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please be strong (teddy)

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : Clou
TES DOUBLES : calamity Holly
TON AVATAR : Frida Gustvasson
TES CRÉDITS : alinoé (avatar)
TA DISPONIBILITE RP : toujours dispo
RAGOTS PARTAGÉS : 9345
POINTS : 2632
ARRIVÉE À TENBY : 25/04/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : vingt-et-un ans (18.12)
CÔTÉ COEUR : quelqu'un s'y est frayé une place dernièrement
PROFESSION : confiseuse comme papa
REPUTATION : « Grace semble enfin aller mieux, c'est une jeune maman épanouie qui sourit à la vie. Il était temps ! »



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MessageSujet: please be strong (teddy) Ven 24 Avr - 22:58

C’est bizarre mais Grace commence à se faire à l’absence de Demian. Ce n’est pas que c’est plus supportable, elle n’arrive toujours pas à l’encaisser. Mais elle est habituée. Quand elle se réveille, il n’est pas là et quand elle rentre chez elle non plus. Elle ne s’en étonne pas, elle s’est fait à cette horrible idée. Demian est en prison. Et il n’en ressortira probablement plus jamais. Grace peut crier, elle peut pleurer. Ça ne changera rien. Elle a beau espérer le contraire, elle a beau se dire que si elle y met du sien au procès ça marchera, tout le monde sait que ça n’arrivera pas. Tout le monde sauf elle. Elle ne s’en rend pas compte qu’on ne peut pas pardonner à un assassin comme ça. Elle l’a fait, pourtant. Parce qu’elle est douce et gentille, suffisamment naïve aussi. Mais personne d’autre sera là pour se montrer aussi indulgent. Dans le fond, même Grace sait que Demian mérite ce qu’il lui arrive. Elle le nierait probablement jusque sur son lit de mort mais n’empêche que, il est à sa place. Les criminels, les assassins, c’est mieux de les avoir en prison. Grace souhaiterait voir derrière les barrières n’importe quel autre meurtrier d’ailleurs. Elle est tellement contre l’idée d’ôter la vie de quelqu’un, peu importe les circonstances. Mais elle aime Demian. Assez pour fermer les yeux, assez pour le couvrir quand elle ne devrait pas. Ça va peut-être lui permettre d’assumer, de grandir en tant que homme… Enfin, ça veut surtout lui servir à pourrir en prison. C’est ce qui écoeure le plus Grace. Elle était sensée passer les derniers instants de sa vie avec Demian et inversement. Ils auraient du vieillir ensemble. Enfin, c’est surtout Demian qui aurait vieilli. Il y a de fortes chances qu’elle lui ait survécu. Avec une telle différence d’âge, ce serait logique. Mais tout de même. Grace aurait du passer une bonne partie de sa vie avec lui. Son premier amour, son tout. Sans lui, il n’y aurait même pas de Mila dans sa vie. Grace l’aurait donné à quelqu’un. Malone aurait été soulagé. Elle aussi, faut dire. Mais aujourd’hui Mila est là et si ça n’a pas toujours paru évident, ça l’est aujourd’hui. Elle est une grande force pour Grace qui aurait certainement coulé sans elle. Sauf qu’elle est encore en train d’apprendre. Grace est encore un peu maladroite. Etourdie aussi des fois. Mais elle s’améliore. Vraiment. Elle se sent moins nulle qu’au début. Elle connaît mieux sa fille, elles se sont apprivoisées. Et puis elle s’est mise à l’aimer. Ça l’a pris aux