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Healing is a story of time [PV Caleb]

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TON PSEUDO : MissPiggy/Bianca
TES DOUBLES : Aiden Holmes, Seren A. Vaughan, Théodore C. Pembroke et William T. Hardy
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ARRIVÉE À TENBY : 07/04/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 24 ans (12 mars 1994)
CÔTÉ COEUR : longtemps volage, maintenant capturée par un prince charmant
PROFESSION : étudiante en kinésithérapie / caissière chez sainsbury
REPUTATION : What the heck is she smoking? She has to be high 98% of the time.



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MessageSujet: Healing is a story of time [PV Caleb] Lun 4 Mai - 4:37

La journée au travail avait été longue et j’étais fatiguée. Mais pourtant, je n’étais pas d’humeur à retourner à la maison. Il y avait Lincoln dans mon domicile et je devais avouer que je n’étais pas certaine d’avoir envie d’aller le voir. Pas que son humeur ne me plaisait pas. J’étais capable de tolérer son humeur de chacal. C’était une toute autre raison qui ne me donnait pas envie de sauter dans la maison. J’avais probablement un peu peur que mon cousin ne devine ce qui se passait. Devant un magnifique secret d’état que je portais, je préférais me taire.

À trois reprises sur le chantier, j’avais été prise de nausées. Je savais bien sur ce qui causait mon inconfort mais de là à expliquer à mes hommes de chantiers ce qui était en train de se passer. Hors de question. Je n’annoncerais la nouvelle que lorsque je n’aurais pas le choix de le faire – quand je serais si grosse que je ne pourrais plus rien faire sur un chantier que de retoucher des plans en regardant les autres abattre les murs et reconstruire selon mes volontés.

Je savais trop bien que devant mon cousin, la couverture s’effondrerait. À la place, après avoir rangé mes outils dans l’arrière de ma voiture, j’ai filé vers le centre de la ville. J’ai doucement passé mes yeux à travers les diverses vitrines de la ville. Après être passé dans une petite boucherie traditionnelle et en être sortie avec une boîte de craquelin et un pâté de viande, mon regard fut attiré vers une petite boutique de vêtements pour enfants. J’y entrais comme une enfant. Et après avoir tourné en rond pendant plus d’une heure, je finis à fixer les pyjamas pour nouveau-nés. Et mon cœur fondit devant une grenouillère verte avec une petite grenouille brodée à la main. Je finis par l’acheter.

Sous le soleil couchant, je n’étais toujours pas prête à rentrer à la maison. Un petit détour s’imposa vers le cimetière où mon père reposait. Je n’eus pas de difficulté à trouver la tombe. Debout devant la tombe de mon père, grignotant un craquelin distraitement, je fouillais dans le sac pour en ressortir mon achat impulsif. Ou est-ce que j’étais pour le cacher? Le ramener à la maison, ça pouvait amener Lincoln à savoir que j’étais enceinte. Pourtant, j’avais envie de le dire à quelqu’un. C’était probablement ça qui m’avait mené à mon père. « Papa… j’aurais besoin de toi… c’est idiot… mais je n’ai pas la force de le dire à quelqu’un d’autre que toi… j’ai envie de le hurler sur tous les toits… tu vois, tu vas être grand-papa si ça va… »

Crac! Derrière moi! Un petit bruit. Assez pour que mes défenses abaissées se remontent brusquement. Ma nervosité fut pleinement remontée et je me redressais brusquement en laissant tomber le petit pyjama sur le sol. Position de combat rapidement adoptée, je me sentais attaqué et je ne pris pas la peine d’observer l’homme qui se rapprochait. La silhouette grande et élancée suffit à m’effrayer et je frappais de toute la force de mes poings. Ce ne fut qu’une fois que mon "attaquant" plus imaginaire que réaliste fut couché au sol que je réalisais que l’homme n’avait rien d’un terrible agresseur ou enleveur. « Oh! Mon! Dieu! Je m’excuse! Vous m’avez fait peur… » La honte s’inscrivit vitesse grand « V » sur mon visage. Je n’avais pas habitude d’être autant sur mes gardes. C’était définitivement le même choc que celui de l’enlèvement de Benedict. Je n’étais pas pour la première fois en cinq ans dans un milieu qui était dangereux pour une femme blanche seule. Doucement, je me penchais sur l’homme en mordillant ma lèvre inférieure nerveusement. « Je ne vous ai pas blessé, hein? » Après tout, je cumulais des méthodes de combats rapprochés et j’avais eu longtemps un métier qui m’avait amené à savoir me servir de mes muscles pour intervenir. Mais dans mon état, j’avais fait attention – pas comme ce que la fille de vingt-deux ans que j’avais été avait fait quelque années plutôt.

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Lun 4 Mai - 7:54



Une mauvaise journée. Voilà ce que c’était. Une foutue journée. Ça irait mieux le lendemain ou du moins, c’était ce que Caleb se forçait à penser. S’il n’avait pas eu de cours à Swansea, il avait passé des heures entières à travailler sur son bureau, plus le boulot à la pâtisserie, plus son moral qui n’était pas au plus haut. De toute façon, tout allait de travers depuis que Dan s’était donné la mort. Bon, peut-être pas tout, mais… Un peu trop de choses. Non, ce n’était plus la même chose. Le Donovan savait que le temps guérissait la plupart des blessures et là, à l’instant précis, il avait juste envie de faire un bond. Pour connaître l’époque où il aurait entièrement fait son deuil. Ou encore mieux, un bond en arrière, quand tout allait bien. Quand son petit frère était encore de ce monde, quand sa petite soeur était au top de sa forme, quand la femme qu’il aimait était auprès de lui. Et le pire dans tout ça, c’était sans doute le sentiment de culpabilité, comme s’il portait sur ses épaules le fardeau de tout ce qui pouvait bien arriver de mauvais.

Le jeune homme poussa un soupir, passa une main dans ses cheveux. La seule chose qui lui réchauffait encore le coeur, c’était de voir le sourire de Nia. Non, elle n’allait pas si bien que ça, mais pour lui, elle faisait des efforts, il le savait. Ce sourire illuminait sa vie, douce lumière dans un univers qui semblait s’effondrer. Une étreinte avait suffi à le réconforter quelque peu. Puis il avait échangé quelques sms avec Lizzie, sa meilleure amie. Elle avait sûrement compris qu’il avait juste envie de parler un peu, juste besoin de communiquer un peu, dans l’espoir que ça lui change les idées. Elle comprenait toujours, de toute façon, elle ne le connaissait que trop bien. Elle avait dû deviner que c’était juste un de ces fichus moments dans lesquels il n’avait pas le moral, un de ces moments dans lesquels il fallait faire avec. Alors ils avaient parlé de tout et de rien, et ça lui suffisait pour se sentir entouré et un peu mieux.

La nuit tombait. Caleb décida de s’éclipser. Il avait besoin de prendre l’air, de réfléchir tranquillement. Les températures remontaient petit à petit, il pouvait donc se promener un bon moment sans craindre de tomber malade. Il prévint simplement sa petite soeur qu’il sortait. Il se mit à marcher, sans but précis. Et finalement, assez naturellement, ses pas le menèrent au cimetière. Son regard parcourut les environs, ils semblaient déserts. Ce n’était pas très étonnant, vu l’heure. Pris d’une impulsion, il décida d’entrer. L’étudiant vétérinaire venait rarement au cimetière, si ce n’était pour nettoyer la tombe de son petit frère et maintenant, hélas, celle de Lucy. Il avait l’impression de faire preuve de faiblesse en étalant son chagrin. Dan, Lucy. Comment la vie pouvait-elle être aussi cruelle ? Trop de questions, pas assez de réponses.

Désormais, les allées du cimetière lui étaient familières. Caleb hésita quelques instants, puis il décida de se rendre d’abord sur la tombe de son petit frère. Il aurait pu s’y rendre les yeux fermés. Il se dirigeait uniquement grâce au faible éclairage provenant de la rue, espérant ne pas trébucher, sans se douter que ce qui l’attendait était encore pire. Le Gallois perçut un bruissement, s’immobilisa, mais avant de réaliser quoi que ce soit, il reçut un coup à l’abdomen. Aussitôt, il gémit, portant les bras autour de son ventre avant de pousser un juron et de se laisser tomber au sol. C’était quoi, ce délire ? Dans quel pétrin s’était-il fourré ? Redoutant la suite, Caleb s’efforça de se redresser, avant d’entendre une voix féminine. Désorienté, perturbé, il comprit seulement qu’il n’avait visiblement plus rien à craindre. « Vous m’avez pris pour un psychopathe, ou quoi ? » protesta-t-il en massant son abdomen. « Non, ça… Ça va… Mais… Vous avez appris la self defense, j’imagine ? » Il était quasiment que certain que Nia, Lizzie ou encore Paige n’avaient pas autant de force dans les bras. Et encore, il se disait qu’il pouvait s’estimer heureux d’avoir été frappé par une fille, même si c’était la lose totale.

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Jeu 7 Mai - 5:02

Avant, je n’aurais pas paniqué. Mais avant, c’était avant que mon univers ne soit passablement amoché par la disparition de Benedict. C’était idiot, mais mon fiancé avait apporté un équilibre essentiel dans ma vie. Il avait trouvé le moyen de faire taire le sentiment de rébellion et de fuite qui était venu dans ma vie à l’adolescence. Il m’avait amené la paix dans ma tête.

