AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

love can be painful ∞ martin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: love can be painful ∞ martin Dim 6 Mar - 5:58

Appuyée contre le mur de la cuisine, Evelyn avait le regard trouble de ceux qui se sont perdus. Ses souvenirs ne la lâchaient plus depuis ce matin et elle avait l'impression désagréable d'être encore une fois ramenée devant le fait accompli. Son fils n'était plus et sa petite fille se trouvait on ne sait où, livrée à elle-même dans ce monde de brutes qui lui avait retiré ses parents beaucoup trop tôt. Lasse, Evelyn ferma les yeux quelques secondes, sentit la tristesse et le désespoir la gagner alors qu'elle tentait de vider son esprit et de penser à autre chose. Certains jours, sa souffrance semblait plus difficile à oublier et elle poussa un soupir avant de se détacher du ciel gris de Tenby pour retrouver l'intérieur de la maison silencieuse. Le chien dormait sur un coin du canapé et Evelyn n'eut pas l'énergie de lui ordonner d'en descendre. Elle se dirigea plutôt vers la salle de bain afin de remplir la baignoire d'eau chaude, désireuse de s'y détendre quelques minutes afin de délier ses muscles endoloris par l'inquiétude et l'angoisse constante de ces derniers mois. Exténuée, la retraitée se glissa dans l'eau brûlante après avoir retiré tous ses vêtements, ferma les yeux alors que quelques larmes s'échappaient de ses yeux rougis d'avoir déjà trop pleuré. La journée s'était avérée difficile et Evelyn avait l'impression d'avoir vieilli de vingt ans en quelques minutes tellement elle avait mal. Mal à l'âme. Martin était parti tôt ce matin et elle ne l'avait pas retenu, préférant plutôt se concentrer sur le livre qu'elle avait commencé quelques semaines auparavant et qu'elle n'avait toujours pas fini par manque de concentration. Lorsqu'elle s'était retrouvée seule, toutefois, elle avait compris qu'elle n'aurait plus la force de lire une ligne de plus et elle avait refermé le roman en le posant sur la table basse avant d'éteindre la lampe.

Lorsqu'elle quitta la baignoire, de nombreuses minutes plus tard, elle enfila son peignoir avant de se rendre directement dans la chambre. Sans prendre la peine de se changer, elle se coucha sur le lit, les yeux fermés, rougis par les larmes. Elle s'était promis de ne pas être si faible et de se montrer forte devant les autres - Brianna et Almeda avaient besoin d'elle - mais parfois, lorsqu'elle se retrouvait seule dans la grande maison vide, elle craquait. Ce n'était pas facile tous les jours de devoir vivre avec la douleur de l'absence et même si elle se devait d'être présente pour les autres, son deuil finissait toujours par la rattraper. Elle avait accepté ce qui s'était passé, mais elle avait repoussé le moment où elle lui ferait véritablement ses adieux, comme si elle n'était pas encore tout à fait prête à tourner cette page de sa vie. À trop vouloir cacher sa douleur devant les autres, elle finissait par ne plus contrôler du tout ses émotions et ses sentiments lorsqu'elle se retrouvait seule et elle détestait ça. Pendant longtemps, Evelyn avait appris à gérer les petits chagrins des enfants qui étaient passés dans sa classe, mais faire face à sa propre peine semblait bien plus difficile que ce à quoi elle aurait pu s'attendre. Les yeux fermés, le coeur à l'envers, Evelyn tenta de contrôler sa respiration et elle finit par s'endormir malgré tout.   
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: Re: love can be painful ∞ martin Lun 7 Mar - 23:19


