AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez

Holding On For a Hero || John

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Muiredach S. MacDonald
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : MissPiggy
TON AVATAR : Alan Cumming
TES CRÉDITS : avatar : @Ealitya
TA DISPONIBILITE RP : (3/3 RP libre)
RAGOTS PARTAGÉS : 55
POINTS : 76
ARRIVÉE À TENBY : 04/07/2019
Holding On For a Hero || John Tumblr_pp9up0uPAN1qbbgmdo2_400
ÂGE DU PERSONNAGE : 54 ans
CÔTÉ COEUR : Veuf qui n'est pas encore prêt à laisser un autre dans son lit
PROFESSION : Psychologue (et professeur de psychologie à la fac de Swansea)
REPUTATION : l'excentrique professeur débarqué de l'Écosse un peu par hasard s'affirme de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, n'en déplaise aux mauvaises langues.


Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

Holding On For a Hero || John Empty
MessageSujet: Holding On For a Hero || John Holding On For a Hero || John EmptyMar 23 Juil - 5:04

J’avais beau être bien déterminé à ignorer l’irréductible réalité : en me réveillant seul dans le lit conjugal, il y avait fallu quelques secondes pour que je réalise la date. Machinalement, ma main se tendit vers mon téléphone portable pour regarder les dernières nouvelles. L’écran en arrière-plan était encore Andy et moi enlacé. Le genre de photos qui savait toujours me mettre de bonne humeur quand je la regardais. Sauf que mon regard accrocha sur la date : 25 juillet 2019. La nuit m’avait fait oublier. Mais l’inscription blanche sur mon écran me rappelait à l’ordre : aujourd’hui, Andy aurait eu 55 ans.

Je n’étais même pas certain de comment je devrais célébrer.

La même pensée qui m’avait traversé la veille quand j’avais envisagé de conduire jusqu’à Edimbourg pour aller manger dans cette bonne table qu’il appréciait – celle dans laquelle nous avions célébrer nos anniversaires de couple devenu nos anniversaires de mariage avec les années. C’était le genre de choses qui plaisait à mon cuisinomane de mari. Mais cette optique posait plusieurs problèmes : c’était un jeudi, j’étais loin de ma ville d’origine, je n’avais pas la force de manger dans un restaurant s’il n’était pas à côté de moi pour me distraire du contenu de mon assiette et peut-être même d’aller chercher du bout de ma fourchette une petite bouchée du dessert dans son assiette en laissant simplement fondre la crème au beurre sur ma langue.

Non.
Ce n’était pas une bonne idée.

J’optais plutôt pour honorer à ma manière notre rencontre, il y avait presque vingt-neuf ans. À l’époque où je travaillais comme transformiste pour payer mes études universitaires bien décidé à avoir le luxe de finir ma scolarité et d’avoir un métier autre. Il n’y avait pas de sous-métiers et je le savais très bien. Parce que de gagner sa vie à la fin des années 1980 et au début des années 1990 en dansant et en chantant déguisé en femme dans un bar gay alors que l’homosexualité était à peine légale en Écosse, c’était plus ou moins le plus bas que l’on pouvait descendre. Et pourtant, ce métier m’avait permis d’aller à l’université et de rencontrer l’homme de ma vie. Alors je n’allais pas dénigrer cet important pan de mon histoire personnelle surtout que j’avais eu du plaisir et que j’avais toujours du plaisir à me glisser dans ces personnages féminins.

Ma journée s’était donc passée normalement : une course avec ma chienne, le travail qui m’était demandé pour la recherche que j’étais en train de mener afin de soutenir à court terme devant le comité d’éthique, un peu de prévision de cours, une marche avec ma chienne. J’avais même fait des efforts considérables pour penser à manger trois repas dans ma journée, parce que je savais très bien que ça lui aurait fait plaisir que je le fasse.

J’étais monté à l’étage et je m’étais retrouvé dans le grand placard qui n’avait strictement rien de masculin. J’avais pris près de quarante minutes pour choisir ma tenue de soirée, mes talons, mes accessoires et la perruque que je choisissais de porter. Après un passage à la douche, j’enfilais l’ensemble coloré que j’avais choisi. Je pris presque autant de temps choisir le maquillage qui allait mettre en évidence mes traits et qui irait avec la robe. Il y avait de l’assurance dans la manière dont je maniais mes brosses à maquillage. De l’assurance et de l’expérience. Trente-six ans d’expérience. Quand l’image que me renvoyait le miroir me satisfait, je ramassais mes clés et j’embarquai dans ma voiture pour le Popworld Swansea : parce qu’ils avaient une soirée karaoké les jeudis et qu’ils étaient… tolérants face aux gens comme moi. Pour y être déjà aller, mon côté exubérant et féminin sur scène était le bienvenu.

