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JULIETTE ▬ No one wants to be alone

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MessageSujet: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Jeu 21 Mai - 15:01




Juliette & Madison
No one wants to be alone

En septembre, cela ferait un an que j’étais à Tenby. En septembre, cela ferait un an que j’étais venue ici avec ma mère dans l’espoir de rencontrer mon père pour la première fois, même si cela signifiait qu’il faudrait qu’il apprenne mon existence et que les choses ne se passent nécessairement pas comme dans les films tout mignons ou tout semble absolument parfait, malgré les circonstances qui ne le sont clairement pas. Bien sûr, je ne m’attendais certainement pas à une rencontre comme dans les films, du genre « Je t’ai cherché toute ma vie » alors que ce n’était pas vrai, et j’étais consciente que cela pouvait prendre du temps avant que ma mère ne retrouve son petit-ami d’il y a seize ans et qu’elle lui apprenne ce qui s’était passé après qu’ils furent séparés de force, selon ce qu’elle m’avait expliqué. Cependant, je m’attendais au moins à ce que quelque chose se passe, et là, depuis quelque temps, rien du tout. Ma mère avait retrouvé mon paternel, mais apparemment, celui-ci ne voulait avoir rien à faire avec moi, me laissant alors encore attendre et espérer alors que j’étais en train de perdre tout espoir et que je me demandais si traverser un océan était réellement une bonne idée, au final.

Cependant, puisque je n’osais pas vraiment en parler à ma mère et la décourager alors qu’elle avait fait tous ses efforts pour me faire plaisir, j’étais seule avec ses pensées, et il me fallait vivre avec au travers de mon quotidien, quotidien qui, mine de rien, me paraissait de plus en plus lassant. Le lycée, je n’en parlais pas, c’était un cauchemar de tous les jours avant même que je perde mon enthousiasme à l’idée de retrouver mon géniteur, mais même les entraînements d’équitation n’étaient plus aussi efficaces qu’avant pour me sortir de mes pensées ne serait-ce qu’une heure ou deux. Bien sûr, cela me procurait toujours un certain bonheur, mais pas autant qu’à la normale, et pour tout dire, cela commençait à me faire peur, à un tel point que je me demandais si je ne devrais pas en parler, même si je ne savais pas trop vers qui me tourner, et dès que je me retrouvais sans rien à faire, cela me rendait tout simplement dingue.

C’est ce qui expliqua pourquoi, en cette journée toute simple pendant laquelle j’aurais dû rester à la maison et faire mes devoirs pendant que ma mère travaillait, je compris que je ne pouvais tout simplement pas rester chez moi comme cela, dans le silence. Choisissant finalement de laisser de côté les exercices de mathématiques et la rédaction de français en me disant que je pourrais très bien les bâcler le lendemain, ou quelques minutes avant la remise, je verrais bien en temps et lieux, je me changeai, pris mes affaires, et je me rendis à vélo jusqu’au ranch, me disant que cela ne pourrait pas me faire de mal, me promener pendant quelque temps avec Wildfire. Pas m’entraîner, puisque normalement, c’était journée de repos, mais retourner aux bases, tout banalement. Peut-être que cela, ça pourrait m’aider. Sitôt arrivée sur place, je laissai mon véhicule à deux roues à l’endroit désigné pour, puis j’ignorai la surprise des employés de l’endroit, me contentant de me diriger tout de suite vers l’écurie pour y retrouver mon fidèle étalon, qui, comme toujours, content de me voir, ne se fit pas prier pour que je commence à m’affairer à lui mettre sa scelle, même s’il trouverait certainement que cela changeait de d’habitude. Enfin, je ne savais pas, je ne lisais pas ses pensées, mais peut-être que cela ne lui ferait pas de mal, à lui aussi ?
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Dim 31 Mai - 3:19

« Thunder, sois gentil ! » maugréa la jeune femme avant d'éloigner son cheval du chien un peu trop curieux qui se dressait sur leur chemin en consolidant sa prise sur la bride de l'animal. Son cheval n'était pas particulièrement affable avec les autres animaux et Juliette ne savait plus comment lui faire comprendre qu'il n'avait rien à craindre. Elle caressa délicatement l'encolure de Thunder pour le calmer, le fit avancer au trot jusqu'à ce qu'ils soient enfin sur la route qui la mènerait au ranch. Si Juliette avait insisté pour que ses parents fassent construire une petite écurie non loin de leur maison afin d'y loger un ou deux chevaux, elle était néanmoins heureuse de savoir qu'elle pouvait néanmoins compter sur quelques amis du ranch voisin. Depuis son arrivée à Tenby il y avait un peu plus d'un an, la rouquine adorait y faire un tour, pas seulement parce qu'elle adorait les chevaux et que c'était pour elle un réel plaisir d'être en leur compagnie, mais aussi parce que Thunder avait grand besoin de sociabiliser. Farouche, presque indomptable, le poulain qu'elle avait choisi lui avait causé beaucoup de fil à retordre au début, mais Juliette n'avait jamais baissé les bras, quitte à travailler plus fort avec lui afin de réussir à le monter et à le dresser convenablement. Désormais, elle pouvait presque dire que tous ses efforts étaient récompensés et elle était heureuse de voir le chemin qu'ils avaient parcouru à deux en si peu de temps.

La réussite qu'elle avait avec son cheval ne se transposait malheureusement pas à ses relations sociales humaines et elle devait admettre qu'elle ne savait plus trop sur quel pied danser depuis sa rupture avec Sohel. Ses amis étaient aussi les siens et puisqu'elle évitait de près ou de loin la maison où il vivait, elle devait admettre que ce n'était pas toujours facile de voir les autres lorsqu'elle avait envie d'avoir un peu de compagnie. Grace avait un bébé maintenant et même si Demian était maintenant en prison, Jules avait souvent peur de la déranger. Malone était l'un des meilleurs amis de Sohel et elle avait parfois l'impression de marcher sur des oeufs avec lui, comme si elle devait faire attention à ce qu'elle allait dire ou faire de peur de le blesser. Le ranch était l'un de ces endroits où elle pouvait encore être presque certaine de ne croiser personne de la petite bande et elle y avait passé beaucoup de son temps libre ces dernières semaines, quitte à connaître les noms des occupants des box par coeur.