tripes. C’est la chair de sa chair, le sang de son sang. De tout ce que Grace a fait dans sa vie, Mila est la plus belle. Elle est parfaite. Et plus elle grandit, plus il est flagrant qu’elle ne connaitra jamais la moindre imperfection physique. Il faut dire qu’elle n’a pris que le meilleur de ses parents. Sacrée Mila. Elle en fera tourner des têtes un jour, cette petite ! Mais pas tout de suite. Pour le moment, ce n’est qu’un bébé et c’est très bien comme ça. Tout compte fait, Grace n’est peut-être pas aussi pressée qu’elle le pensait que Mila grandisse. D’accord, changer des couches, c’est pas terrible. Se lever en pleine nuit pour donner un biberon non plus. Mais Grace redoute presque le jour où elle n’aura plus à le faire. Avec Mila, elle se sent utile. Elle se lève chaque matin en sachant qu’elle aura toute une tonne de choses passionnantes à faire. Que fera-t-elle le jour où ça ne sera plus le cas ? Elle préfère ne pas y penser. Pour le moment, elle a tout le loisir de pouponner. Bien sûr, Malone garde Mila aussi. Un peu plus qu’au tout début d’ailleurs, tant mieux pour lui. Et pour Mila aussi. Mais Grace ne le vit pas toujours très bien. En même temps, si Mila n’est pas là, elle ne fait que se morfondre devant la télé avec des glaces. Ce n’est vraiment pas très glorieux. Aujourd’hui, cependant, elle est bien occupée. Mila est là et a l’air d’avoir envie de le faire savoir. Ça fait bien dix bonnes minutes qu’elle hurle sans que Grace ne comprenne ce qu’il lui arrive. Elle a mangé, sa couche est propre, et Grace la trimballe partout en la cajolant. Alors quoi ? Elle semble inconsolable et Grace ne sait plus comment s’y perdre. Elle fait les cents pas, Mila dans les bras, et sent toute sa bonne volonté se faire la malle. Ça a l’air simple, les bébés, dans les films. Dans la vraie vie en revanche, ça n’a rien à voir. Il faut croire que Grace a encore beaucoup à apprendre… Avec les pleurs de Mila dans les oreilles, elle n’entend pas tout de suite la sonnette. Elle n’attend personne et sa colocataire n’est pas là. Une visite surprise ? Ah si seulement c’était sa tante… Elle aurait su quoi faire. Grace sait pourtant que c’est impossible et c’est sans surprise qu’elle ouvre la porte sur quelqu’un d’autre. Theodore. Tiens, qu’est-ce qu’il fait là ? Malgré la position délicate dans laquelle elle se trouve, Grace sourit. Ça lui fait plaisir d’avoir de la visite, encore plus parce que c’est Theodore. « Oh… Bonjour ! » qu’elle s’exclame en berçant Mila de droite à gauche dans l’espoir qu’elle se calme enfin. « Je suis désolée, elle fait ça depuis tout à l’heure… Si vous arrivez à supporter le bruit, vous pouvez entrer. Je comprendrais sinon. » Ce que Grace oublie c’est que Theodore est papa et qu’il a sûrement déjà du avoir affaire à une crise de larmes du genre. Il n’empêche que Grace ne veut pas imposer les sautes d’humeur de sa fille à tout le monde. Sa colocataire en prend déjà plein les oreilles, la pauvre. Grace n’a pas vraiment eu le choix. C’est déjà un grand pas en avant qu’elle puisse s’assumer toute seule financièrement. C’était loin d’être le cas. Avant, elle avait ses colocataires pour l’aider. Et Demian ensuite. Aujourd’hui, elle ne compte plus que sur elle-même.

