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(Juliette) » The Birds of Hell are awaitin'

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MessageSujet: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Dim 19 Juil - 23:41


The Birds of Hell are awaitin'
Feat. Juliette Harrison

»
Trois ans. En trois ans, il s’en passe des choses. Les gens grandissent, mûrissent, certaines personnes finissent par s’aimer et d’autres finissent de s’aimer. On se hait et on se retrouve tout un tas de fois. Des flammes s’éteignent tandis que d’autres se rallument ; et puis, il y a les autres. Ces autres-là qui ont perdu espoir, mais qui continuent quand même d’espérer ; ceux qui s’accrochent malgré tout à des rêves ou des souvenirs. Ceux qui, malgré toutes les évidences qu’on leur jette au visage, continuent d’attendre un miracle. Scott n’était pas de ce genre-là, il n’était pas de ceux-là. Du moins, c’était ce qu’il continuait de répéter aux autres, si bien qu’il avait presque fini par y croire lui-même au bout du compte. Il se disait réaliste, sans la moindre once d’optimisme, alors que son comportement avait tout de celui de l’optimiste désespéré d’une bonne nouvelle. Lui, le soi-disant réaliste, passait trois à quatre fois par semaine à l’hôpital de Tenby, pour tenir compagnie à son ami plongé dans le plus horrible des états par sa faute. Toujours les larmes aux yeux chaque fois qu’il le voyait, il s’asseyait calmement à ses côté, et lui serrait la main avec la plus grande de toutes les peines. Et chaque fois qu’il était là, chaque fois qu’il lui tenait la main et se mettait à pleurer à côté de lui dans le silence de la chambre d’hôpital parfois troublé par les cliquetis électroniques des machines et des respirateurs qui le maintenaient en vie, dans son sommeil irréparable, Scott lui parlait. Il lui racontait ses journées, lui racontait ses idioties et lui disait à quel point il lui manquait. Il lui disait toutes les plus belles choses qu’il avait jamais pu imaginer dire à qui que ce soit, et chaque fois, c’était un peu plus douloureux. À chaque fois, il ressortait de là le visage rougi par la tristesse, le chagrin et la colère. Son sang lui brûlait les veines et son visage le tiraillait de la plus lancinantes des douleurs. Comme s’il ressentait la douleur qu’il lui avait infligé, comme si son âme elle-même se fendait en deux pour s’immiscer dans le corps inanimé du pauvre garçon alité.

Ce jour-là, il était allé lui rendre visite, comme la veille, et comme le lendemain. Il avait passé trois longues heures à ses côtés, trois longues heures de silence et de discussion à sens unique. Trois heures durant lesquelles il avait chanté les louanges du garçon, durant lesquelles il lui avait dit à quel point il devenait beau, à quel point le temps était de son côté et ne faisait que le rendre plus fort, plus solide et plus proche du réveil. Scott y croyait terriblement, il était convaincu qu’il se réveillerait et que ce cauchemar dans lequel il les avait enfoncés se terminerait enfin. Mais pour le moment, Scott était le seul des deux à avoir les yeux ouverts. Il avait beau faire de son mieux pour être patient, il avait finalement commencé, au bout de trois ans à en avoir assez. Il sentait la brûlure de cette douleur s’affaisser en un cratère dans son cœur. Le bruit de son chagrin s’était échappé de ses lèvres alors qu’il avait tut ses louanges pour se mettre à pleurer contre lui. Et lorsqu’il eut fini de s’assécher les paupières, une infirmière vint lui signaler que les heures de visites touchaient à leur fin, s’excusant en de milles phrases et formules, et l’accompagnant jusqu’à la sortie, comme une épaule à ses côtés sur laquelle il pouvait achever sa tristesse. Il ne l’avait pas fait et avait retrouvé son visage cerné et nonchalant d’adolescent arrogant une fois qu’il eut quitté l’hôpital, après s’être énervé contre le ciel et ces multiples incarnations d’un Dieu dans lequel il voulait tellement croire. Poussant des hurlements sur le sommet du parking à quelques mètres de là. Frappant de toutes ses forces la voiture la plus proche. Ses os grinçants et craquants sous le poids des coups acharnés de larmes, Scott avait toutes les raisons d’haïr le ciel et son seigneur, il avait autant de raisons de se haïr lui-même, et au bout de ses poings, il ne savait même plus contre qui il était le plus furieux. Que ce fut lui, ou Dieu, il n’en avait plus rien en tête qu’une silhouette diffuse qu’il détestait et qu’il était désireux de briser en des dizaines de coups de poings. Brisant finalement la vitre contre laquelle il s’était acharné, le son strident et sifflant de l’alarme du véhicule qui était devenu depuis longtemps un bruit de fond dans ses tympans vint finalement s’accentuer et le réveiller de sa rage infinie.

Surpris par le vacarme bien plus que par le verre brisé, Scott sursauta et manqua de trébucher vers l’arrière en glissant sur les morceaux de vitre à ses pieds. Et retrouvant rapidement ses esprits il accepta finalement de se calmer et de sécher ses larmes. Son teint retrouva des couleurs ordinaires au bout de quelques minutes tandis qu’il s’enfermait dans sa propre voiture et qu’il s’enfuyait de ce maudit endroit hanté par son chagrin. Et pendant les quelques heures qui suivirent, il ne sut pas bien où aller. Comme à chaque fois qu’il lui rendait visite, il n’avait pas envie de retrouver son chez lui. Parce qu’il se savait coupable et regrettait ses actes, parce qu’il se sentait honteux de pouvoir retrouver le calme de son foyer alors que lui était obligé de rester dans son lit, et dans son terrifiant coma. Il n’aimait pas l’idée de se morfondre et de s’interdire les plus simples de toutes les choses, mais quand bien même, il se les infligeait avec beaucoup de sévérité. Il avait retourné sa voiture non loin de chez lui et s’était décidé à continuer à pieds, dans le silence et la solitude. Accompagné de ses seules compagnes les plus fidèles, les cigarettes. L’une d’elle coincée entre ses lèvres et tremblantes entre les mouvements de ses pas, il avançait la tête baissée, le nuage grisâtre le suivait et l’enveloppait un peu plus à chaque fois qu’il soufflait les vapeurs toxiques pour se détendre. Il savait parfaitement quelle heure il était, parce qu’à chaque fois depuis le terrible instant où ils s’étaient heurtés l’un contre l’autre, il n’avait jamais plus pu fermer l’œil. Comme si son corps voulait l’empêcher d’avoir les yeux fermés. Toutes les nuits, il se réveillait à deux heures précises du matin, et ne trouvait plus le sommeil avant cette heure passée. Toutes les nuits depuis trois ans, il était attaqué par le terrible souvenir du bruit de l’impact. Et toutes les nuits, il se haïssait un peu plus d’avoir été si stupide. Et puisqu’il ne dormirait pas avant longtemps de toute façon, il avait décidé de ne même pas rentrer chez lui et de vagabonder dans les rues de Tenby.

Tirant sa cigarette d’entre ses lèvres, il s’arrêta un instant et observa le ciel comme s’il cherchait un quelconque signe venu d’il ne savait où, comme s’il cherchait une réponse à cette éternelle question qui lui hantait les pensées ; pourquoi moi ? Mais il n’en trouvait jamais la réponse. Terrassé par son chagrin, il décida de le faire taire, et quittant son vagabondage il avait choisi de se remplir l’esprit et les pensées d’alcool. Une bouteille dérobée dans une supérette de quartier, il avait fait tout cela si rapidement que le pauvre vendeur ne s’en apercevrait qu’au lendemain, en regardant ses vidéos de surveillance. Mais pour l’heure, Scott avait autre chose en tête. Buvant pour oublier, il traînait les pieds et secouait sa cigarette entre ses doigts, d’un rapide coup du bout de son pouce, pour en laisser tomber les cendres par terre. Marchant calmement, d’une façon presque mécanique tant le geste semblait être devenu ordinaire et répété, il retraçait le même chemin que presque toutes les nuits où ce genre d’envie lui passait par la tête, chaque fois qu’il avait besoin d’oublier l’horreur qu’il avait commise. Chaque fois qu’il voulait faire taire sa conscience qui lui hurlait d’avouer son méfait. Serrant le goulot de sa bouteille comme s’il était agi d’une arme, Scott en avala une grande gorgée glacée et brûlante d’énergie très rapidement. Si bien qu’il eut du mal à voir clairement avant quelques secondes. Et marchant le long des ruelles il tourna en rond pendant de longues minutes, se heurtant parfois contre des passants tout aussi nocturnes que lui, jusqu’à ce qu’il ne se décide finalement à s’arrêter. Se laissant lentement tomber sur le trottoir, sa bouteille coincée entre les jambes. Le froid de celle-ci lui réchauffant tout de même le cœur et l’âme. Coinçant sa cigarette entre ses lèvres une nouvelle fois et en inspirant une énième bouffée, il espérait peut-être qu’un cancer viendrait lui arracher ce qu’il restait de sain en lui.



