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You got me so scared [Rylee]

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : MissPiggy
TES DOUBLES : William T. Hardy, Victor I. Cartwright, Théodore C. Pembroke et Seren A. Vaughan
TON AVATAR : Arthur -smoking- Darvill
TES CRÉDITS : Avatar: rustynails, signature:hedgekey et tumblr
RAGOTS PARTAGÉS : 4202
POINTS : 501
ARRIVÉE À TENBY : 17/06/2014

You are the only girl in my life
ÂGE DU PERSONNAGE : 32 ans (10 juin)
CÔTÉ COEUR : Pétrifié par une vision venue tout droit d'un passé.
PROFESSION : professeur de musique et d'art dramatique
REPUTATION : Vous avez vu les nouvelles? Sa femme a été assassiné et il était une victime lui aussi. Depuis qu'il est revenu de Liverpool, il est seul... Vous avez pas vu le boulanger avec qui il était toujours?



MessageSujet: You got me so scared [Rylee] Jeu 5 Mai - 22:40

Mes parents étaient brièvement descendus de Sheffield – persuadés que l’air marin leur ferait le plus grand bien. Je les comprenais en un sens. Mes parents n’avaient eu qu’un seul enfant – moi. Et je ne leur avais pas donné un grand nombre de petits enfants. GRAND DAMN pour ma mère qui aurait voulu avoir un clan qui se répartit en plusieurs cris dans la maison. La longue attente pour le procès s’était traduite en dix-huit mois d’un silence radio des plus complets de ma part. Pour moi, ça n’avait pas fait une différence si marquante. Certes, entre Liverpool et Sheffield, la distance ne permettait pas que la famille se réunisse à tous les soirs. Mais ils avaient eus l’impression de passer à côté d’éléments marquants.

Ils avaient manqués mes trente ans – mais je devais avouer que six mois à peine après la mort de ma femme, je n’avais pas eu le cœur à festoyer. Ils avaient également manqué mes trente-et-un ans – mais la relation complexe que j’entretenais avec Noah en juin dernier n’était pas pour me faire me réjouir à l’idée de recevoir la famille. Ce n’était guère le cas que Noah était un homme qui me posait un problème au niveau de mon éthique – mon premier amant masculin n’avait pas été annoncé avec tambour et trompette à mes parents (probablement l’un des avantages notables de venir d’une famille où l’art prenait une place importante – l’homosexualité si telle était l’étiquette ne posait pas problème). Mais la complexité de notre relation n’était peut-être pas facile à introduire auprès de deux personnes qui avaient dépassé la soixantaine.

Là où l’âge semblait davantage avoir touché mes parents, c’était justement au niveau de ma fille. Il y avait une grande différence entre les quinze mois qu’elle avait – lors de l’agression et les trois ans et cinq mois qu’elle avait aujourd’hui. Elle avait grandi. Elle parlait maintenant avec des étoiles dans les yeux.

Je me doutais très bien que mes parents ne s’étaient pas ramené en pleine période scolaire pour passer du temps avec moi. Certes, les soirées étaient passés avec mon père qui grimpait dans le studio qui était aménagé et qui venait toucher aux instruments et critiqué une à une mes compositions avec l’acharnement d’un vieux routiers de la musique. Ils dormaient depuis quatre jours dans le lit que Noah et moi avions partagés en un sens. Et le ferais encore jusqu’à dimanche après quoi, j’irais les reconduire – malgré le fait que je détestais conduire – à la gare de Swansea pour qu’ils aillent prendre leur train.

D’ailleurs, ma propre réticence à la conduite ne changeait pas l’amour que mes parents semblaient porté à la voiture. J’étais rentré sur l’heure du diner entre deux cours à la maison pour y apprendre qu’en un certain sens ma fille avait été kidnappé par ses grands-parents – qui visiblement n’avaient que très peu de considération pour l’anxiété que je vivais et qu’ils l’avaient amené dans une ville voisine pour un spectacle de musique pour enfants. « De retour à 22 heures » affichait clairement le petit mémo qui avait été gentiment laissé sur la table de cuisine.

Que diable pouvais-je faire dans une maison déserte jusqu’à dix heures ? J’avais beau savoir que ma fille était en sécurité, je savais très bien que je tournerais en rond en me morfondant si jamais je faisais l’erreur de rester à la maison. Il y avait deux mois et demi que je n’avais aucune nouvelle de Noah. Pourquoi diable m’aurait-il contacté ? Il n’en avait plus le droit. Son portable habituel avait été déconnecté. C’était une comète gracieuseté du MI-5… une comète dont l’odeur et la présence restaient malheureusement dans la maison malgré un nettoyage attentif des lieux. Je pris donc ce qui me semblait être la sage décision de sortir. Tenby avait peu de bars. Mais ils avaient ce club – un peu perdu dans lequel les musiciens échangeaient en un sens. Un piano et une guitare à libre accès avec un micro quelque jours. Pas vraiment un succès flagrant mais une bonne manière d’apprivoiser de nouveau la scène.

Mes parents avaient peut-être eu légèrement conscience des angoisses qui avaient découlés du meurtre de ma femme et de mon agression… mais pas à ce tel point. Ils avaient peut-être été réveillé par les cauchemars mais n’avaient pas jugé bon en parler avec moi. Ils n’avaient pas eu à gérer une des trop nombreuses crises d’anxiété… et ils n’avaient pas compris la tonne de compositions intéressantes que je n’arrivais pas à envoyer. La peur est un phénomène complexe à comprendre : encore plus lors que dans un cas comme le mien il occupe un territoire aussi grand dans ma tête que l’amour que je porte à ma fille.

