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the world is gray + victor

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MessageSujet: the world is gray + victor Sam 20 Aoû - 14:55

Un chignon en vrac sur le sommet du crâne, les traits tirés par le stress, Holly soupire en voyant son reflet dans le miroir. C’est vraiment à ça qu’elle ressemble en ce moment ? C’est à peine croyable. Et pourtant, elle est tellement préoccupée… Elle se met une pression énorme et, évidemment, il y a des conséquences. Ça ira mieux quand elle aura ouvert, c’est ce qu’elle se dit pour se réconforter. En attendant, une bonne douche lui ferait probablement le plus grand bien. Il faut impérativement qu’elle sorte après ça, elle doit prendre l’air. A rester trop longtemps enfermée dans son appart, Holly n’arrive plus à être productive du tout. Ce n’est pas étonnant, il y a de quoi finir cinglée. Surtout quand on connaît le rythme de vie habituel de Holly… Elle n’a jamais été aussi sérieuse. Quand elle quitte la douche pour retrouver sa place initiale devant le miroir, Holly se trouve déjà mieux. Elle a meilleure mine, l’eau chaude de la douche y est sûrement pour quelque chose. Alors qu’elle a à peine enfilé ses sous-vêtements, Holly entend son portable sonner. C’est un SMS de Victor qui lui propose d’aller boire un verre. Il aurait besoin de parler, selon ses dires. Intriguée, Holly accepte sur le champ et convient du lieu de rendez-vous. On peut dire que Vic tombe à pic… Boire un verre avec un ami, c’est exactement ce dont Holly a besoin à ce moment-là. Réjouie par cette opportunité, Holly accélère la cadence. Ça ne l’empêchera probablement pas d’être en retard mais plus vite elle sera prête, plus vite elle pourra aller rejoindre Victor. Elle passe un coup de brosse dans ses cheveux et décide de les laisser sécher à l’air libre. Ils ondulent naturellement et, en général, c’est plutôt joli. Parce que le mois d’aout le lui permet encore, elle enfile une robe à bretelles fines. Quelque chose de décontracté, une robe grise qui lui arrive aux chevilles. Pour ce qui est du maquillage, pas de chichi. Elle met un peu de mascara sur ses cils et le tour est joué. Il n’y a que pour les grosses occasions que Holly fait vraiment un effort de ce côté-là. La soirée où tout Tenby va, par exemple. Quoi que, ça n’arrive pas souvent. Autrement, elle préfère largement le naturel. Le maquillage, c’est pour jouer un jeu, c’est pour faire semblant d’être une fille qu’elle n’est pas. Parce qu’elle est naturelle comme fille, peut-être complétement délurée mais elle est aussi foncièrement gentille. Si elle a souvent tendance à se comporter comme une garce, c’est parce qu’elle ne se prend pas au sérieux. A moins que ce soit la faute de ses hormones. Les pauvres, ils ont bon dos. Quiconque connaît Holly sait que c’est une fauteuse de troubles… Mais elle a un bon fond. C’est d’ailleurs comme ça que son amitié avec Victor a pu naitre. Sur le trajet jusqu’au bar qu’elle fait à pieds, Holly revient sur cette amitié improbable. Elle se souvient quand Victor l’a engagé pour faire quelques extras dans l’un de ses restaurant. Elle avait été impressionnée par l’homme, admirative. Et une fois n’est pas coutume, Holly a tenté de l’attirer dans ses filets. Pour l’expérience, pour le fun. Mais elle s’est vite rendue compte que c’est un homme fidèle et que ça ne mènerait à rien. L’estime et le respect qu’elle avait alors pour lui se sont décuplés et ça a finit par devenir réciproque. Incroyable mais vrai, une amitié très forte en a découlé et ce malgré toutes leurs différences. Quand on y pense, tout les oppose. L’âge, le caractère, la situation familiale… Et pourtant, Holly a trouvé en Victor un allié fidèle devenu indispensable dans sa vie. En entrant dans le bar, la jeune femme aperçoit rapidement son ami installé au bar. Elle sourit, contente de croiser un visage familier, heureuse à la perspective de passer un peu de temps en sa compagnie. Elle ne tarde pas plus à le rejoindre, un sourire toujours vissé aux lèvres. « Salut beau-gosse ! » lance-t-elle en venant plaquer une bise affectueuse sur sa joue. Elle s’installe à côté de lui. « Je sais, je suis en retard… Mais c’est pas ma faute, je te jure ! Je sais pas comment tu fais pour gérer tous tes restaurants… Moi j’ai qu’une boutique même pas encore ouverte et j’en peux déjà plus ! » Elle rigole avant de croiser le regard de Victor. C’est là qu’elle comprend. C’est sérieux. Quelque chose ne tourne pas rond, elle le voit à l’air dépité de son ami. Son sourire disparaît et laisse place à une petite mine inquiète. Instinctivement, elle pose une main sur le bras de Victor autant pour se rassurer elle que lui. « Oh, Vic… Qu’est-ce qu’il se passe ? » Rien de grave, elle l’espère, mais elle a du mal à croire que Victor puisse avoir l’air aussi affecté si c’est l’histoire de quelques broutilles.
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TON PSEUDO : MissPiggy/Bianca
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ARRIVÉE À TENBY : 07/04/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 24 ans (12 mars 1994)
CÔTÉ COEUR : longtemps volage, maintenant capturée par un prince charmant
PROFESSION : étudiante en kinésithérapie / caissière chez sainsbury
REPUTATION : What the heck is she smoking? She has to be high 98% of the time.