Dernière édition par Scott K. Brooke le Mar 28 Juil - 14:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Ven 24 Juil - 17:14

« C'est nul, j'en ai marre. On rentre ? » Juliette n'avait porté qu'une très faible attention aux paroles de son amie alors que cette dernière faisait la moue, cherchant visiblement à convaincre les deux autres filles de l'accompagner. « Je vais rentrer aussi, je travaille tôt, demain ... Jules ... ? » Captivée par le verre d'alcool qui se trouvait devant elle, Juliette sursauta brusquement lorsque la blonde lui tapota doucement l'avant-bras. « Tu viens ... ? On rentre. » La rousse haussa les épaules et secoua la tête afin de leur faire comprendre qu'elle préférait rester encore un peu, quitte à devoir rentrer seule par la suite. « Je prendrai un taxi. » Afin de confirmer sa décision de ne pas rentrer maintenant en compagnie de ses deux amies, Juliette commanda une nouvelle boisson malgré l'entêtement des deux filles à essayer de la convaincre. Il n'était pas suffisamment tard pour qu'elle se décide à rentrer maintenant chez elle, persuadée que ses parents étaient encore installés devant la télévision et qu'ils se feraient un plaisir de lui rappeler à quel point elle avait changé ces derniers temps, à quel point elle valait mieux que ça. La pression accumulée de sa rupture, de son entrée à l'université et de ses examens lui semblait être une raison suffisante pour s'amuser un peu et profiter des bars de Tenby, mais visiblement, ses parents ne voyaient pas ses folies du même oeil, convaincus qu'ils allaient devoir faire face à ce qui s'était passé au Texas il y a plus d'un an. La rouquine s'était mise à fréquenter des gens qui avaient eu une mauvaise influence sur elle et lorsqu'on l'avait arrachée à son pays natal, Juliette s'était un peu calmée. Ce n'était pas facile de recommencer dans une nouvelle ville, mais heureusement, la rousse y avait retrouvé pour de bon des amis d'enfance qu'elle ne voyait généralement que pendant les vacances d'été.

Les deux filles l'avaient finalement laissée seule non sans lui faire promettre qu'elle rentrerait bel et bien en taxi, mais la rousse n'avait franchement pas l'intention de suivre leur requête, bien décidée à profiter un peu de l'air chaud de l'été.

Lorsqu'elle quitta le bar ce soir-là, elle sentit que ses jambes vacillaient sous son poids, mais elle ne put s'empêcher de se mettre à tourner allègrement afin de faire virevolter la robe bleue qu'elle portait et qui lui arrivait à la mi-cuisse. Sans bretelles, moulante au niveau de la poitrine et plus large à partir de la taille, la robe faisait sublimement ressortir le bleu de ses yeux et la rousse n'avait qu'à tournoyer un peu pour avoir l'impression agréable de s'envoler.

Nausées.

Elle dut s'asseoir sur le rebord d'un muret afin de calmer son estomac surchargé d'alcool, ferma les yeux quelques secondes jusqu'à ce qu'une main vienne se glisser sur sa cuisse et que des lèvres se faufilent dans le creux de son cou. La rousse se releva d'un bond en repoussant violemment l'intrus qui lui donnait l'impression d'être tout autant alcoolisé qu'elle, sinon plus. « Connard. » Juliette leva les yeux au ciel et s'éloigna la tête haute, aussi gracieusement qu'elle pouvait le faire après s'être enfilé de nombreux verres d'alcool. Ce ne fut que quelques mètres plus loin qu'elle crut reconnaître une silhouette qu'elle avait déjà vue et elle s'approcha jusqu'à ce qu'elle puisse s'assurer que son cerveau ne lui jouait pas de tours. C'était bel et bien Scott qui se trouvait assis sur le trottoir, une bouteille d'alcool fort entre les jambes et elle se dirigea joyeusement vers lui, par derrière, pour venir entourer son cou de ses bras en espérant le faire sursauter. Après tout, on ne pouvait pas dire que la rousse s'était montrée subtile et discrète dans son approche, si bien que le jeune homme l'avait sans doute entendue venir.

Ils ne s'étaient pas rencontrés souvent et pourtant, la rousse appréciait déjà ce petit air désinvolte et indifférent qu'il se donnait en permanence. Il ne s'était pas gêné pour la coller lorsqu'elle s'était déhanchée sur la piste de danse et si Juliette n'appréciait pas toujours ce genre de comportement, elle devait admettre que Scott l'avait particulièrement charmée, ce soir-là, comme si abandonner toute retenue - presque toute retenue - en compagnie d'un inconnu était exactement ce dont elle avait eu besoin. Ils s'étaient embrassés, caressés autant qu'ils pouvaient le faire au sein d'un établissement public, sur une piste de danse bondée de jeunes plus ou moins ivres, mais lorsque le jeune homme avait voulu mener leur échange à un autre niveau en l'invitant chez lui, la rousse l'avait finalement repoussé en prétextant devoir rentrer chez elle.  

« Tu le sais, hein, que ce n'est pas bien de se morfondre tout seul ? » Elle abandonna ses lèvres dans le creux de son cou pour le chatouiller un peu, perdit rapidement l'équilibre. Juliette éclata de rire alors qu'elle n'avait pas lâché son cou - le seul point d'ancrage qu'elle avait à ce moment-là - mais ses fesses se retrouvaient désormais sur les cuisses de Scott. Soudain effrayée, la rouquine se redressa un peu, soupira de soulagement lorsqu'elle comprit que la bouteille d'alcool ne s'était pas renversée. Elle la lui déroba afin d'en prendre une minuscule gorgée, persuadée qu'elle allait vomir si elle exagérait encore une fois. « Sauvée ! » Cette fois, elle la lui tendit en riant avant de relâcher son cou pour ramener ses longues mèches rousses dans son dos d'un léger geste de la main.    
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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Sam 25 Juil - 0:46


The Birds of Hell are awaitin'
Feat. Juliette Harrison

Les yeux fermés et la tête basculée vers l’arrière, il avait le nez dirigé vers le ciel, et sa bouche entrouverte laissait échapper les vapeurs blanches de sa cigarette dans des tourbillons stylisées naturellement par l’air au-dessus de lui. Sa main tâchée de son sang séché posée sur le genou, l’autre derrière lui, contre le sol dur du trottoir, ses doigts pianotaient sur la surface de sa jambe et il restait silencieux. Tirant parfois de sa bouche sa cigarette pour en faire tomber les cendres contre le vent à quelques centimètres par-dessus le sol. Il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter de réfléchir, arrêter de penser. Et presque arrêter de respirer. Il savait que s’il ne le retirait pas de ses pensées, il passerait toute la nuit à penser à lui, et à ne jamais pouvoir s’en détacher, c’était toujours une sorte de très difficile épreuve pour lui que de survivre aux heures qui suivaient ses visites à l’hôpital, et il n’avait jamais vraiment réussi à s’y habituer ou à s’y faire. C’était insupportablement douloureux et terriblement frustrant que de le voir, là, dans son lit et suspendu à ces machines qui le gardaient en vie, c’était d’autant plus frustrant parce qu’il savait qu’il ne pouvait rien faire pour y faire prendre fin, mais tout autant parce qu’il était la raison derrière tout cela. Et aussi coupable qu’il était, il ne se pardonnait pas. Alors, il endurait. Il endurait lentement et il faisait comme si tout allait bien devant les autres, il faisait comme si rien ne le gênait, comme si rien ne le détruisait lentement à petit feu, à la même lente vitesse que prenaient les cigarettes pour lui brûler les poumons, la drogue pour lui concasser la cervelle et l’alcool pour lui ruiner le foie. Il n’était pas suicidaire, loin de là, il était même plutôt content de sa vie en l’état, il était plutôt désintéressé à l’idée de survivre longtemps ; désintéressé par l’idée de vivre plus longtemps que ce qu’il imaginait. Et en même temps, s’infliger tout ceci lui permettait de se dire qu’il recevait ce qu’il méritait. Parce qu’il avait terriblement besoin d’être puni pour ce qu’il avait fait, il voulait qu’on le haïsse et qu’on le condamne, mais puisqu’il n’avait jamais trouvé le courage d’avouer, personne ne l’avait jamais découvert et sa culpabilité le rongeait bien trop pour qu’il reste indifférent à tout ça. Alors, il s’autodétruisait de cette façon.

