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Paris, je t'aime (+) Seren&Billie

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : casper.funèbre
TES DOUBLES : Georgie l'hippie.
TON AVATAR : Adelaide Kane
TES CRÉDITS : lilousilver (ava) ; endlesslove (signa) ; coco (crackship)
TA DISPONIBILITE RP : Please stand by. Disponible ~ 2/2 libre.

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RAGOTS PARTAGÉS : 901
POINTS : 979
ARRIVÉE À TENBY : 15/10/2016


ÂGE DU PERSONNAGE : Vingt-et-un ans. (o9.o6.1997)
CÔTÉ COEUR : Célibataire attachée à sa liberté.
PROFESSION : Stagiaire à Tenbreak FM, accessoirement étudiante en journalisme.
REPUTATION : Fêtarde et insouciante, la dernière des Carter est clairement une bombe à retardement.



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MessageSujet: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie Dim 4 Juin - 23:23

Paris, je t'aime

ft. Seren A. Vaughan


 
« Où s'en vont-ils, ces baisers qui se perdent quand tu es devant moi ? »
Lorsque Lorsque Sean s’est pointé à Noël avec un billet d’avion, je me souviens avoir pensé qu’il n’avait pas eu la meilleure idée au monde. M’offrir une porte de sortie alors que je venais tout juste de rentrer, ce n’était peut-être pas très malin de sa part. En fait, si on en croit certaines personnes de mon entourage, il aurait plutôt dû m’offrir une laisse. Ou tout bon moyen de s’assurer que je ne partirais plus sur un coup de tête, sans donner signe de vie à qui-que-ce-soit. Une très mauvaise solution, si on y réfléchit bien. Il n’y a pas de meilleurs moyens pour faire fuir une personne que d’essayer de l’attacher. En outre, son geste a été motivé par l’envie de me faire plaisir et pour cause, il ne m’envoyait pas n’importe où. Paris. Pour beaucoup, il s’agit de la capitale de l’amour, de la mode et du bon goût. La ville romantique par excellence. Autant dire que tous les couples rêvent d’y aller. Et autant dire que se voir offrir un billet pour un tel endroit par un charmant jeune homme, ça peut prêter à confusion. Oui, sur le coup, je me suis demandé ce que Sean avait derrière la tête. Heureusement, les explications ont été bien moins compliquées que je ne le pensais. Non, Sean ne rêvait pas d’un voyage romantique avec moi –Dieu merci. La vérité, c’était qu’il m’envoyait voir Devyn, installée là-bas depuis quelques mois, maintenant. Il pensait que ça me ferait du bien. Il n’imaginait pas à quel point. Avec toutes les atrocités que j’ai pu vivre ces derniers mois, quitter Tenby ne m’a plus paru aussi effrayant qu’avant. Surtout que cette fois, je ne suis pas partie sur un coup de tête. Tout était mûrement réfléchi, préparé à l’avance. Je savais où j’allais dormir, ce que j’allais faire et surtout, qui j’allais voir. On dit que le hasard fait bien les choses. Je ne suis pas superstitieuse, je ne crois pas en ce genre de stupidités. Néanmoins, je ne peux m’empêcher d’avoir des doutes, depuis que j’ai préparé ce voyage. Par un caprice du destin, il s’est avéré que Devyn ne serait pas à Paris pour les vacances. Les explications ont été assez floues, des choses à voir, des personnes à rencontrer. Elle a organisé ce voyage depuis si longtemps que je me suis refusée de lui gâcher en lui disant que je débarquais à Paris pour la voir. Au lieu de ça, j’ai préféré lui souhaiter tout le meilleur, tout en songeant à annuler mon propre départ. Et puis, le destin a agi une seconde fois. Parce que je connais quelqu’un d’autre qui se trouve à Paris pour les vacances. Une des rares personnes que je peux encore compter parmi mes amis. Seren.

  C’est assez étrange, quand on y pense. J’ai tendance à me disputer avec pas mal de monde, ces temps-ci. La plupart du temps, ça se finit mal. Il suffit de regarder ma relation avec mon frangin. On en est arrivé à un stade où si on s’adresse deux mots dans le mois, c’est déjà un miracle. La situation n’avait pourtant jamais été aussi grave. Il faut dire aussi qu’avant, Malone avait tendance à revenir vers moi. C’était lui le rempart, dans notre relation. Aujourd’hui pourtant, à force de disputes, il a fini par se lasser de revenir. Ce que je peux comprendre. Et puis, tant mieux d’ailleurs ! Ça nous fait des vacances à tous les deux. Quoiqu’il en soit, ma relation avec Malone est la parfaite illustration de ce que sont mes rapports avec la plupart de mes amis. A force de disputes, j’ai fini par les perdre. Je ne m’en plains pas. C’est un simple constat. Et parmi toutes ces personnes avec qui je suis entrée en conflit, il n’y en a qu’une qui est restée. Seren. J’ai pourtant été horrible avec elle. Lorsque je repense à cette soirée où a éclaté notre plus grosse dispute, je suis systématique prise de remords. Quand on est en colère, les mots peuvent dépasser notre pensée. Mais les mots que je lui ai dits étaient mûrement réfléchis. Je savais qu’ils pouvaient la blesser et pour autant, je les ai quand même dits. Pourquoi ? Pourquoi chercher à blesser l’une des rares personnes qui s’inquiètent encore pour vous ? C’est pourtant si évident. Je voulais qu’elle parte. Ou plutôt, je voulais la faire fuir. Parce que c’est ce que je fais. Je fais fuir ceux qui comptent pour moi. Au moins, de cette manière, je m’assure qu’ils ne me décevront pas par la suite. Qu’ils ne m’abandonneront pas au dernier moment. Quand il sera trop tard. Quand je me serai trop attachée à eux. Je leur offre une porte de sortie, en quelque sorte. En leur montrant un avant-goût de ce qui les attend s’ils s’accrochent à moi. Je suis une cause perdue, s’accrocher, c’est prendre le risque de couler avec moi. Seren l’a bien compris, ça. Elle a vu ce dont j’étais capable, ce qu’elle risquait en restant à mes côtés. Elle aurait pu fuir, elle aurait pu abandonner. Je ne lui en aurais pas tenu rigueur, j’aurais compris. Mais non. Elle est restée. Elle a accepté cette part sombre qu’il y a en moi. Cette noirceur que je masque aux autres avec du sarcasme et une trop grande gueule. Alors oui, c’est assez étrange. De toutes les personnes qui m’entourent, je n’aurais jamais pensé que Seren serait cette personne. Vous savez, cette personne qui vous fait sortir de vos gonds, qui vous pousse dans vos derniers retranchements, juste parce qu’elle sait que c’est ce dont vous avez besoin. Cette personne qui ne prend pas peur à la première dispute, ni même à la cinquantième. Cette personne qui s’impose dans votre vie si naturellement, que c’est comme si elle en avait toujours fait partie. Que c’est inimaginable de songer à une existence sans elle. Seren apparait de plus en plus comme cette personne à mes yeux. C’est surprenant. Et d’un autre côté, c’est si évident. Seren et moi, nous sommes les mêmes. On essaye d’être fortes, mais dans le fond, un rien nous effraie. Le monde nous effraie. Cependant, quand je suis avec elle, je n’ai plus peur. Je me sens invincible.

