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there's only black days and sky gray ♦ Willaw

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MessageSujet: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Mar 6 Juin - 22:28

There's no sunshine this impossible year only black days and sky gray and clouds full of fear and storms full of sorrow that won't disappear just typhoons and monsoons this impossible year




La cendre s'effrite dans un doux crépitement. Ce petit son que produit le mégot lorsque je l'écrase dans le cendrier est devenu plus relaxant que l'inhalation de nicotine en elle même. Je continue cependant à fumer. Peut-être plus pour déconcerter mon père que pour me soulager moi même. D'un coté, pour le peu qu'il en sait sur moi, je ne suis pas certaine qu'il sache que j’enchaîne clope sur clope depuis quelques mois. Qu'importe, je ne me préoccupe plus non plus de lui et c'est bien mieux ainsi. Je saute du muret sur lequel j'étais perchée pour fumer et jette mon sac à dos sur mon épaule droite. Je fais bien attention de ne pas faire d'effort avec la gauche depuis que je me suis blessée lors d'ébats un peu trop fougueux il y a deux jours. Bien que la douleur soit bien réelle, j'y repense en riant, tout en me dirigeant vers la maison. Je tourne la clé dans la serrure, repousse brutalement la porte d'un coup d'épaule AÏE! et finis par montrer à l'étage tout en me massant l'articulation que je venais de blesser une nouvelle fois. Ma chambre. J'y passe moins de temps que par le passé et je m'y sens donc de moins en moins chez moi. Un peu comme dans toute cette maison en fait. A force d'assimiler cet endroit avec cris, conflits et frustration, j'ai préféré trouver refuge de plus en plus régulièrement chez des amis ou chez des inconnus. Mais c'est un cercle vicieux, plus je vis ailleurs, moins j'ai envie de vivre ici! Il faut dire que William ne fait rien pour arranger les choses: il continue avec ses mensonges et ses secrets. Il s’acharne à refuser un traitement. A vouloir jouer ce rôle de père parfait qu'il n'est plus capable d'endosser. Après plus d'un an de plaidoyers et d'efforts, j'ai fini par jeter l'éponge. Trop tôt peut-être. Ou trop tard. Car nous aurions pu avoir une relation acceptable si j'avais admis plus tôt qu'il ne voudrait jamais se raisonner. Mais il avait fallu que je m'acharne jusqu'à ce que nous atteignons un point de rupture. Les choses avaient été dites de façon assez claire: j'arrête avec ces tentatives vaines. Nous ne serons plus jamais ceux que nous avons été et il serait idiot de s'accrocher à ces idéaux que nous avons perdu il y a longtemps. Avec un peu de chance, nous forgerons une nouvelle complicité, et puis sinon... Et puis sinon nous en étions là et le gouffre entre nous deux n'aurait pu être plus profond. Cependant, William n'est pas le seul en tort il faut l'admettre. Voir sa santé se dégrader et ne pas accepter la façon dont il gérait sa carrière avaient pesé dans la balance. Mais le départ de Clément, celui de Siana, la haine de Dylan, le viol de Seren...Tellement de données m'avaient amenées à un dégoût profond de ma réalité. Réalité dont mon père faisait partie, ce qui le rendait inévitablement aussi détestable que tout le reste. Parce qu'à force de souffrir et de sentir mon être se déchirer littéralement, j'avais choisi la colère. Choix de faible, choix anarchique. Mais choix libérateur. Extérioriser toute ma souffrance en une douce amertume, en des actes plein de rage, m'offrait une totale liberté. Je me complaisais dans cet univers de violence et de pseudo-rébellion.

Mon ventre gargouille et me rappel à l'ordre: chercher à se débrouiller seule, c'est compliqué lorsqu'on n'a pas d'argent! En effet, puisque j'ai dormi chez une fille rencontrée en soirée, très sympathique mais incapable de m'offrir à manger, je me suis retrouvée au lycée sans nourriture ni argent pour en acheter. Je me vois donc contrainte de descendre à la cuisine, avec l'espoir de ne pas tomber sur mon père. Bientôt une semaine sans le croiser, ce n'est pas un record mais j'en suis tout de même fière! Je ne vois pas pourquoi il serait là de toute manière, son travail est bien plus important que...eh bien que tout le reste en fait! déclarais-je pour moi même. L'instant d'après je tombe nez à nez avec William et c'est alors que je me demande si mon inconscient n'avait pas connaissance de sa présence pour lâcher une si jolie déclaration juste assez fort pour qu'il l'entende. Quoi qu'il en soit, la situation m'amuse beaucoup et, continuant d'avancer vers l'arrière de la maison, je ne peux m'empêcher d'arborer un souvenir ironique. Ouvrant quelques placards, je finis par choisir un yaourt et une part de gâteau dans le frigo. M'installant sur l'appuie de fenêtre, je mange tout en observant la pluie ruisseler sur les carreaux. En voilà une chose harmonieuse. Les dessins que créent les gouttes d'eau pourraient presque apaiser mon esprit. Sauf que le tumulte y est trop grand et le désespoir bien trop ancré pour que quoi que ce soit puisse l'impacter durablement. Peut-être me suis-je belle et bien ruinée comme aime à le dire le proviseur du lycée.