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MessageSujet: Re: the world is gray + victor Lun 12 Sep - 22:19

Tout avait commencé avec le presque banal rhume d’Olivier. C’était presque devenu une tradition avec les années : à tous les ans, il trouvait le moyen dans la première semaine de cours de se chopper quelque chose. Du rhume à la gastro… Tout y passait. Je ne sais pas en quoi nous avions fait le système immunitaire du plus jeune des cinq, mais chose certaine : ce n’était pas un pare-feu imparable. Autant Judy que moi avions toujours eus une santé de fer. Résultat, nous nous étions relayés auprès de nos enfants quel que soit la cause sous-jacente.

Et ça n’aurait dû être que la banale histoire d’un rhume – comme toutes les autres fois. Rien de surprenant dans l’histoire. Alimentation saine et pleine de légumes, hydratation au maximum, boîte de mouchoirs jusqu’à avoir besoin de raquette pour se déplacer dans la chambre du malade et repos à volonté.

Sauf que plus rien n’était comme avant dans la maison. J’avais fait de mon mieux pour ne pas que ce soit Judy qui s’en occupe. Le médecin nous avait prévenus que cette première ronde de chimiothérapie allait être particulièrement exigeante pour le corps de ma femme. Ils avaient espoir de la sauver – espoir que le fait d’inonder son sang de produits toxiques ferait en sorte que la masse réduirait, qu’elle serait opérable, qu’elle survivrait par leur intervention presque divine. Le grand C s’était invité dans notre maison se croyant tout permis – tambours et trompettes devaient presque l’annoncer.

J’avais retrouvé Judy ce matin, fiévreuse et collée contre mon corps dans le lit conjugal. J’avais pris sa température, vachement en haut de 38,5 degrés, deux fois avant de contacter Rafael pour le prévenir que je ne serais pas au restaurant aujourd’hui. Je savais que de toute façon, il pouvait se démerder comme un grand. J’avais conduit Judy à l’hôpital de Swansea en silence – inquiet pour ma part. Elle était belle avec son foulard, malgré son foulard, malgré les ravages qu’un petit mois de chimiothérapie avait déjà fait en elle. Et en arrivant au complexe, j’avais réussi à ne pas paniquer – quelque chose en soit étonnant quand on savait que j’avais voulu viré à l’envers l’hôpital pour chacun des accouchements de ma femme. J’étais resté à son chevet jusqu’à ce qu’on la roule en salle d’isolement parce que le fameux petit rhume était vachement plus que ça pour elle.

