AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

In the embers (ft. Liam)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: In the embers (ft. Liam) Sam 1 Oct - 5:00

In the embers

«Non, je n’ai pas ça. Est-ce que ça pourrait être dans le dossier de l’année dernière?» Je hurle, presque. La secrétaire et moi avons ce lien particulier : se hurler ce qu’on a à se dire au travers des murs plutôt que de prendre le téléphone. C’est plus rapide, et même si ce procédé a tendance à énerver ceux qui travaillent à nos côtés, il solidifie l’esprit d’équipe. Ou pas. C’est matière à débat, mais je n’ai pas le temps d’en faire partie. Je recherche un document dans lequel il y a une liste des principaux bénévoles aux activités parascolaires. Des sorties sont à prévoir au calendrier et il n’y a toujours pas eu d’action concrète pour dénicher des parents qui aideront les professeurs attitrés. J’ai beau chercher dans mon ordinateur, je ne trouve rien. Pareil pour la secrétaire. Je prends une petite pause, penche ma tête vers la droite, puis vers la gauche. Je viens frotter ma nuque avec ma main droite, pseudo massage qui n’a même pas le mérite de détendre quoi que ce soit. Ni qui que ce soit. Aujourd’hui est une mauvaise journée. Dehors, il pleut à grosses gouttes, décapant au passage le bitume devant Ysgol Greenhill. Le ciel est gris, kidnappant aux habitants de Tenby toute motivation, toute passion. L’ambiance persistante d’Azkaban, une météo jouissive pour les détraqueurs. Je me suis levé du pied gauche ce matin, me rappelant au passage qu’aujourd’hui, ce serait mon anniversaire de mariage si Victoria n’était pas partie avec son professeur d’éducation physique. Triste anniversaire qui me rappelle que les conseillers conjugaux, peu importe la somme qu’on y investira, ne valent pas une pièce de centime. De vaines tentatives pour les désespérés, pour ceux qui refusent de laisser aller les choses, les évidences. Ceux qui s’accrochent pendant que le dirigeable prend de l’altitude finissent toujours par tomber. Toujours.

«Je ne trouve pas! HELP!» Le décor de mon bureau est bien monotone. Les murs, d’une couleur unie, n’affichent aucune vie colorée, sinon une peinture offerte par l’une de mes étudiantes à Swansea. Une peinture abstraite représentant l’espoir, l’union, la réussite. Une peinture abstraite représentant tout ce que je souhaite, sans avoir nécessairement la capacité de les atteindre. Devant mon bureau, possiblement acheté deux mille ans avant la fondation de cette école, deux chaises usées pour les visiteurs. Deux classeurs jaunes meublent la pièce, possiblement les principaux facteurs à l’inexistence de l’écho. Parfois, en entrant dans mon bureau, l’idée saugrenue de débloquer un budget pour l’actualiser me passe entre deux cellules, mais d’autres départements dépendent de ces fonds beaucoup plus que le bureau d’un directeur qui n’y est pratiquement jamais. Je soupire, abandonnant violemment ma recherche sur mon ordinateur portable. Cette histoire va me rendre fou. Je répète le jeu de ma nuque; droite, gauche, petit massage inutile, puis me lève de ma chaise. Me vient l’idée de fouiller dans les classeurs, mais j’abandonne vite l’idée : l’exercice s’annonce ennuyeux et infructueux. Je passe tout droit, sors de la pièce digne de causer un arrêt cardiaque aux extravertis, puis me dirige directement vers le bureau de la secrétaire. «J’abandonne», lui dis-je, déconfit. «Pourrais-tu, à défaut de la trouver, en créer une nouvelle lorsque tu auras du temps libre?» Je lui indique que la semaine prochaine pourrait être une date limite convenable, même si hier était trop tard.

Dans les bureaux administratifs, il y a continuellement du va-et-vient. Des élèves, des professeurs, des intervenants. S’il fallait demander une pièce à chaque passage, mon bureau serait décoré demain matin. Au pire, dans deux jours. Un élève passe devant moi, salue la secrétaire et m’indique qu’il a été sorti de classe pour avoir insulté une jeune fille en surplus de poids. Instinctivement, ma main droite vient se heurter à l’arrière de sa tête, un impact sonore se fait entendre, scandalisant une ou deux personnes au passage. Je lui explique sommairement que les paroles font aussi mal, voire plus, d’une simple claque derrière la tête, signe sa feuille et lui demande de se rendre au local de retrait. Mon regard va croiser celui de la secrétaire qui peine à contenir son rire franc, audible. J’aimerais regretter, ne pas être fier de moi, mais dans les faits, j’ai appris que ce genre de comportements obtient beaucoup plus d’écho auprès de la jeunesse que les éternels plans d’intervention datant de la reine Anne. Je partage un rire avec la secrétaire, puis tournant ma tête vers les portes vitrées, observe le professeur de philo pénétrer dans l’enceint administratif.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

ADMIN ♣ Au service de Mrs Lloyd

TON PSEUDO : Miss Choco.
TES DOUBLES : Lylou + Kainoa + Caleb + Mona + Sean + Josh.
TON AVATAR : James Franco.
TES CRÉDITS : Schizophrenic + Neon Demon + AmazQueen.
TA DISPONIBILITE RP : 1/4
(Matthew - Brianna)
À venir : Kayla - Miro.
RAGOTS PARTAGÉS : 4915
POINTS : 2605
ARRIVÉE À TENBY : 22/11/2013


ÂGE DU PERSONNAGE : 34 y.o (4.11.82)
CÔTÉ COEUR : Séparé de sa femme, il essaye de se faire une raison.
PROFESSION : Prof de philo.
REPUTATION : Un bon père de famille, respectable et honnête. Alors pourquoi sa femme et lui se sont séparés ? Je me le demande bien ! Je vous avais dit qu'ils avaient voulu se marier trop jeunes...



Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Dim 2 Oct - 6:45



La sonnerie n’allait pas tarder à retentir et, au sein de la classe, ça se ressentait. Les élèves devenaient plus distraits, commençant à ranger plus ou moins discrètement leurs affaires. Liam jeta un dernier coup d’oeil au tableau, vérifiant qu’il avait correctement noté les devoirs programmés, ainsi que la date pour laquelle ils devraient être effectués. Toutes les informations nécessaires étaient présentes, aussi baissa-t-il à nouveau les yeux vers ces lycéens de Terminale, donnant deux ou trois recommandations au sujet d’un texte à lire. Comme d’habitude, un certain nombre (malheureusement assez restreint) d’entre eux étaient assez attentifs. En revanche, la plupart semblaient surtout pressés de voir le cours se terminer. Le professeur avait l’habitude ce genre d’attitude. Après tout, il s’agissait d’adolescents… Il ne le prenait pas pour lui-même, ni pour ses méthodes d’enseignement, ni même pour sa matière à proprement parler. Non, ils étaient capables d’agir ainsi à chaque cours à peu près, prouvant qu’ils avaient du mal à se concentrer pendant trop longtemps ou encore qu’il pouvait être difficile d’intéresser quelqu’un de leur âge à des sujets qui pouvaient être aussi vastes que complexes et abstraits. Là encore, les différences se faisaient bien sentir au sein de n’importe quelle classe, ce qui était l’un des nombreux défis de chaque enseignant. Et ces derniers temps, Liam avait tendance à s’inquiéter pour certains redoublants. Ils n’étaient pas peu nombreux à repasser leur baccalauréat et il s’efforçait de réunir leurs quelques souvenirs en les sollicitant plus que les autres en cours. Mais ça ne fonctionnait pas forcément très bien, ce qui lui donnait l’impression que son travail n’avait pas été très utile. Néanmoins, même si cette sensation n’était pas agréable, il ne s’en formalisait pas. Justement, il voulait fournir encore plus d’efforts pour que ce qu’il enseigne, les savoirs et les idées qu’il était censé transmettre, soient plus marquants, mais aussi pour ouvrir un peu plus l’esprit de ces futurs jeunes adultes. Dans cette optique, il pouvait être très intéressant de les faire sortir un peu de leur contexte habituel, en leur proposant une activité tout à fait différente de celles, parfois assez redondantes, auxquelles ils étaient accoutumés.

Heureusement, le trentenaire ne manquait pas vraiment d’idées, qu’il soumettait de temps à autre à l’administration pour obtenir les autorisations nécessaires. Mais il ne les obtenait pas forcément et en soi, ce n’était pas un problème. Après tout, chaque projet n’était pas réalisable, pour une raison ou pour une autre. Et Liam n’était pas vraiment du genre à se plaindre outre mesure. Cependant, il avait l’impression que ses propositions étaient de moins en moins acceptées. Et lors du dernier retour qu’il avait eu, il s’était senti assez déçu. En effet, il espérait vraiment pouvoir emmener ses élèves à Swansea, pour un salon du livre. Certes, cela mobiliserait toute une journée, mais le Néo-Zélandais savait aussi que ça pouvait être très intéressant pour eux. Bien entendu, il avait besoin d’autres accompagnateurs, parce qu’il n’ignorait pas ce que certains jeunes seraient tentés de faire dans une plus grande ville que la leur, en se sentant pousser des ailes. Sa dernière proposition allait précisément dans ce sens, mais la réponse fut encore négative. Un peu perplexe, parce qu’il ne comprenait pas la raison d’être de ce refus, Liam avait décidé d’aller voir le proviseur dans l’espoir que ce dernier puisse éclairer sa lanterne. Une fois son cours terminé, il rangea donc ses affaires, vérifia qu’il n’avait rien oublié, effaça le tableau et éteignit les lumières avant de quitter la salle. Dans les couloirs, il salua deux ou trois élèves et échangea aussi quelques mots avec l’une de ses collègues, une prof de littérature avec laquelle il espérait précisément mettre en place cette escapade au salon du livre. Quelques minutes plus tard, il se retrouvait dans les bureaux de l’administration, adressant quelques formules de politesse à la secrétaire du proviseur. Il vit un élève sortir du bureau de ce dernier. L’aîné des Cartwright le salua à son tour, avant de frapper à la porte du bureau de Joshua Leach. Après avoir reçu la permission d’entrer, il s’exécuta et referma la porte derrière lui. « Bonjour. Vous avez un moment à me consacrer ? » Après avoir attendu poliment, Liam s’assit en face du proviseur. « Je voulais vous voir pour la sortie que j’avais proposée, à Swansea, au salon du livre, pour l’une de mes classes de Terminale. Est-ce qu’on peut en discuter, peut-être pour trouver des solutions adaptées ? »

_________________


I'll come in and see her breathe and know that had it not been for her, I would never have married. And when I look at her face, a face I know better than my own, I know that I have meant as much or more to her. And that means more to me than I could ever hope to explain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Lun 3 Oct - 4:08

