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Good old days | Trystan

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Boston
TES DOUBLES : Fiona, Gwen, Eléa & Lexia
TON AVATAR : Nina Dobrev
TES CRÉDITS : ava - vampirella ; signa - bat'phanie
TA DISPONIBILITE RP : En cours : Trystan - Brendan - Ainhoa. A venir : Dimka - Liam - Evan - Max.

Terminé : Yevgenyia - Ainhoa - Trystan - Noah (1) - (Noah (2)) - Evan.
RAGOTS PARTAGÉS : 343
POINTS : 1229
ARRIVÉE À TENBY : 28/02/2016


ÂGE DU PERSONNAGE : 28 ans
CÔTÉ COEUR : Dernièrement, ça s'est compliqué.
PROFESSION : Employée dans une agence de voyage
REPUTATION : Des années d'absence floues, un retour fracassant, mais qu'a-t-elle fait tout ce temps ? Cacherait-elle quelques petits secrets croustillants ?



MessageSujet: Good old days | Trystan Sam 23 Juin - 23:15

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes

Dylana frappa à la porte d’entrée de son ancienne maison d’enfance. Elle avait gardé le double de clefs en sa possession mais depuis son retour, elle ne s’en était jamais servi. Elle sentait bien qu’elle n’était plus chez elle et donc plus la bienvenue à moins d’une bonne raison ou d’y être invitée. C’était ce qui s’était passé après la dispute avec son aîné, il lui avait permis de reprendre la plupart de ses affaires et il l’avait aidée à les déménager. Et puis, il y avait eu cette soirée à Noël qui avait apaisé les tensions, comme une trêve bienvenue. Chacun ressentait des rancoeurs envers l’autre, pourtant Dylana avait compris les raisons du conflit avec son frère et elle lui avait donné le temps d’accepter l’idée qu’elle soit revenue. Mais les mois s’écoulaient et les abcès ne se crevaient pas. Elle était revenue depuis dix mois et elle avait toujours l’impression d’être comme une inconnue. Combien de fois avait-elle vu son frère depuis Noël ? Hormis à l’occasion de quelques repas organisés chez Ainhoa ou de visites qui se résumaient à quelques minutes comme celle qui s’annonçait aujourd’hui, elle les comptait sur les doigts de deux mains. Cette situation attristait la cadette Meylir, et même si elle vivait mal cette situation, la brune avait mis son ressenti en sourdine pour ne pas abîmer le peu que les deux frangins avaient réinstauré dans leur relation. Néanmoins, le contexte la pesait vraiment et elle était à deux doigts de craquer, d’autant que les dernières semaines avaient été compliquées entre différentes mauvaises nouvelles. Le vase menaçait sévèrement de déborder.

Aujourd’hui, la jeune femme venait chercher deux poissons que Trystan avait gardé pour leur cousine. En raison de ses urgences vétérinaires, la Seiffield n’avait pas réussi à se libérer. Chaque visite à son frère était une épreuve émotionnelle qu’elle redoutait, non seulement parce qu’elle veillait toujours à être dans la retenue pour éviter tout conflit – tout comme lui - et parce que cette maison lui rappelait beaucoup de souvenirs importants. L’aîné Meylir ne tarda d’ailleurs pas à lui ouvrir. « Salut. » Dit-elle sobrement. « Je suis venue à la place d'Ainhoa. Elle est surchargée aujourd’hui. » Dylana entra dans le hall et retira sa veste. Elle ne comptait certes pas s’éterniser mais elle ne voulait pas partir comme une voleuse non plus. La jeune femme remarqua alors quelques tâches de peinture qui ornaient la tenue de Trystan. Il avait enfilé des vieux vêtements. « Oh tu es en plein travail… Tu t’es mis à la peinture comme Ivy ou c’est pour rafraîchir la maison ? » Demanda-t-elle en souriant, bien loin de s’imaginer ce dont il s’agissait en réalité.

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Do not open memories. ▬ I'm not looking for somebody with some superhuman gifts, some superhero, some fairytale bliss, just something I can turn to, somebody I can kiss, I want something just like this.
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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Spencer, Thomas, Rhys, Jaya & Eleanor
TON AVATAR : Kit Harrigton
TES CRÉDITS : rose red (avatar) simonangel (image profil)
TA DISPONIBILITE RP : Libre (2/3)
Faith - Dylana
A venir : Evan - Fiona - Yevgeniya
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POINTS : 1679
ARRIVÉE À TENBY : 05/05/2017


ÂGE DU PERSONNAGE : 32 ans (6 juin)
CÔTÉ COEUR : Brisé en mille morceaux deux fois. Tellement brisé qu'il est certain de ne plus jamais pouvoir le réparer.
PROFESSION : Pêcheur. Et malheureusement guide touristique à ses heures perdues.
REPUTATION : On se sait toujours pas si c'est lui ou Adriel Swanson qui sera le père du bébé de Lexia Weston mais vu la tête qu'il fait depuis quelques jours, il semblerait que les choses ne tournent pas vraiment en sa faveur.



MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Jeu 5 Juil - 15:47

Don't speak
I know just what you're saying
So please stop explaining
Don't tell me 'cause it hurts

Yevgeniya n’allait pas bien. Visiblement, elle ne se remettait pas de sa rupture avec le fameux Fred. La russe tentait de faire bonne figure mais Trystan commençait à la connaître et ne s’y laissait pas prendre. Maladroit dans ce genre de situation, il ne savait plus comment l’aider, redoublant d’attentions discrètes pour améliorer son quotidien. C’était donc pour cela qu’aujourd’hui, il peignait avec application l’armoire en merisier de la chambre de sa colocataire pour lui faire une surprise. Il l’avait souvent entendu dire que la couleur de la vieille armoire n’allait pas avec le reste de sa déco, à tous les coups, elle serait ravie… Le marin est loin d’avoir terminé quand il est toutefois interrompu par le bruit de la sonnette de la porte d’entrée. C’était sans doute Ainhoa. Sa cousine devait venir chercher les poissons qu’il lui avait mis de côté ce matin. Il descend donc lui ouvrir, ne prenant pas la peine de se débarrasser de sa tenue tâchée de peinture. Sauf que ce n’est pas sa cousine qui se tient derrière la porte mais sa sœur. Il en est aussi surpris que déboussolé. Il ne savait plus comment se comporter avec Dylana. Entre eux, les choses étaient… bizarres. Ils ne s’étaient pas réellement retrouvés malgré leur trêve de Noël. Ils ne s’étaient pas réellement engueulés non plus même s’ils avaient eu des échanges un peu vifs la première fois sur le bateau. En résumé, ils naviguaient sur les eaux troubles d’un entre-deux, évitant les écueils des non-dits. Ce n’était pas une solution acceptable sur le long terme, car ils avaient l’air de deux étrangers l’un pour l’autre, mais une sorte de statut quo s’était installé et aucun d’eux ne l’avait rompu. Aucun des deux n’osait mettre les sujets qui fâchaient vraiment sur le tapis…

