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Good old days | Trystan

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Boston
TES DOUBLES : Fiona, Gwen, Eléa & Lexia
TON AVATAR : Nina Dobrev
TES CRÉDITS : ava - vampirella ; signa - bat'phanie
TA DISPONIBILITE RP : En cours : Trystan - Evan. A venir : Ainhoa - Brendan

Terminé : Yevgenyia - Ainhoa - Trystan - Noah (1) - (Noah (2))
RAGOTS PARTAGÉS : 319
POINTS : 1121
ARRIVÉE À TENBY : 28/02/2016


ÂGE DU PERSONNAGE : 27 ans
CÔTÉ COEUR : Dernièrement, ça s'est compliqué.
PROFESSION : Employée dans une agence de voyage
REPUTATION : Des années d'absence floues, un retour fracassant, mais qu'a-t-elle fait tout ce temps ? Cacherait-elle quelques petits secrets croustillants ?



MessageSujet: Good old days | Trystan Sam 23 Juin - 23:15

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes

Dylana frappa à la porte d’entrée de son ancienne maison d’enfance. Elle avait gardé le double de clefs en sa possession mais depuis son retour, elle ne s’en était jamais servi. Elle sentait bien qu’elle n’était plus chez elle et donc plus la bienvenue à moins d’une bonne raison ou d’y être invitée. C’était ce qui s’était passé après la dispute avec son aîné, il lui avait permis de reprendre la plupart de ses affaires et il l’avait aidée à les déménager. Et puis, il y avait eu cette soirée à Noël qui avait apaisé les tensions, comme une trêve bienvenue. Chacun ressentait des rancoeurs envers l’autre, pourtant Dylana avait compris les raisons du conflit avec son frère et elle lui avait donné le temps d’accepter l’idée qu’elle soit revenue. Mais les mois s’écoulaient et les abcès ne se crevaient pas. Elle était revenue depuis dix mois et elle avait toujours l’impression d’être comme une inconnue. Combien de fois avait-elle vu son frère depuis Noël ? Hormis à l’occasion de quelques repas organisés chez Ainhoa ou de visites qui se résumaient à quelques minutes comme celle qui s’annonçait aujourd’hui, elle les comptait sur les doigts de deux mains. Cette situation attristait la cadette Meylir, et même si elle vivait mal cette situation, la brune avait mis son ressenti en sourdine pour ne pas abîmer le peu que les deux frangins avaient réinstauré dans leur relation. Néanmoins, le contexte la pesait vraiment et elle était à deux doigts de craquer, d’autant que les dernières semaines avaient été compliquées entre différentes mauvaises nouvelles. Le vase menaçait sévèrement de déborder.

Aujourd’hui, la jeune femme venait chercher deux poissons que Trystan avait gardé pour leur cousine. En raison de ses urgences vétérinaires, la Seiffield n’avait pas réussi à se libérer. Chaque visite à son frère était une épreuve émotionnelle qu’elle redoutait, non seulement parce qu’elle veillait toujours à être dans la retenue pour éviter tout conflit – tout comme lui - et parce que cette maison lui rappelait beaucoup de souvenirs importants. L’aîné Meylir ne tarda d’ailleurs pas à lui ouvrir. « Salut. » Dit-elle sobrement. « Je suis venue à la place d'Ainhoa. Elle est surchargée aujourd’hui. » Dylana entra dans le hall et retira sa veste. Elle ne comptait certes pas s’éterniser mais elle ne voulait pas partir comme une voleuse non plus. La jeune femme remarqua alors quelques tâches de peinture qui ornaient la tenue de Trystan. Il avait enfilé des vieux vêtements. « Oh tu es en plein travail… Tu t’es mis à la peinture comme Ivy ou c’est pour rafraîchir la maison ? » Demanda-t-elle en souriant, bien loin de s’imaginer ce dont il s’agissait en réalité.

