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you'll only feel the beat

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MessageSujet: you'll only feel the beat Lun 2 Juin - 4:36

if you have a heart

 
Elle garde le regard obstinément fixé sur son fish’n’chips lorsque son proprio vient se poser lourdement sur la banquette en face. Gros bonhomme moustachu, aussi sympathique que l’est son accent irlandais, il n’a pas la moindre once de malice, contrairement à certaines personnes du voisinage. Pourtant il faut qu’il tousse exagérément pour que Daisy daigne relever les yeux. Ce n’est pas qu’elle ne veut pas qu’on lui parle. Ce n’est pas qu’elle a peur qu’il lui balance une vacherie cachée sous une phrase apparemment banale. C’est que la perte de sa mère ne lui fait pas aussi mal qu’ils pensent tous. C’est qu’elle en a marre de se faire dire, à chaque fois, combien on est désolé, et combien sa mère était gentille. Gentille, généreuse, parfaite en tout points… ? Bien paraître devant Daisy et devant les autres, c’est ce qui est important. Elle vient de perdre le dernier membre de sa famille qui lui restait, pourquoi donc irait-on lui dire autre chose ? « Daisy… » Elle lève les sourcils dans une marque d’intérêt poli. Oui, quoi ? Maman était belle, gentille, agréable ? Non. Elle était malade, anxieuse, sous le joug d’un putain de profiteur. « Si tu as besoin d’aide pour vider la maison, ou faire du ménage, fais-moi signe. » Elle lui offre un pauvre sourire. « Mes condoléances. » Il pose sa grosse paluche sur sa main frêle, et c’est un merci sincère qui franchit ses lèvres alors qu’il se lève pour retourner au bar.

Retournant à sa méditation contemplative, Daisy finit par enfourner une poignée de frites trempées au préalable dans la mayonnaise, l’air blasé. Venir manger ici n’était peut-être pas une idée de génie, au final. Mais Lonán doit arriver dans une vingtaine de minutes à peine, et elle se dit que ça vaut probablement le coup de patienter. Et de toute façon, elle ne se voit pas abandonner son poisson sur la table, tout chaud, doré et croustillant qu’il est. Ce serait un tragique outrage, une hérésie, un péché mortel que de devoir le faire réchauffer au micro-ondes. Alors, prenant son courage à deux mains, elle commande une pinte de bière pour accompagner son délicieux fish’n’chips, se cale au fond de la banquette, et mange en silence en espérant qu’on lui fiche la paix. Elle aurait peut-être pu inviter Isaac. Enfin c’est trop tard, maintenant. Elle est venue pour voir/entendre Lon’, parce que les CDs dans la boutique, ça va deux minutes, mais ça ne remplace carrément pas la présence physique d’un ami.

Et tous les amis du monde ne remplacent pas un frère, qu'elle pense amèrement en tapotant son verre du bout des doigts. Toujours pas de signe de Leslie, pas depuis son départ il y a... une éternité. Pas de lettre, de courriel, de visite. Est-ce qu'il sait que leur mère est morte ? Songeant que ça ne lui ferait sûrement ni chaud ni froid de toute façon, elle draine le fond de son verre d'un geste impatient avant de faire signe au serveur -une vieille connaissance- pour en avoir un autre. Impossible de rester toute seule (et tranquille) lorsqu'on vit dans un lieu où tout le monde se connaît. La soirée est à peine entamée et déjà ils sont trois de plus autour de la table, à papoter, commander des verres et faire de petites pauses pour écouter -et admirer, pour les demoiselles- le musicien perché sur la minuscule scène au fond du resto/bar. Pratiquement muette, elle se contente d'écouter Lonán, de répondre distraitement aux questions qui lui sont posées. Et finalement, lorsqu'il raccroche le micro, elle semble reprendre vie: bondissant de son siège, elle se fraie un chemin au-travers de la foule, jusqu'à agripper un bout de sa manche entre ses doigts fins pour attirer son attention. « Pas si vite, jeune homme ! J'ai deux-trois choses à vous dire. » Se plantant devant lui, elle lui claque un baiser sonore sur la joue, avant de le réprimander d'un ton moqueur: « J'me demandais on allait pas bientôt annoncer tes funérailles dans le journal. Trop occupé pour me lâcher un coup de fil ? »

 
lumos maxima
 


Dernière édition par Daisy Barrow le Lun 28 Juil - 22:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Sam 7 Juin - 16:19

