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Houston, nous avons un problème | Sean

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MessageSujet: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptySam 16 Avr - 19:37

Avril 2016

Ce matin-là, ce fut la douce voix de Kate qui le réveilla, le sommant de bouger ses fesses s’il ne voulait pas être en retard à son rendez-vous. En jetant un coup d’œil au réveil, il se rendit compte que l’après-midi était en réalité bien entamé. Heureusement qu’il avait pris un jour de congé, ça l’aurait mal foutu de louper le boulot comme ça… quoi qu’en fait, il s’en foutait un peu. La seule chose qui le motivait à se rendre au journal était d’avoir un semblant de vie normale, mais cette envie diminuait petit à petit au fur et à mesure qu’il prenait conscience que Tenby était vraiment une ville… moisie. Il ne trouvait pas d’autre mot.

Il finit néanmoins par se lever et se traîna jusqu’à la salle de bain. La seule chose bien, c’est qu’ils habitaient dans une grande maison et qu’il pouvait donc éviter Kate quand il ne voulait pas voir sa tête de renfrognée. Il se prépara rapidement et descendit dans la cuisine prendre un cachet d’aspirine pour combattre le mal de crâne que sa gueule de bois lui infligeait gentiment. Pourtant, il n’avait pas cru abuser tant que ça de la bière… Il faudrait qu’il compte les bouteilles dans sa chambre quand il se décidera à y faire le ménage. Parce qu’il avait quand même un peu de décence, il se saoulait à l’abri des regards et n’imposait pas cette vision à sa colocataire. Déjà qu’elle le traitait de déchets…

Après avoir rassemblé ses papiers, il prit enfin sa voiture pour se rendre jusqu’au cabinet de l’avocat. Il se sentait nerveux. Il ne savait pas comment cela allait se passer et il allait devoir faire attention à son comportement, se doutant qu’il ne pourrait pas se permettre de se montrer trop cynique, ne serait-ce que parce qu’ils allaient devoir passer un bon moment ensemble. Plus que nerveux, il avait la trouille en fait, parce qu’il se demandait encore quelle merde allait lui tomber dessus.

Il arriva finalement avec cinq minutes de retard et quand il se retrouva devant l’avocat, il bogua un peu.

« Sal- bonjour, monsieur… maître… je dois vous appeler comment au fait ? Ah, et je suis désolé pour le retard, panne de réveil. »

A presque trois heures de l’après-midi. Bien, Siothrún, t’es en train de détruire ta réputation avant même qu’il ait eu le temps de se faire une opinion de toi. Il lui tendit la main.

« Siothrún Breathnach. Enchanté. »
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyVen 6 Mai - 3:56


Les conneries, c’était exactement ce que Sean enchaînait. Après tout, qu’avait-il à perdre ? Jade avait définitivement disparu de sa vie, Devyn était allée vivre à Paris, Penny le traitait comme s’il n’était qu’un vulgaire tas d’ordures et Nate ne serait plus jamais son ami. En quelques semaines, les événements s’étaient emboîtés d’une manière tout bonnement incroyable, laissant Sean complètement au dépourvu. Il avait l’horrible impression qu’une bonne partie de sa vie, de son monde, s’effondrait, tandis que lui n’était qu’un spectateur horrifié. Il ne manquait plus qu’il devienne pauvre et ce serait vraiment le pompon, la fin de tout… Heureusement, ce n’était pas près d’arriver. Mais il n’en demeurait pas moins vrai qu’il devait faire des efforts pour ne pas se laisser totalement aller. Comme s’il avait brusquement été libéré de ses chaînes de mec casé, comme s’il ne lui restait que ça pour oublier qu’il se retrouvait plus seul que jamais, comme s’il voulait se refaire une jeunesse, Sean s’enfonçait dans les vices qu’il s’était efforcé de maîtriser pendant plusieurs années : l’alcool, la drogue, les fêtes à n’en plus finir… Tant qu’à être considéré comme une merde, autant aller jusqu’au bout, non ? C’était ce qui semblait être devenu la philosophie de l’Irlandais ces dernières semaines, parce que c’était tellement plus facile que de s’efforcer de reprendre en main sa vie. Au fond, il avait bien quelques idées de ce qui l’aiderait à aller mieux, notamment grâce à sa petite soeur, qui semblait s’être fait un devoir de veiller un peu plus sur lui depuis qu’il avait quasiment réintégré son appartement de Swansea. Elle lui avait suggéré d’aller passer quelques jours à Dublin et, bien évidemment, la première réaction de Sean avait été de dire fermement non. Cette ville était peut-être la sienne, mais c’était aussi celle qui ravivait en lui de mauvais souvenirs, celui de son échec, celui du rejet de son père… D’ailleurs, il n’avait pas la moindre envie de revoir ce dernier, ni même sa snobinarde de soeur aînée (à laquelle il ressemblait beaucoup en réalité, mais il ne l’admettrait probablement jamais). En revanche, il savait très bien que passer du temps en compagnie de sa mère, de son neveu et surtout, de sa nièce, l’aiderait à décompresser, à positiver et à se ressaisir un peu. Ils exerçaient un étrange pouvoir sur lui, que ce soit les petits avec leurs grands yeux innocents et leurs étreintes tellement spontanées, ou encore sa mère qui ne le harcelait jamais mais était toujours de bons conseils. Oui, prendre l’avion pour Dublin n’était peut-être pas une si mauvaise idée que ça, mais le jeune homme ne s’était pas encore préparé psychologiquement à un tel retour, même si ce n’était que pour quelques jours. Mais il fallait peut-être qu’il s’y mette sérieusement, s’il voulait éviter de finir comme tant d’hommes qu’il méprisait profondément.

