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✿ Bienvenue sur Whispers Down The Lane ! L’intrigue du forum se situe à Tenby, village gallois où il fait bon vivre et où les rumeurs font le délice des habitants. Ne vous fiez pas aux apparences : ici, tout le monde est bienvenu ! L’esprit du forum, c’est convivialité, détente, et un peu de drama ! Nous acceptons tous les personnages, et n’exigeons aucun minimum de rp par mois. On attend plus que vous !
Tenby, juin 202010°C/25°C Le Printemps s’est bien installé sur le village. S’il ne fait pas encore assez beau pour se baigner, les averses se font un peu plus rares et la plage est très agréable pour une promenade, alors que les températures montent en flèche et que quelques vacanciers arrivent pour profiter des beaux jours qui s’installent.
✿ Avez-vous entendu ? Il y a beaucoup de nouvelles têtes en ville. C’est bien que le village attire, mais j’ai l’impression que nos nouvelles arrivantes ont toutes des secrets à cacher…Étrange, non ? Il ne faudrait pas que cela perturbe Tenby ! Nous sommes un village respectable, nous. En tout cas, c’est très mystérieux, et j’ai hâte de connaitre votre opinion sur ces charmantes jeunes femmes… Venez donner votre avis ici.

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Once there was a way to get back home | Lenny

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Abel Griffiths
ADMIN ♣ Au service de Mrs Lloyd
Abel Griffiths

TON PSEUDO : Wanguard/COM/Crazyoilmachine
TES DOUBLES : Richard ; John ; Max ; Charles
TON AVATAR : Jon Hamm
TES CRÉDITS : Anesidora (code) + Nuit Parisienne (avatar)
RAGOTS PARTAGÉS : 319
POINTS : 677
ARRIVÉE À TENBY : 21/07/2019
ÂGE DU PERSONNAGE : 54 ans (7 mai 1966)
CÔTÉ COEUR : Marié, ce qui ne l'empêche pas d'avoir des relations à l'occasion. C'est évidemment un péché qu'il dissimule soigneusement.
PROFESSION : Médecin ; conseiller municipal de Tenby, en charge de la sécurité et du maintien de l'ordre
REPUTATION : Apprécié par la communauté pour le bien qu'il fait à la ville. Difficile d'oublier son nom car il se débrouille toujours pour que ça n'arrive jamais. La seule chose qu'on pourrait lui reprocher, c'est d'être un peu trop sévère avec ses enfants. (Selon la bonne société de Tenby : le reste du monde pourrait éventuellement lui reprocher d'être le roi des catholiques psychorigiques).


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MessageSujet: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyLun 30 Mar - 23:49


Golden slumbers
Fill your eyes
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Sleep pretty darling
Do not cry
And I will sing a lullaby

Il n’aurait pas dû venir, évidemment.

C’était plus fort que lui, mais il n’aurait pas dû. Bien sûr, Abel n’a rien dit à Betty, sa femme. Elle n'apprécierait sans doute pas. Ils n’ont évoqué qu’une fois le sujet Eleanor, et il a très bien compris ce que sa femme pensait de la conversation qu’il avait eu avec leurs enfants, à savoir qu’il ne devrait même pas avoir à l’esprit l’idée de faire un pas vers Eleanor. A vrai dire, le médecin ne sait pas très bien ce qu’il veut ou ce qu’il compte faire. Lui parler ? Là encore, sa femme se moquerait de lui, et peut-être à raison. Abel ne sait pas quoi dire, d’ailleurs il n’y a peut-être rien à dire...c’est sûrement ce que Betty lui dirait. Ils ont fait le bon choix, il fallait le faire, il n’était pas tolérable que leur fille se laisse aller comme ça, dans le pêché et les excès…Mais depuis cette fichue conversation de l’été dernier, il ne cesse de repenser à ce que Eleanor lui a dit, et à ce qu’il a dit lui aussi. L’idée qu’il ait mal fait lui donne le vertige. L’idée que ce soit sa faute lui est insupportable, aussi, et il est rongé par la culpabilité depuis tout ce temps. Et si c’était vrai, si elle avait raison ? Ca lui fait mal de l’admettre, et il a peur. Peur de l’admettre, et de ce que ça implique. Il voudrait être capable de savoir ce qu’il veut, mais ça aussi, c’est compliqué. Sans doute qu’il s’en veut. Sans doute aussi qu’il est blessé, sincèrement blessé, des choix et des paroles de sa fille. Indubitablement, Abel est malheureux de la situation, mais il ne comprend pas non plus pourquoi Eleanor a choisi de s’éloigner d’eux. Ou peut-être, justement, qu’il comprend un peu trop bien. Parce qu’après tout, en quoi tout ceci est-il si différent de ce qu’il a fait lorsqu’il est parti, à la première occasion, faire son internat en Afrique, justement pour ne pas faire comme son père ?

Ce n’est pas ce qu’il voulait pour ses enfants. Il l’a dit, et la conscience aigue de ce fait est difficile à vivre pour Abel. C’est peut-être pour ça qu’il garde, de loin, un oeil sur Lenny, sans rien dire à sa femme. C’est peut-être pour ça que ses pas l’ont menés jusqu’au cinéma ce soir là, parce qu’il sait que sa fille y travaille, comme il sait qu’elle cumule les petits jobs précaires pour payer le loyer. Peut-être pour ça, même, qu’il a finalement passé les grandes portes vitrées du lieu. Il n’y a pas grand monde, évidemment, on doit être en plein milieu d’une séance, alors il ne faut pas longtemps pour qu’il repère Eleanor. Mais maintenant, qu’est-ce qu’il fait ? Le médecin voudrait faire un pas, mais il n’y arrive pas, alors que c’était pourtant pour ça qu’il était venu. A défaut de se lancer dans des grands discours, dire qu’il était prêt à entendre, et qu’il pensait ce qu’il avait dit, peut-être, même, au final, à s’excuser. Mais rien ne sort, et il n’arrive même pas à appeler sa fille, il s’apprête même à faire demi-tour...c’est à ce moment là que son regard croise celui de la jeune fille. Totalement pris au dépourvu, il suit le premier réflexe - idiot - qui lui vient : tourner les talons et s’enfuir.

Malheureusement pour Abe, le cinéma doit avoir une porte de service, et après quelques pas seulement, il se retrouve nez à nez avec Eleanor. De nouveau il ne sait pas quoi dire. “Je suis navré…” Ce sont les premiers mots qui sortent. “Je n’aurais pas du venir.” Il secoue la tête, mal à l’aise, lui dans son costume, Lenny dans son uniforme d’ouvreuse. “Ce n’était pas pour te surveiller, si c’est ça que tu te demandes, d’ailleurs.” Bon, si un peu, mais il aimerait éviter de le dire. “Je ferai mieux de partir, je pense. Je ne sais pas pourquoi je suis venu.  Je ne vais pas te déranger plus longtemps.” Parce qu’il doit la déranger, non ?

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† as adults, we try to develop the character traits that would have rescued our parents.
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Eleanor Griffiths
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
Eleanor Griffiths

TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Lula, Trystan & Alex
TON AVATAR : Sophie Turner
TES CRÉDITS : faith (vava l) myself (signature)
TA DISPONIBILITE RP : Libres : 0/3
En cours : Abel - Leia - Lily- Charles
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ARRIVÉE À TENBY : 11/08/2016
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ÂGE DU PERSONNAGE : 20 ans (16 Décembre)
CÔTÉ COEUR : Elle s'est endurcie.
PROFESSION : Enchaîne les petits boulots pour survivre. Bosse actuellement à Baker Street la journée et au cinéma le soir. Elle fait aussi du dépannage au Three Mariners parfois.
REPUTATION : Non mais quel scandale... Il paraît qu'elle fait des TIG maintenant. On est bien loin de l'étudiante prometteuse qu'elle était... Je me demande ce qu'elle a fait quand même...


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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyVen 3 Avr - 16:12



Some days I feel broke inside but I won't admit. Sometimes I just wanna hide 'cause it's you I miss. But it's dangerous. It's so out of line to try and turn back time

« Qu’est-ce qui est le pire ? Voir nues toutes les personnes que tu regardes ou lire dans les pensées de tous ceux qui te regardes ? » Assis derrière nos guichets respectifs, mon collègue et moi, attendons du mieux que nous pouvons que la séance en cours se termine en jouant à ce jeu idiot des dilemmes. Ce job était vraiment bizarre. Pendant une demi-heure, les clients affluaient et je ne savais plus où donner de la tête puis le film commençait et c’était le calme plat. Jusqu’au round suivant. Certes, pendant les séances, nous étions censés nettoyer et recharger la confiserie mais ça ne nous occupait jamais le temps du film. Puis franchement, autant nettoyer à la toute dernière séance, histoire que les gens aient moins de chance de tout resalir. « Et si je dis te voir nue, juste toi ? » Me dit mon collègue avec un faux air de pervers. J’éclate de rire. « Pervers va ! » Je prélève un pop corn dans le paquet que nous étions en train de manger et lui jette dessus, riant de plus belle. Je savais qu’il faisait exprès de faire le relou et cet humour un peu spécial ne me dérangeait pas. A force de cumuler les petits jobs, je savais à quoi ça ressemblait d’être entourée de mecs toute la journée… Encore hilare, je relève la tête pour lui envoyer un second missile mais je me fige soudainement, mon rire mourant sur mes lèvres. Car quelqu’un est en train de me regarder et le regard que je croise n’est nul autre que celui de mon paternel. Mais cela ne dure qu’une fraction de seconde, car il se détourne, rebroussant chemin pour sortir du cinéma sans même s’être approché des guichets.