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TON PSEUDO : MissPiggy/Bianca
TES DOUBLES : Aiden Holmes, Arabella Dot McCormack, Seren A. Vaughan et William T. Hardy.
TON AVATAR : Tim Minchin
TES CRÉDITS : avatar: James sing:Charney
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ARRIVÉE À TENBY : 31/01/2015


ÂGE DU PERSONNAGE : 41 ans (24 janvier)
CÔTÉ COEUR : assez grand pour tout le monde - sans attache
PROFESSION : propriétaire du Sugar Rush de retour aux études malgré son âge de grand-père de l'université
REPUTATION : L'excentrique confiseur dont les penchants pour la bouteille et la peur des calories en font un être encore plus bizarre, délègue à sa fille biologique sa boutique. Il semble avoir une idée derrière la tête avec sa réorientation professionnelle.



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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Sam 25 Avr - 2:35

J’étais tout bonnement ridicule. Pas juste un peu. TOTALEMENT RI-DI-CU-LE! C’était facile d’appuyer ma main sur la sonnette de la maison pour amener Grace à m’ouvrir la porte, non? Ça avait l’air facile. Sauf qu’il fallait se mettre en tête que pendant les dix ans de ma relation avec ma fille – la même qui ignorait la nature même du lien qui nous unissait – s’était toujours limité aux quatre murs de ma boutique de bonbons ou à des lieux extrêmement publics. C’était différent que d’entrer à l’intérieur de son territoire. Je n’étais plus en contrôle du lieu. Plus en contrôle de la situation en acceptant de sonner pour alerter la jeune femme de ma visite.

Pourtant, ma journée avait bien commencé. J’avais même mangé tout un bol de céréales – un exploit notable depuis près de trois mois. De toute petite victoire. J’avais maigri depuis la dernière fois que je l’avais vu. Mais j’avais recommencé lentement à reprendre un peu de poids – à coup de micro-victoire comme ce fameux bol de céréales. Je faisais l’effort de manger des fruits, un peu de viande, rarement du pain. Je devais avouer que l’inquiétude que j’avais eu pour Grace depuis l’arrestation de son fiancé n’était pas pour m’aider – elle m’avait nui et replongé plus loin que je ne l’aurais voulu dans mon enfer personnel.

Tout ça pour en venir au fait que j’avais réussi à ramasser mes miettes de courage pour aller à la boutique et assembler un panier de friandise à en faire baver n’importe qui – sauf moi, irréductible gaulois. Le panier rose et jaune avait su ramasser les friandises les plus colorés de ma boutique. Il y avait de tout : des bonbons gallois traditionnels fait à la main à de la barbe à papa, sans oublier le fameux chocolat. Tous des aliments qu’en secret je détestais mais qui, je le savais, remontrerait le moral à Grace. Sur ce point, elle était différente de moi. Face à l’adversité, elle était forte. On aurait pu accrocher l’œil du moi ébranlé de vingt ans avec une bonne vieille bouteille de Jack Daniels – mais ça ne semblait heureusement pas être les penchants de ma fille. Dans mon dévouement à la perfection pour cette surprise, j’en arrivais à rester assis à la table de mon arrière-boutique à fixer les rubans avec plus d’acharnement que je ne l’avais fait avec ma déclaration de revenu l’an dernier. Cette question si était importante : le ruban devait-il être rose mat ou lustré? Il fallait être dans mes souliers pour comprendre l’importance cruciale de la question. J’avais ensuite chargé le précieux panier dans mon automobile.

Stationné devant la maison, j’avais hésité à sortir de ma voiture. Et si elle n’était pas à la maison hein? Si elle ne voulait pas me voir? Si… Une flambée d’hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres s’occupaient de faire monter mon anxiété. Mais en même temps, le panier était là et emplissait mon automobile d’une odeur sucrée qui me donnait personnellement la nausée. Je pourrais l’abandonner sur le bord de la porte sinon.

Allez. Je ramassais mes miettes de courage pour me lever et ramasser le panier dans mes bras. Voilà que sur le pas de la porte je doutais à nouveau. Je déposais le panier et fixais la sonnette en hésitant clairement sur ce que je devais faire. Pendant près de vingt minutes, j’hésitais et puis mon doigt frôla la clochette pour une première fois. Au loin semblait venir le son caractéristique des larmes d’un bébé. Je tentais donc pour une autre reprise. Et la porte finit par s’ouvrir sur une Grace qui tenait sa fille qui émettait un boucan impressionnant quand on avait conscience de la taille du bambin. « Oh… Bonjour ! », dit-elle passablement surprise de me trouver là. J’aurais peut-être dû appeler avant, non? Ça aurait été mieux que de tomber comme un cheveu sur la soupe. Aussi inattendu que non désiré. Pendant un autre bref instant, je craignis qu’elle ne me chasse de chez elle. « Je suis désolée, elle fait ça depuis tout à l’heure… Si vous arrivez à supporter le bruit, vous pouvez entrer. Je comprendrais sinon. »