Tout ça pour en venir au fait qu’après avoir pris une seule bière, j’avais trouvé le courage de monter sur scène. Le piano – toujours cet instrument. Plus facile et moins sentimental que le violoncelle si profondément attaché avec l’image meurtrie de ma femme dans mon esprit qui n’était pas toujours aussi lucide que ce que je voulais bien prétendre. Le morceau terminé, je jetais un regard à l’horloge. Et voilà que le temps avait filé plus vite que ce que j’aurais pensé. Je sortis sans remarquer la noirceur particulièrement profonde du ciel. Je venais à peine de tourner la rue qui menait vers chez Victor qu’un grondement assez caractéristique suivi de la lumière éclatante et d’un torrent sorti tout droit de l’apocalypse inonda les rues. Je figeais sur place devant l’horrible réalisation…

Un… un… un orage.

Mon esprit ne savait pas pensé clair dans ce genre de situation. Juste un hébergement. Il y aurait eu moyen de faire demi-tour pour retrouver le bar. Mais… Il était loin et mon esprit était plus que légèrement embrumé. Mes pas me menèrent presque en courant vers la première porte qui se dressait devant moi et qui – dieu merci – n’était pas verrouillé malgré l’heure tardive. Haltant en raison de la panique que m’arracha un éclair, je retiens à peine une longue plainte paniquée lorsque le second tonnerre confirma mes soupçons. Ce n’est pas rationnel d’avoir peur. Ce n’est pas logique. Mais voilà qu’une forme visiblement humaine surgit de la pénombre de la cuisine. Un éclair posa un reflet très clair sur un couteau imposant à la lame argenté. Plus d’un battement furent manqué par mon cœur. Je tremblais et manquait de défaillir en laissant échappé comme dans un mauvais rêve : « Je vous en prie… ne me tuez pas. » Un souvenir d’une vive intensité me traversa d’un coup.

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Sans le savoir, nous avons vieilli. En bien ou en mal? Te recroiser après tout ce temps... une curieuse histoire... presque incroyable.
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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Lun 30 Mai - 10:53

Comme d’habitude, tu es le nez fourré dans la cuisine du restaurant « Chez Victor », à potasser tes idées tout en découpant des légumes frais. T’as beau être parfois rêveuse, tu demeures toujours consciencieuse dans ta tâche. Celle-ci, tu la maîtrises parfaitement. C’est presque devenu un automatisme – dont tu te méfies. Tu sais que les accidents arrivent toujours à cause de la capacité des hommes à penser que tout est acquis. Comme si s’amuser avec une lame tranchante n’était pas un réel problème en soi. Grave erreur ! Il suffirait d’une maladresse pour que tu te coupes le bout du doigt, risquant de ce fait de te rendre à l’hôpital le plus proche pour être soignée. Des points de suture, sans doute, en y songeant. Le couteau est particulièrement bien efficace. Pas de doute : ta chair n’y survivrait pas le moins du monde. Tu essaies alors de laisser tes fantômes du passé où ils sont et tu retournes à te besogne avec une humeur joviale qui te caractérise si bien, appréciée par la plupart de tes collègues masculins.

La nuit tombe avec une douceur exquise. Les lumières des lampadaires éclairent les rues de la bourgade. Tout est calme. Il faut dire qu’il est tard, désormais. Les clients ont déserté les lieux tandis que tu discutes encore avec deux de tes camarades de travail. Vous aviez bien bossé, nul doute là-dessus. Après quelques brimades, vous vous retrouvez à être de moins en moins derrière les fourneaux. Tout le monde sait que tu as pris la – mauvaise – habitude de rester le plus tardivement possible dans les parages. Tu fais la plonge, même. Ca ne te dérange pas de nettoyer, d’astiquer, de t’épuiser. Il faut dire que tu vis littéralement pour cet endroit. Il a été ta bouée de sauvetage, ton repaire dans les périodes sombres, ton ancre d’attaches. Sans lui, tu ne serais peut-être pas là.

Les minutes défilent et tes songes s’évaporent vers d’autres lieux. Tu penses à ton petit frère, Hunter, qui traverse ces moments compliqués. Le divorce de tes parents, tout le monde en discute autour de toi. Alors tu préfères éviter les sourires hypocrites qui disent « je vais bien » en te détournant de la clarté du jour. C’est plus facile ainsi. Sortir la nuit, à l’abri des regards interrogateurs, et recommencer chaque soir de la même façon. Tu es toute seule, astiquant le sol, quand tu réalises que la pluie fait son œuvre sur les fenêtres de l’établissement.

Il pleut. Puis, des éclairs viennent troubler la tranquillité de ton moment solitaire. Tu soupires d’aise, écoutant les chants mélodieux de l’orage qui s’abat sur Tenby. Etrangement, tu as toujours trouvé cela paisible. C’est primaire. Vrai. Rien ne peut subsister que l’essentiel, lorsque Dame Nature décide du sort des Hommes. Ceci dit, tu es vite tirée de ta rêverie passagère par le bruit de la porte qui s’ouvre et se referme aussitôt. T’as beau réfléchir, tu ne vois pas qui aurait pu revenir à cette heure-ci. Tu maudis ton dernier collègue, qui a oublié de fermer à clef derrière lui – comme tu le lui avais demandé.