Heureusement, pour se maintenir un minimum à flot, Sean pouvait encore compter sur son travail. Il avait refusé de poser quelques jours de congés pour avoir l’air un peu plus potable, parce qu’il savait que ça ne l’aurait certainement pas aidé. Non, il avait besoin de bosser, besoin d’être occupé pour ne pas s’apitoyer sur son propre sort, besoin de se dire qu’il pouvait encore augmenter les sommes faramineuses qui étaient déjà sur ses différents comptes bancaires, besoin de se prouver (et de prouver aux autres) qu’il était encore capable de faire quelque chose de bien… De toute façon, il aimait son job ; c’était bien simple, il l’avait dans le sang. Il n’était pas un Fitzpatrick pour rien… Pour le meilleur comme pour le pire. Alors il s’efforçait de faire en sorte que ses folies n’aient aucune répercussion sur la qualité de son travail, d’autant plus qu’il savait pertinemment que ses collègues ne manqueraient pas de le remarquer et de le lui signaler. Pour l’instant, il ne s’en sortait pas trop mal. Les clients affluaient toujours, ce qui l’obligeait à faire un tri, quelque chose en lequel il trouvait en réalité du plaisir. Mais cet après-midi-là, l’avocat avait l’impression de ne pas vraiment avoir le choix et ça ne lui plaisait que très moyennement. L’e-mail qu’il avait reçu de son paternel l’avait plus ou moins mis sur les nerfs, si bien qu’il s’était senti forcé d’aller marcher un peu pour se détendre. Mais il était de retour à l’heure dans son bureau, ce qui n’était visiblement pas le cas de la personne avec laquelle il avait rendez-vous. Voilà qui commençait bien ! Sean n’était donc pas de très bonne humeur quand son client entra, même s’il garda un air aussi impassible qu’à l’accoutumée et opta pour un ton professionnel à souhait. « Maître Fitzpatrick. » Il lui donna une poignée de main vigoureuse. « Je vous en prie, asseyez-vous. Vous désirez quelque chose à boire ? » Il nota l’accent… Un compatriote, aucun doute à avoir là-dessus. « J’ai reçu un e-mail, mais… Je ne suis pas sûr de savoir en quoi je peux vous être utile. Peut-être aurez-vous l’amabilité de m’expliquer ? »
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyVen 27 Mai - 11:12

Siothrún tenta un mince sourire, histoire de détendre un peu l’atmosphère, parce qu’il avait l’impression que son interlocuteur était d’une humeur radieuse… Il s’assit et secoua la tête. Il valait mieux qu’il ne mette rien dans son estomac pour l’instant, il n’avait pas envie de se retrouver malade devant son avocat, ça ne le ferait pas vraiment. Parce qu’entre l’état dans lequel il s’était mis la veille et le stress qui le paralysait, il se sentait déjà pas très bien.

« Et bien… »

Et il resta un moment la bouche ouverte, incapable de parler. C’était la première fois depuis bien longtemps qu’il allait parler de tout ça à quelqu’un au courant d’absolument rien. De plus, quelqu’un à qui il ne pouvait pas mentir ou juste cacher des choses. Et ça… c’était problématique, dirons-nous. Déjà que de penser à ce qu’il s’était passé, ça lui foutait la nausée, alors devoir le dire à voix haute… Laisse tomber.

« C’est… c’est compliqué. »

Voilà, allez, au revoir. Non, plus sérieusement. Et puis, cet avocat semblait bien jeune tiens. Pourquoi son père avait-il absolument tenu à ce qu’il aille le voir, lui ? Est-ce qu’il allait être capable de le défendre ? Est-ce qu’il allait seulement le vouloir, où il allait le virer en l’insultant, ce dont il serait parfaitement en droit ? Sans compter que pour une fois, Siothrún avait peur du jugement et du regard de l’autre.

Son regard vagabonda puis se fixa sur un point, sur le sol. Et il commença à parler, d’une voix complètement détachée, comme-ci tout ça lui était égal alors qu’en réalité, il avait l’impression qu’on lui arrachait des petits bouts de son être à chaque mot.

Il raconta tout de A à Z, sans lui épargner les détails. Il lui parla de ce jeune journaliste ambitieux, dont les parents étaient nationalistes et avaient des contacts avec l’IRA, sans pour autant faire partie de l’organisation. Ce journaliste qui s’était dit que ce serait une bonne idée d’intégrer les rangs de la milice sous couverture pour pouvoir sortir l’article du siècle, lui qui avait pour habitude d’écrire des articles politiques assassins. Et puis, une fois le doigt dans l’engrenage, il s’était laissé entraîner, voulant en savoir toujours plus sur l’organisation. Au début en bas de l’échelle, sa position sociale lui avait permis d’atteindre rapidement une position intermédiaire et il laissait traîner ses oreilles et ses yeux partout. Mais il devait faire ses preuves, pour que personne ne le soupçonne d’être une taupe. Alors il avait pris part à des actions. Il se tut quelques secondes, se demandant s’il allait réellement avoir la force d’en parler. Il reporta ses yeux cernés et injectés de sang vers l’avocat et avoua ses crimes. Complicité à des attentats, trafic d’armes et de drogues, séquestration et torture. Tant de choses qui allait le hanter jusqu’à la fin de ses jours. Et puis, la police l’avait repéré et avant de se faire arrêter, il était allé les voir, leur livrant toutes les informations qu’il avait. Il avait continué à jouer la taupe pendant deux ans avant qu’un milicien un peu trop futé comprenne ce qu’il faisait et que sa tête soit mise à prix. Il avait dû fuir, quittant son pays pour Tenby, le temps que les choses se tassent.

« Et maintenant… ils ne vont pas tarder à faire un coup de filet et attraper quelques uns dirigeants ou je ne sais quoi, ils ne me tiennent pas non plus vraiment au courant. Il va y avoir un procès où je serai témoin… mais aussi un autre, où je serai accusé, pour tous les actes que j’ai commis avant d’aller voir la police. »

Il était devenu pâle et il se sentait épuisé, comme s’il avait couru un marathon. Il se leva brusquement.

« Vous… vous pouvez m’indiquer les toilettes ? »

Il avait bien besoin de se passer un peu d’eau sur le visage et surtout, d’avoir quelques minutes à lui tout seul.
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptySam 28 Mai - 7:40


