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Bittersweet Symphony [PV Aiden]

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TON PSEUDO : kiwi
TES DOUBLES : Aucun
TON AVATAR : Raphaël Personnaz
TES CRÉDITS : a: cranberry, s: tumblr
TA DISPONIBILITE RP : Fermé pour l'instant
RAGOTS PARTAGÉS : 175
POINTS : 316
ARRIVÉE À TENBY : 12/09/2016


ÂGE DU PERSONNAGE : 34 ans
CÔTÉ COEUR : Libre comme l'air
PROFESSION : Écrivain
REPUTATION : Gregory est fraîchement débarqué en ville et les raisons de son arrivée ne sont pas méconnues des habitants. C'est le garçon qui est venu soutenir sa famille après avoir perdu sa soeur et il fend les coeurs. Si certains se souviennent encore de lui, beaucoup peinent à le reconnaître depuis tout ce temps. On se demande surtout ce qu'il a bien pu devenir... Et lui-même se trouve quelque peu déboussolé.



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MessageSujet: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Lun 23 Oct - 1:27

Cause it's a bittersweet symphony, that's life


* * *

J'étais soulagé. C'était un fait indéniable, bien que j'avais aussi le sentiment que j'aurais dû éprouver une certaine forme de culpabilité. J'avais fait le choix de penser à moi, d'oublier les engagements que j'avais pris seulement pour correspondre à l'idée que ma famille se faisait d'une vie rangée et réussie. Quelque part, j'avais toujours su que je ne saurais me poser bien longtemps. En tout cas, pas dans un boulot de tous les jours, dont l'horaire même constituait une routine. Je n'avais jamais eu la vocation de l'enseignement. J'aimais les jeunes, mais je n'étais pas fait pour être pour eux une forme d'autorité, je préférais les encourager à rêver. Cela ne voulait pas dire que je ne comprenais pas ceux qui aimaient enseigner, je savais que les professeurs avaient une place importante dans le développement, comme certains des miens marquaient encore mon esprit aujourd'hui même si je ne fréquentais plus les bancs d'école depuis de longues années. En ce qui me concernait, j'avais ce besoin criant de liberté. Il me fallait pouvoir passer des heures à à réfléchir, à créer, à inventer la suite de ma vie et de mon travail. Ça avait souvent été quelque chose à quoi je pouvais me raccrocher, l'écriture. Je ne savais pas encore quelle était la suite des choses pour moi, mais je savais que l'écriture en ferait à nouveau partie.

La mort de ma soeur m'avait tout de même appris une chose importante : la patience. Combien de fois dans ma vie avais-je eu cette sensation d'être sur le point d'exploser si je ne bougeais pas plus rapidement ? Ma soeur avait été emportée par l'empressement. Pas le sien, mais celui d'un chauffeur dont une gaffe au volant était devenue meurtrière. Certes, son souvenir me rappelait aussi de vivre et de ne pas perdre une seconde, mais j'essayais de prendre le temps. Rendre ma démission au lycée aurait pu mettre le vent dans mes voiles pour repartir explorer le monde, mais j'avais choisi d'attendre un peu. De prendre le temps de visiter mes parents pour leur expliquer que mon avenir était incertain, que je n'étais pas persuadé de rester m'installer à Tenby aussi définitivement que ce que je leur avais annoncé en revenant. Ils l'avaient mieux pris que ce que je m'étais imaginé. Sans doute avaient-ils eux aussi compris que j'avais besoin de vibrer et que la ville où j'étais né n'avait suffit à m'offrir cela.

Une autre raison était... Aiden. Ce qui s'était passé avec lui ou plutôt, ce qui ne s'était pas passé. J'avais tant bien que mal réussi à ne pas penser à tout ça depuis cette soirée fatidique parce qu'une partie de moi refusait complètement de catégoriser ceci de simple « erreur ». J'avais désiré chaque instant passé avec lui plongé dans un passé qui était plus douloureux que ce que je voulais bien admettre. Douloureux, non pas parce qu'il m'évoquait quelque chose de négatif, mais parce que c'était une page de ma vie que je ne voulais pas tourner complètement. Il avait été trop important. Et je l'avais tenu dans mes bras à nouveau... Mais tout était si compliqué. Je n'avais pas eu besoin de faire beaucoup d'efforts pour l'éviter puisque ma démission, je l'avais remise à peine 48h suivant notre soirée. Je culpabilisais légèrement à la pensée qu'il pourrait s'en sentir responsable, mais puisqu'il était l'un de ceux à me connaitre si bien, il saurait sans doute que je n'avais jamais été fait pour l'enseignement et que cette décision serait tombée à un moment ou à un autre. Il était impossible de lutter contre sa propre nature.

Je parvenais à trouver un certain calme en m'installant à la pâtisserie du coin. J'avais toujours eu besoin de sortir de chez moi pour écrire. Même lorsque j'étais en voyage, je préférais les cafés à ma chambre d'hôtel ou aux petits appartements loués pour coucher des idées sur papier. L'action de sortir de chez soi facilitait le processus et m'aidait à me concentrer en laissant derrière moi toutes les préoccupations quotidiennes. J'étais fait pour ce genre de travail, pour cette liberté et à la fois cette discipline que je me posais à moi-même.


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Tu ne pourras jamais rattraper la pierre après l'avoir lancée; les mots après les avoir dits; l'occasion après l'avoir perdue et le temps après qu'il soit passé — Victor Betis.
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You are the only girl in my life
ÂGE DU PERSONNAGE : 32 ans (10 juin)
CÔTÉ COEUR : Pétrifié par une vision venue tout droit d'un passé.
PROFESSION : professeur de musique et d'art dramatique
REPUTATION : Vous avez vu les nouvelles? Sa femme a été assassiné et il était une victime lui aussi. Depuis qu'il est revenu de Liverpool, il est seul... Vous avez pas vu le boulanger avec qui il était toujours?



MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Jeu 11 Jan - 3:22

Il est possible de ressentir des regrets pour des gestes qui ont été posés mais également pour des gestes que l’on n’a eu ni la force, ni le courage de poser. Je m’étais repassé en tête au moins milles fois cette scène : le sofa dans mon studio, le corps de Greg pressé contre le mien. Dans ma tête raisonnait une liste interminable de « j’aurais donc dû ».

Dans les moments les plus tristes, j’étais à me dire que j’aurais dû ne jamais l’inviter. Que j’aurais dû ne pas m’exposer à la tentation de cette manière. J’avais ma fille, c’était amplement suffisant… non? Ma petite princesse était assez à gérer pour ne pas m’en mêler les pinceaux avec une autre personne. Je n’aurais pas dû boire pour réveiller cette triste solitude que je ressentais malgré tout. Que je n’aurais jamais dû lui donner de faux espoirs en me retrouvant à l’embrasser pour combler ce vide qui s’était réveillé en moi comme un gouffre insondable.

Mais autant que je regrettais ce qui s’était passé, qu’une partie de moi regrettait ce qui ne s’était pas passé. J’aurais dû mettre de côté mes peurs et ce dégoût que je ressentais face à mon corps. J’aurais dû être capable de formuler au moins un minimum d’explications sur ce qui me poussait à le repousser, à lui envoyer des signaux si contradictoires à ce que mon instinct guidait. J’avais regretté dès le moment où je m’étais trouvé seul sur le sofa. Regretté dès le moment où j’avais réalisé que j’avais brisé le peu que nous avions réussi à construire au courant de cette soirée.

Ce n’était pas une bonne idée de laisser libre cours à un fantasme : jamais vraiment une bonne idée de se laisser rêver de revoir un ex à genou nu devant soi (l’inverse étant également erroné). Alors pourquoi tant de regrets? J’avais pensé près d’une centaine de fois passer à son bureau pour lui en parler. Les jours étaient devenus des semaines, les semaines étaient devenues des mois… J’avais tenté de l’appeler mais j’avais raccroché après la première sonnerie : lâche que je suis. Et j’avais beau me clamer insensible et n’ayant aucun regret… Je n’étais pas capable de ne pas lui fournir la moindre explication. Mon cœur se serrait à chaque fois que je passais devant la porte de son bureau. Je me promettais alors de repasser : que ce soit demain, après la prochaine période…

Jusqu’à ce matin-là. Celui où j’avais réalisé que ce n’était plus lui qui occupait son bureau. Je n’avais même pas réalisé qu’il n’était pas présent sur place depuis si longtemps. J’avais retenti dans le bureau du proviseur en quête d’explication, d’un pourquoi, d’un comment… Mais rien…

Il m’était venu en tête que je ne savais pas où il habitait : j’aurais pu passer le voir sinon. Il n’avait pas pu quitter la ville sans l’ombre d’une explication. Mais pourtant… pourtant Tenby n’était pas Londres. Ce n’était pas facile de s’y perdre, d’y devenir invisible au regard d’autrui. Et je l’aurais remarqué, non? Je ne pouvais pas m’être enfoncé aussi loin dans le déni.

La réponse me vient des semaines après que j’avais cessé de chercher : au deuxième étage de la pâtisserie. J’étais venu prendre un café pendant que ma fille était chez une amie pour un anniversaire. Je n’avais pas pensé le voir là. Et… et je n’avais pas pensé que je ressentirais un tel sentiment de soulagement à savoir qu’il ne s’était pas poussé à l’autre bout du monde comme s’il cherchait à me fuir. Une pâtisserie et un café à la main, je me rapprochais de sa table en tentant de me convaincre que cette partie de chat et de souris ne pouvait pas durer, que je ne pouvais pas continuer de me voir comme le responsable de cette fuite. Après avoir racler ma gorge, je demandais : « Hey! Cette place est libre…? ». Mais je n’attendis pas sa réponse avant de prendre place de l’autre côté de la table. Les pensées se bousculaient dans ma tête : tant à dire et si peu de mots que je savais comment enligner pour ne pas que cela ne sorte tout dans un désordre. Je le fixais un court instant avant de déglutir lourdement.

J’avais tenté de me convaincre que ce n’était pas ma faute mais je n’arrivais pas à m’enfouir la tête dans le sable pour nier l’évidence. Pourquoi diable pour retrouver la faculté de parole, je dus détourner le regard pour le noyer au fond de ma tasse de café dans l’espoir probablement un peu dingue que cette mauvaise habitude qui allait sans doute finir par me transférer en expresso super-concentré qui me permettrait de disparaitre de cette discussion que je venais pourtant d’entamer. « Je… J’aurais dû t’appeler. Je… Je te dois des explications… Et j’espère sincèrement que ce n’est pas à cause de… de ce soir-là que… que tu n’enseignes plus. » finis-je par dire.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Sam 17 Fév - 16:34

J'étais plongé dans mes réflexions. Tantôt au sujet de ces personnages qui prenaient petit à petit leur caractère bien distinct dans l'intrigue que j'écrirais sans doute des semaines plus tard, quand j'aurais acquis cette certitude de ce récit que je voulais raconter, tantôt au sujet de mes propres préoccupations. Le voyage avait cet avantage, et bien que je m'étais promis de cesser d'y penser quelques jours voire semaines, le temps de déterminer ce que serait pour moi la suite, mon esprit y revenait sans cesse. À l'étranger, j'avais toujours eu à la fois ce sentiment de familiarité et cette sensation de chute libre permanente. Ne jamais exactement se sentir attaché par quoi que ce soit ou par qui que ce soit, cela en rendait certains fous... Mais pour moi, c'était plutôt l'expérience ultime d'un constant renouvellement. Pour l'écriture, c'était les conditions les plus favorables. Le cadre routinier de la vie de tous les artistes en était un qui pouvait s'avérer lourd et paralysant, alors que l'impulsion créative ne demandait pourtant qu'à se déployer. Je tirais réconfort dans ce dévouement que j'accordais à l'écriture, si bien que je ne me laissais pas trop envahir par la frustration de dériver vers d'autres sujets dans ma tête. Si bien aussi, que je ne réalisais pas tellement la venue d'une personne qui l'avait particulièrement occupée ces derniers temps. Aiden. J'avais levé les yeux vers lui sans répondre, de trop longues secondes. Cette place était définitivement libre, il aurait fallu une inventivité à toute épreuve pour le convaincre du contraire et je n'en voyais pas la pertinence. Plusieurs de mes proches me reprochaient de faire de l'évitement en mettant les voiles, mais je n'avais certainement pas l'âme d'un menteur.