Venait-il voir le film et avait-il eu honte de voir sa fille parmi les employés ou était-il venu dans l’idée de me voir et rebroussait chemin parce qu’il avait entendu sa fille se comporter comme une dévergondée ? Je devrais m’en ficher royalement mais prise d’une impulsion que moi-même, je ne comprends pas, je me lance à sa poursuite. « Surveille la caisse ! » Que je dis à mon acolyte, de manière assez con, puisqu’il n’aura pas le choix de me suppléer vu que je le plante en plein boulot… Je m’élance vers l’entrée de service, espérant couper la retraite de mon père. Mais pourquoi ? Pour l’entendre à nouveau me dire toute sa déception ? Etais-je masochiste à ce point ? Sans doute. Parce que j’avais toujours en tête la dispute sur la plage, même des semaines plus tard… Elle m’avait retournée. Bien plus que je ne voulais l’admettre… Cependant, il est trop tard pour cogiter car je suis bientôt face à lui. “Je suis navré…” Dit-il, une fois qu’il s’est remis de sa surprise en me voyant surgir. Navré de quoi ? D’être parti ? Pour la dernière fois sur la plage ? Pour les autres fois ? Pour tout ?  “Je n’aurais pas du venir.” Ajoute t-il. Ah donc c’était juste une formule de politesse comme les autres… Encore que j’avais du mal à voir où il voulait en venir. Je le toise. Toujours impeccable dans son costume. Et pourtant, il a l’air fatigué. Presque malheureux. Je m’exhorte de toutes mes forces à ne pas le prendre en pitié. “Ce n’était pas pour te surveiller, si c’est ça que tu te demandes, d’ailleurs.” Alors pourquoi il était là ? La question me brûle les lèvres mais avant que je puisse la poser, il a repris la parole. “Je ferai mieux de partir, je pense. Je ne sais pas pourquoi je suis venu.  Je ne vais pas te déranger plus longtemps.” Son comportement a de moins en moins de sens. Il a l’air nerveux, mal à l’aise. Pourquoi venir et dire qu’il n’aurait pas dû venir ensuite ? Pourquoi ne faisait-il pas un geste pour partir alors qu’il en avait clairement énoncé son intention ?

« Le prochain film ne débutera pas avant trois quart d’heure… Si tu as quelque chose à me dire, dis-le-moi. » Que je dis un peu sèchement. Et pourtant, je viens de lui faire comprendre que j’avais un peu de temps à lui accorder s’il ne s’enfuyait pas. Encore une fois, je ne comprenais pas. C'est moi qui devrait fuir. Je devrais fuir cet homme qui m’avait tant de mal et pourtant, je ne bougeais pas d’un iota. Je voulais comprendre ce qui l’avait motivé à venir ici alors que nous ne nous étions pas parlés pendant des mois. L’idée que j’ai tout à coup ne me plaît pas du tout. « Il est arrivé quelque chose ? Quelqu’un est mort ? » Je me disais qu’il devait forcément se passer quelque chose de grave pour qu’il vienne à moi, comme ça. J’étais à des centaines d’années lumières d’imaginer qu’il essayait de faire un pas vers moi. J’étais si déterminé à lui en vouloir que je ne remarquais même pas combien il avait l’air d’être au purgatoire. Je le pousse même un peu dans ses retranchements. « Moi je vais bien sinon. Au cas où, tu te le demanderais… » Je ne suis pas venu te surveiller, avait-il dit. Mais il ne s’était pas non enquis de ma santé. Encore qu’il ne l’avait jamais trop fait depuis le début de cette histoire… « Et toi, Papa, ça va la vie ? Les patients, le reste ? La maison doit être bien calme maintenant que tes deux enfants ont déserté. » Je continue avec mon ironie à peine mordante, toujours sans une once de pitié, laissant libre cours à ma rancune.

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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyMer 15 Avr - 1:15

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que Abel se fait recevoir. Il grimace, mais ne dit rien. A vrai dire, il ne sait pas trop bien quoi dire. Il ne sait même pas vraiment ce qu’il espérait en débarquant voir sa fille au cinéma. Mais il n’est foncièrement illogique que Eleanor ait une réaction des plus méfiantes. Qu’il veuille s’excuser, ou même simplement parler, est difficilement imaginable, concevable. Abe lui-même se demande encore si c’est une bonne idée, et il n’est pas sûr d’être capable d’y arriver. Ou qu’ils soient capables d’y arriver tous les deux. Le problème, c’est la fierté, comme toujours, c’est ce qui les empêche d’établir le contact, ou d’admettre leurs erreurs. Dieu sait qu’Abel en a fait, il commence à s’en rendre compte, mais il ne sait pas comment l’exprimer. Qui lui a appris à faire ça, après tout ? Personne.

Donc oui, il ferait mieux de partir. Au moins, il a vu Lenny, elle n’a pas l’air d’aller trop mal, maintenant, il pourrait partir, surtout que vu ce qu’elle lui dit, elle n’a pas l’air de spécialement vouloir lui parler. Quoique…si elle ne le voulait vraiment pas, pourquoi lui dire qu’elle ne reprend pas maintenant, pourquoi concrètement, lui dire qu’elle a du temps pour le faire ? A vrai dire, le médecin est un peu perdu face à cette réaction, mais comme il est un peu perdu face aux siennes…Il faut que Eleanor lui pose une question grave pour que le médecin émerge un peu. « Quoi ? Non, personne n’est mort, tout le monde va bien. » La deuxième partie de ne la phrase n’est pas exacte, il n’y a rien qui va, en réalité. En tout cas de son côté, ça ne va absolument pas, et ce n’est pas difficile à dire, il suffit de voir la manière dont il se comporte à présent, et son air un peu paniqué. Ca dure depuis des jours, voire des semaines, cette sensation d’étouffer, et de ne rien contrôler. A vrai dire, il est terriblement malheureux pour des tas de raisons, au premier rang desquelles figure le fait qu’il voudrait voir sa fille, la seconde étant qu’elle le prend pour un monstre. Et Abel voudrait se justifier, essayer au moins, s’inscrire en faux. La pensée qu’il puisse l’être vraiment lui donne à la fois le vertige et la nausée. « Mais…je… » Malheureusement, il se prend reproches sur reproches. Il n’a même pas le temps de dire que s’il est là, c’était justement parce qu’il s’inquiétait de savoir si sa fille allait bien, entre autres. Pendant tout ce temps, Abel n’a vu, ou n’a voulu voir, que la révolte et le fait que Eleanor ne faisait ça que par esprit de contradiction, dans un esprit de rebellion propre à la jeunesse. Il s’est dit qu’en étant ferme, ça passerait. Maintenant, il en est arrivé à des extrémités qu’il regrette. « Ce n’est pas…je suis…je voulais voir … » Comment tu allais, justement. Plus que lui parler, peut-être. C’est la même démarche qui veut qu’il ait gardé un œil sur elle durant tout ce temps, de loin. Abel proteste faiblement, toujours plus dépassé. Il mérite sans doute ce qui lui arrive, mais Lenny ne lui laisse pas la moindre chance, et face à l’injustice, Abel Griffiths a plutôt tendance à réagir par l’emportement que par toute tentative de pacification, alors même que c’est son but.

Il ne sait pas comment revenir en arrière, alors il reste là, incapable de reprendre la parole au fur et à mesure que sa fille assène les reproches. Il rentre d’ailleurs la tête dans les épaules, comme pour faire le dos rond ou se protéger de véritables coups. Qu’elle lui demande comment il va constitue le coup de grâce. Paradoxalement, c’est aussi ce qui lui permet de se reprendre. « Je sais pas, j’ai l’air d’aller bien ? On a l’air d’aller bien, tous les deux ? » Le ton monte, et ce n’est pas ce qu’il veut. Abel secoue la tête, s’éloigne d’un pas sur le côté, comme si la distance pouvait les aider à garder leur calme, a encore du mal à la regarder, et c’est plus facile comme ça. Le ton est un peu boudeur, aussi. Bizarrement, Abe a l’impression d’être redevenu le petit garçon fautif qu’il était devant son père. « Je sais que tu m’en veux, mais je… » Il essaye de relever les yeux, d’avoir l’air ferme, mais l’impression qu’il se donne est d’être plutôt suppliant. « Je voudrais qu’on parle, c’est tout. Simplement qu’on parle. » Tant pis si c’est une supplique, tant pis pour la fierté, le médecin l’a dit, c’est fait. « Je n'ai pas oublié ce que tu m’as dis la dernière fois. » Qu’il n’écoutait pas, qu’il ne la respectait pas, et qu’il la méprisait. Il espère aussi que Lenny l'a écouté lui. « Je veux dire…je ne te demande pas de me donner une deuxième chance ou quoi que ce soit… » Son regard croise celui de sa fille. Il voudrait lui tendre la main, mais il n’y arrive pas, il n’est pas sûr qu’elle veuille, alors son bras retombe platement le long de son corps. « Ce n’est pas bien, ce qui se passe… » Ca ne devrait pas être comme ça, ça ne devait pas être comme ça. « Je ne sais pas quoi te dire. » De nouveau, il secoue la tête, et puis il ajoute, très doucement : « Je suis venu parce que tu me manquais, c’est tout. » Est-ce que quelque chose à de l’importance ? Non. Mais est-ce que ce sera audible pour autant ? Ce n’est pas certain non plus.

