AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

Wrong impression. - THOMAS & LOUKA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Jeu 27 Aoû - 23:44


 

 
❝Wasn't tryin' to pull you in
  the wrong direction.❞
 Louka & Thomas
Dans quel pétrin je me suis encore fourré ? Je regarde autour de moi, des lumières rouges et bleues éclairent la fenêtre d’une des voisines et j’ai tout juste le temps d’apercevoir son visage interloqué avant qu’elle n’aille se cacher derrière ses rideaux. Là c’est sûr, ça va jaser dans le quartier. Pas loin de moi, je remarque deux policiers. A cette distance et dans le noir de la nuit, je ne peux que les distinguer et j’ignore bien ce qu’ils sont en train de faire. Il y a aussi quelques passants, des curieux qui regardent la scène sans oser s’approcher. Un petit jeune a même pris une photo de la boutique, je crois. Et puis bien sûr, il y a la boutique de mon grand-père. La mienne, à présent. Avec son affichette qui indique qu’elle est fermée, sa porte close, sa vitrine explosée et une pauvre pierre au milieu des débris sur laquelle sont proférées des menaces si discrètes qu’une personne non-initiée ne les verrait même pas. Huit mois d'absence, c’est long, non ? C’est donc officiel, quelqu’un sait pour mon internement et a vraiment envie de me le signaler. C’est à peu près la seule chose que je sais à l’heure actuelle. Et des centaines de questions se bousculent dans ma tête : qui est cette personne ? Que sait-elle réellement ? Pourquoi a-t-elle décidé de me prévenir qu’elle était au courant ? Que compte-t-elle faire à présent ? Et surtout, comment ai-je fait pour en arriver là ?

La journée a pourtant bien débuté. Pas de panne de réveil, pas d’incident de type chute de tartine beurrée sur le sol au petit-déjeuner, ni même de verre ou de tasse brisée, pas de client qui attend depuis dix bonnes minutes l’ouverture de la boutique, pas de petits jeunes plus que suspects qui passent devant la boutique l’air de rien et surtout, quasiment aucune pensée négative pour troubler ma bonne humeur, essentiellement liée aux antidépresseurs. Bref, on peut dire que c’était une excellente journée. Sauf qu’il ne faut pas se leurrer, une si bonne journée ne peut que se terminer d’une horrible façon. Et en particulier quand il s’agit de ma bonne journée. Je ne sais même pas comment j’ai pu croire que pour une fois dans ma vie, j’aurai le droit de ne connaître ni pression, ni dépression. Il a fallu que je retourne à la boutique au beau milieu de la nuit, après avoir passé ma fin de soirée dans un bar à la sortie de la ville, pour que tout bascule. Tout ça, parce que j’avais oublié mes clés à l’intérieur. Et ainsi, je me suis retrouvée devant la vitrine de ma boutique, celle-ci ayant été explosée par une pierre qui trônait parmi les objets que j’avais choisi d’afficher sur la devanture. Les médicaments faisant encore effets, je n’ai pas paniquée de suite. J’ai d’abord vérifié que tout était encore à sa place. En passant devant le téléphone, je me suis éventuellement dit que je devrais appeler la police. C’est ce que j’ai fait. Sauf que c’était avant que je ne remarque un bout de papier attaché à la pierre. C’est bien le genre de truc qu’on ne voit que dans les séries policières. Sauf que là, c’est à moi que ça arrivait. J’ai donc lu ce qui était écrit sur ce papier et j’ai aussitôt regretté d’avoir appelé la police.

Je me remémore alors le texte, une énième fois. Huit mois d'absence, c’est long, non ? Pas de doute possible, cela fait référence au temps que j’ai passé en hôpital psychiatrique. Huit mois. Ce serait quoi d’autre, sinon ? Je ne vois pas. Je ne vois vraiment pas. Mais c’est impossible. Personne n’a pu découvrir la vérité sur mon internement. J’ai pourtant tout fait pour que ça ne sache pas. Maman elle-même a raconté à ces quelques connaissances à Tenby que j’avais fait une cure de soleil sur une île tropicale, je ne sais trop où. Il est impensable que quelqu’un ait pu découvrir la supercherie. C’est sûrement une erreur. Une autre boutique devait être visée, il y en a tellement dans cette rue. Ou bien on se joue simplement de moi. C’est ça, c’est sûrement une blague. Sans doute ces gosses qui passent toujours devant la boutique. C’est tout. Oui mais… et si c’était très sérieux. Ça veut dire que quelqu’un est au courant pour mon internement et essaye de faire pression sur moi. Si c’est le cas, il a déjà réussi. Maintenant que le Xanax n’a plus effet, je sens un nœud se former dans mon estomac. Il gonfle de plus en plus et d’ici peu, je sais qu’il va certainement finir par exploser. Et je vais céder à la panique, ce ne sera pas beau à voir.

Bordel ! Mais pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Tout allait pourtant si bien dans ma vie. C’était trop beau pour être vrai. Et puis ces policiers qui sont là, examinant la scène comme s’il s’agissait de celle d’un crime. Sans doute ont-ils déjà lu le message qui m’était adressée ? Et c’est sûrement pour ça que l’un d’eux vient vers moi. Si c’est le cas, je fais quoi, moi ? Il ne doit pas savoir. Il ne peut pas savoir. Je ne veux plus qu’on me voie comme une tarée. Je ne le supporterais pas. Je sais que je ne le supporterais pas. « Euh… je… vous avez trouvé quelque chose ? » je demande avant même qu’il n’ait le temps de dire quoi que ce soit. Autant être fixée d’entrée de jeu, pas vrai ?

 
© Pando
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Serena, Eleanor, Rhys & Trystan
TON AVATAR : Pedro Pascal
TES CRÉDITS : myself (avatar) narcosource (gifs)
TA DISPONIBILITE RP : Libre : 0/3
(William - Josh - Aloy - Amanda - Eléa)
RAGOTS PARTAGÉS : 1478
POINTS : 2408
ARRIVÉE À TENBY : 15/07/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 42 ans (24 Octobre 1975)
CÔTÉ COEUR : Il craint de perdre celle qu'il aime et de voir leur famille se dissoudre...
PROFESSION : Flic mais pour combien de temps encore ?
REPUTATION : On murmure qu'après quelques bavures soigneusement dissimulées, sa carrière est sur le point de prendre un tournant fâcheux. Et puis, l'ex-mari de sa compagne est de retour en ville... Il ne doit pas s'éclater en ce moment.



MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Lun 31 Aoû - 22:33


 

 
❝Wasn't tryin' to pull you in
  the wrong direction.❞
 Louka & Thomas
« Et bien ! Je suis content que cette journée soit terminée. » Thomas ponctua cette affirmation d'un long bâillement, ce qui fit sourire son jeune collègue qui les ramenaient tous deux au poste. C'était la fin de leur patrouille mais aussi d'une longue journée et ils étaient sur la même longueur d'onde, comme le prouva la réponse de son collègue. « Pareil ! C'est bien que je sois à la maison le soir maintenant. Je n'aimerai pas travailler la nuit, vu la situation de Hannah. » Le Neo-Zelandais hocha la tête d'un air entendu. Il savait que la femme de son collègue vivait une grossesse difficile et que le jeune homme s'inquiétait beaucoup pour elle. Il était légitime qu'il veuille rester le plus possible à ses côtés.... Hélas, comme si des esprits malicieux les entendirent, la radio du véhicule de patrouille se mit à grésiller furieusement. Thomas et son chauffeur échangèrent un petit sourire désolé avant qu'il ne décroche.  « Patrouille 2 ? Ici le standard. On nous a signalé un cambriolage à l'Antique Shop. Vous pourriez aller jeter un coup d'œil ? » Thomas poussa un gros soupir. Il savait que s'il avait voulu des horaires de bureau, il aurait du choisir un autre métier... Mais il avait tellement envie de rentrer et de dîner avec Deborah. C'est pourquoi il adopta une voix enjôleuse, profitant honteusement du fait connu et avéré que la jeune femme au central l'avait à la bonne, pour la convaincre de confier la mission à une autre patrouille. Mais un incendie mobilisait cette dernière, il n'y avait qu'eux. Alors une dizaine de minutes plus tard, ils se garaient la mort dans l'âme devant la boutique d'antiquités. Voyant la vitrine du petit magasin brisée, les badauds attroupées et l'air perdue de sa propriétaire, Thomas oublia sa fatigue et se mit au travail. Protéger et servir, c'était ce à quoi il s'était engagé.

Ils se présentèrent rapidement à la propriétaire, une jolie blonde, qui avait un peu le regard vague. Puis ils se mirent au travail. Tandis que le collègue de Thomas prenait des photos, ce dernier s'employa tout d'abord à disperser les curieux.  « Sauf si quelqu'un a vu quelque chose, vous êtes priés de quitter les lieux et de nous laisser faire notre travail. » Ils s'éloignèrent par petit groupe et le flic put se mettre au travail à son tour. Il s'approcha de la vitrine, constatant qu'elle avait été brisée par le jet d'une pierre. Ce n'était pas une grande déduction, celle-ci trônait toujours au milieu des éclats de verre. Et peut être même d'éclats de porcelaine car les objets exposés n'avaient pas été épargnés. Il fronça les sourcils. Cela ne ressemblait pas à un cambriolage car plusieurs objets de valeur exposés avaient été détruits. Il appela son collègue pour qu'il prenne des photos de la pierre avant de la saisir précautionneusement à l'aide d'un sac plastique. Se faisant, il vit un petit bout de papier collé en dessous. Il prit connaissance du message avec curiosité, ne sachant pas quoi en penser. En tout cas, examiner plus en avant la devanture était inutile. S'il voulait apprendre quelque chose, il devait s'entretenir avec la propriétaire. Il regarda son jeune collège. « Bon, on a assez de photos pour le dossier, prend la voiture et rentre chez toi. Je peux m'occuper du reste tout seul. » Son collègue le remercia avec gratitude, mais Thomas était déjà distrait par ses réflexions.

