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✿ Bienvenue sur Whispers Down The Lane ! L’intrigue du forum se situe à Tenby, village gallois où il fait bon vivre et où les rumeurs font le délice des habitants. Ne vous fiez pas aux apparences : ici, tout le monde est bienvenu ! L’esprit du forum, c’est convivialité, détente, et un peu de drama ! Nous acceptons tous les personnages, et n’exigeons aucun minimum de rp par mois. On attend plus que vous !
Tenby, juin 202010°C/25°C Le Printemps s’est bien installé sur le village. S’il ne fait pas encore assez beau pour se baigner, les averses se font un peu plus rares et la plage est très agréable pour une promenade, alors que les températures montent en flèche et que quelques vacanciers arrivent pour profiter des beaux jours qui s’installent.
✿ Avez-vous entendu ? Il y a beaucoup de nouvelles têtes en ville. C’est bien que le village attire, mais j’ai l’impression que nos nouvelles arrivantes ont toutes des secrets à cacher…Étrange, non ? Il ne faudrait pas que cela perturbe Tenby ! Nous sommes un village respectable, nous. En tout cas, c’est très mystérieux, et j’ai hâte de connaitre votre opinion sur ces charmantes jeunes femmes… Venez donner votre avis ici.
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There's no time for running away now + Terri

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AuteurMessage
Charles Miller
ADMIN ♣ Au service de Mrs Lloyd
Charles Miller

TON PSEUDO : Wanguard, COM
TES DOUBLES : Ritchie, Max, Abe et John
TON AVATAR : Tom Hardy
TES CRÉDITS : Avengedinchains (avatar) + tomhardyrules.tumbl.com (gifs) + crackintime (sign)
TA DISPONIBILITE RP : En cours : Lexia + Fiona + Terri (A venir : Sam) (4/4)
RAGOTS PARTAGÉS : 72
POINTS : 170
ARRIVÉE À TENBY : 20/04/2020
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ÂGE DU PERSONNAGE : 38 ans (12 mars 1982)
CÔTÉ COEUR : Fraichement divorcé. Une fille, Jill.
PROFESSION : Commissaire, dirigeant le poste de police de Tenby. Ex-agent du MI6, mis au placard par sa hiérarchie.
REPUTATION : Quel brave garçon, je dirais même quel homme brave ! J'ai toujours apprécié et admiré les Miller et il n'en fait pas exception, que ce soit avec sa carrière ou avec sa famille. Quant à son retour dans cette ville, je pense que c'est le bon moment, que nous ne sommes jamais de trop pour aider Tenby a récupérer son calme. Je ne doute pas du fait que Charlie va se fondre dans la masse rapidement et m'en réjouis d'avance.


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MessageSujet: There's no time for running away now + Terri There's no time for running away now + Terri EmptyDim 26 Avr - 18:00


I hitched a ride with my soul by the side of the road
Just as the sky turned black
I took a walk with my fame down memory lane
I never did find my way back

La lumière aveuglante, le son du réveil. Une douche, un café. Ce qu’il est fatigué...le souvenir de l’opération de Masada trotte dans sa tête ce matin, comme un pressentiment - de quoi, Charles ne sait pas. Même l’appel, sans réponse évidemment, qu’il passe à Rebecca avant de partir ne parvient pas vraiment à le distraire.

La seule alternative à sa déprime et à ses crises d’insomnie que Charlie a trouvé pour l’instant, en dehors de la boxe et de passer des heures à écouter de vieilles cassettes de jazz en tournant la nuit en voiture dans la ville, est de s’investir à fond dans sa nouvelle fonction. Ce n’est pas franchement de gaité de coeur, qu’il songe en se rasant  : il a connu plus passionnant que toutes ces tâches administratives, sans réelles missions de terrains, à discuter avec des vieilles dames qui se plaignent de problèmes de voisinages. Il a connu aussi une meilleure ambiance de travail - il était évident que peu des flics de Tenby apprécieraient que Londres leur envoie quelqu’un pour remettre de l’ordre, le sous-entendu évident étant que le travail était mal fait. Le prétexte est bidon, bien sûr, autant que sa promotion, mais ça n’empêche pas une certaine hostilité. Qu’à cela ne tienne, Charlie prouvera à tout le monde qu’il peut réussir. Et s’il peut réussir, sa hiérarchie sera bien obligée de reconnaitre son erreur, non ? Il pourra montrer à Rebecca qu’il n’a pas tout foiré, non plus, et qu’elle peut bien le laisser voir Jill…

Peu à peu, donc, il essaye de gagner la confiance des agents, de faire en sorte qu’on s’habitue à lui dans le décor. Auprès des habitants, ça commence à marcher un peu. Charles n’a pas à se forcer pour être sympathique, cela dit, du moins tant qu’on ne lui parle pas de lui. Il a toujours été d’un naturel sociable, et plutôt réceptif aux problèmes des gens. Tous les jours, donc, il essaye de consacrer quelques heures à aller à la rencontre des commerçants. C’est donc vers le centre ville qu’il se dirige ce matin, impeccable dans son costume sombre, commençant par la boulangerie, dont il finit par ressortir une demi-heure plus tard en plaisantant avec la patronne.

“Je vous ai mis un café à emporter, commissaire. Merci encore pour cette histoire avec les jeunes. C’est pas tellement qu’ils soient méchants, mais bon, ils font peur aux touristes…”
Charlie hoche la tête par dessus son café, attentif. Toujours écouter les locaux, c’est la base - et si ça marche en Afghanistan, ça devrait être valable pour Tenby. “Pas de souci, Mrs Hammersmith. Vous nous appelez s’ils reviennent, hein ? J’enverrai une patrouille. Allez, bonne journée, il faut encore que j’aille voir la nouvelle libraire. ” Voilà quelque chose qui l’intrigue : apparemment, le vieux Blackwell, chez qui il achetait ses livres enfants, a vendu à une nouvelle arrivante. La littérature, qu’il a découverte très tôt (les livres lui ont pas mal de temps tenu lieu d’ami : au moins eux ne se moquaient pas de son bégaiement), reste une de ses principales passions. La visite est donc au moins autant professionnelle que intéressée, surtout que Charles n’a pas encore trouvé de disquaire à Tenby : une razzia de livres s’impose. Son café à la main, il travaille donc le petit centre ville pour s’approcher de la librairie en question. L’inscription sur la devanture le fait sourire. “Hernani, hein ? On va bien s’entendre…” La littérature française, c’est son truc, mais il tombe rarement sur des gens aussi calés que lui. Autant dire que Charlie est plus qu'intéressé quand il pousse la porte du lieu. Pas de propriétaire en vu au premier abord, alors il s’annonce. “Il y a quelqu’un ?” Avançant dans les rayonnages, il continue : “Commissaire Miller, je dirige le poste de police local. Je suis venu me présenter, je viens d’être nommé, et comme j’ai appris que vous veniez d’arriver aussi…”

