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Something missing ∞ Juliette & Vito.

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MessageSujet: Something missing ∞ Juliette & Vito. Jeu 7 Avr - 15:34



Somewhere, someone, something

Juliette Harrison & Vito E. Manélias





Allongé paisiblement sur mon canapé dans l'immensité d'un salon bien trop vide, je laissais mes yeux voguer sur ce vieil article de presse. Ressassant un vieux souvenir par manque d'en avoir des nouveaux, je me perdais au milieu d'une nostalgie irritante, lisant phrases après phrases d'un scandale signé sur mon nom contreplaqué en gras et en gros sur la couverture d'un vulgaire magazine. Je pouvais sentir ma main se crisper sur le papier glacé, tirant nerveusement sur ma cigarette avant de jeter le journal sur ma table basse, le laissant glisser jusqu'au sol. Soufflant l'épuisement de mon esprit bloqué comme un engrenage mal huilé, las de me faire attraper par un passé au sourire malsain, fatigué de se sentir dans une boucle sans fin. Je laissais mon avant-bras cacher mes yeux, noyé dans quelques pensées obscures de solitude, prisonnier d'un silence pesant et ricochant sur les murs blancs de ma maison. Je me relevais soudainement, passant mes doigts entre mes mèches de cheveux ébouriffés, le regard voyageant comme un écho résonnant dans le manque de vie de mon nouveau chez moi. Je regardais mes meubles, mon parquet, mes murs, mon plafond et il n'y avait rien. Aucun souvenir n'était encore inscrit dessus, il ne restait qu'un arrière goût silencieux de vide. Un peu désespéré, exaspéré par ce que je détestais le plus : le manque de couleur dans un endroit qui n'avait encore rien vécu. Je savais qu'il n'y aurait que le temps pour effacer cette étrange sensation d'absence. Car oui, ce n'était pas le silence qui me gênait réellement, mais les images qui tournaient dans ma tête incapables de vivre dans un flot continu d'aventures quelconques. Quelques bouffées de nicotine encore avant que je ne me décide de lever le poids lourd de mon corps engourdi et traîner mes jambes jusque dans la cuisine. C'était pour ces instants saccadés d'oubli que je m'étais pris un petit chat pour accompagner ma triste lassitude. Comme un compagnon d'infortune, un petit camarade poilu au visage d'ange et ronronnant à la moindre affection. On se prenait vite à la niaiserie face à un tel félin, au début on se défend un peu mais à la première occasion on se rend bien compte que le ton de notre voix se transforme gentiment dans une sorte d'idiotie capturée d'une étrange affection.

Persistant à l'appeler comme si son indépendance naturelle n'était rien face à mon désir de l'embêter. Très vite, on se retrouve à secouer son paquet de bouffe s'avouant vaincu face à la nourriture. Aucune réponse et sa gamelle est encore pleine. Un doute survient, la porte vitrée ouverte et aucun souvenir d'un quelconque miaulement plus tôt dans la journée, aucun saut surprise sur moi alors que je dormais paisiblement. Très vite l'inquiétude, puis un peu de panique, et il faut peu pour terminer sa course dans une certaine angoisse. Je ne l'avais avec moi que depuis peu, je l'avais acheté à l'animalerie où j'avais fais la plus merveilleuse des premières rencontres. Juliette. Un prénom digne de la beauté de l'amante de Vérone, des cheveux flamboyants et un sourire craquant prêt à détruire toutes les barrières possibles. Assez douce et concernée pour m'apporter son aide, m'expliquer les rudiments pour m'occuper correctement du petit animal, me conseillant sur la nourriture, les jeux et tout le reste. J'avais gardé son numéro sans savoir réellement si je l'avais voulu pour moi ou pour lui. La chat ayant disparu depuis probablement ce matin, ça ressemblait bien à une urgence à mes yeux. Assez urgent en tout cas pour oser l'appeler à l'aide. Après tout, je ne connaissais pas bien la ville alors s'il fallait aller le chercher dans les rues de Tenby, il faudra une autre équipe de recherche pour venir me secourir. Un peu timide, peut-être un peu nerveux aussi, je composais son numéro pour lui demander de venir. Une fois fait, je n'avais plus qu'à attendre tandis que l'après-midi s'éteignait pour le début de soirée et qu'elle n'arrive à ma porte.