Dans l’immense aventure humanitaire qui nous avait amené aux quatre coins du monde, nous avions oublié que le choix de vie, écologique et bohème, était aussi un choix de vie qui était aussi dangereux. C’était idiot que l’on ait oublié ça. Nous avions visité des zones en guerre, des milieux dévastés par des tragédies humanitaires qui n’avaient pas de nom. Et ces endroits divers n’avaient en commun que l’importance de notre présence – nécessaire pour produire des biens essentiels, et le fait qu’ils étaient terriblement et horriblement dangereux. Nous nous étions volontairement mis en danger en faisant une telle chose. Sauf que je n’avais jamais pensé que ce serait Benedict qui disparaitrait. Moi… peut-être. Lui, jamais. Il était fort et bien planté.

Devant Lincoln, je gardais la tête haute et froide. J’avais de l’orgueil. J’avais de l’orgueil depuis mes trois ans. Et j’avais formé autour de moi une carapace épaisse et à peine pénétrable. Ce fut pendant ma crise d’adolescence qui s’échelonna sur une période notable de dix ans qu’elle fut le plus visible. De mes quinze ans à mes vingt-cinq ans, j’avais été invivable et presque inconnu. Ce n’était pas pour rien que j’avais pris mes valises. Et j’étais de retour à être la gentille petite Arabella McCormack. En apparence, j’étais une femme posée qui n’attaquait pas un inconnu parce qu’il lui avait fait peur. Gentille, souriante, un peu naïve. Sauf que la réalité, c’était que j’avais peur. Cent pour cent du temps. J’étais tétanisée. Ma maternité m’effrayait. Les inconnus m’effrayaient. Parfois, moi-même, je m’effrayais. Particulièrement quand je réagissais de la sorte. Le souffle court, se massant le ventre à l’endroit ou visiblement mon poing avait atterri, l’homme demanda : « Vous m’avez pris pour un psychopathe, ou quoi ? »

Je rougis en bégayant un faible « Euh… non… j’ai paniqué… c’est… compliqué. » Parce qu’on le veuille ou non… il avait visé juste. Pas nécessairement un psychopathe. Les cinq dernières années de ma vie, malgré la beauté que j’avais pu en tirer, évoquaient de manière claire et précise la méfiance à l’égard des étrangers. On ne savait pas qui avait enlevé Benedict. On ne savait même pas où il était retenu. Et bien que je ne veule l’admettre… on ne savait même pas s’il était en vie. Sept semaines s’étaient écoulées depuis le moment où je l’avais vu pour la dernière fois. Il avait fallu trois semaines pour que les autorités classent sa disparition. Dans un pays en guerre, la priorité n’était pas de retrouver un travailleur humanitaire étranger.

Lentement ma main frôla la chaine à mon cou qui portait l’anneau qui jusqu’à récemment ornait mon annulaire. Mon regard détailla l’homme doucement. Un peu plus jeune que moi. Était-il de Tenby ou pas? Je ne saurais le dire. J’avais oublié des gens. Effacé de ma mémoire des connaissances de mon enfance. Ça avait fait partie de mon acte de rébellion. Je remarquai que le pyjama était au sol à ses pieds. Mais me pencher pour le ramasser aurait été d’assumer et de répondre aux questions si jamais il y avait. Je remontais donc les yeux en ignorant le fameux bout de tissus qui était au sol : « Non, ça… Ça va… Mais… Vous avez appris la self-défense, j’imagine ? » me dit-il. Et je ne pus réprimer un semblant d’éclat de rire tout léger. Avec la fierté d’une enfant, ce fut à mon tour de répliquer : « Ouaip! Mais je dois avouer que le fait d’avoir en quelque sorte hérité de quatre frères a du formé mon caractère. »

Me tirailler avait fait partie de mon enfance. Et mon oncle et ma tante avait du venir me chercher plus de fois que les deux plus jeunes réunis parce que je m’étais battue dans la cours de récréation. Pas une enfant facile. J’avais néanmoins trouvé un métier qui m’avait permis d’instaurer de l’ordre. Avec un petit sourire encore, j’optais pour des présentations en toute simplicité : « Généralement, avant de taper quelqu’un je demande le nom. Je peux me permettre l’exception. » Machinalement, je tendis la main avec un grand sourire sur mon visage « Arabella Dot McCormack, enchantée de faire votre connaissance... monsieur…? »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Jeu 7 Mai - 6:56


Toujours un peu déboussolé, Caleb se demandait comment il avait fait pour se retrouver dans une telle situation. Il était franchement doué pour les trucs cocasses, improbables, loufoques. Il imaginait déjà la tête d’Oscar, de Matthew ou encore de Malone, bref, de n’importe lequel de ses potes, s’ils apprenaient qu’il s’était fait attaquer par une fille. Non que ce soit impossible, mais… Oui, à tous les coups, ils allaient se foutre de lui à vie. Il valait mieux passer cet épisode sous silence. Il n’avait pas envie que sa fierté masculine parfois mal placée soit blessée à jamais. Ça lui donnait presque envie de rire, en fait. Plus de peur que de mal. Après tout, les choses auraient pu être bien pires. Il aurait pu tomber sur quelqu’un qui avait vraiment envie de lui faire du mal, intentionnellement. Il réalisait tout juste que ce n’était pas prudent de se promener ainsi en pleine nuit, dans des endroit pas forcément très éclairés. Mais bon, pour le moment, il était inutile d’y penser. Ce qu’il retirerait de cette histoire bizarre, c’était surtout un bleu, l’utilisation répétée d’une pommade et sûrement l’envie de faire un peu plus attention, à l’avenir.

La femme qui l’avait frappé se mit à bégayer, avouant avoir paniqué, ajoutant que c’était compliqué. « J’imagine » souffla-t-il simplement. En réalité, Caleb ne pouvait pas décemment lui en vouloir, d’autant plus qu’elle s’était excusée et qu’elle semblait vraiment confuse. Et puis, à sa place, d’autres auraient sans doute réagi de la même façon, non ? Une femme seule, jeune, dans la pénombre, elle était forcément aux aguets. Certaines auraient sans doute plus paniqué qu’autre chose, se seraient planquées (à peu près toutes les filles de son entourage, probablement), mais chacun avait sa réaction. Celle de vouloir se défendre était bien naturelle. C’était juste dommage que ce soit tombé précisément sur lui, qui n’aurait jamais fait de mal à une mouche. L’inconnue lui confirma qu’elle avait appris la self defense, non sans une certaine fierté, ajoutant qu’elle avait aussi quatre frères et que cela avait sans doute formé son caractère. Le jeune homme hocha la tête, avant de se rappeler qu’elle ne distinguait pas forcément tout, étant donné le faible éclairage. Il venait de penser à sa petite soeur, tout à coup. Depuis la mort de Dan, il s’inquiétait tellement pour elle, sans arrêt, en permanence. Il craignait tout le temps qu’il ne lui arrive quelque chose, il ne le supporterait pas. Mais il n’avait jamais pensé à ça. Ce serait une bonne idée, non, d’essayer de la convaincre d’apprendre à se défendre ? Au moins, elle pourrait peut-être faire quelque chose si un jour, elle se faisait agresser et qu’il n’était malheureusement pas là pour elle. Cette idée germait dans son esprit, ferait probablement son travail plus tard, quand il serait seul.

Finalement, elle se présenta à lui, de la manière la plus naturelle du monde. Il se mit à sourire et serra sa main. « Pas monsieur. Caleb. Donovan. Enchanté, moi aussi. » Oh, il aurait sans doute préféré la rencontrer en d’autres circonstances, mais ce n’était pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. Il s’apprêta à se relever et à ce moment-là, ses yeux se posèrent sur un bout de tissu, tombé à ses pieds. Est-ce que c’était son mouchoir ? Il l’attrapa. Non, c’était un… Un vêtement de bébé. Prenant appui sur une main, Caleb se releva assez prestement. Une fois debout, il ne put s’empêcher de se sentir étonné qu’une personne bien plus petite que lui ait pu lui faire du mal. Comme quoi… Il lui tendit ce qu’il avait ramassé. « Vous avez un bébé ? » demanda-t-il, en jetant un coup d’oeil autour de lui - ce qui était ridicule, parce que même si elle avait un bébé, elle n’aurait certainement pas emmené dans un cimetière en pleine nuit.