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Do not open memories. ▬ I'm not looking for somebody with some superhuman gifts, some superhero, some fairytale bliss, just something I can turn to, somebody I can kiss, I want something just like this.
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TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Spencer, Thomas, Rhys, Jaya & Eleanor
TON AVATAR : Kit Harrigton
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Faith - Fiona - Lexia - Evan

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POINTS : 1540
ARRIVÉE À TENBY : 05/05/2017


ÂGE DU PERSONNAGE : 32 ans (6 juin)
CÔTÉ COEUR : Brisé en mille morceaux deux fois. Tellement brisé qu'il est certain de ne plus jamais pouvoir le réparer.
PROFESSION : Pêcheur. Et malheureusement guide touristique à ses heures perdues.
REPUTATION : On se sait toujours pas si c'est lui ou Adriel Swanson qui sera le père du bébé de Lexia Weston mais vu la tête qu'il fait depuis quelques jours, il semblerait que les choses ne tournent pas vraiment en sa faveur.



MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Jeu 5 Juil - 15:47

Don't speak
I know just what you're saying
So please stop explaining
Don't tell me 'cause it hurts

Yevgeniya n’allait pas bien. Visiblement, elle ne se remettait pas de sa rupture avec le fameux Fred. La russe tentait de faire bonne figure mais Trystan commençait à la connaître et ne s’y laissait pas prendre. Maladroit dans ce genre de situation, il ne savait plus comment l’aider, redoublant d’attentions discrètes pour améliorer son quotidien. C’était donc pour cela qu’aujourd’hui, il peignait avec application l’armoire en merisier de la chambre de sa colocataire pour lui faire une surprise. Il l’avait souvent entendu dire que la couleur de la vieille armoire n’allait pas avec le reste de sa déco, à tous les coups, elle serait ravie… Le marin est loin d’avoir terminé quand il est toutefois interrompu par le bruit de la sonnette de la porte d’entrée. C’était sans doute Ainhoa. Sa cousine devait venir chercher les poissons qu’il lui avait mis de côté ce matin. Il descend donc lui ouvrir, ne prenant pas la peine de se débarrasser de sa tenue tâchée de peinture. Sauf que ce n’est pas sa cousine qui se tient derrière la porte mais sa sœur. Il en est aussi surpris que déboussolé. Il ne savait plus comment se comporter avec Dylana. Entre eux, les choses étaient… bizarres. Ils ne s’étaient pas réellement retrouvés malgré leur trêve de Noël. Ils ne s’étaient pas réellement engueulés non plus même s’ils avaient eu des échanges un peu vifs la première fois sur le bateau. En résumé, ils naviguaient sur les eaux troubles d’un entre-deux, évitant les écueils des non-dits. Ce n’était pas une solution acceptable sur le long terme, car ils avaient l’air de deux étrangers l’un pour l’autre, mais une sorte de statut quo s’était installé et aucun d’eux ne l’avait rompu. Aucun des deux n’osait mettre les sujets qui fâchaient vraiment sur le tapis…

« Salut. Je suis venue à la place d'Ainhoa. Elle est surchargée aujourd’hui. » « Salut… Ok, pas de soucis. Entre. » Et voilà, ça recommençait. Tout juste ce qu’il fallait de politesses, rien de plus. Personne n’aurait pu parier qu’ils étaient frère et sœur en les observant. Elle entre et enlève sa veste, ce qui fait accélérer le pouls de Trystan. Comptait-elle rester ? Si oui, il n’était pas certain de ses raisons…  Pour le moment, elle tente visiblement d’engager la conversation, s’attardant sur les vêtements barbouillés du marin. « Oh tu es en plein travail… Tu t’es mis à la peinture comme Ivy ou c’est pour rafraîchir la maison ? » Il fronce les sourcils, s’attardant sur le surnom que tout le monde donnait à Yevgeniya. « Tu connais ma colocataire ? » Demande t-il en appréhendant la réponse. Maintenant qu’il y pensait, il avait aussi entendu la Vassilievitch mentionner Dylana une fois. Elles avaient dû se rencontrer une fois où il était absent… En tout cas, sa cadette fait un effort pour engager la discussion gentiment alors il ne se sent pas de la renvoyer dans les cordes.   « Non, tu sais bien que je n’ai aucun talent artistique… Je repeins la vieille armoire en merisier de la chambre bleue en fait. C’est justement pour faire une surprise à Yevgeniya. Elle trouvait que l’armoire jurait avec sa déco… Ces trucs là me dépassent mais j’espère qu’elle sera contente. » Dit-il presque joyeusement sans se douter de l’ouragan qu’allait provoquer ces paroles.