À vingt heures, j’avais envoyé un texto à Holly en quittant les urgences, seul. Mes enfants avaient besoin de moi… mais la nounou s’en chargerait. À la place, après la petite heure de conduite qui séparait Swansea de Tenby, je me retrouvais affalé contre le bar du Five Arches Tavern avec un verre d’un bon vieux scotch entre mes doigts. Mon regard vitreux s’accrochait probablement désespérément au bar. L’âge moyen de la pièce me donnait presque l’impression d’être un de ses vieux alcooliques qui noie son chagrin : Elle est encore en vie pourtant… mais j’avais quand même l’impression cruelle d’être déjà en train de la perdre. Mes pensées noires occupaient toute ma solitude dans le bar. Je fus presque content lorsque des lèvres vinrent amicalement se poser sur ma joue et qu’avec un ton de voix enjoué – la toujours en retard – Holly s’excusa pour justement ne pas avoir respecter l’heure du rendez-vous : « Bonsoir Beauté… Le soir où tu seras à l’heure, je m’inquiéterais davantage. ».

À vrai dire, j’étais content de la voir et de simplement entendre sa voix qui gazouillait gaiement sur le fait de commencer sa première boutique. Mon âge me pesait et la situation familiale complexe qu’amenait la confrontation avec un monstre qui dévorait lentement celle que j’aimais avait enlevé beaucoup des rires dans ma maison. Même mes enfants, peu sérieux de nature en raison de leur âge et de leur insouciance – elle-même causée par leur inexpérience de la vie de manière générale. Normalement, j’aurais rigolé, mais le stress qui faisait comme une grande boule de pression au creux de mon ventre m’en empêchait. Le nombre de gens qui savaient pour ma femme était limité – une décision que nous avions prise à deux : ne pas ébruiter. Dans une petite ville comme Tenby, tout finissait toujours par se savoir. Mais jusqu’à l’instant, nous avions réussi à tenir notre langue. Seul les gens très proche de nous savaient – et ça nous convenait. Moins à moi qu’à Judy – mais c’était elle qui importait.

Mon visage à moi trahissait le stress qui s’accumulait. J’aurais probablement pu me permettre de m’absenter du restaurant de Tenby – mais les gens auraient parlé : ils ne font que ça souvent les gens. Holly le remarqua mais pour commencer, je ne dis rien : je n’aurais probablement pas su comment le placer : c’était sorti à demi-mot auprès de ma nièce. « Mais ne t’en fais pas pour ta boutique, le stress se passe au courant des années. C’est toujours difficile au début. » Il me vint par la suite en tête que j’étais posé sur un verre que je finis sèchement avant de la contempler – probablement d’un air plus triste que ce que j’aurais voulu. J’eus un petit sourire avant de m’excuser : « Je ne t’ai pas attendu pour commencer à boire. Je m’excuse… Ce n’est pas très poli. Ton premier verre est sur ma facture. » Je soupirais doucement. Je n’avais pas l’habitude des excès d’alcool. J’étais et j’avais presque toujours été calculé sur ce point – presque prévisible. J’aimais bien un verre de temps en temps, mais jamais d’abus à l’horizon. Me virer la tête à l’envers, ça n’était pas trop mon genre. « T’as raison que ça ne va pas. Judy est… malade. Son système immunitaire est effondré à cause de la chimio… J’ai… peur de la perdre. » dis-je doucement en faisant machinalement tourner les glaçons dans le fond du verre.

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MessageSujet: Re: the world is gray + victor Mar 18 Oct - 21:04