Au détour d’un rayonnage, il tombe sur une femme brune, en train de ranger des livres. “Ah, vous êtes là. Bonjour de plus près, donc…” Elle lui semble familière, mais il ne saurait pas dire pourquoi, jusqu’à ce qu’elle tourne la tête. “...Terri ?” C’est la surprise qui domine. Il ne sait même pas analyser s’il est heureux ou pas de la voir. “Mais qu’est-ce que tu fiches ici ?” Terri Greenfeld est bien la dernière personne que Charlie s’attendait à voir là. Ca fait beaucoup de souvenirs qui remontent à la surface d’un coup. L’opération à Masada lui revient à l’esprit, et puis surtout son hospitalisation à Jérusalem. Et le temps, justement, qu’il a passé avec la toute nouvelle libraire de Tenby. Avant que son mariage n’explose, plus ou moins justement à cause de ça...ça semble s’être produit il y a une éternité, dans une vie différente. “C’est…” Surréaliste. Impossible, même. “...comment tu t’es retrouvée là ?” Il a encore du mal à réaliser, alors comprendre...on n’en parle même pas.

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Terri Greenfeld
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
Terri Greenfeld

TON PSEUDO : Maria
TON AVATAR : Rachel Weisz
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ARRIVÉE À TENBY : 05/04/2020
There's no time for running away now + Terri Tumblr_lukueuqWlj1qe6t3vo2_250
ÂGE DU PERSONNAGE : 44 ans (2 mars 1976)
CÔTÉ COEUR : Célibataire.
PROFESSION : Libraire, ex-chirurgien dans l'armée.
REPUTATION : Elle n'est pas très sociable, et elle n'a pas l'air de trop aimer parler d'elle, c'est dommage, avec son métier...mais surtout, elle est d'une vulgarité sans bornes !


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MessageSujet: Re: There's no time for running away now + Terri There's no time for running away now + Terri EmptyMer 29 Avr - 22:32

I don't blame you dear for running like you did,
I would do the same, you best believe
The highway signs say we're close, but I don't read those things anymore
I never trusted my own eyes

Terri écrasa un bâillement entre ses doigts après avoir jeté rapidement ses gants de vaisselle dans l’évier de sa cuisine : il était à peu plus de six heures et l’écran de son téléphone n’allait pas tarder à s’éveiller dans une alarme stridente. Inutile rappel. Encore une fois, elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, tenue hors du lit par ses vieux démons qui ne la laissaient définitivement pas en paix. Condamnée à se tourner et se retourner inlassablement dans son lit sans jamais sombrer dans le sommeil, elle avait commencé à zapper les rediffusions de la BBC Wales et les documentaires sur les chasseurs de la région avant de définitivement se lever.

En attendant que son corps capitule, elle s’était mise à déballer ses cartons dans la pénombre de sa nouvelle demeure qu’elle découvrait au fil de son petit rangement. Il était vrai qu’au fil des années, elle avait su se contenter de très peu d’effets personnels : une vieille photo défraîchie de son enfance dans son portefeuille, un walkman et son étoile de David constamment accrochée à son cou. Alors, en débarquant à Tenby, à l’exception de ces quelques objets, c’étaient surtout des livres, des vinyles, des cassettes et des souvenirs de l’armée qui l’avait accompagnée. Peut-être faillait-il qu’elle se résolve à jeter au feu ces vieilleries, à commencer par la cassette d’un rare enregistrement de Duke Ellington qui lui rappelait cruellement celui qui la lui avait offerte, un de ses anciens patients aux yeux bleus ? Jérusalem, l’hiver et la brûlure d’une liaison sans lendemain. À cette évocation, elle ressentit un pincement et expira plus fort, de lassitude surtout, avant de refermer le lourd carton et de le pousser d’un coup de pied dans un coin du salon. Peut-être valait-il mieux, à la manière de son ancien uniforme qu’elle avait suspendu dans son dressing au milieu de ses tailleurs et de ses sous-vêtements comme s’il s’agissait d’un vulgaire vêtement, tout rendre banal. De la banalité, voilà ce dont elle avait véritablement besoin à présent. Il était l’heure à présent d’ouvrir sa librairie et elle fila rapidement sous la douche avant de sauter dans son véhicule en direction du centre. Sa routine reprenait.

« Bonjour, deux grands cafés noirs à emporter s’il-vous-plaît. » Terri avait rapidement appris à oublier de demander un américano au comptoir de la brasserie qui faisait le coin de la rue depuis que le patron lui avait rappelé que lui, refuserait toujours de noyer son café contrairement à ces satanés yankees. Évidemment, elle ne s’était pas attardée pour faire la conversation mais avait pris dans un sourire les deux cafés, rien que pour elle seule évidemment afin de bien démarrer la journée qui se voulait douce et ensoleillée. Celle-ci se déroula dans une lenteur indolente, faite d’attentisme et de réception des divers journaux du pays ainsi que des livraisons éditeurs. Quelques ventes plus tard, l’israélienne s’était recluse dans sa réserve pour déguster son shot de café les yeux fermés : combattre la fatigue se faisait plus difficile mais elle résistait aux assauts de ses paupières lourdes avec une peine non dissimulée, pensant au soir avant de repartir déjà dans ses rayonnages les bras chargés.