Il adorait ce qu'il faisait maintenant. Assis sur une chaise devant un micro, dans un bar qui n'avait même pas de scène, Lon' grattait à sa manière les accords de Your Song, accompagnant l'instrument de sa voix. Cette chanson était bien l'une de ses préférés, mais il la chantait surtout ce soir parce qu'une cliente la lui avait gentiment demandé. C'est ce qu'il faisait si souvent. Au cours de la soirée, les clients venaient le voir ou demandait à un serveur une chanson et si elle faisait partie de son répertoire, alors le tour était joué. Ainsi, aucune ''scène'' n'était pareil et il devait sans cesse se mettre à jouer, apprendre de nouvelles choses et tenter de nouvelles choses. C'était ce qu'il faisait de sa vie, maintenant. Toujours de nouveaux défis, toujours de nouvelles choses à faire, rien que parce qu'il en avait envie. Et il ne voulait plus s'interdire cette passion qu'il avait pour la musique et qu'il avait mis de côté dans sa première vie parce que ses plans de carrières ne correspondaient pas à cette passion. Un flic chantant dans les bars, ça n'était pas très apprécié. Ici, il était un animateur radio, c'était plausible, logique, possible. D'accord, il se trouvait des excuses pour expliquer pourquoi il ne l'avait pas fait avant, mais parler de deux métiers incompatibles était toujours préférable à dire qu'il avait laissé son père le convaincre que ça n'était pas une vie digne et qu'il lui fallait un vrai métier. Surtout quand son père avait fini par être le premier à reconnaître qu'il ne devait pas ignorer son talent et son plaisir de la musique.

Après Your Song, il enchaîna sur Someone like you et sur une version plus romantique de E.T. que la version de Katy Perry, souriant en se disant que le public féminin se régalait définitivement, ce soir, de l'entendre chanté des chansons romantiques et féminines. Puis vint l'heure pour lui de faire une pause et il posa son instrument pour descendre de son tabouret et aller s'offrir une petite bière. Il n'avait pas prévu, cependant, qu'une petite main blanche viendrait court-circuité sa course en l'attrapant par la manche pour le retenir, lui avouant qu'elle avait deux-trois choses à lui dire. Enfin, c'était plutôt la demoiselle à qui appartenait la main qui parla, mais ce détail n'avait que peu d'importance. Ce qui était important, c'était que Daisy Barrow se tenait là, planté devant lui, semblant plus réprimandante que joyeuse de le voir.

« Pardonne mon silence, ma belle. », dit-il avec un sourire contrit alors qu'elle annonçait que son silence radio de ses derniers temps lui avait fait croire à sa mort. « On recrute à la radio et mon travail de ce soir a mis un petit moment à se mettre en place. J'ai passé plus de temps à travailler, ses derniers temps, qu'à réellement prendre du plaisir. »

Ca n'était pas une excuse, c'est vrai, mais c'était la vérité. Il avait passé plus de temps à se prendre la tête qu'à réellement s'amuser. Avec le travail tout d'abord, car le recrutement de Will avait amené à remanier pas mal de choses, pour le meilleur de l'émission. Puis avec la vie privée aussi. Il avait parlé avec Léoline Kleefin, la dame majesté de Tenby et leur relation n'avait fait qu'empirer lorsqu'ils s'étaient parlé par SMS pour tenter de régler le conflit qu'ils avaient eu de vive voix. Et puis il y avait Evie, qui le perdait totalement, lui offrant, dernièrement, ses seules sources de plaisir, mais le laissant complètement perdu et pleins d'interrogation dès qu'elle n'était plus dans son champ de vision... Et puis il y avait l'anniversaire de la mort de Mara qui approchait et à cette période de l'année, il avait tendance à être plus sombre et irritable que d'ordinaire, ne parvenant pas vraiment à chasser les fantômes du passé. C'était une période difficile pour les McEinri, pour Ciaràn comme pour lui et il avait un peu tendance à se replier sur lui-même quand la date fatidique approchait. « Me pardonneras-tu ? », poursuivit-il en saisissant sa main pour poser un baiser sur sa paume. « Je m'en voudrais si tu n'étais pas capable de le faire. »

Même avec ses amies, celles avec qui il n'y avait aucune ambiguité, Lon' était toujours du genre tactile, posant des baisers sur leurs doigts, leurs joues, leur front. Il n'était pas homme à cacher quand il tenait à quelqu'un et cela lui avait parfois causé des problèmes, les « amies » pensant qu'il y avait plus. Mais il n'avait jamais cessé de se comporter ainsi. C'était dans sa nature et cela faisait partie des petits détails qui lui donnaient la réputation qu'il avait. Quand il était si facile pour lui de prendre une demoiselle dans ses bras, qu'elle soit une amie ou une amante, et qu'il ne dépassait presque jamais les limites du raisonnable entre deux amis avec ses amantes lorsqu'ils avaient un public, qui pouvait dire qui était l'une de ses amies et qui était l'une de ses amantes ? Alors, les murmures s'élevaient toujours quand il parlait à une fille, peu importe la fille, mais encore une fois, il s'en fichait. Que les gens parlent, cela n'allait pas changer qui il était. Et ses vraies amies l'aimaient pour ce qu'il était, de toute manière.
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Ven 1 Aoû - 19:20

Après tout ce temps, elle aurait envie de le kidnapper, de l’emmener dans un petit resto’ tranquille, loin du bruit des conversations, pour prendre de ses nouvelles, lui parler, l’écouter gratouiller distraitement les cordes de sa guitare en lui racontant les derniers potins de la radio. Mais elle sait bien qu’il ne peut pas quitter son poste juste comme ça, qu’elle n’est pas la seule à vouloir un peu d’attention et que de toute façon, elle n’a rien de bien intéressant à raconter. En tout cas, rien qu’elle veuille vraiment partager.  Les événements des dernières semaines ne sont pas des plus réjouissants, et ce dont elle a besoin est plus de se distraire que de patauger jusqu’aux genoux dans ses malheurs. « Je sais pas… Bon okay pour cette fois t’es pardonné, mais franchement, faudrait pas en prendre une habitude ! » Comment lui en vouloir, hein ? Surtout lorsqu’il lui sert ce petit regard désolé, en s’excusant de la sorte. « Ça va, je te charrie. Je m’ennuyais, c’est tout. C’est bien d’entendre ta voix quand je fais passer une chanson en boutique, mais ça ne remplace pas un Lonán McEinri en chair et en os ! » Et un petit SMS de temps à autre n’est pas trop demander… hein ?