Ton pouls s’accélère, imaginant le pire. Et s’il s’agissait d’un cambrioleur ? Tu dois en avoir le cœur net. Alors, avec une bravoure s’avoisinant à de la folie, tu attrapes une puissante lame dans la réserve et tu avances, tel un animal sauvage effrayé – et donc dangereux – jusqu’à la pièce d’où provenait les bruits anormaux. Tu sors alors de la cuisine, prête à te servir d’une arme blanche – ce qui est ridicule – et tu tombes sur une silhouette masculine, bien qu’un peu frêle. Tremblant de tout son corps, une voix s’en échappe en te suppliant de ne pas le tuer. Et là, tu réalises qu’il s’agit d’un pauvre passant inondé par les caprices du Ciel à la recherche d’un abri de fortune. Tandis que toi, pauvre folle, tu tiens un couteau de cuisine entre tes doigts. Tu dois avoir l’air d’une dingue. « Oh ! P… Pardon ! » Voilà ce que tu parviens à balbutier en guise d’excuse pour la frayeur que tu as dû lui provoquer. Tu essaies de sourire, avant de déposer l’engin tranchant sur une table vide à côté de toi – en signe de paix. « Je ne voulais pas vous faire peur. » Admets-tu nerveusement. En réalité, s’il avait été question d’une personne mal intentionnée, ton discours aurait pu être très différent. Tu t’étais prise pour une super-héroïne et tu regrettais aussitôt ton comportement chevaleresque qui aurait pu t’être fatal. Un éclair se manifeste alors, rappelant la violence de l’orage présent dans la petite bourgade. Tu regardes dehors, pétrifiée quelques instants. Puis tu poses tes yeux sur l’inconnu. « Vous êtes trempé… » Quelle constatation ! Félicitations, Rylee. Comment avoir l’air encore plus idiote que tu ne l’es vraiment. Seulement, tu dois l’admettre : tu ne t’es jamais retrouvée dans une situation pareille par le passé.
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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Mar 26 Juil - 6:38

Il n’en faut pas un très long moment pour que mon cerveau ne s’emballe d’un coup sec sans que je ne le prévoie. J’ai presque pris habitude de vivre avec la peur comme une seconde nature – une amie qui me côtoie à tous les jours. Je ne peux pas expliquer à quel point je pourrais avoir envie de me débarrasser du poids étouffant que la peur semble prendre d’un coup sec. Je ne l’avais pas vu arriver celle-là.

Ce n’était pas comme les anxiétés prévisibles de la journée – ce petit moment où j’allais abandonner ma fille dans les bras de la gardienne et que mon cœur allait éclater parce que j’avais peur de ne plus jamais la revoir, ni comme celui ou je savais que l’heure d’un repas arriverait et qu’il me faudrait trouver un moyen pour contourner l’anxiété qui était devenu pour moi normale…

Celle-ci était d’une violence inouïe. C’était pour moi un souvenir amer qui remontait d’un coup sec dans ma tête comme si hier, il y a si longtemps, s’était superposé avec aujourd’hui. Un instant… Un bref instant et la lumière se heurte sur le couteau si grand et argenté. Le souvenir est exactement comme le souvenir d’une guerre que j’avais traversé sans quitter le sol britannique. La douleur m’étouffe d’un coup alors que le restaurant chic se transforme en une ruelle un peu sombre et pluvieuse.

Amy et moi descendons la ruelle qui est derrière le petit bar dans lequel je venais de me produire. J’ai ma guitare sèche sur mon dos et ma main dans le dos de ma femme. Petit moment en amoureux en un certain sens. On dirait pratiquement que nous avons six ans de moins et pas une fille de quinze mois qui nous attends à la maison avec une gardienne de dix-sept ans qui doit surement être exaspérée par la tornade qu’était notre fille. Mais voilà qu’en quelques secondes la situation bascule. Des hommes armés et le même couteau aux couleurs brillantes. Je me sentais pourtant courageux pendant un instant avant qu’ils ne nous encerclent.

Mais aujourd’hui la lâcheté est ce qui domine alors que le souvenir d’un cauchemar auquel j’ai assisté en étant pleinement réveillé revient d’un coup sec dans ma tête : « Ne me tuez pas…» est le premier murmure que je trouve la force d’avoir. Parce que le souvenir est flou et trop rapide. Le cercle qui se referme. Amy qui hurle. Moi qui me débats de toutes mes forces. Le souffle qui me manque si vite. L’air qui se met à avoir un goût si amer et ferreux alors que je chercher à le trouver. Mes yeux qui se ferment au fur et à mesure que je sens le sang qui coule le long. J’ai vaguement le son d’un râle qui devient de plus en plus erratique.

Je ferme les yeux en tentant de reprendre pied dans la réalité. J’ai pourtant si conscience que c’est un élément qui appartient à un passé si lointain que je ne peux pas le changer. Même si j’ai repassé la scène encore et encore dans ma tête. Même si je me suis rejouée comme une pièce de théâtre le soir dans mes nuits d’insomnies, dans mes cauchemars… Mais il m’est impossible de la changer la situation et je ne le sais que beaucoup trop bien.

Comme une huitre à même le sol, je me refermais. Les jambes contre moi. Juste respirer. Respirer pour ne pas avoir l’impression d’être en train de mourir encore une fois. Pour ne pas avoir l’impression de sombrer encore une fois dans un souvenir beaucoup trop frais malgré le temps qui s’est écoulé depuis. Juste… RESPIRER. Afin de me sentir dans un état convenable, vivant en un certain sens.

Elle s’excusait de m’avoir effrayé et je ne relevais pas toute suite les yeux contre elle. « Pouvez-vous juste le déposer…? » implorais-je doucement sans préciser ce dont il s’agit. J’ai trop peur pour admettre. Trop d’émotions qui resurgissent d’un coup sec. Les digues que j’ai construites autour de mon veuvage me semble étonnement fragile. Il avait fallu que j’en construise… Et que je les rouvris pour en parler lors du procès – ce qui explique peut-être pourquoi le sang a encore son goût comme souvenir dans ma tête.