Plongée dans les derniers rayonnages, elle n’entendit pas immédiatement qu’un client était entré et cherchait sa présence. Pourtant, à l’évocation de son nom, lorsqu'il décline son identité, son sang ne fait qu’un tour. Ses mains s’arrêtent immédiatement dans leur entreprise, son corps se raidit. Des Miller, ça doit bien courir les rues, songe t’elle comme pour se persuader alors même que sa raison lui soutient le contraire : le timbre de cette voix ne mentait pas, elle aurait pu le reconnaître entre mille. Il était là. Tout concourait à l’idée que c’était tout bonnement impossible, il avait quitté Jérusalem sans un regard, en toute hâte pour rejoindre sa famille à Londres, il ne pouvait décemment pas être ici, dans un village aussi reculé, il ne pouvait s’agir que d’une nouvelle crise. C'est bien cela, une crise plus violente que celles qu’elles avaient connues jusqu’à présent, et uniquement cela. Pourtant, elle jurait pouvoir le sentir à quelques mètres d’elle, à l’entrée de la rangée, ce qui la terrorisait et l’excitait à la fois. Quelques secondes plus tard, piquée par la curiosité, elle se risqua à tourner la tête vers ce fantôme venu du passé mais en paya le prix immédiatement. La vision claire et distincte de son ancien patient, de ses yeux d’azur, la renvoie immédiatement à 5000 kilomètres, en plein cœur du dépêchement en urgence à Masada. Alors, au fil de sa respiration devenue erratique, le costume gris foncé du policier se découpe en plusieurs flashs successifs, passant tantôt du vêtement sur mesure à une blouse d’hôpital immaculée, tout comme son visage qui se déforme en plusieurs souvenirs fugaces qui s’effacent, gommés par à chaque fois un nouveau plus terrible encore. Les cris et les plaies suintantes, les bips stridents des machines, les couloirs de l’hôpital militaire, tout renaissait sous ses yeux comme la nuit dernière au travers de ses cauchemars dans lesquels il apparaissait parfois, lui aussi… « Impossible » : à peine avait-il prononcé ces paroles qu’elles résonnèrent dans son esprit premièrement comme un écho lointain avant de devenir un bruit sourd et assommant. Elle a froid, subitement. La caféine ingurgitée ne fait pas bon ménage avec la panique qui s’empare de l’israélienne qui devient de plus en plus blême. Terri se recule de Charlie comme pour se protéger d’un mal invisible, laisse tomber les livres qu’elle gardait entre ses bras dans un fracas de couvertures neuves, ferme les yeux et se raisonne à haute voix en hébreu, les mains sur son front : « Non…  Seigneur… Ressai…Ressaisis-toi… ».  En rouvrant les yeux, elle ne distingue plus qu’une vague silhouette au loin dans un halo de lumière. La délivrance ? La violente sensation d’oppression dans sa poitrine la domine et lui fait perdre l’équilibre, elle qui dans un dernier pas en arrière se cogne contre une rangée de bibelots anciens à laquelle elle essaye de se raccrocher avant que tout ne devienne subitement plus noir et indolore.

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vertigo

Les tristesses de la vie se dissipent aux rayons de l'amour fraternel comme les gelées d'automne fondent le matin quand le soleil se lève. Félicité Robert de Lamennais, Le livre du peuple (1838)
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REPUTATION : Quel brave garçon, je dirais même quel homme brave ! J'ai toujours apprécié et admiré les Miller et il n'en fait pas exception, que ce soit avec sa carrière ou avec sa famille. Quant à son retour dans cette ville, je pense que c'est le bon moment, que nous ne sommes jamais de trop pour aider Tenby a récupérer son calme. Je ne doute pas du fait que Charlie va se fondre dans la masse rapidement et m'en réjouis d'avance.


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MessageSujet: Re: There's no time for running away now + Terri There's no time for running away now + Terri EmptyVen 1 Mai - 17:42


I hitched a ride with my soul by the side of the road
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Le choc est brutal. Vraiment brutal. Charlie ne s’attendait pas du tout à voir Terri Greenfeld ici et il ne peut masquer sa surprise. Tout est pourtant encore clair dans son esprit, et tout lui revient d’un coup. La première fois qu’il l’a rencontrée, c’était  avant Masada, à une réunion avec les Israéliens qu’il avait voulu organiser par précaution pour ne pas avoir le Mossad sur le dos et s’assurer qu’ils ne s’aventuraient pas dans toute cette histoire sans filet.  Ca avait fait rire son chef. Charles se souvient encore des paroles de Sinclair Vous n’aurez pas besoin d’eux. Ce n’est pas une opération risquée. Tu parles. Il le savait, lui, qu’on ne pouvait pas faire confiance aux iraniens, qu’il fallait simplement continuer les discussions avec le Mossad. Et évidemment, les iraniens n’avaient pas voulu négocier. Masada ou l’enfer, en somme. Ce qui devait être une simple mission d’escorte s’était transformé en embuscade. L’exfiltration de Hadsen, le diplomate, avait été propre,  pas la leur. Sur huit, seuls trois s’en étaient sortis, dont lui, mais dans un assez sale état.

Il ne se souvient plus de grand chose de l’opération elle-même, jusqu’à son réveil. Trop d’adrénaline, d’affolement, de panique, et les balles qui sifflaient. Quelques mots - tu as eu de la chance. Et voilà comment Terri Greenfeld était réapparue dans sa vie. Shooté à la morphine parce qu’il avait encaissé deux balles, Charlie avait trouvé qu’elle avait l’air d’un ange. Il était resté un moment en convalescence à Jérusalem. Au départ, ce n’était pas forcément gagné. Elle avait essayé de l’aider, pourtant, et lui n’avait pas été facile, trop effondré par la perte de ses hommes et la faute qu’on rejetait sur lui. Sinclair le lui avait dit. Il faut vous attendre à une procédure disciplinaire quand vous reviendrez. Il n’avait pas eu le droit de faire venir sa famille. Il était loin de tout, et seul. Et de fait, Terri avait été sa seule alliée pendant toute cette période. Finalement, il était logique qu’ils se rapprochent, qu’ils s’apprivoisent. Ils partageaient trop pour qu’une aventure n’arrive pas. Évidemment, ça ne pouvait pas durer. Charlie devait repartir à un moment donné, et il culpabilisait trop pour ne pas rompre. A Londres, ça avait été l’enfer, mais un autre genre d’enfer. Son mariage était déjà fragile,  mais cette mission en avait été la fin. Rebecca n’avait pas supporter de le voir couler. Et lorsqu’elle était tombée - tout bêtement - sur les photographies de lui et Terri qu’il avait conservé sur son téléphone, c’était bien sûr fini.