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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyDim 19 Avr - 10:34



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« Quoi ? Non, personne n’est mort, tout le monde va bien. »  Je sens l’étau dans ma gorge se dénouer. Mon père a l’air sincèrement choqué par ma question et pourtant c’était celle qui m’avait vraiment paru le plus logique. Dans mon raisonnement, seul un cas de force majeur pouvait le contraindre à venir me voir, moi la fille indigne. Un peu comme dans ces familles brisées qui ne se voyaient qu’aux enterrements… Je le regarde, toujours plus perplexe. S’il n’était pas venu m’annoncer de mauvaise nouvelle, alors qu’est-ce qu’il faisait là, bon sang ? Quelque chose me dit que je ne vais pas avoir ma réponse de sitôt. Parce qu’au mieux, il bégaie, ne terminant pas ses phrases, me laissant dans un état d’incompréhension et de frustration désagréable. J’enchaîne alors les provocations, cherchant à le pousser dans ses retranchements avec mes sarcasmes. Sauf que j’avais oublié un détail crucial : je me mesurais un orateur doué. Et la répartie qui tue ne se fait pas attendre trop longtemps. « Je sais pas, j’ai l’air d’aller bien ? On a l’air d’aller bien, tous les deux ? » Le ton est incroyablement sec, destiné à montrer qu’il n’a pas le temps pour mes gamineries. Il s’éloigne d’ailleurs de quelques pas sur le côté, comme pour se soustraire à moi. Encore une fois, je l’ai déçu.

Mais il n’abandonne pas tout de suite. Il reprend la parole d’un ton plus calme, m’obligeant à tourner la tête pour l’écouter. « Je sais que tu m’en veux, mais je… Je voudrais qu’on parle, c’est tout. Simplement qu’on parle. » La requête me surprend. Me frappe de plein fouet. Ou bien est-ce ce désespoir qu’il essaye en vain de cacher ? Car comme l’autre jour sur la plage, quelque chose en lui me détourne momentanément de la colère que j’éprouve à son égard. Un petit truc différent dans son attitude, un truc qui me trouble. Son masque de fermeté et d’autorité se fissurait, laissant apparaître quelque chose d’autres émotions… Des regrets ? ... En tout cas, la scène sur la plage flotte dans nos deux esprits car il en reparle aussi. « « Je n'ai pas oublié ce que tu m’as dis la dernière fois. » « Et quelle partie exactement ? Parce qu’on en a dit des choses ce jour-là… » Encore une réplique dite sur un ton caustique. Un mécanisme d’autodéfense encore et toujours. Sauf que chez moi aussi quelque chose se fissure. Je suis en train de mordre à l’appât tandis que sa requête tourne en boucle dans ma tête. « Je voudrais qu’on parle, c’est tout. » Indécise, j’écoute la fin de son plaidoyer. Il ne veut pas de seconde chance (encore heureux) mais il avait la sensation que ce qui se passait n’était pas bien (ah bon ?). Sauf que cette fois, je lui épargne mes piques, me sentant moins véhémente. J’étais incapable de l’interrompre.

Puis le grand final arrive et je sens un moment le sol se dérober sous mes pieds. « Je suis venu parce que tu me manquais, c’est tout. » C’est tellement énorme qu’à un moment, je me demande si je n’ai pas rêvé cet aveu. Mais non, il a bien dit les mots. Des mots qui avaient dû écorcher douloureusement sa fierté, lui qui était l’homme le plus fier que je connaissais et pourtant, il me les avait délivrés. Je me sens étourdie. Enfin, il faisait un geste vers moi. Et je ne savais pas comment recevoir ce dernier. Avec gratitude ? Dédain ? Maturité ? Est-ce que j’étais seulement capable de mettre ma fierté à moi de côté pour lui répondre ? Sauf qu’au final, ce n’est pas mon esprit qui répond mais mon cœur. Parce que ses mots, ils m’écorchaient aussi. Ils réveillaient des émotions que je ne voulais pas éprouver pour lui. « Ah ouais ? Je te manque ? Et qu’est-ce que je suis censée faire avec ça moi, hein ? » J’essaye toujours de se raccrocher à ma colère mais elle m’a lâchée, laissant place à la tristesse. Je la sens déborder en même temps que mes yeux. « Qu’est-ce que tu veux que je dis, Papa ? Que tu me manques aussi ? Que malgré tout ce qu’il s’est passé, je n’arrive pas complètement à te détester ? » Je cache mon aveu à moi derrière ses interrogations agressives, n’ayant pas son courage pour les délivrer sans ornement. Par contre, je suis lancée et je ne m’arrête plus. « Tu étais mon héros, tu sais. Je t’admirais. Plus que Maman. C’était toi que je voulais rendre fier, c’était ta main à toi que je voulais tenir quand j’étais petite… J’étais ta petite fille chérie et rien ne me faisait plus plaisir… » Mon discours est décousu, cet aveu aussi embarrassant que le précédant. Mais rien ne m’avait préparée à cet ascenseur émotionnel et j’ai perdu les pédales depuis que contre toute attente, mon père est parvenu à toucher une corde sensible en moi. « Et tu n’as aucune idée d’à quel point j’ai espéré que tu te pointes comme ça, juste après avoir quitté la maison. Tu ne peux pas imaginer à quel point j’ai rêvé de ce moment, de toi, venant me dire ce genre de trucs. Que je devais rentrer à la maison parce que je te manquais. Que tu m’aimais peu importe mes conneries… Parce que tu allais finir par le faire, toi mon héros, toi mon père bien-aimé… Mais non, tu n’es pas venu. J’ai espéré pendant des jours, des semaines puis des mois mais tu n’es pas venu. » Tu n’es pas venu. Je le répète plusieurs fois, commençant à ressembler à la petite fille que je n’arrête pas d’évoquer non plus. Une petite fille au cœur brisé. Au fond, c’est ce que je suis malgré les airs d’adultes que je me donne. J’essuie mon visage, la main tremblante, pathétique, dévoilée. Je n’aurai pas tenu longtemps face à lui. Mais il restait une dernière vérité douloureuse à évoquer. « Et là, aujourd’hui, tu viens et tu me dis ça… Mais c’est trop tard Papa ; trop tard pour nous deux… Je ne vois pas bien ce qu’on aurait à se dire. »

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La partie où tu as dit que j’étais un mauvais père. La partie où tu as dit que tu ne reviendrais jamais. Mais Abel est trop entamé pour essayer de réagir aux attaques de sa fille, alors il garde le souvenir de ces échanges venimeux sur la plage pour lui-même. C’est pourtant bien eux qui sont à l’origine de toute cette conversation, car ce sont eux qui ont fait réaliser au médecin l’étendue de ses propres erreurs. Ce n’est pas ce qu’il voulait, a-t-il dit, et il le pensait. Il le pense toujours, en fait. Sans doute y pensait-il avant, la culpabilité ne date pas d’hier, mais il a réussi à le verbaliser et l’admettre. Lenny lui manque, aussi. Mais tout ça, Abel a été longtemps trop fier pour l’admettre. C’est peut-être leur principal problème, au fond, au-delà même de leur côté fanatique, qui en est sans doute un aussi, quoique si l’on creusait sous la façade, on découvrirait sans doute que Abel est bien moins fanatique qu’il n’y parait, mais c’est un autre sujet. Mais c’est la fierté qui les ronge. Aussi bien Eleanor que lui. Le père et la fille partagent bien le point commun de détester parler de leurs sentiments et de ne jamais vouloir admettre leur faute, même s’ils ont conscience de s’être trompés. Pour l’heure, pourtant, Abel a mis la sienne de côté. Ca lui coûte. Beaucoup. Mais il se dit qu’il fait bien, qu’il a raison. Il faut qu’il essaye. Sa fille lui manque bien trop, comme il le dit, et il voudrait essayer d’arranger les choses. Qu’elle comprenne au moins un peu. Malheureusement – mais pouvait-il en être autrement ? – rien ne se passe comme prévu. Il fallait se douter qu’elle n’accepterait pas forcément de l’écouter, mais ça lui fait mal quand même. Il ne veut pas que tout soit fichu, pas au moment où il change d’avis, même si c’est sans doute une pensée très égoïste de croire que le monde peut marcher comme il veut au moment où il veut. Ca lui fait mal parce que ça rend réel le fait que c’est lui qui a tout foutu en l’air. C’est aussi extrêmement pénible à écouter parce que Abe non plus n’a pas oublié qu’un jour Eleanor a été sa fille préférée. « Non…non, ça n’a pas à être comme ça… » Proteste-t-il d’ailleurs faiblement, un peu en vain. Ce qui fend un peu plus le cœur de Abel, cela dit, et de façon moins égoïste, c’est de voir les pleurs sur le visage de sa fille. Savoir qu’il en est la cause le mortifie un peu plus, parce qu’il voit qu’elle a mal et que cela achève de faire flancher chaque résolution de dureté qu’il a pu un jour prendre.