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Sam 30 Mai - 4:08

Je ne pouvais m’empêcher de m’en vouloir au moins un petit peu pour l’homme. Il n’avait rien demandé le pauvre. Il n’avait fait que craquer une branche au mauvais moment. Et j’avais eu peur. Un peu. Juste assez. Mon corps était un arc, tendu comme la corde. Je savais très bien que ce n’était pas très adulte de ma part. Ce n’était pas non plus très surprenant de ma part. Mais bon, je n’étais pas non plus le genre de femme qui me confondait en excuses pendant des siècles et des siècles. Non. J’avais une certaine tête dure et une confiance en moi qui avait fallu un certain temps établir de manière claire et précise. Cela ne faisait pas de moi une femme « froide » même si présentement, j’avais instauré une certaine distance entre les autres et moi. Je n’avais pas nécessairement envie que l’on s’apitoie sur mon sort. Être relégué au titre de la "pauvre fille enceinte" ne me plaisait pas. C’était une question de protection de moi-même. Même pas de protection des apparences. Je n’ai pas envie des questions… pourtant, en tentant de me justifier, je sais que je pourrais facilement soulevé les questions, non? Pourquoi est-ce qu’une femme seule dans un cimetière en venait à paniquer pour un simple craquement? Pourquoi en venir si aisément aux poings? Pour peu de plus, j’aurais pu faire un arrêt d’agir comme en prison… mais j’aurais eu peur que ça ruine mon secret si bien entretenu. La peur de perdre le bébé m’avait tempéré et je n’étais pas pour lui dire. « J’imagine. »

J’eus un tout petit sourire un peu gênée. Sérieusement, je n’avais pas voulu le blessé. Mais je savais très bien que je savais frapper. Replaçant une longue mèche de cheveux de mon oreille, je murmurais un : « Sérieusement, vous allez bien aller hein? » parce que je m’en voudrais d’avoir sérieusement blessé un homme innocent. Je m’en voulais même en prison quand j’immobilisais un criminel notoire.

Naturellement venait la période des présentations. Mains serrés, il se présenta. Carrure imposante, mais dans la pénombre, on ne détaillait pas très bien les traits du visage. J’avais opté pour un monsieur poli… « Pas monsieur. Caleb. Donovan. Enchanté, moi aussi. » Caleb. Un joli nom. Vaguement familier. Peut-être avait-il grandi lui aussi à Tenby. Il m’arrivait de retomber sur des gens qui m’avaient connu avant mes dix-huit ans et dont le souvenir était parfois un peu flou. Et bien souvent, je n’étais pas celle qui ramenait le souvenir d’une rencontre du temps où j’étais à moto et en rébellion contre l’univers entier.

Je remarquais en même temps le regard qu’il porta sur le petit bout de tissu. Il le ramassa délicatement et je sentis une certaine anxiété m’envahir alors que les mots tant inespérés sorti de la bouche du jeune homme qui tenait maintenant le pyjama en regardant autour de lui à la recherche du bébé à qui pouvaient bien appartenir le bout de tissu. « Vous avez un bébé ? » Et comment lui expliquer qu’il n’était même pas encore visible le bébé. Tout petit et bien caché dans le fond de mon ventre. Si petit que personne ne le voyait et que je n’avais même pas encore besoin d’acheter un pantalon de maternité. Je sentis mes joues se teinter d’un rouge puissant. D’une voix tremblante, je murmurais : « Hum… je non… » Pendant un très bref instant, ma main frôla mon bas ventre. Là où le renflement ne se voyait pas. Et il ne se verrait probablement jamais me dis-je pendant un tout petit instant. Après tant d’essai. Tant de test. Tant de premières rencontres avec un gynécologue. Tant de première échographie. Et pourtant, je me surprenais encore à imaginer une grossesse presque parfaite qui donnerait un beau bébé tout neuf et juste à moi. Je le partagerais avec mon très cher Lincoln… enfin si j’avais un jour le courage de lui dire que j’étais enceinte. Ça finirait par se voir, non… C’était ce que ça faisait les grossesses? « … disons que c’est pas encore… le bon terme. » dis-je avec un petit sourire sous-entendu. Qu’est-ce qu’il me prenait de dire une telle chose? Qu’est-ce qu’il pouvait bien en avoir à cirer que je sois enceinte? Rien probablement! Il fallait peut-être juste que ça sorte à voix haute au moins une fois. "je n’ai pas encore un bébé" mais bientôt, j’en aurais un. J’en ferais un toute seule comme une grande. Un peu de rouge sur le coin des joues, je murmurais avec un petit regard à la tombe. « et à part lui… personne savait avant là. »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Sam 30 Mai - 9:30


La dénommée Arabella semblait s’inquiéter un peu pour lui. Caleb lui adressa un sourire qu’il se voulait rassurant, avant de se rappeler une fois de plus qu’elle ne distinguait pas forcément les expressions de son visage. « Vous en faites pas pour moi. Promis, je suis pas aussi fragile que j’en ai l’air » plaisanta-t-il. « Non, plus sérieusement, je suis debout, alors c’est bon. » Le sujet était clos, du moins l’espérait-il, pas seulement parce qu’il ne voulait pas se répéter qu’il s’était fait frapper par une fille, mais aussi parce qu’il ne voulait pas qu’elle se fasse du souci. Il ne la connaissait pas, mais ça ne l’empêchait pas de ne pas avoir envie qu’elle se fasse des reproches à elle-même.

En se redressant entièrement, Caleb avait rendu à son interlocutrice ce qu’elle avait perdu, à savoir un body pour bébé. Il n’avait pas pu s’empêcher de poser la question, parce qu’il aimait bien les bébés et les enfants en général. Mais il se serait volontiers mordu la langue tout de suite après avoir arrêté de parler, parce qu’il ne voulait pas avoir l’air indiscret ou quoi que ce soit dans le genre. Après tout, ils venaient à peine de se présenter l’un à l’autre. Et l’hésitation de la jeune femme renforça le malaise de l’étudiant vétérinaire. Quand elle lui répondit non, il fronça légèrement les sourcils. C’était peut-être le bébé d’un de ses proches, alors ? Un cadeau ? Et finalement, quand elle lui avoua que ce n’était pas encore le bon terme, il comprit ce qu’elle voulait dire. Elle était enceinte. « Oh, félicitations ! » C’était sorti spontanément. Dans la tête de Caleb, c’était forcément une bonne nouvelle. Pendant quelques instants, il repensa à la frayeur que sa meilleure amie Lizzie s’était faite récemment, quand elle avait pensé être enceinte. Même si, pour plusieurs raisons, il aurait trouvé que ce n’était pas le meilleur moment, il était certain qu’il aurait accueilli le petit bout de chou avec une joie indicible. Mais il se doutait bien que tout le monde ne pensait pas forcément de la même manière et, atterrissant un peu, le jeune homme se demanda s’il n’aurait pas mieux fait de s’abstenir des félicitations. On ne savait jamais… Mais de toute manière, il était trop tard pour y penser, d’où l’idée brillante d’apprendre à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l’ouvrir.

Arabella avait posé une main sur son bas-ventre et elle semblait un peu embarrassée. Caleb n’aurait pas su dire si c’était seulement parce qu’ils étaient dans l’obscurité, mais il avait l’impression que sa grossesse n’était pas encore visible. Il lui sembla qu’elle regardait du côté de la tombe sur laquelle elle était venue se recueillir. Personne ne savait avant ? Mince, il avait sans doute mis les pieds dans le plat. Qui pouvait donc bien être enterré là ? Peut-être son petit ami ? Ou un membre de sa famille ? Il n’allait certainement pas lui poser la question. Il avait déjà l’impression de s’être montré suffisamment intrusif, alors il n’allait pas s’amuser à en rajouter. « Je suis désolé. Je le répèterai pas. » Il lui avait semblé nécessaire de s’excuser et de préciser ce point. Si Arabella connaissait un minimum Tenby, elle devait savoir que le sport préféré de la majorité de ses habitants, c’était les ragots, aussi voulut-il la rassurer un minimum. « Est-ce que je peux vous raccompagner quelque part ? Enfin… Je sais que vous savez vous défendre, mais… C’est pas forcément prudent… Bref, si vous voulez, je peux vous raccompagner chez vous. » Ça lui avait semblé naturel, de proposer ça. Même si la ville était relativement sûre, on ne savait jamais. Mais il ne voulait pas non plus la forcer.

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Ven 3 Juil - 21:15

Je ne savais pas quoi penser de cette maternité. Pourtant, j’avais voulu d’un enfant. J’avais voulu d’un enfant avec Benedict. Il avait toujours su qu’il en voulait et quand il m’avait trouvé, en manque de bébé, brisée par cette première perte, il s’était entiché de moi. Sauf qu’il me semblait qu’elle était mal placée. Terriblement, horriblement, énormément mal placé cette maternité. Comme si j’étais condamné à passer tout près du bonheur sans y avoir complètement accès. Je ne voulais pas être mère célibataire : je voulais une famille à moi. Une famille intégrale : un homme, moi et des gamins. Conventionnel. Autant que je voulais y croire que j’avais cessé de compter les fausses-couches. J’avais abandonné le nombre de faux-espoirs.