Réprimant l’envie de se glisser au creux de ses bras comme une gamine, Daisy resserre plutôt sa prise sur la main de Lonán, un réel sourire remplaçant l’expression moqueuse qu’elle affichait quelques secondes plus tôt. « Je te pardonne tellement que je suis prête à t’offrir un verre. » La mort de sa mère et le lot de responsabilités qui viennent de lui tomber sur les épaules lui donnent l’impression de revenir plusieurs années en arrière, lorsqu’elle a dû grandir d’un coup. Sans Leslie, qui de toute façon n’avait jamais été vraiment présent pour elle, Daisy avait du redoubler d’efforts, autant à l’école qu’au boulot, et apprendre à s’occuper d’elle-même dans la foulée. Si son frère et elle n’avaient jamais été proches, il s’était au moins assuré qu’il y ait quelque chose pour elle dans le frigo, et il lui avait refilé plusieurs fois de l’argent pour qu’elle s’achète à manger ou qu’elle puisse pallier aux oublis de sa mère. Et maintenant, avec le décès de cette dernière, c’est encore Daisy qui se retrouve seule, aux prises avec des tâches qu’ils auraient normalement du partager à deux. Elle se prend à envier Ciaran, qui a la chance d’avoir un frère comme lui, quelqu’un sur qui elle peut toujours compter, sans avoir peur qu’il ne la juge ou ne l’abandonne.

« Tu pourrais m'engager comme consultante. La playlist de Daisy ferait un carton, j'suis sûre ! » Elle serait prête à faire n'importe quoi pour avoir un peu de surplus à la fin du mois. Déjà, les factures de notaire et tout le tintouin pointent le bout de leur nez, pour son plus grand désespoir. « C'était une bonne idée, les Beach Boys, non ? » Affichant un grand sourire candide, elle se dirige vers le bar, Lonán en remorque, et commande deux pintes de bière. Elle n'avait pas prévu de boire ce soir, mais la situation l'exige. Et puis après tout le stress des derniers jours, il faut dire qu'elle se le permet sans trop de remords, même si elle sait que son compte en banque n'est pas aussi permissif. Tant pis, elle a une carte de crédit. Carte qu'elle utilise pour régler la note, avant de se retourner vers son ami en levant son verre. Il faudrait bien porter un toast, selon l'habitude un peu pourrie de la majorité de la population, mais porter un toast à quoi ? Leurs retrouvailles inopinées -ou presque ? Le fait qu'elle se trouve propriétaire d'une nouvelle maison ? Sa promotion en tant qu'exécutrice testamentaire ? « À ta carrière qui décolle ! » Elle déclare, finalement, un éclat de malice au fond du regard. Bien que les clients du bar le connaissent, elle sait que son talent est connu de tous, et qu'ils sont toujours heureux de voir son nom au tableau d'affichage. « Les festivals et la tournée mondiale sont pour bientôt ? »
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Dim 3 Aoû - 0:28

En étant parfaitement honnête, Lonán pouvait - et se devait - de reconnaître qu'il n'avait pas été le meilleur ami du monde ses derniers temps. Hormis envers O'Ma, avec qui il travaillait et était dans l'incapacité fondamentale de rester sans nouvelle rien qu'une journée, il avait un peu mis tout le reste de côté et ça n'était pas uniquement à cause des recrutements et des longues journées de travail. C'était aussi et beaucoup en raison de sa nouvelle relation avec la belle Evie Baxter. Depuis le triste anniversaire de la mort de sa compagne, Lon, sous le coup d'une forte dose d'alcool et de peine, avait enfin trouvé le courage d'avouer à la brunette qui partageait régulièrement son lit, qu'elle devenait peu à peu bien plus qu'une simple amante et une amie fidèle. L'amour s'était immiscé entre eux et il avait fallu bien du temps et du courage pour que l'irlandais l'avoue, en tout premier lieu à lui-même. Au final, l'avouer à la première concernée directement avait été la chose la plus simple. Bref, depuis lors, ils passaient beaucoup de temps ensemble, apprenant à s'apprivoiser, à vivre cette part de la relation qu'ils avaient tous deux fuit de prime abord et qu'ils avaient manqué pendant trop longtemps pour le retrouver avec naturel. D'un commun accord, ils avaient fait le choix de ne pas ébruité leur relation de couple naissante, préférant d'abord trouver leurs marques ensemble et prendre le temps de faire correctement les choses, avant qu'on ne vienne les enquiquiner pour en savoir plus. Lon' devait avouer, cependant, qu'il n'était pas non plus l'être le plus discret qui soit. Ses proches avaient bien compris qu'il se passait quelque-chose, ils le disaient changé, plus souvent la tête dans les nuages, plus souvent sur son téléphone aussi et si c'était possible, plus jovial et souriant encore que d'ordinaire. « Un vrai amoureux transit », avait lancé Cici en riant, se rappelant de l'époque où il était fou d'amour pour Mara, si peu consciente de la véracité de ses mots. Lonán n'en avait pas démordu cependant et n'avait craché le morceau à personne, avouant seulement à O'Ma entre deux portes qu'il y avait peut-être bien une fille dans la responsabilité de sa bonne humeur.

