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De tes rêves à mes rêves [PV Greg]

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MessageSujet: Re: De tes rêves à mes rêves [PV Greg] Mer 20 Sep - 3:51

Était-ce donc la faute de tous ces sacrifices que j'avais le sentiment d'avoir enchainés pour le bien de ma famille depuis mon retour à Tenby ? De tous, le bien, mais jamais le mien. Oh, je n'avais pas vraiment à me plaindre. J'avais eu amplement de temps dans mes jeunes années pour faire ce qui me chantait de faire et je n'avais jamais vraiment eu à me limiter pour quiconque. Si je comparais l'existence que j'avais mené ces dix dernières années à celles de collègues, je pouvais même m'estimer chanceux. Sur le plan des rêves et des ambitions que pouvaient avoir les étudiants d'université, j'en avais réalisé plus d'un. Là où le tout coinçait, c'était que je n'avais jamais vraiment su grandir et m'installer confortablement dans le train-train quotidien qui était selon plusieurs le point culminant de la réussite ou même de l'âge adulte. Jamais, je ne pourrais me sentir bien de la sorte, dans une routine de métro-boulot-dodo. Jamais, je n'éprouverais de satisfaction à me lever tous les matins pour me rendre au lycée où j'enseignais. Notez bien que cela n'avait rien à voir avec l'éducation, que j'estimais beaucoup. Je n'étais tout simplement pas vraiment fait pour cela et je n'avais pas cette vocation que d'autres avaient. Ma façon d'être heureux était peut-être plus égoïste que celles de certains autres, car il me fallait vivre pour moi. Une journée sans quelque chose me faisant plaisir ou me passionnant me plongeait sous d'épaisses couches de noirceur.

Peut-être, était-ce donc ce qui avait fait passé mon humeur d'incertain, lorsque j'avais mis les pieds chez Aiden pour cette soirée, à fébrile, lorsque nous avions commencé à nous rapprocher... Pour ensuite me plonger dans cette étrange impatience agacée. J'étais patient, je l'avais toujours été. Et j'étais à l'écoute des autres. Mais je devais bien admettre qu'il y avait pas mal de choses qui m'échappaient complètement dans tout ce qui venait de se passer avec Aiden. Ce qui ne m'échappait pas, en revanche, c'était le passé employé pour en faire part, car... Nous n'étions pas prêts d'aller plus loin. J'étais moins frustré de ne pas passer à l'action que je l'étais face à l'incompréhension. J'avais détourné les yeux de lui péniblement lorsqu'il m'avait avoué qu'il ne s'était pas imaginé cela. J'avais du mal à comprendre, mais également à accepter que les choses s'étaient joliment compliquer. Quelque part en moi avait existé cet espoir de fracasser les limites. Quelque part, j'avais voulu que notre histoire redevienne actuelle le temps d'oublier la lourdeur des jours. J'étais ainsi dans toute chose, j'aimais ce qui était spécial. Je voulais que ma relation avec Aiden le soit, même des années après la fin de celle-ci.

C'était beaucoup d'informations à digérer pour si peu de mots. J'avais l'impression d'avoir droit aux explications au compte-goutte, mais soudainement cela m'apparaissait comme une évidence : il ne m'en devait aucune. Je sentais son front trouver le mien, bien que ma tête était légèrement inclinée sur le côté pour me permettre d'éviter son regard avec plus de facilité. Il n'était pas prêt à... Et je réalisais que je n'étais pas prêt à être cet ami, prêt à tout écouter. Je me détestais de ne pas lui poser plus de questions et de ne pas me montrer compréhensif sur toute la ligne. J'étais venu pour cela, pour que nous puissions être à nouveau proches. Je n'avais rien espéré de plus. Mais voilà que j'étais déçu, au plus profond de moi-même, et que je me ressentais rabroué à une réalité bien moins romantique que celle qui s'était sournoisement immiscé dans mon esprit ces quelques dernières minutes sans que j'aie été en mesure d'empêcher cela d'arriver. C'était un tel moment de faiblesse qu'en prendre conscience me rendait profondément mal à l'aise. C'était trop pour moi.