  C’est pour cette raison que je suis impatiente à l’idée de la revoir. Alors que l’avion fait sa descendante dans le ciel, je sens l’excitation grandir en moi. Cette année a été horrible pour moi, mais j’ai le sentiment que ce séjour à Paris sera capable de me faire oublier tous mes malheurs. Ce sera comme une parenthèse, une bulle dans laquelle Seren et moi allons nous installer, pour quelques jours. « … nous espérons que vous avez fait un bon voyage… » L’annonce résonne dans l’avion, d’abord en français, puis en anglais. Je ne l’écoute pas, trop occupée à récupérer mon sac, pour mieux quitter l’engin mécanique au plus vite. Alors que nous sortons tous, une femme me bouscule avant de m’adresser un regard plein de mépris. Lorsqu’elle s’adresse à ce qui me semble être son compagnon, je suis incapable de saisir ce qu’elle raconte. Aussitôt, je comprends que j’ai affaire à une française. D’où le regard mécontent et l’absence de politesse. C’est bien connu, les français sont des éternels insatisfaits. Même pas capables de présenter leur excuse quand ils sont en faute. Mais peu importe. Rien ne pourrait venir ternir ma journée. Je vais revoir Seren. C’est tout ce qui m’importe depuis que Sean m’a déposée à l’aéroport. A vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je suis si excitée à l’idée de la revoir. Je ne devrais pas, pas vrai ? Je veux dire, c’est juste une amie. C’est toujours réjouissant de revoir une amie, mais ce n’est pas comme si je ne l’avais pas vue depuis des années. Ça ne fait que quelques semaines. Et pourtant, j’ai l’impression que ça fait des mois. Une bizarrerie de plus à ajouter à la liste. Mais là encore, je décide de ne pas y prêter attention. Je suis sortie de l’avion et tout ce qui importe à présent, c’est de trouver Seren. Comme je ne comprends pas un mot de ce qui est noté sur les indications, ni même de ce que me raconte la douanière –qui pourtant s’exprime en anglais-, je me contente de suivre le mouvement. J’arrive enfin dans la zone où attendent les proches des voyageurs. Évidemment, il faut qu’il y ait un monde fou. M’arrêtant au beau milieu du chemin, je balaye la salle du regard, à la recherche d’une tête rousse. Par chance, les petites rousses, ça ne court pas les rues. Surtout celles qui agitent un panneau avec votre nom inscrit dessus. Tout est dans la demi-mesure avec Seren. Pendant une seconde, je me contente de la regarder, incapable d’avancer. Je veux capturer cet instant. Je ne sais pas pourquoi. A vrai dire, j’ai toujours pensé qu’on ne sait jamais quand un instant va être important. Et pourtant, je suis soudainement envahie d’une émotion nouvelle. Je sens que ce moment va compter. Mais le sentiment ne dure pas. Un instant, je suis là, stoïque, à admirer mon amie et l’instant d’après, j’ai repris ma marche en sa direction. Je n’en reste pas moins déboussolée. Néanmoins, j’essaye de ne pas le montrer à mon amie, je ne voudrais pas qu’elle s’inquiète. Ainsi, lorsque j’arrive à sa hauteur, je m’efforce d’afficher mon plus beau sourire. C’est facile, en vérité, il me suffit de voir celui de Seren pour retrouver le mien. « Yo p’tite tête. » que je dis, essayant de paraître plus cool que je ne le suis. « Je t’ai manquée, j’espère. » j’ajoute, en souriant. Je suppose qu’elle attend que je la prenne dans mes bras, mais, même si l’envie ne manque pas, je préfère m’abstenir pour le moment. Voir si elle se décide à faire le premier pas ou pas. « Je vois que tu n’as pas fait les choses à moitié. » Je montre la pancarte qu’elle tient toujours dans ses mains. Sans cette dernière, je n’aurais peut-être pas été capable de la reconnaître, dans cette foule. Alors, même si, je ne peux m’empêcher de noter la ressemblance avec ces comédies niaises à la Love Actually, pour une fois, je dois avouer que je suis bien contente que mon amie voie les choses en grand.

 

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ARRIVÉE À TENBY : 21/07/2014

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PROFESSION : Étudiante en cinéma / employée à la vidéothèque
REPUTATION : Elle n’était sensée partir que quelques mois. Elle a passé neuf mois au loin. Mais elle semble étrangement épanouie. Vous croyez qu’elle a un copain? Pourtant elle est toujours entourée de filles!



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MessageSujet: Re: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie Mer 7 Juin - 0:37

La veille du grand départ, j’étais assise dans mon lit, le même lit que j’occupais depuis que j’avais remplacé mon lit de petite fille par celui de "grande" à mes huit ans, avec mes pieds qui pendouillaient sur le dessus de ma valise en me disant que c’était probablement la chose la plus folle que j’avais fait de toute ma vie. Je n’avais jamais voyagé plus loin qu’Edinburgh avec l’école. Un petit voyage scolaire en terrain connu. Dans un milieu que je ne connaissais pas mais dont ma langue était maîtrisée à la perfection. Ce que j’allais faire dans une petite dizaine d’heures, c’était l’Aventure. La grande. Celle avec une majuscule imposante à son origine et qui faisait sans doute un peu peur au final.

Quand j’avais reçu la lettre qui me permettait ce voyage, je n’avais pas eu ce sentiment d’appréhension qui avait à présent plein contrôle sur mon ventre. J’étais peut-être juste trop heureuse de voir le vent tourné sur le sentiment de vide que je ressentais. Un vide présent à tous les niveaux et que j’avais créé du moins en partie. Un vide social, parce qu’à force de ne plus renvoyer les messages, le téléphone avait simplement fini par arrêter de sonner. Un vide sentimental, parce que j’avais jugé nécessaire de me couper de mes émotions pour survivre par-dessus le tourbillon que je ressentais. Un vide créatif, parce que mon vide émotionnel avait lui-même conditionné ce manque d’inspiration sur les couleurs du monde. J’avais été remplacé par un sentiment d’espoir. Un doux sentiment que la vie me tendait les bras.

Mais ce soir-là, avant de prendre l’avion, j’étais terrorisée. Demain, papa me conduirait jusqu’à Cardiff où avec ma valise – plus pleine de matériel cinématographique que de vêtement, j’allais prendre l’avion pour Paris. Mon souffle était court. Et quand mon père était passé pour me souhaiter bonne nuit, j’avais même murmuré un petit « Tu vas me manquer. ».

La tête appuyée sur le hublot de l’avion, j’avais eu peur et j’avais été excitée. Un curieux mélange d’émotion qui m’avait habité pendant tout le vol. Et j’avais eu l’impression d’être importante quand, après l’atterrissage et la récupération de mes bagages, j’avais compris que j’étais attendue. C’était un chauffeur avec une affiche à mon nom qui m’attendait. L’impression était parfaite pour que je tombe immédiatement amoureuse de Paris. J’avais été d’abord reconduite jusqu’à un studio minuscule dans lequel j’avais déposé ma valise avant d’être amenée directement sur le plateau pour y rencontrer le réalisateur. La jeune quarantaine, un peu intimidant, mais j’avais été immédiatement introduite à l’équipe et briefée sur mon rôle au sein du plateau de tournage.

Avril avait succédé à mars en un clin d’œil. Les heures étaient longues au boulot mais tellement enrichissantes que je ne les avais jamais vu passer. J’avais beau être debout à cinq heures (du matin) et finir à vingt et une heure passée. Je ne me sentais pas fatiguée. Ce regain d’énergie, je l’avais espéré. J’avais retrouvé un semblant de voix. Je donnais des idées mais prenait également un grand nombre de note sur les différentes étapes, les éléments important à retenir.

Les bourgeons avaient pris leur place en mai sur le sommet des arbres dans le parc. Et j’avais réussi à me lier d’amitié avec quelques-unes des filles de la production. Pas vraiment de garçons. Mon blocage était encore présent que je le veuille ou non. Mais il fallait avouer que je n’avais pas prévu certains éléments dont la barrière de la langue avec les français – et ça pouvait sembler un peu naïf mais c’était parfois exaspérant de ne pas entièrement comprendre tout ce qui se passait autour de moi. Mais il y avait les filles de l’équipe qui m’avait servi de filet pour me rattraper dans cette étrange chute. Au détour des discussions, elles avaient enchainé les confidences. Deux d’entre elles, une maquilleuse et une caméraman dans la jeune trentaine étaient un couple établi depuis une petite dizaine d’année. Elles avaient compris sans que j’aie vraiment besoin d’expliquer. Mon bagage, mon passé et ce besoin de s’affirmer que j’avais ressenti renaître. Elles avaient vu l’envie dans mon regard quand elles se tenaient la main en public. Malgré mes réticences, à la fin du mois de mai, j’étais même prête à les suivre dans des bars qui n’étaient fréquentées que par des femmes. Et ça m’avait fait une curieuse impression. L’impression que c’était possible de s’affirmer, de s’aimer dans ce bas monde. J’y étais retournée quelques fois. Toujours accompagnée. Je n’étais jamais partie avec personne. Mais l’ambiance enfumée, la tendresse visible parfois entre certaines femmes, cette notion de cour qui se dessinait entre un verre ça avait réveillé en moi une curieuse envie de liberté. Une envie d’écrire. Une envie de créer. Ça avait probablement contribué à réveiller cette flamme que je croyais éteinte à jamais en moi.

Juin avait amené dans ces valises l’idée du départ. Le tournage tirait à sa fin. Et ironiquement, j’étais plus anxieuse à l’idée de retourner à la maison que j’avais été à l’idée de partir de la maison. Chez moi me semblait avoir pris la forme d’une cage de fer dans laquelle j’aurais pu si facilement étouffé. J’avais besoin d’espace pour m’épanouir. Besoin d’ouvrir la porte, de la défoncer cette porte pour me donner le droit de respirer, d’exister, de créer. Et pourtant, la maison me manquait. L’anglais me manquait à l’extérieur du petit groupe séculaire que représentait le plateau de tournage.