J’y croyais encore certains matins. Que je dépasserais les vingt-trois semaines de grossesse – record que j’avais atteint. Ce fut une petite pointe de fierté qui traversa mon regard lorsqu’il me dit : « Oh, félicitations ! ». Pourtant, je trouvais un peu étrange qu’il me félicite. Peut-être parce que c’était avant des gens qui comptaient beaucoup pour moi : Lincoln, John et toute la bande. Ma famille devait le savoir. Mais je ne voulais pas leur causer la même déception si le petit colimaçon décidait de quitter sa maison avant le temps. Je tenterais donc de le cacher : le plus longtemps possible. S’il ne remarqua pas la fierté, il remarqua la gêne que je ressentais. « Je suis désolé. Je le répèterai pas. »

Ce n’était pas parce qu’il pouvait le répéter… je savais que ma grossesse finirait avec beaucoup de chance par se voir. C’est ce que font les femmes baudruches non? Celles qui ont la chance de porter la vie jusqu’au bout? Il arrive un moment ou la superposition de chandail n’arrive plus à cacher que l’on a cédé aux plaisirs de la chair sans protection. Et j’avais beau me dire que ça m’arriverait, j’avais beau me regarder en soutien-gorge-petite-culotte devant le miroir et remarquer que le petit renflement était bien là… je n’arrivais pas à m’imaginer le ventre énorme. Même si je le voulais. Dans la pénombre je souris doucement en replaçant nerveusement une longue mèche de cheveux sombre derrière mon oreille. « C’est pas ta faute… T’as pas à t’excuser. Si c’est la faute de quelqu’un… c’est la mienne… » J’étais nulle pour garder les secrets de manière générale. Mais celui-là… celui-là je tiendrais le coup parce qu’il faudrait parler du père. « J’avais envie de le hurler à des canards… mais ils ont fait "coin-coin" et pas grand-chose de plus… » J’eus un petit éclat de rire plus nerveux qu’autre chose. Tant pis si ça avait l’air ridicule. Mais j’avais besoin d’en parler. Besoin de me sentir rassurer aussi… une autre partie glissa à l’extérieur de mes lèvres sans que je ne calcule l’impact que ça pourrait avoir : « …et papa peut pas vraiment me rassurer comme ça fait 24 ans qu’il est là… » J’haussais les épaules. J’étais résignée à l’absence de ma mère et au manque de mon père. Même si j’avais voulu qu’il me serre dans ses bras, il y avait bien trop d’années qu’il mangeait des pissenlits par la racine. Bonne critique, je rajoutais :« Et je pense que ça va finir par se voir de toute façon… c’est ce que ça fait… » et j’ajoutais amère : « quand on est chanceuse. » et j’espérais avoir tirer le bon numéro à la loterie des ovaires. « Donc je m’excuse que ça se soit rabattu sur toi pour porter le secret. »

C’était curieux que je l’aie choisi lui. Mais au moins ce n’était pas un des mecs du chantier. Il me vient en tête qu’il vouvoyait. Aucun homme sur un chantier ne ferait ça. J’avais beau être leur supérieure que je me faisais tutoyer sans plus de cérémonie. C’était mieux comme ambiance. Plus propice à l’entraide. Un cadre formel et moi, ça n’allait pas nécessairement de pair. Je n’avais pas des manières rustres pour autant, mais j’avais un côté terre-à-terre très développé par habitude plus que par nécessité. J’avais encore de la difficulté à me refaire au certain décorum qu’imposait ici par défaut. Loin d’être celui qui nous est imposé en plein cœur de la savane africaine. « Est-ce que je peux vous raccompagner quelque part ? Enfin… Je sais que vous savez vous défendre, mais… C’est pas forcément prudent… Bref, si vous voulez, je peux vous raccompagner chez vous. » J’étais en bagnole. Jamais à pied. Mais l’offre me fit sourire. Les gens étaient gentils ici. Je savais que c’était en partie une façade. Mais je le savais honnête ou du moins il en avait l’air. J’étais transparente en ce moment. Marcher seule m’aurait fait probablement un peu peur surtout si le simple bruit de ses pas avait suffit à me faire assez paniquer pour le coller au sol malgré notre différence de taille et de poids. Avec un petit sourire, je rigolais : « Merci! J’avoue que je prendrais bien une petite marche pour me raccompagner jusqu’à ma voiture. Si tu veux… je peux même te proposer de t’amener jusqu’à chez toi… et s’il te plait… arrête de me vouvoyer. Sinon, je t’appelle monsieur Donovan. » Bon… il rirait peut-être du joyeux fouillis et de l’allure garçon manqué de ma camionnette – j’avais une voiture de taille impressionnante mais essentielle lorsque l’on fait des chantiers, un quatre par quatre puissant sans lequel je n’aurais su comment travailler.

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Ven 3 Juil - 23:31


Pendant l’espace de quelques secondes, Caleb tenta de discerner si Arabella était, oui ou non, heureuse d’être enceinte. Ce n’était même pas parce qu’il avait envie de se mêler de ce qui ne le regardait pas, c’était simplement pour savoir s’il avait mis les pieds dans le plat en la félicitant immédiatement, la bouche en coeur. Malheureusement, avant qu’elle ne s’exprime, il n’avait apparemment aucun moyen de le deviner. Il fallait dire qu’à la base, Caleb était bien plus doué avec les animaux qu’avec ses semblables. Et si en plus, il devait essayer de comprendre les sentiments de quelqu’un qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, dans la pénombre de surcroît, c’était, à n’en pas douter, peine perdue. Il se contenta donc d’espérer qu’elle ne le prenait pas mal, mais si c’était vraiment le cas, elle lui aurait peut-être déjà donné un autre coup, non ? Finalement, Arabella entreprit non seulement de le rassurer, mais également de reporter la faute sur elle-même. Le jeune homme avait esquissé un geste vague, exprimant plus ou moins son désir de cacher l’espèce de culpabilité que son interlocutrice semblait ressentir. Il fronça les sourcils quand elle poursuivit en évoquant des canards, soudain un peu déboussolé. Elle l’avait perdu, là. Il n’avait pas très bien saisi ce qu’elle laissait entendre, mais il préféra ne pas insister. C’était peut-être simplement lui qui avait un souci de compréhension. Après tout, quand il atterrissait au cimetière, ça voulait forcément dire qu’il n’était pas dans son assiette (bel euphémisme).

Caleb apprit ensuite l’identité de la personne enterrée dans la tombe sur laquelle la jeune femme était venue se recueillir. Il ne s’agissait pas d’un petit ami, mais de son père. Un sourire triste, compréhensif, s’afficha sur le visage du futur vétérinaire. Son propre père était toujours en vie, mais hélas, il ne savait que trop bien ce que c’était de perdre un de ses proches. Il lui semblait qu’Arabella était venue à la recherche d’une sorte de consolation, ou peut-être simplement pour pouvoir s’exprimer un peu plus librement, ou encore pour avoir l’illusion d’entretenir encore ne serait-ce qu’une toute petite relation avec la chère personne décédée. Caleb connaissait bien ce sentiment, même s’il refusait tout bonnement de s’y abandonner. « Je suis désolé pour vous » souffla-t-il simplement. Il était bien conscient que c’était une phrase bateau qui n’apportait pas le moindre réconfort à une personne endeuillée ; mais que pouvait-il bien dire d’autre ? S’il lui parlait de son propre traumatisme, est-ce que ça l’aiderait ? Il n’en était pas certain, mais ça valait peut-être le coup d’essayer. Après tout, elle se sentirait sans doute un peu mieux comprise. Mais avant qu’il ait eu le temps d’ouvrir la bouche, Arabella avait repris la parole, déstabilisant un peu plus Caleb. Pourquoi parlait-elle de chance ? Il n’en avait pas la moindre idée, aussi préféra-t-il s’abstenir du moindre commentaire, pour ne pas s’enfoncer un tout petit peu plus à chacune de ses interventions. En revanche, quand elle s’excusa, il hocha vigoureusement la tête en signe de dénégation. « Vous en faites pas… C’est rien, j’vous assure. »

Donovan lui avait d’ores et déjà proposé de la raccompagner quelque part, ne serait-ce que parce qu’il se sentirait un peu plus rassuré ainsi. La ville de Tenby avait beau être réputée pour sa tranquillité, on n’était jamais trop prudent. Caleb espérait que sa petite soeur, Nia, ne se baladerait jamais toute seule dehors à la tombée de la nuit. Revenant à ses préoccupations présentes, il se mit à rire quand elle lui demanda instamment de la tutoyer. « C’est d’accord » approuva-t-il. En plus, ils étaient probablement dans la même tranche d’âge. « Mais t’as pas à me ramener chez moi, tu sais. J’ai l’habitude de marcher, c’est pas un souci. » Il n’avait pas envie de la déranger. Sans s’attarder davantage dans le coin (même sans croire à la vie après la mort, un cimetière, de nuit, avait quelque chose de glauque), Caleb entreprit de marcher en direction du parking, Arabella à ses côtés. « J’étais venu sur la tombe de mon petit frère » finit-il alors par avouer, sans savoir très bien pourquoi. « Je l’ai perdu l’année passée… »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Mer 8 Juil - 5:25

« Je suis désolé pour vous. » dit-il devant la perte de mon père. Je m’étais toujours demandé pourquoi on le disait. Le temps avait passé sous les ponts depuis que le seul vrai parent que j’avais connu avait perdu la vie. Tellement que je ne me rappelais presque plus d’avoir pleuré mon père. Ce n’était pas à trois ans que j’avais les capacités pour comprendre ce qui se passait autour de moi. Mon oncle, ma tante et mes cousins étaient devenus mes piliers principaux, mon support. La vie m’avait amené aux autres coins du monde à suivre ce qui m’avait semblé être la bonne voie pour moi. J’avais facilement fait le deuil de mon père. Moins facilement de ce besoin de maternité qui m’obsédait ouvertement depuis cette toute première fausse-couche. Il ne fallait pas se conter des histoires – je l’avais entendu des certaines de fois les « je suis désolé » qui visaient à réparer un cœur brisé. Trop souvent c’était pour m’expliquer qu’ils n’avaient pas pu inverser le temps et retenir le bébé là où était ce qui me semblait sa juste place jusqu’au terme : auprès de moi. Je parlais donc de chance là ou d’autres femmes parlaient naturellement du terme. J’avais traversé ce chemin bien trop de fois pour ne pas avoir peur de le dire à n’importe qui. Ce même n’importe qui qui impuissant devant mon cœur broyé par l’absence de bébé m’aurait affirmé être désolé. Pourtant… j’étais partagée et mitigé entre l’envie de le dire et celle de le garder secret. Caleb m’affirma : « Vous en faites pas… C’est rien, j’vous assure. »

