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AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !?

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MessageSujet: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Ven 29 Mai - 1:35




Aiden & Madison
Ne me dis pas que je suis encore collée !?
Ce n’était pas un secret pour personne que je n’aimais pas les cours, peu importe quelle forme ils prenaient, la matière à apprendre, le professeur qui l’enseignait. En fait, j’étais même persuadée que j’étais allergique au lycée, comme j’avais supposée pendant longtemps que j’étais allergique au collège, ou juste allergique à l’école, tout simplement. Heureusement, je trouvais quelque peu de consolation dans les cours où il fallait un peu plus bouger, par exemple les cours de sport, mais aucun d’entre eux ne viendrait remplacer ce qui me rendait réellement heureuse, soit le simple fait de faire de l’équitation, faire ce que je faisais le mieux, faire ce que j’aimais le plus. Cependant, si je voulais ne serait-ce qu’envisager faire ça de ma carrière, je devais obligatoirement passer par cette case désastreuse qu’était l’école. C’était d’ailleurs la seule raison pour laquelle je m’y rendais chaque matin, puisqu’autrement, je ferais bien autre chose, autrement que de perdre mon temps, ou du moins, c’était l’impression que j’avais.

De plus, je me doutais bien qu’à ce point, mes professeurs ne seraient même pas fâchés de ne pas m’avoir dans leur classe, puisqu’ils avaient compris depuis maintenant plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans certains cas et ce, même si j’étais nouvelle de cette année, que je n’avais pas l’intention de leur rendre la vie facile pendant mon passage dans cette école. Certains avaient lâché l’affaire il y a longtemps, ne cherchant plus à me réprimander ou me coincer quand je n’écoutais pas ou que mon visage pour signifier que je m'ennuyais devenait trop évident. D’autres tentaient toujours de me piéger, et il n’était pas rare que de temps à autre, j’attrapais quelques heures de colle, mais dans l’ensemble, ils avaient pas mal compris que cela ne valait pas la peine de s’acharner et de mon côté, je faisais mon possible pour rester dans mon coin et regarder le temps passer sans déranger qui que ce soit, puisque je n’en ressentais plus vraiment le besoin. Sauf à l’exception d’aujourd’hui. En effet, alors que j’étais en cours d’art dramatique, et que je demandais juste à faire ce que j’avais à faire sans que rien ni personne ne vienne me déranger, un des élèves de ma classe et son comportement eut pour effet de carrément me décourager, si bien qu’au final, je perdis tout intérêt pour ce qui se passait, et j’en vins même à songer à me retirer de la production. De toute façon, ce n’était pas comme si j’y faisais quelque chose de significatif, c’était limite pire que de jouer un arbre ou un champignon comme au primaire. Découragée à la base, je le fus alors encore plus au moment où le professeur m’interpella pour rester à la fin du cours. Sitôt, je roulai mes yeux au ciel; ne pensait-il pas que j’avais autre chose à faire ? J’avais une compétition dans un mois, plutôt importante, et je devais prendre toutes les heures d’entraînement que je pouvais avoir, y compris et surtout après les cours. Espérant seulement que je n’allais pas être obligée à rester longtemps, je pris mon temps pour ranger mes affaires – puisque cette fois-ci, cela ne servait à rien de me presser – puis lorsque tout le monde eut quitté la classe, je m’approchai du bureau de l’enseignant, puis je le considérai, les bras croisés, n’ayant même pas envie de dire quoi que ce soit pour entamer la discussion.
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ÂGE DU PERSONNAGE : 32 ans (10 juin)
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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Ven 3 Juil - 21:25

Il m’avait fallu un certain temps pour m’habituer à l’idée d’enseigner. Ironique de la part de quelqu’un qui avait toute sa vie tenté de percer dans le domaine du spectacle, mais je devais avouer que j’avais trouvé difficile de m’habituer à une telle chose que celle de parler devant les autres. Caché derrière mes instruments, mes compositions et les textes d’autrui, je n’avais jamais été vraiment mis à nu devant un public. J’avais recommencé à travailler assez tôt après la mort de ma femme. N’avoir été que de moi, je serais probablement encore caché dans mon studio à la maison à composer en silence parce que c’était moins effrayant que de sortir de la maison. C’était un autre de mes minuscules progrès que je devais à Noah. Cette pensée me traversa alors que sur la pause midi, le nez plongé dans les textes qui composaient le spectacle de fin d’année lequel devrait avoir lieu le 4 juillet au soir à quelques deux semaines de la fin des cours, je fouillais machinalement dans le plat de fruit que mon colocataire avait pensé découpé. J’étais comme un gamin encore. Un gamin de plus en plus fonctionnel dans un monde désespérément adulte.

Je n’aurais jamais pensé que j’angoisserais mais dans cette soirée en raison du nombre impaire d’élèves dans certains groupes ou de la particularité de certains numéros j’aurais besoin de monter sur scène. J’étais à être nerveux et stressé d’une telle chose. Il y avait près de dix-huit mois que je n’avais pas fait une telle chose et ma fille serait dans la salle. Tous des éléments pour me faire stressé comme pas possible. J’en étais à m’assurer pour la quinzième fois donc que tous les numéros étaient là et que j’avais annoté en grande quantités les textes de tous les élèves : MADISON! Le nom me sauta au visage d’un coup sec. J’avais rarement de la difficulté avec une élève comme avec Madison. Mon cours ne visait pas à éduquer : il visait à laisser s’exprimer un élève. Or… PARLANT DE S’EXPRIMER! Elle n’avait pas de numéro. J’étais à angoisser en rongeant mes sangs – pour changer.