C’était peut-être pour cette raison que ça m’avait fait étrangement chaud au cœur quand j’avais reçu l’appel de Billie pour m’annoncer qu’elle venait me rejoindre. J’avais nerveusement noté toutes les informations dans le petit calepin que je trainais avec moi pour être certaine de ne rien manquer. C’était une expérience qui me donnait un agenda de ministre. Mais pendant sept jours, j’étais prête à déployer ciel et terre pour lui faire passer un bon moment et lui faire découvrir la ville telle que je l’avais connue. Bon. Sans insister sur certains des bars dans lesquels j’avais trouvé un certain réconfort.

Mais la veille, encore une fois de son arrivée, je m’étais de nouveau senti nerveuse. C’était un samedi. Mon dernier avant de prendre l’avion. Nous reviendrons ensemble à Cardiff où mon père et mes sœurs viendraient me récupérée. J’avais eu de la difficulté à trouver le sommeil. Et le matin, j’avais viré à sac mon appartement pour extraire cette robe que j’avais acheté sous le conseil de Marion, une des filles avec qui je me tenais. Je l’avais peut-être porté deux fois. Une petite robe soleil dans des teintes de bleus. Le genre de chose que je n’aurais jamais osé remettre trois mois plutôt. Un petit sac à dos sur le dos, des espadrilles dans les pieds, je pris le métro de manière à arriver beaucoup trop tôt à l’aéroport avec une affiche roulée sur le bras. Elle était moins sérieuse que celle qui m’avait accueillie – austère en noir et blanc. Non! La mienne était écrite en rose avec des paillettes. Et je me retrouvais à attendre impatiente son arrivée. Je trépinais d’impatience en fixant l’heure des arrivée et la porte comme si j’attendais le messie.

Mes yeux scrutent la foule avec une attention particulière. Et quand je la vois à l’autre bout du terminal, j’ai une espèce d’envie folle de courir pour aller la prendre dans mes bras malgré le fait que je me rappelle de notre engueulade. Ça me fait tellement bizarre de la revoir ici. Une cascade de sentiments tous différents m’envahit après qu’elle se soit arrêté. Elle ne m’a peut-être pas remarqué. L’affiche est peut-être trop petite! Mais elle reprit sa marche vers moi. J’ai l’étrange impression d’être une enfant le soir de Noël et je tapote du pied en la voyant se rapprocher. C’est un sourire radieux qui envahit mon visage. Après un éclat de rire, je réplique : « Salut adorable Billie! » Il y a une curieuse distance physique entre nous. Peut-être parce que j’ai l’impression d’avoir renoué avec celle que j’étais avant de me faire agresser. Celle qui aimait les câlins et les contacts physiques. Celle qui prenait presque plaisir à flirter avec autrui. D’un ton moqueur, je réplique également à sa moquerie à savoir si elle m’a manqué : « Nah! J’ai fait un gros signe parce que tu ne m’as pas du tout manqué! »

Le contraste doit être frappant avec la Seren qu’elle a vu la dernière fois. Celle qui je souriais plus, celle qui étouffait lentement dans sa vie, dans son mensonge. Partir m’avait fait un bien fou mais la revoir… la revoir en faisant signe qu’elle faisait partie de celle qui savait plus ou moins tout ce que j’avais traversé me faisait du bien. J’avais repris du poil de la bête. Repris gout à la vie et au fait de respirer et d’être simplement en vie. « Pourquoi diable aurais-je fait les choses à moitié? » demande-je en arquant un sourcil. « Tu ne comprends pas à quel point ça me fait plaisir de voir quelqu’un qui parle un niveau d’anglais potable. » rigolais-je doucement avant de me laisser tomber dans ces bras pour un câlin sans lui demander son avis.

« Bienvenue à Paris! » commence-je par dire dans un français magnifiquement plus terrible que chaque mot d’anglais qui avait jamais été prononcé dans cet aéroport surpeuplé qui m’aurait fait avoir une crise d’angoisse il n’y a pas si longtemps que cela. Je chassais la main de sa valise pour la prendre. « Tu vas bien? Tu as fait bon voyage n’est-ce pas? » demandais-je avec un magnifique sourire avant de prendre doucement le pas vers le côté. « Si tu as faim, je connais un magnifique petit bistro pas trop loin de chez moi. On pourrait aller déposer ta valise que tu viens de te faire kidnapper par moi. » déclare-je avant de lui tendre doucement le bras.

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Would you still love me, Father, if you knew what happens in my wildest dreams? Would you see me as a monster, a unforgivable sinner?
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MessageSujet: Re: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie Mer 7 Juin - 14:32

Paris, je t'aime

ft. Seren A. Vaughan


 
« Où s'en vont-ils, ces baisers qui se perdent quand tu es devant moi ? »
Je me souviens encore de la première fois que j’ai pris l’avion. Quand maman avait été appelé à Londres par un de ces clients, j’avais insisté pour qu’elle m’emmène avec elle. Je n’avais alors pas huit ans. Comme il était évident qu’elle ne pourrait s’occuper de moi si elle voulait être efficace sur son affaire, et également que je ne m’ôterais pas aussi facilement l’idée de la tête, il avait été décidé que toute la famille partirait ensemble. Ce serait un voyage à la fois professionnel et éducatif. Autant dire que la gamine que j’étais à l’époque était plus excitée qu’une puce, en montant dans l’avion. Moi, d’habitude si calme, je ne tenais plus en place. Les premières expériences sont toujours les plus palpitantes, après tout. Et celle-ci fut mémorable. Parce qu’après l’impatiente était venue la peur. J’ai longtemps été le genre de fille effrayée par ce qu’elle ne comprend pas. Un trait de famille, sûrement. En outre, le mécanisme d’un avion n’est pas évident pour tout le monde. Encore moins pour une gamine de huit ans. Ainsi, lorsque l’avion a décollé, je n’ai pu m’empêcher d’être prise de panique. Heureusement, Malone était là. Il m’a soutenue, il m’a rassurée quand personne n’en était capable. Pas même mes parents. Déjà à l’époque, j’aurai dû voir quels mauvais parents ils faisaient. J’aurais dû comprendre que je ne pourrais jamais compter sur eux. Est-ce que cela voulait dire que je pouvais compter sur Malone ? Non. Non, Malone se rapproche toujours plus de papa. Il finira comme lui. Et pour cette raison, je ne peux plus m’autoriser à l’aimer. Parce que tôt ou tard, il me décevra. Et je ne veux plus être déçue. En attendant, cette première rencontre avec un avion m’aura au moins servi de leçon. Par la suite, j’ai toujours cherché à saisir toutes ces choses qui ne nous sont pas acquis de naissance. Je n’en suis devenue que plus ouverte encore.  

  C’est peut-être pour ça que je n’ai pas « mal » réagi quand Seren m’a parlé de sa sexualité. Certes, les temps ont changé. On vit dans un monde où l’homosexualité n’est plus systématiquement stigmatisé. Ce n’est pas encore les années soixante-dix et l’ouverture à l’hypersexualisation, mais il y a du progrès. D’autant plus que, contrairement à cette époque, on cherche à comprendre, à se mettre à la place de ceux trop souvent persécutés. Les hippies acceptaient tout le monde, mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’ils les comprenaient. En attendant, oui, je pense que nous vivons dans un monde plus ouvert. Néanmoins, les gens ne sont pas tous disposés à comprendre ceux qu’ils voient comme différents qu’eux. En outre, à Tenby, l’ouverture d’esprit n’est pas une qualité partagée par tous. Nombreux sont ceux qui demanderaient à ce que les homosexuels soient exorcisés. Je suis sûre que les Griffiths se feraient une joie de parler à Seren de son « problème ». Et si ce n’est pas eux, ce sera le père de cette dernière. C’est ce que je crains, malheureusement. Ce que Seren craint aussi, d’ailleurs. Elle a toujours été si proche de son paternel et ne s’est détachée de lui que depuis qu’elle connait ses préférences. Et depuis l’incident, aussi. « L’incident ». Tu parles. « L’agression » serait plus précis. Quand Seren a lâché la bombe, au cours de notre dispute, j’avoue que j’ai été sous le choc. Ce n’était pas possible. Comment quelqu’un de censé pouvait s’en prendre à une personne aussi adorable ? Et puis, la surprise passée, la colère a pris sa place. Qui ?! Bon sang, qui lui avait fait du mal ?! Je voulais le savoir, le trouver et m’assurer qu’il ne puisse plus jamais faire de mal à qui que ce soit. Je ne voulais pas qu’il meurt, non. Je voulais juste lui faire très, très mal. Mais quand bien même Seren aurait su de qui il s’agissait, elle ne me l’aurait pas dit. Elle avait dû voir que je bouillais de colère. Déjà que je suis impulsive, si maintenant, j’étais en colère… c’était le cocktail explosif. Il valait mieux éviter. Ainsi, elle ne m’en a pas dit plus et nous n’en avons plus reparlé. A vrai, nous n’avons tout simplement plus parlé de cette soirée. C’est plus simple comme ça. Ça nous donne l’impression d’être normal. Deux jeunes filles ordinaires dans la ville de Paris. Voilà comment s’annonce cette semaine en France.