J'ouvrais donc ma porte pour la découvrir ne pouvant m'empêcher d'afficher un sourire charmeur, content qu'elle ait répondu, content qu'elle soit venue.

« Tu vas me gronder pour avoir perdu le chat ? »

Grimaçant comme un enfant qui a fait une petite bêtise, je me décalais pour la laisser entrer et refermer la porte derrière elle. Je m'appuyais dessus et je reprenais.

« Merci d'être venue, j'apprécie. »

Un autre sourire sur mes lèvres et je poussais mon corps pour me décoller de la porte et faire quelques pas vers la cuisine. Je m'allumais une cigarette le temps d'y arriver et j'expliquais la situation.

« Je l'ai pas vu depuis ce matin, je sais pas trop où il pourrait être et ça m'inquiète un peu. Tu crois qu'on doit partir à sa recherche ? Il est encore tout petit, il devrait pas être trop loin, si ? »

Tâtonnant un peu, ne sachant pas vraiment quoi faire ni même par où commencer, j'attendais ses directives, heureux de pouvoir compter sur elle. Je ne connaissais personne d'autre en ville, venant d'arriver il n'y avait qu'elle pour m'aider et je continuais à me persuader que c'était les seules raisons qui m'avaient convaincu de l'appeler. Comme une illusion pour ne pas admettre tout de suite que j'aimais sa compagnie.




CSS par Gaelle


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MessageSujet: Re: Something missing ∞ Juliette & Vito. Dim 10 Avr - 21:22

Les yeux fermés, le corps bien enfoui sous la couette de son lit, Juliette tenta de faire le vide dans son esprit, sans grand succès. Elle avait passé la matinée auprès de son cheval et c'était sans doute le seul être au monde à pouvoir l'apaiser ces temps-ci. Lorsqu'elle se trouvait avec Thunder, ses soucis lui semblaient soudain plus faciles à supporter, les obstacles plus aisés à surmonter, mais cet état d'esprit ne durait qu'un temps, jusqu'à ce qu'elle se retrouve seule avec elle-même. Heureusement, ses parents s'étaient absentés pour la journée et la rouquine put se glisser sous ses draps sans susciter plusieurs questionnements de la part de ses géniteurs. Juliette tentait de passer le moins de temps possible en compagnie de ses parents - surtout sa mère, en fait - puisqu'elle les connaissait suffisamment pour savoir qu'ils s'inquiéteraient de ses traits tirés qui témoignaient de son manque flagrant de sommeil. Ses sorties se faisaient beaucoup plus fréquentes et il n'était pas rare qu'elle revienne chez elle aux petites heures du matin. Il lui arrivait même de rater certains cours alors qu'elle adorait pourtant les études qu'elle avait choisies. Or, ce qui illuminait d'ordinaire ses journées semblait maintenant l'assombrir et Juliette refusait d'admettre qu'elle avait besoin d'aide. Elle était en peine d'amour, ça finirait bien par s'arranger, non ? Pourtant, malgré les jours qui s'épuisaient, la rouquine ne donnait pas l'impression d'aller mieux, elle allait même de moins en moins bien puisque la drogue lui était devenue nécessaire afin de se concentrer sur ce qui avait encore un peu d'importante et d'oublier le passé qui la rongeait.