Elle sourit lorsqu'elle reconnut l'agitation du ranch, salua un palefrenier qu'elle connaissait de vue avant de lancer Thunder au galop, jusqu'à ce qu'elle soit non loin de l'entrée des écuries. La silhouette et la chevelure brune de son amie, reconnaissables entre toutes, la fit sourire et elle n'eut qu'à sauter à terre pour la rejoindre, menant son cheval par la bride. « Hey, Maddie ! » Elle se précipita auprès d'elle pour la serrer dans ses bras, repoussant d'un geste la chevelure rousse éparse qui retombait sur ses épaules. Elle avisa la selle que la jeune fille n'avait pas encore totalement installée sur le dos de son cheval, comprit qu'elle partait en expédition et qu'elle ne venait pas tout juste de revenir. « Si vous voulez bien un peu de compagnie, Wildfire et toi, je pense bien qu'on pourrait se joindre à vous ! Il y a des coin sympas, pas trop loin ! » Elle arqua néanmoins un sourcil après avoir réfléchi quelques secondes. « Je ne pensais pas que tu serais là, aujourd'hui ! »
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Jeu 11 Juin - 14:37




Juliette & Madison
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Pour être honnête, je ne me tenais pas nécessairement au courant des horaires d’entraînement et de fréquentation de chaque personne qui était inscrite à ce ranch, et cela ne me dérangeait pas plus que cela. Quand je voyais quelqu’un que je connaissais et avec qui je m’entendais bien, je ne me gênais pas pour les saluer et passer un peu de temps à discuter, mais lorsque ça n’arrivait pas, je ne faisais pas une crise, et je faisais ce que j’avais à faire, tout simplement. Cependant, puisqu’aujourd’hui était une journée différente, et surtout peu occupée, de ce que j’avais pu remarquer à mon arrivée, j’avais limite pris pour acquis que je serais seule, et franchement, cela ne me dérangeait pas vraiment. Après tout, j’étais venue pour me changer les idées, passer un moment seule avec mon étalon, alors que je pique une conversation ou pas, ce n’était pas nécessairement grave. Pire encore, je fus même surprise lorsque soudainement, alors que je terminais de sceller Wildfire pour faire sortir celui-ci de l’écurie, je me fis apostropher d’un ton joyeux, me poussant à tourner la tête pour voir une de mes proches amies, Juliette, s’approche pour se précipiter dans mes bras. Après un court moment d’hésitation, je lui rendis son étreinte, puis son salut d’un simple : « Hey… » en espérant sincèrement que mon manque d’enthousiasme passerait sur le compte de la surprise et que, par conséquent, Juliette ne poserait pas trop de questions sur mon comportement peu énergique, contrairement à mon habitude. Bien sûr, il fallait que je m’efforce de le lui cacher aussi, ce que je ne pensais pas pouvoir faire très longtemps. Malgré tout, je m’efforçai de le faire un petit moment lorsqu’elle me proposa de se joindre à mon étalon et moi-même pour aller faire un tour. D’une certaine façon, cela tombait bien, puisque contrairement à mon habitude, je n’étais pas là pour m’entraîner, mais pour une simple promenade. Évidemment, j’aurais très bien pu supposer que non, je voulais m’entraîner, changer mes plans et refuser son invitation, mais puisque je n’avais pas le cœur à le faire, je choisis de hausser les épaules, puis dire : « Oui, pourquoi pas ? Laisse-moi monter sur Wildfire et je te suis ! » En fait, j’avais l’impression d’avoir dit cela simplement pour meubler mon propos, puisque pour tout dire, j’avais tellement l’habitude de monter sur mon imposant, mais véloce, étalon que c’était une affaire de quelques secondes. En revanche, puisque je ne voulais pas la faire attendre trop longtemps, je m’exécutai automatiquement, faisant en sorte que j’étais déjà installée sur ma monture au moment où elle me dit que je ne devais pas être là aujourd’hui, me faisant comprendre que contrairement à moi, elle était plutôt du genre à regarder les horaires. Je ne m’en fis pas vraiment, mais il fallait que je trouve quelque chose à dire rapidement, un quelque chose qui sortit ainsi : « Je ne devais pas venir aussi, mais je m’ennuyais chez moi. » J’esquissai un timide sourire en coin, et comme si je voulais changer de sujet de discussion, je m’approchai de son cheval, Thunder, au pas, puis je dis : « Alors, quel est ce coin sympa dont tu me parlais ? »
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Sam 18 Juil - 23:09

Juliette ne passait pas toujours par le ranch lorsqu'elle sellait son cheval pour une promenade puisque ses parents possédaient une petite écurie contenant déjà deux boxes, mais elle connaissait plusieurs personnes qui hébergeaient leurs chevaux ici et ça lui faisait toujours plaisir de discuter un peu ou de se promener à deux. Elle n'avait pas eu l'occasion de parler à Madison depuis un bon moment étant donné qu'elle avait un peu négligé son cheval avec ses cours et son travail à l'animalerie, mais elle comptait bien se rattraper désormais. La jeune fille lui semblait un peu moins enthousiaste qu'à l'habitude, mais Jules se dit qu'elle aurait tout le temps nécessaire pour lui poser des questions lorsqu'elles seraient seules dans ce petit coin de paradis, si bien qu'elle garda le silence sans tenter d'extirper davantage d'informations de la part de son amie. Après tout, elle avait le droit de garder un secret, elle aussi, et elle avait surtout le droit de ne pas toujours être de bonne humeur. Heureusement, cette petite promenade improvisée à deux aurait sans doute le mérite de la sortir un peu de sa routine et de lui changer les idées, d'autant plus que Juliette avait elle aussi besoin de tout ça. Si sa rupture avec Sohel datait de plusieurs mois déjà, la rousse avait encore un peu de mal à s'y faire et pensait encore beaucoup à lui, si bien que sa vie n'était pas encore au beau fixe.   