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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Mer 7 Juin - 22:32

C’était un duel entre moi et le tapis roulant. Dans la salle d’examen du cardiologue qui me suivait à Swansea, j’étais en train de fixer avec une appréhension monstre la pièce centrale. Une infirmière était occupée à retirer tout poil qui aurait pu se trouver sur le chemin des électrodes. Je connaissais bien la routine. Ce n’était pas la première fois que j’y allais mais une partie de moi était tétanisé face à ce test-ci. Je devais peut-être avouer que l’attaque que j’avais faite au boulot m’avait particulièrement fait peur – même si j’avais tardé à l’admettre. J’en avais parfois eu face à des efforts physiques. Mais je n’avais pas couru sur une longue distance avant de m’effondrer comme une loque sur le sol. Je savais que c’était progressif, que l’environnement était contrôlé, qu’en cas de problèmes, des médecins étaient présent pour me ramener… Ce que j’appréhendais, c’était les résultats. Ce qui allait ressortir de ça. Un pallier à la fois et tout ira bien me convainquis-je en embarquant dessus.

Ce fut quelque part entre le quatrième et le cinquième pallier de difficulté qu’un grognement de douleur échappa à mes lèvres et que je m’effondrais sans vraiment d’avertissement. Le tapis arrêté, je me retrouve sur le sol avec des médecins en train de s’activer pour me donner de l’oxygène et des médicaments complémentaires qui suffirait probablement à calmer mon cœur qui trouvait marrant de se la jouer en version yoyo rapide. J’avais été transféré en salle de cardiologie le temps que ça se calme. Et même si le docteur avait prévu que je serais aisément sorti en une heure, il avait fallu près de cette durée pour que mon rythme se reprenne une forme normale et que je sois autorisé à reprendre le chemin vers la maison en bus.

Dans ce dernier, j’avais appuyé ma tête contre la vitre en soupirant à l’idée que ça avait réellement empiré uniquement par le stress des dernières semaines au bureau. C’était idiot. Je réalisais brusquement mon égoïsme qui était sérieusement mal placé. Je savais très bien que j’étais un monstre d’orgueil… mais j’avais mis beaucoup dans la balance. J’avais risqué gros au profit d’une carrière qui ne servait à rien si je n’étais pas vivant. J’eus une pensée amère pour ma fille qui en avait enduré assez et que je n’avais presque pas croisé au courant des presque trois semaines d’arrêt que j’avais actuellement à mon actif. Je ne lui avais pas dit pour ma dernière crise parce que je ne voulais pas l’inquiéter. Je n’avais pas non plus trouvé les mots pour lui annoncer que j’avais été mis en arrêt de travail – parce que si je l’avais croisé trois fois à travers mon arrêt, c’était beau. La première fois, je revenais de l’hôpital après l’attaque et j’avais une seule et unique envie en tête : me coucher et dormir sans le bruit d’un cardio-fréquencemètre qui battait la mesure à côté de moi. Et je savais que la question mènerait vers une discussion plus longue que ce que mon cerveau était en mesure de soutenir. La deuxième fois, c’était elle qui avait fui comme un savon ma présence. La troisième fois, je l’avais croisée assoupie et n’avais pas osé la réveiller.

Je montais à l’étage et déposais mon sac de sport dans ma chambre. Le survêtement atterrit rapidement au lavage alors qu’il était encore trempé de sueur. Je filais rapidement à la douche en espérant chasser de mon cœur l’odeur. J’avais décidé de faire un effort, paire de pantalon plutôt que le pyjama que je portais. Je devais avouer que c’était une raison pratico-pratique plus qu’autre chose : tous mes pyjamas se trouvaient dans le bac de linge sale qui était déjà plein d’ailleurs. Je saisis ce dernier et entrepris de descendre les marches. Je me retournais en bas de l’escalier en entendant des bruits de pas suivi d’une réplique qui me fit un pincement au cœur. Ma fille passa près de moi, si bien que je sentis une odeur familière accroché à sa peau.