Liam Cartwright entre dans les bureaux administratifs, et au même moment, mon regard se dirige vers mon bureau où je vois un jeune de quatorze ou quinze ans y entrer. Je salue rapidement ma secrétaire, puis active le pas en sa direction. Je déteste ceux qui entrent dans mon bureau sans l’autorisation. Ceux qui font fi du respect qu’on doit à n’importe quel être humain sur la terre. Un proviseur, un éboueur, un élève en mal d’éducation… Je l’interpelle avec la puissance d’un nouveau-né vagissant sa découverte de la vie, le seuil de ma porte tardivement agressé par ma présence qui ensevelit son visage d’expressions contraires. J’acte mes lèvres pour questionner son intrusion dans mon bureau, mais aussitôt mon ombrage frôlant le sien, il le quitte plus vite qu’il l’a pénétré et sort du secrétariat. Je hausse les épaules, mes sourcils ne sachant pas à quel degré s’arquer. À l’image de cette incompréhension, je ne sais si je dois rire ou pleurer, regretter ou ne pas m’en faire. Dans ce même état d’esprit, je me rends derrière mon bureau où j’y prends place. Je fixe le classeur droit devant moi sur lequel se trouve une pile de feuilles, de cahiers et un étui à caméra.

Vaughan. Seren Vaughan. Mes pensées vont directement pour elle. Cette jeune élève prometteuse qui l’an dernier, du jour au lendemain, est tombée dans une sorte de crise existentielle dont personne ne voyait la lumière au bout du tunnel. Ni même elle. J’ai eu beau tout tenter pour en savoir davantage, pour l’aider dans son cheminement dont elle n’avait rien à foutre. La seule qui pouvait, à tout moment, avec la permission ou non, entrer dans mon bureau. Elle y prenait place, que j’y sois ou non, en silence pendant plus de quinze minutes. À fixer le vide. À fixer les méandres de ses pensées qui semblaient n’avoir rien de joyeux. Puis elle se levait, tournait les talons et quittait mon bureau. Aucune salutation, aucune formule de politesse. Ni même d’impolitesse. Une entente commune, signée par un mutisme inquiétant, qui lui permettait de pénétrer dans mon bureau à tout moment pendant que, tout autant muet, je m’attelais à poursuivre mes tâches. Un jour, elle n’est pas revenue en classe. Ni dans mon bureau. Si même sur le terrain d’Ysgol Greenhill. Peu avant la fin des classes de juillet, je suis allé à son casier pour empêcher la conciergerie de se débarrasser de ses effets personnels. Ses feuilles, ses cahiers, sa caméra. Douce artiste aux yeux perçants, douce artiste aux yeux troublés.

Je suis rapidement rappelé dans le moment présent par le professeur de philosophie qui toque à ma porte. Je lui fais signe d’entrer, sans réaliser qui se trouve vraiment sur le seuil. Je réalise de qui il s’agit à l’instant où il ferme la porte derrière lui. Ça s’annonce sérieux. Ce professeur, je n’ai jamais été capable de l’apprécier à sa juste valeur. Selon les rumeurs, il avait jadis été accusé de harcèlement sexuel auprès d’une étudiante qui s’était par la suite ravisée, admettant s’être parjurée suite à une mauvaise note. Cependant, certaines personnes estiment que cette plainte ne serait que la pointe de l’iceberg, un professeur que j’apprécie m’ayant raconté quelques soupçons à son sujet. Bien entendu, je n'ai que faire des racontars, mais il s’agit tout de même d’accusations graves pour un homme qui enseigne auprès d’une clientèle adolescente naïve et juchée à l’auréole des professeurs qu’elle idolâtre. Je n’ai pas le temps de lui indiquer que je suis très occupé, vulgaire mensonge, qu’il prend place face à moi. Je n’ai guère le choix, instruit d’un savoir-vivre et d’un respect qui ne font jamais défaut, et je l’écoute aborder mon plus récent refus sur l’un de ses projets scolaires.

«Ah! oui, le Salon du livre. Laissez-moi vérifier…»

Mon index gauche vient toucher le touchpad de mon ordinateur portable, donnant deux petits coups secs, ouvrant un document que j’avais reçu par Liam à ce sujet. Je me souviens très bien de mon refus, cajolé par ma méfiance envers lui, mais les détails concrets du projet m’échappaient comme un rusé condamné à mort d’Alcatraz. Mes yeux scrutent en parallèle le document afin de me remémorer le projet.

«Discutons-en, volontiers.» Mon regard se conduit jusqu’à celui de mon invité. «En toute honnêteté, certains détails m’échappent concernant cette sortie et mon refus n’y est pas étranger. J’ai maille à partir avec les motivations réelles de cette activité…»
Revenir en haut Aller en bas
avatar

ADMIN ♣ Au service de Mrs Lloyd

TON PSEUDO : Miss Choco.
TES DOUBLES : Lylou + Kainoa + Caleb + Mona + Sean + Josh.
TON AVATAR : James Franco.
TES CRÉDITS : Schizophrenic + Neon Demon + AmazQueen.
TA DISPONIBILITE RP : 1/4
(Matthew - Brianna)
À venir : Kayla - Miro.
RAGOTS PARTAGÉS : 4915
POINTS : 2605
ARRIVÉE À TENBY : 22/11/2013


ÂGE DU PERSONNAGE : 34 y.o (4.11.82)
CÔTÉ COEUR : Séparé de sa femme, il essaye de se faire une raison.
PROFESSION : Prof de philo.
REPUTATION : Un bon père de famille, respectable et honnête. Alors pourquoi sa femme et lui se sont séparés ? Je me le demande bien ! Je vous avais dit qu'ils avaient voulu se marier trop jeunes...



Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Mar 4 Oct - 7:21


Si c’était le premier refus qu’il essuyait, Liam n’aurait probablement rien dit. Après tout, ce n’était pas vraiment son genre de faire des histoires. Il préférait être en bons termes avec tout le monde et encore plus avec ceux qu’il croisait régulièrement dans le cadre de son travail. Mais voilà, justement, Liam trouvait que ça commençait à faire beaucoup… Il n’avait déjà pas eu le droit d’emmener l’une de ses classes à la dédicace d’un livre qui s’inscrivait pourtant dans le droit fil d’une des parties de leur programme annuel. En réalité, le professeur avait l’impression que depuis qu’il était arrivé, Joshua Leach ne lui avait pas laissé beaucoup de marge de manoeuvre. Il ne voulait pas donner l’impression d’être paranoïaque, mais il avait bel et bien l’impression que le proviseur ne l’appréciait guère. Cependant, il ne voyait pas quelle pourrait être la raison de cette attitude. Après tout, il n’avait jamais rien fait de mal à son encontre. Il l’avait accueilli aimablement et il s’était toujours montré très correct - bref, Liam tout craché, qui ne cherchait des poux à personne. Sauf que justement, il n’avait pas l’impression que Joshua le lui rendait. Ils n’avaient certes pas si souvent que ça l’occasion de se voir, aussi n’avaient-ils guère eu le temps d’avoir des conversations approfondies, ou au moins intéressantes. Non, leurs échanges restaient assez restreints, mais quand même cordiaux. Alors forcément, Liam était perplexe. Sans vouloir en parler à ses collègues, il avait observé l’attitude du proviseur avec d’autres professeurs. Sans être familier, il était à l’aise et petit à petit, les soupçons du Cartwright s’étaient renforcés. Son supérieur hiérarchique paraissait plus sympathique avec les autres qu’avec lui, quand bien même cette pensée donnait un peu l’impression d’être obsédé par une quelconque théorie du complot. Néanmoins, il voulait bien admettre que le courant passait forcément mieux avec certaines personnes qu’avec d’autres, qu’il ne fallait pas juger les affinités que les uns avaient avec les autres et qu’il était absolument inutile de se prendre la tête à ce sujet. Pendant une année entière, il avait relativement bien accepté le fait que le nouveau proviseur ne semblait pas spécialement le porter dans son coeur, quand bien même ce n’était pas une pensée très agréable.

Alors jusqu’ici, il avait préféré se taire et laisser couler, laissant à Joshua le bénéfice du doute. Mais maintenant, ça commençait à faire beaucoup. Pourquoi ne pas l’autoriser à emmener ses élèves à un salon du livre ? Il ne comprenait pas la raison d’être de ce refus et, pour la première fois, il avait décidé de s’informer à ce sujet. C’était la raison pour laquelle il se retrouvait dans le bureau du proviseur : il trouvait ça un peu injuste, d’autant plus que Joshua ne l’avait jamais vu à l’oeuvre dans le cadre de sorties pédagogiques ou encore d’activités extra-scolaires. Le proviseur avait peut-être une bonne raison ; mais justement, si c’était le cas, Liam préférait la connaître, l’entendre directement de sa bouche.. Parce que sinon, il continuerait à se faire des idées. Poliment, Joshua lui signala qu’il allait vérifier sa demande sur l’ordinateur, avant de lui dire qu’il acceptait volontiers d’en discuter. Mais quand il reprit, le Néo-Zélandais crut qu’il avait mal entendu la question. Les motivations réelles de cette activité ? Qu’est-ce que c’était censé vouloir dire ? En quoi un salon du livre pouvait l’interpeler ou l’intriguer ? Ça n’aurait pas été la première fois qu’un professeur y conduisait ses élèves. C’était même assez fréquent dans les plus grandes villes. « Eh bien je pense que ça peut être intéressant pour les élèves. Ils pourront rencontrer des spécialistes, découvrir des livres qui pourraient être utiles pour leurs cours et, d’une façon plus générale, s’ouvrir un peu plus l’esprit, se cultiver… » Il avait du mal à croire qu’il était en train de vanter les avantages d’un tel événement. Il aurait pensé que c’était évident, quand bien même il ne le montrait pas, par respect pour Leach. « En fait, c’était une collègue qui m’avait soufflé l’idée. Mrs Smith, elle enseigne la littérature. C’est moi qui ai envoyé la demande, mais on a préparé ce projet ensemble, elle et moi. Elle pense aussi que ça pourrait être une bonne opportunité pour ses élèves. Alors quand je lui ai expliqué que ça ne pourrait pas se faire, elle était d’accord pour que je vienne en parler avec vous. » Liam se redressa un peu sur sa chaise. Il avait avancé certains arguments, maintenant, les cartes étaient entre les mains de Joshua. Il avait probablement d’autres questions à lui poser. « J’espère vous avoir suffisamment éclairé ? »

_________________


I'll come in and see her breathe and know that had it not been for her, I would never have married. And when I look at her face, a face I know better than my own, I know that I have meant as much or more to her. And that means more to me than I could ever hope to explain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Mer 5 Oct - 5:01