Pourtant, j’avais l’impression que c’était beaucoup lui confier alors que l’on ne se connaissait qu’à peine. Je l’avais senti perplexe juste à la mention de chance. Mais je n’allais pas lui expliquer le long chemin que j’avais eu à parcourir pour en arriver à avoir un minimum d’espoir. Je n’en avais pas nécessairement l’envie et j’avais peur aussi que de parler de fausse-couche créent les circonstances pour que cette maternité si s’envole aussi en fumée. Sans rapport, néanmoins, j’en vins à accepter son accompagnement. Il était galant et gentil. « C’est d’accord. » affirma-t-il avec un joli sourire dans la voix. Nous n’étions sans doute tous les deux pas dans notre assiette. Qui vient dans un cimetière pour y partager des bons moments. Il faut être particulièrement étrange pour espérer que ça soit heureux. On y pleure, on y prie… mais ce n’est pas une église qui voit aussi des moments heureux : des baptêmes et des mariages. C’est un endroit pour que des vivants puissent venir se recueillir en mémoire de ceux qu’ils ont un jour aimé. Mon bébé fera-t-il une chose semblable avec son père s’il venait à terme? Après tout, j’avais conscience que les chances de retrouver Benedict étaient limités voire purement et simplement inexistantes. Je souris lorsqu’il répliqua : « Mais t’as pas à me ramener chez moi, tu sais. J’ai l’habitude de marcher, c’est pas un souci. ». Je ne retins pas un petit éclat de rire qui trouva le chemin vers la sortie. C’était quoi ce raisonnement typiquement masculin ? Parce qu’il était un jeune homme alors il avait le droit de faire une telle chose ? C’était complètement absurde. « Pas plus que ce ne l’est pour moi tu sais de marcher seule. C’est moins dangereux à Tenby que dans d’autre place ou j’ai fait ça. » Après tout, quelque six mois plutôt, j’étais installé dans un autre pays ou être une femme qui plus est avec la peau blanche comme la neige ne représentait nullement un avantage. Et ça ne m’avait jamais empêcher de vivre parce que je savais très bien que je ne pouvais pas me retrouver très loin de l’homme que j’aimais et qui me protégeait plus que ce que je voulais admettre.

Il ne me regardait pas lorsqu’il précisa le pourquoi de sa visite ici. Il savait que c’était mon père qui se trouvait là. Je n’aurais jamais osé lui demander à faire une telle chose : « J’étais venu sur la tombe de mon petit frère. » Cette pensée me fit l’effet d’une gifle qui n’avait peu d’équivalent. Perdre un frère. J’étais complètement incapable de l’admettre comme étant une réalité possible. Survivre à la mort d’un frère qui pouvait être plus jeune que soit pouvait être complètement improbable. Je fermais doucement les yeux en encaissant le choc ne me concernait même pas : « Je l’ai perdu l’année passée… » admit-il. Et c’était récent. Tellement récent. Il devait se rappeler de son rire, de la couleur de ses yeux, de l’énergie qu’il dégageait. Ce n’était pas la même chose que je ressentais. J’avais une sensation qui ressemblait drôlement à celle que j’avais ressentie en voyant le lit à demi-vide au campement.

Le plus ironique, c’était que je ne savais pas nécessairement comment réagir autrement qu’en disant que j’étais désolée pour sa perte. Je la comprenais même si j’avais personnellement décidé d’enfermer au loin – au plus loin de moi la possibilité que j’ai à faire le deuil de l’homme avec qui j’avais partagé les dernières années, je savais que cela ne l’aiderait pas nécessairement alors que je murmurais quand même. « Tu as toutes mes condoléances les plus sincères, Caleb. » Ce n’était sans doute pas grand-chose… mais c’était déjà le petit quelque chose que j’avais voulu être capable de faire. Je murmurais doucement : « Si tu veux aller le voir… on peut faire un détour… ». J’eus un petit pincement au cœur qui me fit l’effet d’une gifle. J’avais envie de penser à des choses joyeuses. A ce bonheur auquel il semblait avoir droit parce qu’il avait l’air d’être un bon garçon. « Je ne peux même pas imaginer ce que ça fait. J’étais toute petite quand mon père est décédé. D’autres gens m’ont élevés. »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Mer 8 Juil - 8:53


En règle générale, quand un être humain normalement constitué se retrouvait face à l’un de ses semblables endeuillé, il se sentait démuni, impuissant à l’aider, ne sachant pas très bien quoi faire et encore moins quoi dire. C’était toujours la même chose. Caleb était lui-même passé par là. L’enterrement de son petit frère avait été, à n’en pas douter, l’un des pires moments de sa vie. Il ne prêtait quasiment aucune attention à ce qui se passait autour de lui, n’écoutait pas le moindre mot du discours prononcé par le prêtre, ne voyait même pas les regards affligés ni n’entendait les phrases que lui adressaient les autres. Toutes ses forces étaient mobilisées pour soutenir sa famille et ne pas craquer. Les sanglots désespérés de sa mère et de sa petite soeur n’avaient fait que renforcer sa détermination à se montrer « inébranlable » (entre tous les guillemets du monde), aussi illusoire et vaine soit-elle. Il ne pleurait pas devant ses parents, ni devant Nia. Il pouvait très bien le faire tout seul, pour ne pas leur imposer un fardeau supplémentaire - ou alors avec Lizzie, parce qu’elle était sa meilleure amie depuis qu’ils étaient hauts comme trois pommes et qu’il avait terriblement besoin d’elle. Pourtant, aussi horrible qu’ait été l’enterrement, ce n’était pas le pire. Le pire, c’était encore après ; ça résidait parfois dans des petites choses, qu’on ne soupçonnerait jamais. C’était une chanson en fond sonore d’une publicité, la chanson préférée de Dan. C’était sa mère qui se trompait et dressait le couvert pour cinq personnes, comme à l’époque bénie où la famille était complète. C’était l’odeur de son parfum, porté par un autre homme, qui réveillait douloureusement des souvenirs. C’était un endroit que Dan aimait, ou un trajet qu’ils avaient l’habitude de faire ensemble, ou un autre adolescent qui avait le même style de vêtements et la même carrure, ou son dessert préféré… Quasiment un an après, Caleb n’était pas encore capable de préparer une Dame Blanche sans que ses mains ne se mettent à trembler. Heureusement qu’il ne travaillait pas chez un glacier ! En outre, le jeune homme avait bien remarqué qu’après la mort de son petit frère, certaines personnes prenaient soin de l’éviter. Il n’était pas question ici de ses amis à proprement parler, qui avaient quasiment tous été d’un soutien exemplaire. Il pensait plutôt à des camarades de promotion, ou encore à de vagues connaissances. Il avait compris. C’était embarrassant de se retrouver face à quelqu’un qui traversait une épreuve aussi cruelle. Les autres ne savaient pas très bien comment agir en sa présence, osant à peine plaisanter et se comporter normalement. Mais Caleb n’en avait voulu à personne, il était bien trop occupé à s’accabler de reproches.

Maintenant que c’était à son tour de rencontrer quelqu’un qui avait perdu un proche, Donovan réalisait que lui-même était tout bonnement incapable de faire mieux. Le mieux était sans doute de ne rien dire. Il ne connaissait pas Arabella et risquait de mettre les pieds dans le plat. Il se contenta donc de compatir en silence, espérant un peu bêtement qu’elle puisse ressentir les vagues d’empathie qui émanaient de sa personne. Ils avaient commencé à marcher tous les deux en direction du parking, Caleb ayant proposé à la jeune femme de la raccompagner. « C’est sûr qu’il y a des coins qui craignent plus qu’ici. » Il ne s’était jamais véritablement retrouvé dans des endroits dangereux à proprement parler et il n’allait pas s’en plaindre. Levant les yeux vers le ciel, il constata que le temps s’était gâté et qu’il allait sans doute se mettre à pleuvoir. Finalement, il n’allait peut-être pas refuser qu’elle le ramène chez lui en voiture… Il n’avait pas la moindre envie de tomber malade alors que la soutenance de sa thèse approchait à grands pas. Il avait besoin d’être au top de sa forme.

