-vous entendu parler de la foire d’automne ? Je crois que c’est la Mairie qui a mis ça en place. Je me réjouis de voir tout cela : il y a des animations pour les enfants, des stands d’artistes, je crois qu’ils vont monter une pièces de théâtre aussi. Sans compter que les commerçants et restaurateurs locaux proposent de bonnes choses à manger…Il y a toujours quelque chose à y faire, peut-être que ça vous plairait. Retrouvez le résumé détaillé de l’intrigue ici !
Tenby, novembre 2020
8°C/11°C ♣ Alors que l’hiver s’approche à grands pas, l’automne s’est bien installée et la pluie balaye régulièrement Tenby. Le fameux brouillard anglais se fait de plus en plus fréquent, alors que les pêcheurs espacent leurs sorties en mer. Quelques tempêtes sont à prévoir, ne vous promenez pas trop en front de mer par grand vent !
La foire fait l’objet de toutes sortes de rumeurs…Tout cela va être riche en événements. C'est toujours une telle joie de voir de l'animation à Tenby, en plus Et puis on a besoin de souffler un peu après toute cette histoire d'incendie... Et vous, allez vous y faire un tour ? Donnez votre avis ici !
-43%
Le deal à ne pas rater :
Platine vinyle DENON DP-300F NOIR
199.99 € 349.99 €
Voir le deal

Partagez

Une lueur d'espoir ? | Teddy

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyVen 9 Déc - 22:03

Il était temps. Siothrún avait pris la décision que les choses allaient changer, en mieux, si possible. Il ne pouvait plus rester dans cet état dépressif, à boire et à prendre des cachetons n’importe comment. Il se plaignait en permanence et là, il commençait doucement à s’agacer lui-même. N’était-il donc pas capable de faire autre chose que de geindre et se plaindre que tout ça, ce n’était pas sa faute ? Alors qu’en réalité, ça l’était. Il s’était cru au-dessus de tout et tout le monde et la chute avait été réellement rude. A tel point qu’il n’avait pas su regarder la vérité en face, préférant s’enfoncer dans son désespoir. Ce n’était pourtant pas dans son caractère d’être lâche. Au contraire, on pouvait même le qualifier de courageux (ou d’inconscient, suivant les perceptions). Non, le problème, c’est qu’il n’arrivait pas à se dire que tout était de sa faute, qu’il s’était foutu dans la merde tout seul comme un grand. Et maintenant qu’il commençait à en prendre conscience, ça le fichait mal. Depuis quand il se laissait ainsi aller ? Depuis quand il n’avait plus aucun contrôle sur lui-même ? Siothrún avait le défaut et la qualité d’être horriblement orgueilleux. Et c’est ce qui lui donnait le coup de fouet pour se bouger les fesses.

Les alcooliques anonymes. Ce nom qui lui avait fait si peur pendant tant de mois. Et pourtant, ce jour-là, il en poussait la porte. C’était le premier pas vers sa nouvelle vie et il ne savait pas où ça allait le mener. Mais pour une fois, il se sentait confiant en lui. Oui, ça allait être dur, oui, il n’allait pas forcément s’en sortir tout de suite… mais en même temps, si ça se faisait rapidement, il ne serait pas là et toutes ces personnes ne seraient pas là non plus.

Siothrún ne savait pas quoi faire, ni où se mettre. Il ne connaissait personne, c’était son médecin qui lui avait donné l’adresse. Alors il restait un peu dans son coin, à observer tout le monde en se demandant quoi faire. Aller vers les autres, ce serait une bonne idée… mais ça demandait un peu trop d’effort pour lui pour le moment. Il était plus fort quand il s’agissait d’observer, dans ces moments-là.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyLun 30 Jan - 1:38

Ma main me semblait moite sur la poignée de l’église. Ce n’était pas la première fois pourtant que je mettais les pieds dans une rencontre des Alcooliques Anonymes. J’étais un abonné du vieux sous-sol d’église de Tenby pour au moins ce point-là. Parce qu’autrement, je ne mettais jamais les pieds dans ce grand bâtiment. Mon style non-conventionnel aurait vite fait de faire tomber les cheveux du crâne dégarni du père Vaughan duquel ma grand-mère me disait tant de bien dans une vie antérieure dans laquelle elle était vivante. J’avais beau être abonné aux rencontres chez les AA et ne jamais manquer une rencontre à moins d’être clairement en rechute – la moindre absence se traduisait presque instinctivement par l’arrivée sur mon paillasson de mon parrain des AA – lequel avait changé au fil des années.