« Salut. Je suis venue à la place d'Ainhoa. Elle est surchargée aujourd’hui. » « Salut… Ok, pas de soucis. Entre. » Et voilà, ça recommençait. Tout juste ce qu’il fallait de politesses, rien de plus. Personne n’aurait pu parier qu’ils étaient frère et sœur en les observant. Elle entre et enlève sa veste, ce qui fait accélérer le pouls de Trystan. Comptait-elle rester ? Si oui, il n’était pas certain de ses raisons…  Pour le moment, elle tente visiblement d’engager la conversation, s’attardant sur les vêtements barbouillés du marin. « Oh tu es en plein travail… Tu t’es mis à la peinture comme Ivy ou c’est pour rafraîchir la maison ? » Il fronce les sourcils, s’attardant sur le surnom que tout le monde donnait à Yevgeniya. « Tu connais ma colocataire ? » Demande t-il en appréhendant la réponse. Maintenant qu’il y pensait, il avait aussi entendu la Vassilievitch mentionner Dylana une fois. Elles avaient dû se rencontrer une fois où il était absent… En tout cas, sa cadette fait un effort pour engager la discussion gentiment alors il ne se sent pas de la renvoyer dans les cordes.   « Non, tu sais bien que je n’ai aucun talent artistique… Je repeins la vieille armoire en merisier de la chambre bleue en fait. C’est justement pour faire une surprise à Yevgeniya. Elle trouvait que l’armoire jurait avec sa déco… Ces trucs là me dépassent mais j’espère qu’elle sera contente. » Dit-il presque joyeusement sans se douter de l’ouragan qu’allait provoquer ces paroles.

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I think the hardest part of losing someone isn’t saying goodbye, but rather learning to live without them. always trying to fill the void, the emptiness that’s left inside your heart when they go” .
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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Lun 9 Juil - 19:43

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes


Dylana entra dans la maison et retira sa veste dans l’espoir de rester quelques minutes et de parler un peu avec son frère. Cette visite impromptue tombait à point nommé. Bizarrement, elle avait besoin de son avis sur une question qui la préoccupait et même si les deux étaient devenus des étrangers l’un pour l’autre, certains sujets ne trouvaient leur réponse que dans la famille. Toutefois, la brune ne souhaitait pas s’engager les pieds dans le plat comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et elle se contenta des politesses d’usage dans un premier temps. La jeune femme voulait d’abord prendre la température, car la moindre peccadille était susceptible de réveiller les rancoeurs entre eux. La cadette Meylir s’attarda sur les vêtements tâchés de son frère, la peinture éveilla tout naturellement sa curiosité. Dans un premier temps, Trystan s’étonna que Dylana lui évoque sa colocataire. « Oui, je t’en avais parlé... Quand je suis revenue, j’étais passée ici par surprise et tu n’étais pas là. Mais je suis tombée sur elle et elle m’a parlé de ses peintures. En même temps, difficile de les rater, elles ornent la moitié du salon. » Dylana s’était intéressée à la fibre artistique de la russophone le temps de leur entrevue. La colocataire de Trystan s’était d’ailleurs présentée sous le surnom dont tout le monde l’affublait. Néanmoins, lorsque son frère lui expliqua ce dont il retournait vraiment sous le chantier de peinture, la jeune femme manqua de défaillir. Certains éléments de décoration restés dans l’ancienne chambre de Dylana étaient des ameublements à elle, qui avaient servi à la nouvelle venue pour qu’elle ne soit pas sans rien dans la pièce… Forcément, tout n’avait pas été emballé et déplacé. C’était impossible. Cette vieille armoire en merisier avait appartenu à leurs parents, autant dire que l’intention de Trystan était un véritable crime de lèse-majesté. Et la Russe n’y était absolument pour rien. « Tu n’as pas fait ça ? » Souffla-t-elle, cachant mal la nervosité qui monta dans son corps. Un regard entre eux et tout était fini. Fini la complicité naissante qui se tissait entre eux aujourd’hui, fini l’espoir tenace qu’un lien apaisant les unissent. Dylana n’avait encore rien dit et pourtant l’oxygène s’était chargé d’une tension étrangère, une fragrance subtile qui promettait le pire. Trystan pouvait lire dans les yeux sombres de sa petite sœur, les ombres d’un passé qu’elle avait refusé d’abandonner, et qui s’évanouissaient désormais complètement. La brune rêvait de saisir sa veste et de fuir à nouveau cette maison, le choc était trop rude ; mais elle n’était plus cette gamine d’autrefois qui parcourait le globe, déterminée à vivre ses rêves et à fuir. L’estomac de Dylana se serra, elle avait beau l’avoir pressenti quelques minutes plus tôt, elle sentit cette sensation familière prendre possession de son corps : un mélange étrange de colère et de déception grandissante. Fini de fuir. Cette maison, elle avait grandi dedans, c’était celle de leurs parents. La jeune femme en avait assez de se comporter comme une étrangère dans ces lieux. Instinctivement, Dylana planta son frère dans la cuisine et fila à l’étage ; cette forme de trahison à leur fraternité, elle voulait la voir de ses propres yeux, cette dernière limite non franchie jusqu’alors. Et à l’étage, elle découvrit cette fameuse chambre dans laquelle elle n’avait pas remis les pieds depuis son retour. Son frère lui avait rendu quelques affaires, mais elle n’avait pas osé envahir cet espace qui lui avait été arraché, donné à une étrangère en son absence, son refuge… alors qu’elle n’avait nulle part ailleurs où aller. Dylana n’avait même pas essayé de revenir chez elle, de peur de passer encore pour la sœur chieuse. Elle avait essayé de faire les choses bien, de ne pas décevoir davantage son frère, mais aujourd’hui, c’est lui qui l’avait atteinte plus que tout. Ce n’était qu’une armoire, pourraient dire certains… Mais cette pièce représentait le symbole de tout ce qui subsistait encore de sain entre eux, et qui venaient de voler en éclats. Choquée, Dylana manqua de vaciller une nouvelle fois, elle se rattrapa contre la porte et s’appuya légèrement contre le mur pour être soutenue tandis qu’elle découvrait tout ce qui avait changé et cette armoire à moitié peinte. « Non, non, non… » Elle ne pleurait pas, loin de là, mais sa voix recelait des accents brisés, comme quelqu’un qui refusait d’accepter la réalité. Comme quelqu’un qui venait de se prendre la plus violente claque qu’il avait jamais reçue en pleine figure. Une peine et une déception non feinte.