J’assumais pleinement mes choix musicaux alors que j’inscris mon nom de drag-queen à trois reprises avec trois chansons typiquement chantées par des femmes mais qui étaient importante dans mon histoire, dans notre histoire à Andy et à moi. Holding on for a Hero de Bonnie Tyler : cette chanson que je chantais quand il était rentré dans mon bar malgré le fait que la chanson avait plus dix ans. Let’s Stay Together de Tina Turner qui avait caractérisé le début de notre histoire d’amour officielle : quand nous avions réellement commencé à vivre ensemble. And I’m Telling You tiré de Dreamgirls mais repris par Jennifer Holliday qui représentait à mes yeux parfaitement le fait que je n’allais pas partir sans lui.

J’avais été raisonnable avec un seul cocktail alcoolisé en me justifiant que je conduisais pour rentrer (même si je savais que je limitais ma consommation parce que je savais le nombre de calories que contenait chacune des consommations après avoir travaillé aussi longtemps dans des bars). En rentrant chez moi (seul), je décidais quand même de m’arrêter un peu plus loin à Tenby pour me commander un second verre et j’optais pour l’idée de marcher un peu inconscient de la petitesse de la ville et de certaines mentalités des petites villes. Pourtant, ce n’était pas comme si je n’avais pas emménagé justement à côté d’un être particulièrement obtus pour me prouver que ce n’était pas tout le monde. Après tout, j’étais hors du placard depuis mes dix-huit ans et je n’étais pas (même sans tout l’attirail) discret sur mes penchants. J’avais milité par nécessité parce que je ne me voyais pas cacher.

Pourtant, dans ce second bar où je m’étais arrêté simplement pour boire un petit verre de plus, j’avais senti le regard un peu plus pesant de certains. J’avais donc payé rapidement et j’étais parti. Mais le bruit des souliers de courses avait suivi le claquement de mes talons hauts sur le pavé du centre historique de Tenby… Je ne l’avais pas remarqué avant de tourner dans une allée un peu plus sombre et de sentir quelqu’un qui me plaquait contre le mur. Un flot d’injures toutes plus homophobes les unes que les autres s’abattirent sur moi en même temps qu’une rafale de coup qui coupèrent mon souffle alors que le poing s’enfonça dans mon ventre. Coupant mon « Aidez-moi » qui ne ressemblait pas au jeune homme que j'avais un jour été et qui avait eu l'habitude des coups.

_________________


 
I'm gonna love me again
♛ Singing, I'm gonna love me again. Check in on my very best friend. Find the wind to fill my sails. Rise above the broken rails. Unbound by any ties that break or bend. I'm free, and don't you know?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
John Harding
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Wanguard, COM, crazyoilmachine
TES DOUBLES : Richard Lyon et Max Julliard
TON AVATAR : Boyd Holbrook
TES CRÉDITS : COM (avatar) + Exordium (code sign) + Sikapanele (gifs)
TA DISPONIBILITE RP : Disponible 4/5
RAGOTS PARTAGÉS : 427
POINTS : 1020
ARRIVÉE À TENBY : 28/03/2018
Holding On For a Hero || John Tumblr_pagz88SQCG1vg2yxdo5_250
ÂGE DU PERSONNAGE : 33 ans (20 avril)
CÔTÉ COEUR : Père célibataire, sa situation ne l'autorise pas trop à envisager une nouvelle relation, quand bien même une certaine brune occupe ses pensées...
PROFESSION : Architecte, ancien mafieux placé sous programme de protection des témoins
REPUTATION : Il est discret, cet homme là. C'est tout de même bizarre, on dirait qu'il fuit les gens...et puis un père qui élève tout seul son fils, ce n'est pas banal. Il y a anguille sous roche, je vous le dis.


Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

Holding On For a Hero || John Empty
MessageSujet: Re: Holding On For a Hero || John Holding On For a Hero || John EmptySam 27 Juil - 22:25


Better stop dreaming of the quiet life, 'cause it's the one we'll never know
And quit running for that runaway bus, 'cause those rosy days are few
And stop apologizing for the things you've never done
'Cause time is short and life is cruel but it's up to us to change
This town called malice

Ce n’est pas la première fois que John rentre tard du travail et ce ne sera sûrement pas la dernière : s’il adore son métier, ce dernier est assez prenant. Il faut livrer les plans à temps, surveiller les chantiers, corriger et adapter des projets. Oui, il adore le métier d’architecte, mais clairement, si ses clients pouvaient parfois le laisser souffler un peu, ça l’arrangerait. Là, il est assez tard, il n’a pas encore mangé, et il sort à peine du bureau. La nuit est déjà tombée, mais il fait une température acceptable, alors John décide de rentrer à pied, histoire de fumer une cigarette. Méditant en chemin sur le déroulement de la journée tout en marchant, il réalise qu’il est épuisé, et qu’il n’a qu’une envie : se laisser tomber sur le canapé avec un sandwich tout fait et s’endormir dessus. Jack sera déjà couché de toute façon, ce qui n’est pas plus mal. L’irlandais n’a pas envie que son fils le voit dans cet état de fatigue. Et puis il n’y a pas que le travail. Il s’inquiète en permanence pour Keelin, et il s’inquiète surtout de savoir ce qu’il va pouvoir raconter à Leland. Il va bien falloir qu’il explique au bureau ce qu’il s’est passé – enfin, au moins une partie, ils n’ont peut-être pas besoin de savoir pour le flingue…Il en est là de ses réflexions quand il entend de l’agitation sur un côté de la rue. Les alentours sont sombres, John n’y voit pas grand-chose, alors il s’arrête, méfiant et circonspect, pour mieux comprendre. Il réalise très vite que ce qu’il entend, c’est une bagarre qui se déroule à quelques mètres de lui. Lentement, le blond s’approche, se demandant s’il ne va pas être pris à parti lui aussi, ce qu’il aimerait éviter, tant qu’à faire. Mais ce faisant, il réalise que ce n’est pas une bagarre, mais quelqu’un qui se fait passer à tabac.

Qu’est-ce qu’il doit faire ? Passer son chemin ? Il pourrait passer son chemin et appeler la police. Il a eu son lot d’ennuis et jouer les justiciers ne lui a pas réussi la dernière fois, mais…mais ce n’est pas acceptable. Et en fait, avant même qu’il n’en vienne à cette conclusion, son corps semble se mettre en mouvement de lui-même. « Eh ! Vous, arrêtez ! » Son interpellation n’a pas l’air de beaucoup faire effet à l’agresseur, alors il l’attrape par le col et le tire en arrière. « Je vous ai dit d’arrêter, putain ! » Son poing part avant même qu’il puisse le retenir, rencontrant la mâchoire du type. Un gars normal, a le temps de noter l’architecte. Un type sans âge, qui peut avoir entre trente et quarante ans, le genre qu’on croise dans la rue ou dans un bar sans rien en penser, le genre qui peut être un voisin ou un père de famille. Le coup qu’il se prend semble le sonner un peu, mais il se retourne vers John avec un grognement sonore et plein de colère. « Tu veux quoi ? De quoi il se mêle, BatMan ? » Si la situation n’était pas tordue, John en rirait. C’est toujours sur sa pomme que ça tombe, ce genre d’emmerdes, faut croire qu’il les attire. « Tirez-vous ! Tirez vous, j’appelle les flics si vous vous tirez pas ! » De toute façon, les flics, il va les appeler. Il réalise qu’il a peut-être fait une connerie, que le gars peut avoir des potes, et revenir. C’est sa faute, après tout. Qu’est-ce qu’il avait besoin d’intervenir, aussi ? John fait un pas en avant et insiste : « Dégagez ! Vous en voulez un autre ? Vous allez perdre, à ce jeu là… » Seul, sans aucun doute. Il a été celui qui tabasse les gens. Il peut le redevenir un instant pour la bonne cause. S’il a des potes, c’est une autre paire de manches…