La vérité était bien simple : J’avais beau avoir regagné un équilibre – je savais très clairement que ce dernier était précaire. J’étais tour à tour la maison de paille et la maison de bois des trois petits cochons. Le loup qui soufflait encore et encore sur ma fragile carcasse m’ébranlait bien plus que ce que j’étais prêt à admettre. Basculer m’était facile. Mais au fil des années, je fréquentais les AA depuis ma jeune vingtaine, j’avais appris que derrière cette porte se trouvait toujours du soutien lequel m’apporterait probablement plus de réconfort que le fond d’une bouteille pour me retourner l’estomac et m’autodétruire un peu plus.

Ce fut cette pensée qui, récitée comme un mantra, réussit à me convaincre de pousser la lourde porte. J’avais peut-être peur que les habitués n’y soient pas. Le bruit de mes lourdes bottes en caoutchouc militaire raisonna faiblement sur le parquet. Attentif je scrutais la foule, saluait quelqu’un des habitués. Il ne fallait pas se cacher que dans ce cercle réduit, j’étais un des visages connus de l’alcoolisme de cette ville. Même si j’approchais bientôt les deux ans d’abstinence – un record dans mon cas causé plus probablement par la naissance de Mila et le lien que j’avais réussi à tisser avec Grace, ma réputation me précédait comme une évidence. Excentrique, de mon style vestimentaire à mon métier, j’avais beau trouvé mon réconfort dans mes racines typiques du Pembrokeshire, je n’y semblais guère à ma place.

Mon parrain n’y était pas mais mon regard s’accrocha sur quelqu’un d’étrangement seul. Étrangement probablement parce que Tenby était une petite ville, un cercle de petits habitués qui se rencontraient de manière hebdomadaire pour parler de ce qui les avaient amené sur le chemin de la déchéance, de la difficulté de se battre avec leur propre démon. L’homme m’était quelque peu familier – un visage déjà croisé probablement au détour d’une rue mais je n’étais pas capable de l’identifier. Néanmoins, choisissant de ne pas le laisser seul dans cette petite foule, je m’en approchais, curieux de savoir si c’était un nouveau ou un simple égaré : « Bonjour, je m’appelle Theodore. Tu peux m’appeler Ted. C’est ta première fois ici? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyMer 1 Fév - 19:28

Pour une fois, Siothrún faisait preuve d’un peu d’humilité. Les gens qui l’entouraient avec tous leurs histoires, leurs raisons d’être ici, et elles n’étaient pas moins valables que les siennes. Il allait devoir apprendre à s’abaisser au niveau des autres. A arrêter de croire que tout le monde lui était inférieur alors sûrement, la plupart avait plus de mérite que lui. Finalement, le jour où il pourrait se déclarer sobre et plus ou moins sorti d’affaire, il serait un autre homme. Pas forcément meilleur dans le sens où il serait plus en adéquation avec la société, mais un homme qui se sentirait enfin bien dans sa peau. A l’aube de la quarantaine, il était peut-être temps.

Les mains dans les poches, il regardait toutes les personnes présentes, essayant de lire leur histoire sur leurs visages. C’était des gens ordinaires, le genre de personnes qu’il se faisait un plaisir d’assassiner dans ses critiques… Peut-être que ça allait lui faire prendre conscience du fait que parfois, ses articles n’étaient pas forcément de bon goût. Ah, non. On parlait de Siothrún, il ne fallait pas non plus s’attendre à un miracle. Plongé dans ses pensées, il ne revint sur terre qu’en entendant quelqu’un lui parler. Il tourna la tête, se retrouvant devant un homme qu’il avait déjà croisé quelque fois, mais dont il ne savait absolument rien.

« Salut. Moi, c’est Siothrún. Ouais, c’est ma première fois. »

Ca se voyait sur son visage ou l’autre était un habitué ? Bonne question, mais l’Irlandais comptait bien tenter sa chance pour voir si l’autre pouvait l’aider.

« Je… je ne sais pas trop comment ça fonctionne, à part ce que j’ai vu dans les films et je me doute que ça ne se passe pas comme ça en réalité. Vous… tu pourrais peut-être m’expliquer un peu ? »

Un pas après l’autre, le journaliste était bien décidé à essayer de se faire une place. Essayer et réussir, parce que l’échec, il ne connaissait pas. Il était trop déterminé. Et surtout, têtu.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyDim 12 Fév - 23:10

Vivre avec une dépendance est un défi au quotidien. Le genre de bataille que l’on ne soupçonne pas vraiment que l’on voit venir. Le premier verre que l’on prend nous semble foutrement innocent : tout le monde a sa première expérience avec l’alcool. C’est normal d’essayer – se dit-on. On oublie pendant un bref instant le fait que l’on est jeune, con et influençable.