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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Sam 14 Juil - 12:22

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« Oui, je t’en avais parlé... Quand je suis revenue, j’étais passée ici par surprise et tu n’étais pas là. Mais je suis tombée sur elle et elle m’a parlé de ses peintures. En même temps, difficile de les rater, elles ornent la moitié du salon. » Si elle lui en avait parlé, il ne s’en rappelait pas. Sans doute l’information était passée complètement à la trappe, effacée par le choc qu’il avait eu en la voyant débarquer un beau matin sur son bateau. Mais bien entendu, ce n’est pas ce qu’il répond. « Ah je n’avais sans doute pas relevé… » Dit-il diplomatiquement. « Mais c’est vrai que la maison est plus ou moins devenue l’annexe de l’atelier de Yevgeniya. » Dit-il dans un fin sourire, se disant qu’après tout, cette conversation n’avait pas à être pénible. Fut un temps, ce côté bordélique de sa colocataire le rendait fou mais il s’était passé tellement de choses depuis son arrivée chez les Meylir que maintenant, ça avait moins d’importance… Malheureusement, l’esprit relaxé du marin quant aux frasques de la russe ne fut absolument pas partagé par sa cadette. Dès qu’il eut entrepris de lui expliquer ce qu’il était en train de repeindre, l’ambiance changea du tout au tout. Dylana se raidit tout à coup, lança un regard nerveux à son frère. « Tu n’as pas fait ça ? » Demande t-elle de manière purement rhétorique. Plus que la question, c’est le ton sur laquelle elle est posée qui éclaire Trystan sur l’état d’esprit de sa sœur. Contrariété, chagrin, colère et désappointement se disputaient dans son ton.

Trystan fronce les sourcils, mettant de longues secondes à réaliser à quoi était dû ce changement d’atmosphère. Puis soudain, il se rappelle que l’armoire qu’il venait de mentionner appartenait à Dylana quand elle était petite, tout comme l’intégralité du mobilier qui décorait la chambre que Yev occupait désormais. Oh d’accord.. Il hausse les épaules, prêt à lui dire qu’il ne savait pas que ces vieilleries avaient de l’importance pour elle mais elle tourne tout à coup les talons, s’enfuyant pour monter les escaliers quatre à quatre. Il sent alors l’agacement monter en lui. Déjà, parce qu’il n’appréciait pas se faire planter ainsi au milieu de la cuisine mais surtout parce qu’il ne comprenait pas que sa sœur ressente le besoin de faire autant de drama pour une armoire. Et puis merde, si elle voulait dire quelque chose à ce propos, ne pouvait-elle simplement pas lui dire en face au lieu de s’enfuir comme une gamine ? Pendant un moment, la tentation d’aller fumer une clope dehors et de la planter à son tour étreint le Meylir. Mais il n’était pas lâche, pas du genre à éviter le conflit qu’il sentait se profiler.

Poussant un gros soupir, il monte à l’étage, suivant les traces de Dylana. Il la trouve sur le seuil de son ancienne chambre, l’air plus abattue que jamais. Elle regarde les murs repeints avec horreurs, comme si la pièce était maculée de sang plutôt que peinture. Comme s’il avait fait quelque chose d’absolument diabolique. Il croise les bras, ne voyant toujours pas où est le mal dans tout ça. « Je ne savais pas que tu pensais récupérer ces vieilleries… » Dit-il d’une voix neutre. C’était une forme de cruauté. En adoptant cette indifférence, il minimisait son chagrin, pourtant sincère, si on en jugeait sa réaction. Mais à ses yeux, faire un caprice sur cette armoire était puéril. Et gonflé quand on connaissait leur contexte. Il le lui fait d’ailleurs comprendre par un léger soufflet verbal. « A vrai dire, je pensais que rien dans cette maison n’avait de l’importance pour toi. »


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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Mar 17 Juil - 23:45