Mon regard détailla l’enfant pendant un bref instant. Un sourire probablement béat sur mes lèvres. Indirectement, elle était mienne. Mienne par extension. Je ressentais la même menue fierté que je ressentais lorsque mon fils accomplissait des petites tâches. Boutonner comme il faut son pardessus était le dernier en liste. J’étais peut-être en quelque sorte simplet à faire une telle chose. Mais ça m’amenait encore une fois de toute petites victoires et c’était ce qui importait pour moi. Faisant une semi-révérence qui ne manqua pas de trahir ma nervosité, je finis par articuler. « Bonjour, mademoiselle. Le boucan de la jolie princesse ne me dérange pas. Je peux alors me tailler une mini-place. En passant, malgré ses larmes, elle est magnifique. » et c’était sincère. Mon regard se porta à nouveau sur la jeune maman avec un sentiment de fierté. Une partie de moi avait eu peur de cogner à la porte pour la découvrir dans un état comme celui de sa mère – les rares fois ou j’allais prendre des nouvelles d’Aurore Hamilton. « J’ai un cadeau pour toi. Je m’excuse de ne pas avoir pu passer avant… j’ai été… occupé. » Occupé, belle manière de placer le fait que j’avais presque complètement rechuté. J’avais en fait, recommencé à voir une nutritionniste sur une base régulière – une fois aux deux semaines et un psychologue sur une base quotidienne. Presque deux mois s’étaient donc écoulés et je reprenais peu à peu à peu un semblant de contrôle sur ma vie. Pas grand-chose. Mais un tout petit pas. Doucement, je déposais le fameux panier sur une table en entrant dans la maison un peu. Après tout, elle ne venait pas justement de m’inviter à faire une telle chose non? Je retirais mon immortelle paire de soulier en cuir noir sous les pleurs continuels du bébé.

Les pleurs rythmés de l’enfant secouaient plein de souvenirs. Un curieux mélange de sentiments. J’avais une pensée pour Tim, pour les enfants jamais nés, pour les bébés qui n’avaient été que de passage dans notre vie… Mais surtout, une pensée pour Grace que je n’avais pas pu serrer de la sorte. Je passais lentement une main dans mon épaisse tignasse. La jeune maman semblait exténuée et puis, je me mourrais d’envie de la prendre dans mes bras – ma petite-fille. J’avais été un père en carton, mais je ne serais pas un grand-père en carton à la hauteur d’Aurore. « Tu me laisses la prendre. Je pouvais faire de la magie avec les larmes de Tim. » dis-je en la regardant.

Je ne sus pas très bien quelle petite bulle se produisit dans mon cerveau alors que la mère me tendait doucement le poupon. Mais je ne réalisais pas que les mots me dépassèrent rapidement alors que je la saisis : « Allez… viens voir grand-papa, Mila… » mais je ne réalisais pas que les mots avaient franchi mes lèvres. Non, j’étais beaucoup plus concentré à amener doucement la fillette en petite coquille contre ma poitrine. Doucement, ma main se posa dans son dos et fit des petits cercles. Je l’avais déjà pensé, les raisons pour lesquelles pleurent nos enfants sont nombreuses. Parfois mystérieuses, parfois très évidentes. Parfois, on ne peut s’empêcher de les partager avec eux.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Sam 25 Avr - 12:53