Dieu merci, deux semaines, c’était amplement suffisant pour faire corriger une telle chose surtout qu’elle était dans mon cours après le midi. Mon repas terminé, je filais dans la chambre avec une énième tasse de café – ma quatrième de la journée preuve que mes trente-et-un ans avaient frappés avec plus de force que prévus… mes insomnies étaient revenus avec plus de force. Après un exercice de diction, une partie d’exercice de style et une petite pratique plus théorique, je laissais partir les élèves après la cloche. Par-dessus le brouhaha habituel, je dis clairement : « Mademoiselle Lannister, avant de partir passez à mon bureau s’il vous plait. ». J’avais cette habitude d’être probablement toujours un peu trop formel avec mes élèves. Tant pis. Dans ma classe, le vous était à l’honneur. Certains élèves avaient l’utilisation du prénom… sinon j’optais pour l’allure la plus formelle qu’il soit. J’étais né à la mauvaise époque. J’aurais été plus à mon aise au dix-huitième siècle.

Le pas de la brunette était trainant. De toute façon, je n’avais pas tendance à réprimander. J’avais que très peu habitude de coller des élèves. Je ramassais à mon tour mes affaires sans trop me presser. Laura avait une activité à la garderie qui ne finissait que dans une bonne demie-heure et elle me rabattait les oreilles sur cette activité depuis des jours sur ce bricolage alors je n’allais pas faire mon père rabat-joie même si la savoir hors de ma surveillance me rendait profondément anxieux. Lorsque Madison se fut rapprocher de mon bureau, elle me regarda froidement : il fallait que je me lance n’est-ce pas? « Je n’ai toujours pas vu votre mise en scène finale pour votre monologue pour le spectacle de fin d’année. » Ça avait beau être de notoriété publique qu’elle aimait autant l’école que j’aimais les couteaux… mon cours n’était que peu scolarisant – j’y abordais moins les courants en art dramatique que ce que je faisais en musique – ma spécialité universitaire étant la musique. Et puis réprimander n’avait jamais été mon fort… même avec Laura, je peinais comme pas possible. La femme de ma vie du haut de ses trente mois n’avait qu’à sourire pour me transformer en le père en guimauve par excellence. « Dois-je vous rappeler que cela comptera pour votre note finale?», dis-je avec un ton sévère d’enseignant malgré tout.

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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Sam 4 Juil - 15:48




Aiden & Madison
Ne me dis pas que je suis encore collée !?
Même si ce n’était pas pour me coller et que franchement, cette partie m’arrangeait, il n’en demeurait pas moins que je me montrai rapidement agacée par la raison pour laquelle mon enseignant m’avait gardée plus tard que tous les autres élèves. En gros, pour me faire des reproches, comme tous les autres. Il fallait avouer que je ne m’attendais certainement pas à des félicitations, puisque ça, je n’en avais jamais. Même si je n’aimais pas l’école, il m’arrivait quand même de temps à autre de faire un bon coup, ou plutôt, avoir une bonne réponse, laissant bouche-bée le professeur qui s’empressait de se taire et continuer son cours, alors que si la réponse était venue de n’importe qui d’autre, il aurait eu au moins ne serait-ce qu’un sourire. Cela semblait être une situation difficile à vivre, mais à ce point, je m’en moquais complètement. J’avais l’habitude, et le moins on me dérangeait, le mieux c’était. Par contre, là, j’étais dérangée, et par conséquent, je n’avais pas envie de me montrer très collaborative, surtout dans ce cours qui faisait encore moins de sens que les autres. Les yeux levés au ciel, je gardai les bras croisés, et pour toute réponse, je me contentai de hausser les épaules. Non, je ne l’avais pas présentée, je n’avais même pas commencé à y penser, et alors ? Dans les exposés, j’improvisais toujours, et je m’en étais toujours bien sortie, je ne voyais pas pourquoi cela ferait une différence dans le cas présent. Blasée, je ne flanchai même pas au moment où mon enseignent me rappela que cette prestation allait compter pour ma note finale. Franchement, dans ma tête cela ne changeait rien; ce fameux monologue ne venait en rien me chercher. Il ne me touchait pas, il ne me faisait pas envie, alors mise en scène ou pas, cela ne changerait absolument rien, j’aurais une note certainement peu potable au bout du compte. Par conséquent, autant ne pas perdre mon temps là-dessus et me concentrer sur certaines choses qui pourraient me rapporter au bout, par exemple cette compétition d’équitation qui pourrait me permettre de me faire remarquer pour l’université. J’étais d’avance pour le coup, je le savais, mais il valait toujours mieux s’y prendre d’avance, surtout si je voulais m’assurer de décrocher cette place dans une équipe que je voulais tant. Ça, pour moi, c’était important, beaucoup plus qu’un monologue pourri d’art dramatique. Et ça, je crus bon de le faire sentir à mon professeur en affirmant, d’un ton détaché : « Je sais. Mais ça change quoi que la mise en scène soit faite ou non ? Je vais déblatérer dix lignes et voilà. » J’espérais sincèrement que sa réponse ne deviendrait pas un monologue en soi, puisque j’avais mieux à faire qu’entendre la nécessité de la mise en scène. De ce que j’avais vu pendant le cours, cela me paraissait être plus une excuse pourrie pour perdre du temps en classe, le rendant encore plus long, encore plus pénible qu’à l’habitude, ce qui expliquait pourquoi je me montrais aussi dépassée à cet instant précis.
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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Dim 26 Juil - 2:23