Une fois seul, il se dirigea vers la propriétaire, qui'il regarda de plus près, la reconnaissant enfin. La petite fille de l'illustre Ambrosios Kaligaris. Elle avait l'air un peu stressée mais pas hystérique. Il supposait donc qu'il pouvait lui parler franchement. De toute façon, elle entra d'elle même dans le vif du sujet. « Euh… je… vous avez trouvé quelque chose ? » Thomas la regarda pensivement, cherchant sous quel angle aborder les choses. « Ça dépend... Est-ce que vous avez l'impression que quelque chose a été volé ? Il doit y avoir des objets d'une grande valeur dans votre boutique... On lui avait signalé un cambriolage mais il n'avait pas l'impression que s'en était un. Sauf que pour le moment, il ne se basait que sur des impressions fugaces. Par exemple, il trouvait son interlocutrice un peu trop calme comme si cela ne la concernait pas. Tous deux regardèrent partir son collègue avant que Thomas ne se retourne vers elle. « Mademoiselle Kaligaris, je vais vous parler franchement. Ceux qui ont brisé la vitrine n'ont absolument pas fait attention aux objets qui s'y trouvaient. Ce qui suppose un acte de vandalisme, plutôt qu'un cambriolage. A moins que les voleurs ne visaient qu'un objet en particulier.  Je ne pourrai éclaircir ce point qu'avec votre aide. Êtes-vous entrée dans la boutique avant ou après nous avoir appelés ? » Il ne parla pas tout de suite du message sur la pierre, essayant de prendre le problème sous l'angle le plus large possible. Après tout, ce message n'était peut être qu'une diversion pour tenter de dissimuler un cambriolage. Il y avait des trafiquants d'œuvres d'art partout, même à Tenby. Puis il se rendit compte que tout intrigué par l'énigme qu'il était , il avait peut être été un peu abrupt, même s'il avait l'impression que l'attitude de la propriétaire n'était pas naturelle, elle méritait d'être un peu ménagée. Elle était victime, pas coupable. Il se radoucit. « Enfin, je comprendrai que vous soyez sous le choc et que vous ne soyez pas en état de répondre à mes questions. Préférez vous que je prenne votre déposition ce soir ou préférez vous venir demain au commissariat après avoir un peu dormi ?

© Pando

_________________

"Memories turn to dust, please don't bury us. I got you, I got you. Ain't runnin' from myself no more. Together we'll win it all. I'm ready to face it all. If I lose myself, I lose it all”
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Mer 2 Sep - 13:53


 

 
❝Wasn't tryin' to pull you in
  the wrong direction.❞
 Louka & Thomas
Je me sens un peu rassurée de voir l’un des deux policiers partir et le second demander aux gens autour de s’en aller. Je suppose que s’ils ne me laissent qu’avec un seul officier, c’est qu’ils ne jugent pas ce vol comme quelque chose de très graves. Et c’est rassurant dans la mesure où je voudrais bien en finir le plus vite possible avec eux, parce que je n’ai pas envie qu’ils suspectent quelque chose, et que berner un seul policier me semble plus facile que d’avoir à mentir aux deux. Ce que je ne suis pas sûre de faire, mais l’idée me traverse l’esprit lorsque l’angoisse me serre l’estomac. Je suppose que le Xanax commence à perdre de son effet. Pour le moment, je le sens encore un peu agir. Autrement, je suppose que je serais bien plus paniquée que ça. Là, j’ai encore l’impression que cette attaque, ces menaces, cette pierre jetée en plein dans ma vitrine et ces vases de valeurs brisés ne m’appartiennent pas. Que ce n’est pas moi qu’on visait. Tout semble si loin... comme si je n’étais pas du tout concernée par les précédents évènements. Evidemment, je commence à prendre conscience de ma bêtise. Pourquoi avoir appelé la police ? C’était prendre un risque inutile. Qu’une personne soit au courant de mon internement passe encore, mais à présent, il y a de fortes chances pour que cet officier finisse par le découvrir à son tour. A moins que je ne réussisse à le convaincre d’une manière ou d’une autre que je ne sais rien des propos écrites sur cette fichue pierre. Chose impossible, car comme tout le reste dans ma vie, je ne suis pas douée pour mentir. Je panique facilement, je me mets à jouer avec mes mains, je bégaye et je m’emmêle dans mes propres mensonges. Et ce flic a dû en voir des meilleurs qui ne l’ont pas trompé avec leurs bobards. Alors, c’est peine perdue. J’aurai mieux fait de garder ça pour moi. Et à ceux qui auraient demandé, je leur aurais dit que ce n’était qu’un accident, des gosses qui jouaient et qui ont brisé la vitrine sans le faire exprès. Ma gentillesse me faisant défaut, personne n’aurait demandé pourquoi je n’avais pas voulu obtenir réparation. Tout le monde sait que Louka Kaligaris est une gentille fille. Une grosse naïve, plutôt.

En attendant, je suis en face de ce policier et j’ai encore le fin espoir qu’il n’ait rien remarqué d’étrange sur ce maudit caillou. Je lui demande l’air de rien ce qu’il en est - ce qui me donne malgré moi l’air de me reprocher des choses -, et sa réponse m’offre une lueur d’espoir. « Ça dépend... Est-ce que vous avez l'impression que quelque chose a été volé ? Il doit y avoir des objets d'une grande valeur dans votre boutique... » « Ca dépend » ? « Ca dépend », c’est bon signe, non ? Surtout qu’il me parle d’objet volé, c’est qu’il n’a sans doute pas fait le rapprochement entre les menaces et moi. Au moins, il pense toujours que c’est un cambriolage, c’est déjà ça. Le problème, c’est que même si je parvenais à lui faire croire que quelque chose avait bel et bien été volé, en fouillant un peu dans le carnet où je tiens l’inventaire, il découvrirait bien vite que mis à part les vases chinois brisés de ma vitrine, rien n’a été volé ou endommagé. Et il trouvera sûrement ça louche de ma part d’avoir menti sur le vrai motif du voleur/vandale. Au final, on reviendrait au même, sauf que je perdrais ma crédibilité à ses yeux. Yeux qui soient dit en passant sont particulièrement beaux. Je n’ai pas pour habitude de trouver des yeux sombres beaux, mais ceux-là lui donnent vraiment un air mystérieux, chose qui, naturellement, m’attire. En fait, c’est même tout son être qui semble mystérieux. A vrai dire, il faut l’avouer, cet homme en face de moi est charmant. Oh oui, il n’y a pas de doute, c’est un de ces types-là. Le type charmant. Ce n’est pas un compliment, loin de là. Je ne sais que trop bien ce dont sont capables ces hommes. Leur charisme fait leur force et nous, pauvres âmes faibles, il nous est impossible de leur résister. Et on se retrouve facilement dans leur lit et encore plus facilement hors de leur vie. Ai-je besoin de préciser qu’ils nous laissent le cœur en miette ? Les hommes charmants sont dangereux. Et du fait de son métier et de sa venue ce soir, cet homme-là est encore plus dangereux. Du coup, je ne peux m’empêcher d’être sur mes gardes lorsque je lui réponds : « Je… non, je ne crois pas qu’il ait eu le temps de voler quoi que ce soit… j’ai entendu… j’ai entendu la vitre se briser au bout de la rue et j’ai couru jusqu’ici. Il a sûrement dû m’entendre, avec mes talons, a paniqué et s’est enfui. C’est possible, non ? » Mensonge. Lorsque je suis arrivée à la boutique, la vitrine était en morceau depuis bien longtemps. Cela dit, je doute qu’on puisse déterminer à quel moment elle a été brisée. Et apparemment, il n’y a aucun témoin oculaire qui pourra contester mes propos. Donc premier mensonge réussi. Louka : un ; le sergent Weston : zéro.

Je ravale rapidement le peu de fierté que j’ai lorsque l’officier reprend la parole. Moi qui me pensais plus douée que d’habitude pour le mensonge, j’ai tout faux. « Mademoiselle Kaligaris, je vais vous parler franchement. Ceux qui ont brisé la vitrine n'ont absolument pas fait attention aux objets qui s'y trouvaient. Ce qui suppose un acte de vandalisme, plutôt qu'un cambriolage. A moins que les voleurs ne visaient qu'un objet en particulier.  Je ne pourrai éclaircir ce point qu'avec votre aide. Êtes-vous entrée dans la boutique avant ou après nous avoir appelés ? » Et zut. C’est à ce moment précis que je commence à paniquer, généralement et à m’emmêler les pinceaux dans mon récit. Néanmoins, le Xanax faisant encore un peu effet, il m’est facile de masquer mon agitation. Ainsi, j’essaye de faire bonne figure pour ma seconde réponse, celle-ci se rapprochant de la vérité : « Il me semble que c’était après… j’ai constaté rapidement les dégâts… et ensuite, j’ai appelé… » Alors que je pensais encore que ce n’était qu’un vol. A présent que je sais ce que cache cet acte, je regrette amèrement d’avoir dérangé la police…

Je sens cependant que ma réponse a été mieux accueillie que la première, puisque l’officier semble se radoucir. « Enfin, je comprendrai que vous soyez sous le choc et que vous ne soyez pas en état de répondre à mes questions. Préférez-vous que je prenne votre déposition ce soir ou préférez-vous venir demain au commissariat après avoir un peu dormi ? » A moins qu’il ne vienne seulement de se rendre compte du peu de tact dont il faisait preuve jusqu’à présent ? Je veux dire, je ne me suis pas sentie particulièrement agressée, mais j’ai bien eu l’impression qu’il suspectait autre chose qu’un vol et que mes mensonges ne faisaient que lui confirmer cette hypothèse. C’est sûrement pour cette raison qu’il m’a parlé comme si j’étais suspecte. Ce que je dois être, évidemment. Sinon, pourquoi aurai-je menti ? Je n’ai pourtant aucune envie d’avoir de problèmes avec la police. Mais à choisir, je préfère encore passer pour celle qui a simulé un vol pour toucher les sous de l’assurance parce qu’elle ne faisait pas assez de chiffres, plutôt que pour la dingue qui vient de sortir d’un séjour de huit mois dans un asile parce qu’elle n’était pas fichue de se remettre de sa rupture avec son ex. « C’est bon… je suis en état de répondre à vos questions… et puis, plus vite j’y répondrai, plus vite on en aura fini avec tout ça. Alors, que voulez-vous savoir de plus ? » J’essaye de me montrer aussi courtoise que je ne l’ai été jusqu’à présent, néanmoins, je commence à être agacée. La tournure des évènements ne me plait pas du tout. Moi qui pensais que mon mensonge m’avait épargné une longue série de questions suspicieuses, voilà que je me rends compte que je n’ai fait qu’aggraver les choses. Et au final, je suis menée au score. Louka : un ; le sergent Weston : trois.
 
© Pando


Dernière édition par Louka E. Kaligaris le Dim 13 Sep - 14:12, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Serena, Eleanor, Rhys & Trystan
TON AVATAR : Pedro Pascal
TES CRÉDITS : myself (avatar) narcosource (gifs)
TA DISPONIBILITE RP : Libre : 0/3
(William - Josh - Aloy - Amanda - Eléa)
RAGOTS PARTAGÉS : 1478
POINTS : 2408
ARRIVÉE À TENBY : 15/07/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 42 ans (24 Octobre 1975)
CÔTÉ COEUR : Il craint de perdre celle qu'il aime et de voir leur famille se dissoudre...
PROFESSION : Flic mais pour combien de temps encore ?
REPUTATION : On murmure qu'après quelques bavures soigneusement dissimulées, sa carrière est sur le point de prendre un tournant fâcheux. Et puis, l'ex-mari de sa compagne est de retour en ville... Il ne doit pas s'éclater en ce moment.



MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Lun 7 Sep - 11:05


 

 
❝Wasn't tryin' to pull you in
  the wrong direction.❞
 Louka & Thomas
Quand on était flic, il était difficile de savoir à quoi/qui se fier. Thomas lui, comptait énormément sur son instinct. Et ce soir, dans le cas qui l'occupait, celui-ci lui soufflait que quelque chose n'allait pas. Il ne pouvait pas se départir de cette impression que la jeune Kaligaris ne lui disait pas tout. Une impression renforcée par les attitudes de la jeune femme. Si dans un premier temps, elle avait semblé complètement sereine, elle commençait à devenir très nerveuse face à ses questions. Regard fuyant, bégaiements, petits tics nerveux... Pourtant, ce ne sont que des questions de routine, pensa le flic en fronçant les sourcils. « Je… non, je ne crois pas qu’il ait eu le temps de voler quoi que ce soit… j’ai entendu… j’ai entendu la vitre se briser au bout de la rue et j’ai couru jusqu’ici. Il a sûrement dû m’entendre, avec mes talons, a paniqué et s’est enfui. C’est possible, non ? » Malgré cette réponse pleine de circonspection, un petit sourire naquit sur les lèvres du Néo-zélandais. Il était amusé par le fait qu'elle réponde aux questions elle même. Et puis, il la trouvait courageuse. Beaucoup aurait pu courir dans l'autre sens dans la même situation. « C'est possible en effet... Vous n'avez jamais envisagé de travailler pour la police ? » Il avait dit cela pour détendre un peu la jeune femme mais derrière le sourire affable qu'il présentait, il réfléchissait à toute vitesse. Rien n'avait été volé, ce qui signifiait qu'il fallait continuer à creuser. Il ne croyait pas vraiment en l'histoire du cambriolage avorté. En général, quand on voulait cambrioler un endroit, on entrait discrètement, pas de manière à ameuter tout le quartier. « Est-ce que c'est une coïncidence si vous étiez proche de votre boutique ? Vous habitez près d'ici ? Est-ce que vous étiez là parce que vous craigniez que quelque chose du genre se produise ? » Terriblement suspicieux, mais malgré ce visage de poupée et ses grands yeux limpides, il avait l'impression qu'elle lui mentait. Il essayait de ne pas se focaliser sur cette impression mais c'était difficile. Elle continue de répondre à ses questions, et l'impression subsiste, diffuse mais bel et bien présente dans un coin de son esprit. Si bien qu'il regrette presque de lui avoir offert de repousser « l'interrogatoire. »

Heureusement, elle la refuse. « C’est bon… je suis en état de répondre à vos questions… et puis, plus vite j’y répondrai, plus vite on en aura fini avec tout ça. Alors, que voulez-vous savoir de plus ? »   Elle semble tout à coup agacée mais Thomas ne s'en émeut pas. Elle a du sentir qu'il commençait à se méfier de ses déclarations, ce qui est de bonne guerre car depuis que lui et son collègue sont arrivés, elle leur a réservé une attitude tout aussi méfiante. Quelque chose qu'il ne comprend pas. Pourquoi en voudrait-elle à la police ? Peu de chances qu'elle ait déjà eus des démêlés avec eux. Loukas Kaligaris lu faisait l'effet d'une jeune femme élégante, raffinée, instruite. Sans compter que son grand-père jouissait d'une excellente réputation à Tenby. « Est-ce qu'il y a un endroit dans la boutique où l'on pourrait s'installer pour être plus tranquilles ? » Il jeta un regard vague sur les derniers curieux qui subsistaient, ne souhaitant pas mener un interrogatoire sur le trottoir sous leurs regards. Il devait avouer qu'il essayait aussi de gagner du temps car il avait du mal à décider par quoi il allait commencer. Cette vitre brisée suscitait bien plus de questions qu'elle n'aurait dû. Une fois n'était pas coutume, il se fia à son instinct et décida d'adopter une méthode frontale en se concentrant sur ce qui le chagrinait le plus : l'attitude de son interlocutrice. Il se pencha en avant, posant une main sur le bras de la blonde, un peu en dessous de l'épaule, créant ainsi un contact visuel et physique, dans l'espoir de la mettre en confiance. « Mademoiselle Kaligaris, vous semblez un peu... nerveuse. Est-ce que pour une raison ou pour une autre, vous êtes dans l'impossibilité de parler ? Est-ce que vous avez vu le suspect s'enfuir ? Vous auriez pu le reconnaître... » Tout le monde connaissait tout le monde à Tenby, peut être que la jeune femme ne voulait pas/ne pouvait pas le dénoncer. De plus, Thomas se laissait rattraper par cette fâcheuse habitude qu'il avait de toujours voir le meilleur dans les gens et essayait de toutes ses forces de placer Loukas dans le rôle de la victime. Peut être que sa nervosité venait du fait qu'elle était intimidée par quelque chose ? Se pouvait-il qu'elle soit proche de sa boutique à une heure pareille car elle se sentait menacée ? Il avait beau passer les hypothèses de vol, escroquerie, délinquance et autres en revues, celle du harcèlement commençait doucement à s'insinuer en lui. Depuis qu'il avait trouvé cette pierre en fait. D'ailleurs, souhaitant jouer sur l'effet de surprise, il demande brusquement. « Qui est parti 8 mois ? »

 
© Pando

_________________

"Memories turn to dust, please don't bury us. I got you, I got you. Ain't runnin' from myself no more. Together we'll win it all. I'm ready to face it all. If I lose myself, I lose it all”
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Dim 13 Sep - 14:10



❝Wasn't tryin' to pull you in
the wrong direction.❞
Louka & Thomas
Plus le temps passe et plus je commence à perdre patience face à ce policier si curieux que ça en est presque malsain. Enfin, je me doute qu’il ne fait que son job et qu’il est dans mon intérêt de coopérer pour que tout ceci se termine au plus vite. Néanmoins, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il suspecte quelque chose. Et de ce fait, il m’est de plus en plus difficile de garder mon calme. Il faut dire aussi qu’il a bien raison de douter de ma parole, puisque jusqu’à présent, je n’ai fait que de lui mentir. A tort ou à raison, je ne sais pas. Dans ma tête, cela me semble être une bonne solution. La meilleure, à vrai dire. S’il y a quelqu’un là-dehors qui est au courant pour mon internement, c’est déjà une personne de trop. Je n’ai aucun intérêt à en parler à quelqu’un d’autre. Encore moins un policier que je ne connais ni d’Adam, ni d’Eve. Qui sait ce dont il serait capable avec un tel secret ? Il pourrait à son tour me faire chanter, pour je ne sais quelle raison. Est-ce qu’être flic, ça paye bien ? J’en doute très franchement. Et il est vrai qu’avec ma boutique et l’héritage financier de mon grand-père, je ne peux pas dire que j’ai des difficultés financières. Bien au contraire. Ce n’est un secret pour personne, mon grand-père m’a donné suffisamment pour me mettre à l’abri un bon nombre d’années. Une personne malintentionnée qui serait au courant de mes finances n’aurait sûrement aucun scrupule à me faire du chantage pour quelques livres sterling. Ou du moins, suffisamment pour quitter cette ville en nouvel homme riche. Et je doute que cet homme en face de moi ne soit mieux qu’un autre lorsqu’il s’agit d’argent. C’est cette pensée qui me renforce dans l’idée que me taire et mentir sont mes deux seules solutions.

Et visiblement, je ne m’en sors pas si mal que ça, puisqu’à ma réponse sur les potentiels objets volés, le sergent Weston se permet de me sourire. C’est forcément bon signe, il ne se méfie plus autant qu’avant, il est plus en confiance à présent, suffisamment pour m’offrir un sourire amusé. Oui, mais justement, ce sourire… cela pourrait aussi signifier qu’il s’amuse de la situation. Qu’il trouve comique que je sois capable de m’empêtrer dans de tels mensonges. Et la question qu’il me pose ne m’aide pas à y voir plus clair : « C'est possible en effet... Vous n'avez jamais envisagé de travailler pour la police ? » « Moi ? Non, jamais. » je lui réponds du tac au tac, naïvement, ne me rendant pas compte de la plaisanterie. La police, hein ? Bien sûr que non, ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Je suis bien trop crédule, j’ai toujours d’une mal à faire la distinction entre un excellent mensonge et la vérité. Peut-être parce qu’à mes yeux, les gens sont naturellement bons ? Je ne crois pas qu’on puisse mentir sans une très bonne raison. Néanmoins, il parait que certaines personnes ne peuvent s’empêcher de mentir en toutes circonstances, pour un oui ou pour un non. Et puis d’abord, si on y réfléchit bien, pourquoi m’avoir posé une telle question ? Est-ce parce que j’ai dit avoir couru en direction du bruit ? C’est vrai, quand on y pense, une personne saine d’esprit aurait plutôt pris les jambes à son cou. J’aurais certainement pris les jambes à mon cou, si c’était réellement ce qu’il s’était passé. Évidemment, j’ai l’air fine, moi, maintenant. Tout le monde sait que je suis une vraie nunuche, une trouillarde de base. Il suffira qu’il demande à n’importe qui et ma version sera démontée en quelques secondes. Ce qui nous ramènera au point de départ : il reviendra me poser des questions. A la différence près que cette fois-ci, je serai suspecte à ses yeux.

Heureusement, on n’en est pas là et j’ai même l’impression que le sergent Weston n’a pas accordée d’attention particulière à ma première déclaration. Ou tout du moins, pas à mes élucubrations sur mon courage plus que douteux. Il semble plus intéressé par les raisons qui m’ont poussé à passer par ma boutique en pleine nuit. « Est-ce que c'est une coïncidence si vous étiez proche de votre boutique ? Vous habitez près d'ici ? Est-ce que vous étiez là parce que vous craigniez que quelque chose du genre se produise ? » A ses questions, je panique. Est-il en train de sous-entendre qu’il a remarqué le message sur la pierre, qu’il sait qu’on me fait chanter et qu’il pense que ce n’est pas le premier message que je reçois ? Non, impossible. Je l’ai dit et je le répète, une personne non-initiée ne peut avoir saisi le sens de ce message. Quand bien même il aurait vu la pierre et ce qu’elle cache, il est peu probable qu’il ait compris ce dont il s’agit. Pour autant, je ne suis pas rassurée et je ne peux m’empêcher de rire nerveusement, avant de lui donner ma réponse. La vérité, cette fois-ci. : « Oh non, je ne craignais rien. C’est bien une totale coïncidence ou presque, j’avais oublié mes clés ici, donc j’ai dû repasser pour les chercher. Pas celles de la boutique, hein ? Mes autres clés. J’ai deux trousseaux… c’est complètement débile, je sais… je me dis que je devrais mettre toutes mes clés sur un seul trousseau, mais j’oublie à chaque fois… et cette fois, c’était celle de trop, comme on dit. » Louka, ou comment confirmer en une réponse à quel point je suis une cruche. Evidemment, il y a une explication derrière mon emploi de deux trousseaux. C’est une sorte de métaphore. Les clés de la boutique représentent mon grand-père, sa réussite, ses espoirs. Les clés de ma maison m’incarnent, moi et mes échecs cuisants et répétitifs. Les mélanger serait prendre le risque de briser les espoirs d’Ambrosios en un éclair. Et je n’en ai aucune envie. J’ai encore l’espoir naïf de lui donner raison, lorsqu’il me disait que j’étais capable d’accomplir de grandes choses. Sauf que pour le moment, la seule chose que j’ai réussi à accomplir c’est la destruction de la vitrine et de tout ce qu’elle représentait pour mon grand-père. La réussite. Ces vases étaient tous plus rares les uns que les autres et ils faisaient la fierté de papy. Et en une fraction de seconde, j’ai réussi à les détruire. Comme quoi, même en évitant de mélanger les deux paires de clé, j’ai été capable de briser les espoirs de mon grand-père. Seulement ça, je ne peux pas l’expliquer à l’agent en face de moi, il ne comprendrait pas. Alors je me contente juste d’ajouter, à la fois hésitante et attristée par la symbolique de cet acte de vandalisme : « D’un autre côté, c’est… ce n’est pas plus mal. Qui sait ce qui se serait passé… si je n’avais pas été là… ? » La même chose, bien sûr. Mais quitte à passer pour l’héroïne, autant ne pas le faire à moitié.