Le fait est que la bataille ne s’annonce pas avec tambour et trompette. Il n’y a aucune grande bannière qui nous affiche que nous avons enfin franchi la frontière entre le buveur occasionnel et l’alcoolique. Cette déclaration de guerre se fait de manière subtile. Ce verre de plus. L’heure à laquelle on se met à boire. Le fait que l’on boit pour enlever le mal de tête.

La première fois où j’avais fait naufrage avec l’alcool, où j’avais réalisé mon problème, j’avais eu le prélude d’un syndrome de sevrage ce qui était en soit impressionnant pour une drogue à cent pour cent légal… surtout quand on avait conscience de l’état précaire dans lequel j’étais. J’avais vingt ans à ma première rencontre avec les AA. Un des bébés de la salle. Et je n’avais pas été là parce que je le voulais. L’homme devant moi ne semblait pas avoir le fusil pointé sur la tempe comme cela avait été mon cas. Il semblait simplement anxieux comme bien des gens qui réalisaient que leur corps ne tiendrait peut-être pas la course s’ils continuaient à ce rythme-là. Leur foie les lâcherait bien avant les prévenaient gentiment les docteurs… Qui transplanterait un alcoolo?

Sa référence me fit sourire. Généralement, les séries et autres arrangements artistiques d’Hollywood et ses illusions n’était pas à la hauteur… Mais elle s’en rapprochait pour le genre de rencontre dans lequel nous étions en train de glisser. Avec un sourire, je dis : « Je te dirais que les films ne sont pas très loin de la réalité pour une fois. On a le buffet… là-bas. » Je le désignais d’un geste. Hors de question que je m’en approche personnellement. Les beignets et moi ne faisions aussi pas bon ménage. « Se sortir d’une dépendance… ça se fait pas seul. Donc, grosso-modo c’est un groupe d’entraide. Le président va bientôt arriver et ouvrir la rencontre. Un peu formel mais ceux qui sont intéressés racontent leur histoire. Et on aide à trouver des pistes de solutions. Tu vas aussi hériter d’un parrain que tu peux contacter en cas de rechute. C’est généralement quelqu’un qui a une période stable d’abstinence derrière lui. Si c’est pas indiscret, tu consommes quoi? Moi, c’était l’alcool. » J’aimais bien être capable de dire cette phrase au passé. Je frôlais de nouveau l’année entière d’abstinence… un record que je n’avais presque jamais égalé. Ici, je n’avais pas de tabou… en même temps, dans cette ville… dans les vieux, tous savaient mes problèmes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptySam 18 Fév - 21:51

Siothrún regarda ce qu’il lui montra en hochant doucement la tête. Son estomac était bien trop tordu dans tous les sens pour qu’il réussisse à avaler quoi que ce soit, liquide comme solide. Le social alimentaire, ce serait pour une autre fois. De toute façon, il y avait bien trop de monde et ils semblaient presque à l’aise, alors que lui, il avait l’impression d’être une bête traquée. Sa paranoïa ressortait, lui murmurant que tout le monde le regardait et le jugeait alors que personne ne faisait attention à lui en réalité. Et son démon sur l’épaule lui susurrait qu’il serait bien mieux avec une bonne bouteille d’alcool et une clope, avant de prendre quelques cachetons pour s’aider à dormir. Mais au fond, c’était ça, la faiblesse qu’il tentait de combattre. Ce n’était pas les questions le problème, ce n’était pas de savoir s’il allait atterrir en prison pour les crimes qu’il avait commis. Non, c’était de se retrouver faible face à une substance.

« D’accord… Ca parait… cool. »

Ouais, c’est le seul mot qu’il trouvait et même lui, il trouvait ça un peu pathétique. Mais il s’était tellement fait une montagne de tout ça qu’il avait eu l’impression que c’était quelqu’un chose d’insurmontable. Genre qu’il fallait être un initié pour y survivre ou une bêtise du genre. Et c’était vraiment une bêtise, parce qu’au fond, tous ces gens, ils avaient été comme lui au début. Accros et malades.

« Alcool aussi. Et puis… des médicaments, contre le stress et pour dormir. »


Aïe. Ca faisait mal de dire ça, en vrai. Il n’avait pas l’habitude d’exprimer ça à voix haute.