Pendant un instant, je décidais de faire comme si je n’avais pas remarqué. Mais je ne pouvais m’empêcher d’avoir un pincement au cœur en voyant son avis sur ma présence. Mais il y avait cette odeur qui m’avait prise au nez. J’avais fumé pendant près de quinze ans. Je savais reconnaître l’odeur de nicotine de la peau d’une personne parce que je l’avais moi-même eu sur ma propre personne pendant une longue période de temps. Elle fumait. Et je savais que ça avait été un facteur au développement de ma condition cardiaque. Une partie de moi était inquiet. Partiellement mort d’inquiétude à l’idée qu’elle puisse développer une situation semblable. Je remontais après avoir déposé les vêtements dans la machine et parti cette dernière. Je fus en quelque sort heureux de la trouver dans la cuisine à manger. « Je pense que l’on doit parler Law’ » déclarais-je en m’appuyant sur le coin de l’ilot central de notre petite cuisine. « Je sais que je n’ai pas été super présent… mais c’est fini les semaines de quatre-vingt heures. » c’était pour l’instant tout simplement fini les semaines de boulot pensais-je. Le médecin avait parlé de trois à six mois de délai. Je n’étais pas certain de la durée qui me serait couverte par la sécurité au niveau de mon arrêt maladie. Je soupirais en passant ma main dans mes cheveux en hésitant sur comment prendre la situation en main.
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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Jeu 8 Juin - 22:03

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Un gâteau aux pommes. Comme on en mangeait chaque semaine durant mes cours de piano. Ça fait un bon moment que je n'ai plus frôlé les touches de l'instrument. Et, malheureusement, ça ne me manque pas. Je voudrais nourrir des regrets, être amère de perdre mes années de cours à force de ne plus jouer, mais non. Je me conforte dans mon ennui, dans ma rébellion, dans ma solitude, dans ma procrastination. Cela fait quelques semaines que ma vie se résume en cigarettes, alcool, sexe, air dissipé en cours et ballade en solitaire. Et je ne me sens pas suffisamment frustrée que pour changer ce rythme. Rien ne parvient à rallumer l'étincelle. Rien ne parvient à me rendre le goût à l'existence. Rien ni personne. Je suis bien loin de l'amoureuse de la vie, de l'adolescente positive, de la demoiselle énergique que j'étais en arrivant à Tenby. Peut-être aurais-je dû continuer à vivre dans le mensonge finalement. La tristesse et la timidité me rendaient plus heureuses que la colère et l'hypocrisie. Ou peut-être que Clément n'aurait pas dû partir. En fait, il n'y a pas de peut-être qui tienne, c'est évident que tous mes maux viennent de là. Ou plutôt, j'avais la force de les affronter tant qu'il était à mes coté. A présent que je me retrouve seule, je n'ai plus aucune raison d'avancer, plus rien à quoi m'accrocher. Plus personne à aimer. Ma gorge se noue et je m'efforce de contenir ces émotions que je préfère noyer dans la tequila plutôt que de laisser s'afficher au grand jour. Je ne veux pas être faible. Je ne veux pas être la demoiselle en détresse. Tout ce dont j'ai besoin c'est de partir loin. Le bien que cela me ferait de tout recommencer à zéro. Oublier Seren, Siana, Clément, Dylan, mon père. Mais ce dernier est la raison de ma présence ici justement. Bien que je m'efforce de ne plus le croiser, bien que pour mon bien et parce qu'il m'a fait comprendre que ça l'arrangeait, je ne me préoccupe plus de son état, je ne me résous pas à l'abandonner totalement.