Voilà ce qui rend si étrange cette rencontre. Tous ces souvenirs reviennent d’un coup, et la culpabilité avec. Charles ne sait même pas vraiment comme il se sent par rapport à Terri elle-même tant il a du mal à assimiler. Sans doute qu’il n’est pas très fier par rapport à elle non plus. Et il serait faux de dire qu’elle ne lui a pas manqué… Combien de fois s’est-il dit qu’il allait l’appeler, pour finalement renoncer ? Ce qui est certain, c’est qu’il ne s’était certainement pas imaginé la rencontrer de nouveau comme ça, par surprise, à Tenby, si loin de Jérusalem. Il ne sait même pas comment il se sent par rapport à ces retrouvailles. Sont-elles douloureuses ? Bienvenues ?

Charlie n’a guère le temps de s’interroger sur ses propres sentiments, parce qu’il semble que sa vision ait provoqué une réaction bien plus violente chez Terri que chez lui. Il veut faire un mouvement pour s’approcher de la brune, mais elle recule, et il ne comprend pas un mot de ce qu’elle dit, devinant simplement la langue. « Qu’est-ce… » Mais avant qu’il n’ait le temps de faire quoique ce soit d’autre, elle s’écroule. Comprenant qu’il assiste à un malaise, Charlie se précipite pour essayer de la rattraper, laissant tomber le café qu’il tenait encore à la main : « Non, non, non, non ! » In extremis, il parvient à ralentir la chute de la jeune femme, évitant ainsi de justesse un choc à la tête, mais ne peut faire mieux. La panique le gagne à présent lui aussi, le rendant incapable de parler : « T-t-t… » Comme toujours dans les situations de stress intenses, son bégaiement revient brutalement, ce qui qui lui tire une exclamation de colère impuissante, jusqu’à mordre son poing fermé, de rage, pour parvenir à se contrôler : « Putain, Charlie, non, pas maintenant ! »

L’effort pour Charles est terrible, mais il parvient à se reprendre, et à réfléchir plus rationnellement. Se souvenant de ce qu’il a appris dans les formations de premiers secours, il continue à voix haute : « Terri, eh, est-ce que tu m’entends ? Tu serres ma main, si oui… » Mais il n’obtient guère de réaction ; elle est donc bien inconsciente. Faisant de son mieux, il l’installe sur le côté, gardant sa main dans la sienne : « Allez, un bon geste, ma belle, s’il te plait, ne me lâche pas… » Le ton est presque suppliant. Retirant d’un geste sa veste, il la plie pour la glisser sous la tête de Terri. Charles sait bien que les pertes de connaissances sont la plupart du temps brèves et passagères, et que c’est souvent la chute qui entraîne le plus de conséquences, plus que l’évanouissement lui même. Mais quand même...et si c’est plus grave ? Si Terri ne se réveille pas ? La main sur son téléphone, le commissaire s’apprête déjà à appeler les pompiers quand il sent la brune bouger un peu à côté de lui. Toujours à genoux,  il se penche un peu vers elle lorsqu’il la voit ouvrir les yeux : « Hey… » Charles ne l’a pas réalisé, le soulagement de voir Terri réveillée ayant pris le dessus, mais il lui tient toujours la main. Pour l’instant, il la sent perdue, presque terrorisée, ce qui lui brise un peu plus le coeur, surtout qu’il devine que c’est en partie lié à sa présence.  Mais il sera toujours temps d’éclaircir ça en détail plus tard. Pour l’instant, il se contente de quelques mots rassurants : « Ca va aller, ça va, ce n’est que moi, tout va bien, on est toujours à Tenby. » Des réactions comme ça, il en a vu deux ou trois du même genre, et il sait qu’à part être patient et présent, et couper la spirale des souvenirs, il n’y a pas grand chose à faire. « Ça va ? Tu m’as fait une sacrée peur, tu sais… Comment tu te sens ? » La question n’est pas seulement rhétorique, même si connaissant un peu Terri, il est possible que par fierté, elle minimise - voire qu’elle détourne le sujet. Tant qu’il a la main, Charles demande avec prudence : « Est-ce que…est-ce que tu veux te relever un peu ? Viens là, je vais t’aider… » Il passe un bras autour de ses épaules pour l’aider à se redresser en position assise contre l’un des rayonnages. « C’est mieux, comme ça ? » Autour d’eux, ça ressemble un peu à un champ de bataille, entre les bibelots renversés et les livres éparpillés, sans compter son café, resté à l’endroit où il l’a laissé tomber, mais pour l’instant, c’est le cadet des soucis de Charlie, qui continue de scruter le visage encore pâle de Terri avec une inquiétude non-dissimulée.

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MessageSujet: Re: There's no time for running away now + Terri There's no time for running away now + Terri EmptyMar 5 Mai - 20:03

Sous les paupières de la brune le noir complet, le silence enfin. La brune ne ressent rien si ce n’est une sensation de flottement et de fatigue extrême qui l’enserre et la retient dans un demi-sommeil où plus rien ne semble pouvoir la contrarier. Doux euphémisme. Terri demeure un instant hermétique à tout ce qui se passe autour d’elle, de tous les gestes prévenants et des efforts déployés par le nouveau commissaire de Tenby agenouillé à ses côtés. Transportée si loin, celle dont le visage n’est désormais plus qu’un masque de pâleur, n’entend pas non plus les suppliques de ce dernier qui la surplombe et serre dans sa paume chaude et nerveuse ses doigts devenus froids. Heureusement, son rythme cardiaque s’apaise lentement et termine sa course folle dans sa cage thoracique qui ne se soulève plus aussi violemment. Celle qui semble comme anesthésiée, après s’être débattue contre autant de de moulins à vent confondus avec de redoutables adversaires, commence lentement à bouger. Cet instant indolent pour elle, celui d’une petite frayeur pour lui dure une poignée de minutes avant que la voix de Charlie ne résonne enfin en celle qui s’éveille dans un frêle battement de cils.