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes

Alors que Dylana parcourait sa chambre d’un regard, Trystan la rejoignit quelques secondes plus tard. Le fiel qu’elle s’appliquait à retenir depuis des semaines dans l’espoir de débloquer la situation tendue menaçait de sortir de sa bouche comme un torrent en feu. Alors quand son frère feignit de jouer l’innocent, elle retrouva ses esprits et adopta la même attitude dans un premier temps, en soutenant le regard de l’aîné Meylir. « T’es content de toi ? » Dylana lui adressa un sourire de faux-cul et lui assena alors une pique tout aussi douloureuse. « Toi mieux que quiconque est censé le savoir, ne m’as-tu pas élevée ? Ou as-tu soudainement perdu la mémoire comme ton ex ? Il me semblait que tu te souvenais très bien des détails pourtant, c’était quoi déjà ? Le goût de mes bonbons préférés quand j’étais petite. C’est drôle comme tu as le cerveau sélectif. » La remarque pouvait paraître bien rude en face de l’attitude plutôt neutre de son frère, mais Dylana avait décidé de déclencher la guerre et de le pousser dans ses retranchements, de crever les abcès et de le confronter peu importe les conséquences. Il était temps que chacun se balance ses quatre vérités et ce qu’il reprochait vraiment à l’autre. En l’occurrence, Trystan l’avait véritablement mise en colère et cette fois il allait sentir la différence par rapport à leurs précédentes rencontres. La jeune femme arborait toujours ce sourire doucereux, puis elle explosa. « Tu l’as peut-être mauvaise que je sois partie mais t’as fait disparaître toute l’âme de cette maison ! T’as rangé les photos, surtout celles où on apparaît tous les deux, comme si je n’existais plus, comme si je n’avais jamais fait partie de ta vie ou comme si je n’avais pas grandi ici ! T’as monté une partie de mes affaires, que tu m’as rendue, mais il en reste une partie ici ! Ce n’est pas parce que j’ai accepté de laisser une partie des meubles pour ne pas la foutre dans la merde d’une chambre vide que ça te donne le droit d’y toucher et de faire disparaître tous les souvenirs que j’en garde ! Pas sans m’en parler ! T’es plus obnubilé de bien passer devant ta colocataire que de te mettre ta sœur à dos. C’est noté, je retiendrai la leçon. Parce que non je ne suis pas d’accord avec ça et je te garantis que je ne sortirai pas de cette maison sans mes dernières affaires ! Je te faisais putain de confiance pour au moins respecter ça ! » Encore heureux qu’il ne lui avait pas donné la chambre parentale, quel manque de respect aussi ça aurait été. Alors que Trystan faisait encore mine de s’approcher sûrement pour la sortir de cette chambre, la colère aveuglante de Dylana lui donna la force de le repousser violemment contre le mur. Interdit, son frère la regardait probablement sans comprendre d’où lui venait une telle rancœur. Mais si le marin avait ses raisons de lui en vouloir, elle en avait beaucoup aussi. « Tu lui donnes ma chambre, comme si celle-ci ne m’appartenait plus ! Tu lui offres un poste de guide touristique à tes groupes – oui les nouvelles vont vite – alors que tu sais que j’ai à cœur de me poser ici depuis que je suis revenue et oh surprise ! T’as une sœur dans le domaine du tourisme, qui parle plusieurs langues, tu pourrais tout garder dans la famille mais non l’herbe est plus verte ailleurs ! Et maintenant, tu repeins MES affaires parce que ce n’est pas à son goût ?!! Non mais tu plaisantes !! » Elle espérait que son frère répondrait à chacun de ces points au risque de la mettre dans un emportement qui ne lui ressemblait pas. Dylana tapa d’un poing rageur dans le mur juste à côté de lui et elle chercha à en comprendre la raison. Soudain, une idée pas si saugrenue lui vint. « Tu la baises ou quoi ? » La jeune femme l’accusait vulgairement sans savoir, pourtant elle continua dans ses affirmations. « Elle doit fucking bien baiser, Trys !!! T’en as la tête qui tourne. » Dans un état second et prompte comme au football, Dylana se baissa pour attraper le pot de peinture et le pinceau. Trystan comprit son plan un poil trop tard. Tant pis si elle détruisait complètement leur lien, pour ce qu’il en restait de toute façon… Il verrait ce que ça faisait de toucher à ses affaires. Elle fila comme le vent en dehors de la chambre en évitant de justesse son frère, et elle s’enfuit dans le couloir de l’étage. Dylana enfonça la porte de la pièce voisine, la chambre de son frangin. Elle trempa le pinceau dans le pot et éclaboussa volontairement plusieurs meubles… Elle se dirigea vers le lit et éclaboussa les rebords aussi tandis que Trystan déboulait juste derrière. « C’est pas important hein ces vieilleries après tout !! T’as aucun souvenir important toi ici, c’est ça ?! » La plupart des meubles de cette pièce avaient reçu des éclaboussures de bleu. Il allait galérer pour rattraper. Tant pis, il n’avait qu’à pas la chercher. Le fiel de Dylana n’arrêtait plus tandis qu’elle redéposait le stupide pot de peinture sous la détermination de son frère. « Tu crois vraiment que je m'énerverai pour un meuble sans valeur sentimentale derrière ? Tu me reproches en silence d’être partie, d’avoir tout planté là. En attendant, ça fait un an que je suis revenue ! Une putain d’année que j’essaie de renouer, que j’attends que tu veuilles bien laisser une porte d’ouverture, et à part à Noël, rien, nada ! C’est comme si j’étais morte à tes yeux ! Et tu oses me demander si ce qu’il reste de mon ancienne vie a de l’importance à mes yeux ? Je ne suis même plus chez moi ici ! Obligée de venir comme une étrangère dans ma propre maison d’enfance !!! De loger chez Ainhoa parce que je ne pouvais pas revenir ici comme je voulais contrairement à ce que tu m’as fait croire ! » Son corps se crispa et elle cria de plus belle. « Rien n’a de l’importance pour moi dans cette maison, tu as dit ? Tu sais quoi, peu importe les raisons pour lesquelles tu m’en veux, ne viens plus jamais me donner des leçons sur la famille ! » Elle s’énerva à l’aide petits coups de poings (d’une force dérisoire) sur les pectoraux de son frère, juste en face d’elle. « T’as même pas été fichu de me dire que t’allais être père non plus ! Comme si ça ne me concernait pas du tout ! C’est pour toi qu’aucune chose n’a d’importance ! » Epuisée par tant d’énervement, elle finit par se calmer, les larmes de nerfs et de tristesse au bord des yeux. Elle avait appris la rumeur qui courait dans toute la ville, il avait eu tout le temps de lui annoncer qu’il avait mis une femme enceinte en plusieurs mois, qu’elle allait peut-être devenir tante, et il n’avait strictement rien dit. Alors, Trystan pouvait se garder les leçons de morale qu’il s’apprêtait déjà à lui servir sur la famille.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Dim 9 Sep - 21:01

Don't speak
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Don't tell me 'cause it hurts

Dylana cherche l’affrontement, Trystan le voit dans ses yeux et dans le regard qu’elle pose sur lui. Mais bien désireux de la contrarier, son frère ne lui donne que des miettes, se contentant d’apporter des réponses aussi neutres que détachées à ses questions. Toutefois, il suffit qu’il donne un tout petit peu de piquant à l’une de ses remarques pour que ce soit l’explosion pleine et entière. « Toi mieux que quiconque est censé le savoir, ne m’as-tu pas élevée ? Ou as-tu soudainement perdu la mémoire comme ton ex ? Il me semblait que tu te souvenais très bien des détails pourtant, c’était quoi déjà ? Le goût de mes bonbons préférés quand j’étais petite. C’est drôle comme tu as le cerveau sélectif. » Il se fige, ne pouvant pas croire ce qu’il vient d’entendre. Dès sa première pique, elle avait déjà franchie une limite qu’il ne l’autorisait absolument pas à franchir. Il fonce sur sa cadette, se rapprochant d’elle au point que seulement quelques centimètres les séparent à présent. Jamais il ne la frapperait, mais il la toise de toute sa hauteur, lui faisant pleinement ressentir les profondes ondes de mécontentement qui émanaient de lui. « De quel droit, tu crois que tu peux parler de ce qui est arrivé à Fiona, comme ça ?! Tu crois que c’est un sujet de plaisanterie ?! Espèce de sale gamine pourrie gâtée ! On voit que tu ne sais pas ce que c’est de vraiment souffrir… »  Franchement, il trouvait que ce qu’elle venait de dire était très bas et il ne se prive pas de lui faire comprendre. Et aussi d’être tout aussi dur. « Je suis censé savoir quoi ? Vas-y dis moi ! Parce que je ne suis vraiment pas sûre que la personne qui se trouve en face de moi soit celle que j’ai élevée… »