Sa main au sang séché tremblait nerveusement et de manière incontrôlable alors qu’il remettait sa cigarette entre ses lèvres, et piqué à vif par la douleur il ouvrit les yeux rapidement pour observer ses phalanges blessées et coupées à cause des nombreux coups de poings qu’il avait infligée à une pauvre vitre de voiture, plus tôt, et même s’il savait qu’il aurait dû se sentir terriblement mal à cause de la douleur et de la violence dont il avait fait preuve, il ne pouvait pas s’empêcher de sourire et même de se mettre à rire en voyant les blessures sur le bout de son poing. Des dizaines de coupures et tant de sang qu’on aurait dit que la moitié de sa main était devenue rouge tant il n’avait rien fait pour l’empêcher de saigner ; parce qu’il ne s’en était pas rendu compte avant maintenant, se redressant pour mieux observer sa main blessée, il avait regagné son calme et fait taire ses rires en se serrant la main de l’autre pour la faire arrêter de trembler et en même temps faire une sorte de garrot de fortune avec la pression de son autre main sur celle-là. Concentré dans sa blessure et ses souvenirs difficiles, il avait du mal à prêter attention à autre chose, d’autant que l’alcool jouait aussi sur ses sens, alors il perdit presque le fil de la réalité à serrer sa main pleine de sang et de minuscules morceaux de verre, et n’entendit plus grand-chose d’autre que le bourdonnement incessant du silence qui l’entourait, le bruit de l’air qui sifflait dans ses oreilles et le bruit de sa propre respiration qui était devenue saccadée sans qu’il ne s’en rende vraiment compte ; parce que la douleur parlait à son corps, mais il ne l’écoutait pas. Il était comme hors de son propre corps à cause de tout ce mélange de tabac, d’alcool et de larmes coupables. Sursautant et lâchant d’un coup sa main lorsque des bras virent lui cercler le cou, il avait rapidement tourné la tête sur le côté pour essayer de voir de qui il pouvait s’agir, mais il faisait bien assez peu clair pour qu’il puisse voir vraiment de qui il s’agissait, pas sous cet angle en tout cas. Plissant un instant les paupières pour essayer de distinguer au moins quelque chose sous cette pénombre, il eut l’impression de connaître la jeune fille, mais pas moyen d’y mettre un nom ou quoique ce soit. Juste cette impression de la connaître vaguement. L’alcool jouait avec ses souvenirs.

Et passant sa main intacte sur l’un des bras qui lui cerclait le cou, il fut finalement capable de la reconnaître ; la douceur de sa peau, la sensation précise de la sienne et son odeur particulière étaient uniques, différentes des autres, comme pour toutes les autres, mais celle-là il la connaissait. Parce qu’il y avait éprouvé de l’intérêt. Quoique ce ne fût rien de véritablement poétique ou de très sincère, c’était charnel, animal, et soudain. Il avait eu envie de partager de nombreuses choses avec celle-là et avait tenté de l’approcher, il avait même réussi. Se serrant contre elle avec une idée précise en tête, lui effleurant les bras, puis les côtes, puis plus bas, il avait joué de ses propres sens autant que des siens, il s’était amusé à lui souffler contre la nuque et à remuer harmonieusement avec elle, sur cette piste de danse imbibée d’êtres et de substances, il avait été ivre à ce moment-là, mais pas assez pour oublier, et suffisamment pour se souvenir qu’il avait eu le parfait contrôle de chacun de ses gestes, qu’il avait décidé et agi selon sa volonté et non pas selon la bestialité qui pouvait animer ses faits et gestes quand il avait trop bu. Non, il avait tout fait comme il l’entendait et dans un murmure contre sa joue et son oreille, alors que ses propres joues rougissaient de cette proximité, il lui avait proposé de le rejoindre ailleurs, dans un coin plus intime, dans un endroit plus à l’écart de tout ce vacarme vivant, mais elle avait refusée. Et tout d’un coup, il avait perdu de son excitation de ce moment-là. Il se souvenait d’elle, parfaitement même. Et non sans frustration, il avait resserré sa poigne sur le bras de la jeune fille. Sans trop forcer, pour ne pas pour autant la blesser, mais simplement signaler quelque chose qu’elle comprendrait sans doute pas en cet état, il était frustré qu’elle l’ait refusée l’autre fois. Pourtant, il ne la repoussa pas, parce que dans l’état dans lequel il était, le moindre contact était suffisant pour se dire que ça l’aidait à se réconforter de ce qu’il endurait chaque fois qu’il retournait le voir. « Je suis plus vraiment seul. » Marmonna-t-il, tandis qu’un sourire se dessinait sur son visage alors qu’elle déposait ses lèvres dans le creux de sa gorge. Et tout à coup, elle trébucha, c’eut le don de le faire rire alors qu’il l’avait rattrapée du mieux qu’il pouvait, en se glissant vers la gauche, pour la rattraper dans sa chute, contre ses cuisses où elle put s’asseoir. Elle sursauta en ce que Scott interpréta comme l’effleurement de la bouteille contre elle, mais dans le soupir qu’elle relâcha, il comprit qu’elle eut pensé que la bouteille avait été renversée.

Il souriait bêtement en la regardant, la bouteille toujours habilement coincée entre les jambes du garçon, « Je suis très habile du bassin, tu sais. » disait-il bêtement, en remuant cette partie de son corps, comme pour la défier et s’amuser – lui aussi était ivre de toute façon – C’aurait été mentir de dire qu’il n’avait pas frissonné en la voyant approcher sa main de cet endroit particulier mais le frisson fut rapidement arrêté lorsqu’il s’avéra qu’elle avait attrapé la bouteille pour en boire une gorgée. Il l’avait silencieusement regardé faire, et parce qu’elle était toujours assise sur lui, il s’était mis – sans vraiment s’en rendre compte – à lui caresser le bas du dos du bout des doigts de sa main blessée, qui avait glissée sous ses vêtements, sans aucune intention mauvaise ou sournoise derrière. Reprenant la bouteille de son autre main, il la posa à côté d’eux plutôt que d’en prendre une autre gorgée et lui demanda, d’un ton moins taquin ; « Et sinon qu’est-ce que tu fous là à part te jeter sur des beaux gosses dans la rue ? Ou alors j’suis le seul qui ait le droit à ce traitement de faveur ? » Son visage s’était maintenant animé d’un sourire cassé en coin, plein d’arrogance et d’humour, il ne pensait pas vraiment ce qu’il disait de lui, mais l’idée lui plaisait tout de même.

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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Mar 11 Aoû - 17:27

Ce soir-là, lorsqu'ils avaient échangé de nombreux baisers enflammés et quelques caresses plus audacieuses, Juliette l'avait finalement repoussé en prétextant devoir rentrer chez elle. Encore aujourd'hui, la rouquine ignorait les raisons qui l'avaient poussée à agir de la sorte alors qu'elle se trouvait pourtant en bonne compagnie et elle ne pouvait que tenter de rectifier le tir maintenant qu'il se trouvait à nouveau avec elle. Son odeur, Juliette ne l'avait pas oubliée puisque c'était la première chose qui l'avait charmée chez lui, suffisamment en tout cas pour qu'elle glisse ses mains sur les siennes alors qu'il lui ceignait la taille plutôt que de lui donner un coup de coude dans les côtes afin de bien lui faire comprendre qu'elle n'avait pas envie de danser avec lui. Ses doigts s'étaient entrelacés aux siens pendant quelques minutes, jusqu'à ce qu'il la fasse se retourner pour qu'elle se retrouve face à lui. C'était étrange pour elle de se souvenir de plusieurs détails sans importance alors qu'elle savait pourtant qu'elle avait beaucoup trop bu ce soir-là, visiblement assez pour se laisser caresser et embrasser par un inconnu, mais trop peu pour le suivre là où il voulait l'emmener. Le jeune homme lui avait plu, physiquement, et elle avait apprécié d'autant plus cette fougue qui le caractérisait et dont il avait su faire preuve avec elle sur la piste de danse, mais pourtant, Juliette avait refusé plusieurs fois de l'accompagner dans un endroit plus intime. Elle l'avait déjà fait et ce n'était pas parce qu'elle avait eu peur de lui, c'était plutôt parce qu'elle avait senti qu'ils n'étaient pas sur la même longueur d'onde. Oublier Sohel s'avérait bien plus difficile que ce qu'elle avait d'abord cru au départ en sachant que c'était elle qui avait mis fin à leur relation et même si l'oublier dans les bras d'un autre était la solution facile, la jeune femme avait compris que ça ne l'aidait pas tant que ça, au final.