« Lenny… » Faut-il qu’il soit ébranlé jusqu’au plus profond de lui-même pour employer ce surnom affectueux qu’il lui réservait quand elle était petite et qu’il a abandonné progressivement pour le plus adulte Eleanor… « Tu pleures, petite…viens, viens. » Maladroitement, n’y tenant plus, il pose une main sur son épaule, l’entraine hors du passage, pour s’assoir sur un banc public. Il voudrait la consoler mieux, mais il n’a pas vraiment les mots. Mais ce geste d’affection, le premier entre eux depuis des lustres, en dit plus long que tous les aveux que Abe fait. « J’aurais du venir plus tôt. Je voulais venir plutôt. » Revenir serait une chute écrasante, écrivait Paul Eluard, et pourtant Abel l’a fait, alors qu’il le pensait. Qu’il prenne sur lui est déjà un exploit en lui-même. Il ne sait pas si ça convaincra sa fille, mais il ne triche pas : « Je pensais faire ce qu’il y avait de mieux. Je le pensais vraiment. Et j’ai cru que c’était simplement une période rebelle, ou je ne sais quoi. » Vrai, tous les enfants ont la leur, à l’adolescence ou un peu après, non ? N’a-t-il pas eu sa propre période de rébellion dans sa jeunesse ? N’est-ce pas à cela qu’a été du son départ en Afrique ? Peut-être, peut-être, mais au moins lui n’avait-il pas vrillé et versé dans l’illégalité. Il n’aurait pas pu ne rien dire. Mais il aurait pu ne pas réagir comme ça. Sans doute est-il passé à côté de beaucoup de choses : « Je n’avais pas réalisé que tu étais malheureuse. » Constat terrible que celui d’avoir échoué en tant que parent. « Et je ne t’ai fait pas fait confiance non plus, je peux admettre ça. Mais je ne voulais te blesser, il faut que tu me croies sur ça. J’ai cru…j’ai cru que c’était la meilleure chose à faire, en me disant que tu t’engageais sur une voie de garage. » Il est à peu près persuadé qu’il n’est pas le seul en tort dans cette histoire, mais ce n’est pas le moment pour ça. Abel le sait, au fond, il le regrette depuis le début : il n’aurait pas du la mettre à la porte.

Le constat qu’il s’apprête à faire en est d’autant plus amer qu’il s’est vraiment voilé la face. « Ce n’est pas le genre de père que je voulais être…mais j’ai réalisé trop tard que je l’étais devenu. » Pourtant, Abel s’était promis de ne pas faire comme son père. Il ne voulait pas lui ressembler. Comme adulte, il avait voulu développer les traits de caractère qui aurait sauvé sa relation avec son père, et faire en sorte que ses enfants n’aient pas de regrets, contrairement à lui. Il n’en parle jamais. Mais il le vit mal, d’avoir fini comme ce père, qu’il vénérait pourtant. Comme Lenny, au final. L’histoire se répète. Après un certain temps, il reprend la parole : « Tu n’es pas obligée de me croire, ni de me pardonner. Mais je voulais te le dire, et je le pense, peu importe ce qu’il m’en coute après : je suis désolé. J’aurais du t’écouter et j’aurais du voir que tu en souffrais. Je me suis trompé et j’ai été trop fier pour l’admettre, c’est tout. » Il n’a sans doute jamais autant parlé avec sa fille, ni avec aucun de ses enfants, et jamais de façon aussi honnête. Mais il est particulièrement touché par ce qu’il se passe. On pourrait presque voir des larmes chez lui aussi. « Tu me manques, encore une fois, Eleanor. Ta mère ne le dira pas, mais je sais que tu lui manques aussi. Et si je peux, je veux essayer de réparer ça, quoiqu’il en coute. » Le ton est inquiet, triste. « Si tu veux que je m’en ailles, je m’en irai. J’ai dit ce que j’avais à dire. » Pourtant, à nouveau, il ne fait pas le moindre geste pour s’en aller.

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CÔTÉ COEUR : Elle s'est endurcie.
PROFESSION : Enchaîne les petits boulots pour survivre. Bosse actuellement à Baker Street la journée et au cinéma le soir. Elle fait aussi du dépannage au Three Mariners parfois.
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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyDim 10 Mai - 11:45



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« Non…non, ça n’a pas à être comme ça… » Mon père n’est pas d’accord avec moi quand je dis qu’il est trop tard pour nous deux. Pourtant, je n’arrive pas à voir les choses comme lui. Comment pouvait-on revenir en arrière alors que tant de limites avaient été franchies, tant de mots blessants prononcés ? J’étais fermement convaincue que ce n’était pas possible. Et c’est sans doute pour cela que je finis par me mettre à pleurer. Je pleure sur ce gâchis. Tellement qu’il finit bien évidemment par s’en rendre compte. « Lenny. » Souffle Abel, visiblement ému puisqu’il emploie mon surnom alors qu’il le déteste. On est tous les deux surpris par ma réaction… Dernièrement, je ne communiquais avec lui qu’en l’accablant de reproches. Cette vulnérabilité que je montrais, c’était totalement nouveau. Et ça le pousse lui aussi à un geste de tendresse inédit puisqu’il pose doucement sa main sur mon épaule. Je ne le repousse pas. Au contraire, je le laisse m’entraîner vers un banc un peu à l’écart. Je m’y laisse tomber, toujours choquée par la tournure improbable de cette discussion. Il recommence à parler alors que j’essaye de me sécher les yeux. Il répond directement à ce que je lui ai dit avant que je m’effondre et pour une fois, il ne me donne pas tort. Il admet même que oui, il aurait dû revenir plus tôt. « J’ai cru que c’était simplement une période rebelle, ou je ne sais quoi. » Finit-il par avouer. J’essaye de le regarder entre mes yeux embrumés. « Ça n’aurait pu être que ça… une période rebelle. Mais ça a pris de telles proportions… C’est ça que j’ai du mal à accepter. »

Ce n’est pas un reproche. Cette fois-ci, c’est une véritable ouverture au dialogue. Je pense que je serai incapable de pardonner tant qu’on ne sera pas revenus sur ce qu’il s’est passé. Peut-être que j’ai besoin de comprendre pour guérir. Et c’est aussi pour ça que je laisse mon père s’exprimer sans l’interrompre. Il m’explique alors qu’il n’avait pas réalisé que j’étais si malheureuse. Il m’avoue qu’il aurait dû me faire confiance et que jamais, il n’avait voulu me blesser. De ce que je comprends, il m’avait laissée me débrouiller en espérant que je n’en sois pas capable et que je revienne à la raison… « Oui j’étais malheureuse… Je t’avais perdu toi. Et maman. Et même Jesse au début. J’ai perdu mon toit, ma sécurité, mon confort, la fac, le patin… Danny aussi. Je n’avais absolument plus rien. C’est sans doute pour ça que j’ai fais les conneries que j’ai fais ensuite. » Encore une fois, ce n’est pas une attaque. J’ai juste besoin de lui expliquer comment moi j’ai ressenti les choses. « J’apprécie ce que tu viens de dire sur la confiance et le reste aussi mais ta leçon de pédagogie, elle m’a coûté cher. Je suis clairement tombée dans la mauvaise famille pour faire ma crise d’adolescence. » Je suis amère, je ne vais pas le nier. Mais ça me fait du bien de la laisser s’échapper un peu, cette amertume, parce que maintenant, je suis un peu plus prête à aller de l’avant… « Mais… » C’est pas facile quand même. J’inspire profondément. « Je sais que je me suis obstinée aussi… Qu’en refusant de céder, j’ai envenimé les choses aussi… Je suis en mesure de le reconnaître aujourd’hui. »