J’avais de la chance. J’enseignais une matière que j’aimais très honnêtement et qui, au contraire des matières dites scolarisantes comme les mathématiques ou les langues, permettaient aux jeunes de tourner un peu leur cerveau embrumé par plus de matière que ce qu’on pouvait penser pour se dédier entièrement à leur imaginaire. Oh! Chacun de mes cours avait un volet théorique : sauf qu’à part décrire l’historique des différentes techniques d’art que nous traversions dans le cours de théâtre, je n’étais pas nécessairement intéressé à faire un grand descriptif. Les laisser explorer était mieux. Le plus ironique était probablement qu’adolescent je n’aurais jamais eu l’audace de faire un cours d’art dramatique. Je préférais la musique au théâtre. Néanmoins, considérant que j’avais choisi l’option arts musicaux et théâtral au lycée que j’avais fréquenté avec une bourse, je n’avais pas eu le choix. Et j’avais conscience que de pousser quelqu’un sur scène n’était pas la bonne solution. Aucun des élèves qui montreraient sur scène n’aurait à se sentir humilié et cela passait par un suivi des plus complet à l’image de celui que j’effectuais à cet instant auprès de la jeune demoiselle.

Je ne pus retenir un air choqué lorsque l’élève me regardant dans les yeux déclara : « Je sais. Mais ça change quoi que la mise en scène soit faite ou non ? Je vais déblatérer dix lignes et voilà. » Est-ce qu’elle pouvait vraiment être en train de me dire une chose du genre et croire qu’il n’y aurait pas de conséquences? J’avais beau avoir la réputation d’être un professeur calme, j’avais fait des efforts pour pousser mes élèves à l’extérieur de leur zone de confort sans trop les brusquer et je m’étais montré d’une patience sans égale à son égard sauf que ma voix montra une certaine tension qui n’était pas invisible: « Pardon mademoiselle Lannister… mais ça en changera beaucoup. ». J’expirais avec une certaine force.

Non seulement ma perception sur l’élève avec qui j’avais travaillé fort était en train de changer mais aussi sa note. Je ne voulais pas mettre en péril les efforts que j’avais faits pour bâtir avec elle une relation qui tombait de sens : prof élève avec une certaine confiance entre elle et moi. Le fait était que je prenais mal de manière générale le fait d’être trahi et abandonné par qui que ce soit même si c’était une élève qui ne me devait rien. Sauf que je savais que Madison n’aimait pas l’école. C’était profond comme frustration. Indéniable en un certain sens. Parce que mon cours n’était pas éducatif. C’était un loisir et une activité… « Je sais très bien que l’école ce n’est pas ta tasse de thé et que tu n’as aucun intérêt pour l’école mademoiselle. » Je réussis à calmer ma voix qui s’était emballé sous l’impact que ce que j’avais eu à faire. Je savais que ce n’était pas une bonne idée de m’y prendre de cette manière : J’avais une fille de deux ans et assez d’expérience dans la matière pour savoir qu’aucun enfant ne fonctionnait sous la menace même ma fille qui était pourtant avec moi d’un tempérament assez soumis. « Mais mon cours est quasiment impossible à échouer… et si je n’ai pas vu ta mise en scène d’avant et que ce n’est pas au niveau, tu ne présenteras pas devant des gens. » C’était hors de question que je présente un numéro qui n’était pas au minimum présentable. Et personne n’improviserait sur la scène que j’avais intention de faire ériger dans le gymnase. C’était pour cette raison que j’avais vu les textes, supervisé plus de rencontres que ce que j’aurais cru possible et donné plus de commentaires positifs qui étaient essentiel. Non seulement leur nom et leur réputation était pour être à risque… mais j’avais aussi beaucoup investi dans la soirée et Noah me gérait depuis assez longtemps pour savoir que j’aurais de la difficulté à me relever d’un échec de ma soirée. « Parce que je te jure que personne ne s’humiliera sous le principe de mon cours et en particulier pas moi.», déclarais-je d’une voix assez claire et précise en face de mon élève. Pas moi. Je m’étais fait assez souvent humilié.