Daisy lui assura qu'elle le pardonnait pour cette fois, à condition qu'il ne recommence pas et il fit une croix sur son cœur en souriant de plus belle. « Croix de bois, croix de fer, milady ! », concéda-t-il avec un faux sérieux, avant de la prendre brièvement dans ses bras pour poser un baiser sur le sommet de sa tête. Elle continua en disant qu'elle le charriait et que sa voix en vraie valait toutes les versions enregistrées du monde et il hocha la tête en a remerciant. Les compliments faisaient toujours plaisir, après tout. Puis la blondinette prononça les mots magiques, décidant de lui offrir un verre. « Je ne vais pas refuser une telle offre ! », assura-t-il en s'effaçant pour la laisser passer devant et prendre la direction du bar.

Et alors qu'elle marchait en lui traînant derrière elle, elle souligna le fait qu'il pourrait l'engager comme consultante, lui rappelant une fois où elle l'avait aidé pour un morceau de l'émission où il manquait le morceau musical. Lonán se mit à rire brièvement, avant de se gratter l'arrière du crâne. « Si tu es prêtes à travailler bénévolement ! Sinon, il faut le proposer à O'Ma. N'oublie pas que ça n'est pas moi qui détient les clés du compte en banque ! » Lui, il était la voix de Tenbreak FM, pratiquement depuis son arrivée, ayant naturellement surpassé son ami et patron sans même le vouloir vraiment, mais pour tout le reste, le Tenbien restait le maître.

Ils furent rapidement servit après avoir commandé - le fait d'être l'attraction principale de la soirée aidant - et entamèrent leur boisson sur un toast de la blondinette, qui voulait encourager sa future carrière. La belle était convaincue qu'un jour, il percerait dans la chanson et elle ne lâchait pas l'idée d'être celle qui l'aurait découverte et qui aurait en premier entendu ses compositions personnelles. Des compositions qu'il n'avait fait entendre à personne et qu'il n'avait pas l'intention de montrer, ni à elle, ni à personne. Ce qu'il avait écrit jusqu'à présent, faisait partie de son jardin secret. Ses peines et ses douleurs, couchées sur le papier et accompagné d'une musique triste qu'il ne voulait imposer à personne. Il avait craché sur le papier ce que la mort de Mara lui avait offert de plus sombre et il avait autant de mal que de pudeur à le montrer, parce que c'était une mise à nue de tout ce qu'il avait fui, le jour où il avait quitté Galway pour Tenby. Rien de bien folichon, même s'il pourrait peut-être un jour faire plaisir à la blondinette en lui offrant le droit d'entendre quelque-chose, le jour où il écrirait une chanson plus gaie. Peut-être sur Evie, qui sait. « Tu es adorable, mais sans parler du fait que je n'ai pas assez de talent pour faire des tournées... mondiales, comme tu dis, tu sais bien que ma carrière se fait ici, à la radio. Je suis très bien derrière mon micro, à présenter les chansons des autres », dit-il avant de boire une gorgée de la bière qu'il avait commandée. « Ma vie comme elle est me convient très bien », assura Lonán, ne pouvant dissimuler son air rêveur, alors qu'il pensait immédiatement à Evie.
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Jeu 7 Aoû - 4:22

À peine quelques minutes en sa présence, et déjà elle se sent mieux. Et puis, maintenant, elle échappe aux regards pleins de pitié de son proprio, qui malgré toute sa volonté lui donne envie de pleurer sur son sort au lieu de se changer les idées. Il est bien gentil, mais elle a franchement autre chose à faire que de subir, encore, les contrecoups de son histoire familiale… Pauvre petite, plus personne, orpheline, frère disparu, et vas-y que tout le monde compatit, blablabla, sans savoir une seconde ce qu’elle peut bien ressentir. Heureusement, elle a Evie, Lonan, et d’autres amis et connaissances qui rendent toute la situation beaucoup moins éprouvante. Et puis d’ailleurs, en parlant de ça, il faudra qu’elle recrute du muscle pour faire le ménage de la maison, des différentes possessions de sa mère, décider de ce qu’elle va garder et ce qu’elle va jeter, surtout si elle prend le parti de ne pas emménager dans la maison de son enfance. Au moins, son connard de beau-père lui a facilité la tâche, en se barrant avec la télé et la table de baby-foot qui lui appartenaient. Heureusement, il n’avait pas touché aux quelques objets de valeur, comme certains bijoux, que Daisy avait retrouvés avec soulagement dans les tiroirs de la commode. « Ouais, non, ça risque de ne pas le faire… Enfin ça dépend, il fait les paiements en nature, tu crois ? » Bon elle n'irait pas jusque là, même s'il faut bien avouer que tous les deux font une sacrée paire. Difficile de résister à leurs sourires contagieux. Mais en ce moment, c'est plutôt Daisy qui aimerait que les différentes institutions financières et/ou commerces prennent le paiement en nature. Et d'ailleurs en parlant de ça, il faudrait aussi qu’elle trouve un moyen de remercier les quelques âmes charitables qui voudront bien vouloir l’aider. Pas facile de trouver quelqu’un qui soit à l’aise avec le fait de passer au-travers des vêtements, meubles et autres babioles d’une personne décédée, surtout après si peu de temps. Et puis, au pire, elle s’organisera bien toute seule. Il faudra repeindre, arracher les tapis, faire le ménage de fond en comble, si elle espère vendre ou bien louer la maison. Ou même y habiter…