Elle sursauta lorsque la sonnerie de son téléphone se fit entendre, se redressa légèrement pour récupérer l'appareil et y jeter un bref coup d'oeil. Vito ? Elle répondit à son appel, fronça un sourcil inquiet lorsqu'il affirma qu'il avait perdu son chat avant de lui dire qu'elle allait le rejoindre tout de suite. Si Vito et Juliette ne s'étaient pas vus si souvent que ça, la rouquine devait admettre qu'il lui inspirait confiance, d'autant plus qu'elle s'était déjà rendue chez lui une fois pour l'aider avec l'aménagement de l'espace dédié au chaton qu'il avait adopté à l'animalerie. Ses parents ne seraient pas particulièrement heureux de savoir qu'elle comptait se rendre chez lui une nouvelle fois alors qu'elle ne le connaissait que très peu, mais puisqu'ils étaient absents, l'américaine ne comptait pas leur raconter sa petite escapade, tout comme elle leur mentait sciemment depuis des mois. Elle jeta un coup d'oeil à son reflet dans le miroir avant de maquiller un peu son visage de manière à camoufler discrètement son état. Elle avait pris une douche en revenant de l'écurie et elle se contenta de brosser ses longs cheveux roux avant de les laisser retomber dans son dos. Persuadée qu'elle allait devoir parcourir la ville à la recherche du chaton perdu, la jeune femme enfila un jeans et un chandail de laine par-dessus lequel elle glissa un manteau et une écharpe. Après avoir récupéré les clés de voiture de sa mère, elle verrouilla la porte de la demeure familiale et caressa brièvement son chien avant de se mettre en route.  

Elle gara la voiture sur le côté de la rue et quitta le véhicule pour aller frapper à la porte de celui qui avait adopté un chat plusieurs jours auparavant. Lorsqu'il lui ouvrit, Juliette répondit à son sourire et leva les yeux au ciel, faussement exaspérée.

« Comment t'as fait ton compte ? » demanda-t-elle simplement en avançant de quelques pas pour qu'il puisse refermer la porte derrière elle. « T'es sûr qu'il est à l'extérieur et qu'il s'est pas caché quelque part dans la maison ? » demanda-t-elle finalement en se tournant vers lui lorsqu'il lui expliqua qu'il ne l'avait pas vu de la journée. C'était peu probable, évidemment, puisque les chatons passaient rarement plus de quelques heures à dormir et préféraient jouer, mais elle jeta tout de même un coup d'oeil instinctif autour d'elle.  

« En tout cas, s'il est vraiment dehors, on ferait mieux d'y aller tout de suite. Il est sans doute trop jeune pour revenir ici tout seul. » proposa-t-elle en s'approchant de Vito. La fumée de cigarette ne la dérangeait pas vraiment puisqu'elle avait grandi dans un état où cette dernière était presque omniprésente. Elle laissa néanmoins ses prunelles glisser le long de la silhouette du jeune homme pendant une fraction de seconde avant de reporter une nouvelle fois son attention sur le visage du brun. « Comment tu l'as appelé ? » demanda-t-elle avec un petit sourire, plongeant cette fois son regard azuré dans celui, tout aussi clair, de Vito.
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MessageSujet: Re: Something missing ∞ Juliette & Vito. Mar 12 Avr - 16:53



Somewhere, someone, something

Juliette Harrison & Vito E. Manélias





Au premier regard, ou peut-être était-ce au premier sourire. Quoiqu'il en soit, il ne m'avait pas fallut beaucoup de temps avant de sentir l'engouement de sa présence. À chaque pas qu'elle faisait au milieu de mon salon que je n'arrivais pas à voir vivre, elle ajoutait des couleurs au terne des murs. Comme une lumière étincelante et je pouvais m'extrapoler du présent comme pour la regarder avancer et agir à travers l'angle d'une caméra. Il n'y avait pas de vie autour et c'était une sensation que j'aimais chez elle. Ce jeu taquin, cette séduction palpable et adorable que j'aimais consumer lentement. Des regards s'attachant au coin pour ne pas se perdre de vue comme s'il existait une chance qu'on disparaisse soudainement et que le réel nous englobe une fois de trop. Des sourires attachants à peine capables de cacher le léger sursaut d'une agréable compagnie et une comédie routinière qui attachait continuellement les Hommes au charme et au désir. C'était toujours ce que je demandais à mes acteurs quand je gérais ma scène, je devais les diriger et j'ajoutais toujours ce grain de séduction qui pour moi créait vraiment le lien humain. Il n'existait que ça. La séduction était primordiale, on séduit avec un regard, une idée, une caresse, peu importe la relation, peu importe le résultat, on voulait plaire. Ne serait-ce que pour se plaire à soi-même, par peur de la solitude ou parfois on évitait, pour se défendre, pour se protéger, mais alors on séduisait une conduite hors de la norme dans l'espoir d'exister quelque part. C'était une partie de la vie, un regard qu'on ne pouvait détacher, celui des autres. Alors je fus heureux de voir son sourire se mélanger au mien, ses yeux roulant dans la taquinerie enfantine qui joue sur toutes ces émotions qu'on a tant rêvé gamin.