« Assieds-toi. » Puis, il y avait ce sourire qui se glissait sur mon visage sans, fort probablement, donner l'impression d'être bien sincère. J'étais seulement pris par surprise, et je délaissais petit à petit mon univers fictif pour me concentrer sur sa présence. Je n'avais pas cherché à le revoir parce que même s'il y avait mille et une choses que nous n'avions pas eu le temps de nous dire, je n'étais pas convaincu de la pertinence de le faire. Alors qu'il était le premier à entamer des explications qu'il croyait me devoir, je comprenais avec plus de force pourquoi je n'avais pas cherché de réponses. Le vide, l'incompréhension. Ces choses pouvaient être souffrantes, mais s'embourber dans ce qui n'avait pas besoin d'être si lourd pouvait l'être encore plus. « Aiden, ce n'est rien. » Mauvais choix de mots, ce n'était pas rien. Je pouvais le sentir à la nervosité qui se traduisait dans son langage non-verbal et je savais encore mieux que je n'avais pas vécu notre dernier face à face comme étant « rien ». « On sait tous les deux que je n'étais pas fait pour enseigner et que j'ai probablement céder la place à quelqu'un de bien plus adaptés à l'éducation de mes groupes. » Cette fois, mon sourire était un peu plus honnête. Je n'étais certainement pas un mauvais professeur. Le domaine que j'avais enseigné quelques semaines était celui qui me passionnait le plus : la littérature. J'étais même convaincu d'avoir su touché certains élèves et de leur avoir transmis quelque chose, mais j'étais incapable de ce cadre quotidien. Incapable de plonger ces mêmes élèves dans une discipline de base. Plus que tout, j'étais incapable de m'y soumettre moi-même. Je le regardais quelques instants... Hésitant sur le ton à prendre pour la suite de l'échange, mais je savais écouter mon interlocuteur. Je voyais bien qu'il voulait en parler et je décidais d'accepter cette direction.

« Tu ne me dois pas d'explications. Ta vie a changé, tu as changé. » Ces derniers mots traduisaient peut-être l'amertume qui m'avait habité à le constater. Mais ce n'était pas un reproche. Ce qui avait été ne pouvait être à nouveau. Le passé demeurerait le passé, quoi que ce soit le présent et le futur. J'avais cherché à reproduire ce que je reconnaissais, ce qui m'avait fait vibrer tout ce temps passé avec lui. Et cela avait été l'erreur, car ce passé n'était plus accessible dans cette forme qu'il avait eue. « J'ai changé aussi. » J'étais persuadé qu'il songeait la même chose que moi à cet instant. Je n'avais... Pour ainsi dire, pas tellement changé. J'avais la même fougue, le même refus de l'immobilité qu'auparavant. Et comme la plupart des gens changeaient en vieillissant, ce trait chez moi marquait un décalage avec la plupart de mes anciens camarades. Avec lui. « J'avais envie des mêmes saveurs qu'à une époque qui fut unique. » La notre. « Mais le passé est le passé, pas vrai ? » Lui disais-je avec douceur.


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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Mer 21 Fév - 0:26

Je pris place à côté de lui avec ma tasse de café noir sur la table. Il avait dit que c’était rien ce qui s’était passé entre nous deux ce fameux soir. Mais c’était faux. Complètement en entièrement faux. C’était un indicateur du problème endémique qui me rongeait en me rendant du même coup à peine fonctionnel dans ce monde. Je ne voulais pas être un poids pour personne. J’avais lutté plus que ce que je voulais admettre pour ne pas aller chercher dans ses bras, sur ses lèvres, la tendresse que l’on avait un jour éprouvé l’un pour l’autre.

J’avais retourné dans ma tête la situation plus d’une centaine de fois. Légèrement alcoolisé comme je l’étais, je n’aurais pas été en mesure de trouver un moyen d’amener l’activité ailleurs que dans la pièce lumineuse dans laquelle nous nous étions retrouvé. Mon lit avec ses rideaux tirés et l’absence de lumière aurait été la solution pour que je puisse céder. Dans mes rêves, nous l’avions fait plus d’une centaine de fois. Plus souvent qu’autrement, le rêve s’était orienté vers une douce tendresse, une étreinte presque romantique dont la lenteur ne rendait la scène que plus parfaite. Mais ce n’était pas ce qui s’était passé et nous devions vivre avec les conséquences de ce qui n’avait pas eu lieu.