Être maman, c’est un job aussi gratifiant qu’épuisant. Souvent, Grace a eu envie de tout plaquer. Surtout au début, quand Demian était encore là. Combien de fois est-ce qu’elle s’est fait la malle ? Combien de fois est-ce qu’elle les a laissé seuls pour aller trainer dans un bar ? A cette période-là, Grace ne se contrôlait plus. Elle était dans l’excès, elle pensait que trinquer un coup ou deux lui ferait oublier à quel point elle se sentait nulle comme mère. Et puis Demian est parti. C’est là que Mila est devenue une force, c’est là qu’elle a pris conscience qu’elle est capable de faire tout ça. Sa mère a bien réussi à la maintenir en vie jusqu’à sa majorité, non ? Alors pourquoi pas elle ? Elle peut même faire mieux et s’y applique désormais. Seulement des fois, c’est compliqué de faire de son mieux. Comme là, alors que Mila pleure, sans que Grace parvienne à l’expliquer. Elle est là pourtant, elle la câline du mieux qu’elle peut. De quoi a-t-elle besoin sinon d’être nourrie, rassurée, et changée ? Grace ne voit pas. Peut-être qu’elle a envie de voir son père ? La relation Malone-Grace n’est pas au beau fixe, c’est vrai. Ça fait des mois que c’est comme ça. Mais Grace pense forcément à lui quand elle voit sa fille dans un tel état. C’est la seule chose qu’il lui manque dans l’immédiat. Est-ce qu’elle sent son absence au moins ? Grace essaye de puiser dans ses propres souvenirs. Après tout, elle a aussi grandi son père. Et encore. Elle ne voyait pas son père à temps partiel comme Mila, elle ne le voyait pas du tout. Elle n’a même jamais rien su de son existence, ignorant même s’il est en vie ou non. Oui, ça lui a manqué. Bien sûr qu’elle a senti cette absence. Elle s’est surtout longuement demandé à quoi il ressemblait. Impossible pour elle de retrouver un quelconque caractère physique à exploiter dans le miroir, Grace est le portrait craché de sa mère. Alors il pourrait être aussi bien blond que brun, petit que grand. Quoi qu’il en soit, c’est un mystère. « Papa te manque ? » qu’elle souffle à l’oreille du bébé. Mais malgré sa tendresse et sa patience, Mila continue de pleurer. Un jour, elle parlera. Et ce jour-là, elle répondra à ses questions autrement qu’en braillant. Enfin, il faut espérer. Il est dur de définir le caractère d’un si jeune bébé. Est-ce qu’elle sera timide ? Extravertie ? Est-ce qu’elle sera capricieuse ou obéissante ? Grace a encore du temps avant de l’apprendre. Elle n’a que deux mois, la petite. Elle cligne des yeux et babille, c’est déjà bien. Et elle pleure, aussi. Et l’arrivée de l’invité surprise de Grace ne la calme pas. Elle continue de brailler. Vraiment pas polie, cette petite ! Grace ne tarde pas à s’en excuser. Elle n’a pas le souvenir d’avoir vraiment vu Theodore en dehors de  la confiserie. C’était leur endroit de prédilection, pourquoi est-ce qu’il venait ici maintenant ? Peut-être parce que ça fait un moment qu’il n’a pas vu Grace à la boutique. Avec tout ça, elle n’a pas vraiment eu le temps d’aller se balader. Encore moins de se goinfrer de bonbons. « Oui… Elle est parfaite. » que confirme la jeune mère, fière qu’on parle de cette façon de sa fille. Il est vrai que même toute rouge et les yeux envahis par les larmes, elle est ravissante. Vraiment, Grace ne connaît pas une personne qui résiste à sa bouille d’ange. Ana, peut-être. Mais ça ne compte pas vraiment. Elle est phobique, un truc comme ça. Il faudrait qu’elle aille se faire soigner. « Entrez alors, je vous en prie. » Et Grace ne tarde d’ailleurs pas à retourner dans le salon. Theodore la suit évidemment et lui annonce qu’il a un cadeau pour elle. Grace retrouve l’expression de ses six ans. Si elle n’avait pas Mila dans les bras, elle se serait peut-être mise à sautiller sur place. « C’est vrai ? » qu’elle demande d’abord avec un air ébahi. Elle a envie de lui sauter au cou pour lui faire un câlin tellement c’est gentil de sa part mais elle est encombrée d’un bébé pas content. « Oh non… Ne vous excusez pas. Ça va. » Il dépose un panier sur la table et Grace devine que c’est son cadeau. Elle devine déjà tout ce qu’il peut se cacher là-dessous et en est ravie. Ça va lui faire du bien de replonger dans une addiction beaucoup plus saine que l’alcool. « Bien sûr ! » Grace ne loupe pas l’occasion de se délester un peu des pleurs de Mila. Elle l’aime, c’est indéniable. Mais si quelqu’un d’autre pouvait apparaître à chaque fois qu’elle se met à pleurer, ça l’arrangerait. Quoi qu’il en soit, elle s’approche de Theodore et décroche Mila de sa poitrine pour lui tendre. A cette distance, Grace entend très bien ce qui sort de la bouche de Theodore à ce moment-là. Elle se fige un instant, un peu perturbée. Que Theodore se considère comme le grand-père de Mila ? Elle ne pensait pas. Elle secoue la tête, sourit. Elle n’a pas compris, elle n’a pas vu ce que ça voulait vraiment dire. « Je ne crois pas que Mila ait vraiment de grands-parents… De mon côté, c’est foutu, et de celui de Malone, je ne sais pas trop. Mais c’est pas grave. Après tout, je n’ai pas eu de grands-parents non plus. » Ni de père. Et à peine une mère. Mais ça, Theodore le sait déjà. Qui a encore besoin qu’on lui raconte l’histoire de la petite Hamilton ? « Ça va ? » Grace les observe, tous les deux, et la scène lui paraît étrangement naturelle. Elle s’en détourne pourtant rapidement pour aller voir les belles choses que lui a ramené Theodore. Elle fouille curieusement dans le panier, s’extasie devant chaque sucrerie. « Oh, Theodore… Vous n’étiez pas obligé vous savez ! » Ah, si elle savait… Elle comprendrait que c’est bien la moindre des choses.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Sam 25 Avr - 16:40