S’il avait été de nature un tant soit peu compatissante, Sean se serait senti mal face au sourire plein d’embarras de son interlocuteur. Car oui, il l’avait bel et bien remarqué… Seulement, ce n’était pas ce qui suffirait à le faire décolérer. Pourtant, il fallait dire qu’à la base, son nouveau client n’y était pas forcément pour quelque chose. Il avait seulement voulu faire jouer de ses relations ou, du moins, c’était ce que Sean avait cru comprendre en lisant le courriel de son très cher père. Effectivement, le problème venait bien de là… Son père. Il fallait dire que les relations entre les deux n’avaient jamais été toutes roses, loin de là. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Sean avait lutté dur pour gagner l’approbation de son géniteur, mais ça n’avait jamais fonctionné. Blessé, humilié, il avait fini par quitter l’Irlande et intégrer l’un des meilleurs cabinets du Pays de Galles. Il avait appris à voler de ses propres ailes, à faire ses preuves, à se débrouiller loin de sa ville natale, de l’influence notoire de son père et du respect que la seule mention de son nom de famille dans son pays suscitait. C’était quelque chose dont il était fier, avoir réussi à accomplir quelque chose par lui-même, en ne comptant pas sur les respectés avocats de sa famille. En plus d’être une satisfaction personnelle, c’était aussi quelque chose qu’il rêvait de balancer à la figure de son père, un de ces quatre. Qu’il avait réussi à se défaire de son emprise, qu’il n’avait aucunement besoin de lui… Malheureusement, son père venait une fois de plus de lui prouver qu’il avait encore de l’autorité sur lui, comme s’il parvenait à intervenir dans sa vie, malgré la distance et malgré le temps qui s’était écoulé. C’était sûrement une pensée un peu stupide, mais Sean ne pouvait s’empêcher de voir les choses comme ça. Il avait donc un peu enragé en constatant que Fitzpatrick Senior ne lui forçait ni plus ni moins la main et il n’était pas près d’oublier cette nouvelle intrusion dans la vie professionnelle qu’il construisait assez soigneusement.

Pourtant, malgré ses nombreuses réticences, l’avocat sentit sa curiosité prendre le dessus. Oh, au début, il fut bel et bien agacé quand le dénommé Breathnach lui expliqua que c’était compliqué. Bien sûr que ça l’était ! Chaque affaire, chaque cas l’était… Mais à différents degrés, voilà tout. Et justement, plus l’autre Irlandais se plongeait dans son récit, plus il lui donnait des détails de son passé, de ses crimes et de ce qui l’amenait là et plus Sean était bouche bée. Pas littéralement, bien sûr. Extérieurement, il donnait toujours l’impression d’être impassible, sérieux et attentif. Mais ça, pour être attentif, il l’était… Il exerçait son métier depuis un certain moment déjà et, en ce qui concernait ses clients, il avait rencontré pas mal de cas de figure. Malgré la diversité des histoires et de la nature des oublis volontaires ou non de la loi, les premiers rendez-vous n’avaient en règle générale rien de bien surprenant. Mais là, il fallait bien qu’il admette que le récit de Siothrún faisait plus que friser l’originalité. Sean avait l’habitude des vols, des braquages à main armée, du chantage, des enlèvements, des homicides involontaires, des meurtres au premier degré même… Mais de la complicité à des attentats ? C’était inédit pour Sean. Il se sentait donc inévitablement scotché. Pendant le récit, il ne prononça pas le moindre mot, se contentant d’y prêter une attention quasi-religieuse. Puis, une fois la première émotion passée, l’habituelle étincelle s’alluma dans son cerveau… L’appât du gain. Sa motivation première, encore et toujours, suivie de près par le besoin indéniable de reconnaissance et de flatterie. Dans cette affaire, il pouvait gagner gros, ça lui sautait clairement aux yeux. Néanmoins, ses ambitions furent rapidement écartées par l’état de son nouveau client. Sean fronça les sourcils en constatant la pâleur de Siothrún. Ce dernier se leva brusquement et le Fitzpatrick l’imita. « Oui, bien sûr. » Il le conduisit devant la porte des WC et put alors prendre le temps de réfléchir un peu. Il retourna à son bureau, écrivit quelques chiffres sur un papier à jolie en-tête, attendant le retour de son compatriote, un peu trop long à son goût. Il lui adressa alors un sourire qui se voulait rassurant. « Je peux vous aider. Laissez-moi d’abord vous poser une question… Quand aura lieu le procès où vous témoignerez ? C’est précisément ce qui peut jouer en votre faveur, même si, je vais être franc, il y a du boulot pour que le jury soit clément. » Il lui tendit le morceau de papier. « Voici mes honoraires. » Il se racla alors la gorge. « Si vous et moi devons travailler ensemble, il faut juste que vous me disiez tout. Soyons clairs, ce n’est pas moi le juge. J’ai simplement besoin des faits exacts pour ne pas être surpris. L’accusation va s’en donner à coeur joie. »
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptySam 28 Mai - 16:08

Siothrún s’adossa contre le mur et ferma les yeux, reprenant doucement le contrôle de ses émotions. Devoir tout raconter lui avait bien fait comprendre qu’il s’était comporté comme un connard doublé d’un crétin pas fini. Aujourd’hui, quand il regardait les presque dix ans qu’il avait passé dans l’IRA, il se demandait bien comment il avait pu en arriver là. N’avait-il pas vu dès le début que c’était ire qu’un plan foireux ? Pourquoi n’avait-il pas prévenu la police plus tôt ? Alors oui, au début, il ne s’était pas rendu compte dans quoi il s’engageait, mais après ? Merde quoi, son cerveau ne lui avait servi à rien…

Quand il ressortit des toilettes, quelques minutes plus tard, il était toujours aussi pâle mais il semblait plus maître de lui. En fait, il s’était résigné à subir ce qui allait lui arriver. Il l’avait amplement mérité. Des gens avaient souffert, voir étaient mort à cause de lui. Même lui trouverait ça injuste s’il s’en sortait sans problème. Il retourna s’asseoir devant l’avocat.

« Si tout se passe bien, en décembre ou en janvier. »

Il prit le papier et le rangea dans sa poche sans même regarder le chiffre. Il savait que son paternel paierait n’importe quelle somme pour que son fils s’en tire. Non pas par amour familial, mais pour sauvegarder le nom des Breathnach. C’était toujours mieux pour les affaires s’ils donnaient l’apparence d’une famille soudée… Ca dégoutait Siothrún mais il n’avait pas le choix. Il n’avait pas les moyens de se payer un bon avocat. Et là, il allait avoir besoin du meilleur. Il répondit d’une voix monocorde :

« Je vous dirai tout. De toute façon, vu où j’en suis, je n’ai aucun intérêt à mentir. »

Sa vie était déjà foutue, alors un peu plus ou un peu moins… Il n’avait même pas la force de se battre et d’essayer de s’en sortir. Tout ce qu’il voulait, c’était que tout cette histoire se finisse et qu’il sache s’il allait finir sa vie en prison ou s’il pouvait espérer un jour redevenir un anonyme, un mec tout à fait normal. Mais il avait presque quarante ans et quand il voyait les dégâts que tout ça avait provoqué, le rendant dépendant à du poison qui le tuait à petit feu, il doutait pouvoir retrouver une vie normale un jour. Alors il pensait au jour le jour et essayait de ne pas se projeter pour ne pas être déçu.