Tout en réduisant la distance qui les séparait du parking, le pâtissier s’était mis à parler de Daniel. C’était sorti tout seul et, à n’en pas douter, ces confessions subites avaient un rapport direct avec le fait qu’il se retrouvait face à quelqu’un qui avait déjà essuyé la perte d’un proche. C’était toujours plus facile de se confier en sachant que l’autre personne pouvait comprendre et c’était cette sensation qui l’avait poussé à se confier à Penny, l’autre soir, au bar. « Je te remercie » souffla-t-il quand elle lui présenta ses condoléances. En revanche, il secoua la tête lorsqu’elle lui proposa gentiment de faire un détour. « Non, merci, ça ira. J’avais même pas spécialement prévu de venir, c’était plus un réflexe de passer par là… Non, crois-moi, ça vaut mieux. » Il l’écouta parler, tout simplement. « Tu es allée chez de la famille à toi ? » demanda-t-il avec douceur, avant de s’interroger sur son éventuelle indiscrétion. « Ce qui est vraiment dur, c’est que… C’est lui-même qui a mis fin à ses jours. Et je sais pas pourquoi… Mais le pire, c’est même pas l’ignorance. C’est les reproches qui nous bouffent après coup, parce qu’on n’a pas été à la hauteur… »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Dim 19 Juil - 4:36

Gérer la mort d’un être cher était plus difficile que ce que l’on voulait bien admettre à voix basse. C’était une question complexe. Je n’avais toujours pas déterminé ce qui m’avait poussé à dix-huit ans à faire mes bagages de la maison de ma tante pour m’en aller à Londres – mon deuil n’y était peut-être pas nécessairement étranger. J’avais voulu voir si ailleurs je me sentais plus à ma place et puis mon amoureux à l’époque étouffait à Tenby. On avait tous les deux enfourchés nos motocyclettes pour foncer dans l’aventure comme si de rien n’était. « C’est sûr qu’il y a des coins qui craignent plus qu’ici. » affirma-il avec un petit sourire.

« Craindre » ce n’était pas le terme que j’emploierais pour définir certains endroits dangereux dans lesquels j’avais eu le plaisir de travailler au courant des dernières années : j’avais toujours su retirer plein plus que la poussée d’adrénaline envahissante et obsédantes qui nous envahissait lors que l’on avait conscience de vivre dans un milieu qui était dangereux pour nous. « Ils ne craignent pas… » affirmais-je avec un petit sourire en coin. Londres avait été l’exception qui confirme la règle sauf que c’était mon métier craignait surtout pour une femme dans un milieu carcéral essentiellement masculin. Après, il y avait eu moi qui m’étais faite citoyenne du monde sans jamais vraiment revenir assez longtemps à la maison pour avoir un certain attachement à l’endroit. Je l’avais aimé ma vie de nomade dans des endroits ou j’aurais eu raison de craindre pour ma vie. Mais j’étais jeune et inatteignable dans ma tête du moins. Forte et débrouillarde. Ce que j’avais aimé de ces endroits c’était l’absence de routine et l’espèce de facilité que j’avais de pouvoir me sentir vivante comme ce que je n’arrivais pas nécessairement à faire dans un milieu aussi régit par des livres. À vivre dans un petit sac à dos, à voyager à dos d’animaux exotique ou en moto, j’avais vécu des expériences qui ne se décrivent même pas. On n’a jamais vraiment vécu qu’avant d’avoir été invité à la table d’une personne qui n’en en commun avec nous qu’un semblant de langue et un amour de la bonne chair. Tant que l’on n’a pas goûté à une mangue issue d’un arbre qui vient tout juste de perdre son fruit. « Ce sont juste l’aventure d’une vie qui ne se dissimule pas alors qu’ici… il faut chercher et conduire à haute vitesse en moto pour la trouver. » C’était mon genre jusqu’à très récemment et j’eus un petit éclat de rire avant de me ressaisir : « T’inquiètes… je suis en cloque. Je le fais plus. » Raisonnable alors que c’était la seule chose qu’il fallait faire. Je savais très bien que je n’avais pas le choix de faire attention.

Lentement mais surement, la conversation dériva sur la mort. Bonne place pour avoir ce genre de discussion probablement. Sauf que j’avais moi-même de la difficulté à gérer mes sentiments quand on en venait aux deuils. Je faisais de mon mieux pour m’en tirer et faire comme si de rien n’était. Comme si la disparition de mon fiancé ne m’avait rien fait à ma tête et à mon cœur. Sauf que ce n’était pas de moi dont il était question. C’était d’un jeune homme qui avait perdu bien pire. Je savais que de présenter mes plus sincères condoléances à Caleb ne lui était probablement pas du plus grand réconfort possible. Je souris tristement lorsque le jeune homme me dit doucement : « Je te remercie. » Mais je ne sus quoi répondre. Ce n’était pas grand-chose qu’il fallait que je fasse pour l’aider mis à part lui proposer de le laisser aller se recueillir sur la tombe de son frère. Ça semblait être si facile après tout… et ça m’avait fait du bien personnellement de parler de ce qui s’imposait d’une certaine chose : « Non, merci, ça ira. J’avais même pas spécialement prévu de venir, c’était plus un réflexe de passer par là… Non, crois-moi, ça vaut mieux. », affirma-il et je soupirais doucement. Je m’étais privée assez longtemps du "plaisir" de me reconnaître auprès de mon père mais c’était surtout de mes vivants que je m’étais ennuyé. Mes cousins qui étaient là pour m’entourer. Ma tante. Mon oncle. Je n’avais plus nécessairement besoin de mon père. « Tu es allée chez de la famille à toi ? », me demanda-il avec un petit sourire. C’était une bonne question qui se posait nécessairement. Peut-être un peu indiscrète mais à laquelle je m’étais lentement et surement habituée : « Je suis allée chez mon oncle, le frère de mon père. J’y suis restée jusqu’à mes dix-huit ans et puis… ça m’a pris neuf ans pour revenir à la maison. »

Peut-être étais-je un peu intriguant. Pourquoi était-ce neuf ans? Parce que j’avais eu peur et que j’avais perdu la seule personne qui me faisait me sentir à la maison peu n’importe l’endroit au monde ou je me trouvais. Je fermais doucement les yeux. Dans le fond, je n’étais pas mal certain que l’impression de perdre mon fiancé était la même que celle que l’on avait quand on perdait un frère parce qu’il était mon complice… sauf que je n’avais pas encore entendu le pire. Le pire fut cette autre phrase qu’il rajouta doucement : « Ce qui est vraiment dur, c’est que… C’est lui-même qui a mis fin à ses jours. Et je sais pas pourquoi… Mais le pire, c’est même pas l’ignorance. C’est les reproches qui nous bouffent après coup, parce qu’on n’a pas été à la hauteur… » Je n’aurais tout simplement pas pu imaginer. Doucement, ma main se déposa sur son poignet dans l’espoir de la conseiller et de la rassurer comme si c’était la bonne chose qu’il fallait que je fasse : « Je ne peux même pas imaginer perdre quelqu’un que j’aime parce qu’il a choisi de partir… » ou est-ce que je pouvais comprendre? Une espèce de vague de douleur monta en moi tout doucement… oui. Je savais ce que c’était… C’était comme ça que je m’étais senti à chacune de mes fausses-couches. Et j’avais beau me dire à chaque fois que j’aurais voulu retenir le bébé, benedict avait beau m’avoir répété que je n’étais pas responsable… je m’étais sentie responsable à chaque fois… pourtant, je m’entendis dire : « Mais je peux te jurer que tu n’es pas responsable… parfois on a beau croire que l’on fait tout comme il faut… on n’est pas responsables des actes d’autrui. » et à mi-voix… comme pour seulement moi, je rajoutais : « C’est comme pour une fausse-couche. »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Ven 31 Juil - 10:18


Ce soir-là, Caleb s'était senti suffisamment seul et déprimé pour partir se promener tout seul et atterrir au cimetière, un endroit qu'il ne fréquentait pourtant quasiment jamais. Mais il ne s'était certainement pas attendu à tomber sur quelqu'un avec qui il se mettrait à avoir une discussion intéressante, une conversation constructive - une compagnie agréable, en somme. Les choses semblaient pourtant mal parties à la base, à cause d'un malentendu ; mais rapidement, Caleb s'était, en quelque sorte, reconnu en Arabella. Peut-être était-il capable de s'identifier à tous ceux qui avaient perdu un être cher ? C'était comme si une sorte de connexion instantanée s'établissait, un lien inexplicable, sur lequel il n'arrivait pas à mettre de mots. C'était exactement ce qu'il ressentait, par exemple, quand il discutait avec Clément. Il y avait également un autre effet, quasiment magique : pendant quelques minutes, Caleb oubliait sa propre peine et ne s'apitoyait pas sur son pauvre sort. Il se concentrait sur celle d'autrui, une épreuve similaire à laquelle il ne pouvait que compatir. Certes, chaque situation était différente et les personnes ne réagissaient pas toute de la même manière ; mais au moins, il avait l'impression de comprendre, quelque part. Cette atrocité, cette injustice, avait au moins le mérite de lui avoir apporté une bonne dose d'humanité.