Il me confirma, Dieu merci, que je n’étais pas celui responsable de son départ de l’école. Probablement cette anxiété qui me dévorait qui m’avait fait voir un lien de cause à effet dans ces deux évènements. J’avais tendance à me voir responsable de bien des choses. Bien des choses qui n’étaient pas nécessairement de ma faute. Mais ce qui était encore plus étonnant, c’était qu’il croyait que je pensais qu’il était un mauvais enseignant. Curieux… surtout que mon expérience de lui était hautement différente. Je souris à mon tour, en soulignant : « Je n’étais pas au courant que je considérais que tu étais un mauvais enseignant. Je me rappelle de certaines très belles soirées où tu m’as transmis plus d’une notion littéraire… entre autres choses. » Le sourire était entendu. Je me souvenais des jambes mélangées dans des draps défaits, de ma tête sur son torse à l’écouter m’expliquer des notions avec la même passion que j’étais en mesure de parler de gammes, d’arpèges et de composition… Et encore aujourd’hui, je lui devais beaucoup face à mes connaissances. Peut-être que le fait d’avoir des parents tous deux passionnés par l’enseignement de la musique avait biaisé mon expérience du monde. Mais cette passion qu’il avait, c’était ce qui faisait de lui un potentiel enseignant d’exception. Tout comme ce qui me forçait à me cacher loin des projecteurs pour montrer à autrui ce que j’adorais mais n’avais plus le courage de faire.

Naturellement que la conversation dériva vers ce fameux soir assez rapidement. Mais je fus quelque peu déçu qu’il ne montre que le changement des plus normal… des plus banal comme seule explication de mon rejet. Il y avait de l’amertume dans sa voix. Un goût amer qui marquait le fait qu’il m’en voulait. Certes, le terme changer s’appliquait probablement pour définir le cataclysme que j’avais vécu. J’avais changé… mais ça ne me semblait pas assez fort, pas assez clair pour exprimer ce que je ressentais : « Je considère que je t’en dois, parce que je ne crois pas que l’on puisse simplement blâmer le changement de nos vies, le simple passage du temps comme seule explication… » Je pris une longue gorgée de mon café en cherchant malgré tout à faire de l’ordre dans ma tête dans les nombreuses idées que je me devais de mettre en place.

Il aurait été plus facile s’il avait su déjà, si ses parents, des amis auraient abordé ce que j’avais traversé comme douleur… avaient fait le lien. Je déglutis en avalant la longue gorgée chaude de breuvage. « Quand Amy… » m’entendis-je dire avant que ma gorge soit trop serré pour que d’autres mots ne trouvent le chemin de la sortie. Des mots pour décrire la mort, il en existe des centaines. Mais ce n’est pas le simple fait de connaitre l’ensemble des euphémismes qui les rendent plus facile à utiliser. Les années avaient beau passé, le deuil avait beau être un processus plus qu’enclenché. J’avais beau cherché : la réalité ne devenait pas magiquement plus facile à prononcer. Je préférais m’adresser à ma fille en disant qu’elle était partie tout simplement. Je repris la phrase d’un ton presque neutre. La technique du band-aid probablement : le retirer d’un seul coup sec. « Quand Amy a été assassinée… j’ai été plus que juste le mari qui perd son épouse. » C’était en surface… Pas assez pour lui faire connaitre la cause entière du mal-être qui m’habitait. Mais déjà une base presque poétique. Je n’allais pas chercher sa main même si j’en avais envie et besoin.

Lentement je mordis ma lèvre inférieure. « J’aurais voulu… » commencais-je par dire. Mais je m’arrêtais à nouveau dans ce flot de parole que je voulais dire mais que j’avais peur qu’il sorte dans le désordre. Je levais doucement les yeux pour le regarder en déglutissant une nouvelle fois avec nervosité. « Ce soir-là, pour la première fois depuis longtemps, j’étais persuadé que je pouvais le faire… Si je m’étais vraiment écouté… je me serais noyé dans tes bras jusqu’au bout. » murmurais-je. Je n’avais pas eu ce genre d’activité depuis que Noah était parti et ça me convenait… du moins j’avais réussi à me convaincre que ça m’allait mais ce n’était plus le cas depuis que nous l’avions frôlé. Je déglutis à nouveau. « Mais je ne pouvais pas me résoudre à te laisser voir ce qu’ils m’ont fait. » Je n’arriverais pas à en parler directement. De la sensation que j’avais ressenti dans la ruelle quand je luttais pour ma vie, des grandes douleurs que je ressentais, des cauchemars qui me réveillaient avec une véritable vague de douleur… Mais j’étais prêt à en parler s’il voulait me laisser le temps de faire le tri dans mes idées.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Jeu 8 Mar - 2:31

Il ne me plaisait pas vraiment, ce ton que j'employais. C'était trop convenu, c'était comme si tout était simple et limpide. Alors qu'en vérité, tout me semblait affreusement compliqué. Lorsque l'on était jeunes, il y avait toujours précisément l'excuse de la jeunesse pour expliquer de ne pas avoir pris de décisions arrêtées sur une multitude de sujets. Dorénavant, je regardais la plupart des gens autour de moi et je songeais que j'étais « en retard » sur bien des plans. Pire encore, je n'étais pas persuadé de pouvoir correspondre à cette idée que l'on se faisait de la réussite sociale, personnelle et professionnelle. Ma propension naturelle pour une excentricité tranquille me laissait solitaire, non par choix et encore moins par nature profonde, mais simplement parce que je n'entrais dans aucun moule relationnel. J'avais aimé plus que de raison l'homme qui avait pris place à cette table devant moi. Mais soyons honnêtes, j'avais à cette époque été naïf. Savoir que nous étions différents sur bien des choses, dont notamment mon envie de vivre une vie de grand voltige tout autour du monde et la sienne, tout aussi passionnée bien probablement plus dans son amour de la musique que dans une volonté d'être citoyen du monde... Eh bien savoir cela ne m'avait pas arrêté de croire que nous aurions pu former un couple pour toujours. Envisager quoi que ce soit comme ayant la possibilité d'être éternel portait intrinsèquement la naïveté de la jeunesse... Je n'aimais pas beaucoup plus la fatalité qui me guettait au moindre détour ces derniers temps. Je ne savais plus exactement qui j'étais, encore moins ce que je voulais. Je savais en revanche qu'avoir cette conversation n'était pas facile. D'abord parce qu'elle me forçait à réaliser que les millions de possibilités devant moi ne rimaient pas forcément avec liberté. En étant incapable de choisir vraiment ma voie, je restais prisonnier d'une attente qui pouvait devenir éternelle. Puis, parce que cela rouvrait une blessure qui n'était pas tout à fait cicatrisée.