« Je pense quand même qu’il y a du chemin à faire. Enfin je veux dire, t’aurais des opportunités sans trop de difficulté, à mon avis, même si on ne parle pas de faire le tour du monde ! » Elle peut parfois avoir l’air chiante, elle s’en doute. Mais d’un autre côté, c’est un peu un crime de garder son talent ici, qu’elle se dit. Et puis elle a toujours des rêves plus grands pour les autres que pour elle-même. Elle ne joue d’aucun instrument, ne sait ni dessiner, ni peindre, ou chanter, et elle n’écrit pas très bien non plus. Aucune raison de quitter le pays pour aller charmer les foules sur scène, donc. Et ce n’est pas parce qu’elle n’a jamais voulu explorer le monde avec son sac à dos. « Ohoho attend un peu là ! C’est quoi ces yeux de merlan frit ? Tu m’cacherais pas quelque chose, McEinri ? T’as le même air que moi quand je pense à Colin O’Donoghue… » Reposant sa pinte sur le comptoir de bois, elle l’observe, les yeux légèrement plissés. Soupçonneuse. Avec l’air d’un cowboy qui s’apprête à se battre en duel, quoi. Ne manque plus que les revolvers de chaque côté et les lourdes bottes à éperons. S’approchant de quelques centimètres, telle une conspiratrice, la blonde regarde à gauche et à droite pour s’assurer que la voie est libre : « Allez, crache le morceau. C’est qui ? » elle demande, le visage fendu d’un large sourire. Si elle a sa petite idée, elle se garde bien d’en parler. Après tout, Lonan a toujours été très proche de toutes ses amies, et parfois, faire la différence entre amies et amantes se révèle difficile au premier abord. Daisy ne s’est personnellement jamais posé de question sur la place qu’elle occupait dans sa vie : une amie, proche, certainement, mais une amie et rien de plus. Alors évidemment, voir son Dom Juan du dimanche avec cet air énamouré ne manque pas d’éveiller sa curiosité. S'enfilant une bonne gorgée de bière, elle le regarde d'un air entendu. « Je te préviens, si tu réponds personne je ne te croirai pas. Et je te ferai boire jusqu'à ce que la vérité sorte. »
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Dim 10 Aoû - 12:12

Il adorait cette petite blondinette un brin fofolle et très déterminée. Elle était parfois chiante au possible à avoir une idée en tête et à ne pas vouloir la lâcher - comme quand elle voulait faire de lui une star de la chanson -, mais c'était Daisy après tout. Elle était comme ça et c'était ce qui faisait d'elle qui elle était. Ce qui la rendait attachante.

Lonán éclata de rire quand elle lui demanda si O'Ma faisait les paiements en nature. « Ça, il faudra lui demander, mais tu es tellement son genre... fait attention à toi ! », répondit-il à sa demande, se grattant l'arrière du crâne. Il attrapa de nouveau Daisy dans ses bras et l'embrassa sur le front. « Je n'aime pas trop cette idée, cependant. Trouve toi un vrai boulot qui paye. » Une petite sœur. Oui, Daisy pouvait presque avoir ce rôle parfois. Une petite sœur qu'il voulait protéger et aimer. Oh, bien sûr, il avait Cici et il aimait Cici plus que n'importe qui au monde, mais Daisy était son amie, toute mignonne et nécessitant tant d'affection, qu'il se prenait parfois à agir avec elle comme un grand-frère, quand bien même cela dépassait clairement le cadre de son rôle. L'irlandais se gardait bien d'en parler cependant et - lorsqu'il s'en rendait compte - avait tôt fait de rectifier les choses et de reprendre sa place d'ami. Daisy avait déjà un frère et pas un avec qui elle avait une relation des plus simples. Il n'avait pas à outrepasser son rôle parce qu'elle lui pinçait le cœur.

Il bu une gorgée de sa boisson quand la blondinette parla de nouveau des opportunités dans la musique. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre que cela ne l'intéressait pas. Il avait sa vie, sa famille de sang et de cœur, un job qu'il adorait et pas le bon profil pour devenir musicien ou pire... Et puis il était bien trop vieux pour faire carrière maintenant. Ce qui plaisait en ce moment, c'était les groupes de chanteurs à midinette ou les anciennes superstar des années 80, pas les nouveaux venus, la trentaine faite et une tendance maladive à gribouiller les mots de son cœur sur du papier à musique.