Ce qui l'intriguait chez cette jeune femme, c'était le côté visiblement aventurier de sa personnalité, qui s'était révélé assez rapidement. Elle parlait comme quelqu'un qui avait vu du pays, comme quelqu'un qui avait pu observer des paysages qu'il ne pouvait que difficilement imaginer, qui avait vécu des aventures bien loin du quotidien et de la routine du futur vétérinaire, qui était sorti des sentiers battus, contrairement à lui. Caleb avait toujours eu une vie bien rangée, un peu trop, peut-être... À quand remontait la dernière chose un peu folle qu'il avait faite ? Il ne chercha pas dans ses souvenirs bien longtemps : quand Lizzie avait fêté son fameux quart de siècle, ils avaient sauté en parachute tous les deux. C'était quand même quelque chose, non ? Mais au-delà de ça et de certains événements ponctuels, il n'avait pas vécu de choses à proprement parler passionnantes, comme la traversée d'un désert, la découverte d'une culture autochtone ou encore la plongée dans des coins aussi réputés que la Grande Barrière de Corail. Il ne s'en plaignait pas, au fond ; après tout, il avait encore largement le temps pour explorer d'autres horizons et s'émerveiller des miracles de la nature. Mais le jeune Donovan n'en demeurait pas moins curieux. Il s'efforçait de capter les propos d'Arabella, qu'il trouvait parfois mystérieux - et se contenta de sourire quand cette dernière sous-entendit qu'elle s'était assagie depuis qu'elle savait qu'elle était enceinte. Elle lui apprit qu'elle avait passé neuf ans loin de son nouveau chez-elle et il tenta de se représenter neuf ans sans arpenter les rues de Tenby et surtout, neuf longues années sans voir Nia, ses parents, sa meilleure amie... Impossible ! Mais c'était sans doute différent, chaque situation variait. « J'espère que le retour n'est pas trop dur... »

La conversation se poursuivait d'une manière assez naturelle entre eux, passant de ce qu'Arabella avait vécu au drame de la vie de Caleb. Dans ces circonstances un peu particulières, il était peut-être normal d'en venir à se confier un peu plus facilement. Et alors qu'il venait d'avouer à la brunette ce qui le faisait le plus souffrir dans la disparition de son petit frère, elle lui assura, comme tout le monde, d'une manière ferme, qu'il n'était en rien responsable de ce qui était arrivé. Un sourire un peu désabusé, une espèce de grimace légèrement crispée, apparut sur le visage du Gallois. La partie raisonnable, cartésienne de son être le savait parfaitement. Mais il y avait toujours cet autre côté, qui n'avait fait que prendre de l'ampleur, qui lui sursurrait d'une manière presque maléfique qu'il avait lamentablement échoué. Il tentait de se convaincre du contraire et les autres aussi, mais il ne parvenait pas à repousser ce sentiment qui l'envahissait depuis de nombreux mois, depuis les conclusions de l'enquête policière, depuis cet instant horrible où il avait su que Dan n'avait pas réussi à s'accrocher à la vie. « Merci » souffla-t-il néanmoins, sincèrement reconnaissant pour la tentative de réconfort. Comme par réflexe, il leva les yeux vers le ciel, comme dans l'espoir d'y trouver un quelconque apaisement ou, mieux encore, une réponse qu'il n'obtiendrait probablement d'aucune manière que ce soit. Les nuages s'étaient amoncelés et il fut bien content d'atteindre la voiture d'Arabella, dans laquelle il grimpa sans se faire plus prier que précédemment. Alors qu'il lui indiquait où il vivait et la remerciait de le ramener, Caleb s'efforça de méditer à nouveau sur ce qu'elle lui avait dit. « J'ai l'impression que quoi qu'il arrive, on s'adressera toujours des reproches. J'espère juste réussir à vivre avec ça. » Quand elle évoqua une fausse couche, il se sentit tout de suite mal à l'aise, comprenant immédiatement qu'elle n'en aurait pas parlé si elle n'était pas passée par là. « Encore une fois, je suis désolé pour toi. » Bien évidemment, il ne pouvait tout simplement pas se mettre véritablement à sa place et il ne pouvait qu'essayant d'imaginer, tout en priant presque pour que ça n'arrive jamais à la femme qu'il aimait. « Est-ce que tu sais si tu attends une fille ou un garçon ? » demanda-t-il avec douceur, visiblement désireux de s'étendre sur un sujet plus joyeux. Il lui semblait que le ventre de son interlocutrice n'était pas encore assez arrondi pour qu'elle ait atteint ce stade-là, mais après tout, il était loin d'être un spécialiste en la matière.

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Dernière édition par Caleb R. Donovan le Jeu 3 Sep - 7:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Mar 4 Aoû - 3:24

Les remords et les regrets, je ne les avais découverts que très récemment. Ils étaient venus de pair avec le fait de grandir et de devenir mature. J’avais fait une attention toute particulière de ne jamais me poser de questions et de ne jamais remettre en question les choix que j’avais fait jusqu’à l’âge de vingt-deux ans. Et puis, il y avait eu l’émeute dans la prison. Enceinte de vingt semaines, je n’avais rien à faire dans une intervention du genre. J’aurais dû demandé d’être affecté à de la surveillance passive, a du travail sur papier… Mais j’avais beau m’en être voulue comme pas possible, en avoir maudit tous les détenus du monde ça n’avait pas changé le fait que je me retrouvais avec un ventre vide et une absence de cœur. À l’image d’un deuil, j’avais traversé le déni, la colère, la dépression, le marchandage et l’acceptation.

En un certain sens, c’était la même chose que je vivais maintenant que j’étais de retour au pays : Benedict et moi avions abordé l’idée de revenir en Angleterre. Je lui avais confié que j’avais une propriété à Tenby, au pays de Galles, que l’héritage que mon père m’avait transmis permettait d’entretenir. Ma maison n’était pas nécessairement la plus grande. Mais c’était un pied à terre qui aurait très bien pu nous servir pour créer quelque chose à nous. Après tout, il était tout aussi britannique que moi et nous aurions très bien pu choisir une vie posé. Avec tous les problèmes que nous avions eu à avoir un bébé, après une énième fausse-couche, l’idée d’attendre d’être au Royaume-Uni pour avoir un enfant nous avait traversé l’esprit : j’aurais pu avoir un suivi plus adapté aux fausses-couches à répétition auxquels nous étions habitués. Je savais que c’était quelque chose d’un peu particulier. Mais l’idée de faire demi-tour et d’avoir des remords m’avait fait peur.

Sauf que quand Benedict avait été porté disparu, je n’avais pas eu le choix. J’avais trop peur pour rester en zone aussi dangereuse. Ce n’était pas ma propre sécurité dont il était question : c’était vraiment le fait que mon fiancé n’était plus là mais que moi j’étais encore là. Je m’étais assagie par la force des choses et non pas parce que je l’avais voulu. Et ma réaction toute à l’heure était une preuve de plus que je n’allais pas aussi bien que ce que j’affirmais auprès de lui. J’avais des regrets, des doutes et des remords maintenant. J’avais jeté la serviette bien vite sur l’option de retrouver mon fiancé. La réadaptation à une vie civile dans un pays où je n’avais pas à me soucier de ma sécurité d’avantage parce que j’étais une femme qui plus est à la peau blanche comme la neige était plus ardue. Et je me surpris à sourire doucement et à déclarer d’un ton léger : « Le retour est un peu particulier à gérer. Disons que de passer du soleil de la Somalie à ici est un choc en soi. » Ou peut-être était-ce seulement que je ne me rappelais pas d’avoir fait le geste à l’inverse. « Et je ne suis pas nécessairement partie dans les meilleures conditions non plus. » Mon départ en fait avait été complètement catastrophique. Ça avait été une bataille avec l’ambassade, une assurance que je pourrais avoir des nouvelles si jamais le corps de Benedict aurait pu venir à la maison. Je souris doucement sans montrer l’impression de destruction que j’avais ressenti à cette époque et qui me rattrapait comme ça le soir. « Alors c’est toute une réhabilitation. » dis-je doucement.

Nous nous étions rapprochés de mon camion : J’aurais aimé être capable de lui enlever la douleur qu’il ressentait lui aussi. Peut-être parce que je me faisais d’un certain point d’honneur de faire en sorte que les autres aillent mieux que moi. L’avoir plus connu, je ne me serais pas gêné pour l’enlacer doucement et lui dire que tout irait bien. Mais en même temps, je savais que je disais ces mots sans vraiment y croire. « Je te jure que l’on se fait aux remords. Ce n’est pas que l’on s’y fait… Ils s’effacent après un moment. Ils ne disparaissent jamais vraiment complètement. Mais j’arrive à vivre avec les miens. Le passé est passé et même si je veux, je ne peux pas retourner l’horloge. » Ironique parce que j’aurais souhaité plus d’une fois pouvoir courir et aller chercher dans les bras de mon fiancé le réconfort pour passer par-dessus sa disparition. J’aurais voulu retourner l’horloge. Retourner à ce dernier moment ou j’avais été blottir ma tête dans son cou et l’embrasser doucement, à cette dernière fois que nous avions été réunis.

Je souris à l’excuse qu’il me présenta. Ça expliquait peut-être un peu mon cœur lourd. J’aimais bien avoir espoir que bébé reste bien au chaud dans mon ventre mais je ne me faisais plus d’illusion maintenant. Ne sachant trop comment prendre le fait qu’il était désolé pour quelque chose contre laquelle il n’avait pas de contrôle, je souris doucement en déverrouillant les portes de l’automobile : « Merci… c’est gentil. Je m’excuse pour le désordre. Mon auto est mon bureau alors c’est toujours un peu… » Je grimaçais doucement avant d’hausser les épaules : « La joie d’être entrepreneure sur des chantiers. » confiais-je avec un petit éclat de rire. Je n’accorderais pas beaucoup d’importance à ce que les autres pensaient de mon métier si peu conventionnel pour une jeune femme.