  Un voyage qui commence sur ce qui semble, soudainement, être la plus belle vue de Paris. Non, ce n’est pas la Tour Eiffel ou les Champs Élysées. Nous sommes toujours dans cet immense aéroport et la foule nous encercle toujours. Mais pendant un instant, je me suis arrêtée, pour regarder la scène. Et j’ai été éblouie par cette beauté. Sa beauté. Seren rayonne. Il me semble que cela fait des années que je ne l’ai pas vue rayonner. Oh, quand bien même elle broyait du noir, elle restait belle, c’est évident. Une beauté cachée à ceux qui, contrairement à moi, n’avaient pas un œil expert. Une beauté sombre qui avait son charme, à l’époque. Cependant, je dois avouer que je préfère celle d’aujourd’hui. Celle qui illumine l’aéroport. Celle qui m’a immédiatement permise de la reconnaître. Certes, sa chevelure rousse l’a trahie dès le départ. Néanmoins, ce n’est pas ce qui m’a fait m’arrêter pendant un instant. C’est un tout. Ce sont ses longs et doux cheveux roux, bien entendu. C’est aussi son visage parsemé de tâches de rousseurs, qu’un jour, je me suis promis de compter. Ses yeux d’un brun si sombre que, parfois, j’ai du mal à distinguer la pupille de l’iris. C’est son petit nez légèrement retroussé. Son sourire que je chéris à chaque fois qu’il m’est adressé. Et puis, c’est son corps, trop maigre et trop fragile, à ses yeux, qu’elle a tendance à cacher avec des vêtements trop amples pour elle. Pourtant, aujourd’hui, elle n’a pas honte de l’exciter. Et autant dire qu’elle n’a jamais paru aussi jolie qu’à cet instant, dans sa robe teintée de bleu. Oui, mon amie est incroyablement jolie. A tel point, qu’elle a réussi à me faire arrêter dans mon élan, ce qui, soyons honnête, n’arrive jamais. Et puis, j’ai réussi à me reprendre pour me diriger vers elle. Pour la saluer, cette amie qui m’a tant manquée. Cette amie que j’ai quittée plus triste que jamais et qui me revient épanouie, pour une raison qui m’est inconnue. Est-ce l’air français qui lui a fait tant de bien ? Si c’est le cas, j’espère qu’il fonctionnera également pour moi. J’ai bien besoin d’un peu de bonheur dans ma vie, en ce moment.

 « Nah! J’ai fait un gros signe parce que tu ne m’as pas du tout manqué ! » me dit Seren quand je lui demande, de façon détournée, si je lui ai manqué. « Ouais, c’est bien ce que je me disais. Autrement, t’aurai vu les choses en plus grand encore. » je lui réponds en lui adressant un petit clin d’œil. Parce que je crois qu’il est impossible de voir les choses en plus grand, justement. La pancarte qu’elle tient est d’ailleurs presque trop grande et de fait, trop lourde, pour elle. Et puis, trop de paillettes, trop de rose. Une overdose de gaieté. Une niaiserie qui me rappelle la Seren d’avant. Celle qui avait le don pour me redonner le sourire, même dans les pires moments. Elle poursuit sur sa lancée, le ton toujours joyeux : « Tu ne comprends pas à quel point ça me fait plaisir de voir quelqu’un qui parle un niveau d’anglais potable. » me fait-elle remarquer en riant. E je m’apprête à lui répondre sur le même ton, mais elle me prend de court. Brisant les barrières invisibles entre nous, elle se jette dans mes bras. Sur le coup, je suis complètement paralysée, plus habituée à ce genre de manifestations d’affection. Avant déjà, Seren et Almeda étaient les rares personnes qui pouvaient m’enlacer sans craindre les représailles. Néanmoins, Almeda est loin physiquement et Seren a été très longtemps loin psychiquement. Aujourd’hui, la seule personne avec qui je m’autorise d’être un minimum mielleuse, c’est Sean. Et encore, ça dépend des jours. Alors autant dire que lorsque mon amie me prend dans les bras, j’ai un moment d’absence. Et puis, je me rappelle qu’il s’agit de Seren et que c’est bien son style de serrer les gens dans ses bras pour les saluer. Je me laisse aller à la prendre dans mes bras à mon tour, rien qu’un instant. Étrangement, c’est déjà suffisant pour alléger un peu mon cœur. Et puis, je la repousse doucement. « Attend… tu veux dire que je ne t’ai manqué que parce que je parle anglais ? » je fais, faussement outrée. « Moi qui croyais que c’était ma joie de vivre et mon charme naturel qui t’avaient manqué. » j’ajoute, avant de rire légèrement. Je ne sais pas si c’est l’air parisien ou l’œuvre de Seren, mais je me sens déjà bien plus décontractée qu’au moment de quitter Tenby. Je m’autorise même à rire, ce qui, depuis quelques temps, n’arrive plus aussi souvent que je le souhaiterais. En même temps, à Tenby, tout est compliqué. Il y a Malone, il y a les rumeurs stupides qui m’entourent, il y a la pression parentale qui se fait toujours sentir. A Paris, il n’y a que Seren et moi, et la barrière de la langue, qu’il va visiblement falloir surmonter. Moi qui comptais sur Seren… c’est raté. Oh, elle ne s’en sort pas si mal. Lorsqu’elle me souhaite bienvenue dans un français plus que correct, je me dis même qu’au final, on s’en sortira peut-être. « Merci. » je lui réponds en français également. C’est à peu près le seul mot que je connais dans cette langue. Ça et « baguette », « croissant », « saucisson ». Autant dire qu’on n’ira pas loin avec mes connaissances. Au moins, on ne mourra pas de faim. « Tu vas bien? Tu as fait bon voyage n’est-ce pas ? » Seren me demande, affichant toujours son plus beau sourire. « Oui et oui. Je n’aime toujours pas les avions, mais ça va, j’ai survécu. » je lui réponds en poussant un soupir. Non, même si j’ai approximativement appris comment fonctionne l’engin, je n’en suis toujours pas fan. « Et toi, tu vas bien ? Tu rayonnes, dis-moi. L’air parisien a l’air de te réussir. » je lui fais remarquer, en souriant à mon tour. Puis je la vois me prendre ma valise des mains et je lève les yeux au ciel lorsqu’elle me fait remarquer qu’elle la kidnappe. « Si elle n’était pas montée sur roulettes, tu ne ferais pas trois pas avec, skinny. » je lui dis en riant, avant de prendre le bras qu’elle me tend. « Non mais sérieusement, c'est du spaghetti ton bras. Je vais t'entrainer, moi, tu vas voir. Quand tu rentreras, on te surnommera Rocky Balboa et...  » Je m’arrête un instant. Seren a évoqué un potentiel endroit où manger et il ne m'en a pas fallu plus pour avoir faim. Ce que mon estomac ne manque pas de signaler à mon amie, en cognant sans la moindre discrétion, à mon plus grand désarroi. « Tu sais quoi ? Je crois que le bistrot, c’est une bonne idée. Déposons cette valise et filons manger. » je lui dis en la tirant presque hors de l’aéroport.  

 

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MessageSujet: Re: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie Sam 10 Juin - 1:52

Pendant des mois, j’avais cessé de respirer entièrement. De l’extérieur, on aurait simplement dit que j’avais cessé de parler. Mais en fait, c’était plus que cela. L’air m’avait semblé brusquement disparaitre quand j’avais été confronté à la dure réalité du monde, à son côté sombre. Atterrir ici m’avait fait l’effet d’une véritable bouffée d’air frais, d’une éclaircie dans une de ses longues journées de pluie que nous avions un peu trop souvent au Pays de Galles. C’était merveilleux pour moi d’avoir cette chance de vivre cette expérience. Le côté pédagogique était important – j’avais appris plus que ce que je voulais admettre. Mais ce qui surpassait tout, c’était cette liberté.