Pour autant, je ne pense pas l’avoir convaincu, puisqu’il se décide à employer une technique frontale pour obtenir la vérité. C’est du moins ce qu’il me semble, puisqu’il se permet de s’approcher de moi et de poser sa main sur mon bras. Aussitôt, j’avorte un geste de recul de ma part qui aurait sans doute semblé suspect. Cet homme est charmant, il représente un danger, que je me répète afin d’éviter de tomber dans son piège. Mais ça remonte à loin, le dernier homme qui s’est tenu si près de moi. Je veux dire, le dernier capable de me mettre dans de tels états. Panique, nervosité sans compter les rougissements, les regards fuyants et le bredouillage. Cela dit, j’ignore si c’est une question de potentielle attirance, ou si ce sont ses questions qui, une fois de plus, me mettent mal à l’aise. « Mademoiselle Kaligaris, vous semblez un peu... nerveuse. Est-ce que pour une raison ou pour une autre, vous êtes dans l'impossibilité de parler ? Est-ce que vous avez vu le suspect s'enfuir ? Vous auriez pu le reconnaître... » « Nerveuse ? Je… » que je commence à dire, avant de saisir la suite de ses propos. Aussitôt, je comprends qu’il suspecte quelque chose, qu’il touche au but et que notre proximité me met en danger. De fait, je recule brutalement et tente par tous les moyens de détourner son attention de la vérité. « Non ! Non, voyons, je n’ai rien vu. Je ne sais pas qui a bien pu faire une chose pareille, croyez-moi ! Sinon, je vous l’aurais dit tout de suite. Quant à ma nervosité, je crois que vous seriez dans le même état si votre boutique avait été vandalisée par je ne sais quelle personne malintentionnée ! Et puis, cette proximité… c’est… » je me tais volontairement, pour lui faire croire qu’il n’y a que son geste qui m’a vraiment mis mal à l’aise.

Il poursuit alors, remarquant à la suite de mon cri que quelques passants se sont arrêtés et que d’autres regardent encore la scène, interloqués. « Est-ce qu'il y a un endroit dans la boutique où l'on pourrait s'installer pour être plus tranquilles ? » Toujours méfiante, mais reprenant un peu mon sang-froid, je lui réponds en bredouillant : « Oui… euh… bien sûr… suivez-moi. » Sans plus de fioriture, je le précède et entre dans la boutique. Sans jeter un seul coup d’œil aux objets brisés dans la vitrine, je me dirige vers l’arrière-boutique. C’est là que mon grand-père gérait tout ce qui était administratif. En d’autres termes, c’était son bureau et son repère. Aujourd’hui, ne reste que des piles de cartons non-déballés contenant des dizaines d’antiquités non expertisées et un bureau tout aussi ancien où trône une plaque dorée, comme celle d’un médecin ou d’un proviseur, sur laquelle il est écrit A. Kaligaris. Un truc très solennel que d’après ses dires, mon grand-père avait reçu d’un ami spécialisé dans la gravure. Mais honnêtement, je crois qu’il l’avait plutôt volé à feu son frère Abraam, un ancien proviseur dans un lycée à Cardiff. En attendant, c’est le bordel, et je me permets de le faire remarquer au policier : « Ne faites pas attention au bazar, je n’ai pas encore eu le temps de tout trier… mais asseyez-vous… enfin… si vous voulez… » Après tout, s’il n’a pas envie de s’assoir, je ne peux pas le forcer. Et puis, ce serait tout de même un comble que je donne un ordre à… « Qui est parti 8 mois ? » Je me coupe en pleine réflexion et avale ma salive de travers, manquant de m’étouffer. Il n’a pris aucun détour pour me poser sa question. Une question que j’aurai préférée ne jamais entendre. Je comprends aussitôt qu’il a bien lu le message laissé par le vandale et que toutes les questions posées avant celle-ci n’étaient qu’un manège de sa part. Tout ça pour en arriver là. Evidemment, sa demande me met dans tous mes états, l’angoisse prenant le dessus sur tout mon être. Pour autant, je me rassure en me disant qu’il ne sait pas ce qu’incarnent ces huit mois et qu’il n’y a que peu de chance qu’il trouve. Alors, m’enfonçant un peu plus dans mes mensonges, je fais mine de ne pas saisir ses propos : « Huit mois ? Je… je ne comprends pas… qu’est-ce que c’est que cette question ? Quel est le rapport avec le vol ? »

© Pando
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Serena, Eleanor, Rhys & Trystan
TON AVATAR : Pedro Pascal
TES CRÉDITS : myself (avatar) narcosource (gifs)
TA DISPONIBILITE RP : Libre : 0/3
(William - Josh - Aloy - Amanda - Eléa)
RAGOTS PARTAGÉS : 1478
POINTS : 2408
ARRIVÉE À TENBY : 15/07/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 42 ans (24 Octobre 1975)
CÔTÉ COEUR : Il craint de perdre celle qu'il aime et de voir leur famille se dissoudre...
PROFESSION : Flic mais pour combien de temps encore ?
REPUTATION : On murmure qu'après quelques bavures soigneusement dissimulées, sa carrière est sur le point de prendre un tournant fâcheux. Et puis, l'ex-mari de sa compagne est de retour en ville... Il ne doit pas s'éclater en ce moment.



MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Dim 20 Sep - 22:23



❝Wasn't tryin' to pull you in
 the wrong direction.❞
Louka & Thomas
D'ordinaire, Thomas est plutôt bon pour mener des interrogatoires ou prendre des dépositions mais ce soir la situation semble lui échapper. Il n'arrive pas à se faire une idée de sur quoi il enquête et sa victime est clairement sur la défensive. A tel point qu'elle est carrément insensible à sa tentative d'humour pour la mettre un peu en confiance. Tant pis, il va continuer en essayant de faire preuve d'un peu plus de tact, même si d'ordinaire, il est plutôt frontal. Toutefois, cette bonne résolution ne l'empêche pas de toujours peser les propos de Louka Kaligaris avec soin. « Oh non, je ne craignais rien. C’est bien une totale coïncidence ou presque, j’avais oublié mes clés ici, donc j’ai dû repasser pour les chercher. Pas celles de la boutique, hein ? Mes autres clés. J’ai deux trousseaux… c’est complètement débile, je sais… je me dis que je devrais mettre toutes mes clés sur un seul trousseau, mais j’oublie à chaque fois… et cette fois, c’était celle de trop, comme on dit. » Elle a un petit rire nerveux. C'est un petit peu confus mais il comprend l'idée générale. Enfin, il en a l'impression. Il montre qu'il a compris d'un signe de tête. Pas de raisons de s'étendre sur le sujet, il n'y a rien de suspect là dedans, tout le monde peut oublier ses clés. Même si pour le coup, il aurait préféré qu'elle réponde qu'elle craignait quelque chose et qu'elle se confie, le cas aurait un peu avancé ainsi... « D’un autre côté, c’est… ce n’est pas plus mal. Qui sait ce qui se serait passé… si je n’avais pas été là…? » Pour la première fois, il la dévisage plus attentivement, ne s'arrêtant pas à son joli visage. Elle est plutôt frêle. Bien foutue mais frêle. Et puis, bien habillée, propre sur elle, dégageant une grande impression de douceur.. Pas du genre à pouvoir jouer les héroïnes et à arrêter des voleurs. Enfin, à supposer que ça ait été des voleurs. « Je ne sais pas, c'est difficile à dire, on ne sait pas ce que voulait cette personne alors... » Il a volontairement laissé son propos en suspens, sans qu'il ne puisse déterminer s'il fait un sous entendu ou s'il pense à voix haute. Toute son attention est en fait accaparé par autre chose, à cause de quelque chose que Mademoiselle Kaligaris a dit. « Votre intervention a été heureuse mais ça aurait pu ne pas être le cas. Vous auriez pu être blessée. La prochaine fois, je préférerais que vous nous appeliez directement. » La blonde était sur la défensive et n'apprécierait peut être pas cette sollicitude mais Thomas était inquiet. Elle avait l'air bien seule et l'intrusion dans sa boutique lui semblait de plus en plus inquiétante... Mais il n'osait pas lui demander si elle avait quelqu'un pour veiller sur elle.