Il m’indiqua son adresse que je mémorisais. Je n’étais pas si certaine de l’adresse. Mais un fois que je sus ou je m’en allais, je démarrais le moteur de mon automobile et je me reculais. Je souris lorsqu’il demanda le sexe de l’enfant que je portais. Question logique à laquelle je pensais très bien que je ne répondrais probablement pas. Avec un petit sourire, je déclarais : « Je ne suis pas assez avancée encore pour le savoir. C’est vers vingt semaines que l’on sait. Je suis à sept, presque huit semaines.» Presque le cinquième qui s’était écoulé. C’était effrayant quand on y pensait. Mais en même temps, je comptais le nombre de fois ou je m’étais rendue aussi loin que ça. « Je pense que je préférerais la surprise de toute façon. » Non ce n’était pas qu’une question de je préférais ça… mais je m’attacherais plus en sachant si c’était un garçon ou une fille. Je préférais ne pas savoir et puis… Avec un petit éclat de rire : « Au risque d’avoir l’air cliché… » commençais-je. « Je veux juste avoir un bébé en santé. Il peut être garçon, fille, hermaphrodite… je veux juste qu’il ait dix doigt, deux bras, une tête, un cerveau, deux jambes, deux pieds… et qu’il respire rendu au terme. J’ai revu mes attentes à la baisse disons. Je préférais un garçon avant. »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Jeu 3 Sep - 8:00


« Oui, j’imagine » souffla simplement Caleb, quand Arabella évoqua le contraste entre la Somalie et le retour à Tenby. Il l’écouta évoquer plus ou moins les difficultés qu’elle rencontrait, puis hocha la tête avec compassion, avant de se rappeler qu’il faisait noir. Il se décida alors à ouvrir la bouche, mais pour dire quoi ? Réussirait-il à sortir quelque chose d’un tant soit peu utile ? Parfois, dans certaines situations, il valait mieux se taire, prêter une oreille attentive et compatir en silence. Dans ce cas-là, Caleb se contenta d’une phrase qui était certes un peu bateau, mais qui exprimait pleinement ce qu’il ressentait. « Je te souhaite bien du courage. » Avec douceur, comme depuis que la conversation s’était orientée vers des sujets assez dramatiques.

« T’en fais pas pour le désordre. Si tu voyais ma chambre, tu t’enfuirais en hurlant. » Ils étaient dans la voiture depuis à peine trois minutes que la pluie s’abattait sur la petite bourgade. Soulagé d’être à l’intérieur, le futur vétérinaire se pencha légèrement pour regarder le ciel à travers le pare-brise. Ce n’était clairement pas une averse passagère. Une étrange pensée traversa l’esprit de Caleb. Une averse passagère. Le deuil qui avait frappé sa famille et tant d’autres. Il aurait tellement voulu que la douleur indescriptible, le sentiment d’impuissance, la fureur et le sentiment de déception s’estompent rapidement, aussi vite que des nuages étaient chassés par le vent. Il avait perdu Dan moins d’un an auparavant, mais est-ce qu’un jour, la souffrance s’apaisait ? La douleur devenait-elle moins vive ? Le temps pansait-il des blessures aussi énormes ? Des questions qu’il s’était posées des milliers de fois depuis cet horrible jour de juillet 2014. En ce qui concernait les remords, Arabella semblait croire que les choses s’amélioraient. Elle affirmait avoir appris à vivre avec les siens. La gorge un peu nouée, Caleb hocha la tête en signe d’assentiment. Il ne savait pas très bien quoi penser de ses propos, mais il espérait profondément ressentir ce genre de choses un jour - pas seulement lui, mais surtout les autres membres de sa famille.

« En tout cas, c’est cool que tu fasses voler les clichés » assura le jeune homme en faisant référence à la profession de la brunette. Jusqu’ici, il n’avait rencontré que des entrepreneurs de sexe masculin. Mais de toute manière, il avait bien compris qu’il n’avait pas affaire à une femme très conventionnelle. « C’est vrai, tu préfères ne pas savoir tout de suite ? Oh, ça doit avoir du bon aussi. Il faut juste pas trop faire les courses d’avance, en tout cas en ce qui concerne les couleurs, j’imagine. » Quoi qu’il en soit, Arabella semblait très heureuse à l’idée d’accueillir un bébé. En même temps, après une (plusieurs ?) fausse couche, c’était la réaction la plus normale, non ? « Je comprends. » Il fixa la route pendant quelques instants. « J’aimerais bien avoir un garçon aussi. J’veux dire, sûrement pas tout de suite, mais un jour. Je l’appellerais Daniel, comme mon petit frère… Enfin, en tout cas, c’est ce que je voudrais. »

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MessageSujet: Re: Healing is a story of time [PV Caleb] Mar 8 Sep - 23:36

Je n’avais jamais vraiment essayé de faire voler les clichés : ce n’avait jamais été mon but que de m’affirmer comme étant en marge de la société qui veut prétendre que les femmes doivent nécessairement répondre à certains critères. Non, je ne me sentais pas à l’aise dans une robe – ce n’était pas parce que je n’étais pas à l’aise avec mon corps. Je faisais attention à ce que je mangeais, je bougeais et je n’avais jamais fumé. Ce n’était simplement pas moi. Quand je m’imaginais plus petite, jamais une fois je n’avais souhaité devenir un de ses métiers traditionnellement associées aux filles. Plutôt que de vouloir être princesse à trois ans, je voulais devenir pompière – un métier vachement plus associé à la gente masculine. Pourtant, je savais m’affirmer comme femme et malgré les rumeurs qu’auraient pu avoir mon attitude de garçon manqué sur mon orientation sexuelle, j’étais hors de tout doute hétérosexuelle. Mais j’aurais de la misère à me plier aux conventions. Je souris en le regardant. « Je n’ai pas vraiment choisi de les briser ! Je me sens plus à mon aise en était à l’extérieur des clichés. Je mène une vie luxueuse à ma manière. Le luxe, c'est la liberté d'esprit, l'indépendance, bref le politiquement incorrect. C’est celui qui a rendu à Chanel ses cartes de noblesse qui a dit ça. Je préfère être politiquement incorrecte et bien que malheureuse. » dis-je avec un petit éclat de rire.

La conversation dériva sur ma grossesse. Un autre sujet qui me rendait étonnamment heureuse. À l’instar de bien des décisions que j’avais prises dans ma vie, j’étais loin de suivre la masse. Lors des échographies, mon regard n’était pas attiré par la question du garçon ou fille. L’angoisse était terrible pour moi. Est-ce que le cœur battait ? Est-ce qu’il n’avait pas de malformations ? Après toutes ses mauvaises expériences, j’envisageais nécessairement le pire chaque fois. Comment aurais-je pu faire autrement ? « Je préfère compter les orteils et les doigts que de vérifier si c’est un petit garçon ou une fille. » Même quand je le serrais contre moi - le petit corps chaud de mon bébé. Ma préoccupation première sera davantage à savoir s’il respire que si c’est un garçon ou une fille. Je le savais. Une seule fausse couche tardive m’avait permis de le savoir. J’admettais toutefois que la couleur de la chambre poserait problème mais je ne m’arrêterais pas à la couleur des murs. « J’avoue que pour les couleurs… ça va définitivement m’embêter un peu. Mais je ne crois pas que parce que c’est une fille, ça doit vivre dans un univers qui est tout rose. Ou un garçon dans du bleu. C’est des clichés peut-être… mais j’ai un gros truc avec la couleur jaune. » J’avais déjà des idées de couleurs pour la chambre des teintes de vert et de bleu… une murale à l’image de personnage de dessins animés. Mais pour décorer une chambre, il faudrait que j’en parle à Lincoln… et je n’avais pas la force. De peur de voir la grossesse se terminer une fois l’annonce faite.

La confidence sur le prénom me fit sourire. C’était une belle dédicace et une manière de ne pas oublier. J’avais été tenté par le passé de me faire tatouer la date de ma première fausse-couche. Mais l’idée d’avoir un souvenir permanent de cet instant qui avait été pour moi terriblement traumatisant ne me plaisait pas. Je souris doucement. « C’est un joli prénom, Daniel. Je ne te le volerais pas par contre… j’aime bien celui que j’ai en tête. » Bien sûr que je l’aime le prénom de Daniel… mais à l’instar de ce qu’il représente pour Caleb, le nom que j’ai en tête à une valeur sentimentale certaine : c’est le prénom d’un homme fort – avec un peu une tête de bourrique par moment. Un nom qui, pour moi, évoquait des souvenirs avec des odeurs d’épices si particulières et l’étrange sensation d’un soleil chaud qui cogne dans le dos d’un travailleur dans un endroit qui semble à la fois si pauvre et si riche. Pauvre par des constructions que l’on considère de base dans un pays aisé, mais riche d’une culture souvent ancestrale qui n’éveillait chez moi que des souvenirs particulièrement doux et intéressant. « Benedict pour un garçon… c’est en hommage à son papa. » Les mots sortirent bien plus vite que ce que j’aurais voulu. En hommage ? Est-ce que j’avais vraiment abandonné l’idée que Benedict ne revienne de Somalie ? Je n’en étais pas certaine. Dieu seul savait ce qu’il pouvait traverser s’il était encore vivant. L’enfer probablement incarné sous la main des hommes. Un hommage voulait nécessairement confirmer l’absence. Pas une absence choquée… mais un vide laissé. Un creux. J’eus un faible sourire. Aucune tristesse n’avait transparu dans mes mots. J’évitais de penser à lui. De le mentionner. Il était enfermé tout au fond de mon cœur comme un souvenir chaleureux auquel je n’osais pas penser. « Pour une fille… il faudrait que je réfléchisse encore j’avoue. Mais j’ai le temps. »

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Healing is a story of time [PV Caleb]

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