Surprise de la voir alors qu'elle connaissait un peu les horaires de son amie, elle ne put s'empêcher de le préciser et la réponse de Madison la fit froncer légèrement les sourcils. Elle s'ennuyait ou elle avait besoin d'air ? « Oh, je comprends ! Ça fait du bien parfois, de quitter la maison, un peu. » ajouta-t-elle simplement alors qu'elle tournait la tête afin de s'assurer que son amie était bel et bien installée sur son cheval. Elle offrit un grand sourire à son amie lorsque cette dernière lui demanda où elle voulait l'emmener, haussa les épaules, visiblement heureuse de la faire patienter encore un peu. « C'est pas tellement loin. Suis-moi ! » Elle fit marcher Thunder au trot jusqu'à ce qu'ils soient à l'orée d'un minuscule sentier où les chevaux ne pouvaient avancer qu'à la file indienne. Elle jeta un coup d'oeil amusé à la jeune fille qui se trouvait derrière elle, fit bifurquer son cheval quelques fois jusqu'à ce que le sentier s'élargisse suffisamment pour qu'elles puissent chevaucher côte à côte.

Et puis, tout à coup, la forêt s'éclaircit sur un paysage féérique. Quelques rochers entouraient un magnifique point d'eau et Juliette mit pied à terre en relâchant la bride de son cheval, qui se dirigea instantanément vers l'eau pour boire et s'y tremper les pattes. Il n'y avait jamais personne ici et Juliette avait peine à croire qu'elle était la seule à connaître cet endroit, comme si le ranch était déjà suffisamment éloigné pour que les gens de Tenby n'aient pas nécessairement envie de poursuivre leur périple.    

« Et puis ... ? C'est beau hein ? » demanda-t-elle doucement en se retournant vers Madison, qui se trouvait non loin d'elle. C'était l'endroit parfait pour se ressourcer avec un livre, à l'écart de la ville, et la rousse y était venue quelques fois ces derniers temps pour réviser afin de s'assurer qu'elle ne serait pas dérangée. Elle n'avait même pas besoin d'attacher son cheval puisque l'animal ne s'éloignait jamais vraiment, trop heureux de pouvoir se désaltérer et brouter comme il en avait envie. « Je viens souvent ici quand ça va pas. Ça me calme. » Lentement, Juliette retira ses bottes de style cowboy et ses chaussettes avant de se diriger elle aussi vers le petit lac. Un rocher suffisamment grand pour les héberger toutes les deux se dressait à quelques mètres et la rousse avait de l'eau aux genoux lorsqu'elle put enfin s'y hisser, ce qui n'était pas vraiment un problème étant donné qu'elle portait un short en jeans qui lui arrivait à la mi-cuisse.
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Lun 27 Juil - 14:30




Juliette & Madison
No one wants to be alone

Sans que Juliette ne soit obligée de me le demander par deux fois, je mis Wildfire au trot afin de suivre mon amie jusqu’à ce fameux endroit dont elle me parlait. Pour tout dire, d’emblée, ce n’était pas cela que j’avais prévu lorsque j’avais pris la direction du ranch à vélo. Mon genre aurait été de simplement me rendre dans le ranch, mettre mon étalon au galop et ne pas m’arrêter tant et aussi longtemps que ma monture n’aurait pas eu besoin de souffler, ou que moi, j’en aurais eu assez, ce qui arrivait que très rarement, voire même jamais. Parfois, j’aurais bien aimé vivre à ces époques où les voitures n’existaient pas, où seul le cheval était disponible comme moyen de transport. Au moins, je pouvais me contenter avec l’équitation, mais c’était simplement pour démontrer à quel point j’appréciais ce sport, et que j’appréciais ressentir les mouvements de mon étalon sous mes jambes. Cependant, pour aujourd’hui, et parce que cela aurait été déplacé de ma part de partir de mon côté au galop sans rien dire, je me contentai de suivre Juliette jusqu’à ce qu’il y ait finalement assez d’espace à côté de la jeune femme pour que je puisse aller la rejoindre. À ce moment, j’accélérai quelque peu le rythme jusqu’à ce que je sois à sa hauteur, pour finalement copier son rythme aussi bien que possible. Au bout de quelques minutes, nous commençâmes à ralentir, et c’est là que je compris que nous étions finalement arrivées. Je portai alors une attention plus particulière aux environs au moment où Juliette me demanda ce que j’en pensais, et bien rapidement, je dus admettre que « Oui, c’est super beau même ! » Acquiesçant quand elle m’expliqua qu’elle venait ici quand elle n’allait pas bien – ce que moi, je ne ferais pas, parce qu’il me fallait bouger pour faire passer une frustration – je mis pieds à terre, et voyant qu’elle retirait ses bottes, je décidai de faire de même, ayant déjà deviné qu’elle allait probablement mettre ses pieds dans le lac. Toutefois, une fois que j’eus rejoint mon amie sur le rocher où elle s’était installée et que ce fut le moment de mettre mes pieds dans l’étendue d’eau, je ne le fis pas. Voilà pourquoi je ne m’arrêtais pas quand je réfléchissais trop et que quelque chose me tracassait, parce que rapidement, je revenais dans mes pensées, et ce n’était pas nécessairement chose saine. La preuve était qu’au bout de quelques secondes de silences pendant lesquelles je contemplai le lac, les genoux recroquevillés vers ma poitrine, mon menton sur mes genoux, je demandai, sans préambule ni rien : « Dis Juliette… Tu crois que je suis repoussante ? » J’ignorais si j’avais posé ma question de la bonne façon, et pour tout dire, je savais déjà que celle-ci était complètement ridicule à la base, mais étrangement, j’avais besoin d’avoir une réponse. En fait, j’avais juste besoin de savoir pourquoi mon père ne voulait pas ne serait-ce que me voir une fois, ce qui clochait chez moi pour qu’il ne donne aucun signe de vie, alors que je savais parfaitement que ma mère l’avait vu, et qu’il savait que j’existais. À ce point, j’étais certaine que c’était moi, le problème, et je ne savais pas du tout comment composer avec cette situation, et cela me rendait particulièrement malheureuse, que je le veuille ou non.
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Lun 28 Sep - 1:42

Rapidement, Juliette s'était un peu éloignée afin de rejoindre le rocher qui se trouvait pourtant pas si loin de la rive. Elle sourit lorsque son amie lui révéla que l'endroit était en effet magnifique et elle lui tendit la main pour l'aider à grimper à son tour à ses côtés. Parfois, Juliette appréciait beaucoup de se retrouver seule avec son cheval après de longues journées et elle n'hésitait pas à venir se ressourcer ici puisqu'il n'y avait jamais personne. Elle avait découvert cet endroit par hasard et depuis, elle n'y emmenait que ses plus proches amis, ceux et celles qui profiteraient comme elle de cet endroit, mais qui ne risquaient pas de le bousiller au fil du temps. Si la rousse ne se considérait pas fondamentalement environnementaliste, elle tenait toutefois beaucoup à ce que cet endroit conserve son charme et son calme apaisant. Son petit coin de paradis se voulait être suffisamment éloigné pour que les touristes n'y atterrissent pas par hasard et elle comptait bien le garder plus ou moins secret encore longtemps. De toute façon, elle s'y était déjà éclipsée plusieurs fois et elle n'avait jamais rencontré personne, ce qui semblait signifier que le petit lac n'avait pas perdu ce mystère qui le caractérisait si bien.