En fait, il est vraiment nul avec elle, il semble qu'il enchaîne les faux pas, se mettant la petite Kaligaris toujours un peu plus à dos. En effet, alors qu'il essaye d'esquisser un geste rassurant, Louka a un violent geste de recul et réfute ses suppositions avec véhémence. « Nerveuse ? Je…  Non ! Non, voyons, je n’ai rien vu. Je ne sais pas qui a bien pu faire une chose pareille, croyez-moi ! Sinon, je vous l’aurais dit tout de suite. Quant à ma nervosité, je crois que vous seriez dans le même état si votre boutique avait été vandalisée par je ne sais quelle personne malintentionnée ! Et puis, cette proximité… c’est… » Elle semble sincère, vraiment. Et même si elle ne l'est pas, il faut qu'il rectifie le tir. Ils sont vraiment partis sur de mauvaises bases. Il recule de quelques pas, levant les mains d'un air apaisant. Lui qui voulait la mettre en confiance... Il avait fait tout le contraire. Maintenant, elle allait sans doute le prendre pour un flic ripoux qui profitait de sa détresse de victime pour lui faire des avances. Pire, elle avait perçus les vagues soupçons qu'il avait à son encontre. « Vous avez raison... Je suis désolé si mon geste vous a semblé inapproprié. Ce n'était pas mon attention. Et je suis aussi désolé si je vous ai semblé... Suspicieux. Je suis obligé de poser toutes les questions, vous savez. » Il se sent penaud. Il est bien meilleur que ça normalement. Il manquerait plus que Louka en réfère à sa hiérarchie. Il ne sait pas pourquoi il a été aussi indélicat. Si son instinct l'a trompé et qu'elle ne ment pas, elle a de quoi être en colère contre lui. Et puis pourquoi avoir essayé de la toucher ? Ça serait un peu pathétique de justifier son manque de concentration par le trouble qu'elle lui inspire. Pourtant... Elle l'intrigue. Elle n'est pas simplement séduisante, elle est... mystérieuse. L'air fort et indépendante mais avec un petit côté fragile en prime. Oui, il avait eu envie de la rassurer. Il secoue la tête continuant son mea culpa. «  Vraiment, je... ça ne se reproduira plus. »

Les propos du flic semblent faire mouche ou alors elle se dit qu'elle a sur-réagit mais elle se calme. Reprenant un peu de contenance et acceptant de le laisser pénétrer à nouveau dans la boutique. Il la suit, tandis qu'ils enjambent les éclats de verre et qu'elle le conduit dans ce qui ressemble à un bureau. Si tout à l'heure Thomas a examiné minutieusement les lieux à la recherche d'un indice, il regarde à présent les meubles et les œuvres d'art d'un air admiratif. Il est totalement profane en matière d'antiquité mais il a l'impression que le magasin est aménagé avec goût et raffinement. Il y a l'air d'avoir des véritables trésors. La propriétaire des lieux s'excuse pour le bazar et lui propose de s'asseoir. Ce qu'il ne fait pas, peinant à trouver un espace pas occupé par un carton ou une liasse de papiers. Et puis, il est bien trop occupé à observer la réaction suscitée par la question qu'il avait gardé dans sa manche. Une réaction qui ne se fait pas attendre. Louka pâlit. Ou alors, c'est un effet de l'imagination du Néo-zélandais en train de travailler à plein régime, car tout ce qu'elle lui offre, c'est de l'incompréhension. « Huit mois ? Je... je ne comprends pas... qu'est-ce que c'est que cette question ? Quel est le rapport avec le vol ? » Il ne répond pas tout de suite, désignant la chaise derrière le bureau d'un signe de tête. « C'est vous qui devriez vous asseoir, vous êtes toute pâle. » Il s'était promis d'arrêter de la cuisiner comme si elle était une suspecte mais il a du mal à abandonner les vieux réflexes. Il se reprend pour jouer cartes sur table. « Il y avait un mot enroulé sur la pierre qui a servie à briser la vitrine. Cela disait quelque chose comme... "Huit mois c'est long". Ce qui confirmerait l'hypothèse que ce n'était pas un voleur mais quelqu'un qui vous en veut. D'où mes questions précédentes. Vous êtes partie 8 mois de Tenby, c'est bien cela ? Il me semble que vous n'êtes revenue en ville que récemment. Il pourrait s'agir d'un ex un peu dépité peut être ? » Il continue à essayer d'y aller en douceur, pensant au choc que cette déclaration lui ferait si elle n'avait effectivement pas pris connaissance du mot et n'était pas consciente d'être la cible d'une personne malintentionnée à son égard. Enfin, elle avait parlé de personne malintentionné elle-même dans son énervement tout à l'heure et il continuait à penser qu'elle mentait. Mais la perception que Thomas avait de ce mensonge changeait. Il ne pensait plus qu'elle mentait car à cause d'une fraude à l'assurance mais parce qu'elle avait peur ou honte d'être la cible du vandale. Cela changeait considérablement la donne mais tout serait si simple si elle lui faisait un peu confiance. Il se fait tout à coup beaucoup plus doux et peut être un peu plus sincère. " Ecoutez mademoiselle.... Je comprends que vous soyez bouleversée mais ce que vous me direz ne sortira pas d'ici. Même si c'est votre vie privée, le moindre petit détail pourrait m'aider à coincer celui qui a fait ça. Prenez le temps qu'il vous faudra."

© Pando

_________________

"Memories turn to dust, please don't bury us. I got you, I got you. Ain't runnin' from myself no more. Together we'll win it all. I'm ready to face it all. If I lose myself, I lose it all”
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Sam 3 Oct - 1:52



❝Wasn't tryin' to pull you in
 the wrong direction.❞
Louka & Thomas
La fatigue, l’agacement, la pression… tant de facteurs qui me font petit-à-petit perdre le contrôle de la situation. Si jusqu’ici, j’ai eu l’impression de plutôt bien gérer les questions de l’officier en face de moi, force est de constater que les choses commencent doucement à tourner à mon désavantage. Après tout, à présent, il en même venu à se demander si le vandale est vraiment venu pour… eh bien, pour me vandaliser, alors que jusque-là, il semblait persuadé qu’il s’agissait bien d’un voleur. « Je ne sais pas, c'est difficile à dire, on ne sait pas ce que voulait cette personne alors... » Je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel, agacée. Bon sang, mais pourquoi ne veut-il pas simplement signaler qu’un acte de vandalisme a eu lieu à la boutique et me laisser tranquille ? Ce serait tellement plus simple. Mais non, il n’est pas décidé à partir aussi facilement. Alors, encore plus sur la défensive qu’au départ, je me permets de lui faire remarquer, un peu brusquement : « C’est plutôt évident, non ? Je veux dire… on ne fracasse pas une vitrine juste pour le plaisir, pas vrai ? » Non, mais on peut le faire pour autre chose que pour s’amuser… pour faire chanter une personne, par exemple. Oh, comme c’est pratique, c’est justement le cas, ce soir. Seulement ça, évidemment, je ne peux pas en parler avec le sergent Weston. Trop de risques de pris. Trop de pression supplémentaire. Ce n’est pas envisageable. Ah, si seulement il pouvait oublier toute cette histoire… si seulement je ne l’avais pas appelé, tout simplement…

D’ailleurs, pas la peine de se mentir d’avantage, je me suis moi-même tiré dans les pattes en essayant de me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas. Une héroïne. Une fonceuse. Une courageuse. Et je n’en suis définitivement pas une. Il suffit que je me remémore mes sept misérables dernières années pour m’en convaincre. J’ai quand même mis plus ou moins six ans avant de comprendre que mon petit-ami ne m’aimait pas tant que ça, et une bonne année pour m’en remettre. Et pour m’en remettre, j’ai dû obtenir l’aide de feu mon grand-père. Sinon, il est clair que je serais restée dans cet asile jusqu’à la fin de mes jours. C’était toujours mieux que d’avoir à affronter seule la vie à l’extérieur. Alors, si jusqu’ici, je n’ai pas été fichu de vivre ma vie sans dépendre de quelqu’un, que ce soit mon grand-père ou mon ex fiancé, je ne pense pas que je vais réussir aujourd’hui. Encore moins en racontant des conneries pareilles. Non, si j’avais vraiment entendu du bruit, j’aurais fait demi-tour aussi sec. C’est bien ce que n’importe qui aurait fait, pas vrai ? Et pourtant j’ai prétendu le contraire. Et en faisant cela, j’ai semé le doute dans l’esprit du sergent Weston. « Votre intervention a été heureuse mais ça aurait pu ne pas être le cas. Vous auriez pu être blessée. La prochaine fois, je préférerais que vous nous appeliez directement. » Est-ce de l’inquiétude que j’entends dans sa voix ? Non, certainement pas. Il agit juste comme n’importe quel policier le ferait. Ce doit sûrement être le genre de conseil qu’il donne à n’importe qui. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’en être flattée. Que ce soit son job ou pas, je n’ai plus l’habitude qu’on s’inquiète pour moi. Ou plutôt, que cela ne vienne pas de ma famille ou de mes amis –si proches que je l’ai considère également comme ma famille. A vrai dire, ça en est à tel point que ces quelques mots me font tout de suite oublier tous les sentiments négatifs que j’aurai pu éprouver pour cet homme. Louka, tu n’es définitivement pas possible. Tu sais ce type dangereusement charmant et pourtant, tu n’y attaches aucune importance. Tu fonces quand même.

Heureusement, je n’en oublie pas l’essentiel. Il me faut détourner son attention de la vérité et le pousser sur une fausse piste. C’est le seul moyen que j’aie de m’en sortir, sur ce coup-là. « Vous ne devriez pas vous en faire, sergent, je suis une grande fille, je peux gérer quelques vauriens. A vrai dire, c’est même stupide de ma part de vous avoir appelé… si rien n’a été volé, c’est que c’est sûrement un coup de la bande de jeunes qui traine dans le quartier. Ils ont sûrement fait ça pour s’amuser… c’était bête de vous déranger pour si peu, finalement. » Aussitôt ma remarque faite, je me félicite mentalement. Oh oui, c’est finement joué, pour le coup. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’évoquer les petits malfrats qui trainent autour de ma boutique, souvent tard la nuit. C’est d’ailleurs à eux que j’ai pensé à l’instant où j’ai vu cette pierre. Je suppose que c’est le genre d’activité qu’on fait lorsqu’on est jeune, pour s’amuser. Enfin, qu’est-ce que j’en sais ? J’ai grandi dans un pensionnat pour filles et autant dire que là-bas, l’amusement maximal était de pouvoir lire en cachette des livres comme Fanny Hill… bon d’accord, c’est un peu cliché, mais l’idée est bien là. Bien que j’aie du mal à comprendre, il faut croire qu’il est amusant, de nos jours, de vandaliser une boutique. Et j’ai dans l’espoir que le sergent Weston trouve l’idée plausible. Avec ça, il sera forcé de valider la théorie de l’acte de vandalisme pur et dur.

Et s’il ne l’est pas, ce n’est pas grave. J’ai suffisamment réussi à détourner son attention en jouant de ma timidité maladive. Ça a du bon d’angoisser au moindre geste de la part d’un type un peu trop séduisant. Car oui, ma réaction a effectivement complètement perturbé le pauvre sergent Weston. Résultat, il ne sait plus où se mettre. « Vous avez raison... Je suis désolé si mon geste vous a semblé inapproprié. Ce n'était pas mon attention. Et je suis aussi désolé si je vous ai semblé... Suspicieux. Je suis obligé de poser toutes les questions, vous savez. » Oh… du coup, c’est moi maintenant, qui ne sais plus où me mettre. Jusqu’à présent, j’ai suspecté cet officier d’être un peu trop curieux et j’avoue même avoir pensé qu’il jouait de son charme évident pour obtenir les réponses à ses questions. Néanmoins, vue son désarroi, je doute même qu’il soit conscient de son capital beauté. A moins que tout cela ne soit encore qu’une ruse de sa part. Ce serait bien le genre de truc que ferait un Matthew en puissance. Il n’aurait aucun scrupule à se jouer de ma fragilité pour prendre l’avantage dans cet interrogatoire. Puisqu’il est évident que c’est un interrogatoire et ce, depuis que je suis devenue suspecte aux yeux du sergent. « Vraiment, je... ça ne se reproduira plus. » il ajoute et c’est plus fort que moi, je tombe dans le panneau. Au diable la théorie de la ruse, l’air penaud qu’il affiche me fait craquer. A vrai dire, j’en suis même rendue à être déçue d’un tel aveu. L’idée qui soit amené à être aussi proche de moi, à nouveau, en d’autres circonstances, ne me déplait pas autant que je l’aurai songé. Au contraire. Il faut croire que les habitudes ont la vie dure. « Non… non c’est moi… j’ai réagi de manière excessive… » que je lui avoue en me mordant la lèvre. C’est exactement le genre de tic que je ne supporte plus. Ce que je peux avoir l’air niais quand je fais ça. Et pourtant, c’est plus fort que moi, dès que je suis gênée, il faut que je me morde la lèvre. Et puis, ces excuses… encore une mauvaise idée. Bien sûr que j’ai réagi excessivement, c’était le but. Je voulais détourner son attention, qu’il en oublie ses suspicions. Et maintenant, voilà que je lui présente mes excuses. C’est bien la preuve que je ne suis vraiment pas douée pour jouer double-jeu. Il suffit qu’un type un peu mystérieux et à la belle gueule s’inquiète pour moi et soit gêné de m’avoir troublé pour me faire oublier toutes mes résolutions. Pathétique.