Les confidences d'Aiden m'amenaient toutefois dans autre chose. J'avais relevé les yeux sans trop savoir que dire, et mon regard était resté fixé sur lui. Mon front laissait paraitre cette tension, cet inconfort à sentir combien c'était difficile pour lui de me raconter. J'ouvrais la bouche pour lui répondre quelque chose, mais aucun son n'en sortait. La vérité, c'était que je n'arrivais pas à trouver la place que je devais occuper devant ces révélations. J'avais si souvent éprouvé de la rancoeur envers cette femme. Celle qui me l'avait pris. Même s'il n'y avait pas une miette de mon âme qui aurait pu lui souhaiter le malheur qu'elle avait vécu, et qui ne l'avait évidemment pas non plus souhaité à Aiden lui-même, je ne me sentais pas dans la meilleure position pour m'effondrer de compassion. J'étais tiraillé, et un important sentiment de honte s'emparait de moi à cette idée. Je n'aurais pas dû hésiter même une seconde, et j'aurais dû lui dire combien j'étais désolé de l'apprendre. Je l'étais, désolé. Et dévasté. J'avais ce sentiment de le connaitre si intimement et je ne savais pourtant rien de ce qu'il avait vécu et qui représentait probablement la plus grande souffrance de sa vie toute entière. Je baissais les yeux sur la surface plate de la table, songeant que je ne saurais plus écrire aujourd'hui. C'était d'une importance moindre à côté de ce qui se passait, mais mon esprit cherchait probablement à s'évader puisque je ne savais pas formuler quoi que ce soit d'intelligible.

« Je suis désolé. » Pour quoi exactement ? Cela pouvait s'ajouter à de nombreuses phrases qui auraient ressemblé à « pour m'être trop égaré la dernière fois » ou tout simplement « pour tout ce que tu as dû subir ». Je n'étais toujours pas capable d'en parler. Il avait cet avantage sur moi de connaitre tous les détails de la situation depuis des jours, alors que je devais tout assimiler d'un seul et même coup. « Aiden... » J'étais mal à l'aise et triste, mais je ne pouvais rester silencieux plus longtemps. Il me fallait me faire violence et tenter d'exprimer ce qui se tramait en moi. « Je ne sais pas comment te dire. Ça fait tellement d'éléments dans la balance, je suis horrifié de ce que tu dû vivre... S'il y a une personne au monde que j'aurais voulu savoir heureux chaque jour... » J'espérais qu'il me croie sincère. Je l'étais. Malgré tout ce qui avait pu se passer de décevant entre nous. Mais... « Mais -pardonne moi de dire cela-, tout ça, c'est... compliqué pour moi. Amy... » J'éprouvais une certaine culpabilité à l'idée de prononcer son prénom. Comment faire un reproche aux morts ? J'étais incapable d'aller au bout de ma pensée à voix haute. « J'ai le sentiment d'être la pire personne, pour te soutenir dans tout ça. » Résumais-je enfin. Mon regard lui offrait tout de même de la tendresse. J'étais incapable de plus.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Ven 9 Mar - 5:02

Je savais très bien qu’il fallait jouer carte sur table. Je m’en étais voulu de cette soirée : de ce qui avait été fait et de ce qui n’avait pas été fait. Beaucoup des gens dans cette ville prêtaient une oreille attentive aux rumeurs. Mais Greg, Greg n’avait pas si changé. Il avait gardé son petit côté insouciant des oreilles d’autrui. Il n’avait pas entendu les rumeurs. Pas vu les non-dits dans mon comportement. Il n’avait pas remarqué ses angoisses que s’emparaient de moi tout entier et qui me secouaient de la tête au pied. L’honnêteté était de mise dans toute relation qui se voulait saine : qu’elle soit d’amour ou d’amitié. Mais peu n’importait sa nature, le genre d’aveu que je venais de faire trahissait plus de fragilité que ce que je voulais bien admettre. Une grande partie de moi aurait aimé qu’il me voit grand, fort et fonceur comme celui que j’avais été à ses côtés. Mais je savais que ma reconstruction était au contraire longue et pénible. Les rêves commençaient lentement mais surement à renaître : cette chambre pleine de composition qui n’avaient pas encore vu le jour, cette envie de remonter sur scène qui me surprenait, ce goût de me réveiller avec quelqu’un à mes côtés qui n’était pas nécessairement le corps chaud de ma fille de quatre ans, presque cinq… C’était tous des indicateurs que je voulais trouver les clés pour m’en sortir. Mais seul… seul, je n’y arrivais pas. Et je savais que c’était ridicule. Mais le fait que Greg connaisse celui que j’avais un jour été était plus que rassurant.

En laissant le chat sortir du sac, je savais que je prenais un risque de le voir prendre ses jambes à son cou. J’avais vécu l’enfer, confortablement assis au sein du septième cercle de l’enfer de Dante. Je remontais lentement mais surement vers la surface mais mon chemin était plus difficile que ce que je voulais bien admettre. Bien sur que Greg était silencieux après un tel aveu. Une partie de moi ne s’était même pas attendue à ce qu’il reste. Il aurait pu prendre ses jambes à son cou, en un sens, ça aurait été la bonne chose à faire. Je l’écoutais jusqu’au bout. Les mots qu’il laissait s’échapper semblait être aussi pénible que ceux que je venais de prononcer. Je l’écoutais jusqu’au bout avant de trouver à mon tour la force de parler. « Tu n’as pas à l’être… » mais je l’avouais que je cherchais exactement quel mot prononcer à ce endroit. Je trouvais idiot que les gens m’offrent leur condoléance et se disent désoler pour ce que j’avais traversé. C’était juste une autre manière de respecter cette volonté. Il y avait du temps qui avait passé et les condoléances me laissaient quelque peu indifférent. « … désolé. » Je savais que c’était davantage de la politesse. Mais je ne voulais pas qu’il se sente obligé de me dire qu’il se sentait mal.