Mes yeux se contentent de fixer ses chaussures avec une attention méticuleuse. Elle n’avait sans doute voulu que se protéger… Je devais lui avoir fait tout aussi peur qu’elle m’avait fait à la base. Ma voix était de neige – presque entièrement couverte par la tempête qui grondait à l’extérieur : « Je m’excuse aussi de vous avoir effrayer… Ce n’était pas mon attention. J’ai eu… » mais le mot se coinça pendant un bref instant. Un homme de mon âge – à l’aube de ses trente-deux ans n’est plus sensé avoir peur des orages… Et pourtant… Pourtant. « Le déluge m’a fait peur… ». Le déluge, le son effrayant de l’orage, la froideur amère et incompréhensible de la pluie, la solitude, l’argent du couteau, le fait de ne pas avoir ma fille (ma jolie princesse) à mes côtés… tant de raisons d’avoir peur en ce soir. L’histoire de nos vies nous forme sans que nous ne le réalisions et contribue à faire de nous l’être unique en soit.

[hj: J'ai presque deux mois... je m'excuse. J'ai été débordée par le retour. Ça ne se reproduira pas]

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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Mar 2 Aoû - 14:54

Il fait noir, dehors. Le soleil éclatant a laissé place à une lune claire, bien que menaçante. Puis, les nuages chargés ont fait leur apparition dans le ciel étoilé, apportant avec eux une humidité ambiante. On pouvait ressentir, ne serait-ce qu’à l’agitation locale, qu’un changement se préparait. Celui réservé aux orages les plus violents. Et toi, absorbée par tes réflexions culinaires, tu n’avais aucunement fait attention au brouhaha silencieux qui se tapissait dans l’ombre nocturne. Ce n’est que lorsque ta tête se redressa, au son inopportun de la pluie fracassante, que tu compris le désastre qui s’abattait sur Tenby. D’une certaine façon, tu ne fus pas effrayée. Toi, tu étais à l’intérieur. A l’abri, finalement. Tu n’avais jamais songé qu’une quelconque visite pouvait débouler à l’improviste. Non. Tu étais persuadée d’être totalement seule, perdue dans ton univers. La tempête, au final, t’octroyait la capacité de pouvoir demeurer dans la cuisine et continuer tes inventions. Tu rêvais de pouvoir présenter l’une d’elle, un jour, en guise de plat ou dessert dans la carte du restaurant. Hélas, il y avait toujours quelque chose qui clochait à tes yeux perfectionnistes. Tu reculais alors chaque jour, préférant travailler dans l’ombre du Chef – attendant ton heure.

Pourtant, ce bruit de porte qui claque avait éveillé en toi ton instinct de survie. Tu n’étais plus une cuisinière planquée sagement derrière les fourneaux. Tu redevenais une femme. Bien que peureuse, tu pris ton courage à deux mains – dont un armé d’un couteau – et tu partis la tête baissée en reconnaissance. Tandis qu’un éclair aveuglant illumina la pièce assombrie, sans lumière ambiante, tu découvris la silhouette trempée d’un homme, visiblement affolé par la scène. Tandis que ton cœur battait irrégulièrement, tu l’entendis murmurer. « Ne me tuez pas… » C’est vrai que tu devais avoir l’air menaçante, avec ton arme blanche entre les doigts et ta blouse blanche tâchée d’on-ne-sait-quoi. Quoiqu’il en soit, le pauvre semble particulièrement terrorisé. Au point qu’il se recroqueville sur lui-même, tandis qu’il est assis sur le sol. Il paraît paniqué. En crise. Tu entends son souffle qui n’est plus régulier. Un râle violent qui sort de sa poitrine, qui n’a de cesse de se soulever avec violence. Toi, tu restes stoïque tandis que tu balbuties un semblant d’excuses et de constatation. Il te parle à nouveau, après plusieurs secondes – qui te paraissent durer des heures. « Pouvez-vous juste le déposer… ? » Il refusait obstinément de te regarder, perturbé par des visions dont tu ne savais rien encore. Tu sursautas, surprise de constater que le poignard n’avait pas quitté ta main encore. Tu voulais te protéger, envers et contre tout. Ceci dit, tu n’allais pas poignarder un innocent. Même s’il avait été un bourreau, finalement, tu n’aurais pas forcément trouvé assez de force en toi pour assassiner autrui. Perturbée à ton tour, tu déposes l’engin tranchant tout en parlant. « Oh euh… oui. Bien sûr ! » Ca y est, il est en sécurité sur une table. Là où il ne fera de mal ni à toi, ni à l’homme.

« Je m’excuse aussi de vous avoir effrayer… Ce n’était pas mon attention. J’ai eu… Le déluge m’a fait peur… » Tu le sens si fragile que tu as un pincement au cœur. Ca te fait mal de voir un être aussi fébrile que lui. Tu es certaine que la tempête n’est pas la raison la plus profonde de son état. Néanmoins, tu ne veux pas évoquer avec lui des souvenirs douloureux ou quoique ce soit de traumatisant. « C’est moi qui suis désolée. » Dis-tu avec une voix douce, espérant ainsi qu’il comprendrait que tu ne lui voulais aucun mal. Il avait presque des airs de chien battu, dans sa position fœtale. Et toi, tu ne savais pas comment agir. Puis, ton bon sens te revint gentiment. « Je vais essayer de vous trouver quelque chose de sec. » Affirmes-tu, après avoir réfléchi quelques secondes. Il risquait de tomber malade, s’il restait ainsi. Tu t’éclipses alors, en marchant rapidement, pour te diriger là où chacun rangeait des affaires. Tu dénichas un pantalon et une veste de cuisine, normalement réservés aux stagiaires. Ca ferait l’affaire, dans le cas présent. Tu reviens alors, avec des pas légers et méfiants. Tu observes le nouvel arrivant. Il n’a pas l’air menaçant et ne s’est visiblement pas rapproché du couteau. Tu t’approches alors de plus en plus, essayant de pas le brusquer ni l’effrayer d’avantage. « Tenez. Ce n’est pas à votre taille mais… ça devrait vous empêcher d’attraper une vilaine grippe. » Expliques-tu en tendant les divers tissus, tout en esquissant un beau sourire chaleureux. Tu t’es accroupie pour être à sa hauteur et tu essaies de te montrer amicale.
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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Mar 23 Aoû - 0:56