« J’ai envie d’arrêter tout ça, vraiment. Mais je me demande juste comment garder la motivation. Comment trouver une bonne raison tous les jours de ne pas replonger. J’ai essayé plusieurs fois… mais si je suis là, c’est que ça n’a pas été un succès, hein. Qu’est-ce qui a fait que tu as eu ce déclic ? »


Pour une fois, il avait besoin d’un modèle. Que quelqu’un lui dise quoi faire, comment faire, quand faire…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyDim 19 Fév - 23:27

Chaque alcoolique a sa propre histoire avec la bouteille. Sa propre manière de se caler. Les raisons qui poussent quelqu’un à fréquenter le fond d’une bouteille d’alcool le concernent lui – et uniquement lui. C’était l’instabilité de mon enfance et l’arrestation de mes parents qui m’avait poussé dans le cercle autodestructeur dont je n’étais jamais vraiment sorti seul. J’avais conscience que la ligne entre le précipice et moi était bien fine et mince. Un petit coup de vent et voilà que je basculais dans une bien étrange réalité où mon corps se retrouvait déformé par mon esprit, où ma tête était emplie d’air et où mon sang avait exactement le même goût que du Jack Daniel tellement j’en consommais en grande quantité.

J’eus un petit sourire : « Seul… ça marche jamais vraiment. En tout cas… ça n’a jamais marché avec moi. Et je peux te rassurer en te disant que j’en ai vu avec des pires dépendances. » dis-je doucement. Parce qu’au fil des années à fréquenter les Alcooliques Anonymes, j’avais vu passé des pluri-dépendants qui avaient fait passé mon cas pour un tas de bonbons. Même pendant mes stages dans une vie antérieure quand je bossais auprès de jeunes qui avaient des problèmes pas si différents des miens… J’en avais vu filer des tas et des tas d’enfants encore plus abimé que celui que j’étais et qui n’avais pas réalisé son problème seul.

La question m’arracha un sourire : quand j’avais réalisé que j’avais un problème. « Disons que j’ai longtemps nié l’existence du problème. » Tout le monde proche de moi avait fait la même chose. Mes notes ne s’en faisaient pas trop sentir… Je savais me contrôler parfois pour être presque présentable. « J’ai réalisé que j’avais un problème de consommation quand j’ai été… » Hum… Il y avait sans doute plus délicat comme technique pour admettre que l’alcoolisme n’était pas notre plus gros problème de santé mentale – la dépendance n’était rien face à mon ignorance de mes besoins vitales comme la simple réalité qu’il fallait manger "Absurde" répliquait encore une partie de moi que plusieurs années de thérapie n’avaient pas réussi à soigner encore. « Quand j’avais vingt ans. La première fois que mes grands-parents m’ont fait interné… J’ai jamais été sobre très longtemps depuis mes quinze ans. Je fais des efforts maintenant, pour ma fille, mon fils et ma petite-fille. Il faut que tu aies un filet. Si tu veux… je pourrais te prendre sous mon aile. » J’avais cherché à adoucir la pilule pour ne pas faire paraitre mon problème comme l’éléphant dans la pièce.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyLun 20 Fév - 19:39

Siothrún eut une légère grimace. Ca ne l’aidait pas de lui dire qu’il y avait pire et que probablement, ces gens s’en étaient sortis. Ca ne faisait que renforcer l’impression qu’il avait d’être un gros nul, incapable de bien faire les choses. Il se croyait fort et courageux… mais à ce moment-là, il était surtout démuni. Or, la faiblesse, il ne supportait pas ça. Si ça avait tendance à le foutre en rogne en temps normal et à le pousser à se bouger les miches, ces derniers temps, il se complaignait plutôt dans sa douleur. Il savait que ce n’était pas la chose à faire… mais il fallait croire que sa force de caractère dont il était si fier en temps normal avait tout simplement disparu.

« Hum, je vois… Ca a dû être une prise de conscience assez brutale. »

Interné ? Soit cet homme avait d’autres problèmes, soit l’Irlandais n’était finalement pas tombé si bas que ça. Peut-être que Thedore avait une dépression ou quelque chose dans ce genre-là… Hé, Siothrún, ça ne te rappelle rien ? Genre toi, qui es à deux doigts de craquer depuis des mois… Il serait peut-être temps que tu te prennes en main avant d’arriver à un tel extrême.

« Un filet… »

Siothrún avait l’air pensif. Il réfléchissait à ce qui pourrait bien le retenir… mais il n’y avait personne. Il ne pouvait pas faire ça par amour pour sa famille vu qu’il les détestait tous. Il n’avait pas d’ami. Et sa dernière relation amoureuse remontait à la Préhistoire. Donc bon. Ce n’était pas de ce côté-là qu’il fallait qu’il cherche. Il reporta son attention sur Theodore en entendant sa proposition, incapable de réagir tout de suite. Pour la première fois depuis des années, quelqu’un lui proposait de l’aide de façon spontanée, sans avoir été forcé ou payé pour ça. Cet homme, qui visiblement, avait déjà bien assez de problèmes comme ça, se proposait de l’aider avec les siens. L’Irlandais eut un sursaut de méfiance alors que la paranoïa repointait le bout de son nez. Mais il réussit à la faire taire, car au bout d’un moment, c’en était lassant de se laisser mener comme ça.