Finalement, c’était comme si on avait changé Abel et Eleanor Griffiths pour des versions plus conciliantes d’eux-mêmes et que la bonne foi était enfin de la partie. Parce qu’après ce premier grand pas, mon père reprend la parole en livrant un nouveau discours émouvant. Il explique qu’il n’avait pas été le père qu’il voulait être, qu’il l’était devenu malgré lui. Il me dit que je ne suis pas obligé de le croire ou de le pardonner mais qu’il est vraiment désolé. Qu’il avait laissé sa fierté l’aveugler. Il me parle aussi de ma mère et m’offre un choix pour conclure ses excuses. « Si tu veux que je m’en ailles, je m’en irai. J’ai dit ce que j’avais à dire. » Alors, il était là le tournant. Car je ne savais quoi faire de tout ce que je venais d’entendre. Mais je me doutais aussi que si je ne faisais pas un geste pour le retenir, après l’effort qu’il venait de faire, je ne le reverrai peut-être plus. Et que cette fois-ci, ça serait de ma faute. Je panique. C’était une grosse décision même si je suis sensible au fait qu’il m’ait laissé le choix. Tout se mélange, fierté, amour, regrets, rancune, nostalgie… Mais finalement, c’est l’instinct qui parle pour moi. « Non reste… » Je le dis doucement au début puis avec plus de conviction. « Reste… Je veux qu’on finisse cette conversation. » Je suis en train de reprendre du poil de la bête, mes larmes se tarissent. « Je veux bien essayer… Avec toi. Mais pour maman, pour le moment, c’est hors de question. » J’ai au moins une certitude dans le fatras d’émotions qu’il m’a fait ressentir avec ce qu’il vient de dire. « Je… Je te respecte pour ce que tu viens de faire. Venir me voir et me dire les choses et c’est pour ça que je veux bien parler. Mais je ne te laisserai pas faire son intermédiaire. Si elle a quelque chose à me dire, elle qu’a venir le faire elle-même. » Parce qu’elle aussi, elle avait un mea culpa à faire. Peut-être même plus que lui. Car je savais que c’était elle qui avait voulu me jeter dehors avant lui. J’avais entendu leurs disputes même si après, ils avaient présenté un front uni devant moi.

Je pose mes coudes sur mes genoux, pressant ma tête entre mes poings, essayant de trouver les mots pour ce que je ressens. Je n’y arrive pas. Alors j’essaye de gagner du temps. « Je… J’ai entendu ce que tu as dis. Et j’apprécie que tu ais pris la peine de le dire. Mais je crois que j’ai besoin d’y réfléchir un peu. OK ? » J’avais l’air d’une pimbêche à dire que j’avais besoin de soupeser ses excuses, surtout qu’il m’avait paru complètement sincère, pour ne pas dire bouleversé en les faisant mais je m’étais accrochée à ma rancœur depuis presque trois ans, je n’arrivais pas à m’en séparer si facilement. En fait, même si je voyais qu’il souffrait, je ne voulais pas non trop lui faciliter la tâche, même si c’était carrément mesquin de ma part. J’essaye de m’adoucir aussi. « Tu me manques aussi… Moi non plus, je ne mentais pas. Mais je crois… Qu’il va me falloir du temps… Je ne sais même pas à quoi pourrait ressembler notre relation si on décide d’en ravoir une…. » Car la confiance était partie, le respect avait pris cher et l’amour peut-être qu’il était encore là mais bien teinté de mauvais souvenirs… « Et pour ce que ça vaut… Je suis désolée aussi. Pas d’avoir osé fait mes propres choix de vie mais que ça nous ait séparés comme ça. J’étais sincère quand je disais que ça me tenait à cœur de te rendre fière. Et je suis désolée de ne pas être la fille dont tu rêvais. » Parce que j’avais quand même conscience d’être une déception pour lui, je devais lui reconnaître que ça. Je repense à autre chose qu’il a dit et je comprends que c’était loin d’être anodin pour lui. « Je n’aurai pas dû dire que tu n’étais pas un père non plus… C’était trop. » Comme il l’avait dit, il s’était trompé. Mais peut-être qu’il avait le droit à l’erreur. Qui étais-je pour le juger alors que je n’avais même pas d’enfants ?

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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyMer 3 Juin - 0:01


Golden slumbers
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C’était trop, et Abel le sait. Au fond, il l’a toujours su, mais c’est difficile de s’avouer qu’on s’est trompé. Mais aucune crise d’adolescence n’a jamais justifié ce que lui et sa femme ont fait à Lenny. Il n’en est pas fier, mais aujourd’hui il arrive à mettre des mots dessus. C’était une erreur, une impasse : mais une fois les choses lancées, comment revenir en arrière ? Il ne voulait pas plus que Lenny que ça prenne ces proportions là, pourtant c’est arrivé. Et sa fille s’est mis à le détester ; c’était la dernière chose qu’il voulait, mais comment pouvait-il en être autrement ? Eleanor fonctionne elle aussi à la fierté, comme lui, et comme personne ne voulait céder, ça pouvait durer. Il soupire, cherchant ses mots, réalisant qu’au fond, il n’a pas vraiment de justification. « Je t’ai vu gâcher ta vie. Je ne dis pas que ça aurait été le cas, je n’en sais rien. » Il l’a sincèrement pensé : il faut remettre les choses dans le contexte. Parce que Danny Granger, Abel a très bien vu quel genre de garçon c’était – le genre de tombeur qu’il est toujours, en plus jeune et moins hypocrite. Le genre à détruire sa petite fille chérie, ce qui s’est plus ou moins produit. Alors évidemment, le médecin a voulu mettre un terme à cela. « Mais j’ai eu peur de ce que ce garçon te faisait faire et des choix que tu faisais. » Que sa petite Eleanor, si gentille, si sérieuse, passe pour une fille facile ? Que tout le village en parle ? Très peu pour lui. Le couvent, c’était bien plus respectable. Mais extrême, si extrême, et tellement maladroit.

Mais Abel l’a dit : il pensait sincèrement que Lenny avait besoin d’une leçon, et qu’elle reviendrait sur le droit chemin. Quand il a vu que ce n’était pas juste une amourette, ni une révolte d’adolescente, ni même simple une histoire liée à un garçon dont elle s’était entichée, que c’était bien plus profond que ça, c’était trop tard, il ne pouvait pas se dédire. Par fierté, encore. Pour le moment, il a réussi à la mettre de côté. Sa fille lui manque, et c’est à peu près tout ce dont Abel se rend compte. Il vit mal que Eleanor n’ait pas fait les mêmes choix que lui, mais il vit tout aussi mal qu’elle lui en veuille et qu’elle lui ait tourné le dos. Comme il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, il peut essayer de réparer les choses. Pour le moment, il a au moins réussi à amorcer le dialogue. Il faut dire que toute notion de fierté, tout principe a disparu devant les pleurs d’Eleanor. Peu importe sa casquette de catholique rigide, à l’instant présent, il est simplement un père face au chagrin de sa fille. Mais le médecin est mal placé pour consoler Lenny, quand bien même il le voudrait. Il est la cause de ses larmes, après tout, et ce constat est aussi amer que les paroles qu’elle a pour lui. Il ravale pourtant sa salive, et continue le dialogue, voyant aussi qu’elle semble disposée à l’écouter et à faire des efforts. « Je te l’ai dit la dernière fois, je ne comprends pas ce que tu veux. Mais je ne suis pas sûr de l’avoir jamais su, ni même de l’avoir demandé. » La question est sous-jacente. Parfois Abel a l’impression qu’il ne connait plus rien de Eleanor, et ça aussi le désole. Il voudrait comprendre. Il voit bien qu’un père devrait savoir ce que veut sa fille, et ce à quoi elle aspire. Lui, il sait à peine où elle habite, parce qu’il la surveille de loin, et rien des rêves qu’elle poursuit, ni ce pourquoi, finalement, elle s’oppose vraiment à lui. Il n’a même pas cherché à comprendre : vu comme ça, Abel se sent donc bien plus fautif que Lenny, et avec un maigre sourire, apaise le ton en reconnaissant une nouvelle fois ses torts : « Je ne peux pas dire si tu as eu raison de t’obstiner ou pas. Je l’ai fait aussi… »

Rien ne sera facile dans cette conversation. Pourtant, il entrevoit une lueur d’espoir quand Lenny lui demande de rester. Un reste d’amour, de compassion, ou l’envie de mettre les choses au clair pour passer à autre chose ? Peu importe, c’est une chance, et le médecin est décidé à ne pas la laisser passer. En revanche, pour sa femme, cela semble sans espoir, pour l’instant. « D’accord. Je lui dirai. » Betty a toujours été plus dure que lui. Et c’est elle qui a fini par le convaincre qu’elle avait, comme lui en son temps, besoin d’une leçon. Mais il a regretté dès le début d’avoir cédé ; c’est peut-être pour ça que la culpabilité ressort maintenant. Tant pis, cela deviendra une nouvelle dispute homérique. Mais chaque problème en son temps. Pour l’instant, l’avis de Eleanor lui importe plus que celui de sa femme. Se permettant un nouveau geste d’affection, il pose une main sur son épaule. « Merci. » Il est heureux qu’elle lui laisse une chance ; Abel n’est même pas sûr de la mérité, lui qui ne lui en a laissé aucune, mais il essaiera de ne pas la gâcher.