J’aurais tellement aimé que notre relation puisse reprendre sans la moindre des traces de ce que j’avais vécu. Je n’osais pas directement le regarder dans les yeux – de peur d’y être confronter avec un semblant de peur et un besoin presque viscéral de s’enfuir vers l’autre bout du monde. Je n’avais pas décrit la douleur causée par l’arme blanche, la difficulté à respirer que j’avais eu, le goût curieux du sang. Mais les détails graphiques n’auraient été d’aucune utilité pour le rapprocher de moi et j’en avais pleinement conscience. « Je sais que c’est beaucoup à encaisser… » murmurais-je en ayant pourtant senti cette tension à la mention d’Amy. Je ne donnais sans doute pas les explications dans l’ordre qui était nécessaire. Je présentais des excuses dans le désordre. « Et que je t’ai profondément blessé en la choisissant elle plutôt que toi. » et je me retiens de dire qu’à cette époque lointaine, j’étais simplement jeune et con. Il avait le droit de ne pas l’aimer, de la tenir responsable de notre séparation… Même si, sincèrement, je croyais bien être le seul responsable de ce vide qui s’était creusé entre Greg et moi. J’étais plus volage que ce que j’étais depuis la mort de ma femme.

Je réussis à remonter les yeux vers lui pour le regarder. Il y avait des restes de tendresses… mais pas de pitié. Des restes de quelque chose sur lequel j’aurais bien aimé avoir la chance de construire. Je ne pensais pas que j’étais capable de bâtir de rien une véritable relation saine. Ce n’était pas nécessairement de l’amour que je voulais aller chercher dans ses bras. Une partie de moi avait beau y avoir cru ce soir-là que c’était possible… Je doutais qu’après cet aveu, nous pourrions reprendre pied exactement là où nous avions perdu pied auparavant. « Tout ça… juste pour jouer carte sur table. J’ai un gros passif derrière moi… Et que tu rêves sans doute de te poser avec une relation simple et sans complication… que ce soit d’amour ou d’amitié. » Je soupirais doucement. Je ne pensais pas que l’on pouvait honnêtement être simplement ami avec son ex. Ses bras avaient malgré tout quelque chose de rassurant. Et contrairement à lui, je pensais qu’il pouvait m’aider – parce que je ne cherchais pas quelqu’un pour remplacer Amy. Je cherchais juste à trouver une stabilité qui rendrait ma vie plus normale que ce qu’elle était. « Je ne peux probablement pas te l’offrir… Je ne te demande pas de me soutenir dans mon deuil… Mais j’ai envie de faire un bout de chemin avec toi encore… Si tu es prêt à me laisser une chance au moins d’être à tes côtés… » Ce n’était pas juste d’être à côté de lui. Je m’étais senti beau pendant un bref instant dans ses bras. Même si nous ne nous étions pas rendu au bout.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Dim 18 Mar - 18:55

J'y avais souvent pensé, avec du recul. Cela s'était fait à différentes étapes de ma vie après Londres et après lui. Les premières fois avaient été surtout empreintes de la souffrance toujours trop vive des choix qui avaient été faits. Puis, la souffrance était devenue tolérable et je ne pouvais me plaindre. J'avais eu de belles années faites de magnifiques rencontres et d'expériences en tout genre. J'avais vécu exactement comme j'avais toujours espéré le faire, sans limites aucune à mes envies sinon que celles que je décidais de me poser à moi-même pour instaurer un minimum de cadre à mon existence. L'écriture, par exemple, était un art qui nécessitait une grande discipline tout en offrant la plus grande des libertés. En amour, j'avais été ainsi. Je n'avais pas vu comme une barrière de rester à ses côtés lorsque nous étions jeunes, car sa présence m'apportait probablement autant que le pouvait l'appel de l'étranger. De la même façon plus tard, je m'étais attardé auprès d'un homme lors de mon passage au Danemark, car j'avais senti que partager quelque chose avait parfois plus de valeur que toute la liberté du monde. J'étais pourtant un fervent partisan de la liberté, et la solitude ne me faisait pas peur. C'était seulement qu'une vie entière de liberté rimait souvent avec solitude. Les relations humaines nécessitaient certaines attaches et la volonté d'un engagement, quel que soit son niveau.

Mais voilà, la réflexion m'était tout de même venue plusieurs fois au sujet de notre histoire passée. Ne m'avait-il, malgré tout, offert la liberté dont j'avais eu besoin à l'époque ? Il m'arrivait de croire que notre histoire n'aurait pu durer, parce qu'il avait toujours eu envie d'une vie plus rangée et moi, de découvrir le monde. Je serais resté, et c'était le principal grief que j'avais eu à son encontre lorsqu'il m'avait brisé le coeur en partant avec celle qui était devenue sa femme. Mais n'aurais-je pas fini par éprouver le manque de ce que mon coeur avait toujours désiré ? N'aurait-il pas été encore plus déchirant de devoir le quitter parce qu'une partie de moi, malgré tout l'amour que nous avions pu connaitre, n'aurait pas été suffisant à répondre à toutes les ambitions que j'avais ? Les hypothèses sur le passé ne servaient pas à grand-chose. Elles m'avaient tout de même aidé à faire la paix. Aujourd'hui, il était beaucoup plus difficile d'afficher cette même résilience puisque nos vies se croisaient à nouveau. Puisque je devais encaisser le poids de toutes ces années que j'avais manquées auprès de lui, et parce qu'il portait aussi le fardeau d'une souffrance que je venais à peine d'entrevoir vraiment pour la première fois. Le regard que je posais sur lui était désolé, mais ce n'était pas de la pitié. Je savais qu'il en aurait eu horreur et je savais moi-même combien cela pouvait être agaçant lorsque les gens n'étaient que désolés, sans pouvoir s'imaginer parler d'autre chose. Je l'avais vécu suite à la mort tragique de ma soeur.