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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Lun 3 Aoû - 14:43




Aiden & Madison
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Je me savais particulièrement insolente, voire même chiante sur les bords, mais au fond, je n’étais pas méchante. Je provoquais parfois les gens, mais je ne le faisais pas pour me prendre des représailles à chaque fois. C’est ce qui expliqua pourquoi, lorsque je vis que j’avais clairement offusqué mon enseignant avec mes propos, je me rétractai quelque peu, pinçant les lèvres pour ne pas ajouter quoi que ce soit quand il me dit que oui, cette fameuse mise en scène avait de l’importance pour lui. Non pas parce que j’acquiesçais, mais plutôt parce que je savais que si jamais je me l’ouvrais encore, alors j’étais susceptible de me faire plus que réprimander. Me faire coller ? Me faire suspendre ? C’était des possibilités plutôt plausibles dans mon cas, et en ce moment, elles ne pouvaient pas arriver. Certes que la suspension me donnerait plus de temps pour aller m’entraîner pour la compétition, mais ça ferait une tache à mon dossier qui serait susceptible de tout changer et que, pour cette raison, je préférais éviter. Gardant alors le silence, je laissai l’opportunité à l’enseignant d’affirmer qu’il était au courant que j’aimais pas l’école. En me disant cela, Aiden ne m’apprenait absolument rien, ne me faisait ni chaud, ni froid. Ça, c’était déjà écrit dans mon dossier scolaire, dans les listes de groupe, absolument partout, c’était sûr et certain. Indifférente, je le demeurai encore au moment où il me menaça de ne pas présenter mon monologue au spectacle de fin d’année si je ne le préparais pas. J’aurais pu avoir peur de justement, ne pas monter sur scène, mais en fait, je m’en moquais. Non pas que j’avais peur des foules ou quoi que ce soit, parler devant des gens n’avait jamais été un problème pour moi, mais parce que je me disais que si je ne passais pas devant tout le monde, alors ce serait tant mieux à la fois pour moi, puisque je n’aurais pas à me casser la tête pour cela, mais aussi pour le professeur, qui n’aurait pas une crise cardiaque à s’efforcer de me convaincre que je me devais de bosser sur ce fameux numéro qui ne me disait rien du tout. Malheureusement, ce n’était visiblement pas comme cela qu’il voyait la chose, et je le sus grâce à ce dernier propos qu’il tint en parlant d’humiliation, non de la mienne, mais surtout de la sienne. À cette phrase, je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils, me demandant pendant un instant si ce n’était pas une frustration de jeunesse qu’il laissait ressortir sur le coup de la colère ou quelque chose dans le genre. J’aurais très bien pu lui demander si c’était le cas ou non, mais je me savais déjà sur la sellette, alors il valait mieux ne pas en ajouter. Ce que je ne me gênai toutefois pas de dire par contre, ce fut : « Mais je ne comprends pas pourquoi vous y tenez tant, à votre fichue mise en scène ! C’est un monologue ! C’est long, c’est ennuyant, et franchement, je ne vois aucun intérêt de parler de fleurs et d’abeilles qui butinent pendant dix minutes ! Donc que je fasse trois pas à gauche et quatre à droite pendant que je le dis, ça restera toujours pareil : Long, et ennuyant ! » Par ces mots, je venais fort probablement de trahir ce qui me chicotait le plus dans tout cela, à savoir le fait que pour moi, ce monologue, je m’en moquais complètement. En art dramatique, ne valait-il pas mieux que la personne se sente ne serait-ce qu’un peu touchée par les propos qu’elle tient ? Enfin, certains acteurs pouvaient faire absolument tout, y compris dire des trucs contraires à leurs propres convictions, mais moi, je n’étais pas une actrice. Je n’étais qu’une lycéenne profondément ennuyée qui n’avait pas envie de faire cet exercice, surtout qu’en y réfléchissant, « Au fond, la plus humiliée dans tout cela, ce serait moi. » Et ce, je le disais en étant parfaitement consciente que le ridicule ne tuait pas, mais il y avait des limites à respecter pour garder ne serait-ce qu’un peu d’amour-propre, quand même.
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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Ven 14 Aoû - 20:40

J’aimais enseigner mais jamais au grand jamais je n’aurais postulé que le but d’un cours d’art était d’humilier les élèves qui y participaient. Le but était de les amener un peu plus loin. Ce que je trouvais le plus satisfaisant dans le fait de travailler avec des jeunes était de justement arriver à quelque chose de totalement imprévu avec un de ces jeunes. Ça pouvait être très simple. L’élève timide qui réussissait à faire un oral dans un cours sans aucun rapport avec le mien parce que certaines des techniques que j’avais enseigné. Madison était du nombre des victoires que j’aurais aimé avoir auprès des élèves qui fréquentaient mes cours : je savais qu’elle n’aimait pas l’école et j’avais fait de mon mieux pour ne pas perdre les pédales pendant toute l’année scolaire. OH! Bien sûr que Noah en avait enduré des vertes et des pas mûres, des crises où je pestiférais contre l’attitude parfois outrageuse ou simplement irrespectueuse de certains élèves. Mais je n’avais pas sorti le fameux cahier qui contenait la longue liste des colles possibles pour les jeunes. Même pas pour Madison. Mon cœur se serra alors que je l’écoutais me dramatiser en bonne comédienne presque qu’elle ne comprenait pas pourquoi je m’acharnais à avoir des attentes à l’égard de son monologue et que ces fameuses attentes étaient bien simples : juste voir sa mise en scène m’assurerait que tout le monde s’en tirerait indemne à la fin. Et mon cœur tout entier se serra en l’entendant affirmer qu’elle serait sans doute au final la plus humiliée.