Je savais que ma pensée rejoignait sans doute celle de Billie dans le terminal : une occasion comme celle-ci, c’était quelque chose qui nous coupait de l’espace-temps, qui nous ramenait dans un présent coupé du train-train quotidien. Mais personnellement, je n’en avais rien à faire. Cette petite bulle me permettait de me refaire une santé mentale et j’avais bien conscience de sa nécessité pour que je tienne le coup. Je reviendrais heureuse à Tenby simplement parce que je m’étais donné du temps pour moi.

Je n’avais pas moyen de savoir si c’était simplement l’air parisien qui me faisait cet effet-là. Mais je la trouvais simplement belle. Il fallait dire qu’elle avait plusieurs atouts qui la rendait magnifique. Ses grands yeux couleur noisette étaient bordés de cils sombres. Ses lèvres étaient pulpeuses et roses. Elle souriait et ça me faisait vraiment chaud au cœur. Sur ce point, elle était comme moi avant d’atterrir ici. Avant, elle souriait beaucoup mais ça appartenait désormais à un passé lointain. De manière générale, elle avait plus de courbes que moi qui était pleine d’angles. Elle venait de couper ses cheveux – ou du moins elle les avait coupés au courant des (presque) trois derniers mois. Le carré de cheveux sombre qui lui entourait le visage tournait dans une jolie cascade qui mettait la forme de son visage en avantage.

Son habit était celui de tous les jours – du moins de ceux qui passaient une journée dans l’avion favorisant le confort face à la monde mais ça n’empêchait pas de la mettre entièrement en avantage. Des baskets sombres, une paire de pantalon de yoga qui aurait sans doute fait se retourner plusieurs hommes (et moi… je me serais retournée probablement dans la rue. Je ne m’étais pas imaginée faire un truc du genre avant quelques semaines et pourtant, ça m’était arrivé), un t-shirt noir à l’image d’un groupe de rock et une veste grise. Mais elle était belle même si elle ne montrait pas autant de peau que ce que je faisais.

Je ne pouvais pas de pas sourire à la vue de mon amie. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être heureuse. Peut-être parce que j’avais retrouvé cette étrange connexion avec mes sentiments que j’avais très honnêtement cru disparu après mon viol. J’avais largué la bombe sur elle quelques temps avant de me pousser et nous n’en avions pas vraiment reparler et ça m’allait. Justement parce que ça appartenait à celle que j’avais laissé derrière moi, celle qui était en partie rester à Tenby avant que je reçoive la lettre qui me proposait un poste sans que je ne pose ma candidature. Une deuxième chance sur un plateau d’argent. Et je l’avais saisie à deux mains pour ne pas la laisser partir ma chance. Parce que j’en avais besoin. Nous avions la chance d’être normales : loin des dettes, des procédures judiciaires et (dans mon cas) d’une homophobie latente dans une maison qui m’amenait lentement mais surement à étouffer.

Tout cela pour dire simplement que j’avais envie de rire, envie de sourire, de respirer et d’être en vie. Ça surpassait la meilleure des thérapies. Je me jouais donc d’humour, je me moquais un peu d’elle et du fait qu’elle parlait anglais. Le cliché était majoritairement vrai – une bonne majorité des français se trainait un fort accent en anglais qui rendait parfois difficile la compréhension dans les échanges même s’ils étaient dans la langue de Shakespeare. Mais c’était charmant malgré tout. Ça faisait partie de cette expérience unique. J’apprendrais peut-être d’autres langues si j’en avais la chance à la fac. Ça pourrait peut-être être utile. « Non! Ce n’est pas la seule de tes qualités qui m’a manqué! Mais elle fait partie du lot! » et c’était vrai, parce que ce genre d’échange aussi faisait partie de ce qui m’avait manqué. Parce que c’était exactement le genre de choses que je ne m’autorisais plus avant, parce que j’étais beaucoup trop mal en point pour me préoccuper de ce genre de chose. « Avec ton charme naturel et ta nouvelle coupe de cheveux qui te va magnifiquement bien. » dis-je en glissant le compliment que j’attendais de placer depuis que j’avais remarqué le changement. C’était le genre de détail que je prenais un plaisir à souligner avant… surtout parce que je regardais plus attentivement les femmes qui m’entouraient que je n’avais jamais regardé les hommes.

Elle commenta son voyage en avion comme une simple survivance ce qui me fit doucement rigolé. J’avais aimé voler – même si l’aventure n’avait pas été particulièrement longue entre les deux. J’avais eu le nez rivé à la vitre comme les enfants dans les films. « C’est bien que tu aies survécu. Je n’aurais pas gardé un cadavre dans mon studio. » dis-je avec un sourire. Le studio qui m’avait été prêté par la production était modeste et minuscule mais assez grand pour deux personnes. Quoi qu’il n’y avait qu’un seul et unique lit… Mais bon, elle était au courant de la situation et nous trouverions probablement le moyen de s’entendre dans l’endroit quitte à se coller un peu sous les draps. « Je trouve le métro parisien beaucoup plus choquant que l’avion personnellement. Trop de gens et de contacts corporels. » commentais-je avec une petite moue. C’était peut-être un des signes qu’il restait de ce traumatisme profond que j’avais ressenti au courant de la dernière année. Je n’aimais pas le fait de sentir la proximité avec les hommes. Même si l’effet était moins dramatique ici… c’était un peu pénible pour moi pour certain gestes et je le savais trop bien. J’évitais le métro, mais il n’y avait pas vingt mille manières de se rendre jusqu’à Charles-de-Gaulle. Le RER restait le moyen le plus économique à ma disposition. Ce qui ne m’empêcha pas de frissonner doucement au fait de penser me coller à d’autres dans un métro un peu trop surpeuplé.

Sa remarque sur ma bonne humeur me fit sourire et m’arracha un « Je crois que j’en avais besoin. » mais je ne savais pas exactement ce qui dans Paris m’avait sauvé. Je savais que je devais tenter de préciser ce que le "en" était. Parce que c’était plus que ce que l’on croyait. « de me retrouver ailleurs… dans une grande ville. Je me suis remis à scénariser. dis-je avec les yeux brillants de petites étoiles. C’était curieux comme sentiment que de pouvoir trouver des raisons pour me sentir bien. Mon art avait été mon exutoire pendant si longtemps et ça me faisait du bien de revenir à la surface en m’accrochant à une bouée de sauvetage qui m’était familière. Mais une autre partie était un peu plus personnelle : « Et… je ne sais pas si tu comprendras mais… j’ai vu des trucs ici que je n’aurais jamais pensé voir à Tenby et c’était… exactement ce dont j’avais besoin. » dis-je. Celui-là concernait ma vie sentimentale d’avantage que la véritable raison de ma présence ici. Et tant pis si des oreilles passantes les entendaient ces mots-là. Bon, ce n’était pas dit de manière explicite mais ce l’était déjà plus que ce que j’aurais dit trois mois plus tôt.

Le commentaire sur mon physique passe à la trappe un moment mais me reste dans la tête malgré tout pendant que je lui proposais un endroit pour manger. C’était un petit ogre sur deux pattes. Un petit chemin nous mène vers le RER B, si je valide avec ma carte navigo, je lui passe pour sa part un billet que j’ai pensé lui acheter « Ton billet pour la semaine. dis-je en lui tendant. Mais l’autre phrase m’était resté sur la gorge un peu. Mais je ne voulais pas l’abordé avec tristesse. Je répliquais finalement avec humour : « Cause toujours, Stuffy! Je savais que tu aurais faim! » J’avais toujours été mince. J’avais frôlé avec le maigre pendant la dernière année parce que l’étrange vide qui s’était créé au fond de moi quand ça s’était produit m’avait coupé la faim. Il avait pris beaucoup trop de place. Trois mois en France à me régaler de pain et de fromage m’avait toutefois légèrement remplumée – mais elle n’avait pas vu sous les pull la maigreur que j’avais eu au pire de ce qui était… selon moi, une dépression. Avec humour, je continuais : « Et saches que ce que tu as qualifié de spaghettis est plus musclé que ce que tu crois! C’est du muscle invisible que j’ai là! » je pointais machinalement le dessous de mes bras maigrichon qui n’aurait sans doute pas impressionner personne mais qui me suffisait personnellement. Ceci ne m’empêcha pas de donner un petit soupire en faisant monté à l’intérieur du RER la valise. Un air sérieux m’habita quelques secondes : « Il a été formé à grand coup de caméra tu sais. C’est plus lourd que tu penses! Tu devrais voir celle du studio elles sont magnifiques. ».