Il inspire profondément, reculant de quelques pas pour éviter de lui vociférer de plus belle dessus dans quelques instants. Parce que loin de comprendre qu’elle est en train de se lancer sur un terrain où elle a très peu de chances d’avoir gain de cause à ses yeux, surtout après une telle entrée en matière, elle se lance dans une diatribe odieuse. Enfin, le début peut encore passer pour légitime. Elle livre tout d’abord son ressenti, expliquant qu’elle avait l’impression qu’il lui avait manquée de respect en donnant ses affaires à Yevgeniya et en la laissant en disposer à sa guise. Elle insiste aussi en disant qu’il avait fait disparaitre l’âme de la maison, l’avait effacée, elle, Dylana ainsi que toute trace de sa présence passée dans cette demeure. « Je n’ai pas donné tes affaires à Yevgeniya pour me venger ou quelque chose comme ça. A vrai dire, je n’ai même pas pensé à toi. Tu es sortie de ma vie si brutalement et pendant si longtemps que j’ai appris à vivre sans toi, sans penser à toi. Alors non, je ne vais pas garder des photos de nous deux partout en pleurant un passé que toi seule a choisi de jeter aux orties pour aller faire je ne sais quoi loin d’ici. Tu as fais un choix, pas moi. » C’était très méchant de lui dire qu’il ne pensait pas à elle, et surtout faux car ça lui était bien sûr arrivé, mais elle l’avait énervé et son caprice sur les meubles ne passait pas du tout. « Tu peux récupérer toutes les babioles, photos et autres conneries que tu appelles tes souvenirs, je m’en fous. Tu n’aurais peut être pas besoin de te raccrocher à des souvenirs si tu avais préservé ce qui était important. Mais passons… » Dit-il dans un soupir mécontent. « Par contre, les meubles font parti de la maison, une maison que j’entretiens seul depuis des années alors j’en fais ce que j’en veux. » Dit-il d’un ton sans appel.   « Et par pitié, ne me parle pas de confiance. Pas toi. C’est trop du foutage de gueule pour que je l’accepte. » D’eux deux, c’était elle la menteuse.

Il n’avait plus rien à ajouter alors il tourne les talons pour sortir de la chambre. Sauf qu’il ne va pas trop loin, repoussé violemment contre le mur par sa cadette, qui avait pris tout son élan pour effectuer le geste. Pris par surprise, il n’a pas le temps de bander ses muscles pour résister à la poussée et se retrouver plaqué contre le mur tandis qu’elle continue à déverser des litres insoupçonnés d’un venin de plus en plus virulent. Et aussi qu’elle se fait de plus en plus vulgaire. Car elle oriente ses plaintes contre Yevgeniya, finissant par demander à son frère si « il la baise ». Elle ponctue tout cela de coups rageurs contre le mur. Ebahi et surtout démuni face à cette colère intense, Trystan ne réagit pas pendant de longues minutes mais quand il le fait, il sent chacun de ses nerfs vibrer de colère. « Putain mais tu es complètement tarée !! Tu te calmes tout de suite ! Et je te jure que si tu me touches encore une fois comme ça, je riposterai. Si tu étais un mec, je t’allongerai là. Redescends-merde » L’idée de frapper une femme, à plus forte raison, sa petite sœur, lui avait paru impossible jusqu’à maintenant. Il ne se sentait pas capable de se laisser attaquer physiquement sans répondre. Surtout avec autant de violence… Par contre, il pouvait déjà se défendre verbalement et il ne se prive pas de le faire. « Tu as vu comme tu te comportes ? Tu crois que j’ai envie de mettre mon affaire en péril en m’associant avec toi ? Parce que là, tu me fais peur. Et puis, tu en parlais tout à l’heure, et ben voilà, je ne te fais pas confiance. Qu’est-ce qui me dit que tu ne vas pas te barrer à nouveau du jour au lendemain ? Alors oui, je n’ai absolument pas envie de m’associer avec toi. »

Il élude soigneusement la question de ses rapports avec Yeveniya, ça ne regardait pas Dylana. Ou plutôt la folle furieuse qui ressemblait à Dylana... D’ailleurs, elle continue à tout faire pour mériter cette épithète. Attrapant brusquement quelque chose au sol, elle s’enfuit soudainement hors de la pièce. Malheureusement, le Meylir comprend trop tard ce qui se passe. C’est en l’entendant gravir l’escalier quatre à quatre et en remarquant que c’est la peinture qu’elle a emporté qu’il réalise. Le temps qu’il la rattrape, elle est déjà en train d’arroser copieusement sa chambre à lui de peinture bleue. Lorsqu’il se pose sur le seuil catastrophé, regardant ce spectacle, elle relève un œil plein de défi, retournant l’une de ses phrases contre lui. « C’est pas important hein ces vieilleries après tout !! T’as aucun souvenir important toi ici, c’est ça ?! » De quel droit se permettait-elle tout ça ? De lui parler comme ça, de rejeter la faute sur lui, de saccager sa chambre ? Cette fois, c’est trop. « On dirait que tu viens d’en créer un mémorable. » Lui jette t-il avec haine avant d’attraper ses poignets pour en faire tomber le pinceau. Cette fois, il en a marre de ses conneries et la maintient fermement pour l’empêcher de faire autre chose de stupide. Elle est menue et lui sculpté par l’exercice, il n’a aucun mal à l’immobiliser. Privé de sa force de frappe, il ne reste à  la brune que la parole et elle ne se prive pas d’en faire usage, débutant une nouvelle diatribe. Il la repousse avec force comme les autres. « Oh parce que c’est de ma faute ? Toi tu essayes de renouer et moi je ne fais rien ?  C’est un peu fort de ta part… Tu sais pourquoi il ne s’est rien passé au cours de cette « putain d’année » ? Simplement parce que j’attendais que tu agisses enfin comme une adulte. Que tu viennes me parler. Que tu viennes admettre tes mensonges, me montrer que tu avais grandi et que tu étais capable d’apprendre de tes erreurs. Surtout après la trêve de Noël. J’avais fais un geste envers toi, j’attendais que tu fasses le suivant. Que tu m’expliques pourquoi tu travailles dans une agence de voyage alors que je me suis saigné pour te payer une grande école de commerce. Que tu m’expliques pourquoi tu as cessé de me donner des nouvelles, pourquoi tu m’as rayé de ta vie alors que je n’avais fais que te consacrer la mienne. En bref, que tu m’expliques ton attitude, parce qu’elle n’a aucun sens pour moi. »