Doucement, je m’installais dans le sofa en tenant l’enfant dans mes bras. C’était surprenant comment j’avais pensé que j’aurais oublié ces gestes avec le temps. Oublié ce sentiment nécessaire. Ma main frôlait lentement le dos de l’enfant. Les causes pour lesquelles pleure un enfant sont nombreuses. La faim, la soif, l’inconfort. Jusqu’à l’apparition des mots, les larmes sont le seul moyen que l’enfant a de nous exprimer ces besoins. Mais le plus étonnant est que chaque pleur de l’enfant était distinct. Connaître son enfant était par conséquent essentiel.

Les larmes de l’enfant me rappelaient les sanglots de Timothy lorsqu’il nous faisait ses coliques. Dieu seul savait à quel point les larmes de notre fils nous avaient laissés perplexes pendant les longues heures continues de larmes. Mais avec le temps, nous en étions venus à gérer les larmes avec un indéniable talent. Et si c’était ça la cause? Je ne pourrais pas nécessairement fournir une aide automatique, mais je pouvais lui accorder une toute petite pause de quelques heures.

C’était rassurant pour moi que de redécouvrir des gestes du genre. Est-ce que ça avait été le même cas avec mes grands-parents quand ils avaient réalisés que mes parents étaient aussi présents que des comètes dans ma vie? Est-ce qu’ils avaient redécouvert les mêmes trucs avec une trentaine d’année d’écart? Je ne savais pas. Mais pour moi… c’était bien. Très lentement, je câlinais doucement le dos en jouant un peu des jambes. De tout petits sauts, dans l’espoir de l’aider à passer le gaz qu’elle avait probablement dans son ventre.

Je fermais doucement les yeux en effaçant de ma tête le restant de cette conversation. Étrangement, il me semblait que la jeune princesse se calmait très lentement. Et c’était mon focus à moi. C’était ce qu’il fallait régler. Sauf que ma petite réplique n’était visiblement pas tombée dans l’oreille d’une sourde. Je ne réalisais que le mot "grand-papa" avait franchi mes lèvres lorsque Grace me lança un regard perplexe que je ne trouvais pas le moyen de soutenir. « Je ne crois pas que Mila ait vraiment de grands-parents… De mon côté, c’est foutu, et de celui de Malone, je ne sais pas trop. Mais c’est pas grave. Après tout, je n’ai pas eu de grands-parents non plus. ». Je me sentis rougir un peu sous cette phrase.