« La porte-fenêtre de la cuisine est restée ouverte, il a du partir par là. »

Je l'amenais vers la cuisine, cigarette en main, mes mots répondant en même temps à son autre question. On s'attachait rapidement à ces petites boules de poil, et je n'avais jamais réussi à bien gérer l'abandon. Mon père était partit quand j'étais jeune, et ma mère n'a pas tenu la distance. Je m'étais toujours débrouillé pour survivre, pour dormir à droite et à gauche, comme un vagabond qui chercherait sa place au milieu de tous ces gens qui n'arrêtaient pas de se vanter d'être plus heureux que moi. Ça avait été difficile à vivre. Complexe même. Je pouvais observer ce monde et y voir choir cette affreuse souffrance qui peinait mes jours comme mes nuits. Je la voyais constamment, dans le regard d'un enfant qui joue tout seul, dans la gène d'un couple en fin de parcours, sur les sourires muets des personnes âgées assises sur les bancs de tous les parcs de cette Terre. Il fut un temps où elle était omniprésente et quelque part, je trouvais ça douloureux mais réconfortant. Je pouvais étendre ma tristesse sur la totalité de ces existences inconnues, je pouvais me sentir en accord avec les autres, comme si je faisais parti de quelque chose de plus grand que nous. La peine a disparu, un peu, avec le temps. Elle s'est dissipée lentement au profit de mes rêves qui ont réussi à exploiter ce regard particulier. Les drames, le fantastique, la violence et les hurlements déchirants, c'était mon univers. Ce chaos bordélique construit d'explosions et de larmes, affichant des couleurs sombres et des émotions fortes, comme lorsque la réalité vient nous frapper d'un coup puissant. Lorsqu'elle nous éjecte du cadre pour bousculer nos corps inertes.

Il aurait été plus facile de naître chat. Dormir et se prélasser dans les coins chauds, assez agile pour grimper à peu près n'importe où. Miauler et réclamer caresses, nourritures, jeux, peu importait puisqu'il suffisait de râler un peu pour obtenir le tout. Jouer et chasser, vivre nos aventures et ne pas nous rendre compte de toute la responsabilité que vivre entraîne. Ouais, il aurait plus facile d'être chat mais ça aurait été tellement moins intéressant. Je ne pouvais pas m'empêcher de l'imaginer un peu perdu, miaulant dans l'espoir qu'on vienne le chercher. Il me faisait un peu de peine, alors quand Juliette affirmait qu'il était bien trop jeune pour retrouver sa route, je me préparais pour partir à sa recherche, attrapant ma veste et l'enfilant.

« Tu vas devoir me guider, je connais pas encore bien la ville. Si on se sépare, tu vas devoir venir me chercher en plus du chat. »

Un sourire sur les lèvres et nos regards se confrontaient dans la beauté de son bleu éclatant. Elle était belle avec ses pupilles claires et sa chevelure rousse, le visage fin et les doux traits juvéniles si féminin. Je bloquais quelques instants sur son regard avant de répondre.