Ne prononçant mot sur le sujet, ils dérivèrent plutôt sur un sujet plus délicat : lui et la raison qui faisait que son cœur battait la chamade, que ses joues s'enflammaient et qu'il avait le regard perdu dans ses rêves. Il rit quand elle souligna combien son regard ressemblait à celui qu'elle avait quand elle regardait un certain acteur venu de même pays que lui. Il s'abstint de lui dire le fond de sa pensée. Qu'elle désirait peut-être ardemment l'homme et avait le regard lubrique de conséquence, tandis que lui était... Il la désirait sur tous les plans. Le physique, le mental et l'avenir. Soupçonneuse et déterminé à avoir des réponses, elle lui passa un interrogatoire en règle, se montrant menaçante - même si venant d'elle, toute tentative de se montrer menaçante était amusant - et exigeant des réponses. Pouvait-il seulement lui en fournir ? O'Ma savait, même s'il n'avait pas dit clairement qu'il était - ou en tout cas essayait d'être - avec elle. Mais il était le seul, parce qu'ils avaient décidé de prendre leur temps et de voir où cela les menait. Parce qu'il était son meilleur ami, sa moitié et qu'il ne pouvait rien lui cacher, même ce qu'Evie et lui avaient choisi d'un commun accord de garder pour eux. Mais O'Ma ne dirait rien. Il ne l'emmerdait même pas en privé avec cette histoire, ne le taquinait même pas... du moins pas directement... sur Evie Baxter.

« Personne... », dit-il après qu'elle lui eut dit qu'elle n'allait pas le croire et le faire boire pour avoir la vérité s'il lui donnait ce genre de réponse. « Personne officiellement, du moins. » Pour se donner un peu de courage et parce qu'il avait besoin de se donner quelques secondes pour réfléchir à comment dire sans trop en dire. « Il y a... quelqu'un. Et elle est... elle est parfaite, Daisy. Elle est belle et intelligente et avec elle c'est... » Il rougit légèrement. Terrain dangereux, plus encore peut-être que celui des sentiments, finalement, sans doute parce que ça mêlait tout. « C'est génial au lit... enfin tu vois... Bref ! Le truc c'est qu'on... » Il secoua la tête en souriant. « Je ne suis pas stupide, je connais les rumeurs à mon sujet, l'avis que tout le monde porte à comment je gère ma vie affective et sexuelle... Je m'en fiche, qu'ils pensent ce qu'ils veulent. La vérité c'est qu'on était qu'amants, mais je suis tombé amoureux et je crois bien qu'elle aussi... alors on essaye... tu vois. On voit où ça nous mène. »
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Mar 19 Aoû - 5:51

« Déjà, faudrait qu’il me paye un sacré montant pour tous les conseils que j’lui donne. Tu savais qu’il a déjà fait exploser son four en essayant de faire à manger ? La semaine dernière il a encore mis de l’aluminium au micro-ondes. » Elle se passe la main sur le visage d’un air découragé, et le regarde d’un air semi-outré. « Rigole pas ! Un jour il va se tuer en essayant de réchauffer de la pizza surgelée ! » Bon okay, elle trouve ça particulièrement drôle lorsqu’il lui envoie des SMS pour lui raconter ses dernières mésaventures culinaires, mais en même temps, c’en est presque angoissant. L’épisode de la gazinière, surtout, lui revient en mémoire assez régulièrement, accompagné d’un grand frisson d’inquiétude. Elle se dit qu’un jour, on retrouvera O’Ma dans sa cuisine, assassiné par un mélange à cupcake qui a tourné au cauchemar, et qui est sorti du moule pour exercer sa vengeance sur toute la race humaine. « J’ai un vrai boulot. Il paye pas, c’est tout. » Elle hausse les épaules, une moue boudeuse sur les lèvres. Elle adore son boulot, dans les CDs et les vinyles toute la journée, mais ça n’est pas avec ça qu’elle se paiera un voyage sur une île paradisiaque.

«Personne…» Ah mais oui bien sûr, et son cul c’est du poulet ! Il pense vraiment qu’il peut lui répondre exactement ce qu’elle ne voulait pas entendre, parce qu’elle sait que c’est du gros baratin ? « Personne officiellement, du moins. » C’est déjà mieux, mais ça n’est en aucun cas une réponse satisfaisante, et Daisy le regarde par-dessus son verre en attendant la suite. « Je le savais. » L’intuition féminine, peut-être ? Ou tout simplement le Gros Bon Sens. Assez difficile pour quelqu’un qui connaît Lonan, de rater les symptômes. Et puis bon, ils sont assez proches, malgré une courte période sans nouvelles, et Daisy n’est pas complètement stupide non plus. Pendant qu’il lui déballe tout sans évidemment dire quoi que ce soit, la jeune femme appuie son coude sur le comptoir, et pose le menton dans sa main. Oh elle a bien sa petite idée, mais ce n’est pas drôle si elle le lui demande cash. Elle s’attend à ce qu’il le lui dise de son plein gré. Enfin, presque de son plein gré, puisqu’elle n’acceptera rien d’autre qu’une réponse complète, avec prénom, nom, adresse et cv.