La peur a des effets bien curieux sur le corps d’un animal. C’est la simple augmentation de la concentration de l’adrénaline dans notre sang qui a raison de bien des fonctions de notre système nerveux sympathique. La décharge que notre cerveau prend une seule seconde à envoyer dans tous les organes a des effets immédiats : hausse du rythme cardiaque, respiration plus courte, sueur froide, tremblement… Des éléments que je connais quotidiennement depuis des années. Typiques et associés aussi avec un choc post-traumatique comme celui que je me traine depuis des mois voire des années. Maintenant que je n’ai plus Noah à mes côtés et que je me trouve seul avec ma fille, j’ai commencé à penser à aller consulter. J’angoisse silencieusement à l’idée de lui transmettre la peur comme une seconde nature qui se voit dans toutes les décisions que je prends dans ce bas monde.

Cette situation fut plus violente comme exposition que toutes celles que j’avais subies depuis l’incident. Je me sentis si violemment réduit lorsque me recoquiller semble devenir la seule échappatoire pour éviter. Je constatais que je n’avais pourtant aucune raison d’associer cette femme avec nos agresseurs. C’était là même que se tenait le paradoxe de la panique – tout avait été généralisé… Rendant la peur si effrayante quel que soit la forme dans laquelle elle se présentait à moi. Tout me ramenait toujours à cette nuit que je ne parvenais pas à m’expliquer et encore moins à accepter.

Pourtant, la femme n’est pas si éloignée que moi en âge et sa voix était si douce lorsqu’elle déposa le couteau sur une table au loin – une table que je n’approcherais pas pour tout l’or du monde. Je fermais les yeux en me concentrant sur ma respiration. La première crise d’angoisse, j’avais eu peur de mourir. C’était comme si mon cœur était pour lâcher sous l’impact. La première, j’étais même encore à l’hôpital, branché de partout et les gens avaient accouru de partout sur l’étage. Mais maintenant, je savais pratiquement comment gérer et redevenir moi-même. Il fallait du temps pour que je sache que la réalité n’était pas celle que mon esprit embrouillé s’acharnait à me faire croire. Je relevais lentement les yeux pour fixer la femme quand elle s’excusa à son tour. « Ne vous excusez pas… Vous n’en êtes pas responsable, je suis celui qui est entré. Mais ce n’est pas de votre faute. » Elle ne pouvait pas savoir ce que j’avais traversé : ma longue traversée du désert, en un certain sens – si mon nom avait fait la manchette avec celui de ma femme au courant des derniers mois, pendant le procès, mon visage n’y avait été que peu associé.

Recroquevillé sur le sol, j’étais un véritable désastre. J’avais les yeux baignés de larmes brûlantes causées par ce surplus d’émotions étrange. Et pourtant la jeune demoiselle se montre advenante et me propose même de me trouver quelque chose de sec. Si le fait que j’étais trempé avait été dans les raisons pour lesquelles j’avais choisi de rentrer à l’intérieur, je le ressentais moins que la peur qui me tenaillait encore me faisant me sentir presque nauséeux. Je répliquais faiblement : « Vous n’êtes pas obligé… Je… peux très bien me débrouiller comme ça.» pourtant, je sentais si bien la pluie froide qui coulait le long de mon dos. Mais visiblement ma voix n’a pas assez porté pour qu’elle ne m’entende. Je me retrouvais donc seul dans la grande salle de restaurant. Lentement, j’essuyais les larmes qui avaient si aisément trouvé le moyen de s’échapper sur mes joues.

Il fallut un petit instant pour qu’elle revienne et qu’elle se mette à la même hauteur que moi. Elle me tendit doucement ce qui semblait être une chemise semblable à celle qu’elle portait. « C’est gentil vraiment… » dis-je en hésitant pendant un petit instant avant de le prendre. J’eus un petit sourire tout délicat tout en me repoussant contre le mur droit comme un pic. Je la détaillais doucement en hésitant sur le fait d’enlever ou non la chemise trempée. Elle était jolie avec des petits traits délicats. Mais je ne me voyais pas retirer ma chemise en face d’une personne. J’avais développé une pudeur certaine face à mon corps depuis. Les fois où ma fille et moi étions allés nous baignés cet été, j’étais ce père qui était entré dans l’eau avec encore un chandail relativement épais sur le corps. Je le regardais doucement avant de murmurer : « Aiden Holmes… enchanté de faire votre connaissance même si j’aurais aimé que ça soit dans d’autres circonstances.». Je me relevais et détachais la chemise que je portais en évitant soigneusement son regard. Je tentais de la distraire en lui demandant ce qui devait sans doute être d’une banalité exceptionnelle « Vous travaillez ici… depuis longtemps? ». Je laissais doucement tombé la chemise et enfilais presque aussi vite l'autre. Noah ne disait rien à la vue des cicatrices mais je l’avais déjà vu le regard des autres – assez pour le craindre.

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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Ven 9 Sep - 13:23

En restant au travail, ce soir-là, tu ne t’attendais pas à rencontrer une personne de façon aussi abrupte. L’homme était apparu dans la noirceur de la nuit, trempé jusqu’aux os par une pluie torrentielle qui s’abattait de plein fouet sur la petite bourgade, nommée Tenby. Il t’avait effrayée au plus haut point ; Tu avais immédiatement imaginé qu’il s’agissait d’un être malintentionné, qui t’aurait fait du mal. Comme quoi, il te demeurait un petit instinct de survie, toi que tout le monde prenait pour une biche sans défense face aux grands loups de ce monde bien souvent inhumain.