Je le suis à tel point que lorsqu’on se retrouve dans le bureau de mon grand-père et que je lui propose de s’assoir, c’est à moi qu’il adresse ce conseil : « C'est vous qui devriez-vous asseoir, vous êtes toute pâle. » Évidemment, à présent que j’ai enchainé les gourdes, je dois avouer que je suis dans un état de stress maximal. Et si cela ne tenait qu’à moi, je me serais bien assise sur cette chaise. Seulement, je ne sais pas… j’ai l’impression que si je fais ça, j’aurai encore l’air plus misérable. Or, le but est bien entendu de lui donner l’impression que je suis en pleine possession de mes moyens, n’est-ce pas ? « Non, ça… ça va, je vous assure… » Aie. Si je compte vraiment le convaincre, avec cette phrase, c’est mal barré. Ma voix est bien moins assurée qu’avant. D’autant plus qu’il vient de toucher un point sensible en abordant le message sur la pierre. Et évidemment, j’ai paniqué. Lui laissant ainsi prendre pleinement conscience de l’arnaque. Quoique… j’ai finalement réussi à gagner un peu de temps en feignant l’incompréhension, lui donnant l’occasion de m’expliquer la situation. « Il y avait un mot enroulé sur la pierre qui a servie à briser la vitrine. Cela disait quelque chose comme... "Huit mois c'est long". Ce qui confirmerait l'hypothèse que ce n'était pas un voleur mais quelqu'un qui vous en veut. D'où mes questions précédentes. Vous êtes partie 8 mois de Tenby, c'est bien cela ? Il me semble que vous n'êtes revenue en ville que récemment. Il pourrait s'agir d'un ex un peu dépité peut être ? » A ces mots, j’hésite entre éclater de rire ou en sanglots. L’un comme l’autre serait inapproprié, cela dit. Pourtant, l’évocation d’un ex indigné m’amuse assez, moi qui n’ai jamais eu qu’un ex dans ma vie, qui était tout sauf dépité en me quittant ; alors que l’idée qu’il se rapproche de la vérité m’angoisse au point que j’ai envie de pleurer toutes les larmes de mon corps.

A quoi bon avoir raconté tous ces mensonges, si au final, il me perce quand même à jour ? Je suis nulle à ce point, c’est ça ? Incapable de garder un homme, incapable de garder l’esprit clair et maintenant, incapable de protéger mon propre secret ? C’est une blague, pas vrai ? J’aurai bien aimé, oui. Mais les propos du sergent Weston me font prendre conscience de la gravité de la situation. « Ecoutez mademoiselle.... Je comprends que vous soyez bouleversée mais ce que vous me direz ne sortira pas d'ici. Même si c'est votre vie privée, le moindre petit détail pourrait m'aider à coincer celui qui a fait ça. Prenez le temps qu'il vous faudra. » Il prétend me comprendre… je n’en suis pas persuadée. Comme pourrait-il comprendre que je suis faible au point de tomber en dépression après une rupture ? Qui fait ça, de nos jours, à part les faibles d’esprit, hein ? Enfin… je devrais m’estimer heureuse, au moins, il ne considère plus comme une suspecte. Sauf qu’à la limite, j’aurais préféré. Tout, plutôt que d’avoir à supporter sa pitié, alors qu’il prend lentement conscience que je suis en réalité la victime dans l’histoire. La pauvre petite victime d’un maître-chanteur. Pitoyable au point de n’être même plus capable de feindre l’incompréhension correctement. « Je… oui, je suis effectivement partie pendant huit mois… aux… aux Bahamas, mais ce n’est un secret pour personne… et je ne vois franchement pas ce que ça a à voir avec l’incident de ce soir. C’est… c’est sûrement une coïncidence. Ou alors… un plaisantin aura voulu me flanquer la frousse. » Stop. Arrête tes conneries, qui est-ce que tu trompes encore ? Me voilà coincée. Je ne peux plus mentir, je ne peux pas non plus me défiler. Pourtant, c’est bien cette seconde option que je saisis, alors que je perds complètement mes moyens : « Je ne sais pas moi ! Cette ville est pleine de commères… peut-être que l’une d’entre elles se sera fait un film et aura cherché à me faire peur pour que je révèle d’hypothétiques secrets sur mon absence… De toute façon, ça n’a pas d’importance. Je ne compte pas porter plainte et sans plainte de ma part, l’enquête n’a plus lieu d’être. » Et histoire d’appuyer mes propos, tandis que je lui indique où se trouve la sortie, j’ajoute : « Je suis désolée de vous avoir dérangé pour rien, sergent. » Si avec ça il ne comprend pas que je ne veux pas qu’il s’insinue ainsi dans ma vie, alors je ne sais pas… Et dire qu’à la base, je me refusais de lui avouer la vérité parce que j’avais peur qu’il me fasse chanter à son tour et qu’à présent, vient s’ajouter à ça, ma peur d’avoir l’air plus pathétique que je ne le suis déjà à ses yeux… et rien que pour ça, je peux le dire : je suis bien pitoyable à ce point.

© Pando
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : Irish Coffee
TES DOUBLES : Penny, Serena, Eleanor, Rhys & Trystan
TON AVATAR : Pedro Pascal
TES CRÉDITS : myself (avatar) narcosource (gifs)
TA DISPONIBILITE RP : Libre : 0/3
(William - Josh - Aloy - Amanda - Eléa)
RAGOTS PARTAGÉS : 1478
POINTS : 2408
ARRIVÉE À TENBY : 15/07/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 42 ans (24 Octobre 1975)
CÔTÉ COEUR : Il craint de perdre celle qu'il aime et de voir leur famille se dissoudre...
PROFESSION : Flic mais pour combien de temps encore ?
REPUTATION : On murmure qu'après quelques bavures soigneusement dissimulées, sa carrière est sur le point de prendre un tournant fâcheux. Et puis, l'ex-mari de sa compagne est de retour en ville... Il ne doit pas s'éclater en ce moment.



MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Ven 9 Oct - 20:45



❝Wasn't tryin' to pull you in
 the wrong direction.❞
Louka & Thomas
Thomas essayait vraiment de se mettre du côté de la demoiselle Kaligaris mais il était évident que la jeune femme ne faisait rien pour lui faciliter la tâche. Elle ne faisait rien non plus pour dissimuler l'agacement que les questions du policier faisait monter en elle. « C’est plutôt évident, non ? Je veux dire… on ne fracasse pas une vitrine juste pour le plaisir, pas vrai ? » Il haussa un sourcil, surpris par cette nouvelle rebuffade. La plupart des victimes étaient en colère ou effrayée par leur agresseur, pas contre la personne qui était chargé de l'identifier. Thomas avait pensé que trouver les motivations de celui qui avait brisé la vitrine du magasin d'antiquités aiderait à son identification mais Louka ne semblait pas décidée à chercher lesdites motivations avec lui. Il ne fit pourtant aucun commentaire dans ce sens, se rappelant de l'attitude qu'il avait décidé d'adopter avec la blonde. Il ne s'agissait plus de la brusquer, la méthode avait déjà failli tout gâcher. Il se contenta donc d'un regard sérieux et de cette déclaration qui se basait sur son vécu. « Vous seriez surprise, Mademoiselle... La nature humaine... Il y a effectivement des gens qui font le mal juste pour le plaisir. » Le presque quadragénaire a fait ce métier assez longtemps pour faire ce triste constat. Heureusement, il sait aussi que le monde n'est pas fait que de ceux là. Il y a aussi ceux qui veulent faire le bien, ceux qui protègent les plus faibles ou encore ceux qui ne sont pas parfaits, qui font des erreurs mais qui sont seulement humains. Il voudrait dire cela à son interlocutrice, essayer de faire tomber les barrières qu'elle semble élever entre eux mais il renonce vite, ne voulant pas tomber dans le cliché du vieux donneur de leçon. De toute façon, la Kaligaris a la fougue et l'assurance de la jeunesse. Et elle a vite fait de repousser les inquiétudes et conseils de prudence du Neo-Zelandais, lui signalant qu'elle est une grande fille. Il secoue la tête d'un air désabusé. La blonde lui fait penser à sa fille, attachée à son indépendance et refusant tout aide pour ne pas passer pour une demoiselle en détresse. « Non, ce n'était pas une erreur de nous appeler... Nous ne pouvons pas laisser un acte de vandalisme impuni, aussi minime soit-il. » Tenby était une ville tranquille et c'était son job de veiller à ce qu'elle le reste... En revanche, sa plaignante avait lâché une information importante et il eut vite fait de s'y intéresser. « Une bande de jeunes ? Vous pourriez me les décrire ? » Il demandait cela pour être certaine de ne pas laisser aucun élément de côté.  Il creuserait chaque piste. Il préfèrerait d'ailleurs que ce soient deux ou trois gamins désœuvrés. Une séjour au poste suffisait pour les calmer en général. Cela dit, vu la pierre qu'il avait trouvé, il n'achetait plus du  tout la théorie du vandalisme...

Le plus urgent maintenant, c'est qu'il parvienne à terminer cette entrevue avec Mademoiselle Kaligaris. Or ce n'était pas gagné. Les choses avaient failli très mal se terminer quand la blonde avait mal réagi face à son attitude trop familière. Ils s'étaient excusés tous les deux pour avoir un peu trop réagi mais ce n'était pas pour autant qu'ils allaient parvenir à repartir sur de bonnes bases. La propriétaire des lieux avait certes introduit le policier dans son bureau mais maintenant que son agacement semblait être retombée, elle semblait avoir le contrecoup de l'agression, devenant tout à coup très pâle. Il avait donc hésité à parler du mot sur la pierre, mais il n'avait pas eu le choix, il ne pouvait pas cacher des choses à la principale concernée s'il voulait l'aider. Une concernée qu'il essayait vraiment de ne plus voir comme une suspecte. Sans savoir pourquoi, il essayait de trouver des excuses à son attitude défensive. Peut être qu'elle n'aimait tout simplement pas se livrer... Sans surprise, l'évocation du mot bouleverse une nouvelle fois son interlocutrice. Il la voit vaciller, il perçoit une lueur d'angoisse supplémentaire dans son regard. Il ne la quitte pas des yeux, se disant qu'à cause de son entêtement à ne pas vouloir s'assoir, elle va probablement faire un malaise sous ses yeux. Toutefois, le fait de la surveiller du coin de l'œil ne l'empêche pas de réfléchir.  Il déduit de sa réaction qu'elle n'avait pas vu le mot sur le pierre, sans se douter un instant qu'il est mené en bateau et que la peur de la blonde est motivée par le fait qu'il se rapproche de la vérité...