Dylana essaye de se dégager mais au lieu de lui serrer les poignets plus fort, il l’attire contre lui pour la maintenir fermement contre son torse. « Sans ça, il n’y a absolument aucune chance qu’on « renoue » comme tu dis… En plus, je ne suis même pas sûr de le vouloir quand je te vois agir comme ça. Parce qu’au lieu d’essayer d’arranger les choses, tu te permets de me jeter ta colère et ton ressenti au visage, sans penser au mien. De revendiquer des choses que tu as perdu le droit de revendiquer en te comportant comme tu l’as fait dans le passé. On dirait une gamine égocentrique. » Il sent les poings de sa sœur lui frapper la poitrine, mais il s’en fiche. Lui aussi était désormais lancé. Et il termine de lui exposer ses quatre vérités d’une voix glaciale. « Tu ne penses qu’à toi. Ça a toujours été le cas. Sinon, tu ne serais pas partie comme ça. Tu n’aurais pas dilapidé l’argent que je t’ai laissé pour ton petit plaisir personnel alors que je l’ai gagné à la sueur de mon front. Tu aurais été là pour moi quand Fiona a eu son accident… Mais tu n’étais pas là. Tu n’es plus là depuis longtemps. Alors non, je n’allais pas te parler de mes soucis ou de ma paternité. Tu m’es devenue étrangère comme tu es devenue étrangère à cette maison. A toi de mériter à nouveau une place autant ici que dans mon cœur et dans mon estime. Et tu sais quoi ? Tu ne réussiras pas en me provoquant et en essayant de tout détruire. Et encore moins en attaquant les personnes qui me sont chères parce que tu es jalouse… Et rassure-toi, je ne vais pas te donner de leçons sur la famille, parce que visiblement tu n’as pas écouté celle que papa t’as données dans le passé. Je ne vais pas perdre mon temps à t’expliquer ce qui est important, tu devrais le savoir toute seule. » Elle semble un peu se calmer, ou du moins son corps se détend un peu. Il desserre prudemment son étreinte. « Si tu es prête à parler calmement, je te lâche… » Dit-il d’un ton plus doux. « Sinon, tu es priée de partir, je ne supporterai pas tes gamineries encore très longtemps. »  

Spoiler:
 

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all my dreams full of my regret
I think the hardest part of losing someone isn’t saying goodbye, but rather learning to live without them. always trying to fill the void, the emptiness that’s left inside your heart when they go” .
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Terminé : Yevgenyia - Ainhoa - Trystan - Noah (1) - (Noah (2)) - Evan.
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ARRIVÉE À TENBY : 28/02/2016


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CÔTÉ COEUR : Dernièrement, ça s'est compliqué.
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REPUTATION : Des années d'absence floues, un retour fracassant, mais qu'a-t-elle fait tout ce temps ? Cacherait-elle quelques petits secrets croustillants ?



MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Ven 14 Sep - 22:48

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes

Trystan avait beau la toiser de toute sa hauteur, Dylana ne lâcha pas son regard une seconde. Pour la première fois depuis leurs retrouvailles, elle provoquait une réaction plus prononcée chez lui. La colère valait mieux que sa froide indifférence dans laquelle il l’avait plongée depuis des mois. « Oui c’est drôle de constater que tu as une pire mémoire qu’elle. Mais si tu crois que je moque d’elle, tu te trompes. J’ai le plus grand respect pour Fiona. J’en ai bien plus pour elle que pour l’indifférence que tu essaies d’afficher. » Répliqua-t-elle. « Toi par contre, je t’interdis de me donner des leçons sur la souffrance. Tu n’as pas donné la mort à notre mère en naissant et porté ce fardeau toute ta vie ! Tu n’as pas grandi avec un père qui t’en voulait et aurait préféré un garçon qu’une fille ! Et comme tu l’as souligné, je n’ai pas été présente ces dernières années alors ne parle pas de ce que tu ignores. » Sa colère s’amplifia, Dylana ne se départit pas de la fermeté dans sa voix. Si Trystan voulait durcir le ton, elle n’allait plus mettre de gants sur tous les sujets tabous entre eux. La brune lui reprocha ensuite d’avoir effacé toute trace d’elle dans la maison et d’avoir donné une partie de ses affaires à sa colocataire. « Tu ne penses jamais au passé ? C’est nouveau. A d’autres, Trys. Tu ne faisais pas le fier quand tes fiançailles se sont rompues. Oh mais attends ! Les photos de vous ont aussi disparu de la maison ! Tu as appris à vivre sans elle aussi ? Remarque, tu vois d’autres femmes alors je suppose que oui. » La jeune femme venait d’encaisser des propos très méchants de la part de son frère qui essayait de lui faire croire qu’il n’avait pas été touché par son départ. Elle était naïve pour certaines choses, mais pas complètement stupide. Aussi, elle lui avait retourné la même méchanceté dans ses propos. L’avantage (ou le désavantage pour eux) d’être sa sœur était qu’elle connaissait certaines de ses faiblesses et qu’il en connaissait parmi les siennes. « Si j’étais vraiment partie pour des études, j’aurais aussi été peu présente durant quelques années. Me l’aurais-tu également reproché ? » Sincèrement, Dylana se le demandait. Malheureusement, la discussion ne se calmait pas pour autant. « Ok, tu n'as qu'à garder les meubles. Mais oui je prendrais le reste de mes babioles. Les souvenirs ne sont pas tous matériels, ils peuvent être liés à un lieu, à un endroit. Tu n’as pas l’air de le comprendre. De toute façon, je ne te demandais plus la permission. Rappelle-toi que tu n’as pas hérité seul de la maison. Accuse-moi de sale matérialiste ou tout ce que tu veux, sérieusement, maintenant je m’en fous, au point où nous en sommes. » Les dés étaient jetés. Puisqu’elle ne pouvait visiblement plus lui faire confiance non plus, elle n’hésiterait pas recourir à tous les moyens si Trystan la poussait à bout. La situation dégénéra davantage et atteignit son paroxysme quand, aveuglée par la rage, elle le repoussa contre le mur et frappa de son poing dans la paroi un peu plus loin. Son frère la prévint de ne pas recommencer, sous peine de riposter. Elle pouvait s’estimer heureuse de ne pas être un mec. « Mais je t’en prie, vas-y, ne te gêne surtout pas parce que je n’ai rien entre les jambes ! » Dylana ferait mieux de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler comme une effrontée. Un autre que son frère n’aurait pas hésité. Pourtant, aidé de sa force mentale à toute épreuve, Trystan ne la toucha pas et il continua de l’attaquer verbalement. Les mots n’en étaient pas moins acérés et durs, traduisant aussi la colère sourde qui résonnait en lui. Il lui répéta son manque de confiance en elle et lui souligna son manque de fiabilité, tant par son comportement que par son risque de partir à nouveau. En résumé, Dylana effrayait son frère. Il ne reconnaissait pas chez cette femme, la douce petite sœur qu’il avait élevée (en comparaison).