« Vous pouvez le dire sincèrement Maître, je suis dans la merde. »

Il ne voyait même pas comment l’avocat comptait défendre son cas… mais après tout, c’était son boulot. Et d’après son père, c’était un bon, sinon, Siothrún n’aurait pas les fesses collées sur une de ses chaises en ce moment même.

« Est-ce que vous… voulez que je revienne sur certains points ? »

Ca lui arrachait littéralement la gueule de poser cette question, car il ne voulait plus parler. Sa main se porta inconsciemment sur son paquet de cigarettes avant qu’il se reprenne et qu’il tapote sa cuisse à la place pour s’occuper les doigts.
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyDim 29 Mai - 8:18


Dès les premiers rendez-vous, Sean était toujours clair. Sans détours, il informait son interlocuteur du montant de ses honoraires. Que ce soit élevé ou pas, ce n’était absolument pas son problème. Après tout, il n’avait pas besoin de courir après les clients… C’était eux qui affluaient, pas spécialement vers lui d’ailleurs, mais au cabinet en général, parce que sa réputation n’était plus à faire depuis longtemps. Oui, ils étaient classés parmi les meilleurs avocats du pays, ce n’était pas un secret. Or, les meilleurs avocats du pays, ça se méritait. D’ailleurs, Sean n’avait pas du tout l’impression de trop en demander. Dans certaines affaires, il fournissait un travail tout bonnement énorme, en recherches, en réflexion, en comédie au tribunal - donc en temps, en énergie, en ressources. Rien de plus normal que d’avoir un salaire à la hauteur. Et en général, ceux qui franchissaient la porte du cabinet savaient à peu près à quoi ils s’engageaient et avaient les moyens de se le payer. Mais il arrivait aussi que ce ne soit pas le cas et la surprise était alors très désagréable… Heureusement, ce n’était clairement pas le cas de Breathnach. Le geste qu’il eut, celui de ranger le papier des honoraires dans sa poche sans même y jeter un coup d’oeil, était significatif. Un sourire se dessina sur les lèvres de Sean. C’était bien ce qu’il pensait… En bon gars élevé parmi la crème de la crème de Dublin, il connaissait de nom les familles les plus puissantes de son pays. Or, le nom de Siothrún lui disait quelque chose. De toute façon, pour que son père lui adresse un courrier, c’était que forcément, l’homme en question appartenait aux hautes sphères de la société. Sinon, il n’aurait pas eu droit à un tel traitement de faveur. Cette confirmation était définitivement bon signe pour Sean. Ça voulait dire que son tout nouveau client serait disposé à payer n’importe quoi, dont les frais en plus, pour bénéficier de la meilleure défense possible. Autrement dit, il allait encore renflouer son compte en banque déjà très bien garni. Mais c’était aussi une indéniable pression sur ses épaules… Il fallait qu’il se démène, qu’il fasse de son mieux, comme à l’accoutumée - sinon, les conséquences seraient probablement amères. Les richissimes n’étaient guère réputés pour être cléments et miséricordieux. Encore une fois, c’était donc un challenge qui se présentait à l’avocat et c’était certainement ce qui le stimulait le plus dans ce métier. La difficulté, les risques… Le goût du défi, tout simplement.

Or, dans ce cas-là, ça l’était, un défi. Déjà, parce que les chefs d’accusation retenus contre l’Irlandais n’étaient pas des moindres, loin de là. Mais ensuite… Il y avait également autre chose. Sean avait profondément l’habitude des clients qui, jusqu’au bout, proclamaient leur innocence comme des forcenés. Il parvenait à faire acquitter beaucoup d’entre eux… Sans pour autant avoir le moindre doute quant à leur culpabilité. C’était du grand classique, en fait. Une réaction humaine pour un presque-condamné, sans doute. Comme la plupart des avocats, le jeune homme avait pour principe de ne pas s’aventurer de ce côté-là. Ce n’était pas professionnel du tout. Coupable ou pas, ce n’était pas son problème, mais celui du jury. Son travail, à lui, c’était une autre partie du système judiciaire, la défense de l’accusé. C’était comme ça que ça fonctionnait, tout simplement - pas de remords à avoir, dans le fond. En tout cas, jusqu’ici, ça ne lui avait posé que très peu de soucis avec sa conscience. Ce qui était assez particulier, dans ce cas-là… C’était que l’accusé lui-même ne se cachait de rien. Il ne protestait pas, ne cherchait même pas à se justifier, ni à minimiser ses crimes. Ça, c’était plutôt rare. En l’occurrence, Sean ne pouvait bien évidemment pas douter de sa culpabilité. Et une bonne partie de certaines tactiques de défense ne pouvaient être utilisées, étant donné qu’il avait tout avoué à la police. La question serait donc de savoir jusqu’à quel point Sean pouvait minimiser sa peine, combien il pourrait négocier en s’aidant du fait que son client était allé voir la police tout seul. « Je ne vais pas vous cacher que ça va être difficile. » Il ne voulait pas lui donner de faux espoirs, par principe. Oui, il en avait quand même un peu… « Mais j’ai déjà réussi à faire acquitter des meurtriers dont la culpabilité ne faisait pourtant aucun doute au départ. Croyez-moi, il est toujours possible de trouver des solutions. » Il cherchait tout de même à le rassurer, quelque part. « Non, je n’ai pas besoin que vous reveniez sur certains points. Je pense avoir tout compris. J’ai même pris des notes, pour être sûr de bien pouvoir me situer… » L’air un peu plus sérieux encore, Sean croisa les mains et fixa délibérément Siothrún. « En revanche, ce qui m’inquiète un peu… C’est votre manque de combativité. J’imagine que c’est le remords ? C’est tout à votre honneur. Mais par expérience, laissez-moi vous dire que si c’est très efficace au tribunal pour adoucir tout le monde, en revanche, pour qu’on travaille, ça risque d’être un poids… Ça dépend aussi beaucoup de votre attitude. Vous seriez surpris du nombre de personnes qui s’en sorties parce qu’elles avaient une volonté de fer. »


Dernière édition par Sean R. Fitzpatrick le Mer 1 Juin - 4:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyMar 31 Mai - 22:55

Il n’aima pas le sourire sur les lèvres de l’avocat. Il était peut-être parano, mais il avait l’impression d’être seulement un moyen de gagner de l’argent pour lui. Il pouvait l comprendre, après tout, tout travail mérite salaire, mais il y avait tellement plus derrière… Ca le dégoutait un peu. Mais il n’avait pas le choix, il devait passer par là s’il voulait pouvoir un jour être innocenté.