Je pense que l’on doit parler Law’... Cette voix suffit à me faire ravaler mes larmes en un instant. Plus une once de faiblesse sur mon visage. Juste cette façade de violence et de mépris destinée à m'épargner car je ne pourrai plus en subir beaucoup des affronts comme ceux enchaînés au fil des mois. Sans me retourner, fixant une goutte d'eau qui glisse lentement le long de la vitre, je déclare sèchement Et moi je pense que nous avions été bien clair. Nous n'avons plus rien à nous dire en ce qui concerne les enjeux majeurs de nos vies. Mais si tu veux parler de la pluie et du beau temps, libre à toi. Il est mon père et nous avons eu par le passé une relation véritablement exceptionnelle.Mais à présent, le temps à fait son oeuvre et nous sommes incapables de converser paisiblement. Il faut dire que chacun de ses mots me rappellent l'homme qu'il n'est plus. Je sais que je n’ai pas été super présent… mais c’est fini les semaines de quatre-vingt heures.
Je suis d'abord prise de court, mais me ressaisis bien vite. Descendant de l'appuie de fenêtre où j'étais perchée, je fais quelques pas pour arriver à sa hauteur. Ça tombe mal car je n'ai plus besoin de toi. Je ne sais pas si tu as entendu parler d'une chose fabuleuse qui s'appelle la "majorité". Mon ton est moins sec et agressif que tout à l'heure, mais mes propos sont bel et bien tranchants. Je veux lui faire comprendre que revenir la bouche en cœur aujourd'hui ne suffisait plus. Il est allé bien trop loin et a laisser trop de mois passer avant de se décider à agir. Je lui ai laissé suffisamment de chances.

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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Sam 10 Juin - 3:02

Lorsque l’on est un adolescent, on tend à oublier certains principes fondamentaux. Certains d’entre eux concernent directement nos parents : ces derniers sont des êtres humains d’une banalité extraordinairement ordinaire. Ils font des erreurs, ils mentent, ils merdent. Les parents ont également été un jour eux-mêmes des adolescents qui avaient eu le même ressenti envers les leurs. Pourtant, je pouvais comprendre une partie du désarroi de ma fille. Niveau parent merdique, s’il y avait une médaille, c’était haut la main que je remportais la médaille d’or. C’était bien parce que je ressemblais à un curieux mélange de mes propres parents : l’entêtement de mon père et la propension au mensonge de ma mère ne faisaient pas un super bon ménage. J’avais vraiment changé. J’avais tenté de faire du temps pour elle. À son anniversaire, elle n’était pas rentrée et j’avais laissé le cadeau – un collier sur la table de la cuisine. Et j’avais ressenti un pincement au cœur si fort que j’avais appelé sa mère pour en parler. Mais j’aurais sans doute fait plus de mal et je le savais.

Son ton était froid et n’était pas celui de ma fille. Je n’étais probablement pas la seule composante à la problématique qui se présentait devant la froideur qui m’était offerte mais je décidais de courber l’échine et de faire comme si je n’avais rien entendu du moins… je ne soulignais pas. Elle voulait que je parle de la pluie et du beau temps. Bien… c’est ce qu’elle aurait mais après une toute petite mise au point que je me sentais obligé d’émettre une petite précision. « Je ne cesse pas d’être ton père parce que tu es majeure Law’. Donc même si la majorité existe… tu restes ma fille. » ma voix était calme et posé. « Et je ne crois pas que tu n’as pas besoin de moi parce que tu as dix-huit ans. J’avais cet âge quand mon père est décédé et je l’ai senti passé. » dis-je doucement. Son grand-père… un sujet que l’on évitait assez régulièrement aussi. Je l’avais mal vécu parce que j’avais perdu une partie de moi quand mon père était décédé en service.

Je savais très bien que c’était un peu idiot mais comme elle avait décidé que la seule chose que l’on pouvait faire et qui avait du sens c’était de parler de tout et de n’importe quoi, j’étais bien décidé à faire justement ce qu’elle venait de me demander. Normalement, je n’aurais pas été ici avant quelques heures encore – probablement pas avant vingt heures trente – mais elle n’avait visiblement pas capté la différence à l’intérieur du temps. Je n’aborderais aucun sujet catastrophique de son côté avant d’abord celui qui me concernait en premier plan. « C’est le genre de température parfaite pour écouter un film d’horreur dans le noir avec du maïs soufflé, tu ne trouve pas? Soit ça ou un film triste… mais je serais d’avantage pour un film d’horreur. » dis-je en contemplant la fenêtre pendant un court instant par-dessus son épaule. Elle ressemblait à sa mère… c’était effrayant.