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all my dreams full of my regret
Once I was with you. No money, no issue. We laughed even when we were down. I made my mistakes. That I paid for in heartache. I've been waking up drenched in sweat. All my dreams full of my regret. Trying to break the weight on my chest, this is my fate. Nobody knows the sadness I hold. Nobody sees what's about to unfold” .
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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Lun 9 Juil - 19:43

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes


Dylana entra dans la maison et retira sa veste dans l’espoir de rester quelques minutes et de parler un peu avec son frère. Cette visite impromptue tombait à point nommé. Bizarrement, elle avait besoin de son avis sur une question qui la préoccupait et même si les deux étaient devenus des étrangers l’un pour l’autre, certains sujets ne trouvaient leur réponse que dans la famille. Toutefois, la brune ne souhaitait pas s’engager les pieds dans le plat comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et elle se contenta des politesses d’usage dans un premier temps. La jeune femme voulait d’abord prendre la température, car la moindre peccadille était susceptible de réveiller les rancoeurs entre eux. La cadette Meylir s’attarda sur les vêtements tâchés de son frère, la peinture éveilla tout naturellement sa curiosité. Dans un premier temps, Trystan s’étonna que Dylana lui évoque sa colocataire. « Oui, je t’en avais parlé... Quand je suis revenue, j’étais passée ici par surprise et tu n’étais pas là. Mais je suis tombée sur elle et elle m’a parlé de ses peintures. En même temps, difficile de les rater, elles ornent la moitié du salon. » Dylana s’était intéressée à la fibre artistique de la russophone le temps de leur entrevue. La colocataire de Trystan s’était d’ailleurs présentée sous le surnom dont tout le monde l’affublait. Néanmoins, lorsque son frère lui expliqua ce dont il retournait vraiment sous le chantier de peinture, la jeune femme manqua de défaillir. Certains éléments de décoration restés dans l’ancienne chambre de Dylana étaient des ameublements à elle, qui avaient servi à la nouvelle venue pour qu’elle ne soit pas sans rien dans la pièce… Forcément, tout n’avait pas été emballé et déplacé. C’était impossible. Cette vieille armoire en merisier avait appartenu à leurs parents, autant dire que l’intention de Trystan était un véritable crime de lèse-majesté. Et la Russe n’y était absolument pour rien. « Tu n’as pas fait ça ? » Souffla-t-elle, cachant mal la nervosité qui monta dans son corps. Un regard entre eux et tout était fini. Fini la complicité naissante qui se tissait entre eux aujourd’hui, fini l’espoir tenace qu’un lien apaisant les unissent. Dylana n’avait encore rien dit et pourtant l’oxygène s’était chargé d’une tension étrangère, une fragrance subtile qui promettait le pire. Trystan pouvait lire dans les yeux sombres de sa petite sœur, les ombres d’un passé qu’elle avait refusé d’abandonner, et qui s’évanouissaient désormais complètement. La brune rêvait de saisir sa veste et de fuir à nouveau cette maison, le choc était trop rude ; mais elle n’était plus cette gamine d’autrefois qui parcourait le globe, déterminée à vivre ses rêves et à fuir. L’estomac de Dylana se serra, elle avait beau l’avoir pressenti quelques minutes plus tôt, elle sentit cette sensation familière prendre possession de son corps : un mélange étrange de colère et de déception grandissante. Fini de fuir. Cette maison, elle avait grandi dedans, c’était celle de leurs parents. La jeune femme en avait assez de se comporter comme une étrangère dans ces lieux. Instinctivement, Dylana planta son frère dans la cuisine et fila à l’étage ; cette forme de trahison à leur fraternité, elle voulait la voir de ses propres yeux, cette dernière limite non franchie jusqu’alors. Et à l’étage, elle découvrit cette fameuse chambre dans laquelle elle n’avait pas remis les pieds depuis son retour. Son frère lui avait rendu quelques affaires, mais elle n’avait pas osé envahir cet espace qui lui avait été arraché, donné à une étrangère en son absence, son refuge… alors qu’elle n’avait nulle part ailleurs où aller. Dylana n’avait même pas essayé de revenir chez elle, de peur de passer encore pour la sœur chieuse. Elle avait essayé de faire les choses bien, de ne pas décevoir davantage son frère, mais aujourd’hui, c’est lui qui l’avait atteinte plus que tout. Ce n’était qu’une armoire, pourraient dire certains… Mais cette pièce représentait le symbole de tout ce qui subsistait encore de sain entre eux, et qui venaient de voler en éclats. Choquée, Dylana manqua de vaciller une nouvelle fois, elle se rattrapa contre la porte et s’appuya légèrement contre le mur pour être soutenue tandis qu’elle découvrait tout ce qui avait changé et cette armoire à moitié peinte. « Non, non, non… » Elle ne pleurait pas, loin de là, mais sa voix recelait des accents brisés, comme quelqu’un qui refusait d’accepter la réalité. Comme quelqu’un qui venait de se prendre la plus violente claque qu’il avait jamais reçue en pleine figure. Une peine et une déception non feinte.