Mais Fitzpatrick lui confirma que ça n’allait pas être de la tarte. Siothrún se demandait sincèrement s’il allait avoir la force mentale de supporter tout ça. Les questions, les inquisitions, les accusations… rien que d’y penser, il en avait des sueurs froides. L’avocat allait faire le plus gros du boulot, mais il allait devoir lui aussi se montrer convaincant, prouver que tout n’était pas entièrement de sa faute.

« Le remord oui… mais aussi tout simplement la lassitude. J’ai envie que tout ça se termine, que ce soit libre ou derrière les barreaux. J’ai dû fuir mon pays, prendre mes affaires et partir en une heure. Je sais pas si vous êtes attaché à votre terre natale, mais moi, oui. Et un déracinement aussi brutal, pour atterrir dans cette ville qui me sort par les yeux, autant vous dire que ça ne m’aide pas à avoir le moral. »

En fait, Siothrún était partagé en deux. D’un côté, il voulait retrouver sa vie comme avant et retourner en Irlande et de l’autre, il voulait payer pour ses crimes. Or, c’était deux situations complètement à l’opposée l’une de l’autre. Et il savait que l’avocat allait vouloir le motiver aussi parce que c’était sa réputation qui était en jeu. Il avait l’impression que dans ce monde, on s’en foutait de savoir si le méchant avait été condamné ou l’innocent relâché, tant qu’on gagnait.

« Je ferai tout pour que ça traîne pas en longueur. C’est peut-être pas le genre de combattivité que vous attendez, mais c’est la seule que j’ai sous la semelle pour l’instant. »

Fitzpatrick allait devoir un peu jouer le rôle du psy avec lui s’il voulait en tirer quelque chose. Siothrún était beaucoup dans l’auto-apitoiement en ce moment et il avait besoin d’un bon coup de pied au cul. Mais comme en même temps, il ne supportait aucune remarque ou critique, il fallait que ce soit fait avec un minimum de délicatesse.

« Qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ? »

Il avait besoin de savoir à quoi s’attendre pour se préparer et essayer d’être le plus prêt possible. Il fallait qu’il érige ses défenses, des murs contre lesquels s’écrasera tout ce qu’on lui dira. Car s’il se montrait trop humain, il savait d’avance qu’ils allaient perdre l’affaire.
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyMer 1 Juin - 5:33


Plus la discussion s’étalait et plus l’impression de Sean se confirmait : il n’avait pas affaire à un client comme les autres. D’une certaine manière, c’était presque troublant… Et de l’autre côté, c’était surtout stimulant. Plus c’était difficile et mieux c’était… Oui, il risquait aussi de s’arracher les cheveux parce que ses soirées seraient complètes et que, malgré son apparente maîtrise, il se rongerait les sangs à l’approche du procès. Mais d’une certaine façon, c’était aussi ce qu’il aimait. Sean n’avait jamais l’impression d’être aussi vivant, aussi utile que quand il exerçait son métier… C’était encore plus vrai ces temps derniers, quand tout ou presque se déréglait dans sa vie. Il lui restait encore son travail et il avait bien l’intention de l’accomplir convenablement, puisque c’était l’une des rares choses pour lesquelles il était doué. En temps normal, il avait des clients plus combattifs que résignés, mais tant pis, il se débrouillerait, il ferait avec. En général, plus le temps passait et plus la relation qu’il entretenait avec son client se renforçait. Oh, ils ne devenaient pas intimes… Il ne fallait pas non plus exagérer, c’était avant tout d’ordre professionnel. Mais quand Sean apprenait à connaître l’un de ses clients, son passé, pas seulement ce qu’il en racontait ni les faits, mais aussi ses sentiments et ses états d’âme, ça l’aidait un peu. Au fond, il s’en fichait assez, mais tant que ça pouvait être utile pour préparer son boulot ultime, sa plaidoirie, il ne disait pas non, jamais.

Dans ce cas précis, le dénommé Siothrún n’était pas du tout avare en confidences. Après s’être laissé aller à un des récits les plus longs que Sean ait jamais entendus (et en tant qu’avocat, ça voulait dire quelque chose), il ne semblait pas non plus s’offusquer des questions posées et y répondait assez librement. Au moins, le Fitzpatrick pouvait probablement lui faire confiance, même s’il avait pour principe de ne jamais croire entièrement tout ce qu’on lui disait. Les seules fois où il y avait dérogé, dans sa vie personnelle plutôt que dans sa vie professionnelle, il l’avait amèrement regretté. Mais à défaut de tout gober, il était au moins un auditeur attentif, c’était même la moindre des choses dans l’exercice de ses fonctions. Il apprit donc ce qui faisait que son compatriote avait le moral dans les chaussettes, comme on disait souvent. Le mal du pays. Et au moment où il parla de l’attachement à l’Irlande, Sean ne jugea pas utile de répondre. Bien sûr, il aimait son pays natal… Breathnach avait probablement deviné à son accent qu’ils étaient nés sur la même terre. Mais est-ce que Sean avait envie d’y retourner, surtout pour s’y installer ? Non, pas à ce point… Pour lui, c’était comme faire un pas vers son cher père et sa chère soeur aînée, comme agir en mouton qui allait tout seul à l’abattoir, parce que c’était l’endroit où il avait tant souffert d’être rejeté. Mais ça, il n’avait certainement pas l’intention de le dire à voix haute, non seulement c’était plus que personnel mais aussi parce que ça n’intéressait absolument personne.