« Je veux bien, merci. »

C’était dur de dire ces mots, de reconnaître qu’il avait besoin de quelqu’un. Mais il savait qu’il n’avait pas le choix, s’il voulait une chance de vivre. Ses addictions le tuaient à petit feu et ce n’était pas cette mort là, faible et ridicule, qu’il voulait.

« Je n’ai… personne qui vaut le coup. Mais je crois… Ouais, ça va paraître peut-être stupide ou prétentieux, mais je crois que je veux m’en sortir juste parce que je pense que je mérite mieux que ça. Je ne veux pas être faible. Je veux juste montrer que malgré tout ce qu’il se passe, je ne baisse pas les bras. Que ça leur plaise ou non. »


« Leur » visait des gens bien différents. Ses parents, le reste de sa famille, les membres de l’IRA voulant sa tête, les juges espérant le voir tomber, tous ceux qui le détestaient car il avait révélé leurs petits secrets dans la presse… Toutes ces personnes, il voulait pouvoir les regarder en face en ricanant, l’air orgueilleux et supérieur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyJeu 2 Mar - 22:59

Je n’entretenais pas de tabou face à la santé mentale – du moins face à la mienne. Ma réputation n’était pas à refaire dans cette ville et j’aurais bien mal été placé pour me jouer l’autruche en prétendant que je n’avais jamais connus le moindre petit problème de santé mentale. Je ne me présentais jamais en définissant ma vie par mon nombre de de séjour en institut psychiatrique – mais ce nombre constituait une partie de mon existence que je ne pouvais pas nier au périple de nier une partie qui constituait intégralement des mois entiers de ma vie. L’environnement cadré de l’hôpital psychiatrique avait joué un rôle essentiel dans ma manière de concevoir le monde qui m’entourait – peut-être même était-ce la suite logique de mon adolescence ballotée d’un endroit à l’autre sans que je le décide. J’étais une plante partie dans le mauvais terreau.

Et si la plupart des gens ne jugeait pas dans ce genre d’environnement, le nouvel arrivant semblait avoir un apriori plutôt particulier sur la santé mentale de manière générale… Peut-être ne soupçonnait pas aussi la force d’un sevrage d’alcool (une drogue après tout légale et vendue par l’état dans certains pays). J’eus un sourire : « Brutale mais essentielle comme prise de conscience » chacune d’entre elles l’avait été. Et j’avais réalisé un jour que seul, je ne pouvais pas m’en sortir. Il y avait des gens qui réussissait à s’en sortir d’une motivation intrinsèque – mais je savais que ce n’était pas mon cas. Tout ce nombre d’années à cotoyer la maladie mentale comme une inévitable dépendance (une fidèle mais traitre amie) et la (très salope) anorexie mentale qui m’avait poussée jusque dans les méandres.

Mais je savais que les raisons qui nous poussaient à consommer étaient aussi diverses que le nombre de dépendant que cette salle contenait. Il n’y avait pas de solution universelle pour régler une dépendance. Pas de plan exact. Je frottais mes mains sur mes jeans avant de rajouter un petit : « Si la satisfaction de te savoir supérieur à d’autres te convient… C’est tout ce qui importe. Moi ça ne me suffirait pas, mais ça peut suffire à d’autres. » Il avait une personnalité si loin de la mienne. Je n’arrivais pas à me sentir supérieur aux autres. Probablement que jamais je ne me sentirais bien meilleur que « lui » cette autre. « Regarde autour de toi actuellement. Qu’est-ce que tu vois? » Une main se posa sur mon épaule. Je me retournais et souris à l’homme. « Siothrún, je te présente David. Le président de cette section des AA et celui qui me sert de parrain depuis… six ans non? » Il hocha la tête avant de nous faire nous retourner vers l’action principal.