Ce n’avait jamais été mon but d’humilier qui que ce soit. Les arts avaient pour moi toujours eu un petit côté salvateur qui ne rimait absolument pas avec l’humiliation. Sans avoir eu la musique, la littérature et le théâtre, je n’aurais jamais rencontré Amy, ne me serais jamais marié et n’aurais jamais eu ma fille. Les arts avaient fait de moi un homme un peu moins timide et fermé sur lui-même. Je soupirais doucement en passant une main sur mes yeux avant de déclarer doucement : « J’y tiens parce que justement je ne veux pas que la plus humiliée ce soit vous au final. » Je n’avais pas de tel objectif. Pourquoi aurais-je voulu faire une telle chose? J’aimais d’amour l’art que j’enseignais. J’aimais le côté salvateur qu’avait le théâtre. Même si je n’arrivais pas sur scène à m’exprimer sur mon deuil et sur la disparition de ma femme, j’avais une certaine volonté de plus pour parler. Faisant un effort surhumain, je choisis d’aborder avec un peu d’humour le fameux principe de l’humiliation qu’encourageait mon cours : « Le but de mon cours n’est pas d’humilier personne. Je serais devenu prof de sport si tel avait été mon dessein! » J’eus un petit sourire.

J’avais personnellement détesté les cours de sports et j’en gardais encore aujourd’hui un souvenir qui était tout ce qui a de plus amer. L’élève gauche qui s’évadait du local pour aller se réfugier en classe de musique et passer du temps avec le piano ça avait été moi pendant tout le lycée. Je préférais faire ce qu’il me plaisait même si ça ne rimait pas nécessairement avec ce que les autres s’attendaient de moi. Et naturellement, j’avais eu mon Noah qui m’avait tiré dans les cours pour ne pas que j’échoue lamentablement les cours. Calmant mon éclat de rire, j’affirmais doucement : « Je te jure que tel n’est pas mon but… J’ai fait carrière assez longtemps dans ce métier pour te dire que même le plus timide… » Même si je n’en avais pas l’air en cours parce que je parlais, c’était le cas. Peu des gens qui m’entouraient savaient véritablement ce que je pensais la plupart du temps. C’était le côté musicien probablement. Je faisais un véritable effort à chaque fois que je donnais un cours. Ce que je n’aurais pas pu faire. « … le plus discret peut retirer beaucoup de s’exprimer. » C’était ce que j’avais voulu transmettre à mes élèves et ce que je n’avais pas réussi. Je soupirais doucement. Me rendant à l’évidence de l’échec que j’avais à son égard, je choisis que je n’allais pas tordre le bras de personne pour qu’elle ne monte sur scène. Ce n’était pas une bonne chose mais néanmoins, je dis : « Mais si tu n’as rien retenu de ce que j’ai dit depuis le début de l’année, tu ne présentes pas et c’est tout. »

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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Jeu 3 Sep - 23:38




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Je ne savais pas si c’était moi qui n’étais pas assez claire ou bien si c’était mon enseignant qui ne comprenait rien à ma situation, mais j’avais l’impression que cette discussion ne menait pas à grand-chose. Alors que moi, je ne voulais pas faire ce monologue parce que justement, je ne le sentais tellement pas que je savais que mon amour-propre allait en prendre un coup, mon enseignant me répondait en me garantissant que ce ne serait pas une humiliation, que ce n’était pas son but, autrement, il serait devenu professeur de sport. À ce premier propos, je ne pus m’empêcher d’avoir un petit sourire. Limite, le cours de sport, il ne m’humiliait pas. C’était le contraire; c’était le seul cours où je brillais vraiment, le seul cours où l’enseignant m’appréciait à un tel point qu’il ne comprenait pas pourquoi les autres tenaient de mauvais commentaires à mon sujet. Ça, c’était toutefois un détail qui ne comptait pas vraiment dans la situation actuelle, même si, compte tenu de comment la discussion déraillait, ça n’aurait pas été si hors-sujet que cela. En effet, lorsque je me rendis compte que monsieur Holmes était parti dans un discours comme quoi l’art dramatique permettait aux plus timides de sortir de leur coquille d’huître, je compris que je l’avais perdu, qu’il n’avait pas vraiment compris le pourquoi du comment je m’opposais si farouchement à travailler pour le cours, pour ce travail en particulier. Soupirant discrètement à ce propos, je ne dis rien, laissant alors l’opportunité à l’homme de me faire une proposition qui, dans un premier temps, me ravit; ne pas faire ce fameux numéro, oublier le tout. Dans le cas présent, ça n’aurait pas pu être parfait, mais je me rendis compte bien rapidement que quelque chose me chicotait dans cela, à savoir le fait que pour ne pas le faire, il fallait que je n’aie rien retenu de son cours, quelque chose comme ça. Et ça, malheureusement, ce n’était pas vrai. J’étais malcommode, je le savais, mais je n’étais pas une menteuse, et je ne vivais pas avec mes mensonges – d’où le fait que les professeurs me trouvaient plus crue qu’autre chose – et là, dire que je n’avais rien retenu serait un mensonge. En effet, art dramatique était le seul cours, ou presque, où je prêtais une quelconque attention, parce que justement, il n’y avait pas de notes à prendre, pas d’examen écrits et par conséquent, la classe était plus susceptible d’attirer mon attention. C’est ce raisonnement qui expliqua pourquoi j’en vins à dire, ou plutôt marmonner : « C’est pas que je n’ai rien retenu du cours… » D’accord, il y avait aussi le fait que même si je détestais mes cours, je devais maintenir une certaine moyenne pour entrer à l’université en sport, mais ça, c’était ma propre affaire, et je n’allais pas m’abaisser au fait de lécher les bottes de mon enseignant pour y arriver. Cependant, il n’y a pas grand-chose que je pouvais faire dans la situation présente pour remédier à tout cela. Soupirant et roulant les yeux au ciel, je finis par conclure que le mieux était d’être franche, et si jamais cela ne servait pas, alors je me débrouillerais autrement. Je finis alors par dire : « En fait c’est juste que ce monologue, il ne me dit rien du tout. Je le lis et je m’ennuie ! Donc essayer d’imaginer une mise en scène pour, je ne peux juste pas ! Je n’ai pas envie, je ne peux rien y faire, voilà. » Sur ces mots, je croisai mes bras sur ma poitrine, puis je regardai mes chaussures un instant en ne sachant pas ce que ma franchise pourrait donner, sauf peut-être m’attirer la colère de l’enseignant, mais au moins, il savait ce que j’en pensais, et je ne serais pas passée par quatre chemins, ce qui était le mieux pour moi dans la situation présente.