Alors, elle avait repoussé Scott. Elle l'avait repoussé avec une excuse qu'elle aurait pu préparer à l'avance, mais maintenant qu'il se trouvait à nouveau sur son chemin, la rouquine savait déjà qu'elle ne serait plus en mesure de résister à ses beaux yeux et à ce petit air nonchalant qu'il se donnait. « C'est vrai qu'à deux, c'est mieux. » ajouta-t-elle simplement avant de perdre l'équilibre et de se raccrocher comme elle le pouvait au corps de Scott, non sans laisser échapper un rire sincère, bien malgré elle. Si pendant un instant, la rousse avait eu peur que la bouteille d'alcool se soit renversée, elle comprit rapidement que cette dernière se trouvait toujours à sa place, bien serrée entre les cuisses de Scott. Elle ne put s'empêcher de rigoler un peu lorsqu'il bougea le bassin de manière à lui prouver qu'il était en effet très flexible du bassin, se mordit légèrement la lèvre alors qu'il ne la laissait déjà pas indifférente. La profondeur de son regard, ses cheveux un peu ébouriffés et mal coiffés, ses mains qui la maintenaient toujours afin de lui offrir un certain appui ... Tout en lui semblait l'attirer à ce moment précis où elle avait plongé son regard dans le sien et elle laissa sa main rejoindre la bouteille d'alcool qu'il gardait précieusement entre ses cuisses, non sans incliner légèrement la tête de côté en se mordillant la lèvre. La gorgée d'alcool qu'elle avait prise lui brûla la gorge et la rousse grimaça un peu avant de lui rendre sa bouteille, caressant délicatement la nuque du brun du bout de ses doigts libres. Des frissons lui parcoururent l'échine lorsque les doigts du garçon se faufilèrent sous sa robe afin de caresser son dos et elle comprit en un coup d'oeil que le vêtement s'était redressé dans sa chute. Tant pis puisque de toute évidence, la rue dans laquelle ils se trouvaient tous les deux était totalement déserte à cette heure-là, à l'exception de l'ombre d'un félin non loin d'eux, qui disparut rapidement entre les arbres.

Les caresses de Scott dans le bas de son dos la firent frémir à nouveau et elle dut se concentrer afin de répondre à sa question, un petit sourire aux lèvres.

« Comme si c'était mon genre de me jeter sur n'importe qui ! » balança-t-elle, faussement vexée, alors qu'elle rapprochait doucement son visage du sien tout en abandonnant sa main sur le bras du garçon qui se trouvait dans son dos. Ses lèvres frôlaient les siennes lorsque ses doigts effleurèrent la main blessée de Scott et Juliette se redressa légèrement en fronçant les sourcils. Elle pivota sur les cuisses du brun et saisit doucement sa main en grimaçant. « Faut nettoyer ça. » Elle crut bon de ne pas lui poser de questions sur sa blessure puisqu'il lui apparaissait évident qu'il avait tenté de détruire elle ne savait trop quoi à coup de poing. Vu la gravité de la blessure, il n'y était pas allé de main morte et la rousse se mordit la lèvre avant de retirer doucement les plus gros éclats de verre emprisonnés  dans sa chair. Toujours assise sur lui alors qu'elle avait maintenant appuyé son dos contre le torse masculin afin d'avoir un appui - et donc un tant soit peu d'équilibre - Juliette devait faire un intense effort de concentration pour ne pas lui faire mal et surtout, pour ne pas oublier les quelques petits éclats de verre ayant pénétré ses jointures. « Ça fait mal ? » demanda-t-elle finalement en tournant un peu la tête pour le regarder alors que ses doigts caressaient délicatement le poignet  de Scott. Lentement, elle ne put s'empêcher de baisser les yeux sur les lèvres invitantes du jeune homme pendant quelques secondes, glissa finalement l'une de ses mains dans le creux du cou masculin alors qu'elle reportait son attention sur les iris du brun. Elle ne savait pas ce qui s'était passé ce soir-là, mais Scott était triste et elle détestait voir les gens comme ça.

« Et t'en fais pas. » murmura-t-elle avec un petit sourire. « T'es le seul beau gosse sur qui je me jette dans la rue. »

L'alcool lui montait à la tête et Juliette vint déposer un baiser sur sa joue, presque à la commissure de ses lèvres. Elle savait qu'elle jouait avec le feu et pourtant, cette fois, elle avait envie de le suivre là où il désirait l'emmener. Elle avait envie de s'abandonner dans ses bras et de ne penser à rien d'autre qu'à ses caresses et à ses baisers.  
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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Ven 14 Aoû - 15:22


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Feat. Juliette Harrison

Le contact, agréable et réconfortant, qu’il maintenait maintenant avec elle avait le don de le rassurer. Lui réchauffant le cœur par la même occasion, autant que ça lui donnait le minuscule poussée qui suffisait à lui changer les idées, Scott retrouvait un peu de son espoir disparu à mesure qu’elle et lui se donnaient l’un et l’autre en spectacle, bêtement, et dans leurs ivresses respectives. Il y avait une sorte d’impression amusante, comme s’ils se connaissaient tous les deux si bien que rien n’avait jamais été ignoré de l’un par l’autre. Comme s’ils avaient toujours été proches, comme s’ils se connaissaient depuis si longtemps que le souvenir de leur rencontre était devenu quelque chose de diffus et d’impossible à se remémorer tant c’était ancien et oubliable, consolidé par une amitié devenue solide et infinie. Mais entre Scott et elle, ce n’était pas le cas. Il n’y avait rien de tout ça entre eux. Ils ne se connaissaient pas vraiment, pas réellement. Tout ce qu’il avait vu d’elle avait été à travers la loupe de ses désirs et de ses envies soudaines, de ses envies bestiales et animales. Et c’était encore le cas quand bien même il ne le disait pas. Quoiqu’elle aurait pu s’en douter par son idiote décision de remuer le bassin avec prétention et arrogance. Avec les autres, Scott avait toujours eu cette fâcheuse tendance à ne pas avoir l’air plus fier de lui qu’il ne l’était, au contraire il avait même tendance à se dévaloriser dès qu’il devait parler de lui à d’autres, ayant souvent tendance à dire qu’il ne valait rien, qu’il n’irait  nulle part ou qu’il ne méritait rien ni personne. Mais à peine avait-il été désinhibé par l’alcool qu’il devenait le roi du monde, plus rien ne se tenait en travers de son chemin et personne n’avait quoique ce soit qui suffirait à le faire taire ou à le faire plier. Au final, peut-être était-ce mieux pour lui d’être ivre, peut-être que ça l’aiderait à tourner la page bien mieux qu’autre chose. Mais il ne s’en était jamais intéressé et n’avait jamais tenté de continuer pour s’essayer à vérifier cette théorie, il ne voulait pas devenir alcoolique ; parce qu’il savait que s’il commençait, il n’arrêterait jamais. Redressant un instant son regard, qui s’était mis à vagabonder vers l’horizon, vers elle il avait ajouté de son ton toujours éternellement nonchalant et presque arrogant ; « Et la belle compagnie que je me trimballe. Une bouteille et une jolie fille. Le rêve de tous les mecs. » avant de se mettre à grimacer un sourire taquin. Il y avait peut-être beaucoup d’alcool derrière tout ce qu’il se passait, et ses impressions étaient sans doute faussées, mais la jeune fille semblait encore plus attirante que les autres fois. Il ne pouvait plus s’empêcher de la taquiner et de se surprendre à faire de son mieux pour la charmer discrètement.