Ce que je n’aimais pas des AA malgré toutes les années, c’était l’importance accordée à la religion à travers les fameux douze étapes de la résolution. Et pendant la prière d’ouverture prononcé par David, je me retournais discrètement vers le nouveau venu dans le groupe. « Tu l’as remarqué cette différence? La dépendance n’est pas une question de faiblesse… Les hommes et les femmes qui t’entourent présentement ont une vie au-delà de l’alcool. Oui, certains sont des assistés sociaux – ce cliché que l’on s’amuse à véhiculer sur l’exemple même du dépendant que ça soit à l’alcool ou à plus fort. Mais ce n’est pas que ça. David est médecin, Fflur est notaire… J’ai repris mon doctorat après avoir trouvé quelqu’un pour diriger ma boutique… Ce n’est pas une question de bêtise humaine ni une question de force de caractère. C’est un problème comme un autre. » dis-je avec une certaine honnêteté trouvée on ne sait où.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyDim 5 Mar - 15:00

Peut-être que c’était ça qui lui manquait. Une vraie prise de conscience. Pas un médecin agitant un stylo sous son nez en lui disant que son corps était en train de le lâcher. Ca, au fond, ça n’avait pas beaucoup d’impact sur lui. Il fallait quelque chose de plus percutant. De plus décisif. Peut-être que s’il frôlait réellement la mort, là, il percuterait. Quoi que, tenait-il assez à sa vie pour ça ? Il était tellement fatigué parfois, qu’il serait capable de se laisser entraîner, de se dire que le combat était fini et qu’il l’avait perdu.

Il pensait que ça lui conviendrait, mais il n’en savait rien. En ce moment, il était juste perdu. Il tentait de se raccrocher tant bien que mal à son ancienne personnalité, à se dire qu’il était toujours ce connard arrogant sur lequel le monde n’avait pas de prise. Le problème, c’est que c’était justement cet homme-là qui était tombé dans les addictions. Il allait falloir qu’il change s’il voulait s’en sortir, mais il ne s’en rendait pas compte. Il baissa légèrement le regard. La réaction de Ted… elle le mettait un peu mal à l’aise, au final. Car il ne le jugeait as, alors qu’il aurait très bien pu. Il finit par relever la tête, regardant les autres.

« Des gens… qui ont l’air normaux. Je les aurais croisés dans la rue que je n’aurais rien su de leurs addictions. »

Des gens comme lui, en somme. Des personnes avec des problèmes. Et pas des gens qui valaient nécessairement moins que lui. Il allait falloir qu’il apprenne l’humilité, ça ne lui ferait pas de mal. Il salua le nouveau venu d’un hochement de tête avant de suivre Ted Et David docilement. Il ne put s’empêcher de grimacer légèrement en entendant la prière. Ca, ce n’était vraiment pas son truc et il savait qu’il allait avoir du mal à passer au dessus de ça. L’Irlandais rejetait toutes les religions, quel qu’elles soient. Si un Dieu quelconque existait, laisserait-t-il vraiment le monde aller à vau-l’eau de cette façon ? Siothrún répondit d’une voix douce :

« Je ne voulais pas paraître arrogant… Ces gens… Au fond… Ils valent sûrement mieux que moi. Mais même si tout ça, c’est un problème, je pense que ça vient quand même d’une faiblesse. D’un moment où quelque chose s’est brisé en nous. Tu en connais des gens heureux, à la vie plus ou moins parfaites, qui sont alcooliques, drogués ou quelque chose dans ce genre ? Personnellement, je n’en connais pas. Je sais que c’est une maladie, alors je me dis qu’au fond, tous les gens qui sont là, on doit tous être un peu malade au fond. Et avoir des blessures à refermer. »

S’il n’avait pas foutu sa vie en l’air comme un crétin, est-ce qu’il serait là, aujourd’hui ? Non. S’il avait suivi son plan de carrière, il aurait pu être à Belfast à cet instant. A écrire des articles qui lui tiennent à cœur. Entouré de personnes aimantes. Il ferma les yeux quelques secondes. La douleur le gagnait alors qu’il se rendait compte de l’étendue du gâchis. Il lâcha dans un murmure étranglé :

« Je ne mérite pas votre aide. Je ne suis pas quelqu’un de bien. »

Et pour une fois, peut-être qu’il le regrettait…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyMer 15 Mar - 23:13

Je savais très bien – trop bien – que tout jugement que je posais était inutile. C’était peut-être un détournement qui venait du fait que j’avais repris mes études. Mais je me disais que pour savoir vraiment s’occuper d’enfant à problème, il ne fallait pas juger. J’avais aussi une longue et très instructive expérience de près de vingt ans en matière de dépendance qui se traduisait par la cruelle manière avec laquelle je percevais le monde qui m’entourait. La preuve, c’était que je n’étais même pas surpris de voir qu’il s’attendait à ce cliché de l’alcoolique que les médias nous vendent.