Rapidement néanmoins, la rousse comprit que son amie n'allait pas particulièrement bien ce jour-là puisque cette dernière venait de remonter ses genoux contre sa poitrine afin d'y déposer son menton, visiblement distraite. Jules aurait pu lui demander ce qui se passait, mais elle se contenta de glisser doucement ses doigts sur le bras de la petite brune afin de bien lui faire comprendre qu'elle était là. Madison était son amie et Juliette détestait voir ses amies aussi tristes ou du moins, aussi soucieuses. La rousse prit alors conscience du fait que les deux filles ne se connaissaient pas tant que ça, finalement, qu'elles avaient surtout beaucoup échangé par rapport à l'équitation et à leurs montures respectives, mais qu'elles n'avaient pas vraiment pris la peine de se réciter leurs vies. C'était une erreur, bien sûr, puisqu'elle comprenait maintenant qu'elle ne connaissait rien de l'histoire de la jeune fille et qu'elle ne pouvait pas vraiment l'aider sans savoir ce qui lui faisait de la peine. Elle pressa doucement ses doigts contre le bras de son amie avant de laisser son regard s'attarder sur la rive opposée, là où un grand oiseau venait de s'y percher. La flore et la faune n'étaient pas menacées dans ce petit coin de pays et Juliette avait parfois eu l'occasion d'observer plusieurs espèces à l'état naturel, des espèces qu'elle n'aurait jamais pu contempler à Tenby.  

La question de son amie la fit néanmoins légèrement sursauter alors qu'elle s'était perdue dans ses pensées, d'autant plus lorsqu'elle en comprit le sens.

« Repoussante ? T'es folle ! Tu es super belle, Maddie ! » La réponse, instinctive, ne s'était pas faite attendre et Jules se mordit légèrement la lèvre, persuadée qu'elle aurait pu se montrer un peu plus diplomate dans sa formulation. « Pourquoi tu me demandes ça ? Il y a quelqu'un qui t'ennuie ? Tu me le dirais, hein ... ? » Les petits bras de la rousse ne lui seraient pas d'une si grande utilité si elle se devait de défendre son amie, mais elle connaissait des gens - des garçons de surcroit - qui ne diraient jamais non à ce genre de choses.
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Ven 2 Oct - 15:57




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Dès que Juliette eut répondu à ma question que je savais déjà étrange à la base, je compris que j’avais très mal formulé celle-ci et qu’elle avait dû le prendre dans un sens tout autre. Cependant, je ne lui en voulus pas, parce que je n’avais aucune raison d’être fâchée contre elle. La seule personne envers qui je devais être frustrée, c’était moi-même, parce que contrairement à mes habitudes, je n’avais pas su être claire, je n’avais pas su dire d’emblée ce qui m’embêtait. J’avais déjà commencé à tourner autour du pot, alors que normalement, je détestais cela. Une preuve comme quoi j’étais vraiment nerveuse ? Que cette situation m’angoissait plus que n’importe quoi ? Oui, c’était fort possible. Après tout, ce n’était pas comme si c’était quelque chose que je faisais souvent, attendre que mon père biologique veuille bien me rencontrer. J’avais déjà été nerveuse avant aujourd’hui, entre autres pour des compétitions d’équitation pour lesquelles je voulais bien faire, mais rien ne se comparait à ce que je ressentais actuellement dans l’attente d’un mouvement de la part de mon paternel, ne sachant même pas s’il allait en faire un au final. Maintenant, j’en perdais mes mots, et pire encore, je n’arrivais même pas à corriger la situation dans l’immédiat. Au moment où Juliette me dit que non, je n’avais rien de repoussant physiquement – en gros, ce que je ne voulais pas entendre – je ne sus faire mieux que de baisser la tête et soupirer, cherchant à moitié comment rectifier le tir, comme si je ne voulais pas y travailler, parce que m’expliquer reviendrait à exposer ma vulnérabilité. Je m’en rendais compte, et cela me faisait peur, même si en parallèle, je me disais que ça ne pouvait pas être plus mal, que peut-être que justement, me confier à quelqu’un pourrait me faire du bien. Quoiqu’il en soit, peu importe la décision que je prendrais, il faudrait bien que j’en vienne à dire quelque chose, parce que maintenant, Juliette s’enfonçait encore plus dans de fausses idées par ma faute. Cela n’a pas que du mal, d’une certaine façon, puisqu’elle en vint même à m’arracher un sourire en me demandant de la prévenir si jamais quelqu’un m’ennuyait. Ce fut par la suite que je me décidai finalement à lui dire, histoire qu’elle ne nage pas dans le mensonge plus longtemps – parce que ce serait juste méchant, et elle ne méritait pas ça ; « Non, pas exactement. Et oui, ne t’en fais pas, je te dirais… » Je marquai une pause, sachant qu’à ce point, il fallait que je me décide; est-ce que je lui disais tout, ou bien j’en gardais un peu pour moi ? Connaissant mon amie, et me doutant que son « pourquoi ? » ne ferait qu’être plus prononcé, plus inquisiteur si je gardais du mystère, sans parler du fait que j’étais tout simplement incapable de mentir, de ne rien dire, essentiellement parce que je détestais les gens qui agissaient de la sorte. Soupirant une nouvelle fois pour signifier que je venais de me résigner à tout lui dire, je finis par lâcher : « Je t’ai demandé ça parce que ma mère a retrouvé mon père, lui a parlé de moi et j’en vins à me dire que peut-être c’est moi le problème et ça expliquerait pourquoi il n’a rien fait pour me voir encore. » Quand je disais que je n’aimais pas tourner autour du pot, je ne faisais pas d’euphémisme. Maintenant, tout était dit. Avec peu de détails, certes, mais tout était dit quand même et à présent, tout ce que je pouvais faire, c’était guetter la réaction de mon amie, en espérant avoir été assez claire cette fois-ci, même si je ne voyais pas comment j’aurais pu l’être davantage.
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Dim 15 Nov - 18:21