Frissonnant au effleurement qu’il ressentait contre sa nuque, Scott avait détourné les yeux un court instant, parce qu’il se connaissait et qu’il ne voulait pas se retrouver à faire quelque chose qu’il allait vite regretter, il reposa une nouvelle fois la bouteille, qui commençait à se vider dangereusement, sur le trottoir qui leur servait de promontoire, mais même s’il avait voulu se retenir de fondre aux avances si minuscules et discrètes de ces quelques doigts contre sa nuque, Scott n’avait pu s’empêcher d’obéir à ses ressentis de l’autre main, glissant son pouce et le reste de sa main dans le dos de Juliette, lui effleurant avec tout autant de discrétion et de calme la peau dans de fines caresses prudes et silencieuses de la moindre intention. Si bien qu’il en serrait presque les dents, pour garder son sang-froid. Taquin de nature et d’humeur à l’être encore plus, il avait rapidement décidé de prendre un malin plaisir à continuer de l’aguicher de cette façon si simple, après tout elle avait commencée, ça n’était que justice. Et tandis qu’elle faisait mine d’être vexée, il s’était mis à sourire à sa réaction, « En tout cas, tu t’es jetée sur moi… » avait-il commencé à plaisanter avant qu’elle ne recule du peu de séparation qu’il y avait eu entre eux, son souffle contre le sien l’avait intrigué, et intéressé. Il avait même été sur le point de céder sous ce visage angélique mais elle l’avait interrompu à temps. Reprenant difficilement ses esprits sur ce qu’il se passait maintenant, il mit du temps à comprendre ce qu’elle faisait. Jusqu’à ce qu’elle ne se décide de toucher les extrémités blessées de son poing, il sursauta et fut traverser d’un long et horrible frisson suivi d’un frémissement entre les lèvres, ça brûlait, et ça faisait mal, terriblement mal. Très rapidement, il eut l’impression d’être en feu, que tout allait brûler et qu’il allait y perdre l’usage de sa main. Gigotant de douleur à mesure qu’elle continuait son soudain métier d’infirmière, et pour essayer de ne pas trop la gêner et atténuer les picotements qui lui traversaient la peau, il décida que ce serait judicieux de parler, « T’aurais pu porter une tenue d’infirmière au moins, ça aurait rendu le truc plus intéressant. Là j’me sens juste un peu con. » Il souriait bêtement et nerveusement, avec beaucoup de maladresse parce qu’à chaque mouvement il souffrait horriblement à cause de sa propre fureur. Et quand bien même les mouvements gracieux et sensibles de Juliette ne lui faisaient pas si mal que ça, la brûlante sensation continuait de lui habiter le bras tout entier, comme si sa main n’avait pas suffi, comme si son corps tout entier était décidé à le punir.

Sursautant presque alors qu’elle retirait un des morceaux de verre, Scott resta cependant silencieux, la mâchoire resserrée sur elle-même pour étouffer les éventuels plaintes de douleur qui allaient ressortir avec les morceaux de verre de sa chair, il n’avait jamais pensé qu’une telle souffrance était possible, et à dire vrai, il n’avait même pas pensé qu’il aurait eu mal en frappant cette vitre plus tôt. Reprenant son calme, il l’avait ensuite laissée continuer et à force qu’elle eut continué ce travail d’orfèvre, il n’eut plus du tout mal qu’en de simples picotements très légers aux bouts de ses doigts. Les yeux plantés dans l’horizon, il ne voulait pas regarder les conséquences de ses idioties, parce qu’il avait horriblement honte de lui et de tout ce qu’il faisait. Il n’y avait rien dont il pouvait être fier dernièrement, et le peu de choses qui le redonnaient le moral le lui reprenaient quelques secondes plus tard. Scott était trop souvent en colère, et il le savait, mais il ne pouvait rien faire contre ça puisque c’était dans sa nature d’être aussi impulsif ; mais avec elle, il se sentait tout d’un coup plus apaisé, plus détendu et bien moins furieux contre l’univers tout entier. Il ne pouvait pas vraiment se l’expliquer, mais il y avait quelque chose d’étrange entre eux, quelque chose qui le rassurait et qui lui permettait d’aller un peu mieux. Et tandis qu’elle continuait son travail improvisé de soigneuse, il reposa finalement ses yeux vers elle, et après un silence de quelques secondes, il se décida de lui répondre. « Ça fait horriblement mal, oui… Mais c’est pas ma main qui fait mal. » avait-il marmonné en se redressant, avant de se reposer ses yeux bleus sur elle. Il avait continué dans ses taquineries, plus tôt, et elle venait de lui assurer qu’il était le seul qui avait droit à ce genre de traitement, et dans un sourire, il répondit « Tant mieux alors, j’aurai été vexé de pas être le seul. » tandis que son sourire s’estompait au même moment que Juliette lui embrassait la joue. L’alcool semblait s’amuser d’eux deux, et quand bien même, Scott ne semblait pas être gêné ou mal à l’aise qu’elle se permette tant d’intimité tant elle avait été proche de ses lèvres. Il avait frissonné au contact et n’avait rien fait alors qu’elle reculait. Il l’avait regardée sans rien dire, et immobile pendant quelques secondes il succomba finalement et lui prenant tout d’un coup la tête entre les mains il vint l’embrasser avec beaucoup plus d’intensité qu’elle ne l’avait fait. Si entreprenant qu’ils basculèrent lentement vers le sol et que Scott se retrouva par-dessus elle, sur le trottoir. Et s’en rendant compte, il se releva très vite, non pas gêné, mais incommodé. « Scuse-moi. Y a mieux qu’le sol. » avait-il rapidement ajouté à la suite de son espèce d’excuse, comme si son comportement avait été tout à fait ordinaire.

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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Sam 5 Sep - 18:35

« Une jolie fille, où ça ? »

Taquine, Juliette se mordit la lèvre et plongea son regard dans le sien après avoir fait mine d'observer ce qui se passait autour d'eux. L'alcool parlait pour lui, mais elle devait admettre que ses propres propos en étaient également imbibés, si bien que la rousse osait ce qu'elle n'aurait jamais eu l'audace de tenter auparavant. Si elle l'avait repoussé auparavant, c'était surtout parce qu'elle avait besoin de remettre les choses en perspective, de prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle voulait vraiment. Elle l'avait laissé l'approcher et elle ne s'était pas gênée pour l'embrasser et pour le caresser, mais elle avait cru bon de le faire patienter un peu par la suite en jouant les filles inaccessibles. Elle savait que son comportement allait grandement l'ennuyer cette nuit-là, mais elle n'avait pas cherché à apaiser sa déception ou sa colère avant de se diriger vers la sortie du bar pour rentrer chez elle. Elle l'avait stimulé, elle l'avait embrasé et elle avait pourtant refusé d'éteindre ce feu qu'elle avait tout bêtement allumé d'une étincelle, sans prendre garde aux dommages qu'il avait pu causer sur son chemin. Avait-il trouvé quelqu'un d'autre ce soir-là ? Juliette n'aurait su le dire, mais maintenant qu'elle se trouvait tout près de lui et qu'elle pouvait même ressentir chacun des battements de son coeur, elle était persuadée qu'il ne l'avait pas vraiment oubliée et qu'il n'avait pas nécessairement cherché à la remplacer lorsqu'elle lui avait fait faux bond. Juliette avait beau plonger ses prunelles dans celles de Scott, elle avait beaucoup de mal à jauger son état d'esprit, ce qui devait forcément être une conséquence de leur ébriété à tous les deux.

La main blessée de Scott attira par la suite son attention et Juliette s'empressa de retirer - doucement pourtant - les plus gros morceaux de verre qui s'étaient logés au sein de son épiderme. Elle le sentit frémir sous la douleur qu'elle provoquait dans sa main et elle se mordit la lèvre avant de poser à nouveau son regard dans le sien pendant quelques secondes, ses doigts s'étant refermés sur le poignet du brun. « La tenue d'infirmière sexy, j'espère ? Parce que les vraies infirmières, ce qu'elles portent ... » Un sourire amusé vint étirer les lèvres de la rouquine et elle reporta finalement son attention sur le poing blessé de son partenaire de fin de soirée. Le plus délicatement possible malgré l'ivresse, Jules retira un par un les débris de verre, excessivement concentrée sur son travail. La main de Scott avait recommencé à saigner sous ses assauts, mais la rousse n'avait rien sous la main pour nettoyer correctement les plaies, si bien qu'elle dut faire un effort supplémentaire afin de ne pas oublier les plus petits éclats dans sa chair.