La vérité, c’est que l’alcoolisme est égal à toutes les autres formes de dépendances et à toutes les autres maladies mentales. Ses symptômes sont variés et les gens qui y sombrent ne finissent pas tous sous le même cliché. Des gens comme moi passent moins anonyme dans cette foule – mais j’ai conscience de la multitude de mes problèmes. Et je soigne ce mal-être chronique qui me caractérise depuis mes quinze ans. Un petit pas à la fois.

J’ai noté la grimace sur son visage lorsque la prière à commencer mais je ne la souligne pas. Ce que je trouve plus intéressant, c’est son propos. La dépréciation qu’il a de lui et cette image qui est d’une tristesse lorsqu’il mentionne comment une personne finit par glisser dans les bas-fonds de l’humanité à cause d’une dépendance. « Je ne nie pas que c’est une maladie. Je serais bien mal placé pour prétendre qu’il faut être fort et heureux pour chercher à se noyer dans le fond d’une bouteille d’alcool. » dis-je avec petit rictus.

Il faudrait être idiot pour penser que quelqu’un d’heureux veuille accepter de s’empoisonner. C’était d’ailleurs de ces gens heureux que le jugement était le plus ardu souvent à comprendre. Il était dur parce qu’ils ne comprenaient pas cette chute et le fait que c’était d’avantage une obligation. À l’image du buveur dans le petit prince, nous buvions pour oublier que nous avions honte de boire à un certain stade. Je l’aimais ce passage court et expéditif de Saint-Exupéry parce qu’il définissait très bien mon long combat contre l’alcool et les troubles alimentaires. « Ce que tu as dit est le contraire de l’arrogance. » soulignais-je avec un ton peut-être un peu trop paternel. « Je ne connais personne qui est constamment heureux personnellement. Je connais des gens qui peuvent prendre une cuite de temps en temps pour oublier un malheur qui vient de leur arriver. Je connais des gens qui consomment modérément en tout temps et sans abus. Et il y a des gens qui chutent dans une maladie. Et je crois personnellement que le jugement d’autrui est pire. Parce que ce n’est pas physique. C’est mental. Et parce que ce n’est pas physique, le réseau manque pour nous donner les outils pour nous en sortir. » Je me retournais vers lui un bref instant pour le regarder avant de continuer. « Et le pire c’est que cette maladie ne s’invite jamais vraiment seul. Elle vient avec sa fidèle compagne la dépression. Et parfois, elles se font un party et en invite d’autres ». Les bras croisés, je le fixais. Je lui peignais probablement une image faussée de la réalité. Ce n’était pas pleinement une relation de cause à effet entre la dépendance et les autres troubles. Mais pour moi, elle était nette et claire et je naviguais entre un équilibre précaire entre l’un et l’autre des deux cas. Pas vraiment de choix à avoir ici. Je rajoutais : « Tu me laisseras jugé de celui que tu es. Et sache que l’on peut toujours changer… il faut simplement être prêt à mettre les efforts. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyLun 17 Avr - 21:53

Siothrún avait l'impression d'être entièrement à côté de la plaque. Son attitude oscillait entre un dédain profond, la culpabilité et la mélancolie. Et après, il osait dire qu'il savait très bien ce qu'il faisait... non. C'était un pur mensonge. Il ne pouvait s'avouer être faible et avoir besoin d'aide, alors il rajoutait des couches à sa carapace, espérant la renforcer ainsi. Alors qu'en réalité, il ne faisait que l'alourdir, au point de plier et de s'effondrer sous son poids.

Il écouta ce que Théodore racontait. C'était censé, c'était logique. C'était peut-être le bon moment pour écouter cet homme et intégrer ce qu'il racontait car au moins, lui, il savait de quoi il parlait, ce qui était rare. Quand il s'agissait de son médecin ou des psychologues qu'on l'avait forcé à voir, c'était des gens sans expérience réelle. Ils connaissaient leur sujet, mais ils ne l'avaient jamais vécu. Alors, leurs paroles étaient vides de sens. Tout le contraire de son interlocuteur présent. L'homme avait un drôle de ton quand il s'adressait au journaliste, mais ce n'était pas pour lui déplaire, loin de là. Au contraire, il avait l'impression d'être pris sous l'aide de quelqu'un. Qu'on lui disait que ce n'était pas grave, qu'il avait le droit de merder, comme tout le monde. Le plus important était que maintenant, tout allait aller mieux.

Et surtout, Theodore mettait le doigt sur un point important : la boisson ne faisait pas tout. Il fallait aussi qu'il s'occupe de sa dépression et de tout ce qu'il allait. Parce que ça serait bien beau de boire, mais si le moindre petit problème le renvoyait broyer du noir, il n'était clairement pas sorti.