« Comment ça, pas exactement ? » demanda Juliette en fronçant les sourcils, bien décidée à rassurer et à réconforter son amie si cette dernière avait besoin d'elle. La rouquine commençait à bien la connaître et elle avait bien compris que l'adolescente qui lui faisait face était orgueilleuse. Elle l'avait entendue soupirer, elle la voyait lutter afin de garder tout ce qui pesait sur ses épaules pour elle-même, mais elle savait aussi que ce n'était pas nécessairement le meilleur moyen afin de se vider la tête de ce qui la tracassait. Jules se reconnaissait un peu à travers les réactions de la petite brune puisqu'elle avait elle aussi tendance à ne pas trop tergiverser sur sa propre vie, si bien qu'elle finissait par ruminer toute seule, de son côté. Visiblement, Madison s'était mal exprimée puisque Jules avait l'impression d'être franchement à côté de la plaque, mais elle ne pouvait pas savoir ce que son amie traversait si cette dernière ne parlait qu'à demi-mots, si bien qu'elle attendit patiemment que la jeune fille soit prête à lui révéler ce qui se passait en ce moment dans sa vie pour qu'elle en vienne à lui poser sa question. Toutes les adolescentes se trouvaient plus ou moins affreuses un jour ou l'autre, mais visiblement, c'était autre chose qui tourmentait Madison et Jules était bien prête à écouter tout ce qu'elle avait à dire.

Néanmoins, lorsque la jeune fille poursuivit, l'expression de la rousse changea légèrement, passant de l'inquiétude à la surprise. Elle savait déjà que Madison n'avait jamais connu son père, mais elle ignorait qu'elle avait déménagé à Tenby pour le retrouver, si bien qu'elle ne savait plus vraiment comment réagir face à ses aveux, tout à coup. Dans la tête de Juliette, c'était tout à fait impossible que le père de l'adolescente refuse de la rencontrer parce qu'il la trouvait repoussante puisque la jeune fille était loin de l'être. Il devait forcément y avoir autre chose et Juliette était à peu près certaine de connaître les raisons pour lesquelles le géniteur de Madison refusait de la voir.

« Tu sais, il faut sûrement lui laisser un peu de temps. Il doit être furieux que ta mère ne lui ait pas parlé de toi avant, je le serais moi, en tout cas, si j'étais à sa place ! Il doit assimiler la nouvelle, je pense, se remettre de sa surprise avant de te rencontrer. »

Juliette glissa l'une de ses mains sur le genou de son amie, haussa délicatement les épaules en caressant doucement ses cheveux de sa main libre. « Il doit être sous le choc. Ça ne doit pas être facile de se dire qu'on a raté les seize premières années de la vie de sa fille ... » Juliette n'avait pas envie d'excuser le silence du père de Madison, mais elle voulait simplement lui offrir une autre perspective. « Il doit flipper autant que toi. » Elle lui fit un petit sourire afin de la rassurer un minimum, persuadée qu'elle aurait sans doute bientôt des nouvelles de son père. Juliette espérait néanmoins ne pas se tromper, puisqu'elle savait aussi que certains hommes se foutaient éperdument de ce qui s'était passé avant et qu'ils ne seraient donc jamais prêts à reconnaître un enfant comme le leur, surtout pas des années plus tard. Mais on ne pouvait pas cracher sur le fait d'avoir une jolie princesse comme fille, non ?
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Lun 16 Nov - 16:55




Juliette & Madison
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Je baissai la tête aux premiers propos de mon amie, signifiant par ce simple geste que celle-ci, d’une certaine façon, avait raison. En fait, ce n’était pas seulement d’une certaine façon, elle avait raison, tout simplement. Ma mère me l’avait dit en revenant de sa première rencontre avec lui, histoire de tâter le terrain, de lui annoncer la nouvelle surtout comme quoi lui et elle avaient conçu un enfant il y a plus de seize ans de cela maintenant. Cependant, j’avais cru, bien naïvement d’ailleurs, qu’il saurait passer par-dessus, surtout s’il savait à quel point je voulais le rencontrer, mais clairement, ce genre de détail n’avait rien changé, ou du moins, pas pour le moment. Combien de temps fallait-il pour que quelqu’un assimile une nouvelle du genre ? Pensait-il parfois à moi, qui attendais sans savoir sur quel pied danser, sans savoir si je ferais mieux de me tenir tranquille ou bien passer à l’action ? Avait-il au moins pour idée de me voir, ou préférait-il me bannir de sa vie à tout jamais ? Je n’avais réponse à aucune de ces questions et pour être franche, cela me rendait dingue. Cependant, je ne l’avais pas encore dit à Juliette, m’étant contenté pour le moment de lui expliquer la situation en bref, préférant voir ce qu’elle me dirait d’abord et avant tout sur la question. En silence, je l’écoutai donc, tentant de me rassurer à ses propos, jusqu’au moment où elle vint me dire que mon père biologique devait flipper autant que moi à l’idée qu’on se rencontre pour la première fois. À ce moment précis, je ne pus m’empêcher de répondre :  « Je ne flippe pas… » sachant que pour le coup, mon propos semblait être un truc orgueilleux simplement pour dire que j’étais parfaitement en contrôle de la situation. Évidemment, ce n’était pas le cas, et je le savais très bien. Toutefois, il n’en demeurait pas moins que « flipper » ne serait pas l’expression que j’aurais choisie pour décrire comment je me sentais. Pendant un bref moment de silence, je tentai de chercher les mots plus adéquats pour décrire comment je me sentais, puis je finis par dire :  « J’ai… J’ai hâte de le voir, tu vois ? Oui, je suis nerveuse un peu, mais en même temps, je me dis que quand le jour viendra, eh bien je ne voudrai certainement pas faire marche arrière… Mais là, j’ai l’impression que ce jour, il ne viendra jamais… » Un soupir vint alors terminer mon propos qui demeura tout de même en suspens l’espace de quelques secondes pendant lesquelles j’attrapai une petite pierre qui se trouvait à côté de moi pour l’envoyer dans le petit ruisseau. Puis, comme si le bruit du caillou qui entre en contact avec l’eau venait de me provoquer, je devins soudainement un peu plus frustrée, puis je m’exclamai :  « Parce que là, j’ai aucune nouvelle, rien du tout ! Pas même un « J’y réfléchis » ou « Cordialement » quoi ! Je te jure, je commence vraiment à croire qu’il a vu ma photo et qu’il a eu tellement peur que ma mère n’a même pas osé le dire qu’elle lui a montré un cliché ! » Ce n’était pas du tout dans mes habitudes de me rabaisser de la sorte, mais pour le coup, je ne savais pas du tout quoi faire. J'espérais simplement que mon amie saurait trouver une solution, bien qu’elle soit déjà assez gentille d’écouter mes doléances comme ça. Je lui en étais particulièrement reconnaissante, même si je ne savais pas lui montrer, pas pour le moment, en tout cas.
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Mar 5 Jan - 17:09