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PROFESSION : professeur de musique et d'art dramatique
REPUTATION : Vous avez vu les nouvelles? Sa femme a été assassiné et il était une victime lui aussi. Depuis qu'il est revenu de Liverpool, il est seul... Vous avez pas vu le boulanger avec qui il était toujours?



MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Sam 12 Sep - 23:31

Je n’arrivais pas à m’empêcher de trouver la discussion avec mon élève particulièrement difficile – j’étais d’ailleurs passablement convaincu que Noah tolérerait une longue, longue et longue discussion pour le moins pénible sur le fait que je n’aimais particulièrement pas travailler auprès d’adolescents qui ne savaient pas parler quand on leur demandait leur opinion. J’aurais probablement d’ailleurs le droit en retour de cette frustration transmise à mon meilleur ami à un long discours sur comment mes parents avaient dû se sentir pendant l’ensemble de mon adolescence quand je refusais de m’exprimer autrement qu’en plantant sur une partition ou sur un innocent instrument de musique les frustrations, colères, joies et tristesses que mon corps d’adolescent de quatorze, quinze, seize, dix-sept ans ressentait. S’il était vrai que j’avais été l’exemple même de ne pas parler pour trouver d’autres manières d’exprimer comment se sentait un adolescent, j’avais communiqué avec mes parents plus que cela ne paraissait. Dans une maison peuplée de musiciens, tous trois légèrement dysfonctionnels, un silence avait un sens et chaque mélodie était porteuse de bien plus que ce que le compositeur avait voulu donner comme impression aux notes. Oh ! Que oui ! Le claquement de porte qui précédait l’interprétation amère dans ma chambre de la neuvième symphonie de Beethoven ne signifiait pas seulement un rejet de mes parents à l’époque. C’était ma manière de hurler sans hausser le ton. De la même manière que de composer encore aujourd’hui permettait de faire le vide et le tri dans mes idées. Je m’étais donné comme mission d’aider les jeunes qui se trouvaient dans ma classe. De leur donner une voix. Parce que je n’avais jamais vu mon cours comme étant un cours fermé et qui pousse les jeunes à aller contre leur nature. L’art n’avait jamais représenté ça pour moi. L’art était dans son essence même liberté : d’expression, de penser, de presse. C’était pour cette raison que j’avais amené mes élèves à écrire eux-mêmes les textes qu’ils présenteraient dans l’éventualité où ils ne trouvent rien dans la littérature qui les intéressent. C’était ce qu’avait fait la jeune demoiselle après tout… et je trouvais quelque peu déplacée qu’elle ne se trouve pas dans une posture où elle ne se sentait pas confortable. Voilà alors que je me retrouvais à dire quelque chose que je trouvais si peu logique pour moi. « Tu n’aurais pas pu me le dire avant, n’est-ce pas ? » grondais-je doucement.

Je ne pus me retenir un petit marmonnement à peine audible pour la jeune femme. Oui, j’avais une frustration qui n’était simplement pas explicable auprès d’une jeune demoiselle. « J’avais ouvertement fait un point d’honneur de mettre en avant le dialogue. » Parce qu’après tout c’était quelque chose de très facile non ? J’avais insisté encore et encore. Je m’étais répété jusqu’à me tomber sur les nerfs. Et j’étais certain que mon message avait clairement été passé. Le fait de me faire confirmer que mes efforts avaient été inutiles était passablement difficile à gérer pour moi. Je n’aimais pas travaillé pour rien et c’était l’impression que je ressentais dans ce dialogue de sourd avec mon élève. Lentement, je laissais glisser ma main sur mon visage. Je n’aimais pas échouer – c’était l’artiste professionnel qui parlait ici. Écrire une pièce et y travailler pendant des heures pour réaliser que ça n’allait pas. Avoir à recommencer encore et encore. Travailler avec des jeunes pourtant pouvait mener à l’échec. Nous ne sommes maîtres que de nos propres actions et malgré toute volonté que nous pouvons avoir – contrôler autrui ne se peut pas et n’est que nullement utile. Je croisais les bras et levais les yeux au ciel. Tant pis… j’abandonnais cette bataille : lâchement. Sans appel. Sans question. Même si je détestais ça. Même si je le ressentais comme un échec qui n’avait aucun sens. « Je n’arrive pas à corriger un élément du genre aussi rapidement. » Je n’étais pas un magicien. Et j’étais capable d’admettre les limites de mes capacités. La déception était toutefois visible dans mes yeux lorsque je lui donnais son point abandonnant la bataille : l’orchestre de jazz remplacerait sans doute le blanc que cela laisserait dans le numéro de fin d’année. « Tu ne présenteras pas… c’est correcte… »