Victor marque un point. Holly est toujours en retard et il l’a évidemment pris en compte en l’invitant ici. La jeune femme s’excuse donc pour la forme, elle sait d’avance qu’il ne lui en veut pas. Elle rigole même à sa petite blague, passe une main dans ses cheveux encore légèrement humides de la douche de tout à l’heure. Elle est à l’arrache. Comme d’habitude. Elle s’assoit aux côtés de Victor, remonte sa robe longue au niveau des ses genoux pour être plus confortablement installée. Elle ne remarque pas tout de suite. Elle est trop heureuse d’être là. Holly adore ce genre de petites sorties improvisées en général. Elle vit sur l’instant, un coup de tête et elle peut changer tous ses plans. Elle est spontanée et c’est peut-être bien sa plus grande qualité. Elle s’attendait à une bonne soirée, elle comptait bien s’amuser. C’était avant de croiser le regard de Victor, si triste. Ça lui a brisé le cœur. Holly n’a pas l’air aux premiers abords mais c’est une amie dévouée. Sans même savoir ce qu’il se passe, elle est déjà abattue par ce qui peut préoccuper son ami. Sa main sur son bras, elle cherche les confidences. C’est sûrement pour ça qu’il l’a fait venir. Quoi d’autre ? Il a besoin de se confier. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Holly est capable d’écouter. Et dans ce cas précis, elle a envie d’écouter. Elle veut comprendre. Elle aimerait avoir le pouvoir de lui remonter le moral mais elle ne voit pas comment faire sans savoir de quoi il s’agit. Elle espère que ce n’est rien de trop grave. Seulement Holly a du mal à croire que Victor puisse être dans un état pareil pour des futilités. Forcément, elle imagine le pire et ses pensées divaguent de scénario catastrophe en scénario catastrophe. Son inquiétude s’amplifie quand Vic ignore son interrogation. Il parle de la boutique qu’est en train de lancer Holly, essaye de la rassurer en lui assurant que les débuts sont toujours difficiles quand on ouvre un business. La jolie brune n’écoute même pas, son attention est focalisée sur l’état d’esprit de Victor. Elle analyse la situation. Visiblement triste, jusqu’à présent seul devant un verre au bar… Pas besoin de chercher plus loin : il est clair que quelque chose ne tourne pas rond. « Je t’en prie Vic, c’est rien… » qu’elle dit du bout des lèvres quand le cuisinier de renom s’excuse d’avoir commencé à boire sans elle. Holly se pince les lèvres, interpelle le serveur et commande un verre. « Merci. » dit-elle une fois sa commande réceptionnée en venant faire tinter son verre contre celui de Victor. Santé ? Non, cette fois, Holly s’abstiendra. Trinquer à la santé de Victor à ce moment précis lui semble un peu trop ironique. Et pourtant, Holly est plutôt du genre caustique. Finalement, Victor lui avoue. Pour le coup, Holly avait envisagé un tas d’éventualités plus ou moins catastrophiques… Mais ça ! Non, elle ne l’a pas vu venir. Il ne le dit peut-être pas clairement mais Holly comprend le principal. Qui dit chimio, dit cancer, non ? Son cœur se serre, sa main se referme sur le bras de Victor. La femme qu’il aime est malade. Comment est-ce qu’il pourrait être autrement qu’effondré ? Holly n’a peut-être jamais été véritablement amoureuse, elle imagine la douleur que doit éprouver Victor à l’idée de voir sa femme souffrir. « Est-ce que ça veut dire qu’elle… » Non, elle ne peut pas dire ça. Holly n’arrive pas à aller au bout de sa question. Elle ne veut pas savoir, elle ne veut pas entendre ça. Ce serait tellement injuste ! Et puis la science fait des miracles de nos jours, non ? Elle sauve des milliers de gens, tout le temps ! Alors elle sauvera Judy. Forcément. « Elle va guérir. » Dans un premier temps, Holly semble convaincue. C’est une affirmation. Il ne peut pas en être autrement. Et plus elle regarde Victor, plus elle est en proie aux doutes… « N’est-ce pas ? » Elle avale son verre d’une traite, en commande un autre pour Victor et elle. « C’est ma tournée. » Chacun son tour. Holly sort sa carte bancaire et s’empresse de payer pour que le serveur perturbe le moins possible la conversation d’une importance capitale qu’elle a avec Victor. Une fois fait, elle reporte son attention sur son ami, prête à tout entendre de cette nouvelle qui apparaît si sordide.
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MessageSujet: Re: the world is gray + victor Jeu 27 Oct - 23:20

Ce que j’avais toujours aimé chez Judy, c’était sa résilience : ma femme en avait vu des vertes et des pas mûres. La vie lui avait foutu plein de bâtons dans les roues et elle n’avait jamais baissé les bras devant aucune épreuve. Elle avait simplement regardé la vie avec beaucoup de tact. Parfait si l’envie était de la jeter au sol pour la détruire : avant même de savoir marcher, elle avait appris à rebondir sur ses pieds. En même temps, quand on nait différent dans un monde qui n’est pas coupé pour nous et que malgré tout, on rêve de grandeur, la bataille que l’on doit mener pour survivre est essentielle.