«Hey… » entend-elle au-dessus d’elle tandis qu’elle tente de discerner le visage de ce qui premièrement lui semble être un secouriste. « Où…suis-je ? » Prise par la panique du retour soudain à la surface, l’israélienne ne mesure pas bien ce qui lui est arrivé et tente de se redresser d’un seul coup sur ses avants bras. Elle est vite rassurée par les paroles de Charlie qui lui font froncer les sourcils : Tenby ? Et que faisait-elle parterre? Ils étaient en Israël, oui. C’était la seule explication logique.
 « Mer…de » s’échappe de ses lèvres à mesure qu’elle prend conscience de l’énergie qui lui fait défaut alors même que son état de torpeur disparaît mais que l’endolorissement de ses membres perdure et la font retomber. Tout semble si confus dans son esprit à présent. « ...Tenby » Ils n’étaient pas en Israël, elle ne rêvait pas, il venait d’entourer ses bras autour d’elle et de la redresser comme un pantin désarticulé. Fronçant instinctivement les sourcils, la brune laisse une veine apparaître sur son front alors que son esprit cogite à mille à l’heure : rien de tout cela n’avait de sens. Pourtant… Un soupire. Terri laisse son regard vagabonder sur le costume sombre qu’il arbore, loin des blouses d’hôpital, loin de leurs tenues légères sous les morsures du soleil moyen-oriental et… et ces ouvrages qui garnissent ces rangées interminables derrière lui, les éclats de porcelaine sur leurs vêtements, la flaque de café sur le sol… Elle réalise, ses lèvres entrouvertes par l’angoisse qui ressurgit comme une puissante vague en elle. Il était vraiment là.  Elle passe une main sur ses yeux et inspire profondément pour se calmer. Peu à peu, elle se met à ressentir la sensation de ce qui l’entoure : premièrement, c’est sa colonne vertébrale qui lui signale la dureté de la structure boisée, puis ses omoplates contre les fameux ouvrages sur lesquels elle puise la force de rester assise. Les aiguilles dans sa poitrine, vive brûlure qui lui bloque encore la respiration. L’israélienne détend ses doigts qui cessent de trembler peu à peu sous son regard presque noir, halluciné. Remonter la tête, non. Ce serait croiser le regard de Charlie. Elle n’a pas besoin de bouger pour le sentir sur elle avec ses inquiétudes et son souffle chaud contre les premières mèches de ses cheveux. Il la regarde, fixement, et elle sent poindre en elle une sensation intimement profonde de faiblesse mêlée à de la joie, l’allégresse de le recroiser enfin. Il lui avait manqué, d’une certaine façon. Fatalement, quand elle se décide à lever le menton pour recroiser ses yeux, elle est trahie par les tremblements de sa lèvre inférieure.

« Charlie… » quand elle regagne enfin ses esprits et prononce son prénom, il résonne presque comme une langue étrangère dans sa bouche, esseulée de ne plus l’avoir prononcé depuis si longtemps. Il avait été un mirage puis un spectre, il était désormais en chair et en os sous sa vue encore empreinte de liquide lacrymal sur le point de se faire la malle. L’instant était éprouvant à deux égards et ce n’était sûrement pas son hypoglycémie qui l’ébranlait de la sorte. Le revoir était un tourment, inespéré certes, mais dont la blessure était encore vive - pour être moins seuls, ils s’étaient cherchés à demi-mots avant de plonger tête la première avec une pulsion sans égale dans un non-dit - Pourtant, elle n’a rien oublié de leurs amours qui flambent, de leurs raisons qui tremblent mais surtout de leurs destins qui tellement se ressemblent. Leurs destins qui encore une fois, se recroisaient en un même chemin.

Alors c’était difficile, c’était cruel à admettre pour elle mais leur petite aventure avait signifié quelque chose dans laquelle elle avait cru espérer. Allait-elle le pincer pour se convaincre qu’il était bien réel ou mieux, le gifler ? Elle apparaît tiraillée un bref instant avant de fermer les yeux pour chasser cette idée de son esprit, bien que ce n’est pas l’envie qui lui manque. Ce serait tellement plus facile, plus libérateur surtout… mais devait-il payer pour quelque chose qu’il ne lui avait jamais promis ? Les prunelles de jade de la brune font un aller-retour frénétique entre la pièce en désordre et les yeux inquisiteurs de son ancien amant, à la recherche d’une explication mais il reprend la parole pour lui demander comment elle se sent. Comme une merde, serait la réponse la plus adéquate. Cette vulgaire image qu’elle donnait à voir lui paraissait être un véritable affront qu’elle s’était affligé à elle-même. En se pinçant l’arête du nez, elle ravale sa salive tout en cherchant une explication plausible à donner à Charlie afin d’éviter de paraître plus ridicule qu’elle ne pouvait l’être déjà. Terri bouillonnait de rage à l’intérieur d’elle, furieuse de s’être illustrée dans une telle situation, à des années lumières de l’assurance qu’elle affichait constamment, de ses surplus d’égos qu’elle parvenait à transformer si souvent en bravoure. Forcément, en réponse, la froideur. La distance. C’était sa seule réponse avec une fierté trop forte à contrôler alors même qu’elle venait de s’effondrer sous ses yeux. « Je vais… mieux, merci de m’avoir filé un coup de main. J’ai zappé le petit déjeuner ce matin. » Tout en lui adressant un petit sourire contrit pour accompagner son mensonge, elle tente de briser leur promiscuité en s’accrochant à l’étagère d’au-dessus pour se redresser. « Tu m’enverras ta note de… pressing ? J’y tiens. » Néanmoins, malgré tous ses efforts, Terri n’est pas bien forte à essayer de maquiller son affliction derrière son ignorance puisque même après être parvenue à se relever, elle reste suspendue aux lèvres de Charlie, guettant une réaction.

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Les tristesses de la vie se dissipent aux rayons de l'amour fraternel comme les gelées d'automne fondent le matin quand le soleil se lève. Félicité Robert de Lamennais, Le livre du peuple (1838)
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ARRIVÉE À TENBY : 20/04/2020
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ÂGE DU PERSONNAGE : 38 ans (12 mars 1982)
CÔTÉ COEUR : Fraichement divorcé. Une fille, Jill.
PROFESSION : Commissaire, dirigeant le poste de police de Tenby. Ex-agent du MI6, mis au placard par sa hiérarchie.
REPUTATION : Quel brave garçon, je dirais même quel homme brave ! J'ai toujours apprécié et admiré les Miller et il n'en fait pas exception, que ce soit avec sa carrière ou avec sa famille. Quant à son retour dans cette ville, je pense que c'est le bon moment, que nous ne sommes jamais de trop pour aider Tenby a récupérer son calme. Je ne doute pas du fait que Charlie va se fondre dans la masse rapidement et m'en réjouis d'avance.