« Cheshire. »

Je souriais toujours et fumait sur ma clope un peu. J'avais toujours adoré l'oeuvre de Lewis Carroll qui avait été un grande inspiration pou moi. Cheshire avait été une révélation assez facile et ça rentrait dans le thème. Peut-être devrions-nous rechercher un sourire qui se balade dans les rues de Tenby. L'idée m'amusait et je sortais accompagnée de Juliette par la porte de la cuisine avant de reprendre le chemin vers la route. Je laissais mon regard voguer partout, sous les voitures, sur les arbres, dans les jardins de mes voisins et j'en profitais pour m'intéresser à la jeune demoiselle.

« Tu es ici depuis longtemps ? »

J'essayais de ne pas perdre de vue la recherche de mon petit chat et, plus difficile encore, de garder mes yeux concentrés sur alentours plutôt que sur la jeune femme.




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MessageSujet: Re: Something missing ∞ Juliette & Vito. Dim 17 Avr - 23:37

Elle se mordit la lèvre lorsque Vito lui confirma bel et bien que la porte avait été laissée ouverte pendant un moment, suffisamment longtemps en tout cas pour que le minuscule chaton ait pu s'y faufiler. Rapides, rusés et silencieux, les félins pouvaient aisément disparaître sans laisser de traces et la rouquine se dirigea vers la porte de la cuisine afin de jeter un coup d'oeil à l'extérieur, juste au cas où. Le brun s'en était sans aucun doute déjà chargé, mais Jules sentit soudain l'inquiétude la gagner, petit à petit. L'animal était trop jeune pour reconnaître la maison de son maître parmi toutes les autres - il faut dire que les bâtiments se ressemblaient beaucoup, à Tenby - et s'il s'était perdu, la rouquine n'était pas si sûre qu'ils puissent le retrouver aisément. Elle ne put néanmoins s'empêcher de laisser un sourire étirer ses lèvres pâles lorsqu'il précisa qu'elle devrait le guider à travers la ville et le garder auprès d'elle afin qu'il ne s'égare pas. « C'est pas très grand, Tenby. Tu veux que je prépare tout de suite des affiches avec ta tête dessus et une récompense promise à celui qui va te ramener ? » Elle voulait surtout le taquiner un peu sur son sens de l'orientation déficient, mais elle sentit le regard de Vito sur elle et elle releva la tête pour plonger ses prunelles azurées dans les siennes. Elle l'observa quelques secondes avant de baisser les yeux et de le laisser récupérer sa veste pour la chasse au chat qui allait suivre. Les iris du brun avaient un petit quelque chose de particulier, comme si elles attiraient inévitablement les siennes en une fraction de seconde. La première fois qu'il était venu à l'animalerie, Juliette s'était approchée afin de lui proposer son aide, déjà captivée par ses cheveux ébouriffés et son allure générale. Il ne venait pas de Tenby, elle l'avait su tout de suite, mais la jeune femme l'avait trouvé charmant. C'était sans doute pourquoi elle avait accepté de lui donner son numéro de téléphone et aussi la raison pour laquelle elle s'était rendue chez lui sans prendre la peine de prévenir quelqu'un.

« Alice au pays des merveilles ? » demanda-t-elle en arquant un sourcil surpris lorsqu'il répondit à sa question. « C'est chouette, comme nom ! Viens, on va aller le chercher. » Elle lui offrit un sourire avant de le suivre jusqu'à l'extérieur de la maison, laissant ses prunelles vagabonder ici et là, que ce soit sous une voiture, derrière les marches des escaliers ou dans les arbres, histoire de ne pas rater une chance inouïe de poser les yeux sur le petit compagnon de son partenaire de chasse. Elle l'appelait parfois, mais elle se doutait bien que ses appels demeureraient sans réponse. Après tout, si l'animal était trop jeune pour rentrer de lui-même, il devait être trop petit pour connaître déjà son prénom, si bien qu'il n'y avait que très peu de chances pour qu'il se dirige vers eux en courant.

Elle releva toutefois les yeux vers celui qui marchait à ses côtés lorsqu'il lui posa une question sur sa vie, dut réfléchir quelques secondes avant de lui offrir une réponse sensée.