Comme la discussion dégénéra autour des souvenirs, elle saisit le pot de peinture au sol et finit de péter son câble dans la chambre du Meylir. Il l’attrapa fermement et l’enferma dans la prison de ses bras, lui gueulant ironiquement qu’elle venait d’en créer un, de souvenir mémorable. Elle avait cherché à l’atteindre dans son passé pour qu’il comprenne à quel point cette situation était douloureuse. Un peu calmée, Dylana entreprit enfin de lui répondre sur ce qu’il lui avait dit dans sa chambre à elle avant son pétage de plomb. « J’ai bien compris que tu ne me faisais pas confiance. Mais laisse-moi te dire deux choses. » Elle n’en revenait pas qu’il lui ait lâché une telle remarque après la décision qu’elle avait prise. A moins que son ex ne lui en ait pas encore parlé… « Noah est reparti à New York. Il ne supportait pas le mode de vie à Tenby et m’a proposé de le suivre. Je ne l’ai pas suivi. Je suis restée pour une famille qui justement ne croit pas en moi. Excepté Ainhoa. Mais visiblement, aucun sacrifice ne sera jamais assez. » Face à la surprise du marin, la jeune femme comprit qu’elle avait réussi à capter son attention. « Ah, tu ne savais pas que le frère de Fiona s’était cassé ? » Premièrement, la pharmacienne ne lui avait visiblement rien dit. Deuxièmement, Dylana essayait de faire la forte mais en réalité, elle souffrait beaucoup de cette situation et de cette « relation » à distance. Au fond d’elle, la brune sentait que celle-ci n’allait pas tenir bien longtemps. « Ensuite, la seule fois où je suis partie, c’est pour voyager et quitter cette vie de fou que nous avons connue. Je n’étais pas faite pour la vie en mer. Tu me reproches de m’être barrée, mais toi tu le faisais tous les jours !! Après avoir perdu papa et maman, tu continuais de partir tout le temps en mer alors que je n’avais plus que toi et que je te demandais de rester, tu risquais ta vie tout le temps, et même si c’était pour le gagne-pain, je ne l’ai pas bien vécu. Je pleurais souvent, je m’inquiétais pour toi, mais tu ne m’as jamais écoutée. Le travail a toujours été plus important que ta vie, notre vie de famille. Alors oui, Trystan, j’en avais assez de cette boule au ventre que j’avais en te voyant partir tous les jours, j’en avais assez de cette vie de forçât qui nous a tout pris ! Regarde, même toi maintenant tu trimes comme un fou pour presque rien ! T’es toujours en mer… Alors, quand j’ai reçu ma partie de l’héritage, j’y ai vu une opportunité de m’éloigner de cette existence. C’est sur la partie mensonge que je n’ai pas géré. Mais tu n’as aucun droit de parler de fiabilité, quand tous les jours, il y avait une chance pour que tu ne reviennes pas et que quelqu’un me gardait à la maison jusqu’à ce que tu daignes rentrer de tes poissons !! » Ce fut au tour de Trystan de s’énerver de plus belle. L’accusait-elle de ne pas vouloir renouer ? Il avait simplement attendu qu’elle agisse en adulte ; son comportement aujourd’hui prouvait tout le contraire. Elle était devenue une sale gamine qui pétait son câble parce qu’elle n’avait pas ce qu’elle voulait… Pourtant, l’enjeu n’était pas une poupée Barbie contre un lego. Il s’agissait ni plus ni moins de leur relation fraternelle… Sans son pétage de plombs, son frère et elle n’en seraient toujours pas à crever les abcès. « Qu’est-ce que tu racontes ? » Demanda-t-elle perplexe. « Cesser de te donner des nouvelles ? Je suis revenue pour les occasions importantes ! Et j’envoyais des messages de temps en temps. Nous n’avons pas complètement coupé les ponts non plus. » Le 21ème siècle était l’ère des téléphones, pas de l’âge de pierre… Il est vrai que le nombre d’échanges entre eux avait drastiquement diminué et pouvait se résumer à un tous les x mois, elle ne pouvait le nier... En fait, c’était de la mauvaise foi de Dylana. Quant à la deuxième partie de la remarque de Trystan, elle se braqua de nouveau. « Tu veux bien me lâcher, oui ? Je ne suis pas ta putain de prisonnière ! » Dylana essaya de s’extirper de son emprise, mais son frère la ramena contre lui. « C’est ta nouvelle façon de faire un câlin ? » Dit-elle pour le provoquer, histoire qu’il s’avise tout de même à reconsidérer la question. « Mais t’es toujours à revenir avec cet argent ! J’avais bien le droit de faire ce que je voulais de ma partie non ? Moi je ne discute pas de ce que tu as fait de la tienne ! La mer, les poissons, ce n’était pas forcément mon rêve. Maman voulait autre chose pour nous. Et puis, papa et toi m’avez bien fait sentir toutes ces années que ce n’était pas pour moi de toute façon, alors arrête de passer pour plus blanc que blanc toi aussi ! Si moi, mon rêve, c’était de bouger ? Je bosserais et je te le rembourserais ce fric, s’il n’y a que ça qui te chagrine. Toi, tu as engouffré ta partie de l’héritage dans l’entreprise… Et est-ce que ça a changé quelque chose à sa situation délicate ? Non, t’es revenu au point de départ. Alors, l’investissement n’était pas forcément mieux ! Est-ce que tu voulais seulement passer ta vie en mer ou tu as juste continué parce que c’était « à papa » et qu’on t’a jeté dans la pêche depuis tout petit ? Pourquoi n’as-tu pas saisi l’occasion pour faire autre chose, toi ? »