« Tu sais, il y a plusieurs façons de flipper. » avoua-t-elle doucement avec un petit sourire. « Je pense que c'est normal d'avoir peur de ne pas lui plaire, mais je pense aussi que tu t'inquiètes pour rien. » De toute façon, dès l'instant où son père poserait les yeux sur elle, il l'aimerait, Juliette en était persuadée. Madison était une fille intelligente, polie, drôle et adorable, son géniteur ne pourrait jamais regretter d'avoir une enfant comme elle, mais même si Jules tentait de la convaincre, elle savait déjà que les doutes et les appréhensions de son amie ne s'envoleraient pas aussi rapidement. La rouquine aurait bien voulu l'aider à y voir plus clair, mais elle ne savait pas quoi dire pour la rassurer davantage. « Je te comprends, d'avoir hâte ! Tu y as réfléchi longtemps, toi, mais lui, il n'a pas encore eu le temps de se faire à l'idée, je pense qu'il doit simplement accuser le coup. » Juliette se mordit la lèvre et grimaça légèrement lorsqu'elle comprit que sa phrase pouvait porter à confusion. « Mais c'est pas forcément un mauvais coup, hein ! C'est plutôt un bon coup, même. Mais il doit bien savoir que sa vie va changer. » reprit-elle en jetant un coup d'oeil aux deux chevaux attachés sur la rive et qui semblaient profiter du grand air.

Si la rouquine voyait bien que son amie ne semblait pas aller très bien malgré ses encouragements, elle ne savait plus quoi lui dire pour la réconforter et elle comprit alors qu'elle était bien plus douée avec les animaux qu'avec les gens. Trop franche, peut-être pas suffisamment empathique ? À vrai dire, Jules avait grandi avec ses deux parents et elle ne pourrait donc jamais vraiment comprendre ce manque que pouvait ressentir Madison à l'idée de ne jamais rencontrer son père. Jules aimait bien son père, mais comme il avait toujours été dans sa vie, à la réprimander, à la punir, mais aussi à l'aimer, elle ne pourrait jamais vraiment se mettre à la place de la petite brune et tout ce qu'elle pouvait faire pour l'aider, c'était de l'encourager à ne pas abandonner.

« Attends, t'es sérieuse ? Tu crois vraiment que c'est à cause d'une photo qu'il n'a pas envie de te voir ? » Cette fois, Juliette sourit et attrapa doucement le menton de la jeune fille entre ses doigts pour l'obliger à la regarder. « Rentre-toi ça dans le crâne, ok ? C'est impossible. S'il ne t'a pas donné de nouvelles, c'est sûrement parce qu'il ne sait pas encore s'il a envie ou non que sa vie change pour le mieux. » Elle relâcha doucement le visage de Madison pour poser sa main sur son avant-bras et resserrer délicatement sa prise. « Laisse-lui encore un peu le temps d'assimiler la nouvelle. Tu as attendu longtemps, quelques jours de plus, ce n'est pas grand chose. Ça ira, tu verras. » ajouta-t-elle finalement. Bien sûr, son amie avait hâte, mais elle avait eu le temps, elle, d'assimiler la chose et de prendre sa décision puisqu'elle avait toujours su que son père était quelque part. L'homme venait tout juste d'apprendre qu'il avait une fille adolescente dont il ne connaissait rien; forcément, la situation n'était pas tout à fait la même.

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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Lun 11 Jan - 14:41