J’écoute la réponse que Liam m’offre sur un plateau d’argent, véritable plate-forme d’évidences. Cette question était inutile, je le sais bien. Je suis le premier à promouvoir auprès des professeurs de telles sorties, de telles implications extrascolaires. L’an dernier, j’avais également refusé cette sortie, puis m’étais ravisé après une discussion avec mademoiselle Smith. Je ne pouvais priver ses élèves d’une telle sortie au nom de la méfiance que je portais, et que je porte toujours d’ailleurs, envers le professeur de philosophie. Depuis mon arrivée, quelques projets ont été refusés à l’homme qui se trouve devant moi, et de plus en plus depuis quelques mois suite à ce que je crois percevoir comme un rapprochement avec ses étudiants. Rien d’alarmant, bien sûr, puisque moi-même suis relativement familier avec les jeunes, mais dans le cas de Liam, un certain contrôle est exigé de ma part. Il me semble. Je pourrais poser des centaines de questions à Liam, lui demander des comptes notamment au niveau du montant que l’école devra débourser, de la liste des bénévoles, des professeurs sur place… mais tout compte fait, ma décision a été prise le jour où sa signature s’est retrouvée au bas du document. Si cette pratique peu courante ne me ressemble pas, et ce, même si j’endosse mes décisions, je dois admettre qu’elle ne démontre aucune réussite sur un quelconque aspect. J’acquiesce de la tête, il est bien temps que nous affrontions tous les deux le sujet. D’autant plus que l’éternel impatient que je suis n’en peut plus de cette situation. Je donne deux faibles coups sur mon bureau avec mon index droit, inoffensive manie acquise de ma grand-mère. Chaque fois que ma grand-mère prenait une décision, elle cognait deux coups de son index sur une surface solide. Ma chaise de bureau, aidée par mon corps, pivote et je me lève, me dirigeant vers la porte vitrée de mon bureau. Je descends le store en lames de bois foncées, couvrant instantanément la porte de mon bureau. Puis, je répète le procédé pour la baie vitrée à la gauche de la porte. Je reste immobile quelques fractions de seconde, tentant d’empoigner mon courage qui semble vouloir s’enfuir comme un obèse diabétique dans le rayon de la laitue au supermarché.

«Mon problème n’est pas au sujet des motivations pédagogiques, Liam. Je dois vous admettre qu’il se cache derrière ces derniers refus un malaise de ma part…»

Je tourne les talons, puis regagne mon bureau. Ma chaise est confortable, il y aura au moins cela de ce bureau que je risque de conserver si je me décide enfin à le réaménager à mon goût. Je remarque les yeux de mon interlocuteur qui, face à moi, sont perplexes, au risque de se résigner à avouer qu’ils ne comprennent rien. Je tente tant bien que mal d’aborder le sujet, sans heurter, sans blesser, sans juger, mais ces choses, jamais je n’ai été capable de bien les faire. Mes doigts viennent s’entrecroiser, se déposer sur mon ventre, tout juste en dessous de mon nombril. Je ne cesse de fixer le professeur devant moi. Non pas par défiance, mais dans l’espoir de lui démontrer que je ne me défilerai pas. Je cherche mes mots, même s’il n’y en a aucun qui pourrait empêcher une crise d’éclater, et surtout, je cherche à asseoir mon autorité sans tomber dans une excessivité qui n’est pas mienne.

«Une plainte pour harcèlement sexuel peut faire très mal à un établissement comme la Ysgol Greenhill School. Qu’elle soit fondée ou non, qu’elle soit retirée ou non, ce n’est évident pour personne.»

Qui plus est, l’enquête de la police s’était soldée par une conclusion sinueuse, sans réellement savoir si la plainte de la juvénile était véritablement une plaisanterie ou si elle s’était retirée du processus judiciaire pour une raison obscure. Même si Liam dispose de l’appui de la plupart de ses collègues, même s’il est supporté par la presque totalité des élèves d’Ysgol, n’en demeure pas moins qu’on m’en parle encore lorsque les proviseurs se rencontrent dans le cadre d’une harmonisation de la direction des établissements scolaires. Et alors quoi, je vais le priver d’activités extrascolaires pour le restant de sa carrière passée à Ysgol? Je lui mettrai injustement des bâtons dans les roues pour freiner une possible récidive? Vais-je aller jusqu’à lui enlever l’accès à l’Internet sur le terrain d’Ysgol Greenhill? Bien sûr que non, je ne suis pas de ceux-là. Je crois même que toute cette méfiance, tout ce malaise, vient avant tout du fait que je n’ai jamais pris le temps d’en discuter avec lui. Terrible erreur. Pour un proviseur. Pour un être humain.

«Je suis d’avis que votre implication devrait se limiter aux cours jusqu’à ce que cette histoire soit morte et enterrée.»
Revenir en haut Aller en bas
avatar

ADMIN ♣ Au service de Mrs Lloyd

TON PSEUDO : Miss Choco.
TES DOUBLES : Lylou + Kainoa + Caleb + Mona + Sean + Josh.
TON AVATAR : James Franco.
TES CRÉDITS : Schizophrenic + Neon Demon + AmazQueen.
TA DISPONIBILITE RP : 1/4
(Matthew - Brianna)
À venir : Kayla - Miro.
RAGOTS PARTAGÉS : 4915
POINTS : 2605
ARRIVÉE À TENBY : 22/11/2013


ÂGE DU PERSONNAGE : 34 y.o (4.11.82)
CÔTÉ COEUR : Séparé de sa femme, il essaye de se faire une raison.
PROFESSION : Prof de philo.
REPUTATION : Un bon père de famille, respectable et honnête. Alors pourquoi sa femme et lui se sont séparés ? Je me le demande bien ! Je vous avais dit qu'ils avaient voulu se marier trop jeunes...



Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Jeu 6 Oct - 7:51


Des explications quant à ses motivations semblaient tout à fait inutiles aux yeux de Liam, mais puisque c’était ce que le proviseur lui demandait de faire, il se voyait mal refuser. En plus, il n’avait même pas été invité dans ce bureau ; c’était lui qui y était entré de son plein gré. Alors autant jouer le jeu jusqu’au bout, quand bien même les propos de Joshua lui semblaient obscurs et sa question fondée sur un non-sens total. Avec respect, il s’exprima. Mais il ne tarda pas à comprendre que, bien évidemment, ce n’était pas tout à fait la réponse que son interlocuteur attendait de lui. Ce dernier resta immobile pendant quelques secondes, avant de se lever et d’effectuer un geste qui donnait clairement le ton de la suite de la conversation : il baissa les stores des deux fenêtres de son bureau. Le professeur comprit, comme n’importe quelle autre personne l’aurait fait, que leur entrevue allait prendre une toute autre tournure, bien plus sérieuse, probablement trop solennelle. Il sentit une vieille crainte, à peine enfouie, s’emparer de lui. Parce que plus d’un an auparavant, c’était exactement là qu’il s’était retrouvé, face à l’ancien proviseur du lycée. C’était là qu’il avait appris qu’une de ses élèves s’acharnait à détruire sa réputation, quand bien même elle s’était rétractée très vite. C’était là qu’il avait compris que sa vie allait changer ou plutôt, que sa manière d’agir et de voir les choses s’en trouverait obligatoirement modifiée. C’était là qu’il avait saisi que sa carrière pouvait s’effondrer aussi brusquement qu’un château de cartes au moindre petit coup de vent, que le respect des autres pouvait disparaître en un claquement de doigts et qu’il aurait du mal non seulement à se remettre de cet affront, mais aussi à éviter autant que possible ses conséquences néfastes sur les personnes qu’il aimait le plus au monde. Et aujourd’hui, il avait l’impression que tout recommençait. Car la phrase prononcée ensuite par Joshua confirma ses soupçons et, soudain, la gorge de Liam se serra. « Alors pourquoi ne pas dire tout simplement quel est le problème ? » Les sous-entendus et autres propos dissimulés lui faisaient horreur. Il préférait autant miser sur la franchise, quand bien même ça pouvait être blessant. Il ne voulait pas que son supérieur hiérarchique tourne autour du pot plutôt que d’aller au fond des choses.

Et justement, ce fut ce qu’il lui offrit sur un plateau. Sans mâcher ses mots, sans chercher à adoucir la triste vérité, Joshua lui expliqua clairement les raisons qui l’avaient poussé à refuser au Cartwright toutes les sorties pédagogiques qu’il avait demandées. Ce dernier se mordit la lèvre inférieure, se retenant de répliquer que si ce n’était évident pour personne, ça l’était bien moins pour lui-même, pour sa femme et pour ses enfants que pour tous les autres. Néanmoins, il ne voulait pas non plus se museler et il se sentit obligé de rectifier un point précis - parce qu’à chaque fois, il éprouvait encore le besoin irrépressible de chercher à se justifier. « Il ne s’agissait pas d’une plainte… Il s’agissait d’une rumeur lancée sur un réseau social. » Depuis le début, les commères s’étaient appliquées avec joie à déformer et à diaboliser cette histoire. Peu de personnes en connaissaient vraiment les détails, et encore moins Leach, qui n’était même pas présent au moment maudit où ces accusations calomniatrices avaient été crachées tel le venin d’un serpent. Et à chaque fois, Liam se sentait tenu de rectifier les choses, comme s’il espérait que ça puisse amoindrir leur impact. « La police a fourni une conclusion en ma faveur. L’écrasante majorité de mes collègues et de mes élèves ont plaidé en ma faveur. L’élève elle-même s’est démentie publiquement en me présentant des excuses. Je ne vois pas très bien ce que je pourrais faire d’autre… » Mais dès qu’il eut terminé sa phrase, le Néo-Zélandais comprit qu’il avait encore trop tendance, bêtement, à se défendre. Au fond, ce n’était pas ce que Joshua voulait et il le savait très bien. Le proviseur cherchait plutôt à attirer son attention sur les conséquences d’une telle histoire, qu’elle soit fictive ou réelle. Le problème, c’était que Liam était profondément atteint. Il avait compris que Joshua ne lui accorderait pas sa confiance, qu’il n’essayerait peut-être même pas et, effectivement, ça l’affectait plus qu’il ne l’aurait voulu. Pire, il comprenait que cette histoire le poursuivrait à vie. « Et selon vous, il faudrait combien de temps pour que ce soit mort et enterré ? Dix ans ? Vingt ans ? L’éternité ? » Il poussa un profond soupir, rendant les armes, découragé. « Permettez-les au moins d’y aller avec Mrs Smith et quelqu’un d’autre. S’il vous plaît. Que ça n’ait pas de répercussions sur eux… »

_________________


I'll come in and see her breathe and know that had it not been for her, I would never have married. And when I look at her face, a face I know better than my own, I know that I have meant as much or more to her. And that means more to me than I could ever hope to explain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Lun 17 Oct - 2:45