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MessageSujet: Re: There's no time for running away now + Terri There's no time for running away now + Terri EmptyMar 12 Mai - 23:40


I hitched a ride with my soul by the side of the road
Just as the sky turned black
I took a walk with my fame down memory lane
I never did find my way back

Panique, panique, panique…s’il prenait un peu de recul, Charlie remettrait sans doute les choses à ce qu’elles sont. Ce sont des circonstances un peu bizarres pour recroiser Terri, certes, mais un malaise n’est pas la chose la plus grave du monde. Seulement, avec le passif qu’il a lui, ça prend tout de suite un tour plus alarmant. Que son propre symptôme post-traumatique n’ait été que temporaire est un miracle. Paradoxalement, c’est peut-être la déprime liée à son divorce et sa rétrogradation qui l’a empêché d’en développer une manifestation plus sévère. Ou le temps qu’il a passé avec Terri, justement. Mais là, tout lui revient assez brutalement. Les balles qui lui avaient déchiquetés la clavicule et l’épaule, Aaron qu’il avait réussi à relever et Bea qui les couvrait. La sensation désagréable de se sentir partir, avec une douleur tout simplement trop insupportable pour continuer, il s’en rappelle. Le sentiment d’être totalement désorienté, de replonger, puis de revenir, il s’en souvient, par cœur. Et le sentiment de perdre des gens, de perdre ses hommes, cruellement, lui revient aussi d’un coup. Pas encore, pas encore, lui hurle son cerveau, lui lançant au visage les hypothèses les plus terribles. Pas Terri en plus, pas comme ça et pas maintenant. Le soulagement qu’il ressent lorsqu’il la voit ouvrir les yeux est donc immense. Agenouillé à côté d’elle, il fait de son mieux pour reprendre contenance, s’assurant que tout va bien, ou à peu près. Pas trop mal, s’il en croit la volonté de Terri de se relever immédiatement, même si elle est encore un peu faible. « Oh là, non, doucement…doucement. » Trop tôt, trop vite. Il pose une main apaisante sur son épaule, cherchant à croiser son regard pour essayer de la tranquilliser un peu : « Tu as fait un malaise, Terri, c’est normal… ça va passer, mais je pense qu’il faut que tu restes tranquille encore un peu. On va y aller progressivement, d’accord ? »

Il l’aide à se rassoir, lui laissant le temps de se remettre. Le commissaire se dit qu’il n’y a pas grand-chose à faire pour l’instant, de toute façon, mais le silence ne tarde pas à devenir oppressant. Il y a des milliers de questions qu’il aimerait poser à l’ancienne-chirurgienne, mais il n’ose pas. La gorge sèche, il ne sait tout simplement pas quoi dire. Qu’est-ce qu’elle fait là, pourquoi à Tenby, et qu’est-ce qu’elle ressent elle, par rapport à lui, parce que lui, clairement, il est perdu…et encore, toute ces questions là, Charles n’a même pas conscience de se les poser. Pour l’instant, il est dans l’expectative, parce qu’il ne sait même pas ce qui arrive à son ex-amante – tiens qu’est-ce qu’ils sont, aussi ? Autre question à mille livres… Le silence de la brune l’inquiète. Et quand elle tourne enfin la tête vers lui, les larmes qu’il distingue nettement dans ses yeux pourraient presque l’achever à son tour. « Terr’… » Ce surnom, c’est le mieux qu’il puisse faire, c’est tout ce qu’il reste de leur proximité, alors qu’il a envie d’essuyer ses larmes, ou de la prendre dans ses bras. Ou de l’embrasser. Merde. Ça, ce n’était pas prévu, mais Charles doute d’arriver à se sortir cette pensée de la tête, maintenant. En attendant, il se contente d’un sourire timide, rassurant : « Schhh. Je sais. » Terri n’a pas réellement besoin de lui dire, il sait comment elle se sent, même si le commissaire ne sait pas trop quelle est la pondération entre le choc lié au malaise et celui lié à sa présence. Un peu hésitant, il pose sa main sur son épaule, frottant celle-ci d’un geste affectueux : « Ça va aller. »

Mouais. Charles a bien conscience que ce qu’il dit relève un peu de la méthode Coué et qu’il ne suffit pas de le dire pour l’affirmer. Cela dit, vu le regard perdu que l’israélienne lui lance, il se dit qu’une ou deux explications ne feront pas de mal non plus. Jetant un coup d’œil autour de lui, il constate en effet que le sol de la librairie est dans un piteux état : « Oh, oui, désolé, pour ce…bordel. Tu es tombée de toute ta hauteur, et j’ai essayé de te rattraper avant que tu ne prennes un choc à la tête… le café a volé. » Pas sûr à la réflexion que ce soit exactement les explications que Terri attendait, cela dit, songe soudainement Charlie. Expliquer sa présence ici peut sans doute attendre. Il ne saurait même pas par où commencer…