Lorsqu'elle avait posé les yeux pour la première fois sur la main ensanglantée de Scott, Juliette n'avait pas pensé que ce serait un travail d'aussi longue haleine et pourtant, elle devait admettre qu'elle s'en sortait tout de même assez bien pour quelqu'un qui n'avait jamais fait ça de sa vie et qui s'était enfilée plusieurs cocktails d'affilée. Et puis, lorsqu'elle fut à peu près certaine d'avoir retiré tous les éclats de verre, Juliette reporta son attention sur lui et osa même lui demander s'il avait mal. Bien sûr qu'il devait avoir mal; il avait la moitié de la main déchirée et ensanglantée. Pourtant, la réponse de Scott lui fit froncer légèrement les sourcils alors qu'elle inclinait la tête de côté en se déplaçant un peu sur lui de manière à l'observer de face. Elle replaça ses cheveux roux d'un léger mouvement de la main, vint déposer un baiser sur sa joue, sans vraiment savoir si elle devait lui poser davantage de questions par rapport à son état d'esprit et à sa douleur ou si, au contraire, il valait mieux qu'elle ne parle pas et qu'elle se contente de le réconforter à sa manière. Elle savait qu'il allait mal puisqu'on ne frappait pas une vitre au point de la briser lorsque tout allait bien, aussi éméché soit-on, mais elle n'était pas certaine d'avoir les qualités requises pour comprendre les raisons qui l'avaient poussé à agir de cette façon. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer dans sa tête pour qu'il se fasse mal physiquement afin de tenter d'éloigner cette douleur morale qui le guettait ? Juliette n'aurait pas su le dire et elle avait beau chercher, elle ne comprenait pas. Parce qu'elle ne le connaissait pas, au fond, parce qu'elle ne savait pas grand chose de son passé, de son présent ou de son futur.

Et puis, perdue dans ses pensées, elle mit quelques fractions de seconde avant de réagir au baiser passionné qu'il lui offrait, si bien qu'elle n'eut que quelques secondes pour glisser ses bras autour de son cou avant qu'il la fasse basculer sur le sol. Le changement de position rapide lui monta à la tête et elle se concentra sur la douceur de ses lèvres et la ferveur de ses baisers jusqu'à ce qu'il se redresse rapidement en la laissant fébrile, chancelante. Les lèvres rosies par les siennes, la respiration plus rapide, Juliette plongea des prunelles amusées dans les siennes lorsqu'il s'excusa. « Idiot. » le taquina-t-elle en un murmure avant d'agripper sa nuque pour le rapprocher d'elle à nouveau et capturer avec fougue ses lèvres qui lui manquaient déjà. Sa main se pressa contre sa nuque quelques secondes afin qu'elle puisse approfondir le baiser, glissa le long de son dos pour le serrer davantage contre elle. Sa robe sans bretelles avait légèrement glissé lorsqu'il l'avait plaquée contre le sol, mais la rouquine ne risquait pas de s'en formaliser maintenant alors qu'elle prenait à nouveau possession des lèvres de son partenaire.

« Tu m'emmènes où ? » demanda-t-elle finalement à son oreille en se redressant légèrement, sans jamais trop s'éloigner.
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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Dim 13 Sep - 16:22


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»
Elle se moquait de lui gentiment, en posant ses yeux dans les siens, il parlait d’une jolie fille et elle plaisantait de ne pas en voir, c’était le genre de choses qui avaient le don de charmer Scott. Mais en d’autres situations, parce qu’il savait qu’il ne pouvait pas se mettre à ressentir quoi que ce soit pour personne d’autre que lui, il n’y avait que lui qui comptait ; les autres n’étaient que des passe-temps, aussi douloureux cela pouvait être pour eux comme pour Scott, mais c’était comme ça. Il s’était interdit solennellement de tomber amoureux depuis qu’il avait infligé ces horreurs au précédent ; il devait être fort et résister à toutes ces petites choses qui rendaient les gens adorables, agréables et qui faisaient beaucoup d’effet à Scott. Mais il était plus fort que ses émotions, parce qu’il était têtu et autodestructeur, parce qu’il savait qu’il méritait de souffrir, parce qu’il se haïssait d’être si nonchalant face à ce qu’il avait infligé à son petit-ami. Il voulait le venger, et pour ça, il savait que se faire du mal était la chose la plus appropriée. C’était plus efficace que des milliers de mots, c’était plus efficace que de passer des jours à ses côtés, alors qu’il ne le voyait pas, plongé dans le coma. C’était plus efficace que tout au monde, et c’était bien plus réconfortant que tout ce que l’univers pouvait lui offrir. Souriant à la taquinerie de Juliette, Scott n’avait pas eu envie de laisser ce moment fugace de bonheur s’envoler, parce qu’à cet instant précis, il avait complètement oublié pour sa main et pour le reste qui en était la cause. Tout s’était calmé en lui pour ces quelques secondes là.

Et puis, tout était revenu d’un coup, parce qu’elle l’avait aperçue, et qu’elle s’était empressée de devenir une infirmière de fortune, retirant les débris de verre encore logés dans son poing. Et à chaque fois qu’elle les arrachait à son être, il frémissait et sursautait très légèrement de douleur, mais celle-ci n’était rien en comparaison avec la véritable souffrance qui restait là, à creuser un trou dans son cœur. « Évidemment que la tenue serait sexy. Sinon à quoi ça servirait ? » avait-il plaisanté en la regardant faire, avec beaucoup d’attention. Sûrement pour retenir ce qu’elle faisait et pouvoir être en mesure de le faire lui-même si jamais il était tout seul et se retrouvait à casser une autre vitre de voiture, sait-on jamais. Et puis elle l’avait embrassé sur la joue après avoir fini de prendre soin de sa blessure, c’était rassurant et ce si simple contact lui fit à nouveau mieux se sentir, parce qu’il oublia encore une fois le lourd poids de sa culpabilité. Elle semblait très douée pour le faire oublier, c’était agréable. Plus agréable que bien des choses, et bien plus que de se venger contre d’innocentes voitures. Elle était attentionnée et adorable, c’était bien difficile alors pour Scott d’y résister.

Et quand elle lui demanda s’il avait mal, il ne put se résoudre à ne pas préciser que sa douleur était bien plus forte et présente dans son être tout entier que juste au travers de sa main bêtement ensanglantée. Le degré de rage et de furie qu’il avait pu trouver en lui pour briser le verre épais et solide d’une voiture n’était rien en comparaison avec le torrent enflammé qui brûlait en lui. Toujours et constamment enragé, la colère de Scott avait atteint un état où elle était si abondante qu’il avait sans arrêt l’air calme et blasé par tout et tout le monde. Par conséquent, c’était facile de ne pas le trouver agréable, parce qu’il avait l’air de se foutre de tout, mais la vérité était bien qu’il ne pouvait juste plus prétendre s’intéresser à quoi que ce soit puisque ses pensées étaient envahies et ses sens hantés par le souvenir de l’accident. Il était toujours là, toujours sous ses yeux, toujours dans sa mémoire ; il ne pouvait pas ne pas y penser. Il arrivait à l’oublier toujours quelques fois, l’espace de quelques instants, comme quand Juliette s’était mise à prendre soin de lui, quand elle l’avait embrassée, et qu’il l’avait laissée faire. Mais tout ça, comme le reste n’était que temporaire, parce que le souvenir du choc était toujours là, il revenait à chaque fois et empêchait Scott de trouver le bonheur. Il avait abandonné l’idée d’être heureux, et c’était bien dommage pour les autres autant que pour lui, car quand Scott était heureux, il était le garçon le plus agréable du monde, toujours souriant, toujours à plaisanter et toujours à faire plaisir aux autres. Mais tout ça, c’était révolu depuis trois ans. Même si avant l’accident il n’était pas essentiellement quelqu’un de très fréquentable, parce qu’il a toujours été un voyou, il était bien moins esseulé et attristé que depuis les trois dernières années. Tenby l’avait connu comme un petit emmerdeur, mais maintenant il était bien pire. Il se foutait de tout et n’avait plus de respect pour grand-chose.  