Et au final, après s’être un peu épanché, son client lui donna l’assurance qu’il ferait tout pour que ne pas que ça traîne en longueur. Pour l’instant, c’était suffisant… Du moins, ça l’aurait été s’il n’avait pas dit « libre ou derrière les barreaux ». Ça aussi, c’était vachement mauvais signe aux yeux de l’avocat. Mais au fil des affaires qu’il avait gagnées, il avait aussi appris à considérer le côté humain, même si c’était ce qu’il trouvait le plus ennuyeux. L’essentiel était qu’il réussisse à donner un peu d’espoir à Siothrún - après, le tour serait sûrement joué de de côté-là. Et puis après tout, n’était-ce pas aussi un peu son rôle ? Car désormais, oui, c’était à son tour d’agir. Il s’était immédiatement mis dans son rôle, non seulement parce qu’il en avait l’habitude, mais aussi parce qu’il ne manquait que très rarement d’entrain en tant qu’avocat. « Maintenant, on se met au travail. Pourriez-vous m’indiquer vos disponibilités ? Autant vous dire que nous serons amenés à nous côtoyer assez régulièrement, du moins au début. Ensuite, je pourrais travailler seul, de mon côté, enfin avec mes partenaires. » C’est-à-dire toutes les personnes qu’il embauchait, légalement ou pas. « Il nous faut réunir un maximum de personnes pour témoigner en votre faveur. Pas pour dire que vous êtes blancs comme neige… Mais plutôt pour souligner vos qualités, votre famille, vos amis, des personnes que vous avez fréquentées avant, pendant, après. Ce seront probablement elles qui feront le plus d’effet sur un jury. Il faut que toutes vos bonnes actions soient rehaussées, pour… Disons, faire contrepoids. » Il n’aimait pas spécialement cette expression, mais c’était à peu près ça, en fait. « Ensuite, j’aurais besoin d’avoir des noms… De vos complices. J’imagine que vous les avez déjà dénoncés à la police ? Négocier en fournissant des informations, c’était assurément l’une des meilleures choses à faire. »
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyLun 6 Juin - 10:35

Peut-être était-ce dont il avait besoin, vraiment se pencher sur son cas pour pouvoir avancer. Jusqu’à présent, soit il faisait tout pour ne pas y penser en vivant presque dans le déni, soit il s’apitoyait sur son sort. C’était ridicule. Il était grandement temps qu’il se bouge et qu’il redevienne l’homme qu’il était avant, celui qui ne lâchait jamais rien. En un peu moins con, quand même, ce serait bien. Il avait presque quarante ans, il pouvait partir du principe qu’il avait appris de ses erreurs.

« Quand vous voulez. Je bosse pour le journal local, mais mon patron est au courant que je peux être amené à être souvent absent. Si je travaille là-bas, c’est juste histoire d’avoir un semblant de vie normale. »

Il y avait aussi ça comme problème. Son métier était fictif. Ses articles étaient publiés mais s’il n’écrivait rien, ça ne changeait rien. Son patron tolérait sa présence plus qu’autre chose et ne le mettait jamais sur les sujets intéressants, encore moins quand ils étaient importants. Il avait l’impression d’être complètement inutile.

Par contre, trouver quelqu’un pour témoigner en sa faveur… Fitzpatrick allait s’amuser. Siothrún fit une légère grimace.

« Ca ne sert à rien de compter sur ma famille. Je n’ai pas adressé la parole à mes parents depuis que j’ai dix-huit ans et même si mon père a décidé de s’impliquer pour me faire sortir de là, je sais qu’il refusera de me défendre. De toute façon, tout ce qu’il pourrait dire, ce serait des mensonges. De même, je n’ai pas de contact avec le reste de ma fratrie, mes parents se sont assuré que je ne les influence pas quand je suis parti. J’ai bien… quelques anciens amis et quelques collègues. Et peut-être que d’ici le procès, il y aura aussi quelqu’un de Tenby. »

Ces gens pourraient témoigner qu’il n’était pas quelqu’un de mauvais, mais qu’il était simplement un peu débile quand il s’y mettait, et trop têtu et ambitieux pour son bien. Et le temps que le procès se fasse, il aurait le temps de connaître des gens dans ce village qui n’auraient aucun mal à voir qu’il était complètement paumé. Il hocha la tête.

« Oui, j’ai tout donné à la police dès la première fois. »


Il sortit une clé USB de sa poche et la posa sur sa table. Il s’était douté qu’elle allait lui servir aujourd’hui.

« Là-dessus, il y a toutes les informations qu’ils m’avaient autorisé à divulguer à l’avocat que j’étais censé avoir en Irlande, avant qu’ils décident de m’emmener ici. »

Il y avait la liste de ses agissements comme il s’en souvenait, une chronologie plus détaillée, son récit mis à l’écrit pour que Fitzpatrick ait une trace écrite, et surtout quelque chose de plus clair que le discours que Siothrún lui avait fait, et la liste des noms des personnes impliquées. Il donnait toutes les informations qu’il pouvait, parce qu’il savait que c’était le seul moyen pour s’en sortir. Il ne pouvait pas se permettre de cacher quoi que ce soit à son avocat.
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyMar 7 Juin - 4:17


Un cas intéressant, voilà ce que c’était. Bien entendu, les clients n’auraient pas apprécié d’apprendre qu’ils étaient considérés comme des « cas » ou des « affaires » ; mais aux yeux de Sean, ce n’était pas quelque chose de dégradant. Il n’en fallait pas plus pour le motiver, de toute façon. Alors si au départ, il avait eu quelques réticences à se pencher sur la défense de Breathnach, il n’hésitait plus maintenant. Sa décision avait été à moitié prise quand il avait entendu le récit si particulier de l’Irlandais… Et le fait qu’il accepte n’importe quels honoraires sans broncher avait achevé de le convaincre définitivement. En raison de cet empressement à faire disparaître ses tarifs sans même y jeter un coup d’oeil, Sean fut surpris d’apprendre que son client était un journaliste local, c’est-à-dire pas forcément de très grande envergure. Comment pouvait-il être capable de se payer ses services ? Il fallut tout de même quelques secondes à Sean pour réaliser que vu le nom de famille de Siothrún et vu qu’il avait été recommandé par Fitzpatrick senior, il y avait sûrement quelqu’un de puissant derrière lui pour le financer, probablement son père. L’avocat avait envie de rigoler intérieurement quand il songeait que son propre paternel ne l’aurait certainement jamais aidé à se sortir d’une telle emmerde… Ou alors peut-être s’il y était contraint, parce que l’honneur de sa famille était menacé. En-dehors de ça, il aurait laissé son fils se débrouiller - et sûrement à raison. Chaque centime que Sean possédait sur son compte en banque, il l’avait gagné. Peut-être pas forcément d’une manière légale, certes… Mais au moins, il était fier de penser qu’il n’avait besoin de personne et qu’il avait acquis une sécurité matérielle indéniable pour de nombreuses années, dans le luxe qui lui convenait si bien.