Heureusement, son adversaire est courageux, mais pas téméraire, et n’est manifestement pas accompagné. Avec un geste vulgaire et une dernière bordée d’insultes, il détale en courant. John a du sang sur son costume, et il serait presque en état de choc. Pour la deuxième fois en peu de temps, il vient de cogner quelqu’un en se prenant pour un justicier du dimanche. Mais qu’est-ce qu’il devait faire ? Passer son chemin ? Impossible, il aurait eu trop honte. Il a rejeté la violence et les agressions gratuites, les intimidations et la méchanceté quand il a quitté la mafia. Maintenant, il ne laissera plus quelqu’un se faire tabasser sans rien dire…En parlant de ça, qu’est-ce que devient la malheureuse victime de ce type ? Elle a glissé le long du mur, sans un mot. « Merde ! » Siffle John, se débattant avec son portable pour éclairer la scène. Une femme, apparemment. « Ca va, Madame ? Il est parti…vous allez bien ? » Il s’agenouille, trouve enfin la lumière de son téléphone…pour tomber sur un visage…d’homme ? Il cligne des yeux. La gêne vient s’ajouter au côté étrange du moment. « Monsieur, pardon…enfin, je ne sais pas, désolé. » Il préfère être honnête : il ne s’attendait pas à tomber sur une drag-queen, ici, à Tenby. Les gens de ce bled sont tout ce qu’il y a de plus fermés, donc ce n’est pas vraiment l’endroit idéal... John se dit même que ça pourrait bien être une agression homophobe. Lui, il ne sait pas comment réagir, mais il n’irait pas agresser un homme parce qu’il porte une perruque et des talons hauts, c’est complètement débile. Continuant avec son accent irlandais bourru, il s’inquiète de la situation : «  Ca va ? Vous pouvez vous relever ? Je vous appelle une ambulance, si vous voulez. Il ne vous a pas loupé, vous saignez…Vous connaissiez ce type ? Il vous a volé quelque chose ? »

_________________

LOOKING FOR THE LIGHT
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Muiredach S. MacDonald
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : MissPiggy
TON AVATAR : Alan Cumming
TES CRÉDITS : avatar : @Ealitya
TA DISPONIBILITE RP : (3/3 RP libre)
RAGOTS PARTAGÉS : 55
POINTS : 76
ARRIVÉE À TENBY : 04/07/2019
Holding On For a Hero || John Tumblr_pp9up0uPAN1qbbgmdo2_400
ÂGE DU PERSONNAGE : 54 ans
CÔTÉ COEUR : Veuf qui n'est pas encore prêt à laisser un autre dans son lit
PROFESSION : Psychologue (et professeur de psychologie à la fac de Swansea)
REPUTATION : l'excentrique professeur débarqué de l'Écosse un peu par hasard s'affirme de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, n'en déplaise aux mauvaises langues.


Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

Holding On For a Hero || John Empty
MessageSujet: Re: Holding On For a Hero || John Holding On For a Hero || John EmptyMar 3 Sep - 2:20

Je ne me rappelais pas la première fois que quelqu’un avait levé sa main sur moi. Cette violence avait toujours fait partie de ma cellule familiale, du tempérament de mon père. Je parlais parfois dans les cours sur les relations de couple de la violence familiale. Et mes mots, patiemment et sagement choisis, ne trahissaient jamais la proximité de ma propre situation d’enfant. Dans mon imaginaire d’enfants, mon père était un dragon. Une redoutable créature dont les moindres caprices voulaient dire se faire brûler vif. Déjà à six ans, quand je rentrais de l’école, je savais qu’il fallait que j’aide à la maison : éplucher les pommes de terre, mettre la table, faire mes devoirs en silence. Mais il trouverait quelque chose plus souvent qu’autrement pour me faire payer ce que je lui avais fait sans nécessairement savoir. Même ma mère avait goûté parfois à ses poings. Milles fois, elle aurait pu partir. Milles fois, elle a choisi de rester. Devant ses fois où il m’a humilié, réduit à moins que l’enfant que j’étais. Peut-être avait-il senti ma différence : ma sensibilité d’enfant, ce besoin d’imaginer….  Je m’étais interrogé sur ce qui avait pu causer en lui cette violence irrépétible. C’était probablement le fruit de ma carrière universitaire qui s’étendait largement sur les comportements anormaux, la déviance, la psychopathologie.

Je n’étais jamais retourné vers lui après qu’il ait découvert mes penchants, cette nature que je n’avais jamais véritablement chercher à réprimer. Mon homosexualité, ma préférence certaine pour les hommes. Même débarrassé de tout l’attirail, j’étais dans le petit gabarit. Jeune adulte dans les rues d’Edimbourg, j’avais continué à recevoir cette homophobie dans la tronche. Quitter la maison n’avait fait que changer la personne qui avait tenté de me réduire au silence pour le fait d’être obscènement homosexuel. Mais j’avais trouvé dans mon bar, une communauté qui me permettait d’exister, qui m’avait donné la force pour me battre et pour être l’homme que je voulais et pouvait être.