Je devais avouer que je m’accrochais sur son regard plus que sur autre chose. À l’aller, j’avais lu pour ne pas remarquer les gens qui m’entouraient. Mais un homme me frôla d’un peu trop près par derrière et un petit frisson me parcourut malgré le semblant de sécurité qui semblait m’habiter, malgré la confiance que je semblais dégagée. Ce fut instinctuel : ma main qui n’était pas sur sa valise alla doucement chercher la sienne et la serra avec une pression délicate. Continue la conversation comme si de rien n’était, me convainquis-je. « Si jamais tu veux, je… pourrais demandé si tu peux le visiter… »

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ARRIVÉE À TENBY : 15/10/2016


ÂGE DU PERSONNAGE : Vingt-et-un ans. (o9.o6.1997)
CÔTÉ COEUR : Célibataire attachée à sa liberté.
PROFESSION : Stagiaire à Tenbreak FM, accessoirement étudiante en journalisme.
REPUTATION : Fêtarde et insouciante, la dernière des Carter est clairement une bombe à retardement.



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MessageSujet: Re: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie Dim 11 Juin - 15:21

Paris, je t'aime

ft. Seren A. Vaughan


 
« Où s'en vont-ils, ces baisers qui se perdent quand tu es devant moi ? »
A choisir une destination idéale pour s’évader, Paris n’aurait sûrement pas été mon premier choix. C’est, du moins, ce que je me suis dit une fois installée dans l’avion. Non pas que Paris soit inintéressant. Au contraire, je rejoins la majorité pour dire que ce doit sans doute être la ville la plus romantique au monde. Sauf que justement, quand on est célibataire, l’envie de se rendre dans un tel endroit ne nous prend pas subitement. D’autant plus que, comme je l’ai dit, c’est l’évasion que je recherche, moi. Or, il n’y a rien de pire pour quelqu’un qui rêve d’être libre que de se faire passer la corde au cou. Non, je ne suis pas comme toutes ces filles de mon âge qui désespèrent à avoir un petit-copain. Ou une petite-copine. Pour ce que j’en sais, je pourrais tout aussi bien être lesbienne, comme Seren. Après tout, hormis le fantasme puérile qu’a incarné pendant trop longtemps le meilleur ami de Malone, je n’ai jamais été attirée par qui-que-ce-soit. J’ai pourtant vu défiler des canons de beauté dans ma vie. D’où l’intérêt de vivre dans une colocation mixte. Pour beaucoup de filles d’ailleurs, c’est sûrement le seul avantage. Parce qu’autrement, ne faisant pas défaut à leur réputation, les mecs sont de vrais bordéliques. Personnellement, ça ne m’a jamais dérangé. Dans un premier temps, parce que je n’avais pas mon mot à dire. Parce que j’étais habituée et surtout parce que j’appréciais trop la compagnie des fouteurs de merde, justement. La diva Nate, le dandy Sean, le casse-cou Milo et au milieu de tout ça, une Devyn exaspérée et une Billie qui n’aurait pu rêver meilleure colocation. Malheureusement, rien ne dure en ce bas monde, pas même la colocation parfaite. Quand les conflits ont débarqué, j’ai choisi la fuite, seule échappatoire possible pour moi à l’époque.

  Et aujourd’hui encore, à l’affrontement c’est la fuite que je choisis. A Paris. Pas le lieu idéal, comme dit. Quitte à fuir, j’aurai plutôt choisi un lieu à des kilomètres de Tenby. Bien plus loin encore que la France. L’Asie peut-être ? Ou l’Afrique ? Mais qu’est-ce que j’aurai bien pu foutre là-bas, franchement ? Au moins ici, j’ai une bonne raison de venir. Et encore une meilleure de rester. Seren. Seren qui, à cet instant, ne m’a jamais paru aussi jolie. J’ai presque l’impression qu’elle étincelle. Ce qui est complètement stupide et niais, je le conçois. Manquerait plus qu’une musique mielleuse à souhait et on pourrait se croire dans un spot publicitaire pour une marque de parfum. Après tout, ils ont toujours des spots ridicules qui n’ont absolument rien avoir avec le produit en vente. Heureusement, me sortant de ce cliché saugrenu, mon amie me fait remarquer que ma capacité à parler anglais lui a manqué. Quelle délicatesse de sa part. Mais elle se rattrape bien vite : « Non! Ce n’est pas la seule de tes qualités qui m’a manqué! Mais elle fait partie du lot ! ». Aussitôt, je lui lance un regard inquisiteur. « C’est ça, rattrape-toi. » je lui lance, prétendant toujours être vexée avant de finalement me trahir en un sourire. D’autant plus qu’elle complimente ma coiffure, faite sur un coup de tête. Un compliment. Voilà quelque chose que je n’entends plus si souvent. Quand on ne fréquente plus personne, c’est le risque. Heureusement, il m’en faut plus pour être déstabilisée. Décomplexée, je passe ma main dans mes cheveux d’un geste nonchalant. « Merci. » Puis, je ne peux m’empêcher d’ajouter en la regardant encore une fois de haut en bas : « Il fallait bien que je fasse un effort pour être à ta hauteur. Regarde-toi, dans cette robe, tu es… » Il me faut un instant de réflexion avant de pouvoir trouver le mot à même de rendre compte de la perfection qu’incarne Seren à cet instant. « … sublime. » je finis par dire dans un français plus que médiocre. Si le mot est le même dans les deux langues, mes cours de français m’ont suffisamment traumatisé pour que je sache que le i se prononce /I/ et non /aI/. D’ailleurs, toute la prononciation est différente et j’ai sans doute dû massacrer la version française, mais je suis sûre que Seren m’accordera des points pour avoir essayé.  

  La conversation se poursuit sur un ton léger. Je suis même surprise que Seren relève l’expression employée pour parler de mon périple en avion. Une autre raison pour laquelle je n’aurai jamais pu aller en Afrique ou en Asie. Une heure d’avion en première classe –Sean ne fait pas les choses à moitié- a déjà manqué de me tuer. Qu’est-ce que ce serait d’en faire vingt de plus dans classe moyenne ? « Un cadavre, certes, mais un cadavre très sexy. Imagine les possibilités. » je lui fais remarquer en jouant des sourcils, avant de rire. A vrai dire, je suis presque sûre qu’à la fin de la semaine, elle se mettra à souhaiter que je n’ai pas survécu au voyage. Après tout, d’après certains, je suis une vraie emmerdeuse. J’espère juste que Seren ne le remarquera pas trop vite. Ça pourrait bien gâcher notre périple, ces conneries.  « Je trouve le métro parisien beaucoup plus choquant que l’avion personnellement. Trop de gens et de contacts corporels. » m’avoue-t-elle et je ne peux m’empêcher de lui adresser un regard inquiet. Après ce qu’elle m’a raconté, je comprends parfaitement qu’elle ne soit pas à l’aise dans ce genre de transports. A moi aussi, l’idée d’être collée contre d’autres personnes ne me réjouit pas. J’ose à peine imaginer pour elle. Je me souviens à Londres, aux heures de pointe. Les plus petits finissaient presque par mourir étouffer. D’ailleurs, je suppose que l’engin a été créée par un homme. Il n’y a qu’un homme pour parvenir à rendre une femme vulnérable rien qu’en prenant un transport en commun. « T’en fais pas, je suis là pour te protéger, maintenant. » je lui réponds, me voulant rassurante. C’est sûr que, comme ça, je ne paie pas de mine. Cela dit, la boxe a ses avantages. En outre, je bastonnerai le premier qui essaiera de s’en prendre à ma Seren. Ma Seren, c’est bizarre, dit comme ça. Ce n’est pas un objet, elle ne peut pas m’appartenir. Pourtant j’aimerais bien, parfois. J’ai perdu trop de gens importants, ces derniers temps. J’aimerais bien, juste une fois, avoir quelqu’un rien que pour moi. Rien qu’à moi. Et c’est égoïste, je le sais. Et je me dégoûte d’y avoir pensé. Mais dans le fond, on est tous pareil. On veut tous être le centre du monde de quelqu’un. C’est mal de vouloir être celui de Seren ? Sûrement. Oui. Sûrement.