Je continuais la discussion sans nécessairement attendre une réponse de sa part : « Puis-je avoir l’honneur de ta présence pour le diner? » Je ne savais pas ce qu’elle avait de prévu à l’horaire mais moi, je n’allais nulle part ce soir tout comme je n’étais allé nulle part les autres soirs depuis mon arrêt mais ça… elle ne l’avait pas réalisé. Parce qu’elle était aussi peu présente dans la maison que ce que j’étais quand je bossais. Gentiment, je continuais : « J’avais pensé faire des nouilles sautées aux crevettes, si c’est encore dans tes repas préférés. J’y avais pensé en faisant les courses. » dis-je d’un ton relativement enjoué en sortant la bouilloire pour faire une infusion. Je restais dans le coin cuisine en étant concentré sur ces éléments : « J’ai aussi pensé que demain, je pourrais faire un gâteau au chocolat et aux framboises. J’ai le temps… comme je suis en arrêt maladie. Je crois que ça fait des années que je n’en ai pas mangé un. » dis-je en continuant. J’avais l’étrange impression de pépiter comme un oiseau et cela ne m’aidait absolument pas. Dans le stress, j’avais probablement glissé au mauvais endroit les éléments nécessaires pour répondre à ses interrogations. Tant pis. Advienne que pourra.
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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Ven 30 Juin - 13:08

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Le manque est indescriptible. La déception énorme. La carnage bien réel et la sensation de trahison omniprésente. J'ai abandonné tout ce que j'avais pour le rejoindre et il n'a plus jamais été l'homme que je voulais retrouver. Je dois bien admettre qu'en quittant ma mère et la vie que j'avais là bas, je n'ai pas perdu grand chose: un beau père gênant, une mère peu préoccupée de mon état, des amis hypocrites et peu nombreux, une vie morose et routinière. Cependant, ce fut un effort énorme et il n'a jamais eu l'air d'en prendre la mesure. Affronter ma timidité maladive pour me reconstruire un réseau sociale dans une ville inconnue. Abandonner mes habitudes pour plonger dans l'inconnu. Traverser l'Angleterre seule et sans repères. Recommencer tout à zéro: la relation au professeur de piano, faire mes preuves au lycée, retrouver un job d'étudiant...Autant de petites choses qui prenaient une ampleur considérable dans ma petite vie tranquille. Affronter toutes ces épreuves dans le seul et unique but de rétablir la justice que mon père avait voulu me cacher. Et de vivre à ses cotés le bonheur que nous avions partagé jusqu'à mes 14 ans. Mais rien n'y fit, malgré mes efforts quotidiens et la preuve énorme de mon amour pour lui qu'avait été mon arrivée surprise, William n'a jamais su redevenir lui même. Sa vie avait changé, de nouveaux problèmes s'étaient installés et lui aussi avait de nombreux efforts à faire pour faire ses preuves ici. Mais je ne peux malgré tout pas m'empêcher de lui en vouloir. Je n'étais qu'une enfant et il m'a laissée livrée à moi même. Il voulait m'épargner en me mentant sur son état, mais au contraire il m'a poussée à grandir seule et m'a fait comprendre que même les personnes qu'on aime le plus peuvent nous faire du mal. D'ailleurs, il ne fut pas le seul à me l'apprendre: il y eu Dylan, puis Clément et aujourd'hui il semblerait que même Seren soit destinée à me briser. Mais ce n'est rien, aujourd'hui je suis majeure et bien décidée à ne plus m'attacher. A aller de l'avant sans souffrir au quotidien, sans me préoccuper trop de ce qui fait mal et en m'attardant plus sur les plaisirs qu'offrent l'existence. Voilà pourquoi nous avons eu quelques conversations houleuses pour en arriver finalement à la conclusion que nous ne redeviendrons jamais les deux complices d'antan. Dès lors, je lui ai clairement dit ce que je pensais de ce comportement et que je ne tenais plus vraiment à entretenir une relation avec quelqu'un qui ne faisait que me mentir et me décevoir. J'avais été cruelle et violente. Mais la douleur m'a reforgée ces deux dernières années et il est vrai que si je prenais le temps d'y penser, je ne me reconnaîtrais plus vraiment...