Juliette & Madison
No one wants to be alone

À entendre les réponses de mon amie, je me rendais compte que oui, d’une certaine façon, j’étais un peu irrationnelle dans mes peurs et mes attentes. Mais comment pouvait-on me blâmer ? J’étais encore une adolescente, sans parler du fait que de nature, j’avais un tempérament impulsif, et pour couronner le tout, jamais je n’avais rencontré mon père, et tout ce que je savais, c’est que celui-ci était visiblement peu enclin à me rencontrer, ou du moins, pas dans l’immédiat. Pour toutes ces raisons, j’estimais qu’il était normal que j’aie hâte comme ça de le voir, même si cela me faisait penser des choses quelque peu exagérées, comme le fait qu’il ait pris peur en voyant une photo de moi ou un truc du genre Dans ma tête pourtant, tout cela faisait limite du sens, mais maintenant que je l’avais dit à voix haute et que j’avais la réaction de Juliette, je comprenais qu’effectivement, c’était peut-être un peu trop pour le coup. Légèrement honteuse, je baissai la tête au commentaire de mon amie, souriant doucement quand elle prit mon avant-bras, sachant très bien que ce n’était pas pour m’agresser qu’elle posait un geste pareil, amis plutôt en signe d’amitié. Ce n’était pas grand-chose, mais pour le coup, ça me faisait du bien, comme si, je ne pouvais pas le nier, cela me faisait du bien d’en parler. Pour sûr, je savais bien que ma mère ne serait pas complètement fermée à l’idée d’en discuter si j’en ressentais le besoin, surtout qu’après moi, elle était la principale concernée dans toute cette histoire, mais je ne me sentais pas encore totalement à l’aise de le faire, d’autant plus que je savais que son avis ne serait peut-être pas entièrement objectif comme celui de Juliette. Non pas que je voulais dénigrer ma mère de ce côté là, mais bon, je me comprenais. Et mine de rien, peut-être qu’au fond, un avis extérieur, c’était ce dont j’avais besoin pour le coup. Maintenant, je comprenais que oui, ça pouvait être un gros choc pour mon géniteur et qu’il devait assimiler, surtout que lui venait d’apprendre la nouvelle, et moi je me préparais à l’éventualité de le rencontrer depuis plusieurs mois maintenant. Enfin, je ne niais pas que j’étais quand même impatiente et anxieuse, surtout en raison de ce silence, ce fameux silence qui ne me permit pas d’être tout à fait tranquille et qui me força à embêter encore une fois mon amie avec une nouvelle question, soit:  « Mais si jamais il ne veut pas me voir… Je suis supposée faire quoi ? » Je ne posais pas cette question là parce que j’attendais que Juliette me dise que je devrais le harceler ou quelque chose du genre, mais plutôt parce que:  « J’ai quand même laissé tout derrière pour venir ici seulement pour le rencontrer quoi… » Ça, je ne savais pas s’il était au courant de ce détail pour le coup, et s’il le savait, si ça allait jouer sur sa décision finale me concernant, mais dans ma tête, si tout ce changement ne menait à rien, pour sûr le sentiment d’échec serait encore plus grand qu’il ne l’était en ce moment. Et je ne savais pas du tout comment je pourrais le gérer. Serais-je obligée de repartir à Miami ? Laisser tout ce que j’avais commencé à construire ici ? Ou serais-je en mesure de continuer ma vie à Tenby ? Tout cela était si flou, pour le coup, je n’arrivais pas vraiment à y voir clair.
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Dim 31 Jan - 3:59

« Ça ne sert à rien d'angoisser sans savoir s'il a envie ou non de te voir, non ... ? » proposa Juliette d'une voix douce alors qu'elle haussa légèrement les épaules avant de hocher délicatement la tête aux paroles de son amie. « Tu t'y plais, ici ? Je veux dire ... Tu peux t'installer à Tenby quand même. Ta mère a trouvé un boulot, il me semble, et puis toi, t'as des amis. » En tout cas, Madison pourrait toujours compter sur elle, quoi qu'il arrive. Si les deux filles ne se connaissaient pas très bien puisqu'elles parlaient sans doute un peu trop souvent de leurs montures respectives, Juliette savait déjà qu'elle appréciait la personnalité franche et explosive de la brune. Comme elle le lui avait si bien révélé, Madison avait tout quitté pour débarquer à Tenby et la rouquine aimait beaucoup cette capacité qu'elle avait de poursuivre ses buts sans regretter ses choix. Bien sûr, l'adolescente semblait toutefois tourmentée par certains doutes, certaines appréhensions aussi, mais c'était normal dans une situation comme la sienne. Ce n'était pas facile de tout laisser derrière et de quitter la seule vie qu'on connaissait pour se jeter dans la gueule de l'inconnu, Juliette en connaissait quelque chose. « Je viens du Texas. Mes parents ont tout vendu pour me ramener à Tenby et m'éloigner de mes amis. L'écurie, mes chevaux, mon école, mes amis ... Je comprends à quel point ça peut être dur, au début, de s'intégrer dans une petite ville. Je passais mes étés ici quand j'étais petite, mais les amis d'été ne sont pas les mêmes que les autres. » Ce n'était pas aisé d'expliquer ce qu'elle avait ressenti à son arrivée à Tenby, lorsqu'elle avait dû poursuivre le lycée au sein d'une nouvelle école, là où tout le monde avait déjà sa petite clique d'amis. Si elle s'en était bien sortie, finalement, c'était surtout grâce à l'humour dont elle pouvait faire preuve ainsi qu'à sa capacité d'adaptation, deux qualités que semblait posséder l'adolescente qui se trouvait à ses côtés. « Je suis certaine que tu t'en sors à merveille, en plus, mais si tu as des soucis, que ce soit à l'école ou ailleurs, je suis là. » avoua-t-elle doucement en plongeant son regard dans les prunelles de l'adolescente.

Les hennissements des chevaux firent sourire Juliette alors qu'elle tournait la tête vers eux en secouant légèrement sa chevelure rousse. « Je pense qu'ils commencent à s'impatienter. Viens. » La rouquine sauta dans l'eau, tendit la main à son amie pour l'aider à descendre à son tour du rocher sans trop tremper ses vêtements. Juliette rejoignit finalement la berge et vint caresser l'encolure de son cheval afin de le calmer. Juliette ne savait pas ce qu'elle aurait fait sans Thunder lorsqu'elle est arrivée à Tenby et ce, même si l'animal avait mis plusieurs mois avant de lui faire confiance. La rouquine jeta un coup d'oeil à Madison avant de détacher son cheval et de grimper aisément sur la selle, prête à repartir. Elles pourraient toujours discuter en chemin, si tel était le souhait de la brune.

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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Jeu 4 Fév - 18:46