Juliette ne chercha pas à lui en demander plus sur les raisons de sa bêtise, et c’était tant mieux, parce qu’il aurait menti. Il ne parlait à personne de l’accident, du moins pas de la véritable version. Il trouvait toujours un moyen de déformer la vérité pour se faire passer autant pour une victime que lui, il n’assumait toujours pas sa stupidité ni sa responsabilité dans cette histoire. Il se haïssait de devoir mentir chaque fois qu’il en parlait, mais il n’avait pas d’autre choix. Dire la vérité c’aurait été l’équivalent d’avouer un crime, et il n’était certainement pas prêt à faire face aux répercussions de cet aveu sur sa vie. Trois ans de mensonge, trois ans de douleur et d’infinie souffrance, pour tous ceux qui le connaissaient. Scott aurait pu en avoir marre d’endurer tout ça et tout simplement abandonner et se trouver quelqu’un d’autre, mais il était bien trop attaché à lui pour y parvenir. Et pourtant, il avait essayé les premières semaines qui suivirent, mais ça ne marchait pas. Alors il s’était résolu à obéir à son cœur et à rester auprès de lui tout ce temps. Le baiser sur sa joue l’avait réveillé de sa torpeur pleine de mauvais souvenirs et l’en avait arraché quelques temps, il l’avait silencieusement regardé avant de se jeter contre ses lèvres, si rapidement et si soudainement qu’ils commencèrent à basculer contre le sol, mais à peine l’avait-il remarqué qu’il s’était redressé et s’était excusé. Elle avait été surprise, clairement, mais leurs regards se croisèrent et elle le taquina en le traitant d’idiot – elle avait raison – et il s’était mis à sourire d’un air arrogant tandis qu’elle lui rendait un baiser aussi passionné que le sien l’avait été. C’aurait été mentir que de dire que ça ne plaisait pas à Scott qu’elle se laisse enfin aller à ses avances, et tandis qu’elle le serrait contre elle, il avait laissé le baiser se prolonger et ses mains glisser plus bas que la taille de la jeune fille, lui pressant les formes avec beaucoup de fougue et de passion sauvage. Sentant que la robe de Juliette s’était redressée il fit l’effort de la lui remettre en place tandis qu’ils continuaient de s’embrasser. Même s’il ne la connaissait que très peu, il la respectait comme il respectait tous les autres, jusqu’à ce qu’on lui manque de respect. Leurs lèvres finalement détachées, ils étaient de nouveau droit et dans une position bien moins désagréable ; et elle lui demanda quelque chose au creux de l’oreille. « Tout dépend de ce que t’as en tête. » disait-il en se relevant et en lui tendant une main pour qu’elle fasse pareil. « Je vais pas te laisser rentrer chez toi dans cet état, surtout pas toute seule. J’habite pas loin, si tu veux, j’peux te faire une place. J’suis sûr que ça dérangera ni mes parents, ni mon demi-frère. » lui dit-il en terminant sa phrase d’un clin d’œil suivi d’un sourire aguicheur. Oh il était déterminé à ne pas dormir, bien au contraire.

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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Mer 14 Oct - 4:16

« C'est d'accord, alors. Je prends note, pour la prochaine fois. » La rouquine releva les yeux pour les poser quelques secondes dans le clair de ceux de son partenaire, un sourire mutin au coin des lèvres. Parce qu'il y aurait bel et bien une autre fois, n'est-ce pas ? Juliette ne pouvait pas dire qu'elle le connaissait bien puisqu'ils ne se rencontraient que pour la deuxième fois, mais elle avait rapidement saisi certaines caractéristiques de sa personnalité. L'impulsivité et la colère qui semblaient l'habiter, entre autres, puisqu'on ne se défonçait pas la main comme ça sans raison. Il y en avait forcément une et si la rousse n'avait pas suffisamment bu pour se montrer indiscrète quant à la vie personnelle de Scott, elle comptait bien lui faire oublier ses soucis pendant quelques heures, quels qu'ils soient. La souffrance qu'elle percevait parfois dans ses prunelles lorsque leurs regards se croisaient sans qu'il ne s'y attende la peinait tout autant qu'elle l'intriguait et elle n'avait jamais su comment gérer ce genre d'émotions tellement profondes qu'on pouvait parfois avoir l'impression  de s'en emmitoufler pour ne plus jamais être en mesure de s'en sortir efficacement.  C'était un peu ce qu'elle pouvait discerner dans les iris de Scott lorsque son regard se faisait absent et lorsqu'il était persuadé qu'elle ne pouvait pas le voir, mais Juliette se concentra plutôt sur la main masculine ensanglantée qui se trouvait dans la sienne afin de ne pas commettre de bêtises. Scott n'avait sans doute pas envie de parler des évènements de sa soirée avec elle et elle ne comptait pas l'obliger à lui dresser un juste portrait de la situation; elle se contenterait  simplement de nettoyer sa paume du mieux qu'elle le pouvait avec toutes les modestes ressources dont elle disposait.

La proximité qui était la leur en ce moment-même avait quelque chose d'apaisant, de réconfortant aussi, alors que la jeune fille avait passé une soirée qui ne faisait clairement pas partie de son top trois en matière de réjouissance. Il n'était pas heureux, elle le voyait nettement dans l'azur de ses yeux, mais l'aider lui semblait peine perdue, comme si rien ni personne ne pourrait jamais l'aider à y voir plus clair. Déterminée à essayer, la rousse lui offrit un sourire et caressa délicatement le dos de sa main blessée, presque distraitement. Le visage de Scott dansait parfois devant ses iris lorsqu'elle secouait la tête trop brusquement ou lorsqu'elle se concentrait trop ardemment afin de détailler chacun de ses traits, mais l'alcool qui coulait dans ses veines n'avait pas la moitié de la capacité de Scott à la réchauffer. Elle ne savait pas ce qui avait bien pu se passer dans sa tête la dernière fois pour qu'elle le laisse partir comme ça, sans répondre à ses avances pourtant limpides.  Trop d'alcool, peut-être. Trop de déceptions en peu de temps, aussi. Néanmoins, elle n'aurait su dire en quoi ce soir-là était différent et elle n'aurait surtout pas su énoncer les raisons qui l'avaient poussée à s'arrêter lorsqu'elle l'avait vu assis là, tout seul. Étrangement, la solitude semblait les avoir rapprochés et Juliette ne regretterait sans doute jamais ce pas qu'elle avait fait dans sa direction cette nuit-là.

Les yeux fermés, la rouquine répondit passionnément au baiser qu'il lui offrait en plaquant leurs deux corps l'un contre l'autre sans trop se préoccuper de la blessure à la main de son partenaire. Les mains de Scott glissèrent audacieusement le long de son corps, mais Juliette ne chercha aucunement à fuir ce contact, bien trop fébrile et impatiente pour le repousser cette fois.

Elle ne put s'empêcher de sourire contre son cou lorsqu'il fit mine de replacer adéquatement la robe un peu trop courte qu'elle portait, vint capturer une nouvelle fois ses lèvres alors qu'elle peinait franchement à s'en détacher.  Sa main s'était glissée dans le creux de sa nuque lorsqu'il mit fin au baiser et elle se blottit davantage contre lui en effleurant délicatement l'épiderme de son cou du bout des lèvres. Elle se mordit la lèvre comme seule réponse lorsqu'il lui demanda où elle voulait en venir, inclina légèrement la tête de côté avant de lui voler un dernier baiser, quelques secondes seulement avant de le laisser se relever. Difficilement, la rousse fit de même en attrapant sa main, chancela bien malgré elle alors que son équilibre se trouvait fortement compromis par ce changement de position soudain. Elle n'avait pas relâché sa main et elle en profita pour se rapprocher un peu et lui dérober un énième baiser enflammé, baiser qu'elle prit l'initiative d'approfondir en glissant ses doigts dans le dos de Scott.