« Alors je te laisserai te faire ton opinion toi-même. De toute façon, ce que je vois de moi en ce moment est forcément biaisé. Et je crois que j'ai vraiment envie de changer car parfois, je me dégoût moi-même à être cet être pathétique et geignard. Je veux redevenir le journaliste de talent que j'étais auparavant, cet homme sûr et fier de lui, qui ne recule devant rien. »

Il soupira, se passant la main dans les cheveux. le problème ?

« Je ne sais juste pas comment m'y prendre. J'ai besoin qu'on me montre la voie. »

Il eut un sourire un peu maladroit, mais sincère. Remettre une partie de sa vie en jeu, ce n'était pas rien, cela entendait de se remettre en question, ce dont il n'avait pas trop l'habitude quand même.

La réunion continuait et les gens parlaient d'eux, de leurs combats, de leurs réussites comme de leurs défaites. L'Irlandais se surprit à les écouter attentivement, lui qui n'en avait pourtant généralement rien à faire des autres. Comme quoi, il n'était jamais trop tard pour changer...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy EmptyMar 16 Mai - 0:45

Il n’y a pas de bonne manière pour qu’une personne admette ses problèmes de santé mentale : que ce soit de la consommation ou n’importe quoi d’autre. Le tabou qui entoure la maladie mentale, c’était un tabou dans notre société moderne individualiste. Dans mon cas, le tabou était encore plus grand. L’alcoolisme est une maladie sans genre associé. L’anorexie, elle, se trouve dans une situation fort différente. Selon le cliché, c’était une maladie de femme – et j’avais frôlé la mort à plus d’une reprise en me battant contre ce démon silencieux.

Je savais que d’aller chercher de l’aide c’était difficile. Que l’on était vulnérable au moment d’où l’on choisissait de faire le premier pas qui nous menait vers une vie un peu plus normale que cette spirale autodestructrice de laquelle on ne pouvait pas sortir seul normalement. Je le savais mieux que beaucoup des personnes présente ici. Parce que j’avais eu de la difficulté à chaque fois que j’avais recommencer à perdre le contrôle.

Je progressais là n’était pas la question mais je savais que c’était un chemin difficile. Mon regard était plein de compassion pour l’homme assis à côté de moi : « Je te jure que je comprends. Ma colocataire endure des horreurs encore aujourd’hui de ma part. » dis-je avec un sourire un peu sombre. J’admirais le courage de Maggie qui ne disait rien malgré le nombre de repas où j’agissais en enfant en refusant de toucher autre chose que du riz blanc en portion d’enfant. Parce que si mon alcoolisme était sous contrôle, la nourriture semblait être d’autant plus problématique dans mon cas. Il viendrait un jour où l’autre à comprendre ce qui se passait dans ma vie, dans le semi-silence qui entrainait mes problématique. Mais pour l’instant je me contentais d’être évasif.

« On dit souvent que le fait d’admettre que l’on a un problème est le premier pas. D’expérience, c’est vrai. Donc je peux te dire que selon moi, pour reprendre comme il le faut la main sur ta vie… Tu viens déjà de faire un premier pas. Parce que le seul et unique moyen de se tirer d’une dépendance, ça dépasse le fait de simplement arrêter. » dis-je avec un sourire en passant une main dans ma tignasse rousse. Je biaisais probablement de ma propre expérience en affirmant que l’on avait besoin des autres mais bon. J’étais un homme social au fond quand on grattait sous la carapace que des années de dépendance et d’un contrôle accru sur mon environnement m’avait forcé à construire.

Je retournais mon regard vers l’homme avant de rajouter un « Je veux bien être cette personne qui va te la montrer la voie. Même si je suis loin d’être le mieux placé. Mais je crois que l’on peut tous changer pour s’améliorer et redevenir quelqu’un de meilleur. » Il fallait trouver le moyen de peindre aux couleurs de l’arc-en-ciel le monde qui nous entourait. Il fallait trouver le moyen d’avoir espoir que demain le soleil se lèverait. Que demain tout s’améliorerait, que le temps guérirait les blessures du passé… Mais il fallait quelqu’un pour nous accompagner le long de cette route sinueuse pour savoir que ce travail ne se ferait pas du jour au lendemain. C’était d’avantage un marathon qu’un sprint. Une course d’endurance qui, pour certains, ne s’étendait pas à l’infini mais qui le faisait pour d’autres.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty
MessageSujet: Re: Une lueur d'espoir ? | Teddy   Une lueur d'espoir ? | Teddy Empty

Revenir en haut Aller en bas

Une lueur d'espoir ? | Teddy

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WHISPERS DOWN THE LANE ✿ ::  :: RP abandonnés-