 « Je crois que j’en avais besoin. » Une fois encore, c’est la voix de mon amie qui me sort de mes pensées. Je la regarde perplexe, ne comprenant pas ce qu’elle entend par ce « en ». Qu’avait-elle besoin, au juste ? « de me retrouver ailleurs… dans une grande ville. Je me suis remis à scénariser. » précise-t-elle et je ne peux cacher ma joie en entendant ça. Je ne sais que trop bien l’importance du cinéma dans la vie de Seren. Quand elle a menacé de tout abandonner, quand elle a songé à ne pas poursuivre ses études… c’est à ce moment-là que j’ai réalisé l’ampleur des dégâts. Que j’ai compris que ce n’était pas seulement son placard qui l’étouffait. C’était pire, bien pire. Aujourd’hui pourtant, elle se décide à scénariser une nouvelle fois. Et là encore, je réalise que sa cure a fait des miracles. Peu importe ce que c’est. Elle va mieux et je ne pourrais être plus heureuse pour elle. « Tu scénarises ? Mais c’est génial ! Depuis quand ?! Tu es sur un projet sérieux, en ce moment ?! Je pourrais y jeter un coup d'oeil ? Non. Je veux jeter un coup d'oeil. Et aucune excuse ne sera acceptée. » Je suis surexcitée par cette nouvelle. Parce que je ne sais que trop bien ce que c’est, de devoir abandonner son rêve. Ou de connaître des délusions. Et je ne souhaiterai ça à personne. Surtout pas à Seren. De fait, cette nouvelle qui semble pourtant sans importance, pour ceux qui ne connaissent pas mon amie, ne peut que me faire sourire, une fois de plus. Sourire. C’est drôle, ça. Depuis mon arrivée à Paris, je ne fais que ça. Pourtant, voilà une chose que je ne fais pas spontanément habituellement. Ou plutôt, que je ne fais plus. Pas depuis que j’ai compris comment le monde fonctionne. Le monde nous baise, c’est un fait. Le truc, c’est qu’il le fait sans consentement aucun. Alors, non, je ne vais pas en plus lui sourire pendant qu’il profite de moi. C’est pour ça qu’il m’est difficile de trouver encore du positif dans ma vie. Suffisamment pour sourire sans avoir à me forcer. Il en allait de même pour Seren avant. Mais avant quoi ? J’ai beau cherché, je ne comprends pas comment mon amie a pu changer aussi rapidement. A vrai dire, si, j’ai bien ma petite idée. Il me suffit d’observer un couple dans l’aéroport pour le remarquer. A bien des points, les deux filles qui viennent de se retrouver me rappelle Seren et moi. Jusqu’à ce qu’elles s’embrassent. Elles le font comme ça, sans aucune appréhension. Et elles ont bien raison. Personne ne les regarde de travers, personne ne fait de remarque désobligeante. Je remarque subitement que la seule à avoir réagi, c’est moi. Je me suis arrêté de respirer net. Parce que j’avais peur pour elles. Parce qu’à Tenby, tu ne peux pas faire trois pas sans être jugé pour ce que tu es. Que ce soit ta sexualité, tes idéaux, même ton métier peut te faire défaut. Mais Paris n’est pas Tenby. C’est bien pour ça qu’ici, Seren est si épanouie. D’ailleurs, je crois que c’est ce qu’elle essaye de m’expliquer, lorsqu’elle bafouille, cherchant ses mots, pensant que je ne pourrais pas comprendre. Je me contente d’acquiescer, je vois très bien ce qu’elle veut dire. Ici, elle n’a pas peur du jugement des autres. C’est une chose qu’on ne connait pas, à Tenby.


 Finalement, Seren se décide à m’entrainer vers la sortie, puis m’amène vers le RER. J’avoue que je suis complètement perdue et je ne peux que me reposer sur le sens de l’orientation de mon amie. Chose que je déteste faire, habituellement. C’est comme ça, je suis faite pour être le leader. Alors, oui, accepter de baisser ma garde n’est pas chose facile. Cela dit, je le fais. Parce que je n’ai pas le choix. Et puis, parce que c’est Seren, aussi. Il n’y a qu’avec elle que j’ose le faire. Montrer ma vulnérabilité ne semble plus aussi effrayant avec elle. D’ailleurs en parlant de vulnérabilité, après qu’elle m’a tendu mon billet pour la semaine, que j’accepte en la remerciant, elle ne peut s’empêcher de rebondir sur un autre de mes propos. Stuffy. « En même temps, tu sais parfaitement que j’ai toujours faim. Eh oui, c’est bien moi, Billie, l’estomac sur pattes. » je lui réponds en riant. Si je ris de bon cœur à cette appellation, je ne peux m’empêcher de lui adresser un regard empli de fierté. Car cette remarque sur son poids plume n’était pas qu’une boutade. C’était un test. Un horrible test préparé dans l’avion et que je ne pensais finalement pas faire. S’il y a une chose que Seren ne supportait plus, quand elle allait mal, c’était son corps. Et les réflexions dessus ne passaient jamais. Or, alors qu’habituellement elle m’aurait répondu agressivement –ou du moins, aussi agressivement que peut le faire un chaton blessé-, elle a préféré en rire, cette fois-ci. Plus encore, la voilà qui poursuit en vantant ses muscles durement gagnés grâce aux caméras du studio dans lequel elle bosse. « Tu m’en diras tant… » je remarque en levant les yeux au ciel, pas convaincue. Je n’ai alors pas le temps de poursuivre que les choses s’enchaînent à une vitesse folle. Le RER n’est pas vraiment bondé ce jour-là, mais cela n’empêche pas plusieurs personnes de passer en me frôlant. Je ne relève pas, cela me semblant normal. Néanmoins, quand un homme se permet de frôler Seren, cette dernière n’a pas la même réaction que moi. Je la vois presque sursauter et instinctivement, sa main se glisse dans la mienne. Pendant une fraction de secondes, je reste figée. C’est pourtant un geste anodin. Beaucoup de copines font ça entre elles. Ce n’est pas mon genre, notamment parce que je traîne plus avec des garçons, mais ça pourrait bien être le genre de Seren. Mais si je me dis cela, ce n’est pas pour autant que je ne suis pas dans tous mes états. Sa main est chaude, là où la mienne doit être glacée. Et c’est amusant de constater à quel point elle se glisse parfaitement dans la mienne. Est-ce le cas pour toutes les mains ? « Si jamais tu veux, je… pourrais demandé si tu peux le visiter… » me déclare mon amie, aussi mal à l’aise que moi. Cela dit, puisqu’elle essaye de changer de sujet, autant l’aider : « Pourquoi pas ? Je ne dirai pas non pour les voir, ces caméras. Et attenter un procès contre tes patrons si jamais il s’avérait que c’était une charge trop lourde pour tes bras musclés. Je connais un super bon avocat, d’ailleurs, on gagnerait à coup sûr. » Je finis par dire, sur le ton de la plaisanterie, en parlant évidemment de Sean, seul avocat méritant de Tenby. Si ma blague n’est pas terrible, au moins, j’ai l’air plus à l’aise que Seren. Ou du moins, j’espère que c’est le cas. « Plus sérieusement, ça me ferait très plaisir. Et puis, j’aurai une excuse pour passer plus de temps avec toi. » j’ajoute, sincère. Et puis, je remarque à quel point cette phrase semble étrange, une fois dite à voix haute, et ne peut m’empêcher d’essayer de me rattraper. « Enfin… tu sais… mais dis-moi, il est encore loin ton studio ? » Subtile, Billie. Vraiment, très subtile.

 

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MessageSujet: Re: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie Mer 12 Juil - 5:36

La beauté est un concept tellement abstrait qu’il est difficile à définir et à pleinement comprendre qu’on le veuille ou non. C’est la subjectivité de l’expérience qui le rend difficile à définir : ce qui est tout simplement sublime pour une personne peut être hideux pour une autre personne. C’est pour cette raison que tous arrivent un jour à trouver le chemin vers les bras d’une personne qui leur convient – les petits travers du visage d’une personne constituent des parties essentielles de ce qui la rend belle.

Trouver la beauté en autrui est potentiellement plus facile que de la trouver en soi. C’était quelque chose que cette dernière année de vie m’avait appris. J’avais de la facilité à apprécier les imperfections des autres femmes et des rares hommes dont j’étais capable de tolérer le regard… mais une difficulté à reconnaitre que j’avais aussi des éléments qui me rendaient belle. Ça avait été particulièrement difficile au courant de la dernière année : ce que je ressentais à l’intérieur, j’avais eu l’impression que ça se répercutait assez sévèrement sur l’extérieur.

Le « sublime » que Billie utilisa pour me décrire m’arracha un faible « Merci » qu’elle n’aurait pas eu comme réponse quelques semaines plus tôt. Parce que tout de mon corps menait vers un complexe plus ou moins imposant. Mes cheveux étaient trop roux pour que je puisse habilement me camoufler dans une foule, j’avais trop de taches de rousseurs (ma propre carte du ciel imprimée sur mon corps), une peau trop blanche qui ne connaissait pas le mot bronzage (mais très bien le mot coup de soleil)… J’aurais été capable de tourner jusqu’au marron de mes yeux comme un défaut de fabrication tellement j’en étais venue à détester mon corps dont j’étais prisonnière. Un corps que je n’aimais plus parce qu’il avait subi involontairement ce qu’il avait été obligé de suivre.