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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Sam 14 Juil - 12:22

Don't speak
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« Oui, je t’en avais parlé... Quand je suis revenue, j’étais passée ici par surprise et tu n’étais pas là. Mais je suis tombée sur elle et elle m’a parlé de ses peintures. En même temps, difficile de les rater, elles ornent la moitié du salon. » Si elle lui en avait parlé, il ne s’en rappelait pas. Sans doute l’information était passée complètement à la trappe, effacée par le choc qu’il avait eu en la voyant débarquer un beau matin sur son bateau. Mais bien entendu, ce n’est pas ce qu’il répond. « Ah je n’avais sans doute pas relevé… » Dit-il diplomatiquement. « Mais c’est vrai que la maison est plus ou moins devenue l’annexe de l’atelier de Yevgeniya. » Dit-il dans un fin sourire, se disant qu’après tout, cette conversation n’avait pas à être pénible. Fut un temps, ce côté bordélique de sa colocataire le rendait fou mais il s’était passé tellement de choses depuis son arrivée chez les Meylir que maintenant, ça avait moins d’importance… Malheureusement, l’esprit relaxé du marin quant aux frasques de la russe ne fut absolument pas partagé par sa cadette. Dès qu’il eut entrepris de lui expliquer ce qu’il était en train de repeindre, l’ambiance changea du tout au tout. Dylana se raidit tout à coup, lança un regard nerveux à son frère. « Tu n’as pas fait ça ? » Demande t-elle de manière purement rhétorique. Plus que la question, c’est le ton sur laquelle elle est posée qui éclaire Trystan sur l’état d’esprit de sa sœur. Contrariété, chagrin, colère et désappointement se disputaient dans son ton.

Trystan fronce les sourcils, mettant de longues secondes à réaliser à quoi était dû ce changement d’atmosphère. Puis soudain, il se rappelle que l’armoire qu’il venait de mentionner appartenait à Dylana quand elle était petite, tout comme l’intégralité du mobilier qui décorait la chambre que Yev occupait désormais. Oh d’accord.. Il hausse les épaules, prêt à lui dire qu’il ne savait pas que ces vieilleries avaient de l’importance pour elle mais elle tourne tout à coup les talons, s’enfuyant pour monter les escaliers quatre à quatre. Il sent alors l’agacement monter en lui. Déjà, parce qu’il n’appréciait pas se faire planter ainsi au milieu de la cuisine mais surtout parce qu’il ne comprenait pas que sa sœur ressente le besoin de faire autant de drama pour une armoire. Et puis merde, si elle voulait dire quelque chose à ce propos, ne pouvait-elle simplement pas lui dire en face au lieu de s’enfuir comme une gamine ? Pendant un moment, la tentation d’aller fumer une clope dehors et de la planter à son tour étreint le Meylir. Mais il n’était pas lâche, pas du genre à éviter le conflit qu’il sentait se profiler.