Une fois le choc passé, elle finit par répondre des choses qui n'ont aucun sens. Les Bahamas, soit. Elle n'a pas l'air très bronzée mais ce n'est pas un élément suffisant pour remettre sa parole en doute. Par contre... Quand elle commence à lui exposer une nouvelle théorie, il hausse les sourcils bien haut. « Je pense que Mrs Lloyd et ses amies sont un petit peu trop âgées pour se livrer à ce genre d'activité nocturne. » Mais l'incrédulité qui l'a saisi face à cette déclaration n'est rien à côte de celle qu'il ressent quand elle le congédie, lui annonçant qu'elle ne va pas porter plainte. Pour la première fois depuis qu'il a commencé à poser les questions, il laisse l'agacement le gagner. Elle lui indique la sortie mais il n'esquisse pas un mouvement pour partir. Il n'est plus temps de trouver des excuses à cette fille parce qu'elle a un joli minois. Elle ne veut pas qu'on l'aide et bien tant pis pour elle. Mais il ne se prive pas de lui dire sa façon de penser, balayant tous les efforts qu'il a fait pour essayer de la suivre dans ses déclarations farfelues et résoudre cette affaire. « En effet, sans votre plainte, je ne peux rien faire. Mais avant que je parte, laissez moi vous dire, Mademoiselle, que vous commettez une grave erreur. » Voilà, c'est plus fort que lui. Malgré le fait qu'elle se fout de sa gueule depuis une bonne petite demie heure, il ne peut pas s'empêcher de continuer à s'inquiéter de cette affaire. La délicatesse n'ayant pas marché, il joue sa dernière carte : la vérité. « Je sais que vous mentez. Je ne sais pas pourquoi mais c'est évident...Vous avez essayé de me faire croire un voleur, à un vandale, à un plaisantin, aux commères du quartier... Vous avez pratiquement accusé toute la ville mais ça ne prend pas avec moi. Alors, je ne sais pas ce que vous cachez ou qui vous protégez mais c'est sans doute  vous que vous pénalisez en ne disant pas la vérité. » Il se tait quelques instants pour que ses mots aient le temps d'être entendu avant de reprendre sa diatribe de plus belle. « J'espère pour vous que ce n'est qu'une plaisanterie. Car si quelqu'un a commencé à vous harceler, il ne s'arrêtera pas à un jet de pierre dans votre vitrine... Même si vous êtes une grande fille et que vous savez vous défendre, en ne portant pas plainte, vous vous privez de la protection de la police. » Si elle avait donné suite, la patrouille de nuit aurait pu faire des rondes autour du magasin ou de sa maison mais là, il ne pouvait plus rien pour elle. A moins que...

Il fait demi tour pour se rapprocher du bureau, sortant la pierre et le mot du sac plastique qu'il avait prévu d'emporter avec lui. Visiblement, ce ne sont plus des preuves. « Je vous rend ça, donc, je n'en ai plus besoin. Peut être que demain matin, après une bonne nuit de sommeil, vous les verrez et vous reviendrez à la raison. » Il attrape un stylo qui traîne, s'apprêtant à faire quelque chose qui n'a rien de professionnel. Mais ça fait un petit moment qu'il n'est pas professionnel. Il s'est laissé balader par cette fille qui le congédie maintenant comme un malpropre et n'a pas su garder la tête froide, sensible à une détresse qui pouvait tout aussi bien avoir été feinte. Il prend le mot, objet de toutes leurs émotions, et écrit son numéro de téléphone portable dessus. Bien en dessous de l'inquiétante menaçante pour donner de quoi réfléchir à Louka Kaligaris. Parfois, il fallait donner un coup de pouce aux personnes qui ne voulaient pas s'aider elles-mêmes. C'est ce qu'il avait appris aux alcooliques anonymes. Et aussi que les gens avaient le droit  à une seconde chance. « Si jamais vous changez d'avis ou si vous voyez quelque chose de suspect, je suis joignable à ce numéro. C'est mon numéro personnel, alors rien ne sera officiel. » Si ces collègues avaient été là, ils l'aurait chambré en disant qu'il voulait simplement donner son numéro à une jolie fille mais il avait vraiment un mauvais pressentiment à propos de cette histoire. Et même si Louka ne voulait visiblement pas avoir affaire à la police, elle était peut être vraiment en danger.  Par contre, il ne pouvait vraiment rien faire de plus désormais alors il se décide à prendre congé comme elle le lui a suggéré. « Je vous souhaite une bonne soirée, Mademoiselle Kaligaris. Au revoir. » Il allait devoir rentrer à pieds parce que son collègue avait pris la voiture de patrouille mais il n'était pas fâché de prendre un peu d'air frais. Cette soirée lui avait donné la migraine.

© Pando

_________________

"Memories turn to dust, please don't bury us. I got you, I got you. Ain't runnin' from myself no more. Together we'll win it all. I'm ready to face it all. If I lose myself, I lose it all”
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
avatar
Invité


MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA Dim 18 Oct - 18:36



❝Wasn't tryin' to pull you in
 the wrong direction.❞
Louka & Thomas
Pour le coup, je crois que j’ai bel et bien franchi le point de non-retour dans cette conversation. De mensonges à mensonges, je me suis mise à accuser à peu près tout le monde à Tenby, ce qui est clairement ridicule. Aux yeux du sergent en face de moi, j’ai sûrement dû passer d’une victime suspicieuse à une autre très mauvaise menteuse, en passant évidemment par le stade de suspecte. Et comment pourrait-on lui en vouloir de m’avoir prise pour la véritable coupable ? J’ai agi comme si je l’étais depuis le début. A partir du moment où je me suis rendue compte qu’il ne s’agissait pas seulement d’un acte de vandalisme pur et dur, mais plutôt d’une menace, je me suis efforcée de mentir encore et encore. Tout ça pour quoi ? Pour envoyer ce policier sur une fausse piste, pour l’éloigner de la vérité. Parce que tant que je suis la seule à être au courant pour cet internement, je peux encore prétendre que ce n’est pas arrivé. Que je n’ai pas passé huit mois dans un asile. Que je n’ai jamais tenté de mettre fin à mes jours à cause d’un cœur brisé. Que je ne suis tout simplement pas aussi pathétique que ces filles-là.

Sauf que je le suis. Le sergent à qui j’ai essayé de le cacher s’en est bien rendu compte, d’ailleurs. S’il a prétendu croire à mes mensonges jusque-là, je ne peux que me rendre à l’évidence, à force, il a saisi l’entourloupe. C’est du moins ce que j’ai cru, pendant un instant. Pourtant, si c’est bien le cas, il est surprenant de voir qu’il continue à chercher une part de vérité dans mes mensonges. Il est même très sérieux lorsqu’il m’avoue : « Vous seriez surprise, Mademoiselle... La nature humaine... Il y a effectivement des gens qui font le mal juste pour le plaisir. » Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire, ce regard qu’il me lance et ses propos si sombres ? Je ne doute pas qu’en tant que policier, il a dû voir des choses plus ou moins horribles et rencontrer des gens étranges. Peut-être même a-t-il eu l’occasion de rencontrer le genre de personnes dont il parle, ceux qui font le mal juste pour le plaisir. Pourtant, sa remarque me semble bien plus personnelle que cela. Comme si lui-même avait connu la mauvaise expérience de se frotter à quelqu’un de naturellement mauvais. Auquel cas, lui, mieux que quiconque, serait à même de comprendre mon problème actuel. Puisqu’il est évidemment que la personne qui m’a laissé ce mot n’a pas de bonnes intentions à mon égard. Et si le sergent Weston a été confronté au même genre de situation, peut-être qu’il sera capable de m’aider mieux que je ne le pensais ? Peut-être que finalement, me confier à quelqu’un d’extérieur ne serait pas une si mauvaise idée ?

Oui, ou bien je suis complètement à la ramasse comme toujours et, perdue dans ma confusion, je me mets à voir ce que j’aimerai bien voir plutôt que la vérité. L’interprétation est libre, après tout. Si ça se trouve, son regard ne veut rien dire du tout. Et s’il est si sérieux, c’est uniquement pour me faire comprendre que ce qu’il dit est vrai. Ce dont je ne doute pas, à la vérité. Il existe bien des gens qui éprouvent du plaisir à faire le mal autour d’eux. Mais même si je crois volontiers en leurs existences, j’avoue ne pas les comprendre. Quelle joie peut-on ressentir à semer le chaos ? Quel plaisir a bien pu éprouver ce type en fracassant ma vitrine tout en laissant sa menace à la vue de tous ? Qu’est-ce qu’il y a d’amusant à me faire chanter ? Est-ce que mon corbeau a agi dans le seul but de me regarder en train d’essayer de me dépatouiller avec la police ? Il est sûr que de son point de vue, ce doit être drôle, d’assister à ma déclaration plus que farfelue. Et de constater la vitesse à laquelle ma situation se dégrade. D’une certaine confiance, je suis passée à une panique générale et un ras-le-bol évident. Au point que je me mets à évoquer mon erreur d’avoir appelé la police. Il est vrai que si j’avais réfléchi avant d’agir, j’aurai éventuellement pu éviter de longues minutes de torture, seule dans ce bureau, avec cet inconnu qui me pose toujours plus de questions auxquels je me dois de mentir. « Non, ce n'était pas une erreur de nous appeler... Nous ne pouvons pas laisser un acte de vandalisme impuni, aussi minime soit-il. » me fait-il d’ailleurs remarquer. C’est ridicule. Cette situation est ridicule. Il a pourtant bien compris que je mentais depuis le temps, non ? Alors pourquoi continuer à prétendre le contraire ? « Oui… s’il s’agit réellement d’un acte de vandalisme… » que je marmonne, épuisée d’avoir à mentir encore et encore. Je ne suis pas sûre qu’il m’ait entendu, cela dit.