« Je suis désolé... » Je n'étais pas bien certain de ce qui me rendait désolé. Je ne voulais pas voir en face la vérité, qui était probablement que j'avais espéré davantage. Que la déception me rongeait perfidement. « Aiden, je... » J'étais surtout incapable de m'expliquer. Le simple désir de le faire s'était envolé, je ne voulais pas m'expliquer. Pendant quelques secondes, mon regard croisait le sien. J'étais aussi désolé de savoir qu'il avait souffert. La situation ne me permettait pas de jouer ce rôle, d'être cette personne qui était là pour lui et qui le soutenait au travers des épreuves, mais j'étais désolé de ce que la vie lui avait fait. J'étais désolé que ce soit si compliqué entre nous, alors que je voulais tout le contraire. « Je dois partir. Pour ce soir, je pense que c'est mieux ainsi. » Je me faisais une telle violence pour éviter de penser de quoi allait être fait demain. Ces mots prononcés, je me refusais de le regarder dans les yeux. Je ne voulais pas y lire que j'étais un lâche, de vouloir ainsi partir. J'exerçais une légère pression pour le repousser et ainsi pouvoir me relever de ce canapé où je m'étais presque perdu. « Tu as... une superbe maison, et tout le reste. » Je n'avais pas vu sa fille, mais j'étais persuadée qu'elle était comme tout le reste, comme lui. Magnifique. Je le regardais quelques instants sans véritablement accrocher à son regard. « On se voit demain, de toute façon. » Et sur ces mots, je profitais de l'élan qui me tenaillait pour me diriger vers la porte. J'étais bien déterminé à éviter tout, les explications, la discussion, les remords, les angoisses.
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MessageSujet: Re: De tes rêves à mes rêves [PV Greg] Jeu 21 Sep - 4:17

L’intimité avait beaucoup de codes qui lui étaient particulier. C’était facile de différencier deux concepts : baiser et faire l’amour. Le premier pouvait être défini comme un simple abandon au corps d’une autre personne pour satisfaire les plus basses pulsions que nous pouvions avoir. C’était des lèvres qui glissaient anonymes sur un corps sans réellement le sentir… Le second ressemblait davantage à une communion entre deux personnes. La délicatesse et la tendresse des gens pouvait se trouver même dans les éléments les plus sauvage d’une relation amoureuse… mais c’était le lien unique qui marquait la différence essentielle.

Que je le veuille ou pas, l’optique d’être intime avec Greg ne pouvait pas s’interpréter comme un simple jeu qui visait simplement à libérer cette tension que nous ressentions tous les deux. Notre passif était bien trop imposant pour que nous puissions nous permettre de n’être que des amants de passages qui s’étaient croisés une seule fois comme des étoiles filant vers deux directions opposées du cosmos. Nous nous étions croisées bien trop de fois pour que je puisse nier que j’avais toujours eu des sentiments à son égard. Des sentiments profonds et indéniables : une amitié, une tendresse, une douceur.

Pour être bien honnête, j’aurais voulu que cette soirée se déroule sans aucune anicroche. J’aurais peut-être simplement pu finir par aller dormir blotti bien au chaud dans ses bras… juste entrelacé dans de la chaleur humaine. Mais non… à peine avais-je ouvert la bouche que j’avais très bien su que j’étais en train de dire exactement le contraire de ce que je devais dire pour le garder auprès de moi un peu plus longtemps. Je n’arrivais pas à lui décrire l’horreur que j’avais traversé : mon aller-retour en enfer. Je ne pouvais pas le forcer à comprendre si je n’avais pas les mots qu’il fallait pour lui expliquer les causes de mon comportement si contradictoire. Descendre de son corps était la seule solution pour lui laisser l’espace nécessaire d’exploser si c’était nécessaire. Mais bien sûr que Greg ne m’engueulerait pas… Ce n’était pas son genre. Ce n’avait jamais été le genre de comportement qu’il avait à l’égard de personne.

Non…

Greg était fait pour la fuite. Je le vis dans ses yeux pendant un bref instant. Un éclair qui passait. Le déclic d’un souvenir qu’il n’avait pas bien guéri. Je lui avais fait mal. J’étais capable de le voir dans ses yeux. Dans l’incapacité à s’exprimer. J’aurais sans doute dû me lever pour le retenir. Mais je n’avais pas plus la force de lui expliquer cette tornade qui se passait perpétuellement dans ma tête et qui me laissait étouffer devant la grandeur de la situation que nous retrouvions devant nous. Il avait beau dire que c’était magnifique, j’aurais bien voulu lui dire que j’aurais tout donné pour une petite chambre trop étroite pour deux personnes avec pas assez d’espace pour tous mes instruments. Mais rien. Pas un mot ne sortit de ma bouche pendant que la honte elle s’occupait de prendre toute la place dans ma gorge. Il m’avait dit à demain… mais je savais très bien que je n’aurais jamais le courage de l’affronter le lendemain. Il y avait sans doute moyen que je réussisse à l’éviter dans les couloirs de l’école. J’étais capable si j’y mettais les efforts. Ce fut après avoir entendu la porte de la maison se fermer que je descendis en bas comme un automate. Je fermais le loquet d’un geste automatique avant de me laisser doucement couler sur le long de la porte, épuisé.
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