« J'ai toujours aimé le compliqué. » Disais-je, laissant naitre sur mon visage un léger sourire. C'était bien vrai, n'était-ce pas plutôt lui qui avait rêvé de simplicité ? Et n'avais-je pas été cet élément indomptable, trop éphémère pour envisager l'avenir, le vrai ? « Mais je te l'accorde, c'est un peu compliqué... » Je ne voulais pas m'embourber dans le détail de ses souffrances ou des miennes. Je sentais que... L'avenir commençait aujourd'hui, et qu'il nous appartenait de lui donner sa simplicité, ou son caractère compliqué. « Peut-être que nous pouvons laisser une chance au temps de nous montrer ce qui arrivera ensuite. » Je haussais doucement les épaules en posant brièvement les yeux sur mon l'écran de mon ordinateur devant moi, où j'étais précisément occupé à cela : construire l'avenir, pour la fiction. « Un chapitre à la fois. Sans laisser le poids des précédents nous dicter la saveur des prochains. » Je savais que c'était une vision idéalisée de la chose, que tout ne pouvait pas simplement être laissé aller. Mais il m'apparaissait aussi que c'était la seule façon d'espérer nous donner une chance, sans se mettre la pression de savoir si notre relation pouvait ou ne pouvait pas retrouver les mêmes couleurs qu'auparavant. « J'ignore si je serai à Tenby pour toujours. Mais je suis là, pour le moment. » Je lui devais cette vérité. Je savais que sa présence m'apportait beaucoup plus de bien que de quoi que ce soit d'autre, et que j'étais prêt à apprivoiser les effets que cela avait sur moi à nouveau.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Mar 1 Mai - 4:56

Faire des plans et se projeter dans l’avenir est quelque chose de curieux. La vie en elle-même est une belle grande aventure. Parfois douce, comme ce premier baiser que l’on échange avec une personne que l’on aime et qui nous permet de se dire qu’il s’agit de la bonne chose à faire. Parfois dur, comme cette première fois que l’on se retrouve le cœur brisé par une histoire d’amour. Parfois passionnée, comme ces premiers moments enlevants. Parfois routinière, comme ses habitudes que l’on prend avec le temps et qui nous guide au gré des saisons : ce restaurant auquel on va pour célébrer les anniversaires, ce rituel pour le coucher d’un enfant. Comment pouvions-nous réellement penser arriver à être en mesure de faire des plans d’avenir basé sur ses différents aléas que la vie nous menait?

Seigneur que j’avais voulu faire du sens de ces vagues que la vie nous réservait depuis que ma femme était morte. J’aurais aimé me faire donner un guide entier et explicite qui rendrait évident chacun des gestes que je me devais de poser : comment penser, parler, agir devant les différentes situations. J’avais cherché à avoir du contrôle sur ma vie, un ascendant sur ce que la vie en son imprévisibilité maîtresse nous réservait. La question qui restait était en quelque sorte simple : où est-ce que je me retrouvais, moi, petit individu insignifiant dans ce grand dessein? Étais-je plus heureux parce que je me sentais plus en contrôle de ma vie? Si je me devais réellement de porter un jugement qui relierait mon bonheur à ma volonté de me sentir en possession de ma propre destinée, j’étais obligé d’admettre que la situation n’était pas celle que je voulais. Je n’étais pas plus heureux pour autant.

C’était peut-être ce qui contribuait à rendre Greg aussi spécial. Il n’y avait pas que peu de personnes selon moi qui pouvait autant se retrouver loin et près de moi. Un paradoxe en soi : son amour de son art le rapprochait de moi au plus au point. Je me peinais à l’imaginer en autre chose qu’un auteur. C’était sa nature, ce qu’il était destiné à faire, si destinée il y avait. Autant que j’étais voué à la musique (pourquoi aurais-je alors choisi de canaliser ma tristesse par le biais de cet art au courant des dernières années alors?). Son goût de l’aventure et de l’inconnu le mettait à l’autre bout du spectre pour moi. Un échantillonnage qui se retrouvait complètement à l’autre bout de l’univers. J’avais toujours su que je voulais une famille, des enfants, un mariage heureux. Je recherchais la stabilité avant même de quitter les jupes de ma mère. Il était le contre-poids parfait et le simple fait qu’il ne s’enfuit pas à l’autre bout de l’univers en entendant ce que j’avais traversé avait pour moi un goût de victoire. Une irrépressible impression que ce n’était pas purement et simplement voué à l’échec.

Je n’avais rien à dire sur le fait que c’était particulièrement compliqué comme situation. Ce que j’avais vécu m’avait façonné et m’avait fait comprendre que la vie était particulièrement fragile. Infiniment fragile. Un rien pouvait arriver à la fractionner, à l’enlever. Si j’y réfléchissais, ce qu’il me proposait, c’était la chose la plus sensé à laquelle je pouvais bien penser. Il ne fallait pas se presser. Avec un sourire, j’admis : « Je ne veux pas non plus voir trop long dans le futur, Greg. Je t’avouerais qu’il y a des jours où je ne sais même pas ce que je vais faire le lendemain alors. » Se presser aurait été absurde. Ça aurait été l’étrange équivalent de reprendre notre histoire exactement là où nous l’avions laissée des années plutôt. Mais nous n’étions plus les mêmes personnes. Prétendre le contraire aurait été d’une absurdité sans borne : ce n’était pas de reprendre là où nous avions laissé notre histoire mais d’en recommencer une dans une situation où nous avions besoin de se laisser apprivoiser. J’avais choisi une femme face à lui. J’avais vécu la pire chose que l’on pouvait s’imaginer vivre.