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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Ven 18 Sep - 16:05




Aiden & Madison
Ne me dis pas que je suis encore collée !?
Je ne fus pas vraiment surprise de voir mon enseignant être frustré de ce que je venais de lui avouer, mais en maintenant, je n’en étais pas nécessairement fière non plus. D’accord, je lui avais dit ce que je pensais par rapport à ce fameux monologue, mais il ne pouvait pas dire que c’était vraiment une surprise; ce n’était pas comme si c’était la première fois que je levais le nez sur celui-ci en cours, que je ne faisais clairement pas d’efforts pour imaginer une quelconque mise en scène alors que tout ce que je voyais, c’était moi, plantée devant tous ces gens, à réciter un texte comme un politicien récite un texte barbant devant un public en ne croyant pas une seconde ce qu’il était en train de dire. Là, c’était la même chose; de belles paroles, des phrases bien tournées, mais rien qui ne signifiait quoi que ce soit, rien qui me faisait sentir une quelconque émotion, une quelconque envie de décrier ces mots. Peut-être que cela faisait de moi une très mauvaise actrice, mais dans ma tête, dire des choses auxquelles on ne croit pas revient au même que jouer les hypocrites, et ce n’était pas fait pour moi. Quoiqu’il en soit, maintenant, il était évident que j’aurais peut-être dû faire un effort, marcher sur mon orgueil pour faire ce fameux texte et ne plus en parler, parce que maintenant, mon honnêteté jouait contre moi; non seulement mon enseignant était fâché, en venant à me reprocher de ne pas lui en avoir parlé avant, ce à quoi je répondis en marmonnant dans un haussement d’épaules : « Ce n’était pas un secret pour personne quoi… » mais je n’allais pas plus loin dans mes propos, ne voulant certainement pas empirer mon cas. Gardant alors le silence, je ne m’attendais pas à un miracle. Limite, je m’attendais à ce qu’il m’engueule et m’oblige à le faire, sous peine d’avoir une mention à mon dossier ou quelque chose du genre, ou bien être obligée de trouver autre chose, de travailler dessus comme une malade pour être prête à temps, mais finalement, il ne se passa rien de tout ça. À la place, au bout de ce qui m’avait semblé un très long moment de réflexion, l’enseignant en vint à me dire que non, il ne ferait rien pour corriger cela, et que je n’allais pas présenter. Dans d’autres circonstances, j’aurais pu me montrer soulagée, mais puisque ses propos précédents, à savoir que je n’avais pas à présenter si je n’avais rien compris – et je lui avais fait comprendre que ce n’était pas le cas – je n’étais pas vraiment confortable avec tout ça. Pour le signifier, mes épaules s’affaissèrent d’elles-mêmes, et tout ce que je trouvai à dire, ce fut : « Et je vais échouer le cours, c’est ça ?! » Gardant les bras croisés, je tentai tant bien que mal de cacher ma nervosité à cette idée. Il faut dire que je l’aurais cherché, c’était certain, mais je ne voulais pas en arriver jusque-là, quand même. Embêtée, je pinçai les lèvres pour ne pas dire quoi que ce soit en plus, préférant attendre la réaction de mon enseignant avant de rétorquer, même si, malgré tous, plusieurs scénarios se formaient dans ma tête. Serais-je obligée, au final, de faire ce fameux numéro, tout ça pour ne pas échouer ce cours ? Cela m’embêtait, mais si je n’avais pas le choix… Soupirant à cette pensée, je tentai de me convaincre d’attendre, histoire de voir ce qui allait en être.
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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Lun 5 Oct - 1:08

C’était peut-être l’âge qui me faisait ça. Peut-être cette fameuse trentaine qui s’était imposée d’elle-même comme un poids que je n’aurais pas pensé avoir à porter depuis un certain moment… ou le manque de constance de mes nuits depuis de trop nombreux mois qui commençait à me peser. Je n’avais pas tendance à montrer ma déception face aux élèves. Mais je me sentais quelque peu trahi face à la jeune femme. Je savais toutefois que ma colère ne servirait à rien.

Je n’étais pas le genre d’homme qui haussait le ton. Même avec ma fille, je n’avais pas tendance à crier pour quoi que ce soit. La discipline sur ma petite princesse, je la faisais de mon mieux… mais elle n’avait qu’à me regarder pour que je change mon fusil d’épaule. Elle était gâtée ma fille et je le savais. Et en un certain sens, certains des enseignants que j’avais eu aurait servi un savon beaucoup plus amer à la jeune demoiselle que ce que j’étais en train de faire. Tout le monde le savait visiblement qu’elle méprisait le texte qu’elle était pourtant sensé rendre sur scène dans quelques semaines. Tout le monde… mais ce n’était pas mon cas. Elle n’était pas la seule élève dans ma classe. Le fait qu’ils étaient plusieurs dans la même situation rendait l’échange quelque peu complexe. Je ne pouvais pas tous les voir. Même si j’avais de nobles intentions… même si j’avais fait de mon mieux pour ne pas en échapper. Ramassant mon cartable pour me préparer à aller dans la salle des prof, je constatais mon erreur : « Ne prends pas pour acquis que l’enseignant sait… Tu n’es pas la seule dans le groupe, mademoiselle. » L’aveu était un peu sec. Tant pis… je n’avais pas envie de faire nécessairement dans la dentelle quand elle non plus n’avait pas fait dans la dentelle.