Poussant un gros soupir, il monte à l’étage, suivant les traces de Dylana. Il la trouve sur le seuil de son ancienne chambre, l’air plus abattue que jamais. Elle regarde les murs repeints avec horreurs, comme si la pièce était maculée de sang plutôt que peinture. Comme s’il avait fait quelque chose d’absolument diabolique. Il croise les bras, ne voyant toujours pas où est le mal dans tout ça. « Je ne savais pas que tu pensais récupérer ces vieilleries… » Dit-il d’une voix neutre. C’était une forme de cruauté. En adoptant cette indifférence, il minimisait son chagrin, pourtant sincère, si on en jugeait sa réaction. Mais à ses yeux, faire un caprice sur cette armoire était puéril. Et gonflé quand on connaissait leur contexte. Il le lui fait d’ailleurs comprendre par un léger soufflet verbal. « A vrai dire, je pensais que rien dans cette maison n’avait de l’importance pour toi. »


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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan Mar 17 Juil - 23:45

If you look into the distance, there's a house upon the hill
Guiding like a lighthouse to a place where you'll be safe
To feel at grace 'cause we've all made mistakes

Alors que Dylana parcourait sa chambre d’un regard, Trystan la rejoignit quelques secondes plus tard. Le fiel qu’elle s’appliquait à retenir depuis des semaines dans l’espoir de débloquer la situation tendue menaçait de sortir de sa bouche comme un torrent en feu. Alors quand son frère feignit de jouer l’innocent, elle retrouva ses esprits et adopta la même attitude dans un premier temps, en soutenant le regard de l’aîné Meylir. « T’es content de toi ? » Dylana lui adressa un sourire de faux-cul et lui assena alors une pique tout aussi douloureuse. « Toi mieux que quiconque est censé le savoir, ne m’as-tu pas élevée ? Ou as-tu soudainement perdu la mémoire comme ton ex ? Il me semblait que tu te souvenais très bien des détails pourtant, c’était quoi déjà ? Le goût de mes bonbons préférés quand j’étais petite. C’est drôle comme tu as le cerveau sélectif. » La remarque pouvait paraître bien rude en face de l’attitude plutôt neutre de son frère, mais Dylana avait décidé de déclencher la guerre et de le pousser dans ses retranchements, de crever les abcès et de le confronter peu importe les conséquences. Il était temps que chacun se balance ses quatre vérités et ce qu’il reprochait vraiment à l’autre. En l’occurrence, Trystan l’avait véritablement mise en colère et cette fois il allait sentir la différence par rapport à leurs précédentes rencontres. La jeune femme arborait toujours ce sourire doucereux, puis elle explosa. « Tu l’as peut-être mauvaise que je sois partie mais t’as fait disparaître toute l’âme de cette maison ! T’as rangé les photos, surtout celles où on apparaît tous les deux, comme si je n’existais plus, comme si je n’avais jamais fait partie de ta vie ou comme si je n’avais pas grandi ici ! T’as monté une partie de mes affaires, que tu m’as rendue, mais il en reste une partie ici ! Ce n’est pas parce que j’ai accepté de laisser une partie des meubles pour ne pas la foutre dans la merde d’une chambre vide que ça te donne le droit d’y toucher et de faire disparaître tous les souvenirs que j’en garde ! Pas sans m’en parler ! T’es plus obnubilé de bien passer devant ta colocataire que de te mettre ta sœur à dos. C’est noté, je retiendrai la leçon. Parce que non je ne suis pas d’accord avec ça et je te garantis que je ne sortirai pas de cette maison sans mes dernières affaires ! Je te faisais putain de confiance pour au moins respecter ça ! » Encore heureux qu’il ne lui avait pas donné la chambre parentale, quel manque de respect aussi ça aurait été. Alors que Trystan faisait encore mine de s’approcher sûrement pour la sortir de cette chambre, la colère aveuglante de Dylana lui donna la force de le repousser violemment contre le mur. Interdit, son frère la regardait probablement sans comprendre d’où lui venait une telle rancœur. Mais si le marin avait ses raisons de lui en vouloir, elle