« À peu près deux ans ? Parfois, j'ai l'impression d'être arrivée hier et souvent, on dirait que je suis là depuis une éternité. » avoua-t-elle en se libérant de l'emprise de son regard pour reporter son attention sur ce qui se trouvait autour d'eux dans l'espoir d'apercevoir la petite boule de poil qu'ils étaient venus chercher. Ce n'était pas toujours facile de se faire une place au sein d'une nouvelle ville - surtout pas dans une petite bourgade comme Tenby, là où les gens se connaissaient déjà tous, là où les groupes d'amis étaient déjà formés depuis des années - mais Juliette s'était plutôt bien adaptée lors de son arrivée à Tenby. Elle avait passé plusieurs étés chez l'une de ses tantes, ce qui lui avait permis de se faire des amis, des années auparavant. Lorsqu'elle était déménagée ici pour de bon, deux ans plus tôt, elle avait déjà un point d'ancrage et bon nombre de repères, contrairement à ceux qui débarquaient en ville sans point d'attache. Or, ces temps-ci s'étaient avérés difficiles à gérer pour la rouquine puisqu'elle avait dû jongler entre ses obligations, ses émotions et son besoin d'évasion. Elle avait fui ses amis afin qu'ils ne puissent pas deviner qu'elle allait mal, s'était éloignée volontairement pour ne pas devoir leur rendre des comptes sur son comportement. « Et toi ... ? Qu'est-ce qui t'a emmené ici ? » demanda-t-elle simplement en jetant un coup d'oeil derrière une boîte aux lettres, soudain inquiète à l'idée de ne pas retrouver le nouveau compagnon de Vito. Elle ne connaissait pas grand chose du brun puisqu'ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion de discuter de leurs vies respectives, mais elle devait admettre que le brun l'intriguait tout de même. À moins d'y avoir de la famille ou d'y être obligé, pourquoi décidait-on de venir s'installer à Tenby ?
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MessageSujet: Re: Something missing ∞ Juliette & Vito. Ven 29 Avr - 0:16



Somewhere, someone, something

Juliette Harrison & Vito E. Manélias





J'avais perdu un peu de mon angoisse naturelle et excessive lorsqu'elle était arrivée chez moi. D'un naturel un peu paranoïaque, ça me rassurait de savoir que j'avais une aide pour retrouver mon petit chat. Surtout que c'était Juliette qui m'avait convaincu, et elle semblait en savoir bien plus que moi. C'était toujours agréable d'avoir sa compagnie, et je pouvais en plus profiter de son expertise dans l'espoir de retrouver mon chaton errant. Jouant de taquinerie et laissant une petite légèreté prendre le dessus, j'essayais de cacher mon inquiétude et de garder la panique loin pour ne pas m'affoler. Elle rentrait dans le jeu et c'était toujours amusant de se lancer la balle comme deux adolescents. Il y avait ce petit jeu de séduction qui s'installait à nouveau. J'adorais ces instants de regards cachés et de sourires en coin, pour moi, il n'existait rien de plus agréable que de se laisser avoir par la séduction. De laisser les taquineries joyeuses s'entrechoquer, et de succomber pas à pas vers le plaisir de l'attraction réciproque. Lentement envoûté par le charisme, submergé par les douces gouttes de la tentation. Je souriais à sa réponse, face à elle, je faisais une fausse mine surprise, surjouant presque une petite déception amusée.