Le vieux monsieur remonta le col de son manteau et poussa un long soupir qui se matérialisa dans l’air par un long filet de buée blanche. Il était las. Perdre son fils n’avait pas été un vrai choc, pour lui. Apprendre sa maladie, oui mais sa mort n’avait finalement été que la suite logique d’un combat contre le cancer. Evelyn, elle, même si elle évitait de le montrer, avait été beaucoup plus choqué par la mort de leur aîné et si Martin s’en était bien rendu compte, il avait fait semblant de ne rien remarquer. Mécanisme de défense ou égoïsme ? Aujourd’hui encore il n’aurait su le dire. Finalement, dans sa chute, Filip avait emporté le ciment de leur famille. Fragilisé l’ensemble. Ils n’avaient plus de nouvelles de ses deux autres fils et sa fille n’avait pas daigné mettre le pied à Tenby depuis des mois, presque un an désormais. Brianna avait voulu laisser la ville et ses souvenirs en emportant sa sœur et cette dernière, en dernier recours, avait fini par fuguer. Il passa devant une des affiches qu’ils avaient disposées çà et là dans Tenby quelque mois plus tôt et l’arracha du poteau d’un geste rageur. Chiffonnant le bout de papier il le fourra dans sa poche. Tout était branlant. Lui pour commencer.

Martin amorça le chemin du retour. Il ne savait pas quelle heure il était fut un temps il aurait pu le dire rien qu’à voir l’ombre du soleil sur la route mais aujourd’hui il n’avait tout simplement pas envie. Tout ça ne l’amusait plus. Ce qu’il voulait c’était retrouver son fils, retrouver sa petite-fille, retrouver sa famille. Tandis que cette pensée lui traversait l’esprit il accéléra le pas. Sa famille ? Mais sa famille c’était Evelyn. Depuis toujours. Eux deux contre vents et marées et voilà qu’il l’abandonnait comme un lâche ? Comment avait-il pu ne pas s’en rendre compte ? Comment avait-il pu être aussi stupide ? En ne pensant qu’à leur progéniture il avait laissé l’un des êtres les plus chers à son existence, si ce n’était le plus cher. Sa femme. Celle qu’il avait attendu et qu’il aurait attendu des siècles encore. Il fit un léger détour par chez le fleuriste pour acheter un bouquet de 101 roses rouges et se précipita vers la maison qu’il trouva close et sombre.

La maison des Harris avait toujours été un lieu de passage. Avec 4 enfants donc 3 garçons les portes restaient souvent ouvertes au vent et la consommation en chauffage l’hiver était ridiculement élevé. Sa maison si jolie qui respirait la joie lui paraissait grise et terne. Les fleurs aux couleurs vives avaient fané avec l’hiver et le jardin paraissait avoir figé.  Les choses devaient changer.

Il s’attendait à trouver Evelyn dans le salon, lisant un livre ou s’activant dans la cuisine mais le calme inhabituel de l’habitation le surprit. Même Serpentin n’avait osé sortir de son panier pour venir l’accueillir. Il monta les marches qui menaient à l’étage le plus vite que son vieil âge lui permettait et ouvrit la porte de la chambre conjugale pour trouver Evelyn allongée sur le lit. La voir ainsi endormie lui fit un pincement au cœur. Il avait mal de voir à quel point il l’avait négligé. Contrairement aux fleurs du jardin la beauté d’Evelyn n’avait pas fanée.  Martin la trouvait toujours aussi belle qu’au premier jour et ne cessait de se demander comment sa chance avait pu être si grande. Il posa le bouquet sur la table de chevet près de sa femme et s’allongea à ses côtés, enfouissant son nez dans ses cheveux. « Evelyn ? » Il avait prononcé son nom avec douceur et ne s’attendait pas vraiment à une réponse mais il la sentit bouger entre ses bras et raffermit sa prise. « Pardonne –moi. » De ne pas avoir été là pour toi. D’avoir été un fantôme, de t’avoir fait subir tout ça. Les mots restaient coincés dans sa gorge et il déposa un baiser sur le haut du crâne de la femme qu’il tenait dans ses bras. « Je suis un idiot. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité



MessageSujet: Re: love can be painful ∞ martin Sam 26 Mar - 17:28

Les yeux rougis d'avoir trop pleuré, Evelyn mit quelques secondes avant de se réveiller et ce, malgré la chaleur du corps de son mari contre le sien. Encore un peu endormie, elle glissa doucement sa main sur le bras de Martin afin de l'obliger à la serrer un peu plus fort contre lui, garda les yeux fermés afin de prolonger l'instant davantage. La présence de son mari l'apaisa presque instantanément et elle finit par se retourner lentement dans ses bras pour lui faire face. « Tu n'as rien à te faire pardonner, mon amour. » lâcha-t-elle finalement en lui offrant un sourire qu'elle aurait voulu léger, mais qui laissait transparaitre la douleur qui était la sienne. Il n'était pas un idiot et elle ne serait jamais tombée amoureuse d'un idiot, plus de cinquante ans auparavant. Elle l'aimait et il avait toujours été là pour elle, même si elle n'était pas certaine de mériter cet amour qu'il lui offrait inconditionnellement. Evelyn n'était pas fière de la femme qu'elle était devenue et elle aurait aimé pouvoir remonter le temps et changer les choses. Elle avait mal agi, mais elle prenait peu à peu conscience du fait qu'elle ne savait même plus ce qui l'avait poussée à agir de la sorte. À ses côtés se trouvait un homme merveilleux, un homme qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer malgré toutes les épreuves qui s'étaient dressées sur leur chemin. Martin était l'homme de sa vie et il l'avait toujours été. Ensemble, ils avaient élevé de beaux et bons enfants, ensemble, ils avaient tout traversé.

Lorsqu'elle se redressa légèrement, ses prunelles se positionnèrent sur le bouquet de fleur qu'il avait laissé sur la commode et elle ne put empêcher les battements de son coeur d'accélérer lorsqu'elle posa à nouveau les yeux sur son mari. « Elles sont magnifiques. » En un murmure, elle s'était adressée à lui et c'est avec douceur qu'elle déposa un baiser au coin de ses lèvres avant de se relever doucement du lit pour récupérer les fleurs. Les yeux fermés, elle y plongea son nez afin de sentir l'effluve agréable qui s'en dégageait, sentit ses émotions refaire surface alors qu'elle ne s'était pas attendue à ça. Il n'y avait pas vraiment d'occasion spéciale pour que Martin ait décidé de lui offrir un bouquet d'une telle envergure et pourtant, elle sentit chacune des fibres de son corps frémir à l'idée qu'il l'ait fait.

Et puis, sans crier gare, elle sentit les larmes couler sur ses joues, sans s'arrêter. Elle tenta de les retenir, mais c'était trop. Dos à son mari afin de lui cacher ses pleurs, Evelyn comprit alors que c'était une mauvaise journée, qu'elle aurait préféré rester couchée, bercée d'un cocktail de médicaments qui lui éviterait de trop penser aux derniers mois. Son médecin lui avait d'ailleurs prescrit des pilules pour l'aider à dormir puisque la retraitée n'aurait pas fermé l'oeil de la nuit autrement, mais Evelyn se mordit la lèvre en prenant conscience du fait qu'elle aurait aimé en avaler plusieurs d'une traite pour tout oublier. Elle ne voulait pas mourir, elle voulait simplement oublier. « Je suis tellement désolée, Martin. C'est moi qui te demande pardon. » Lentement, elle s'était retournée pour lui faire face, haussa simplement les épaules alors qu'une boule se formait dans le creux de son estomac. « Je suis incapable de gérer ce qui nous arrive, je ne sais plus comment faire. » avoua-t-elle finalement en resserrant les pans du peignoir contre elle.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: love can be painful ∞ martin

Revenir en haut Aller en bas

love can be painful ∞ martin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WHISPERS DOWN THE LANE ♣ ::  :: RP abandonnés-