Après une petite discussion, où tu déposas ton arme blanche sur une table, tu ne peux t’empêcher de constater à quel point il était mouillé. Ainsi vêtu, il allait prendre froid. Dans ta générosité, tu t’étais précipitée à l’arrière de la cuisine pour dénicher des vêtements secs, bien que trop grands, pour qu’il puisse se changer et ne pas tomber malade par ton manque d’hospitalité. En un tel carnage, dehors, il fallait demeurer solidaire entre pauvres âmes. Lorsque tu revins, il était toujours recroquevillé sur lui-même, apeuré par l’orage qui l’avait pris par surprise. Tu tentas de te montrer douce, prévenante, de façon à l’apprivoiser un peu mieux. « C’est gentil vraiment… » Tu lui souris, avec une gentillesse déconcertante. Il paraît que tu avais toujours été ainsi, même enfant. Tu te sacrifias toujours pour tes cadets. Y compris lorsque la délicieuse tranche de jambon – la dernière – te faisait saliver mais que tu préférais la donner à ta petite sœur, Charlie, pour qu’elle ait l’estomac plein. « Je vous en prie. C’est normal. » Murmuras-tu avant de te redresser en même temps que lui.

Il avait l’air chétif et très craintif. Un animal blessé. Une déchirure pesante qui était si profonde que tout le monde autours pouvait la ressentir. Tu fus très triste, subitement. Comme si sa propre mélancolie, sa détresse, venait de te percuter de plein fouet. « Aiden Holmes… enchanté de faire votre connaissance même si j’aurais aimé que ça soit dans d’autres circonstances » Tu réalises alors qu’il va probablement ôter sa chemise – qui n’est plus qu’un tissu trempé. Tu baisses alors la tête, figée par ton manque de bon sens, et tu te retournes pour laisser apercevoir uniquement ton dos également. « Rylee… Rylee Baxter. Enchantée ! » Te présentas-tu, tandis que tu avais hésité à divulguer ton nom de famille, qui te portait parfois préjudice. Tant pis. Lui, il n’avait pas hésité. Il s’appelait « Aiden Holmes ». Ca te parlait, comme un murmure lointain, des braises sous la cendre. Seulement, impossible de mettre le doigt sur cette identité.

« Vous travaillez ici… depuis longtemps? » Une fois de plus, il te sortit de tes pensées fugaces et légères, grâce à sa voix. Tu sursautas presque. « Je… depuis un petit moment, oui. En cuisine. » Balbutias-tu, fournissant ainsi des explications sur ta présence et le fameux « couteau » que tu avais entre les doigts, quelques instants auparavant. Après cela, tu te retournas pour voir son visage et sa silhouette. Tu aperçus brièvement les cicatrices sur son corps, mais tu ne le dévisageas aucunement. Tu avais l’habitude de voir des corps marqué – durant ton enfance. Tu préféras te concentrer sur son visage, qui te parut familier subitement. Ta mémoire s’enclenchait, mais rien ne te venait concrètement à l’esprit. Après quelques secondes, tu réalisas ton manque d’éducation. « Oh… Excusez-moi. Je ne voulais pas vous dévisager… c’est juste que j’ai l’impression de vous avoir déjà vu quelque part, mais je ne me souviens pas où ni quand. » Dis-tu, gênée et rougissante. Pour preuve, tu te mordis la lèvre inférieure et tu plaças tes mains dans ton dos, te tortillant sur tes pieds comme une enfant prise en faute, après avoir ingurgité une sucrerie interdite, par ses parents. Ca te donna un air innocent, enfantin. Presque idiote, sûrement. « Je croise souvent des visages, en travaillant ici. Peut-être que je vous ai simplement aperçu une fois, durant un service. » Finis-tu par conclure, ne souhaitant pas mettre d’avantage mal à l’aise ton invité surprise de la soirée.
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REPUTATION : Vous avez vu les nouvelles? Sa femme a été assassiné et il était une victime lui aussi. Depuis qu'il est revenu de Liverpool, il est seul... Vous avez pas vu le boulanger avec qui il était toujours?



MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Dim 16 Oct - 0:26


Mon corps a jugé bon de garder des traces de ce soir, le soir qui avait tout changé de ma vie. Marqué à vie, stigmatisé en un sens avec un corps qui marque chaque élément à sa manière. Des cicatrices que ma fille s’est habituée à voir par moment, que Noah n’avait jamais vraiment jugé bon souligné – parce qu’il connaissait mon histoire et que je ne l’avais pas eu de compte à rendre… mais que moi je n’arrivais toujours pas à admettre comme une réalité. Dans les bras de Noah, je m’étais senti comme un million de dollar, un prince… presque beau.

Dans la lueur blafarde des réverbères, je sais que mon corps n’est pas mis à son avantage. Déjà que je n’ai pas un grain foncé de peau, l’été qui s’annonce n’a pas encore sur teinté ma peau d’une ombre de bronzage. Je suis translucide presque bien avant d’être blanc. Et la peur dans le genre de celle que me cause tout ce qui ressemble de près ou de loin à une lame acérée montée sur un manche suffit à achever le peu de couleur que j’aurais pu avoir. Dans ce contexte, j’ai l’impression de ne voir qu’elles et qu’elles sont plus claire encore que ce que je voudrais bien admettre. J’ai beau savoir qu’elles sont le signe que j’ai survécu à quelque chose de terrible : je ne cache pas qu’elles jouent pour beaucoup sur l’estime de moi défaillante qui caractérise le désastre que je suis devenu.