« Oh, parce que tu ne viendrais pas toute seule me secourir ? »

Riant un peu, taquin et rhétorique on s'évadait vers la sortir, tous les deux prêts à aller chercher le vagabond. Elle me questionnait sur son nom et la référence fut, évidemment, immédiate. J'acquiesçais avant de la suivre à l'extérieur de la maison, perdant mon regard sur les alentours et me détachant enfin du sien. Alice au pays des merveilles avait été une grande inspiration pour moi. Les rêves lucides et l'imaginaire à la fois dangereux et absurde représentaient un peu ma propre réalité. Toujours dans mon monde, perdu dans les frasques colorées de mes désirs de fantastique, je m'étais toujours enfermé dans mes rêves. Qu'ils soient bons ou mauvais, ils étaient pour moi une véritable base pour ce que j'avais envie de créer, de montrer à l'écran. Même si mon film se tournait plus vers la dure réalité et cette oppression constante que l'on pouvait ressentir, il résidait, néanmoins, dans les messages, une similitude avec l'oeuvre de Lewis Carroll. En plein dans la génération Disney, j'avais grandi avec la cassette, trop pauvre pour pouvoir changer tous les jours de dessin-animé, je l'avais regardé en boucle avant de tomber amoureux du bouquin. C'était un peu obligatoire de choisir ce nom pour mon chaton.

J'essayais de rester concentré sur la recherche, évitant alors de trop croiser le regarde de la jolie rousse pour ne pas me perdre dedans. Pour ne pas dévier, sans cesse rappeler à l'inquiétude. J'évitais alors de poser mon flot de question sur l'espoir de le retrouver, préférant me porter physiquement sur la recherche, et aborder la demoiselle par ma curiosité. Après tout, ça passerait le temps plus rapidement, me sentant déjà un peu coupable de me reposer sur elle. Je réagissais à sa réponse avant de répondre à sa question qui suivit, surveillant les dessous de voiture et me perchant le regard en l'air pour observer les branches des arbres.

« C'est souvent le sentiment qu'on a dans les petites villes. C'est chaleureux. Moi, je suis né et j'ai grandi toute ma vie à Londres et pourtant je me sens toujours si étranger quand j'y suis. C'est comme si j'avais fait le tour de la ville et que plus rien ne me retenait là-bas. »

Londres était une ville grandiose. Elle était magnifique et je ne comptais plus les jours et les nuits passés à photographier ou filmer la vie londonienne. Mais comme une passion amoureuse, elle avait été éphémère, consumée jusqu'au bout et rapidement j'avais eu ce sentiment étrange de ne plus appartenir à cette existence. Comme si la ville, elle-même, m'avait fait comprendre que ma place se trouvait ailleurs, qu'ici, il n'y aurait que le temps qui passe trop vite et l'excitation que j'avais déjà connu. Je fumais toujours sur ma clope avant de reprendre, ne voulant rien cacher.

« Puis c'est une ville qui fait ressortir en moi des sentiments que j'aimerais oublier. Je me sens mieux à Tenby. C'est comme un rêve de gosse de pouvoir vivre dans une ville si communautaire. Tu étais où avant ces deux ans ? »

Je poursuivais dans ma curiosité, et on continuait d'avancer dans la ville à la recherche du chat perdu. Peut-être que l'on devrait sonner chez quelques voisins pour savoir s'ils n'ont pas vu la boule de poil, un petit chat roux ça ne devait pas passer si inaperçu que ça.



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MessageSujet: Re: Something missing ∞ Juliette & Vito. Mar 31 Mai - 5:01

« Je n'y connais pas grand chose, en sauvetage humain. » ajouta-t-elle pour le taquiner un peu, haussant doucement les épaules à sa question. Bien sûr qu'elle irait le chercher, mais de toute évidence, Vito ne pourrait jamais se perdre dans la petite ville qu'était Tenby et il finirait bien par retrouver rapidement son chemin. Le chaton, par contre, c'était différent puisqu'il n'avait pas encore fait ses marques et qu'il ne connaissait pas suffisamment son territoire pour être en mesure de rejoindre la maison qui l'avait accueilli. Après tout, aux yeux d'un minuscule chaton, la ville s'avérait beaucoup plus imposante qu'elle pouvait l'être pour les habitants de Tenby, mais Juliette espérait vraiment qu'ils retrouveraient rapidement l'animal afin de lui offrir un foyer plus stable et moins effrayant. Elle ne lui en voulait pas pour la disparition du chaton, ça arrivait à tout le monde d'oublier de fermer la porte une fois de temps en temps et de se rendre compte trop tard que le félin avait pris la poudre d'escampette. Ça ne voulait pas dire que Vito était un mauvais maître et elle ne comptait pas lui reprocher d'avoir perdu son chat tout simplement parce qu'elle savait que les animaux de compagnie s'avéraient souvent curieux à l'égard de leur environnement. Souvent enfermés, toutes les occasions étaient bonnes afin de mettre leur museau à l'extérieur pour renifler toutes les nouvelles odeurs.