« D’accord, ça facilitera les choses de savoir que vous êtes aussi disponible. J’imagine que vous avez certaines restrictions en ce qui concerne vos déplacements ? Quoi qu’il en soit, il serait mieux que vous ne vous éloigniez pas trop avant le procès. Pourrais-je avoir un numéro pour vous joindre ? Et puis si vous avez une urgence ou une question, voici ma carte. » Sean lui en tendit une, sans faire le moindre au commentaire au sujet de « travailler pour avoir un semblant de vie normale ». Il comprenait l’idée d’avoir envie de s’occuper, de se changer les idées - après tout, ne rechignant jamais à cette tâche-là, lui-même continuerait à travailler même en étant à l’abri du besoin. De toute façon, en ce qui concernait ses clients, il ne se mêlait pas de ce qui ne le regardait pas, de ce qui ne pouvait pas l’aider à assurer sa défense ou d’une autre. S’il y avait quelque chose qu’on ne pouvait pas lui reprocher, malgré tous les autres défauts, c’était bel et bien un manque de professionnalisme. Il était déjà entré dans son rôle depuis plusieurs minutes, tentant de se faire une idée plus précise de tout ce qui s’était passé et de ce qui risquait d’arriver, essayant de rassembler plus d’informations utiles au sujet du journaliste, bref, cherchant une stratégie pour lui assurer la meilleure défense possible. Pour cela, il espérait pouvoir compter sur ses proches… Ils n’étaient peut-être pas très objectifs et tout le monde le savait, mais c’était toujours ça de gagné face au jury. Malheureusement, il allait être déçu. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure en apprenant qu’il n’avait plus aucun contact avec sa famille - en même temps, vu dans quoi il avait trempé, ce n’était pas forcément étonnant. C’était une mauvaise nouvelle… Mais c’était loin d’être la première fois que ça lui arrivait. « Tant pis, je vais devoir me débrouiller sans vos parents. Mais serait-il possible d’essayer de reprendre contact avec vos frères et soeurs ? Je veux dire, on peut les persuader de témoigner en votre faveur. » Persuader, c’était même la base de son travail… « Vos anciens collègues, anciens amis, j’ai besoin de leurs noms. Peut-être qu’aujourd’hui vous ne savez pas ce qu’ils sont devenus, mais aujourd’hui, à l’ère de la technologie moderne, je peux me débrouiller facilement. Enfin, disons que j’ai un spécialiste en la matière. » Savoir s’entourer des bonnes personnes, c’était essentiel dans le métier. « Et s’il y a quelqu’un à ajouter à la liste d’ici là, c’est encore mieux. Essayez de vous lier d’amitié avec les personnes de votre entourage… Qu’en est-il de votre patron actuel ? Ou alors de vos nouveaux collègues ? » Sans la moindre hésitation, le jeune homme s’empara de la clé USB que Siothrún lui tendait, oubliant même de le remercier, tellement il était content d’avoir d’ores et déjà son témoignage écrit. Ça lui ferait gagner un temps précieux. Il le lui aurait demandé, de toute façon, mais au moins, il n’avait pas besoin d’attendre… Il pouvait étudier le dossier dès maintenant, sans se fier à ses seules notes. « Quel est le nom de l’avocat qui s’est occupé de vous en Irlande ? » Sean avait besoin de le contacter, mais il était soudain pris d’un doute, se demandant si ce n’était pas le cabinet de sa famille qui avait été chargée de l’affaire. « De votre côté, à part vous tenir à carreaux et être gentil avec tout le monde, vous ne pouvez pas faire grand-chose pour l’instant. Maintenant, c’est à mon tour… Je vais me familiariser avec tout ça, contacter quelques personnes et après, je vous appellerais pour vous tenir au courant et vous parler de ce que je compte faire exactement pour vous. Il faut que j’étudie un peu pour retrouver des cas similaires qui feraient jurisprudence en notre faveur… Mais honnêtement, pour le moment, ce que j’espère, c’est surtout une réduction de peine pour avoir finalement confessé vos crimes et collaboré en dénonçant d’autres personnes.  »
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyVen 5 Aoû - 22:16

« Oui, en effet. Je n’ai pas le droit de quitter la ville, sauf cas réellement exceptionnel. Et je dois toujours avoir mon téléphone sur moi. »

Cette restriction ne l’aidait pas à se sentir mieux. Il avait réellement l’impression d’être déjà enfermé, ne pouvant pas quitter Tenby comme il le voulait. Ils avaient fait en sorte de trouver une ville paumée mais avec tout ce dont il pouvait avoir besoin, pour être sûrs qu’il ne s’éloignerait pas. Cela ne faisait pas longtemps et pourtant, c’était pesant de se savoir ainsi surveiller. Siothrún prit un stylo et un stylo et un morceau de papier vierge, notant son numéro de téléphone portable. Et comme il l’avait dit auparavant, il l’avait toujours sur lui, si bien que l’avocat pourrait le joindre à tout moment.

Ca semblait embêter Fitzpatrick de savoir que Siothrún n’avait plus de contact avec sa famille. Mais si ça pouvait le sortir de là, il ferait un effort de renouer avec sa famille dysfonctionnelle.

« Je vais essayer. Avec ma sœur, c’est celle dont j’ai toujours été le plus proche. Et la seule qui a l’esprit de famille. »

Sa sœur, cela faisait peut-être des années qu’il ne l’avait pas vu, mais il savait qu’elle ferait tout pour qu’il s’en sorte. Elle était du genre à vouloir conserver la réputation de la famille. Digne héritière de son père, mais en moins connasse quand même. Derrière ses actions, il y avait parfois un peu de bonnes attentions. Tandis que leur père, il ne pensait qu’au pouvoir et à l’argent.

« Je vous ferai la liste et je vous l’enverrai dès qu’elle sera prête. »

Heureusement qu’il avait une bonne mémoire… Ses collègues pourraient en effet être utiles. Ils s’accorderaient sûrement sur le fait que Siothrún pouvait être un odieux connard, mais qu’il avait des valeurs et qu’il ne vivait que pour son travail. De plus, ceux qui le connaissaient, ne serait-ce qu’un peu, savaient qu’il était en rupture avec sa famille pour leurs pensées indépendantistes. Donc, il était contre les idéologies de l’IRA. Ca pouvait être une piste, il n’en savait rien. Il ne dit rien à l’avocat. C’était son boulot, il ferait sûrement le rapprochement lui aussi.

« Maître Ó Ceallaigh. »

Ce nom lui disait peut-être quelque chose. C’était une pointure parmi les avocats irlandais. Le père Breathnach ne se refusait vraiment rien quand il s’agissait de préserver son empire.