Le temps qu’il réfléchisse comme ça, la libraire se relève sans son aide. Il la reconnait bien là, indépendant et n’ayant besoin de personne…enfin, sauf d’une étagère à laquelle se raccrocher. Et d’un moyen de détourner la conversation. Il cligne des yeux, jetant un coup d’œil étonné à sa chemise. « Oh…je suis bon pour garder ma veste toute la journée. » Pris dans la panique, Charlie n’avait pas remarqué cette tâche. Se redressant pour faire face à Terri, il se permet enfin un sourire : « Seulement si tu me laisses aller te chercher quelque chose à manger. » Le ton ne souffre pas vraiment de contradiction. Le sourire est présent aussi, signe qu’il n’est dupe que parce qu’il le veut bien, ce qui peut être insupportable ou irrésistible, selon ce que les gens veulent voir. Néanmoins, il ne relève pas plus avant. Quel intérêt de blesser Terri si elle ne veut pas en parler ? Il attendra qu’elle se décide. En attendant, ce n’est pas ça qui l’inquiète tellement, même s’il blague un peu pour détendre l’atmosphère : « Ce n’est pas tellement bon pour le moral de voir des fantômes avant le petit déjeuner. Il ne faut pas que tu restes comme ça…je reviens dans cinq minutes, ok ? » Il fait quelques pas en arrière, vers la sortie, sans quitter Terri des yeux. « Ne bouge pas. » A l’extérieur, à la boulangerie, il a au moins l’occasion de faire le point. Charlie se dit qu’il faudrait qu’ils se parlent. Ce serait bien. Maintenant les questions reviennent, et il ne sait pas où il en est. Est-ce que c’est un genre de signe ? Une occasion de réparer les choses, dans le grand foutoir qu’est devenu sa vie ? Le flic ne pensait pas que ça viendrait de la relation qu’il entretenait avec Terri…le destin joue de drôle de tour, parfois. Cela dit…il n’a que ça. Et il mentirait s’il disait qu’il n’a pas songé à une réconciliation, au moins une fois ou deux. L’évanouissement en moins, peut-être. Alors quand il rentre de nouveau dans la librairie, sa décision est prise.

Terri n’a pas bougé quand il revient, d’ailleurs. Le sol est simplement un peu plus propre. Il songe à une réprimande, qu’il aurait pu l’aider à faire le ménage, mais ce serait un bien mauvais début de conversation. Un peu mal à l’aise – qu’est-ce qu’il est censé dire ? – Charlie lui tend le sachet de papier acheté à la boulangerie, avant de s’accouder à côté d’elle contre le comptoir de la librairie : « Tiens. J’ai pris…bon, j’espère que tu aimes les donuts. Et du jus d'orange. Je ne veux pas tomber dans le cliché du flic, mais ils n’avaient que ça. » Un peu d’humour ne tuera personne. Il penche un peu la tête sur le côté pour la regarder : « Tu as l’air mieux, un peu. »

Vrai, la brune a repris assez de couleur pour qu’entamer une conversation plus normale ou plus sérieuse ne soit pas trop anticipé. Au vu des regards qu’elle lui lance, où il croit discerner une légère étincelle orageuse, qui semble se disputer avec un sourire (mais peut-être qu’il rêve), il se permet de sourire à son tour, un peu tête à claque : « J’ai l’impression que tu n’arrives pas à décider si tu vas m’engueuler ou pas. » Charlie n’a jamais eu sa langue dans la poche. Terri non plus. C’est peut-être ça qu’ils avaient aimé l’un chez l’autre. « Ça ne nous change pas beaucoup de d’habitude, je suppose. » Il lève les yeux au ciel, souriant, un peu nostalgique. Ils avaient été un peu chien et chat, au début, et puis c’était devenu un jeu, et un flirt. Viens avec moi, qu’il avait fini par dire alors qu’elle lui avait reproché d’essayer de quitter l’hôpital en douce pour se promener à Jérusalem. Et elle était venue. La nostalgie ne dure pas. Ça ne peut pas durer tant qu’ils ne se sont pas expliqués, et il faut bien d’abord qu’il reconnaisse ses fautes : « Tu as quelques raisons pour, tu me diras. » Ajoute-t-il donc d’un ton pensif, plus penaud qu’avant. Puis, avec prudence : « Tu m’en veux ? »


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MessageSujet: Re: There's no time for running away now + Terri There's no time for running away now + Terri EmptyDim 24 Mai - 19:08

Terri, restée quelques pas en retrait, les bras croisés sur sa poitrine, écoute presque timidement et sans broncher ce que Charlie lui décrit de ce qui vient de se passer. Timide n’est pas ce qu’on pourrait considérer comme un mot de son vocabulaire, encore moins un adjectif taillé pour elle, mais pourtant c’est bien le terme qui la décrit le mieux à cet instant. Aux côtés du commissaire, elle devient différente, plus douce, moins tumultueuse que d’ordinaire mais plus suspicieuse aussi. Ainsi, quand il découvre l’état de sa chemise avec son air détaché puis qu’il revient tout près d’elle avec un sourire désarmant, elle tente de rester de marbre alors qu’elle peut sentir son parfum, fragrance boisée qui n’avait pas changée et qu’elle reconnaît instantanément. Elle se sent chamboulée mais garde ses sourcils froncés pour ne rien laisser paraître. Est-ce une réaction liée au choc de sa chute ou plutôt au choc de le revoir ? Elle connaît la réponse à cette question mais préfère vivre encore quelques minutes dans le déni, surtout qu’il lui propose d’aller acheter de quoi apaiser son estomac qui crie famine. De quoi respirer quelques instants. Alors, quand il lui intime de ne pas bouger – ou plutôt de ne pas s’enfuir – en son absence, elle ne le quitte pas des yeux, opinant lentement de la tête. Terri ravale sa salive, ferme les yeux quand il disparaît quelques secondes plus tard. Bon sang, à quel moment avait-elle véritablement perdu pied ? Pas dans sa librairie, non. Cela remontait à trop loin avec lui, à trop profond surtout.

 « Merde…Merde… Quelle conne… »  à peine demeure-t-elle seule, que Terri, prise d’un sentiment de frustration, souffle déjà quelques jurons en faisant les cent pas dans son entrée. Ne pas céder à la panique.  Elle se prend la tête entre les mains pour se calmer puis s’empare des plus gros éclats de porcelaine et du gobelet presque totalement vide de café, passe rapidement un coup de serpillère en se maudissant pour ce qui venait de se produire : elle n’aurait pas pu faire pire pour une première rencontre. Là, à cet instant, accroupie au beau milieu de la littérature étrangère, au fond d’elle-même, elle prend conscience de ce qu’elle vient de s’avouer : elle n’avait jamais pensé passer le restant de son existence sans le recroiser un jour. Que ce soit au terminal d’un aéroport, au détour d’une rue londonienne, dans un hôpital sûrement. Elle avait imaginé tous les détails : comment il l’aurait hélée, combien elle aurait été surprise de le recroiser… Ça n’aurait duré l’espace que d’un instant, instant de grâce qui vous trouble toute une vie. Là, tout était plus morne, plus triste, plus dur aussi. Les doigts au-dessus de l’évier de l’arrière-boutique, elle efface sous le jet d’eau savonneuse les petites brisures sous ses phalanges et humidifie avec de l’eau froide ses joues et ses paupières fatiguées alors que lui reviennent les instants passés. Il l’avait appelée par le surnom que lui seul lui avait donné, elle n’avait pas rêvé. Pendant un instant, elle avait même cru qu’il allait la prendre dans ses bras et…  Non. Ressaisis-toi. Elle referme le robinet, essuie son visage les yeux fermés, avale un comprimé sorti de sa poche puis retourne rapidement derrière son comptoir avant qu’il ne revienne.