Il m’avait fallu réapprendre à avoir confiance en le regard des autres pour avoir été capable d’en dévoiler si peu mais qui me semblait être tant. J’avais appris à reconnaître la beauté des lieux, de ceux qui m’entouraient… mais ça faisait du bien de me sentir belle sous le regard de Billie même si ce n’était pas long et que je savais très bien qu’à un moment donné, cela disparaitrait probablement et qu’elle verrait le fait que j’étais plus anxieuse et brisée que ce que je voulais bien admettre.

Mais je la laissais se moquer de moi, je me prêtais à la tâche quelque chose que je n’aurais pas fait en mars mais que j’acceptais maintenant dans ce juin qui tirait doucement à sa fin. Rire me faisait du bien… et son rire la rendait belle… Pas seulement belle. Son rire la rendait merveilleuse et scintillante. J’aurais aimé avoir amené la caméra pour prendre une bande sonore de son rire et filmer des retrouvailles qui me faisait potentiellement autant de bien que cette expédition. Parce que oui… j’avais beau aimé cette expérience – un jour prochain, je serais de retour à la maison. Et j’aurais probablement besoin de son sourire et de la légèreté de cette conversation pour oublier ce qui se passait autour de moi. Mon tourbillon qui m’entrainait dans le vide en un certain sens.

J’avais encore en tête le souvenir amer de notre engueulade, celle-là même que nous évitions de mentionner sagement parce qu’elle avait le potentiel d’être une arme à double tranchant. Nos mots avaient tous laissé transparaitre une grande douleur – et nous avions laissé beaucoup dans le non-dit. Il faudrait un jour que l’on en parle… mais pas aujourd’hui parce que c’était une journée que je voulais retenir comme étant une bonne journée. C’était une énième chance pour une amitié qui avait traversé plusieurs tempêtes au cours des années. Quelque chose me disait que si je suivais mon instinct, si je choisissais de sortir de mon placard, d’en défoncer la porte… j’aurais besoin de sa présence comme une alliée pour réussir à contrebalancer le poids du regard sévère que certains poseraient sur moi. Elle ne m’avait jamais rejetée, Billie. Elle m’avait acceptée sans broncher, sans s’opposer. En un sens, j’étais belle à ses yeux.

La conversation dériva sur l’écriture : le fait que je m’étais remis à écrire. Et son enthousiasme m’arracha un sourire et un éclat de rire. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de sentir un nœud se former au creux de mon ventre. Il était rare que je montre mes scénarios avant d’avoir une idée précise de l’endroit où l’œuvre s’en allait Le processus créatif en est un d’une grande complexité avec ses hésitations et ses doutes. Même si elle me réquisitionnait à grand coup d’exigence de voir ce que j’avais réussi à produire, je ne pus m’empêcher de me montrer plus modeste qu’elle au niveau de ma réponse : « Je viens à peine de recommencer à écrire tu sais… Donc je n’ai pas de projets sérieux, mais des idées globales dont je pourrais te parler : peut-être même tantôt au bistro si tu veux. Mais je ne veux pas te montrer ce que j’écris parce que c’est à peine un brouillon… Un embryon d’histoire. » Ce n’était pas nécessairement vrai. C’était plus qu’un simple brouillon. J’avais écrit pour tenter de sortir ce qui m’empoisonnait à l’intérieur pour commencer : mais je n’arrivais pas à écrire sur ce qui m’avait pratiquement détruite toute entière. J’avais donc repris le chemin vers des histoires plus roses – des histoires sur l’envol, l’indépendance et la quête de soi. Des histoires sur le fait de survivre mais je devais avouer que c’était un peu la pagaille dans ma tête face aux histoires que je voulais raconter.

Vient ensuite le moment tant appréhendé par moi du trajet en RER jusqu’à l’arrondissement où j’avais mon appartement. Et même si la ligne n’était pas si pire, je me crispais à un rien. Ma main qui était allée chercher la sienne d’instinct lorsque l’on m’avait bousculé ne me semblait pas étrangère : il y avait pourtant longtemps que je n’avais pas chercher de proximité physique avec une personne. C’était… curieux et ça m’embrouilla étrangement l’esprit. Pourquoi me dit-elle qu’elle serait prête à me suivre sur le plateau que pour passer plus de temps avec moi après cette blague sur le fait de poursuivre les gens pour l’audace qu’ils avaient eu à me faire lever une caméra aussi lourde. Je ne me rappelais même plus si j’avais rigoler ou répliquer quoi que ce soit qui soit plus pertinent qu’un mince « Ça serait à noter comme option… même si j’aime bien Oscar. » que je n’était même pas certaine d’avoir dit à voix haute. Je ne lâchais pas sa main même si l’homme qui m’avait bousculé s’était éloigné. Il y avait ce petit tas de pierres qui se noyait dans le fond de mon ventre.

Lorsqu’elle me demanda quand nous descendions, je tournais mon regard pendant un petit instant vers le plan de la ligne. Je pris quelques secondes pour identifier le prochain arrêt et repérer le mien. Le métro parisien était un monstre à mes yeux. J’avais préféré prendre un abonnement V’lib, le vélo en libre-service qui me permettait de me déplacer en évitant les foules quoi que la majorité des automobilistes parisiens me semblaient de véritables psychopathes au volant. « Non, ce n’est pas très loin. Deux arrêts encore… » déclarais-je doucement après avoir déterminé le trajet avec un petit sourire à son égard. J’étais pratiquement en train de me faire à la chaleur de sa main dans la mienne… Un petit silence s’installa mais pas un silence lourd et triste. Un silence léger et fatigué un peu. Voir un visage familier me faisait plus de bien que ce que j’avais anticipé.

Deux arrêts plus loin, je la guidais vers l’extérieur de la rame et vers les escaliers. Contrairement à la station de l’aéroport, cette station n’avait pas d’escalator pour mener jusqu’au quai et après un essai pour lever sa valise je soupirais en lâchant sa main : « Bon… d’accord! Tu as gagné et elle est trop lourde pour moi. ». Mon air était plus faussement agacé avant que je rigole doucement. mais je la suivis de près comme si une partie de moi avait peur qu’elle ne disparaisse si je la laissais prendre trop d’espaces.

La lumière du jour m’éblouit pendant quelques instants mais j’en profitais pour pointer un ou deux endroits en sortant de la bouche du métro. La boulangerie que je fréquentais, le petit boucher que j’aimais bien, le poissonnier qui me voyait un peu trop souvent quand le mal du pays m’attrappait avant de désigner le petit bistro et de m’engager dans une allée perpendiculaire. Je déverrouillais la porte et l’entraina deux étages plus haut avant de pousser la porte de "mon" appartement. Dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais été capable de me payer le minuscule studio parisien. J’avais regardé quelques-unes des agences immobilières et j’en avais déduit qu’être venue ici tenté une expérience similaire sans le soutien d’une production qui avait les moyens de me loger… j’aurais probablement résidé dans une modeste boîte en carton sur le coin d’une rue. Je présentais l’appartement d’un : « Voilà, c’est pas très grand… mais c’est chez moi. » C’était un studio d’une pièce qui était voué à la location meublée : un lit double, un minuscule coin cuisine et une petite salle de bain fermée. La décoration était d’un jaune soleil qui devait probablement rendre la location plus difficile mais que je trouvais bougrement intéressante personnellement parce que la lumière du jour y entrait à pleine fenêtre. Ça donnait pratiquement une impression de grandeur à la pièce dont les draps blancs pourraient aisément envahir toute la pièce sinon. Mon bazar de caméra trainait pêle-mêle dans un coin mais il y avait un autre coin qui avait de la place pour sa valise. Gentiment, je dis : « Ma maison est ta maison. Le coin-là est parfait pour ta valise… » Je réalisais comme d’un coup que j’allais partager mon lit avec Billie. On l’avait fait par le passé… mais pas à ma connaissance depuis ma sortie du placard auprès de Malone. Mais voyons… rien ne se passerait si nous dormions dans le même lit! « J’espère sincèrement que de partager mon lit ne te dérange pas… » demandais-je doucement en cherchant un accord dans ses yeux avant de continuer d’une voix tendue : « Parce que sinon, on peut probablement s’arranger hein… On y réfléchira après avoir manger si tu veux… ».

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MessageSujet: Re: Paris, je t'aime (+) Seren&Billie

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Paris, je t'aime (+) Seren&Billie

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