Baxter, c’est – de ce que j’ai compris – un nom très marqué dans cette région. Mais je ne m’habitue pas normalement aux secrets des autres. J’en ai juste entendu parler au détour d’une discussion dans la salle des prof. Il faut s’entendre que je n’ai pas vraiment l’habitude d’y participer parce qu’il y a dans la salle beaucoup de fois ou l’on tente de m’aborder ou de délimiter s’il était vrai que j’ai été en couple avec Noah, rumeur que je ne veux ni confirmé, ni démentir parce qu’à mes yeux, ma vie privée ne regarde que moi. Beaucoup trop de ma vie est déjà exposée au monde. En silence, je renfile la chemise blanche. Mon regard finit par croiser celui de la femme au bout d’un moment. Je détourna le regard en troisième vitesse et j’embrayais sur les boutons qu’il fallait attacher pour bien fermer l’avant de la chemise. « Je ne serais pas capable de travailler en cuisine. J’admire. » finis-je par dire avec le regard fuyant. Il n’y avait pas grand-chose à admirer probablement. Mais si Noah n’était pas mauvais en cuisine, j’étais un désastre. Mes habitudes de mec qui vivait bien mais dans un statut précaire et avec des peurs qui prenaient toute la place. Je rajoutais comme si le fait de parler était pour rendre la situation bien mon étrange que ce qu’elle était. « Pour ma part, j’enseigne au lycée – musique et art dramatique. »

La voilà qui s’excuse de son regard peut-être un peu trop insistant sur mon visage. J’avoue que je fixe intérieurement devant une telle situation. Je souris doucement : « Ça m’étonnerait. Mon ex n’était pas le genre à vouloir ébruiter notre aventure. Mais je suis en ville depuis presque deux ans… et… j’ai un peu fait les manchettes le mois dernier. » dis-je avec une certaine timidité. Un peu, j’avais eu l’impression que les médias ne faisaient que parler de ça, qu’il n’y avait pas moyen d’ouvrir la télévision sans que l’on voit des photos, des témoignages des autres victimes… mais pas celles qui comme moi avait survécu pour donner une description des agresseurs. Et moi, j’avais été les deux : le proche de victime courageux, et la victime blessée au cœur saignant et à la tête étourdie. Et c’était tout un acte de courage pour moi de dire que c’était probablement là qu’elle m’avait vu. Parce qu’après tout, je n’étais pas réputé pour me promener en clamant des trucs. Ça commençait à redevenir tentant maintenant que le poids du procès était levé et que la vie était lentement mais surement en train de reprendre son cours. Mais je savais que plus rien ne serait jamais comme avant. Et j’apprenais la solitude d’une bien curieuse manière... pour moi qui n'avait jamais vraiment été abonné à la solitude.

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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Mar 18 Oct - 15:10

Tu ne peux t’empêcher de regarder, du coin de l’œil, cet homme qui a débarqué dans le restaurant tandis que la noirceur de la nuit avait élu domicile dans les ruelles de Tenby, s’accompagnant d’un orage plutôt violent. Tout le monde avait fui l’extérieur pour se réfugier bien sagement, et au chaud, leur nid douillet. Toi, tu étais obligée de fermer le restaurant et de terminer les nettoyages pour que l’équipe de demain n’ait à se soucier de rien, ce qui était évidemment normal. Ceci expliquait ta présence en ces lieux. Pour lui, qui s’appelait Aiden Holmes, il en fut sûrement d’une toute autre histoire. Peut-être avait-il évité d’allumer sa télévision récemment et qu’il s’était retrouvé dehors, alors que la tempête menaçante avait été signalée aux informations télévisées.

En tous cas, il était bien là. Trempé jusqu’aux os. Et il avait l’air d’être totalement apeuré par les événements récents. Tu n’étais pas une grande fan des éclairs, du tonnerre et de la pluie. Surtout ensemble ! Pourtant, cela ne te mettait pas dans un tel état psychologique. Visiblement, il détestait profondément cela, pour être tétanisé de la sorte. Heureusement, l’atmosphère – autrefois électrique – entre vous s’amenuisait au fur et à mesure du temps passé. Avec les minutes, il paraissait être redevenu plus calme. Plus maître de lui-même. Cela te rassura grandement. Au moins, tu n’avais pas affaire à un fou furieux sorti d’un quelconque asile psychiatrique. Cette dose d’imagination était évidemment liée au trop grand nombre de films d’horreur que tu avais visionnés.

Vous parlez alors de vos boulots respectifs. Ou plutôt, il te demande si cela fait longtemps que tu traînes dans l’établissement de Victor Cartrwight. Tu souris et tu lui réponds. « Je ne serais pas capable de travailler en cuisine. J’admire. » Tu es gênée. Beaucoup pensent que c’est très simple d’être une femme dans ce milieu masculin. Pire, on te rit parfois au nez quand tu dis que tu cuisines. Comme si ce n’était pas un véritable métier. Alors, tu es touchée du compliment d’Aiden. « Oh euh… merci ! » Balbuties-tu, avant de le questionne sur sa propre activité professionnelle. A le regarder ainsi, on devine qu’il n’est pas militaire. Il a une sensibilité évidente. Peut-être est-il un artiste ? « Pour ma part, j’enseigne au lycée – musique et art dramatique. » La réponse te ravit et tu parais enthousiaste d’avoir eu – ne serait-ce qu’un peu – raison quant à sa profession. Parce que oui, sa branche était particulière. « Alors là, c’est moi qui vous admire. Je serais incapable d’enseigner quoique ce soit à des adolescents ! » T’exclames-tu. Toi, tu as détesté l’époque du lycée et du collège. Il faut dire que tu étais sujette aux moqueries, dans le coin. Tu n’étais que la fille pauvre, sans vêtement digne de ce nom, qui devait s’occuper des plus jeunes de la famille. La nièce de l’alcoolique et de la dépressive. Une belle brochette de pauvres gosses, finalement.