Légèrement avachie sur le comptoir, elle l’observe sans mot dire, et songe que c’est tout de même pas mal du tout de le voir dans cet état. Les yeux brillants, les pommettes un peu trop rouges –et pas à cause de l’alcool- et une tendresse perceptible dans la voix. Il a l’air heureux, et il n’en faut pas plus à Daisy pour l’être aussi. Que Lonan soit célibataire lui a toujours paru un peu étrange, et à la fois terriblement normal. À présent, c’est de le voir comme ça, le regard énamouré et le sourire gaga qui lui semble bizarre. « Et c’est tout ?! » elle s’exclame, indignée, lorsqu’il se tait. « Tu me déballes tout ça, sans me donner de nom ? C’est vil ce que tu fais Lonan McEinri, c’est vraiment, vraiment vil. J’te croyais pas comme ça. » Elle prend un air faussement blessé, l'observant du coin de l'oeil pour vérifier si sa technique fonctionne. Franchement, c'est ça ou les yeux de chaton, puisque apparemment ses menaces ne sont pas très très inquiétantes. Malheureusement, cette technique n'a pas l'air de prendre non plus, et elle le presse de boire d'un geste précipité de la main. Quand il sera bourré, il répondra bien, non ? « Allez, vide-moi ça ! » elle lui ordonne, sans parvenir à cacher un sourire. Elle peut bien faire sa gamine tyrannique pour parvenir à ses fins, elle n'est pas une manipulatrice dans l'âme, et on ne se refait pas aussi facilement. « Tu sais, peu importe qui c'est, je suis contente pour toi. Très. »


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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Lun 25 Aoû - 13:42

Lonán éclata de rire quand Daisy lui parla des talents particuliers d'Eilian avec la cuisine. Il est vrai que son meilleur ami avait une chance de tous les diables de ne pas s'être encore fait exploser la tête avec une poêle vengeresse. M'enfin, c'était Eilian et Lon' avait appris depuis longtemps à ne pas chercher à la changer. Quand ils mangeaient ensemble, c'était pizza ou plats tout prêt qu'il mettait lui-même au micro-ondes. C'était bien mieux pour leur survie. Dans ses bons jours, Lon' le laissait juste ouvrir les emballages. Daisy lui demanda de ne pas rire, précisant qu'un jour il allait se tuer et l'irlandais redoubla dans son rire en hochant la tête. « Oh ça j'en suis certain ! », avoua-t-il. « Pourquoi crois-tu que je m'acharne à l'inviter ou à m'inviter sur la majorité des repas ? J'essaye de réduire considérablement les risques d'accidents en ne le laissant pas approcher la cuisine ! »

Lonán lui fit un clin d’œil avant de boire son verre et se reconcentra sur la vraie conversation qu'ils avaient. Celle où elle lui demandait qui le rendait si heureux et où il lui avouait qu'il était avec quelqu'un, décrivant leur relation, sans lui donner la moindre indication sur l'identité de sa belle. La blonde s'extasia sur un « je le savais » tonitruant qui arracha un nouveau sourire amusé à l'homme, alors qu'il poursuivait son explication, mais la jeune femme ne fut finalement pas totalement satisfaite de son aveux, rechignant sur le fait qu'il n'avait donné aucun nom.

L'irlandais ne put que rire de plus belle lorsqu'elle lui prit son verre et le colla à ses lèvres, lui intimant de boire plus vite. Voulait-elle le saouler pour qu'il en divulgue plus ? Oui assurément et bien qu'elle assura que peu importe l'identité de la jeune femme qui faisait chavirer son cœur, elle était contente pour lui, il sentait bien qu'elle ne le lâcherait pas de sitôt, tant qu'elle n'aurait pas eu un nom. « C'est... Je... je peux pas vraiment te dire qui s'est... », dit-il en baissant les yeux. Il avait tellement envie, il voulait pouvoir le crier sur tous les toits, mais il n'y arrivait pas. Pas seulement parce qu'ils avaient décidé de ne pas le dire tout de suite, mais aussi et surtout parce qu'il avait peur. Cette peur stupide et irrationnelle que s'il le disait trop fort, elle lui serait enlevée. Comme si le destin pouvait soudainement se rendre compte du merveilleux cadeau qu'il lui avait offert, de la femme merveilleuse qu'il lui avait donné et se décidait à finalement la lui reprendre. C'était stupide, c'est vrai, mais le sort lui avait déjà arraché brutalement son amour une fois. Pourquoi ne pourrait-il pas recommencer ? « Mais je peux te dire que tu la connais », dit-il avec un sourire tendre, le visage d'Evie si vivace dans sa mémoire à force de la regarder pour mémoriser chaque parcelle d'elle. « C'est une petite brune sexy, avec de magnifiques yeux bleus et... » Il souffla. Pas parce que c'était difficile d'en dire plus, mais parce que c'était difficile de penser à elle sans ressentir un million de choses. Elle le rendait dingue, même quand elle n'était pas là et envahissait juste son esprit. « Okay... te moques pas », dis-je en reposant les yeux sur Daisy, voyant comment elle me regardait.