Alors que William cherche à être paisible et à faire de petits pas vers moi, à aborder des sujets qu'il veut positifs, je m'acharne à tout déconstruire. J'aborde le fait que nous avons brisé les ponts qui nous unissaient par la passé, le fait que je suis adulte et indépendante. Mais mon père ne semble pas vouloir entrer dans mon jeu de la colère...pour une fois. La façon dont il aborde le décès de son père me fait retrousser les lèvres. Serais-ce une forme de menace? Du chantage? Prends garde à ne pas trop t'éloigner de moi, tu pourrais me perdre, est-ce cela qu'il veut signifier? J'ai bien conscience que sa santé est fragile et son avenir chancelant...mais la peur de le perdre ne me semble pas être une bonne raison de me rapprocher de lui! Trop déstabilisée par ses mots, je ne parviens pas à réagir. Cependant, je continue à le fixer dans le blanc des yeux. Froide et distante. Je m'attendais déjà à subir une nouvelle vague de reproches et de remarques condescendantes sur mon comportement, mais tout au contraire il revient à une conversation plus légère, me propose de passer la soirée ensemble à regarder un film. Décidément, ce face à face prend une tournure bien étonnante...Incapable d'articuler quoi que ce soit, mais ne voulant pas trahir ma faiblesse, je me sers un vers de soda que je sirote en fixant la pluie une fois de plus. De quoi mettre mes idées en place et peser le pour et le contre. Accepter sa proposition c'est lui accorder une dernière chance. Refuser c'est ruiner un des premiers efforts qu'il daigne faire depuis des mois. Il serait un peu ironique de fuir quand il prend du temps pour moi alors que c'est justement ce que je lui reproche. Ne voulant tout de même pas être trop agréable avec lui, je commence par répondre froidement. Je ne suis pas la demain. Je vais à la beach party de fin des examens. Je ne suis toujours pas décidée sur ma décision quant à la journée d'aujourd'hui, mais les paroles vont plus vites que mes pensées. Je suis d'accord pour ce soir, j'ai rien d'autre à faire de toute façon...Les nouilles sautées aux crevettes....Ça n'est plus vraiment mon repas préféré mais j'aime toujours! déclarais-je en glissant mon premier sourire de la conversation. Je vais me doucher, je te rejoins après pour le film. conclus-je en ré-adoptant mon expression fermée. Je tourne les talons et grimpe jusqu'à ma chambre. Tout ceci me perturbe beaucoup et j'ai bien des choses à remettre en question face à ce retournement de situation.

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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Ven 18 Aoû - 6:00

Ma fille avait changé : que je le veuille ou pas, elle avait grandi sans nécessairement que je ne puisse prendre le temps de réaliser ce qui se passait. Certes, il y avait ces deux ans d’écart entre mon départ de la maison et son retour dans ma vie quand elle m’avait rejoint à Tenby… Mais il y avait également plus que ça. L’adolescence n’était pas une période aisée pour quiconque. C’était une période de grands changements et de bouleversements sur tant de tableau qu’il ne fallait pas vraiment s’étonner que tout aille de travers. Les gens changent, évoluent... Les idéaux de notre enfance se trouvent rudement éprouvés par les agissements des autres autour de nous.

Pourtant, dire que tous se sentaient ainsi me semblait injuste pour ma fille. Elle l’avait eu plus difficile que bien d’autres adolescents qui gardaient pourtant la tête haute et le poing levé se dressant tels des fidèles jeunes combattants. Ma première chute professionnelle, le blâme d’infidélité que j’avais pris, le battage médiatique autour, notre divorce compliqué, mon départ, le dur masque de mensonges que j’avais représenté dès le moment où j’avais accepté de la reprendre avec moi, ma maladie qui l’avait usé plus que ce que je voulais bien admettre… J’avais été un fardeau non-négociable.

C’était peut-être un peu cette discussion avec Lloyd qui m’avait aidé à reprendre un minimum ma vie en main. J’étais l’adulte dans cette relation et après près de quatre ans à agir comme un enfant, à nier l’étendue indéniable de mes problèmes… j’avais choisi d’aller de l’avant. J’avais accepté de faire un simple petit pas. Mais je me voyais me heurter à ma fille devenue un glacier complètement déconnectée des sentiments qu’elle avait eu à mon égard du temps où elle était petite. Mais je savais qu’il avait fallu deux ans de mensonges pour arriver jusqu’à ce stade décrépi de notre relation familial. Devant un constat peu reluisant, les rares tentatives faites d’une honnêteté qui s’étaient toutes traduites en d’amères déceptions de sa part (parce que je n’arrivais pas à être transparent) l’avait sans nul doute échaudé. Je n’avais pas voulu la menacer pourtant mais cette fois-ci, j’avais réellement l’intention de lui donner ce dont elle avait besoin même si je ressentais une grande peine face à la froideur des paroles qu’elle avait à mon égard, à cette absence de son sourire sur son visage.