Je me mordis toutefois les lèvres… je devrais trouver un moyen de l’évaluer parce que j’avais l’intention d’évaluer la plupart des élèves lors du spectacle de fin d’année. Ceux de la section théâtre du moins. Mais que diable allais-je pouvoir faire. Il ne me fallut pas très longtemps pour voir la panique dans le fond des yeux de la jeune demoiselle qui me demandait si j’allais nécessairement lui coller un beau gros zéro. Non… je n’étais pas ce genre d’enseignant. Mon cours ne visait pas à niveler par le bas ou à limiter – c’était un cours de niveau lycée… pas un cours universitaire. Avoir enseigné au niveau où ma formation me prédisposait… sans hésitation, je l’aurais mis en échec. Mais je ne voulais pas lui bloquer la moindre des portes. Lentement, je soupirais et passais lentement une main sur mon visage. Il fallait tant de diplomatie pour enseigner. Tant de sagesse en un sens… et Dieu seul savait que je n’étais pas sage… j’étais un observateur patient… mais je faisais des erreurs dans ce boulot parce que ce n’était pas à la base ma vocation première : J’avais un respect plus grand encore pour des hommes et femmes qui dédiaient leur vie entière à l’enseignement. « Je vais trouver un moyen de te faire passer ou une autre évaluation… » Je ferais un bilan global des notes qu’elle avait obtenu au courant de l’année pour voir si j’étais capable de niveler la note afin de lui donner le minimum requis pour qu’elle puisse passer son année dans mon cours : mais si la moyenne ne lui permettrait pas de passer, je lui enverrais probablement un courriel avec un texte de ma composition ou de la composition d’un de ces grands auteurs dont j’avais parlé au courant de cette année scolaire. J’avais des plans de secours. J’avais des options que je pouvais évaluer et sous peser pour arriver à lui donner une chance égale aux autres. Remontant mon sac sur mon dos, je déclarais : « File… je te reviendrais la dessus au prochain cours. »

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MessageSujet: Re: AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !? Jeu 8 Oct - 21:06




Aiden & Madison
Ne me dis pas que je suis encore collée !?
Le commentaire de l’enseignant me fit clairement comprendre que pour lui, ce n’était pas évident que je n’étais pas intéressée par ce dit monologue, ce qui eut pour effet à la fois de me laisser indifférente, mais de m’embêter aussi un peu, quand même. Me laisser indifférente parce que ce n’était pas nouveau qu’un enseignant ne me portait pas suffisamment attention. Bien souvent, les enseignants préféraient ignorer que j’étais dans leur classe, parce que si jamais ils tentaient de me rappeler à l’ordre, bien souvent, c’était là que les ennuis commençaient. Cependant, je fus quand même embêtée parce que j’avais fait quand même certains efforts dans ce cours – surtout quand j’y trouvais un certain intérêt, ce qui était arrivé, il me semblait, à quelques reprises pendant l’année – et malgré tout, mon professeur ne m’avait pas assez portée attention. C’était une façon particulièrement égoïste de voir les choses, j’en étais bien consciente, d’où le fait que pour le coup, je choisis de me taire, sentant que de toute façon, plus je parlais, plus je m’enfonçais. Maintenant, je me retrouvais limite acculée au pied du mur, me retrouvant soudainement en risque d’échec. Enfin, dans ma tête, c’était comme cela que je le voyais, et que je le vis pendant plusieurs longues minutes. Comment faire autrement après tout ? Aiden venait de me dire que je n’allais pas présenter au spectacle de fin d’année, alors comment pourrait-il m’évaluer ? Tendue, je demeurai dans cet état d’esprit jusqu’à ce qu’il me dise que non, il allait tenter de trouver un moyen de me donner la moyenne, ou bien trouver une autre façon de m’évaluai. Sans que je ne sache le réprimer, je soupirai de soulagement, murmurant un : « Merci. » sans savoir s’il était décidé à mes pensées de s’être calmées soudainement ou bien à mon enseignant de me faire cette faveur, d’une certaine façon. Toutefois, avant que je lui demande quelconque détail sur la dite évaluation, il prit son sac, me demandant de partir, que je saurais le tout au cours suivant. Acquiesçant d’un signe de tête, je pris mon propre sac, et plus timidement que je ne l’avais probablement jamais fait, je dis : « Bonne journée. » avant de quitter la salle de classe d’un pas rapide, sachant très bien que j’aurais couru si cela n’avait été que de moi. Évidemment, je ne le fis pas, mais je m’empressai toutefois de prendre mes affaires et quitter le lycée pour me rendre au ranch, me disant que me changer les idées serait plus que bienvenue, compte tenu de ce qui s’était passé.

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AIDEN ▬ Ne me dis pas que je suis encore collée !?

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