Quand Charlie revient finalement, la brune qui gardait la tête baissée, se redresse légèrement de son tabouret et attrape le fameux sachet de boulangerie qu’il lui tend.  « C’est parfait, ne t’en fais pas. »  le rassure la brune tout de découvrant qu’effectivement, il a vraiment acheté un donuts. Forcément, même si elle est à bout de nerfs, Terri relève des yeux amusés vers lui avant de croquer dans la sucrerie, tâchant de ne pas se retrouver avec du glaçage partout sur les lèvres.  « Ça fait du bien, merci. »  Elle concède cela dans le même temps où il lui fait remarquer qu’elle a l’air d’aller mieux, comme s’ils étaient redevenus synchrones.  « Tiens, pour le pressing… enfin, pour…ta chemise. »  Attrapant un billet de vingt livres dans sa caisse enregistreuse qui émit un petit bruit métallique, elle le fait glisser sur son petit comptoir vers le commissaire, sans sourciller. Effectivement, elle aurait tout aussi bien pu lui proposer de retirer cette chemise et d’aller passer un coup d’eau dessus mais elle avait eu assez d’émotions pour la semaine. Pourtant, il semblait bien parti pour lui offrir un feu d’artifices à la manière dont ses questions prennent un nouveau virage désormais.

 « Tu n’as vraiment pas changé, Charlie. Vraiment pas. »  Terri secoue la tête en disant cela, le visage beaucoup moins crispé puisqu’un petit sourire tente de naître au coin de ses lèvres. Mais elle se retient, trop secouée encore pour se laisser totalement aller, surtout avec lui. Réentendre sa voix, son ton plein d’humour presque attendrissant, lui font quelque chose, c’est indéniable et, malgré la rancœur elle doit admettre que plus ils se parlent et se retrouvent, plus elle se rend compte que leur connexion ne s’est jamais réellement éteinte, qu’ils sont proches comme deux êtres qui se seraient quittés la veille à soir. Étrangement, elle n’a plus l’impression de ne plus avoir eu de ses nouvelles pendant des mois, c’était comme si tout s’effaçait subitement et elle se sent comme suspendue sur un fil, coincée entre deux territoires. Leur relation, c’est un peu la ligne Maginot à cet instant, franchira, ne franchira pas. Elle ne sait plus vraiment. Sauf qu’elle tique à un moment précis : quand il lui rappelle que "ça ne leur change pas de d’habitude", comme si dans sa tête, leur quelque chose s’était inscrit dans le temps long, comme si pour lui cela avait compté. Comme s’il n’avait pas décidé de rompre leur « nous » d’un coup d’un seul, comme on arrache un pansement devenu inutile.

 « Dis-moi, t’es un sacré bon flic… on ne peut vraiment rien te cacher. »  répond Terri devenue subitement plus cynique. La taquinerie, toujours, mais cette fois un peu plus amère après ce qu’il venait de lui dire. Terri sait évidemment que Charlie n’est pas un policier lambda, que ce poste de commissaire ne rime pas avec ses aspirations ou ses compétences, qu’il n’a strictement rien en commun avec la grande majorité des individus qui pouvaient porter cet uniforme. D’ailleurs, il n’avait strictement rien à faire dans une ville pareille, qui, bien que très belle, n’allait rien lui apporter d’autre que faire moisir son talent au soleil. Cela restait d’autres interrogations, d’autres zones d’ombres qu’elle voulait voir être éclairées pour tenter de comprendre comment ils avaient pu finalement en arriver là. Pour l’heure, elle s’efforce sous le poids de ses remarques qui l’atteignent comme des balles, de ne pas céder à la colère.

 « Mmmh… Je ne sais pas…Tu penses que je devrais ? Tu t’es barré à l’autre bout de la planète du jour au lendemain, sans un mot, sans une explication. Au début, je me suis demandé si j’étais devenue une prostituée, parce que concrètement c’est exactement comme cela que ça fonctionne quand on va au bordel. Mais je me suis rappelée que je n’avais pas touché de salaire. Je retire du montant de la note le jus d’orange et le donuts, et je te fais cadeau de la T.V.A ? »  Fulmine l’israélienne, ses yeux plongés dans ceux de Charlie, en essayant de ne pas monter dans les aigus, afin de ne pas attirer l’attention des clientes qui remontent l’avenue à cet instant là. Elle n’a ni envie de jeter l’opprobre sur Charlie, ni sur son établissement. D’ailleurs, fort heureusement, Terri avait reposé le petit déjeuner sagement sur la table après s’être mentalement décidée à ne pas s’en servir comme munitions sur son costume qui semblait flambant neuf. Toutefois, comme toujours entre eux deux, après quelques secondes, la fureur s’efface pour le calme, même tremblant. Terri prend une profonde inspiration, lâche un long soupir de déception avant de cogner lentement, comme au ralenti, du plat de la main son comptoir qu’elle meurt d’envie de détruire sur l’instant. Elle sait que ses mots ont dépassé sa pensée en quelque sorte, qu’il a mis de côté toute cette histoire pour l’aider un peu plus tôt quand elle était au sol… alors bien que désabusée par ce qui vient de se passer, elle met de l’eau dans son vin, prend sur elle pour formuler ce qu’elle a sur le cœur depuis si longtemps et relève son regard radouci vers Charlie.  « Excuse-moi… Je me suis emportée… Mais avoue que cette manière de faire, cela ne te ressemble pas. Je sais que tu n’avais pas de comptes à me rendre, que ce n’est pas à moi que tu es marié mais… Tu ne peux pas attendre de moi que je ne t’en veuille pas. » 

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