Elle appela quelques fois l'animal, fouilla un peu partout en jetant un coup d'oeil ici et là, persuadée qu'ils finiraient bien par le récupérer. Les petits ne s'éloignaient jamais bien loin, en général, mais elle devait admettre que plus ils s'éloignaient, plus l'inquiétude de la rouquine grandissait. Elle captait parfois les regards de Vito, croisait souvent ses prunelles lorsqu'elle tournait les yeux vers lui, un peu surprise par ces échanges. Il était séduisant, trop séduisant pour qu'elle se contente de fouiller les lieux à la recherche du chat sans même s'intéresser à lui et alors qu'elle lui posait une question plus personnelle. « Oh je vois. Londres, hein ? Je n'y suis jamais allée, mais ça a l'air magnifique. » ajouta-t-elle simplement avec un petit sourire alors qu'elle poussait finalement un soupir avant d'attraper sa main pour l'obliger à faire demi-tour. « Je ne pense pas qu'il soit allé aussi loin. Il vaut mieux repartir dans l'autre sens. » expliqua-t-elle à mi-voix alors que ses iris se posaient doucement sur la main masculine qu'elle avait prise dans la sienne. Elle la relâcha avant de poursuivre sa marche, jetant un coup d'oeil un peu partout avec une nouvelle perspective.

« Je vivais aux États-Unis avant, au Texas. J'ai des origines britanniques, c'est sans doute pour ça que je n'ai pas trop l'accent typique américain. Bon ok, un peu quand même. » ajouta-t-elle finalement avec un petit rire avant d'enchaîner. « J'avais plusieurs chevaux là-bas, mes parents ont tout vendu et m'ont obligée à les suivre. »

La rouquine poussa un nouveau soupir avant de hausser légèrement les épaules, soudain nostalgique à l'idée de retrouver ses anciens amis et son ancienne vie. Elle n'était plus obligée de rester ici et elle pourrait bel et bien rentrer au Texas si elle en avait vraiment envie, mais à vrai dire, Juliette ne savait plus vraiment où se trouvait sa place. À quoi bon quitter Tenby pour rentrer si ses anciens amis ne s'y trouvaient plus ou s'ils avaient suffisamment avancé dans leurs vies respectives pour qu'elle ne puisse plus s'y faufiler ? Ici, elle avait tout de même des amis, elle avait ses cours à l'université et son travail à l'animalerie. Et puis, elle avait Thunder. L'étalon qu'elle avait plus ou moins dressé lors de son arrivée à Tenby faisait beaucoup de progrès et elle serait tout simplement incapable de le laisser derrière elle si elle choisissait vraiment de retourner aux États-Unis. La rousse avait beau dire ce qu'elle voulait, elle avait fait ses marques à Tenby et elle ne comptait pas partir.

« Tu es tout seul ? Ou bien tu as ta famille ici, avec toi ? » demanda-t-elle avant de tourner la tête vers lui, ralentissant le pas alors qu'elle soulevait une bâche posée sur plusieurs bûches de bois dans l'espoir de voir apparaître le chaton. Un nuage de guêpes s'en échappa plutôt et la jeune femme fit un rapide pas en arrière, heurtant Vito au passage avant de retenir son souffle pendant quelques secondes. Il n'y avait pas grand chose pour effrayer la rouquine, mais les guêpes ... « Désolée. » souffla-t-elle simplement lorsqu'elle comprit que les insectes volants s'étaient éloignés sans causer de dommages.

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