Mais il n’y a pas besoin d’être expert pour voir qu’elle est aussi mal à l’aise que lui, perdue même, face à ces retrouvailles. « Je comprends. » Il n’est pas offusqué, pour une fois, de sa réaction. Difficile de se projeter, d’imaginer une relation père-fille, dans ces conditions. « On ne s’est pas facilité la tâche, nous deux. » Il essaye de faire de l’humour, mais Abel n’est pas forcément doué pour ça – en tout pas en essayant de conserver cette attitude de père convenable et de médecin rangé – et ce n’est pas forcément le bon moment.  Il reprend donc un ton plus sérieux, même s’il cherche encore ses mots : « Pour ce que ça vaut…je suis content qu’on puisse parler, au moins. Et de te voir aussi. » Pour la première fois depuis longtemps, il lève les yeux vers sa fille avec un sourire sincère : « Je ne m’attends pas à ce que ce soit immédiat, j’ai conscience que…comment dire. Trois ans de temps perdu à rattraper, c’est long. Mais si tu veux, on peut parler comme ça de temps en temps. » C’est une proposition qu’elle n’est pas obligée d’accepter, mais Abel voudrait vraiment essayer, et mettre toutes les chances de son côté.

Les mots de Lenny ne lui font pas vraiment mal. Juste réaliser qu’il lui doit une explication sincère, car la faute est plutôt de son côté de la sienne. Il n’a pas été le père qu’il voulait être. Et ça Eleanor n’y est pour rien. C’est lui, et lui seul, qui pouvait en décider. « Tu n’es pas obligée de t’excuser. Je sais que je n’ai pas été brillant. » Abel soupire. Il ne sait pas s’il peut rattraper les choses, ni à quel point la vérité est bonne à dire. Mais il a été honnête jusqu’à là, et sa fille est toujours à côté de lui : peut-être que c’est une démarche qui peut payer.  « Et la fille que je voulais avoir, c’est peut-être là où je me suis trompé, justement…» Le médecin hésite, peu sûr de lui. Si la confession qu’il s’apprête à faire a le mérite de l’honnêteté, il ne l’a jamais faite à personne. Et si l’explication est peut-être nécessaire pour comprendre ce qu’il a fait ensuite et les rapports qu’il entretient avec ses enfants, il s’agit quand même d’un sujet sensible. « J’avais ton âge, il y a…à peu près ton âge, quand je suis parti au Rwanda. Ce n’était pas ce que ton grand-père voulait, mais je voulais faire ça, partir dans l’humanitaire. » Il y a tellement de regrets dans ce qu’il dit. Tous les espoirs d’une vie, qu’il a abandonné en rentrant. « Un jour, ton grand-père m’a dit que si je revenais pas pour reprendre le cabinet, si je ne mariais pas, je ne serais plus son fils. » Son père était un type terrible. Abel, tout rebelle qu’il était, n’était pas aussi courageux que Eleanor. Il n’est pas allé jusqu’au bout, il a renoncé. « Tu ne l’as pas connu, ton grand-père, mais il faisait ce qu’il disait… J’ai eu peur. Je suis revenu. » Il se passe une main dans les cheveux, et maintenant il y a de vraies larmes sur ses joues, il ne sait pas pourquoi. Il y a le souvenir du gamin qu'il était, qui voulait aussi rendre son père fier de lui, et qui était terrifié à l'idée que son père ne le reconnaisse plus comme fils. Et puis peut-être qu’il réalise, tout au fond de lui-même, qu’il en a un peu voulu à Eleanor d’avoir réussi à faire ce que lui n’a pas fait. Il n’a pas eu le cran de s’en tenir à ses choix, lui, mais c’est assez petit d’être jaloux de ses propres enfants. « Je sais qu’il ne me voulait pas de mal et qu’il croyait bien faire. Je sais qu’il avait peur pour moi, aussi. Et aujourd’hui, je ne regrette pas de l’avoir écouté. » Il a eu ses enfants, et c’est déjà quelque chose, quand bien même c’est compliqué et terrible. Tout doucement, cependant, Abel secoue la tête : « Mais je ne voulais pas faire comme lui avec toi et Jesse. Je l’ai oublié, en vieillissant. » Il a reproduit les erreurs de son père, il n’a pas même pas fait mieux. Et il s’en veut, au fond, de ne pas avoir été capable de dépasser ça. « Tu es ma fille. Ca aurait du suffire. » Il aimerait rajouter que ça l’est, maintenant, mais il n’a plus de voix, et à vrai dire, il est terrifié par ce qu’il a dit lui-même.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyVen 19 Juin - 18:03



Some days I feel broke inside but I won't admit. Sometimes I just wanna hide 'cause it's you I miss. But it's dangerous. It's so out of line to try and turn back time

« Mais j’ai eu peur de ce que ce garçon te faisait faire et des choix que tu faisais. » Je médite les paroles de mon paternel, même si elles ne constituaient pas un scoop en soit. Pendant un moment, je suis tentée de prendre la défense de Daniel, d’expliquer que le Granger n’avait été que le déclencheur d’une tempête qui grondait bien plus profondément en moi mais finalement, je garde le silence. J’avais encore du mal à parler d’un ton détaché de ce qui avait été l’épisode le plus violent de ma jeune vie, je n’avais pas envie de me replonger d’avantage dans ces souvenirs plein d’amertume. Surtout si je voulais garder mon calme face à mon père, qui pour une fois, était étrangement modéré. Il n’essaye même pas d’argumenter quand je lui oppose une fin de non recevoir très ferme par rapport à une éventuelle réconciliation avec sa chère femme. En fait, j’ai l’impression qu’il fait vraiment des efforts pour essayer de me comprendre, à l’instar de ce qu’il me dit ensuite. « Je te l’ai dit la dernière fois, je ne comprends pas ce que tu veux. Mais je ne suis pas sûr de l’avoir jamais su, ni même de l’avoir demandé. » Je trouve cet aveu touchant, peu habituée à le voir admettre qu’il s’est trompé. En revanche, s’il me demande implicitement ce que je veux maintenant, je ne suis pas certaine de pouvoir répondre. Je hausse les épaules. « Ce que je voulais à l’époque, c’était un peu d’émancipation, de liberté… Maintenant que j’ai les deux, je t’avoue que c’est plus compliqué… » En fait, je me rends compte qu’il n’y avait plus grand-chose que je désirais désormais. Je n’avais pas trop le temps de rêvasser en même temps. Joindre les deux bouts, c’était déjà pas mal à l’heure actuelle….

En tout cas pour le présent, je me rends compte que je peux poser mes conditions. Il fait preuve encore de compréhension lorsque je lui dis que je vais avoir besoin de temps et que je ne sais pas quelle forme prendra notre relation future. Tout était si… étrange. « Pour ce que ça vaut…je suis content qu’on puisse parler, au moins. Et de te voir aussi. » Dit-il dans un sourire sincère, presque timide. Je suis choquée. Je ne connaissais pas du tout cet aspect-là de mon père. C’est comme quand il avait brièvement posé une main hésitante sur mon épaule. Comme s’il avait soudain plein d’affection à revendre mais ne savait pas comment s’y prendre. Je hoche la tête, pour toute réponse, ne relevant pas non plus sa tentative d’humour. Je ne tenais pas à éprouver trop mes limites, à faire trop d’effusions. En revanche, je réponds favorablement à la proposition qu’il me fait ensuite. « D’accord… On pourrait essayer… De se voir de temps en temps, de prendre un café… Et on verrait ce que ça donne. » C’était un bon moyen de tester ses intentions, des petites entrevues. Que j’aurai tout le loisir d’écourter s’il me prenait à nouveau la tête. Oui, je pouvais consentir à cet effort. Une méthode douce pour renouer. Car comme il l’avait très justement dit, trois ans de rancœurs à gommer c’était long.

J’y mets du mien pourtant, finissant également par avouer mes torts. Je pensais que ça lui ferait plaisir après le mea culpa que je venais de faire mais il me dit que je ne suis pas obligée de m’excuser. Comme s’il tenait à endosser sa culpabilité seul. Là, par contre, je reconnais bien l’œuvre de la religion, et cette foutue culpabilité chrétienne. Je la connaissais bien, j’avais failli me noyer dedans. Mais tant pis pour lui, je n’insisterai pas non plus pour lui donner l’absolution. A la place, je l’écoute me raconter un pan de l’histoire familiale que j’ignorais totalement jusqu’à maintenant. Il m’explique en effet comment il a défié son propre père en partant faire de l’humanitaire en Afrique. Je suis stupéfaite. « Et bien… Finalement mon esprit rebelle ne vient pas de nulle part… ça court dans la famille apparemment. » C’est ma tentative d’humour à moi pour contrer la surprise que j’éprouve. Je ne l’avais jamais imaginé capable de se rebeller contre quoi que ce soit et surtout pas contre cette autorité qu’il aimait tant… Mais je comprends très vite que c’est un choix malheureux de ton quand mon père me raconter l’ultimatum que grand-père lui avait alors posé. Trop tard, je suis lancée et c’est un nouveau persiflage qui s’échappe de mes lèvres. « Ah donc les ultimatums, c’est dans notre ADN aussi… C’est triste de voir comment l’histoire s’est répétée. » Mais c’est mon dernier trait d’esprit. Parce que soudain, je les vois. Les larmes qui brillent sur les joues de mon père. Et j’entends aussi la fêlure dans sa voix quand il m’avoue qu’il avait cédé à cet ultimatum. Et aussi qu’il s’était juré de ne pas refaire la même erreur avec Jesse ou moi mais qu’il avait échoué… Et tout à coup, j’arrête de le voir comme ce père qui m’a tant déçue et je le vois pour ce qu’il est : un homme qui a aussi ses failles. Je sens à nouveau ma gorge se serrer. Et je suis paumée aussi… Qu’est-ce qu’on était censée faire quand votre père se mettait à pleurer devant vous ?!