en avait beaucoup aussi. « Tu lui donnes ma chambre, comme si celle-ci ne m’appartenait plus ! Tu lui offres un poste de guide touristique à tes groupes – oui les nouvelles vont vite – alors que tu sais que j’ai à cœur de me poser ici depuis que je suis revenue et oh surprise ! T’as une sœur dans le domaine du tourisme, qui parle plusieurs langues, tu pourrais tout garder dans la famille mais non l’herbe est plus verte ailleurs ! Et maintenant, tu repeins MES affaires parce que ce n’est pas à son goût ?!! Non mais tu plaisantes !! » Elle espérait que son frère répondrait à chacun de ces points au risque de la mettre dans un emportement qui ne lui ressemblait pas. Dylana tapa d’un poing rageur dans le mur juste à côté de lui et elle chercha à en comprendre la raison. Soudain, une idée pas si saugrenue lui vint. « Tu la baises ou quoi ? » La jeune femme l’accusait vulgairement sans savoir, pourtant elle continua dans ses affirmations. « Elle doit fucking bien baiser, Trys !!! T’en as la tête qui tourne. » Dans un état second et prompte comme au football, Dylana se baissa pour attraper le pot de peinture et le pinceau. Trystan comprit son plan un poil trop tard. Tant pis si elle détruisait complètement leur lien, pour ce qu’il en restait de toute façon… Il verrait ce que ça faisait de toucher à ses affaires. Elle fila comme le vent en dehors de la chambre en évitant de justesse son frère, et elle s’enfuit dans le couloir de l’étage. Dylana enfonça la porte de la pièce voisine, la chambre de son frangin. Elle trempa le pinceau dans le pot et éclaboussa volontairement plusieurs meubles… Elle se dirigea vers le lit et éclaboussa les rebords aussi tandis que Trystan déboulait juste derrière. « C’est pas important hein ces vieilleries après tout !! T’as aucun souvenir important toi ici, c’est ça ?! » La plupart des meubles de cette pièce avaient reçu des éclaboussures de bleu. Il allait galérer pour rattraper. Tant pis, il n’avait qu’à pas la chercher. Le fiel de Dylana n’arrêtait plus tandis qu’elle redéposait le stupide pot de peinture sous la détermination de son frère. « Tu crois vraiment que je m'énerverai pour un meuble sans valeur sentimentale derrière ? Tu me reproches en silence d’être partie, d’avoir tout planté là. En attendant, ça fait un an que je suis revenue ! Une putain d’année que j’essaie de renouer, que j’attends que tu veuilles bien laisser une porte d’ouverture, et à part à Noël, rien, nada ! C’est comme si j’étais morte à tes yeux ! Et tu oses me demander si ce qu’il reste de mon ancienne vie a de l’importance à mes yeux ? Je ne suis même plus chez moi ici ! Obligée de venir comme une étrangère dans ma propre maison d’enfance !!! De loger chez Ainhoa parce que je ne pouvais pas revenir ici comme je voulais contrairement à ce que tu m’as fait croire ! » Son corps se crispa et elle cria de plus belle. « Rien n’a de l’importance pour moi dans cette maison, tu as dit ? Tu sais quoi, peu importe les raisons pour lesquelles tu m’en veux, ne viens plus jamais me donner des leçons sur la famille ! » Elle s’énerva à l’aide petits coups de poings (d’une force dérisoire) sur les pectoraux de son frère, juste en face d’elle. « T’as même pas été fichu de me dire que t’allais être père non plus ! Comme si ça ne me concernait pas du tout ! C’est pour toi qu’aucune chose n’a d’importance ! » Epuisée par tant d’énervement, elle finit par se calmer, les larmes de nerfs et de tristesse au bord des yeux. Elle avait appris la rumeur qui courait dans toute la ville, il avait eu tout le temps de lui annoncer qu’il avait mis une femme enceinte en plusieurs mois, qu’elle allait peut-être devenir tante, et il n’avait strictement rien dit. Alors, Trystan pouvait se garder les leçons de morale qu’il s’apprêtait déjà à lui servir sur la famille.

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MessageSujet: Re: Good old days | Trystan

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Good old days | Trystan

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