Devenu un curieux mélange entre un phénix et une licorne au contact d’Andy, j’avais appris à slalomer entre les insultes et les blagues sur mon identité, mes habits aux couleurs trop vives et ma collection impressionnante d’escarpins. Sauf que mon prince n’était plus là pour me servir de port d’appui. À deux, à quatre, à milles… nous étions plus fort que je ne pouvais l’être seul. C’était ce que cette soirée m’apprenait alors que le poing d’un des deux hommes trouva le chemin vers mon nez et ma lèvre. Le goût du fer dans ma bouche me confirma que je n’avais pas fait le bon choix. Que j’aurais du rentré. Je n'avais jamais été doué pour les rendre : je n’avais aucune chance. Le corps à corps n’avait jamais été mon fort. Je préférais la course et le yoga face aux sports de combat. Je compensais ma douleur par des milles et des milles absorbés par mes souliers de courses avec ma chienne, fidèle compagne qui ne remplaçait pas celui qui m’avait si longtemps accompagné. Je me contentais d’encaisser les coups en priant pour que quelqu’un remarque, que quelqu’un intervienne.

Mon corps, vague loque libérée de la grippe de l’attaquant, glissa lentement contre le mur. La peur me paralysait tout entier. Pas de larmes, pas de cris, pas de plainte, pas l’ombre d’un son. Lentement ma main se déposait contre mon nez dans l’espoir de contrôler un saignement. Pourquoi j’avais en tête cette image claire de la dernière fois que j’avais vu mon géniteur ? Pendant un instant, je ne suivais plus la conversation qui se trouvait à quelques pas de moi. Le changement entre cri et voix plus douce me fit lentement relever les yeux pour croiser la lumière de son téléphone. Gêné de l’erreur, de m’avoir appelé madame.  J’ai un faible sourire que ma main doit caché. « Vous n’avez pas à vous excuser. Dans l’absolu, je préfère monsieur. Mais mon prénom est préférable : Muiredach. » dis-je de ma voix douce. Mon accent écossais paraissait cruellement dans chacun des mots que je prononçais. Skylar était un personnage. Un moyen de m’exprimer et de prendre l’espace que j’avais droit. Elle laissait transparaitre ce côté féminin sans que je n’ai de véritable reproche. Mais en ce moment précis, je voulais me battre pour retirer ma perruque brune.

Mon sauveur était gentil de s’inquiéter quand même. « J’ai connu de pires raclées. » murmurais-je doucement sans oser le regarder. C’était d’une honnêteté peut-être un peu trop désarmante mais la seule réponse que je me voyais formuler pour savoir si j’allais bien. Honnêtement, je n’en étais pas certain. Et les deux consommations, malgré mon sang écossais, était assez pour me faire perdre un peu de mon filtre. En même temps, j’étais plus dans la catégorie poids ultra-léger que poids normaux. « Ça tourne un peu donc j’attendrais avant de tenter de me relever… mais je crois qu’une ambulance sera apprécié. Il faut un rapport médical pour porter plainte, si mes souvenirs sont exacts. » rajoutais-je en relâchant ma main pendant un instant. Pour réaliser que ce n’était pas que mon nez qui saignait mais également le haut de mon sourcil. Ma robe était fichue. Je savais que le sang ne partirait pas. « Non, je ne le connaissais pas, mais je savais dans le bar qu’ils n’appréciaient pas nécessairement Skylar… » L’identité féminine avait sa place à part. Même si j’étais resté dans mon coin, que j’avais bu en silence mon verre, j’avais dérangé. Je relevais finalement mes yeux vers lui : « Merci beaucoup d’être venu à ma défense. Puis-je savoir le nom du prince qui s’est porté à la défense de la vieille [i]queen[/u] que je suis ? »

_________________


 
I'm gonna love me again
♛ Singing, I'm gonna love me again. Check in on my very best friend. Find the wind to fill my sails. Rise above the broken rails. Unbound by any ties that break or bend. I'm free, and don't you know?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


Holding On For a Hero || John Empty
MessageSujet: Re: Holding On For a Hero || John Holding On For a Hero || John Empty

Revenir en haut Aller en bas

Holding On For a Hero || John

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WHISPERS DOWN THE LANE ♣ ::  :: Historical Center :: Shops-