Il hocha gravement la tête. Il se rendait bien compte que ça sentait mauvais. Il ne remercia pas l’avocat pour le mal qu’il allait se donner. Après tout, c’était son boulot et il allait s’en mettre plein les poches. De son côté, essayer d’être gentil… Ca allait être dur, mais pourquoi pas ? Il fallait juste qu’il la ferme quand il avait envie de dire une saloperie. Et qu’il se tempère dans ses articles. Bon allez, ça devait être dans ses cordes.

« Je ferai mon mieux. »

C’était tout ce qu’il pouvait lui promettre.

« Vous avez besoin d’autre chose ? »

Il n’avait qu’une envie : partir de là. Ca faisait beaucoup en une fois et il commençait à se sentir nerveux. C’était un peu trop inquisiteur à son goût. Ce qui était ironique quand on savait qu’il passait son temps à fouiller dans les affaires des autres.
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MessageSujet: Re: Houston, nous avons un problème | Sean Houston, nous avons un problème | Sean EmptyMer 10 Aoû - 10:11


En apprenant que son tout nouveau client n'avait pas le droit de quitter les environs et qu'il devait déjà rester joignable à tout moment, Sean hocha la tête en signe d'approbation. Il se doutait que ce n'était en rien quelque chose d'agréable, mais les états d'âme d'autrui ne l'intéressaient guère. Après tout, ce n'était pas lui qui mettait les autres dans le pétrin, ils se débrouillaient très bien tout seuls... Son boulot, à lui, c'était de les en sortir, pas de veiller sur leur confort personnel, ni de s'employer à les réconforter. Si Siothrún avait besoin de ce genre d'aide, il pouvait parfaitement se tourner vers d'autres professionnels. En attendant, le Fitzpatrick se contentait des tâches, déjà énormes, qui lui étaient assignées. Un plan se dessinait dans sa tête, lentement mais sûrement. Il agissait toujours avec méthode. Tous les points essentiels avaient été abordés avec le principal intéressé et, maintenant, il devait se concentrer sur la moindre personne qui pourrait constituer un témoin fiable. « Votre sœur ? C'est très bien. Quelqu'un d'aussi proche pourra faire forte impression sur le jury. » Tout dépendait aussi de la personne en question, bien sûr. Mais Sean laissait rarement son optimisme initial être sapé. Et même s'il commençait à perdre espoir, ça ne faisait que renforcer sa détermination à se battre. Il avait horreur de perdre, trop de choses étaient en jeu - sa réputation, la suite de sa carrière, de l'argent et, bien sûr, la quotidien de son client. De toute façon, il n'avait jamais caché ses ambitions. En cela, il était le digne fils de son père... Mais c'était précisément un fait qu'il s'employait à nier, à rejeter en bloc. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec Fitzpatrick Senior. Sauf que pour le coup, c'était un peu raté... En effet, qui avait dirigé Siothrún vers lui ? Qui lui avait quasiment donné l'ordre de se pencher sur cette affaire ? Et puis, cerise sur le gâteau, l'avocat apprit que celui qui s'occupait de son compatriote au pays n'était autre que le plus proche associé de son père, son prétendu meilleur ami et bras droit, qui était aussi son beau-frère... Celui-là même qui n'avait pas dû fournir beaucoup d'efforts pour appuyer la candidature de Sean au sein du cabinet. Ce dernier aurait dû s'en douter. Il ne laissa néanmoins rien paraître, conservant le même masque d'impassibilité qu'à l'accoutumée. Ses problèmes et son passé ne concernaient en rien Breathnach. Il fallait qu'il reste professionnel, même s'il aurait sûrement hésité un peu plus s'il avait su d'emblée qu'il était mêlé d'aussi près au cher cabinet familial. Maintenant, il allait devoir prendre contact avec son oncle adoré, idée qu'il trouvait assez repoussante. Tant pis, soit il ravalerait sa fierté, soit il s'arrangerait pour passer par l'un de ses collègues (ce qui le ferait néanmoins passer pour un homme qui n'avait pas réussi à oublier ses échecs passés). Mais chaque chose en son temps. Les réjouissances arriveraient bien assez vite.

En attendant, l'entrevue touchait à sa fin. Quoi qu'un peu refroidi à la pensée de devoir demander des renseignements à son oncle, l'Irlandais se sentait déjà investi dans son rôle. La sensation de pouvoir qu'il possédait était alors suffisamment grisante pour lui donner envie de se démener. Dès que son client disposerait, il mettrait par écrit son plan de bataille et commencerait à contacter les personnes directement concernées ou pas. Il fallait aussi et surtout qu'il ameute ses troupes... En effet, Sean ne travaillait pas seul, loin de là. En-dehors de ses collègues à proprement parler et de son assistante, un certain nombre de personnes bossaient pour lui, parfois de façon tout à fait légale, d'autres fois plus ou moins au noir. On était bien loin du stéréotype même de l'homme de loi... Mais de toute manière, Sean n'avait jamais aimé les clichés. Dans bon nombre de domaines, c'était un homme plein de nuances, probablement plus que ceux qui le côtoyaient ne l'auraient pensé. Mais au moins, les résultats étaient là : sur ce point-là, personne n'aurait pu se plaindre. Au fond, les clients n'avaient pas à se préoccuper des moyens qu'il employait. Tant qu'au final, il leur donnait satisfaction, c'était tout ce qui comptait. « Non, je n'ai besoin de rien d'autre. Je vous contacterai très bientôt. » Sans s'attarder davantage, il se leva pour raccompagner son client à la porte. Il s'embarrassa de quelques politesses, non parce qu'il en avait envie, mais parce qu'il s'y sentait obligé. Et puis aussi, autant développer une certaine entente avec Siothrún, puisque sans aller jusqu'à être amis, les deux hommes seraient amenés à passer du temps ensemble. « Au plaisir de vous revoir, monsieur Breathnach. » Dès que la porte fut refermée, le front de Sean se plissa légèrement, lui donnant un air concerné. Il avait une autre affaire en cours, mais celle qu'il venait juste d'accepter était plus intéressante et surtout, il pouvait y travailler dans l'immédiat, sans être dans l'attente de coups de fil importants. Alors sans plus tarder, il se plongea dans cette histoire d'espionnage et de crimes qui allait bien plus loin que tous les cas (ou presque selon lui) qu'il avait connus depuis le début de sa carrière.
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