Naif (sans l’ombre d’un doute), j’espérais qu’un petit pas à la fois, une seconde à la fois… je pourrais très bien réussir à regagner sa confiance surtout si elle réalisait que j’avais l’intention de tout faire pour m’en sortir. Ce fut donc pourquoi je soupirais quelque peu déçu lorsqu’elle m’apprit qu’elle ne serait pas là le lendemain. Bien sûr qu’elle s’était construite une vie sociale à l’extérieur de la maison comme je n’étais jamais là à cause du boulot. Je ne pouvais m’empêcher de sentir un certain pincement au cœur, une honte légère. C’était ma faute après tout. « Oh! Ce n’est pas grave! On remettra ça. Tu penses que tu t’en es bien tiré cette année avec tes examens? » demandais-je avec un petit sourire. C’était peut-être un élément un peu trop dangereux, non? Après tout, elle avait redoublé déjà l’an dernier et une partie de moi était anxieux à l’idée que la situation puisse se reproduire encore. Son avenir se jouait dans cette dernière année d’école et je devais admettre que cela m’aurait peiné parce que je la savais intelligente que des portes se ferment devant elle en raison de circonstances difficiles.

Mais j’eus quand même un petit soupir de soulagement lorsqu’elle sourit presque en confiant qu’elle aime encore les pâtes aux crevettes et même qu’elle accepte le plan de soirée. Ce n’est sans doute pas grand-chose… mais j’ai sincèrement l’impression que c’est un bon de géant. Je n’ai même pas le temps de lui dire quoi que ce soit qu’elle me tourne les talons en me disant aller se doucher et qu’elle me rejoindra après.

De retour à cette étrange solitude dans la cuisine déserte, j’allumais la lumière avant de commencer à vaquer à mes occupations de préparateur officiel du souper. Attentif à ma propre santé, je m’assied à la table pour préparer les légumes, râpant, épluchant et coupant tous les légumes nécessaire à la préparation. La tâche est quasi-herculéenne mais fait partie de cette mission que je me suis donné : celle de m’assurer de prendre soin de moi et que j’aurais du me donner il y avait de cela quatre ans. Qu’à cela ne tienne. Mon arrêt maladie aurait de bon de me donner le temps de me laisser retomber dans une nouvelle routine qui viserait à s’assurer que je sois en mesure de naviguer de nouveau entre ma triste rouquine et mon boulot : deux piliers essentiels de ma vie de quarantenaire morose – même si cela voulait dire de réapprendre depuis le début. En commençant à décortiquer des crevettes dans l’évier, j’allumais la vieille radio de la cuisine laquelle crachottait de la musique rock des années 1980 – une des seules musique qui m’éveillaient les souvenirs heureux de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte. Je poussais même la chansonnette sur un des airs me trémoussant légèrement – autant que ma santé me le permettait.
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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Dim 27 Aoû - 17:12

There's no sunshine this impossible year only black days and sky gray and clouds full of fear and storms full of sorrow that won't disappear just typhoons and monsoons this impossible year




William fait tout à coup dévier la conversation vers mes examens et je me ferme soudainement. Les choses semblaient se mettre doucement mais surement en marche vers une évolution positive, et il a fallut qu'il gâche tout...Cherchant à ne pas trop montrer que la question me dérange et me blesse, je me contente de ne pas répondre et tourne les talons après avoir annoncé que j'allais me doucher. Evidemment que cela s'est mal passé, mais ce n'est pas avec lui que j'ai envie d'en parler!

L'eau chaude coule sur ma peau et me brûle jusqu'à ce que je ne sente même plus la douleur. L'odeur de savon au lait d'amande embaume toute la cabine de douche et fermant les yeux je me focalise sur le CD de rock qui tourne à fond dans la salle de bain. Ainsi j’inhibe tous mes sens et cherche à oublier un instant le chaos de mon univers. Cela fonctionne un temps, mais après quelques minutes sous le jet puissant, je comprends bien qu'il me faut revenir à la réalité. Me confronter à mes problèmes, envisager les solutions qui me sont proposées et prendre mes responsabilités en mains. Je sais exactement dans quelle direction je veux aller, d'ailleurs cela fait quelques semaines que j'y travaille. Seulement, en quelques phrase, mon père a su tout remettre en question. Il faut dire que son pouvoir de persuasion est grand. Parce qu'il a toujours été mon guide, mon héros, mais surtout la personne que j'aime le plus au monde. Le décevoir m'a toujours terrifié. Cependant, vu les blessures qu'il m'inflige depuis quasi deux ans, je me dois de m'éloigner de lui. Et bien que prendre cette décision s'annonce plus complexe à prendre que prévu, il faudra que je m'y résigne. Enroulée dans mon essuie de bain, je quitte la pièce d'eau pour rejoindre ma chambre. Revêtant une robe de nuit bleue claire et un gilet de laine par dessus, je prends le temps de coiffer mes longs cheveux roux tout en me demandant si je ne devrais pas revenir sur mes propos et refuser ce souper avec mon père. Sans doute s'agit-il de la meilleure solution si je veux bel et bien le faire sortir de ma vie. Sauf que je ne suis pas prête de quitter la maison, certes mon job d'étudiant me donne l'occasion de mettre un peu d'argent de coté, mais pas encore de quoi louer un appartement! Du coup, autant tenter de rester un minimum en bons termes, même s'il est évident que je ne ferai jamais plus de grands pas vers lui. Trop souvent il m'a déçue. Trop souvent il m'a tourné le dos.