« Tu es ma fille. Ca aurait du suffire. » Dit-il pour achever cette confession qui me fait changer de regard sur lui. Je suis de plus en plus émue. Je n’arrive plus à me raccrocher à ma colère… « Tu ne nous avais jamais parlé… J’ignorais que ça avait été si compliqué pour toi… Que toi aussi, tu avais dû faire un choix. » Je dois l’avouer, c’est avec un certain mépris adolescent que j’ai toujours imaginé qu’il était ravi de son sort, de son petit mariage bourgeois, de son cabinet pas gagné à la sueur de son front et de sa réputation de notable de petite ville. Apparemment, j’étais loin du compte. Comme quoi le dialogue, ça pouvait changer bien des choses. Y compris les opinions. « C’est vrai, je n’ai pas connu Grand-Père mais…. Mais en effet, il n’avait pas l’air facile… ça n’a pas dû être simple pour toi de grandir avec un tel modèle. » Et sans tout excuser, ça pouvait peut-être expliquer certains aspects de l’éducation que j’ai reçue. Je suis soudainement prise d’un élan de compassion. J’hésite longuement puis comme il l’avait fait tout à l’heure, je pose une main sur son épaule, faisant mine de ne pas remarquer ses larmes, prise d’une pudeur absurde. « Toi aussi… Tu croyais bien faire, non ?... Et peut-être que si tu as été si strict avec moi c’est parce que justement Jesse était déjà parti... Je suis au moins contente de savoir que tu ne regrettes pas trop d’être revenu et de nous avoir eus. » Je repense à tout à l’heure, quand il avait dit « ma fille », il y avait quelque chose dans son ton, dans son regard qui disait qu’il ne m’avait peut-être pas définitivement reniée. Et peut-être que c’était pathétique mais cette idée ne sortait plus de mon esprit. Je souffle profondément. « Est-ce que… tu as pardonné à ton père finalement ? » Cette fois-ci, c’était une question pour moi. Je voulais savoir si un conflit familial de cette ampleur pouvait se résoudre avec le temps ou s’il laissait des marques trop indélébiles… J’attends la réponse mais je jette un coup d’œil que j’espère discret à ma montre. J’allais devoir retourner au boulot, ce qui m’exaspérait. Si au début, j’avais vu cet impératif comme une possibilité d’échappatoire, je ne voulais pas partir maintenant. Pas alors qu’on avait enfin ouvert un dialogue sincère et constructif…

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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyJeu 2 Juil - 23:58


Golden slumbers
Fill your eyes
Smiles await you when you rise
Sleep pretty darling
Do not cry
And I will sing a lullaby

« Je comprends. » Abel n’a rien à dire d’autre, en réalité, sinon cette vérité. Il a su, à un moment, ce qu’il voulait. Mais maintenant, il lui reste quoi ? Plus rien, sinon la vie que son père l’a fait choisir. Plus réellement de but. Ça fait des années qu’il se rassure avec ses privilèges, sa petite vie bourgeoise et ses maitresses. Mais au final, tout cela masque mal le vide, le malaise qu’il ressent. Il s’est trahi, renié lui-même, et il ne sait plus ce qu’il veut, ni où il en est. Il navigue. Alors oui, il comprend de quoi parle sa fille. Le médecin n’imagine juste pas réellement à quel point c’est dur, sans avenir et sans job, parce que lui, même s’il est en cage, bénéficie tout de même d’une cage dorée. Bien sûr, Eleanor n’est pas obligée de le croire, et ça peut paraitre un peu présomptueux sans les explications qu’il s’apprête à donner. Sans compter le fait qu’il peut paraitre un peu hypocrite de jouer l’empathie après trois ans de rejets, d’incompréhensions et d’absence.

Toute leur relation est à reconstruire, même si ce soir ils ont fait d’immenses progrès. L’accord de Eleanor lui donne de l’espoir, un peu, celui d’une réconciliation. Pas seulement parce que ça satisfait à sa morale chrétienne – tu honoreras ton père, le pardon, la réconciliation, tout ce qui est si peu compatible avec la rancune, si humaine et banale – mais aussi parce qu’il voudrait croire que les choses pourront changer, s’améliorer. Sa fille lui manque pour de bon, et Abel a fait un pas énorme, mais sincère, en venant la trouver. Il ne veut plus de tout cela, peu importe ce que ça coute, et le temps que ça prendra pour reconstruire un début de confiance entre eux. Doucement, il hoche la tête : « D’accord. Tu n’as qu’à…m’appeler, ou m’envoyer un message, quand tu as un moment. » C’est aussi un gage de paix, donnant la possibilité à Lenny de choisir le moment où elle voudra le voir, sans le lui imposer. Farfouillant dans ses poches, il trouve un morceau de papier sur lequel noter son numéro, avant de le lui tendre. « Je pense que tu ne dois plus avoir mon numéro, maintenant. » En réalité, pour avoir essayer d’appeler plusieurs fois sa fille, en cachette de sa femme, Abel pense qu’elle l’a volontairement supprimé, ou bloqué, de son répertoire, puisqu’il n’a jamais réussi à obtenir qu’elle décroche. Mais il ne dit rien, parce qu’il ne veut pas polémiquer, pas maintenant : ils n’ont pas besoin d’une nouvelle dispute.

Après, de toute façon, il n’a plus le cœur à ça. C’est la première fois qu’il parle de tout cela à quelqu’un de sa famille. Son passé git en lui, pleins de regrets et de souvenirs irrésolus et dont Abel ne sait pas quoi faire. Et il pleure, aussi bien à cause des souvenirs que du parallélisme entre ce qu’il s’est passé pour lui et pour sa fille. Il n’a même plus le courage de dire quoi que ce soit, trop atteint, trop meurtri par le sentiment et la honte d’avoir échoué alors qu’au plus profond de lui, il a cru bien faire, il a voulu bien faire. On n’est pas maitre de ses façons d’aimer, elles s’inventent tôt et ne bougent plus, et concernant Abel Griffiths, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on lui a mal appris à aimer. Mal appris à parler clair, aussi. Ce qui le ronge depuis toujours a fini par rejaillir sur toute sa vie, à force de l’enfouir. Très bas, il répond à sa fille, donnant enfin ses raisons : « Je ne voulais pas que vous le sachiez. Je ne voulais pas que vous croyiez que j’ai eu des regrets par rapport à vous. Parce que ce n’est pas le cas. » Il y a de la férocité dans ce qu’il dit. Malgré tout, envers et contre tout, il voudrait que Lenny comprenne qu’il l’aime. Cela serait sans doute plus facile s’il le disait clairement, mais il n’est pas sûr d’en être capable. Il peut juste expliquer, parler de son éducation à lui, qui l’a formaté et dont il n’est jamais vraiment parvenu à s’extraire à l’exception de quelques parenthèses trop rares. Ainsi, il explique encore : « J’ai cédé progressivement, je suppose. D’abord en me mariant, puis en ayant ton frère, puis toi, puis en revenant de temps en temps. Puis je suis rentré définitivement, et j'ai repris le cabinet... » Face à son père, encore plus terrible que lui, comme l’a fort bien noté Lenny, qui aurait pu ne pas céder. Tristement, il ajoute : « Je ne me suis pas rendu compte que j’abandonnais… »

Il y a un mouvement de réconciliation, d’affection, quand Eleanor pose elle aussi sa main sur son épaule. Peut-être ces gestes maladroits, autant que leurs paroles, mèneront à quelques choses ? Abel saisit la perche que sa fille lui tend. Il a besoin qu’elle comprenne. Il ne nie pas sa responsabilité, mais il voudrait qu’elle se mette à sa place, un instant, comme lui essaye de sortir de son état d’esprit en écoutant, en essayant de comprendre comment elle l’a vécu. De ce point de vue, c’est sans doute un grand pas en avant, qu’ils parviennent à essayer d’expliquer ce qu’ils ressentent.  « Je ne voulais pas te faire de mal. J’ai cru que c’était ce qu’il y avait le mieux à faire, j’ai cru…en m’obligeant à revenir, en me posant cet ultimatum, mon père m’a sans doute sauvé la vie. Quand je suis parti définitivement, c’était le début du génocide. Les médecins humanitaires qui essayaient d’agir étaient tués aussi. » Il ne voulait pas faire la même chose, mais comment contredire Betty lorsqu’elle lui a dit que si ça avait marché pour lui, ça marcherait pour Lenny ? Qu’ils fonctionnaient de la même manière, que ça la ferait revenir dans le droit chemin ? C’était sans compter sur le fait que si Eleanor ressemble bien à son père, elle est indubitablement plus courageuse. « Je ne dis pas que c’est équivalent, mais j’ai cru…je me suis dit que c’était peut-être ce qu’il y avait de mieux à faire, oui. Je suis désolé que ça ne l’ait pas été. »