Le prendre lentement, un petit pas à la fois, ça voulais dire ne pas reprendre la sexualité comme elle était avant. Ça voulait dire prendre le temps de se connaître à nouveau avec toute la différence que nous avions, avec chacune des particularités qui faisait en sorte que notre nous de trente-quelques années était différent de celui de vingt-quelques années. Et c’était particulièrement soulageant. Avec un sourire, je rajoutais : « Construire un chapitre de nous à la fois, ça me va très bien. C’est rassurant en quelque sorte. » Je n’avais pas envie de vivre de la pression et une peur de ne pas être à la bonne hauteur comme amant, comme amoureux ou peu n’importe ce que nous allions être lui et moi… Même si j’avais envie d’explorer ses bras, de me blottir avec tendresse contre lui dans un effort probablement un peu absurde de ne pas me sentir seul dans ce monde si aride. « Tout ce que je veux, c’est qu’on se laisse une chance. Savoir où l’on s’en va ne m’importe pas. Tant que ma fille peut nous suivre. » Doucement, ma main alla chercher la sienne et la caressa avec tendresse du bout des doigts.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Symphony [PV Aiden] Sam 12 Mai - 16:10

Je n'avais plus ressenti ça depuis un moment. Cette sincère envie d'investir un peu de temps dans la réalité, car ma réalité passait souvent par mon travail et ma fiction. J'avais levé les yeux sur lui pour entendre ses paroles et m'étais décidé à refermer mon ordinateur portable, juste après avoir appuyer sur les touches du raccourci de la sauvegarde. C'était une sensation étrange. Plusieurs s'imaginaient que je m'étais toujours senti vivant, que le voyage était libérateur de toutes choses. J'aurais pu leur répondre que certes, cela offrait des avenues insoupçonnées de ceux qui choisissaient un mode de vie sédentaire à ne jamais quitter leur terre natale, mais voyager venait aussi avec son lot de désagréments. Ne jamais complètement se sentir chez soi. N'avoir pour amis que des connaissances de circonstances, des gens fréquentant le même hébergement ou les mêmes cafés par exemple. Être continuellement en mode adaptation élargissement les possibilités et vous forçait à ouvrir votre esprit au maximum, mais l'engagement s'envolait. Pourquoi s'engager, pourquoi promettre, pourquoi même penser à la semaine prochaine si l'on savait que l'on risquait fort bien de se trouver ailleurs et de tenter de s'intégrer à un autre rythme de vie ? L'intégration en soi devenait un mot plus qu'un concept, et je réalisais depuis ces quelques semaines où je tentais de m'installer à Tenby, cet endroit où j'étais né, qu'il y avait quelque chose de précieux à la familiarité. J'avais en quelque sorte accès à des profondeurs de mon âme ou de mon coeur, et j'entrevoyais la possibilité de cesser cette cavale. Ça en avait été une. De qui, de quoi, pourquoi, je ne pouvais le savoir. Peut-être ne le saurai-je jamais. Certaines personnes étaient en proie à ce genre de vague à l'âme et j'avais été de ceux-là toute ma vie, incapable de rester au même endroit bien longtemps sans avoir besoin de voir ailleurs.

Ce n'était pas pour autant que j'envisageais l'avenir de tout repos, au contraire. Il y avait tant d'incertitude sur notre chemin, le mien comme le sien, le notre peut-être. Je pouvais dire que j'étais ravi de l'entendre dire qu'il trouvait cette perspective rassurante. Ce n'était pas toujours simple, de s'accorder tous les deux malgré la fusion que nous avions éprouvé plus jeunes. Lui, et ses inquiétudes. Moi, et le besoin de constamment bouger. J'étais heureux qu'il soit rassuré et moi, charmé par les possibilités. Sa fille... Je ne l'avais qu'aperçue, mais je sentais que cela aussi, pourrait être un sujet délicat. Il n'était pas seulement question de trouver un équilibre tous les deux afin de voir si cela pouvait marcher, mais il était question d'une famille, la sienne. Les essais erreurs étaient moins permis, lorsque l'équilibre d'une enfant était en jeu, mais je n'avais aucune envie d'alourdir mon esprit avec des suppositions pessimistes. La mort de ma soeur m'avait appris cela entre autres autres ; la vie était trop fragile et précieuse pour en perdre le plus grand morceau à s'inquiéter et à appréhender la suite. Pendant ces quelques secondes où j'entretenais le silence enveloppant entre nous, je constatais que je n'avais de toute façon pas vraiment peur. Nous ne nous promettions rien d'autres que d'essayer, et de voir ce qui ressortirait de la démarche. Je connaissais certes les effets de la douleur, mais je n'étais pas prêt à renoncer à la possibilité de ceux du bonheur, rien qu'en raison du risque de ne pas le trouver.

« Dans ce cas, il te faudra m'inviter à sortir. » Je ne pouvais empêcher un sourire moqueur de naitre sur mon visage. « Tu dois bien avoir une ou deux gardienne sous la manche pour les grandes occasions. » Bien sûr, je n'insinuais pas que notre début d'histoire devait absolument se faire sans sa fille, au contraire. Mais j'étais persuadé qu'il serait d'accord avec moi qu'il était un peu trop tôt pour mettre toutes ces données dans l'équation, et qu'il serait bête d'organiser une rencontre formelle entre moi et elle, avant de savoir ce qui en était de moi et lui. Je n'étais pas fermé, mais pas encore tout à fait prêt. Je savais que Aiden respecterait cela, c'était de toute façon la seule chose à faire. « Je ne suis pas certain qu'on ait même déjà fait ça, comme quoi il n'est jamais trop tard pour les grandes premières. » Nous nous étions rencontrés à l'université, et je me rappelais de la plupart de nos soirées ensemble comme ayant eu lieu dans son dortoir ou le mien, où nous réinventions le monde.

Topic terminé




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