Après un peu plus d'une demi heure de préparation, je redescends les escaliers,plus ou moins prête à affronter cette soirée. La situation me parait moi même paradoxale,
mais je pense bien ne plus avoir d'autres possibilités. Après un moment d'hésitation,
j'entre dans la cuisine un léger sourire aux lèvres. Ça sent bon tiens! Il y a longtemps que cette cuisine n'a plus embaumé de la sorte...

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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw Mar 12 Sep - 22:06

Je savais que la relation que nous avions, ma fille et moi, était vraiment loin d’être saine. Elle était difficile et amère. La reconstruire ne se ferait pas en un claquement de doigt. Mais j’avais vraiment l’intention de profiter de la longueur de mon arrêt maladie pour construire des nouvelles bases solides à partir desquels nous pourrions créer les bases d’une bonne relation.

Les bases de cela partaient par des événements comme celui de ce matin : pour que ma fille croit que je ne voulais pas la faire souffrir ni la rendre orpheline, il fallait absolument que j’effectue des changements massifs. Il fallait que j’apprenne à prendre soin de moi. Il faudrait que j’accepte que le cardiologue et mes rares amis avaient réussi à me faire comprendre : me sacrifier pour les autres ne me mènerait nulle part. Il fallait donc que je réapprenne à prendre soin de moi. Mais j’avais tout le temps de mon congé pour ça. Et la base était probablement simple et était justement le but de cette soirée que s’amorçait. Le souper que j’étais en train de préparer était d’ailleurs comme une bonne base après tout.

Sur la table commençait à s’enligner des poivrons (de trois couleurs), des oignons rouges, des carottes râpées, des pois mange-tout, des haricots jaunes et du brocoli frais. C’était idiot parce que ce repas ne prenait pas si longtemps que cela à faire. En trente minutes, l’ensemble des légumes coupés avaient trouvé cette place au sein du grand wok probablement devenu poussiéreux à force de moisir au fin fond de mon armoire de cuisine. Normalement, j’aurais fait sauté dans du beurre, mais la longue discussion presque philosophique avec une diététicienne la semaine dernière sur les bienfaits de l’huile de caméline pour la santé du cœur. Je m’étais retrouvé à chercher cet élément qui pourrait réduire. J’avais également remplacer certains des éléments en réduisant la quantité de sel qui se trouvait dedans. Les pâtes finirent par plonger dans l’eau quelques minutes pour être attendries. J’étais rendu à les transférer quand ma fille arriva en bas des escaliers. Un sourire illumina mon visage entier quand elle mentionna que l’odeur était bonne. Depuis quand n’avais-je pas pris le temps de cuisiner préférant les aliments rapides et inadaptés à mon état? Bien trop longtemps. « Je te remercie du compliment. J’ai tenté d’adapter la recette avec les conseils de la nutritionniste que j’ai vu. » dis-je doucement. Je devais sans doute avoir l’air de vouloir absolument amener la conversation sur mon état de santé, mais c’était sorti si naturellement. Ce pas-là, d’aller chercher plus de gens pour m’entourer médicalement avait été difficile à faire. Je ne voulais pas que ma fille soit fière mais peut-être un peu qu’elle comprenne que j’étais vraiment en train de faire les changements qu’elle avait attendu trop longtemps. « Est-ce que tu pourrais mettre la table? » demandais-je doucement. « Et si ca ne te dérange pas trop me dire si tu as des plans pour cet été. » Après tout, je me retrouvais seul devant une absence intersidérale de plan qui s’ouvraient devant moi… autre que de faire attention à moi. Peut-être que nous pourrions profiter un peu de cet été pour passer du temps tous les deux ensemble pour tenter de se apprivoiser à nouveau.
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MessageSujet: Re: there's only black days and sky gray ♦ Willaw

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there's only black days and sky gray ♦ Willaw

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