Elle était solide comme un roc et fidèle à tout ce qu’elle croyait juste. Je n’avais pas vécu la moitié de ce qu’elle avait vécu dans la vie. Le seul drame que j’avais essuyé, il m’avait fallu la rencontrer pour que j’arrive vraiment à tourner la page. Je m’étais posé après des années à être volage sans vouloir d’attache, sans vouloir ressentir. Et en notre petite vingtaine d’année de mariage, on avait fait bien plus de choses que ce que j’avais espéré. Des voyages en motos jusqu’à ce que les enfants se rajoutent, des aventures formidables en famille.

Ma vie sans elle était si lointaine que je ne savais même pas comment l’aborder. J’aurais pu appeler quelqu’un qui savait pour ma femme. Les gens de cette catégorie étaient peu nombreux et majoritairement de la famille. Mais l’idée de m’abandonner à la bouteille devant un neveu ou une nièce ne me semblait pas intéressant. Et mon frère? Naturellement qu’il n’était pas en ville. Ses enfants avaient toujours été « assez grands » selon lui pour s’occuper d’eux-mêmes. Quelque chose que j’avais beaucoup de difficulté à concevoir en étant moi-même père de famille. Ce n’était pas les voyages loin de la maison qui manquait avec une carrière comme la mienne et les six restaurants à gérer. Je passais dans chacune des boutiques au moins une fois par trois mois, assez pour constater les équipes qui étaient mise en place – c’était avant. Tout ça pour en venir au fait qu’Holly m’avait semblé être la seule et unique personne logique à appeler pour ce genre de situation délicate que pouvait être me changer les idées. Parce que normalement, Judy avait exactement les bons mots et les bons gestes pour étouffer la douleur qui naissait dans mes tripes.

Holly avait une douceur et une gentillesse que j’aimais bien – parce que sous mes allures de gros durs, les gens de Tenby savaient bien qu’il y avait un ours en peluche qui s’y cachait. J’avais appris bien trop tôt le mot façade. Mais Holly était capable de me faire baisser ma garde juste assez pour que je sois capable de mentionner que ma femme était malade. Oh! La délicatesse n’en était pas moins mon point faible. Il n’y avait que pour mes enfants que j’avais trouvé le moyen de l’entourer dans du sucre pour faire en sorte que la vérité ait l’air moins cru que ce qu’elle était au final. « Tu veux la version édulcorée ou la vraie? », proposais-je en faisant tristement tourner les glaçons dans le fond du verre machinalement. Elle avait nécessairement croisé ma femme au moins une fois, après tout, elle ne se gênait pas pour venir me voir au boulot quand l’inspiration lui manquait pour son écriture. Je ne retirais pas ma main de la touche d’Holly. La chaleur que sa main dégageait était suffisante pour me mettre juste assez en confiance pour que je donne des bouts du pronostic de ma femme. Un portrait sombre et triste. « Ses chances de survies sont faibles voire inexistantes. Ils l’ont diagnostiqué tard. Ils vont tenter… mais. »

Je lui jetais un petit regard avant de faire non de la tête. Ma femme ne ferait pas comme le voulait les statistiques. Elle ne vivrait pas plusieurs années de plus que moi. Elle ferait de son mieux pour tenir tête au grand C… mais son combat n’était pas du tout à arme égale et malgré toute sa bonne volonté, malgré sa force de caractère, ma femme n’en restait pas moi un petit soldat désavantagé. « Elle a peut-être un an avant… » mais le mot « mort » refusait de sortir de ma bouche. C’était tout un champ lexical que je m’interdisais depuis si longtemps, depuis la première femme que j’avais aimé et qui m’avait démontrer que parfois, on a simplement pas de chance – c’était l’impression cruelle que j’avais. Une impression qui me faisait me sentir horrible : c’était elle qui était malade, mais c’était à nos enfants et à moi que je pensais. Parce que je l’avais déjà vécu cette perte. « J’ai peur de me retrouver seul avec les enfants. J’ai peur de ne pas être assez. De me transformer comme mon père ou mon frère. Et ça fait encore plus peur que d’ouvrir un nouveau gastro-pub ou un restaurant de haute cuisine» avouais-je en la regardant doucement.