Juliette & Madison
No one wants to be alone

Si j’avais finalement osé confier à Juliette sur le fait que je craignais de devoir tout recommencer ailleurs si jamais mon père ne voulait pas me laisser entrer dans sa vie, c’était parce que vu ses propos, je savais qu’elle me comprendrait. Comme je m’en rendis compte dans sa réponse, je compris qu’elle était un peu comme moi; elle avait tout plaqué pour venir ici en prenant un risque, d’une certaine façon. Pour sûr, c’était comme moi, cette partie, mais dans mon cas, était-ce un véritable recommencement, ou une tentative de recommencement avec la possibilité de tout laisser tomber au final ? Depuis que j’étais à Tenby, je n’avais jamais vraiment osé aborder la question avec ma mère, raison étant que je pensais en avoir déjà assez demandé en venant ici pour rencontrer mon géniteur, sans parler du fait que depuis qu’elle m’avait avoué qu’elle avait revu son petit-ami de ses seize ans et que les choses ne s’étaient pas déroulées pour le mieux, je savais qu’il était pas mal délicat d’aborder ce sujet à la maison. Normalement, je ne me gênais pas pour poser des questions, pour dire ce que je pensais, mais avec ma mère, c’était différent. Non pas qu’elle m’effrayait, mais plutôt parce qu’elle était la seule personne que j’avais dans ma vie vraiment, et je ne pourrais jamais me permettre de jeter un froid entre nous, surtout qu’en ce moment, je sentais que nous avions besoin de nous soutenir une comme l’autre. Évidemment, je ne niais pas que j’avais d’autres personnes importantes dans ma vie, Juliette étant le premier exemple qui me venait en tête. Mine de rien, elle venait de grandement m’aider par cette discussion. Enfin, je n’étais pas prête à faire une révolte et forcer mon père à me voir, ne serait-ce qu’une fois, mais je me sentais un peu plus rassurée, et j’avais compris que tout ce dont j’avais besoin en ce moment, c’était de la patience, et une pincée d’espoir. Pourrais-je combiner les deux ? Probablement, ou en tout cas, je ferais tout ce que je pouvais. Pas pour le moment par contre, parce que là, je me contentai de simplement regarder mon amie en souriant et en lui disant, sincèrement reconnaissante :  « Merci beaucoup, vraiment… » avant d’entendre les chevaux piaffer d’impatience. Les pauvres, ils devaient en avoir marre de ne pas bouger comme ça, surtout Wildfire et son caractère un peu trop semblable comme moi; impatient, ronchon… Mais c’était comme ça que je l’aimais. Acquiesçant à l’idée d’aller les retrouver, je me levai avec l’aide de mon amie, et ensemble, nous allâmes retrouver nos montures. Comme je m’y en attendais, Wildfire ne se priva pas pour me faire savoir son désaccord à l’idée d’être resté ainsi tout ce temps, m’obligeant à lui dire:  « C’est bon, j’ai compris ! » Ah cet étalon… Parfois il pouvait être pire qu’un adolescent ! Enfin bref, je ne le ferais pas attendre plus longtemps, comme je lui montrai en remontant sur son dos. Maintenant prête à me mettre en route, une idée me vint à l’esprit tandis que je regardais Juliette en attendant de voir si elle était prête. À tout hasard, je lui demandai:  « Hey, on se fait une course ? Je te laisserai peut-être gagner…. » avec un sourire un peu espiègle. Après tout, pourquoi pas ? Non seulement, les chevaux pourraient compenser pour leur moment un peu trop sédentaire, et puis, même si ce n’était pas officiel ou quoi, ça pourrait être amusant, non ?
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MessageSujet: Re: JULIETTE ▬ No one wants to be alone Dim 6 Mar - 6:01

« C'est rien ! Tu sais bien que tu peux me parler si tu en as envie. Je peux te donner mon avis, mais je peux aussi écouter. » assura la rouquine avec un sourire rassurant à l'égard de son amie. Juliette n'était pas toujours très douée pour agir ou parler avec tact puisqu'elle semblait souvent trop franche aux yeux des autres, mais ses intentions étaient bonnes et elle était heureuse de constater qu'elle avait peut-être pu aider Madison dans sa réflexion. Ce n'était pas toujours facile de gérer les obstacles qui nous tombaient dessus, mais Juliette était persuadée que la brune y parviendrait avec brio. Intelligente, passionnée et mature, Madison avait toutes les qualités requises pour passer par-dessus les épreuves les plus difficiles, si bien que la rousse ne s'inquiétait pas trop pour elle. Quelle que soit la décision de son père, elle réussirait à la surmonter et ce, même si elle devait prendre plusieurs années afin d'y arriver. Jules espérait fortement que le géniteur de l'adolescente saurait voir en elle ce qu'elle était réellement - à savoir, une jeune fille pleine de ressources et belle comme un coeur - mais elle serait aux côtés de Madison s'il décidait de ne pas la rencontrer. Ce n'était pas une situation facile pour elle, mais puisqu'elle y avait longuement réfléchi, elle n'avait pas à vivre avec le choix des autres et elle n'avait pas à prendre une décision maintenant, une décision qui risquait d'avoir plusieurs conséquences, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, sur plusieurs personnes. Ce n'était sans doute pas suffisant afin d'expliquer le mutisme de son paternel, mais Juliette pouvait essayer de comprendre comment l'homme se sentait, comme elle avait gentiment tenté de le faire comprendre à son amie.

Elle retrouva rapidement Thunder qui s'impatientait, dut le caresser quelques secondes pour le calmer. Si les améliorations qu'ils avaient pu faire à deux étaient marquées depuis l'arrivée de Juliette à Tenby, elle devait admettre que son cheval avait conservé ce caractère méfiant et impatient qu'elle lui avait connu lorsqu'elle l'avait adopté. Il avait fait des progrès, beaucoup de progrès, même, mais elle savait que ce genre de comportement ne s'évanouissait pas en quelques mois; c'était un travail de longue haleine. Lorsqu'elle grimpa sur son dos, peu après que Madison ait fait de même sur sa propre monture, la rousse guida l'étalon afin de le ramener un peu plus près des deux autres.

« Parce que tu penses que tu vas gagner ? Thunder et moi, on connait bien plus cette partie de la forêt ! » la défia Juliette avant de pousser son cheval au galop lorsque les deux amies convinrent d'un départ. Thunder semblait vraiment apprécier cette course improvisée et elle sourit en le voyant aussi enjoué. Si Juliette s'était amusée à défier son amie, elle savait déjà qu'elle ne pouvait pas gagner cette manche puisque Madison et son cheval s'étaient beaucoup entraînés pour ce genre de choses, mais elle s'en fichait de gagner ou non. Rapidement, Wildfire prit de l'avance et Thunder le talonna jusqu'à la sortie du sentier, là où il put se laisser aller à le dépasser, jusqu'à ce que Madison et son cheval reviennent à la charge pour arriver les premiers à l'enclos qui offrait aux chevaux un espace sécuritaire pour courir et se dépenser. « C'est bon, tu as gagné ! Faudra refaire ça une autre fois, c'est chouette ! » ajouta-t-elle avant de ramener son cheval tout près de celui de la brune. « Je dois rentrer, mais on se revoit bientôt ! Hésite pas à m'appeler, hein, si tu as un soucis ou si tu as envie de parler. » Madison et Juliette avaient échangé leurs numéros de téléphone quelques mois auparavant, lorsqu'elles s'étaient rencontrées, mais la plupart du temps, c'était par hasard qu'elles se croisaient.
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