La question suivante est plus difficile. Il serait facile de mentir, de dire que oui. Mais Abel n’en sait rien. Il n’a jamais su, jamais réussi à définir exactement ce qu’il pensait de son père. « Je…j’aimerai te dire que oui. Mais je ne sais pas. Il est mort peu de temps après mon retour. »  Il aimerait pouvoir être affirmatif. Ça leur donnerait de l’espoir, une chance. Mais cela étant, quand bien même cela s’est passé ainsi, ils ne sont pas obligés de le reproduire, cette fois. Car contrairement à son père, il a réussi, du moins il le pense, à rétablir le dialogue avec sa fille... « Ce n’est pas la vie que je voulais. Mais il me manque, souvent. » C’est contradictoire, peut-être. Abel le sait, mais il n’a pas de meilleure réponse. C’est la vie qui est compliquée, tout simplement, ils ne peuvent que faire avec. « Et peu importe le père que j’ai été ensuite, je pense qu’aucun enfant ne mérite de grandir sans son père. Ça aurait été le cas pour toi et Jesse, si j’étais resté là-bas. Quand il a pris sa retraite et recommencé à menacer, c’est à ça que j’ai pensé aussi. Tu venais de naitre. Ça m’a fait réfléchir… »  

Elle était sa petite princesse. Lenny s’en souvient, mais lui aussi. Et maintenant ? Abe voudrait bien continuer à lui parler, mais il la voit regarder sa montre, et il comprend qu’il empiète déjà sur son temps de travail. Un peu inquiet, il reprend : « Je…est-ce qu’il faut que tu y ailles ? Je ne voudrais pas que tu aies des soucis au cinéma à cause de moi. On peut en reparler, si tu veux, quand tu as un moment ? » Puis, avec un sourire timide : « Tu fais attention à toi, d’accord ? »


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MessageSujet: Re: Once there was a way to get back home | Lenny Once there was a way to get back home | Lenny EmptyVen 10 Juil - 9:43



Some days I feel broke inside but I won't admit. Sometimes I just wanna hide 'cause it's you I miss. But it's dangerous. It's so out of line to try and turn back time

« Je comprends. » Deux petits mots tout simple mais vu l’état de notre relation père-fille, ces deux petits mots relèvent presque du miracle. Etions-nous à nouveau capable de nous comprendre ? De respecter nos opinions et nos choix respectifs même si ces derniers divergeaient ? Je me rends compte que j’ai envie d’y croire. Et j’ai pas trop l’impression de me planter quand je vois comme mon père respecte les limites que j’impose pour nos contacts futurs. Il semble avoir compris que je vais avoir besoin d’y aller à coup de petits pas. « D’accord. Tu n’as qu’à…m’appeler, ou m’envoyer un message, quand tu as un moment. » De la sorte, j’avais le choix du moment pour le contacter, je ne me sentais pas obligée. J’hoche la tête en signe d’assentiment et je prends sans commentaire le bout de papier comportant son numéro qu’il me tend. Il a l’air si vulnérable… Pas la peine de lui faire du mal en lui précisant inutilement que j’ai effectivement son numéro mais que je ne me suis pas donnée à la peine de répondre à ses sollicitations et que j’ai fini par le bloquer tout court pour ne plus avoir peur d’avoir un message de lui… Maintenant qu’il a fait ce geste fort de venir me voir pour renouer, je pourrai le débloquer… Ce détail « technique » réglé, nous nous embarquons dans une discussion très sérieuse, et je découvre un pan de la vie de mon père que j’ignorais. Je le trouve touchant dans sa confession et peut-être que je me fais des films mais au fur et à mesure de son récit, j’ai l’impression de deviner ce qu’il tait, ces blessures secrètes qui font qu’à défaut d’avoir envie de le pardonner, je le comprends un peu mieux.

« Je ne voulais pas que vous le sachiez. Je ne voulais pas que vous croyiez que j’ai eu des regrets par rapport à vous. Parce que ce n’est pas le cas. » Dit-il ensuite, cherchant sans doute à me faire comprendre pourquoi il ne m’a pas révélé cela avant. Il dit ça avec tant de conviction que ma réponse fuse spontanément. « Je te crois. » Et je suis sincère. Au fond, je sais qu’il nous aime, Jesse et moi. Mais peut-être pas du bon type d’amour. Peut-être qu’il a confondu amour et possessivité. Peut-être que sous prétexte qu’il voulait le meilleur pour nous, il a cru à tort qu’il pouvait régir nos vies et contrôler mes choix. Je ne sais pas, je ne sais plus… Tout cela est confus dans mon esprit. J’aurai besoin d’y penser à tête reposée. Pour le moment, j’écoute la fin du récit de mon paternel. Et là encore, j’ai l’impression de le comprendre quand il parle des concessions progressives. « Tu as cédé des petites parts de toi-même et à la fin, quand il ne restait plus grand-chose à céder, tu as eu l’impression de t’être trahi totalement … C’est ce que je voulais éviter… Je voulais rester moi-même. C’est pour ça que je me suis autant rebellée, je crois. » Je pense presque à voix haute, ressentant un besoin mystérieux de faire un parallèle entre nos deux histoires pourtant assez différentes. Et je ne suis pas la seule. Mon père me redit qu’il pensait faire ce qu’il y avait de mieux pour moi, à l’instar du sien qui lui avait sauvé la vie en lui interdisant de retourner au Rwanda. « En effet, ce n’était quand même pas équivalent. Un génocide au Rwanda contre une escapade en Grèce… Qu’est-ce que tu m’as évité au juste ? Quelques mauvaises expériences que tout ado normal fait ? Fumer un pétard, perdre sa virginité ? J’aurai pu faire tout ça et reprendre le court de ma vie. Je n’étais pas non plus sur les sentiers de la perdition. » Je le dis sans colère mais je le tiens à le dire quand même. Après tout, ce soir, nous étions sincères l’un avec l’autre, non ? Je veux bien essayer de le comprendre mais ça ne veut pas dire que je vais adhérer à tous ses raisonnements…

Cependant, il ne semble pas trop vexé par cette légère rebuffade car il continue à répondre à mes questions. Je lui demande notamment s’il a fini par pardonner son père. La réponse est en demie-teinte. Apparemment contrairement à nous, le temps leur a manqué pour recoller les morceaux. Même si mon père admet que son propre père lui manque. Cet aveu me fait réfléchir bien évidemment. Il me permet de considérer que j’ai de la chance de pouvoir arranger les choses au lieu de passer ma vie dans les regrets, sans avoir dit ce que j’ai sur le cœur. Et c’est sans doute ce qui me motive à répondre de manière plus pacifiste lorsque mon père me dit que selon lui aucun enfant ne devrait grandir sans père. « Même si la situation est ce qu’elle est actuellement… Je suis contente que tu ais fais ce choix. C’était parfois un peu strict mais j’ai eu une enfance heureuse. Et ça je sais que ce n’est pas tout le monde qui a cette chance… Surtout avec ce que tu viens de m’avouer. » J’imagine ce qu’aurait pu être la vie sans père et je frissonne. Non, définitivement, ça n’aurait pas été mieux… On avance, on avance, mais bien involontairement, je gâche tout en regardant ma montre. Je me pensais discrète mais mon père s’en rend compte. Heureusement, il se montre compréhensif. « Oui désolée... Ma pause est presque déjà terminée. » Lui aussi ne semble pas vouloir interrompre cette conversation et me propose de la reprendre plus tard. J’accepte, en espérant qu’on pourra vraiment en retrouver le fil et la profondeur. « D’accord… On en reparle bientôt. » Je m’apprête à tourner les talons, ne sachant pas comment lui dire au revoir, quand il me rretient d’une dernière injonction. « Tu fais attention à toi, d’accord ? » Je m’arrête, bêtement touchée. « OK… ne t’en fais pas pour moi. » Je voudrais dire quelque chose de gentil en retour. Peut-être lui dire de faire attention à lui aussi. Voir même le remercier d’avoir fait ce pas, ce grand pas vers moi mais aucun mot ne sort de mes lèvres. Je fais encore un blocage, ne sachant pas comment me sentir face à cette tentative de réconciliation après ces trois années de silence et de guerre. Je me contente donc d’un simple signe de main, carrément maladroit. Malgré les avancées du jour, il faudra encore du temps pour réparer notre relation.

SUJET TERMINE

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