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MessageSujet: Re: the world is gray + victor Jeu 8 Déc - 15:04

C’est la première fois que le cancer touche d’aussi près Holly. Dans sa famille, tout le monde semble avoir été épargné d’un si triste sort… Bien que ça puisse encore arriver. Personne n’est à l’abri, elle le comprend maintenant. A l’aube de ses trente ans, la jeune femme fait encore partie de cette jeune génération qui se croit invincible. Personne n’est malade autour d’elle et, à vrai dire, Holly n’envisage même pas qu’il soit possible que quelqu’un le soit. Sauf que c’est réel maintenant. Ça arrive. Pas qu’aux autres, pas qu’aux gens qui l’ont cherché en buvant comme des trous et en fumant comme des pompiers. Ça peut arriver à tout le monde et ça arrive à la femme de son ami. C’est terrible. Et tellement injuste. Sur le coup, Holly ressent une profonde tristesse. Ça se transforme rapidement en colère, orchestré par un sentiment d’injustice dévastateur. Mais en colère contre qui ? La maladie ? La vie ? Ça n’a pas de sens. Ni l’une, ni l’autre, ne possède de visage. Frustrée devant cette tragique conclusion, Holly pousse un soupir agacé. Elle n’espère qu’une chose : que le pronostic vital de Judy ne soit pas engagé. Il y en a un tas des gens qui survivent au cancer, non ? Enfin, c’est ce qu’elle présume. Elle n’en connaît elle-même pas. Mais d’un autre côté, elle ne connaissait personne atteinte d’un cancer avant aujourd’hui non plus. Il y a peut-être encore une chance, un espoir. Et là où il y a de l’espoir… Il y a de la vie. C’est ce que veut l’adage. « La vraie. S’il te plait. » Elle déglutit. Elle est prête à entendre mais est tout de même folle d’inquiétude à l’idée de savoir la vérité. Et si c’était sans appel ? Et s’il n’y avait plus rien à faire ? Comment ferait-elle pour soulager la douleur de son ami ? Holly bouge les doigts sur le bras de Victor, le caresse du bout des doigts. Elle se veut rassurante. Forte, aussi. Elle n’a pas envie de montrer à quel point ça la peine. Il n’y a pas de place pour sa tristesse, pas devant celle de Victor en tout cas. Le verdict tombe. Holly est sous le choc. Elle ne parvient plus à réfléchir, balbutie quelques syllabes sans réussir à former de mots. Elle qui voulait se montrer forte, c’est loupé ! Quelle naze. Elle s’en veut. Elle aimerait trouver les mots, être une amie exceptionnelle en apaisant Victor. Mais, de toute évidence, elle ne l’est pas. Un an. Enfin… Peut-être un an. C’est rien. Et c’est beaucoup en même temps quand on vit avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. Comment faire pour profiter d’elle malgré tout ? Comment faire pour vivre de bons moments alors qu’on est profondément triste ? Un tas de questions traverse l’esprit de Holly. Elle ne trouve aucune réponse. Ça lui paraît juste surhumain. « Je suis tellement désolée. » Quand Holly retrouve la parole, ce sont les seuls mots qui lui viennent. Elle réalise à quel point c’est nul mais elle n’a rien trouvé de mieux à dire. Qu’est-ce qu’elle pourrait bien lui raconter de toute façon ? La vie continue ? Une de perdue, dix de retrouvées ? Non. Tout ça a juste l’air ridicule. Plutôt se contenter d’une banalité. « Bien sûr que tu as peur… » Holly se mord la lèvre nerveusement. Il a raison d’être angoissé. Elle le comprend. Ça doit être terrifiant d’être deux depuis des années et de se retrouver seul sans y avoir son mot à dire. « C’est normal. Mais je suis sûre que tu vas trouver comment faire… Je veux dire… Y’a pas quelqu’un en qui je fais plus confiance que toi pour gérer une situation aussi délicate. » Aux yeux de Holly, Victor a toujours été un homme de toutes les situations. Quelqu’un sur qui on peut compter, quelqu’un qui sait prendre des décisions et les appliquer.  « Ils savent… » Holly a du mal à parler. C’est l’émotion qui la gagne. Elle se fait violence pour continuer : « Tes enfants. Ils sont au courant ? Ça fait longtemps que… Que tu sais ? » Elle aussi a peur d’utiliser des mots trop directs, trop forts. Elle ne fait qu’allusion à ce qu’ils pensent tous les deux tout bas.
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MessageSujet: Re: the world is gray + victor

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