Elle allait continuer sur sa lancée, mais Trystan repartit dans une violente diatribe remplie de nouveaux reproches. Si Dylana ne s’expliquait pas, de façon adulte de surcroît, il n’y avait aucune chance pour qu’ils renouent. Il la traita de gamine égocentrique, sans droit de revendiquer quoique ce soit, et ses poings luttèrent contre lui. Elle voulait qu’il la lâche ! « L’argent gagné à la sueur de ton front ?! Mais tu n’as encore que ce mot à la bouche ! Fric, argent ! Je vais finir par croire que c’est toi le matérialiste ! C’est papa qui nous a laissé la plus grande partie de l’argent ! Ou alors, tu ne m’as pas tout dit et c’est toi qui as complété… ? » Son sang se glaça, il lui foutait le doute à force. Il brisa un peu plus leur lien fraternel lorsqu’il lui balança qu’elle n’était pas présente lorsque les fiançailles du marin s’étaient rompues (ce qui était vrai) et qu’elle avait donc à la fois perdu le droit de connaître ce qui se passait dans sa vie, et qu’elle était même devenue étrangère de cette maison ; elle devait mériter le retour dans sa vie. « Non, mais tu t’entends ? Une petite sœur n’a pas à « mériter » d’être la sœur d’un frère. Pour moi, même si nous nous sommes éloignés, tu restais mon frère, mon attachement pour toi n’est pas assorti de condition, malgré les tensions. Alors non, Trystan, je ne chercherai pas à « mériter » d’être ta sœur. Je ne veux pas marchander ton affection ou tes sentiments à mon égard, si tu ne souhaites plus en ressentir ou si tu penses que je ne le vaux plus. La question que je te pose est la suivante : veux-tu vraiment me rayer de ta vie pour de bon ? Parce que tu verras la différence : je serai encore plus absente que mes années loin de Tenby. Tu n’as qu’un mot à dire et cette fois, je franchis cette porte, et je respecterai ton choix. Plus de retour en arrière. Nous nous croiserons au supermarché comme deux inconnus. » Elle reprit sa respiration et reprit le fil de ses pensées. « Mais n’oublie pas de penser à ceci : pourquoi tout le monde s’est éloigné de toi au cours des années ? Ta sœur, Fiona, ton amie Faith et dernière en date, la possible mère de ton enfant ? Qu’est-ce qui se passe avec chacune de nous ? Visiblement, je ne suis pas la seule à avoir perdu ce qui était important de vue. » Cette fois, sa voix n’était pas chargée d’un ton inquisiteur, elle s’était radoucie dans ses derniers propos en comparaison à ses dernières attaques. Dylana était fatiguée de se battre. Elle entreprit aussi de répondre à la question principale de son frère maintenant qu’elle s’était un peu calmée. « Oui, je t’ai menti, je le reconnais. C’était mal. Je ne voulais pas te décevoir une énième fois et j’ai agi de façon stupide. Te décevoir est ce qui est arrivé au final mais voilà, je ne peux pas revenir en arrière et je ne vais pas regretter d’avoir vécu mes rêves et découvert des parties de ce monde. Je suis juste désolée pour la partie mensonge, qui n’était pas nécessaire. Avec le recul, je pense que tu aurais compris mon choix d’arrêter les études si je t’avais expliqué les choses. J’ai essayé, une année d'étude, tu sais. Je ne suis pas lâchement partie sans essayer, mais ce n’était pas pour moi. Alors oui, je suis désolée que ça en soit arrivé là entre nous. Je peux tout à fait comprendre pourquoi la confiance est rompue entre nous. Ce n’est pas ce que j’ai remis en question aujourd’hui. » La brune prit une dernière inspiration et résuma donc son sentiment général. « Je pense qu’en un an, j’ai essayé de faire quelques efforts aussi, en ne te provoquant pas excepté la fois où on s’est revu la première fois. Et nous avons eu Noël, c’était un bon moment, ne te méprends pas, je ne crache pas dessus et toi aussi tu as fait des efforts envers moi, même si j’étais clairement responsable de notre éloignement. Mais tu as cette colère contre moi qui ne décollera pas de sitôt, cette haine limite… Et je l’avoue, j’en ai assez. Je ne sais plus quoi faire. Le temps continue de s’écouler et je n’ai pas avancé en un an. Je suis restée pour essayer d’arranger les choses entre nous, j’ai tout fait pour ne pas te froisser davantage – sauf aujourd’hui -, mais rien ne sera suffisant ou ne rattrapera ce qui s’est passé. Je n’ai jamais été une sœur parfaite et je ne le serais jamais, Trys. Si c’est ce que tu attends d’une sœur, qu’elle soit comme toi tu le voudrais, je ne pourrais pas tenir ce rôle. » Elle baissa les yeux et admit tout de même un point sur lequel il l’avait touché plus que les autres. « Je disais ne pas avoir de regret, mais j’en ai quand même un. J’aurai dû être plus présente pour toi, surtout dans les moments où tu n’allais pas bien. En cela oui, j’ai vécu égoïstement mes voyages, je me suis amusée et j’ai oublié l’essentiel. C’est pour ça que je suis revenue à la base. Pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Mais je suis rentrée quelques années trop tard, n’est-ce-pas ? » Dylana se mordit les lèvres, désormais silencieuse. Elle attendait simplement que son frère prononce les mots fatidiques. Elle rêvait de se lever, de partir loin de cette scène fraternelle macabre, mais elle ne pouvait pas. Pas alors que ses jambes tremblaient tant qu’elle ne savait plus où elles commençaient et si elles finissaient. Une perle ronde et au volume concentrique parfait roula sur sa joue aussi pâle que la mort. Elle en avait assez de tout, assez d’elle-même. Elle ne cherchait pas à l’attendrir, elle attendait juste la sentence, à fleur de peau. Alors fermant les yeux pour se cacher, elle songea que demain serait un autre jour, un jour différent. Alors peut-être le soleil brillerait-il à nouveau quelque part, et que l’espoir renaitrait dans une autre vie.

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Good old days | Trystan

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