Je rougis une nouvelle fois en baissant les yeux. « Ne nous en veux pas, s'il te plait. On essaye vraiment de voir comment on peut fonctionner en étant réellement tous les deux et c'est pas facile de savoir. Nos passés sentimentaux rendent les choses compliquées. On veut juste qu'entre nous ça soit simple comme ça l'a toujours été et on a peur qu'en l'ébruitant trop tôt, ça rende tout plus difficile à gérer... » Oui, gérer était le bon mot. Evie et moi avions un passé douloureux, surtout au niveau sentimental. Nos accords sur nos relations avaient toujours fonctionné parce que l'un comme l'autre nous complaisions dans cette forme atypique de relation, parce que la vraie vie de couple nous faisais trop peur, remuait trop de douleur. Et cela n'allait pas s'effacer en une nuit, même s'il avait fallu moins d'une soirée pour s'avouer s'aimer et ne plus vouloir qui que ce soit d'autre.
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MessageSujet: Re: you'll only feel the beat Dim 9 Nov - 16:35

«  Ouais ouais. Tu ne peux pas ou tu ne veux pas, hum ? » Roulant des yeux, elle fait tanguer le liquide doré au fond de son verre. Non, elle n’est pas en colère. Difficile de se fâcher contre Lonán, surtout avec la tête qu’il tire en ce moment.  Les yeux baissés, l’air un peu embarrassé, elle ne sait pas trop si c’est parce qu’il voudrait lui dire et ne peut pas, ou parce qu’il ne sait pas comment lui dire d’arrêter de lui poser des questions parce qu’elle est chiante. Il pourrait le lui dire, mais elle sait que ce n’est pas son genre et c’est un peu pour cette raison qu’elle tente de pousser le bouchon. Il y a des limites à ne pas dépasser mais… elle est encore bien loin de les franchir. «  Hmm, je la connais, elle est brune, sexy, avec les yeux bleus… » Faisant mine de réfléchir, elle se tapote le menton du bout des doigts, réprimant une envie terrible de crier « EURÊKA ! » assez fort pour que tout le bar entende, en se levant sur son tabouret pour danser une samba. Bien sûr, qu’elle sait. Il y a des indices qui ne trompent pas, et il aurait tout aussi bien pu lui dire le nom complet, avec adresse et cv. Une femme bien chanceuse, cette Evie Baxter. Un sourire attendri au visage, elle se retient de lui sauter dessus pour lui faire des papouilles. Et de glousser, parce qu’elle en a passé l’âge (sauf quand elle regarde des films d’amour, toute seule dans son salon). Ces deux là se sont bien trouvés, qu’elle se dit, satisfaite.  « Mais qui a parlé de se moquer, Lonán McEinri ? J’ai pas le droit d’être contente ? » Bon, c’est sûr que son grand sourire en tranche de courge ne doit pas le rendre très à l’aise, mais elle n’y peut rien, c’est plus fort qu’elle. Voir ses proches heureux la rend heureuse, c’est tout.

« Mais je vous en veux pas, voyons. Enfin si, un peu. Enfin surtout à Evie, parce que c’est le genre de truc que tu dis à tes meilleures amies, quoi. » D’ailleurs, elle va s’empresser de lui envoyer un sms de représailles, dès que Lon’ aura le dos tourné. Rien que par principe, parce que des secrets comme ça, c’est vraiment pas cool. Mais, soudainement plus sérieuse, elle le laisse parler, lui expliquer les raisons derrière autant de discrétion de leur part. Et, dans un sens, Daisy ne peut que comprendre. Mais dans un autre… « Ah bah oui, je comprends, mais bon tu crois pas qu’un jour vous aurez envie de vous promener main dans la main en pleine rue, d’habiter ensemble peut-être… ? Tu sais par ici, vaut encore mieux s’étaler au grand jour que d’essayer de se cacher, jusqu’à ce que ça se sache sans que tu le veuilles. Et que ça donne naissance à un paquet de rumeurs style téléphone arabe. Enfin bon si vous êtes pas prêts ça se comprend. Et de toute façon c’est pas de mes affaires, je vois même pas pourquoi je te blablate tout ça. Une petite montée de lait, peut-être ! » Elle termine sur un éclat de rire. La mentalité de Tenby ne lui plaît pas plus que ça, et elle a rêvé plus d’une fois de recommencer à zéro dans un endroit où personne ne la connaît. « Bon du coup, je propose de porter un toast plus approprié ! » Le genre de truc complètement inutile, mais qui pour le coup la fait bien rire. «  Aux petites brunes sexy et douées au lit ! »  

Les verres s'entrechoquent, et Daisy s'applique à vider le sien le plus possible. De toute façon, Lon' va probablement bientôt retourner gratter les cordes de sa guitare, pour le bonheur de ces dames (quelle déception pour toutes lorsqu'il s'affichera avec sa douce à son bras !), et elle sent son téléphone vibrer furieusement au creux de sa poche pour lui signaler qu'il est l'heure d'aller s'occuper de sa vaisselle et de sa lessive. « Je vais devoir y aller. Tu me tiens au courant par sms, hein ? Me laisse pas sans nouvelles comme ça, j'ai l'impression de rater des chapitres. » Glissant en bas de son tabouret, elle plaque un baiser sur la joue de son ami, enfile sa veste et prend le chemin de la sortie, ne manquant pas de dire au revoir aux quelques personnes qui l'accompagnaient un peu plus tôt.
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