Toujours dans l’optique de me faire croire qu’il est de mon côté, il rebondit sur un de mes propos : « Une bande de jeunes ? Vous pourriez me les décrire ? » J’avoue avoir le fin espoir que ma remarque ait réellement eu un impact. Puisque oui, le but était de l’attirer sur une fausse piste. Il semble d’ailleurs avoir mordu à l’hameçon avec une facilité déconcertante. C’est peut-être trop facile, justement ? Je reste donc sur mes gardes lorsque je lui réponds : « Difficile à dire… ils trainent souvent le soir devant ma boutique, je les entends plus que je ne les vois. Mais ils doivent sûrement être du coin, les voisins les connaissent peut-être ? » Aussitôt, je me gifle intérieurement. Quelle idiote ! L’idée, c’était de l’éloigner de la vérité, pas de rameuter tout le quartier pour qu’ils répondent aux questions de ce policier trop curieux. Et nul doute que c’est exactement ce qu’il va faire, une fois qu’il en aura terminé avec moi. Non pas pour enquêter sur cette bande de jeunes, il a dû cerner le mensonge, c’est impossible autrement ; mais, plutôt pour en apprendre plus sur moi et s’assurer que je ne suis pas complètement folle ou même mythomane. Une très mauvaise mythomane, cela dit, mais une mythomane quand même. Ce qui expliquerait bien des choses, notamment le fait que j’enchaîne les mensonges à une vitesse hallucinante.

Et plus je m’enfonce dans mes conneries, plus l’angoisse me gagne, à tel point que je manque de m’évanouir lorsque la conversation se reporte sur le message autour de la pierre qui a servi à briser ma vitrine. Evidemment, le sergent Weston ne manque pas de le remarquer et ne me quitte pas des yeux, alors que je menace à chaque seconde de m’effondrer. Son regard n’aide pas. Comme si j’allais réussir à me calmer avec une personne qui me fixe de cette façon. C’est sûrement la raison pour laquelle mes explications sont encore plus confuses et qu’à bout d’argument pour plaider ma cause, je me mets à accuser les pauvres petites vieilles de Tenby. Ce qui fait réagir le policier, évidemment. « Je pense que Mrs Lloyd et ses amies sont un petit peu trop âgées pour se livrer à ce genre d'activité nocturne. » Il a raison, je vois très mal une de ces dames me menacer juste pour le plaisir ou pour obtenir un ragot. Elles connaissent beaucoup de moyens de parvenir à leurs fins, certes, mais jouer les maitre-chanteur n’en fait sûrement pas parti. Il est stupide de ma part d’avoir osé prétendre le contraire.

Ainsi, trop honteuse d’avoir pu sous-entendre que Mrs Lloyd était derrière tout ça, je préfère ne rien ajouter à ce propos. A vrai dire, je me sens incapable de raconter encore un seul mensonge à cet homme. Si bien que je sens qu’une seule autre question de sa part me pousserait à tout lui dévoiler, ce que je ne veux absolument pas. C’est pour cette raison que je choisis de le congédier sans plus de manière. C’est ma dernière chance de m’en sortir car, comme je lui fais si bien remarquer, sans témoignage de ma part, l’enquête n’a pas lieu d’être. Je fais donc d’une pierre deux coups, me débarrassant à la fois d’une personne trop curieuse et d’une enquête qui m’aurait causé bien du tort. Bien entendu, cette idée ne plait pas au sergent Weston et il ne s’en cache pas. « En effet, sans votre plainte, je ne peux rien faire. Mais avant que je parte, laissez-moi vous dire, Mademoiselle, que vous commettez une grave erreur. » Je comprends son agacement, il doit sans doute avoir eu la sensation d’avoir été mené en bateau depuis le début. Et c’est plus ou moins vrai. Seulement, mon intention n’était pas de lui causer du tort, contrairement à ce qu’il doit croire. Je veux uniquement limiter les dégâts. Et plus il y aura de personnes au courant de mon internement, plus j’en souffrirai, c’est évident. Ainsi, je préfère encore qu’il pense que je suis une personne malintentionnée plutôt que de lui avouer la vérité. C’est pourquoi, ne masquant pas mon agacement –qui n’est pas à son égard, bien sûr, mais plutôt lié à mes mensonges à répétition-, je me permets de lui répondre : « Vous pouvez bien penser ce que vous voulez, sergent, ma décision reste la même.»

Je continue de lui indiquer la porte, même si jusque-là, il n’a pas esquissé le moindre mouvement pour sortir, et le regarde durement pour lui faire comprendre toute la volonté que j’ai à le faire partir. Il finit par céder et par se diriger vers la porte. En passant à côté de moi, il change une fois de plus d’attitude. Alors qu’au départ, il était méfiant, puis que par la suite, il a tenté d’être plus délicat, voilà qu’à présent, il joue le tout pour le tout : il choisit d’être franc. « Je sais que vous mentez. Je ne sais pas pourquoi mais c'est évident...Vous avez essayé de me faire croire un voleur, à un vandale, à un plaisantin, aux commères du quartier... Vous avez pratiquement accusé toute la ville mais ça ne prend pas avec moi. Alors, je ne sais pas ce que vous cachez ou qui vous protégez mais c'est sans doute vous que vous pénalisez en ne disant pas la vérité. » Il marque une pause, histoire de me laisser encaisser le coup. Je ne dis rien, bien entendu. Je ne suis pas pour autant surprise, j’ai bien vite compris qu’à un moment donné, mes propos avaient perdus toute cohérence et qu’il avait saisi l’entourloupe. Mais même s’il a compris que je mentais, il ne sait pas pourquoi, ce qui me rassure quelque peu. Il poursuit : « J'espère pour vous que ce n'est qu'une plaisanterie. Car si quelqu'un a commencé à vous harceler, il ne s'arrêtera pas à un jet de pierre dans votre vitrine... Même si vous êtes une grande fille et que vous savez vous défendre, en ne portant pas plainte, vous vous privez de la protection de la police. » Une fois de plus, je ne dis rien. Il a raison, bien sûr. La personne qui m’a laissée ce message ne va pas s’arrêter à ça. Ce n’est sûrement qu’un échauffement, d’ailleurs. Et si j’ai trouvé difficile de me débarrasser d’un flic trop curieux, alors il est clair que je ne suis pas au bout de mes peines, si je veux me libérer de ce corbeau qui m’a percé à jour. Au moins, si j’avais dit la vérité à ce flic, j’aurai pu dormir sur mes deux oreilles en sachant que la police veillerait au grain. Mais j’ai préféré garder mon histoire secrète… par fierté, rien de plus… Et c’est également par fierté que je prétends ne pas avoir accordé la moindre importance à sa mise en garde. « Croyez-moi, je sais parfaitement ce que je fais. Encore une fois, je suis désolée de vous avoir dérangé pour rien… et si tard… » Et je reste impassible tandis qu’il quitte la boutique.

Cependant, alors que je pense enfin pouvoir souffler, je le vois hésiter, puis faire demi-tour. Il a dans sa main l’objet tant redouté, la pierre porteuse d’un message plus que douteux. « Je vous rend ça, donc, je n'en ai plus besoin. Peut-être que demain matin, après une bonne nuit de sommeil, vous les verrez et vous reviendrez à la raison. » Il me l’a tend et j’hésite à la lui prendre, m’attendant au pire. C’est plus fort que moi, je doute qu’il abandonne aussi facilement. Je sais bien que je l’ai congédié et que de ce fait, il n’a plus aucune raison de garder ces objets, puisqu’ils ne sont plus des pièces à conviction… pour autant, tout au long de cet interrogatoire, j’ai cru comprendre qu’il n’était pas du genre à abandonner, quand bien même l’enquête n’aurait plus lieu d’être. Et je ne pense pas qu’il va se contenter d’espérer qu’une bonne nuit de sommeil me fasse revenir à la raison, même s’il prétend le contraire. Et j’ai raison d’en douter, puisque je n’ai même pas le temps de prendre le message que déjà, il a retiré le papier et pris un stylo pour écrire dessus. Qu’est-ce qu’il fait ? Il dégrade une éventuelle preuve, ce n’est pas très professionnel. Curieuse, j’essaye de voir ce qu’il note dessus, mais abandonne rapidement lorsqu’il me tend le papier. « Si jamais vous changez d'avis ou si vous voyez quelque chose de suspect, je suis joignable à ce numéro. C'est mon numéro personnel, alors rien ne sera officiel. » Je reste là, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit. J’étais persuadée qu’il ne lâcherait pas l’affaire aussi vite, mais jamais je n’aurai cru qu’il s’inquiéterait de la situation au point de passer outre le professionnalisme et de me donner son numéro personnel. Je suis d’autant plus surprise que je le prenais pour quelqu’un d’un peu trop curieux, alors qu’en vérité, il ne faisait que son job. Mais plus encore, il a bien saisi qu’il m’est impossible de donner de véritables explications au policier qu’il est. C’est certain, si la police vient à se charger de ce cas, alors bien vite, la rumeur se répandra et tout le monde sera au courant que quelqu’un s’amuse à me faire chanter. On ne parlera plus que de ça et les plus commères essayeront de percer mon secret. Ce sera pire que tout. C’est bien la raison pour laquelle je n’ai fait que raconter des bobards jusqu’à présent. Mais je commence à regretter ma décision. J’ai mal jugé le sergent Weston, je crois. Il a l’air plus compréhensif que je ne le pensais et même si je n’ai fait que le mener en bateau depuis le début, il continue à s’inquiéter pour moi. Alors, peut-être que finalement, j’aurai mieux fait d’être honnête depuis le début ?

Trop tard pour revenir en arrière ou pour regretter mon geste, je me décide à prendre ce papier qu’il me tend sans rien dire de plus que : « Je… euh… merci… » Et alors que je regarde ce numéro qu’il m’a donné, quelque chose me frappe. L’écriture. En fait, mis à part ce qu’il a bien voulu me dire sur lui, je ne sais rien de cet agent… et s’il n’était pas si bien intentionné qu’il le prétendait ? Parce que cette écriture, son écriture… son écriture ressemble étrangement à celle laissée sur le message de menace. Je sais que ça peut être un hasard… mais c’est trop gros pour ne pas y prêter attention. Ce policier qui prend la peine de me poser tant de questions et qui semble réellement s’inquiéter pour moi… il pourrait tout aussi bien être un très bon acteur. Mais je ne vois pas comment il aurait appris pour moi et encore moins, les raisons qui le pousseraient à me faire chanter. C’est totalement ridicule, improbable, impensable même. Une fois de plus, je dois voir ce que je veux bien voir et pas la vérité. « Je vous souhaite une bonne soirée, Mademoiselle Kaligaris. Au revoir. » qu’il me dit, me sortant soudainement de mes pensées. « A vous également, sergent Weston. Au revoir. » je lui réponds machinalement, avant de reporter mon attention sur ce papier. Et tandis que mon interlocuteur s’éloigne, je ne peux m’empêcher de me demander qui il est réellement et de fait, je prends la décision d’en apprendre plus sur son compte d’une façon ou d’une autre.

© Pando
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Wrong impression. - THOMAS & LOUKA

Revenir en haut Aller en bas

Wrong impression. - THOMAS & LOUKA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WHISPERS DOWN THE LANE ♣ ::  :: RP terminés-