Les lattes verticales des stores fermées, plongeant la pièce dans une épaisse ambiance peu propice au développement des amitiés, enferment toute possibilité d’y laisser pénétrer la lumière autre que les néons de la pièce. L’homme que je suis présentement n’est aucunement l’homme que je m’efforce à être depuis tant d’années, où tant d’effort y a été mis avec cœur et volonté. Les ragots, les rumeurs, je n’en ai que faire, mais voilà, désormais, je transporte avec moi un bagage de responsabilités que je n’avais pas jadis. Déjà plus d’une année que je m’efforce à limiter les implications scolaires de Liam Cartwright. Déjà plus d’un an que je refuse systématiquement toutes ses propositions, toutes ses requêtes. Que je refuse de discuter avec lui plus en profondeur. Certaines personnes craignent qu’il n’ait pas seulement qu’un cadavre dans sa penderie. Certains professeurs qui observent, investiguent, se questionnent. Et avec raison. Certains élèves qui le craignent, qui n’arrivent pas à croire un seul mot du démenti de la jeune fille de l’époque. Certains qui croient que Cartwright est le mal incarné, un harceleur sexuel. Ils doutent et redoutent d’être ses prochaines victimes, directes ou indirectes. Rien d’alarmant, rien me permettant d’appliquer des mesures disciplinaires préventives, mais rien qui laissent mon cœur et mon âme en bonne conscience. Une âme déjà charcutée par mes propres démons, des démons qui rongent, des démons qui savent quelle voie prendre pour faire mal. Pour détruire. Pour que je me détruise par moi-même. Des démons intelligents, rusés, machiavéliques. Qui savent ne laisser aucune trace. Aucune preuve. Et en ce sens, je peux comprendre Liam. Comprendre que cette histoire le suit, même dans les recoins les plus éloignés, les plus sombres. Une histoire à l’image d’une araignée à la productivité excessive. Tissant sa toile, fil par fil, sans jamais s’arrêter, avec comme unique objectif d’enterrer le monde sous son piège de soie. Plus la toile devient forte, plus elle devient grande, moins il est possible d’en sortir. De s’en sortir.

«Si mademoiselle Smith trouve un remplaçant pour combler votre place, elle n’aura qu’à en faire part au secrétariat et ce sera approuvé», dis-je, balayant ainsi ses propos concernant la rumeur.

À quoi bon refuser un tel projet s’il se retire? Bien sûr que cela fait mon affaire, bien qu'une autre solution aurait été préférable, mais je ne peux tout de même pas aller jusqu’à demander son transfert. Tenby est une petite ville et ce genre de position est rapidement attaché au bûcher lorsqu’il s’agit d’un membre très apprécié de la communauté. J’ai préféré accepter d’emblée que la sortie puisse avoir lieu afin que nous puissions nous concentrer sur la suite des choses. Cette situation a assez duré, il ne peut plus y avoir d’impasse, le statu quo ne peut plus être toléré. L’enquête de la police n’avait jamais été concluante. Des doutes persistaient, et persistent encore. On ne saura jamais si la jeune fille disait vrai ou si elle s’était rétractée après certaines pressions de son entourage. Après tout, même Liam le dit : il est appuyé par la majorité des professeurs, des élèves et de la communauté de Tenby. On ne peut vérifier l’invérifiable, on ne peut prouver l’improuvable. C’est une triste réalité où la parole de l’un est opposée à la parole de l’autre. Le jeu des crédibilités où, malheureusement, bien souvent, le plus âgé l’emporte sans véritable bataille des mesures.

«Je n’ai pas terminé», mettant ainsi fin à la probable envie de Liam de se lever et de quitter mon bureau. «Je ne travaille pas pour la police, je ne suis pas un magistrat. Je ne referai pas cette enquête, je n’en tirerai pas mes propres conclusions…»

Je ne peux pas, et je ne le veux pas. Je n’ai ni l’expertise ni l’envie pour partir en croisade contre un enseignant qui, dans les faits, n’a rien à se reprocher. L’affaire n’est jamais allée en justice. L’enquête s’est conclue. Aucune accusation, donc aucune condamnation. La direction de l’époque n’a pas sévi. La pression populaire est inexistante. Alors pourquoi suis-je autant méfiant envers Liam? Pourquoi suis-je autant peu enclin à le croire, à lui porter ma confiance? Oui, peut-être. Peut-être est-ce parce que ma propre histoire n’est pas toute blanche. Moi-même, m’étant retrouvé dans cette position, m’en étais tiré avec des mensonges. Ou plutôt, des demi-vérités. La probabilité que les propos de Liam ne soient pas aussi véridiques que la vérité elle-même était donc plus haute que nulle. Et toute probabilité mérite qu’on s’y attarde, même si elle nous mène dans un fossé, dans un cul-de-sac.

«… mais je ne peux fondamentalement pas y demeurer insensible. Il s’agit d’une situation qui touche tout le monde, y compris ma personne, et j’ai besoin de garanties.»

Je ne sais pas comment on peut donner une quelconque garantie dans une telle affaire, et j’admets n’avoir aucunement réfléchi avant de prononcer un tel mot. Au courant du mois d’avril, l’an dernier, certains professeurs m’avaient parlé d’une certaine Paige, une jeune fille qui arrivait à peine à Ysgol, dont la complicité avec Liam pourrait causer certains problèmes au niveau de l’éthique. D’autant plus que certains épiaient ses moindres gestes pour le prendre en défaut sur tout et n’importe quoi.

«On m’a informé que je devrais m’intéresser à la jeune Paige O’Donnell, vous avez une idée sur cette histoire?»
Revenir en haut Aller en bas
avatar

ADMIN ♣ Au service de Mrs Lloyd

TON PSEUDO : Miss Choco.
TES DOUBLES : Lylou + Kainoa + Caleb + Mona + Sean + Josh.
TON AVATAR : James Franco.
TES CRÉDITS : Schizophrenic + Neon Demon + AmazQueen.
TA DISPONIBILITE RP : 1/4
(Matthew - Brianna)
À venir : Kayla - Miro.
RAGOTS PARTAGÉS : 4915
POINTS : 2605
ARRIVÉE À TENBY : 22/11/2013


ÂGE DU PERSONNAGE : 34 y.o (4.11.82)
CÔTÉ COEUR : Séparé de sa femme, il essaye de se faire une raison.
PROFESSION : Prof de philo.
REPUTATION : Un bon père de famille, respectable et honnête. Alors pourquoi sa femme et lui se sont séparés ? Je me le demande bien ! Je vous avais dit qu'ils avaient voulu se marier trop jeunes...



Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam) Mar 18 Oct - 5:19


Si Liam était à la fois déçu et blessé par son entrevue avec le proviseur, il s’efforçait de prendre sur lui-même. Et surtout, surtout, il ne voulait pas que ses élèves en pâtissent… Ceux de l’année passée avaient déjà été suffisamment perturbés par toutes ces calomnies ! Autant que possible, il aurait voulu préserver tout ce beau monde parce que oui, il était attaché à la plupart des lycéens auxquels il enseignait. Certains lui rendaient forcément la tâche moins facile que d’autres, mais ce n’était pas pour autant qu’il les dépréciait. Il avait gardé cette envie de tendre la main à chacun de ceux qui étaient dans le besoin, quand bien même il avait dû se forcer à réduire les contacts une fois les cours à proprement parler terminés. Alors il était normal que, sans lui ou pas, il ait envie que ses Terminales profitent de cette opportunité de se rendre à un salon du livre. Peut-être que certains s’en fichaient, c’était même probable. Mais peut-être aussi que, contre toute attente, ils trouveraient quelque chose d’intéressant. Et d’autres, bien que plus rares, étaient réellement portés vers la littérature et seraient forcément enthousiaste rien qu’à l’idée d’aller à Swansea dans ce but. Il serait injuste de les en priver simplement parce qu’il n’était pas forcément sage qu’il fasse partie de leurs accompagnateurs… Aussi le professeur formula-t-il une autre requête à Joshua, espérant vraiment que cette fois-ci, la pilule passerait un peu mieux. Et à son grand soulagement, son interlocuteur accepta. « Je suis à peu près certain qu’elle pourra trouver un remplaçant. Je m’en assurerai… Il est rare de ne pas trouver de volontaires pour accompagner des élèves à une sortie pédagogique. » Bien entendu, c’était une responsabilité qui pouvait se révéler assez fatigante. Mais c’était aussi l’occasion de sortir un peu de son contexte habituel, de casser la routine des cours au lycée. Pour ça, Liam ne se faisait pas trop de souci. D’ailleurs, il était déjà prêt à s’en aller, pour annoncer la nouvelle à sa collègue concernée. Malheureusement, le proviseur lui demanda à demi-mot de rester encore dans son bureau, en annonçant qu’il n’avait pas terminé. Presque imperceptiblement, le Cartwright fronça les sourcils. De quoi pouvait-il s’agir encore ? De questions supplémentaires ? De conseils ? De recommandations ?

Car en réalité, il n’avait aucune envie de prolonger cette conversation. Il avait très bien compris la position de Leach et le pire, c’était qu’il ne pouvait pas vraiment l’en blâmer, quand bien même ça le touchait. Alors à quoi bon remuer le couteau dans la plaie ? Pourquoi continuer à discuter s’il n’y avait aucune solution ? Mais bien entendu, il ne pouvait pas se permettre d’être malpoli, aussi se força-t-il à rester assis, même s’il aurait senti à des kilomètres à la ronde que la suite ne lui plairait pas le moins du monde. Il aurait voulu fermer ses oreilles, d’ailleurs. Mais comme l’adulte qu’il était censé être, il essaya de faire face à la situation avec autant de dignité que possible. Il s’obligea même à ne pas répondre dans l’immédiat, même s’il avait l’impression que Joshua faisait précisément ce qu’il prétendait ne pas faire, c’est-à-dire refaire une enquête, tout en ayant déjà tiré ses propres conclusions. Il tenta de s’imaginer à sa place, ses propres réactions, ses inquiétudes… Ce fut ce qui l’aida à garder la maîtrise de soi qui le caractérisait habituellement. « Peut-être pourriez-vous m’indiquer comment je pourrais vous fournir des garanties ? » Liam n’était pas certain de saisir où le proviseur voulait en venir. Car ce dernier avait été clair en soulignant qu’il avait l'impression d’être une impasse, que l’histoire ne serait jamais vraiment oubliée, qu’il subsisterait toujours une part de doute. Alors comment le Néo-Zélandais pourrait-il bien aller dans l’autre sens, même en faisant des efforts pour avoir une conduite absolument irréprochable ? Mais quand Joshua poursuivit, Liam comprit qu’il était encore loin du compte. Cette fois, il ne put rester impassible. Cette fois, c’était trop… « Sommes-nous en train d’ouvrir une nouvelle enquête ? » C’était quoi encore, cette histoire ? Pire, ce délire ?! Essayant tant bien que mal de garder la tête froide, le père de famille inspira profondément. Il supportait de moins en moins d’être traité de manière injuste, à tel point qu’il n’avait jamais autant reconsidéré l’éventualité d’une reconversion. Car si sa carrière était à jamais entachée par les stupidités d’une adolescente et que d’autres se mettaient à voir le mal partout et à inventer d’autres calomnies, à quoi bon s’entêter à continuer ? « Je n’ai absolument aucune idée de ce dont vous parlez. » Les bras croisés sur le torse, Liam le regardait droit dans les yeux.

_________________


I'll come in and see her breathe and know that had it not been for her, I would never have married. And when I look at her face, a face I know better than my own, I know that I have meant as much or more to her. And that means more to me than I could ever hope to explain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: In the embers (ft. Liam)

Revenir en haut Aller en bas

In the embers (ft. Liam)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WHISPERS DOWN THE LANE ♣ ::  :: RP abandonnés-