Tu le fixes, quelques secondes. Son image ne t’est pas inconnue. Il faut dire qu’il est, cependant, trop jeune pour t’avoir enseignée autrefois. Même en tant que stagiaire. Pourtant, tu aurais parié l’avoir remarqué ailleurs, dans un autre contexte. Malgré cela, tu constates que tu as été trop insistante sur ton regard et tu te sens affreusement honteuse. Tu t’excuses, essayant de définir dans quel endroit tu aurais pu le rencontrer. « Ça m’étonnerait. Mon ex n’était pas le genre à vouloir ébruiter notre aventure. Mais je suis en ville depuis presque deux ans… et… j’ai un peu fait les manchettes le mois dernier. » Tu l’écoutes attentivement. Puis, tu hausses un sourcil, interloquée. Tu revois les informations, à la télévision. Puis, dans les journaux. Une femme avait été assassinée. La sienne. Lorsque tu vois cela dans ton esprit, tes yeux s’écarquillent. « Vous… » Souffles-tu, réalisant soudain toute la presse médiatique qui s’était abattue sur lui et le drame qu’il avait vécu. Les circonstances. Tout. Tu déglutis, perturbée. « Je suis désolée. » Est tout ce que tu parviens à répondre, abasourdie et triste pour lui.
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MessageSujet: Re: You got me so scared [Rylee] Ven 28 Oct - 23:53

Enseigner n’était pas la carrière à laquelle je me prédestinais. Peut-être quelques cours de musique dans le confort de mon foyer pour arrondir les fins de moi, mais jamais un boulot aussi stable que celui que j’avais depuis deux années maintenant. La composition avait toujours été dont j’avais voulu vivre. Aujourd’hui, mon écriture frénétique était condamnée à un vulgaire passe-temps auquel j’aspirais pourtant revenir un jour prochain. Elle peuplait mes nuits, surgissait parfois au détour d’un corridor sans que je ne m’y attende. C’était des petits riens qui m’éveillaient des mélodies : un rire, un pleur, le cri d’une peur bleue, une discussion passionnante… Je n’avais rien écrit pendant les mois qui avaient suivi les événements tragiques qui m’avaient changé. Mon inspiration s’était envolée pendant un temps. Et pour certains instruments – pourtant parmi mes favoris, l’écriture restait une épreuve ardue. Je ressentais ardemment dans mes tripes à chaque fois que je regardais un violoncelle – instrument que j’avais appris pour Amy.

Je ne voyais pas l’enseignement pour le défi qu’il représentait pour certains. Parce qu’en un sens, j’étais choyé. J’enseignais des matières peu académiques en elles-mêmes. La discipline qui n’était pas mon fort (il suffisait pour le constater de jeter un simple regard sur l’éducation pour le moins libéral que recevait ma fille) n’était souvent pas à renforcer dans mes cours. Je n’avais que peu de correction à ramener à la maison, le niveau ne se prêtait guère aux compositions comme la spécialité que j’avais fréquenté dans une école privée subventionné par une bourse. Une histoire lointaine, celle-là aussi. Avec un petit sourire, faible, je répliquais. « Je n’ai pas non plus une matière académique… Alors je n’ai pas tant de mérite que ça. »

L’humilité, voilà une autre chose que la peur m’avait apprise. Face à une terreur constante qui nous habite jour et nuit[u], l’Homme apprend à être humble. Oh! Avec mes origines et ma carrière à peine visible, je n’avais jamais eu la chance d’attraper la grosse tête. C’était peut-être une des raisons pour laquelle j’avais détesté l’expérience des médias que j’avais eu. Leur lumière crue sur ma vie. Je n’avais pas jugé bon de lire ce qui était écrit. Avant, dans une vie qui me semblait presque si lointaine qu’elle en était inexistante, j’avais lu les journaux et ce genre d’histoire, je les avais suffisamment croisé pour savoir que ma vie aurait été dépeinte, long, large, travers pour tout le monde. Et ça m’avait suffi de le savoir pour ne pas que j’ouvre ce qui se disait sur moi – sur ma femme. C’était suffisant de le voir dans le visage des gens qui me reconnaissait. Juste quand la Baxter réalisa ce à quoi j’avais fait référence, je la vis passer par toute cette gamme d’émotion. La surprise, la réalisation, ce mélange curieux de compassion et de [u]frayeur que tous semblaient ressentir lorsqu’ils comprenaient ce que j’avais vécu. Que j’étais allé jusqu’en enfer et que je remarchais lentement vers la sortie. Sa voix était douce lorsqu’elle murmura qu’elle était désolée.

Du tact au tact, je répliquais machinalement : « Vous n’avez pas à l’être… » Peut-être parce que j’avais justement un peu marre des désolés et de la compassion. Je comprenais son existence. Mais à force d’en recevoir, c’était difficile à prendre dans ma lente et pénible reconstruction d’un « moi » sans ma femme mais avec les marques que laissaient son absence. Philosophe, je m’accrochais à son regard pour oublier le tambourinement sonore de la pluie que j’entendais contre les vitres. Si les éclairs pouvaient se taire, j’aurais sans doute eu le courage de la laisser vaquer à ses occupations en retournant chez moi. Mais pour l’instant, ce n’était pas ça. « La vie est imprévisible. Vous traverserez des étendues riantes et d'autres sinistres, sombres et effrayantes. » J’eus une petite moue triste en pensant au magicien d’Oz. Lui aussi avait peur, lui aussi n’était pas celui qu’il prétendait être. L’homme fort qu’il était avait des faiblesses que l’on ne pouvait que sous-estimée. J’avais pourtant la force de me battre, j’étais en train de la constituer cette force. Avec un petit sourire, je rajoutais. « Mais on finit plus fort au final. Du moins, c’est ce que l’on m’a dit. Parce que pour l’instant… C’est pas encore ça. » J’eus un couinement alors qu’un éclair déchira le ciel suivit d’un tonnerre sonore. Mon regard s’accrocha de nouveau vers la jeune femme : « Est-ce que je pourrais vous aider à faire quelque chose si vous m’offrez l’hospitalité jusqu’à ce que l’orage se calme.? »

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You got me so scared [Rylee]

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