« Je prends pas beaucoup de place, en plus. » s'amusa-t-elle en se détachant finalement de lui pour le laisser la guider au sein des petites rues de Tenby. « Et tu peux bien parler de mon état ! Tu t'es pas vu, toi ! »  

Elle lui offrit un sourire taquin avant d'agripper la main intacte de Scott, se rappela soudain d'un détail plutôt important avant de se retourner et de récupérer la bouteille d'alcool qu'ils avaient laissée derrière. Satisfaite, elle virevolta jusqu'à ce qu'elle se retrouve à nouveau à la hauteur du jeune homme, un petit sourire aux lèvres alors qu'elle s'empressait d'ouvrir la bouteille et de verser un peu d'alcool directement dans la bouche de son partenaire de fin de soirée. Elle se mit à rire avant de s'approcher rapidement pour lécher le liquide qui coulait un peu sur son menton - il faut dire que la précision de la rouquine ce soir-là n'avait d'égale que ses capacités à conserver son équilibre - en profita pour capturer à nouveau ses lèvres dans un baiser enflammé. « C'est long, jusqu'à chez toi. » Elle fit la moue, l'embrassa dans le cou avant de hausser discrètement les épaules; après tout, ils venaient tout juste de se mettre en route.

« Tout le monde dort, tu crois ? » La main serrée dans la sienne, la rousse jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle alors qu'ils se trouvaient devant la maison de la famille de Scott. Elle avait chuchoté pour ne pas qu'on l'entende ou qu'on les surprenne, mais elle s'empressa de l'embrasser dès l'instant où ils refermèrent la porte derrière eux avec pour seule lumière le faible éclat des lampadaires éloignés de la rue.
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MessageSujet: Re: (Juliette) » The Birds of Hell are awaitin' Ven 13 Nov - 19:26


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»
Il l’avait aidée à se relever après quelques baisers et la voyant tituber et avoir du mal à tenir debout, le garçon avait tendu sa main encore mal en point autour de la taille de la jeune fille pour la faire tenir debout et souriant en la voyant se resserrer contre lui pour l’embrasser à nouveau il la laissa faire. Frissonnant au contact de ses doigts dans son dos, et sentant un autre frisson le traverser lorsqu’elle l’embrassa finalement. Scott la tenait par la taille, même lorsqu’elle se détacha de ses lèvres, pour continuer de la guider dans les rues de Tenby et pour être sûr, surtout, qu’elle ne tombe pas. Et en même temps, elle lui servait d’appui. Il ne tomberait pas tant qu’elle ne tomberait pas. Il avait l’air de tenir l’alcool bien mieux qu’elle ; force d’habitude fallait-il croire, et la lâcha enfin pour marcher quelques secondes. « Ce sera à moi d’en juger si tu prends d’la place ou pas. » l’avait-elle taquinée en la regardant, un sourire en coin sur le visage. Il pouffa de rire lorsqu’elle commenta son état et le sien. Et Scott tenta de cacher sa surprise quand elle lui agrippa la main sans rien dire pour quelques secondes, puisqu’elle s’était souvenue de quelque chose de bien plus important que lui, et qu’elle, leur bouteille. Et bizarrement, il se sentait reconnaissant qu’elle pense à la récupérer, même s’il n’avait pas payé pour. Evidemment, il ne se prononça pas. Il n’allait pas se rendre plus ridicule qu’il ne l’était déjà à cause de l’alcool dans son sang qui ne le faisait pas marcher exactement droit. Mais s’il fallait le comparer à Juliette, c’était lui qui aurait eu le plus de facilité à se faire passer pour sobre. Ils marchèrent quelques secondes avant qu’elle ne se décide à lui inonder la gorge, et qu’il la laisse faire en ouvrant la bouche, riant quand il fit trop déborder parce qu’il n’avait pas eu le temps de tout boire. Un sourire le traversa en la voyant, et surtout en la sentant, lécher de son menton ce qui avait coulé. Elle était si passionnée qu’elle transforma ce petit exercice taquin en un autre baiser, que Scott fit se prolonger en lui agrippant le visage de ses deux mains, frissonnant en sentant une faible fulgurance de douleur le traverser dans sa main encore blessée, mais pas assez forte pour le faire arrêter leur baiser.

« Si t’arrêtes pas d’me toucher et d’m’arrêter pour profiter d’moi c’est sûr que ça va être long ! » avait ri le jeune homme en lui passant une main dans le dos alors qu’elle l’embrassait dans le cou et faisait la moue, avant d’hausser les épaules. Il glissa sa main autour de sa taille et continua de la guider dans les rues. Et surtout de s’accrocher à elle pour avoir l’air de pouvoir marcher normalement. Vagabondant avec elle, Scott se sentit lentement devenir plus léger. Comme si le poids de son insurmontable culpabilité venait enfin de cesser de s’alourdir sur ses épaules. Il était enfin parvenu à penser à autre chose grâce à la compagnie de Juliette, qui y mettait du sien pour être au centre de l’attention de Scott. Il n’allait pas explicitement lui en être reconnaissant, il avait bien trop d’orgueil pour ça, mais il la remercierait malgré tout du mieux qu’il puisse. Et de la seule façon qui lui venait en tête ; l’esprit embrumé d’alcool. Un sourire discret sur le visage, la serrant contre elle et traversant les rues avec elle, ils passèrent quelques minutes dans la rue avant de finalement arriver en face de chez Scott, et le garçon se mit à rire lorsqu’elle lui demanda en lui serrant la main dans la sienne si tout le monde était endormi. « Probablement pas. Mais qu’est-ce que ça change ? » Lui dit-il en déposant ses lèvres dans son cou, pour l’embrasser et lui mordiller la peau avec l’esprit taquin. « Mes parents très probablement… Mon frère j’en doute. Il est encore vachement tôt. » avait soufflé Scott contre elle en la faisant le suivre, toujours en lui tenant la main jusque l’intérieur de chez lui. Les enfants Brooke dormaient tard – et parfois pas du tout –, il fallait bien qu’ils soient crédibles dans leur attitude de trouble-fêtes. D’animaux nocturnes. Il lui ouvrit la porte sans trop de discrétion, comme s’ils étaient en plein jour et la laissa entrer avant de suivre et de fermer derrière. Il eut un bref mouvement de recul lorsqu’elle s’empressa de l’embrasser et se conga contre la porte fermée en la laissant continuer, faisant glisser ses mains autour de son bassin en souriant ; l’embrassant à son tour, prenant un peu plus le contrôle dans ce qu’il se passait.

Forcément, lui comme elle avait autre chose en tête. Et se faisant, Scott la fit reculer – et lui avancer – en continuant de l’embrasser avidement, ses mains pressées contre ses hanches. Ce qu’il faisait, et ce qu’ils allaient faire, Scott le savait ; c’était mal. C’était tellement mal qu’il ne pouvait cesser d’y penser. Mais l’alcool, l’envie, et tout l’entrain que Juliette avait eu l’avait motivé à oublier la voix dans le fond de son crâne qui lui criait son prénom. Tant pis. Il supporterait le bruit dans sa tête. Il supporterait les images qui lui sauteraient au visage ensuite. Il supporterait de revoir son visage couvert de sang après l’accident, et lorsqu’il le retrouverait à l’hôpital, il ne lui en parlerait pas. Car même s’il n’allait pas l’entendre dans son coma, ou ne pas s’en souvenir au réveil s’il l’entendait, Scott n’aurait jamais assez de courage pour en parler. Caressant le bas du dos de Juliette de ses doigts qui glissèrent sur sa robe, il la fit avancer avec lui jusqu’aux escaliers qui menaient à sa chambre, juste à côté de celle de Josh d’où on entendait le ricochet tonitruant des touches d’un clavier d’ordinateur. Scott manqua de trébucher en la faisant grimper avec lui, il s’était retourné pour grimper en lui tenant les bras, dos aux marches et glissa plusieurs fois en riant silencieusement. S’efforçant d’être discret pour ne pas trop attirer l’attention de ses parents, qui, eux, dormaient déjà. Et ils glissèrent silencieusement, entre de nombreux baisers dans la chambre de Scott.

Ils ne dormiraient pas, ça non. Mais une fois que ce qui avait à être fait fut fait, Scott resta silencieux. Allongé à côté d'elle, la serrant d'un bras autour d'elle. L'air grave, les yeux plantés sur le plafond. Il était submergé de mauvais souvenirs, d'horribles images en tête qui ne voulaient pas partir et le laisser tranquille.


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