Grace avait grandi seule et complètement abandonnée. Loin de moi. Loin de mes parents. Avec une mère aussi déviante que moi. Inadapté. Sauf que moi, je n’étais pas capable de nier l’importance qu’avaient eue mes grands-parents dans ma vie. Quand mes parents m’avaient abandonné seul dans la maison avec mon frère alors que je n’avais que cinq ans, ils étaient venus et s’étaient offusqués de leur absence. Quand j’avais fait ma fugue à dix ans, ils m’avaient ramené dans la maison et m’avaient convaincu de revenir chez mes parents. Quand à quinze ans, j’avais vu mes parents se faire arrêter, mes grands-parents sont accourus pour me trouver seul au milieu du désastre. Mon frère était chez des amis. Mais moi… j’étais assis dans le milieu du salon vidé, assis au milieu de mes possessions que j’avais réussi à sauver péniblement. La musique jouait à fond la caisse et j’étais resté immobile, catatonique, couché sur le sol en état de choc. Ils avaient eu la patience que ma femme avait maintenant auprès de moi. Quand à vingt ans, j’avais atteint le fond du baril, ils avaient été les seuls à penser intervenir. À penser qu’il fallait faire quelque chose. Je leur en avais voulu.

Je m’étais éloigné dans mes souvenirs. Dans cette vague de souvenir confus. Je n’avais pas eu de bon modèle de parents. Un modèle médiocre. Mais j’avais eu un modèle extraordinaire de grands-parents dévoués. Certes, j’avais mes problèmes. Mais je suis sûr que je serais plus en mesure d’être appliqué pour devenir le grand-papa modèle – le genre qui en ferais sembler monsieur Harris comme étant un piètre papy. « Ça va? », demanda-t-elle doucement. Je rouvris les yeux et la fixais doucement. J’étais un peu dans les vapeurs. D’une toute petite voix, je murmurais un petit « Ouais… ouais… toi? » Il me semblait que les pleurs de l’enfant se calmaient un tout petit peu.

Délicatement, je la tournais pour l’installer sur mes jambes sur son dos. Un, deux, trois. La tête bien appuyé sur mes genoux, je passais doucement ma main sur le ventre que l’on devinait sous le pyjama rayé noir et jaune. Quelle jolie petite abeille! Combien d’heures avais-je passé à faire une telle chose. Mon regard suivit Grace du regard. Reine des abeilles, qui tournait maintenant autour du plat de bonbons que je lui avais donné, elle ouvrit lentement en déclarant. « Oh, Theodore… Vous n’étiez pas obligé vous savez ! » Ses murmures de surprises et de contentement me rassurèrent également. Je savais que c’était sans doute un peu absurde mais moi, on m’aurait fait un cadeau du genre, j’aurais probablement fondu en larme et été en rogne contre elle.

Je savais que je n’avais théoriquement pas d’obligation. Combien y avait-il de naissances par année à Tenby? Des dizaines assurément. Sauf que je n’avais fait un panier du genre que dans un seul cas. Pour elle. Parce qu’elle n’était pas comme toutes les autres mamans que la ville avait. Avec un grand sourire timide, je murmurais un : « Si… un tout petit peu obligé. ». C’était une obligation personnelle.

Avec un tout petit sourire, je me laissais doucement hypnotiser par le regard de ma petite fille. J’ai relevé lentement ma main pour la passer dans mes cheveux. Avec lenteur et délicatesse, je soupirais en murmurant : « Des grands-parents… » et je cherchais mes mots… je cherchais par où commencer. Je ne voulais pas assumer. Lentement mais surement, les mots si longtemps gardés secrets cherchaient le chemin de la sortie. Je ne voulais pas faire un cliché à la star wars : pas de masque ni de tambour et de trompettes. Pas de faux respirateur artificiel pour murmurer "Grace, je suis ton père." Je ne voulais pas aborder la réalité de cette œil.

« Je crois qu’elle en a. Comme toi. Mais ils sont en carton pour le moment. » En carton. En second plan. À observer doucement le petit ventre qui se soulevait encore au rythme des pleurs de moins en moins régulier du poupon. Avec un autre petit sourire timide, les yeux fixant le bout de mes chaussettes blanches, je confiais à mi-voix : « Tes grands-parents paternels étaient en tôle quand tu es né. » et voilà que je réécrivais son histoire en comblant les blancs qui avaient été là pendant trop longtemps. « Tes arrière-grands-parents étaient occupés à gérer leur petit-fils qui était loin d’être un cadeau à cette époque. » mais je n’étais pas capable de dire ou j’étais moi pendant cette période. Pas capable de dire ou j’étais lors de la première échographie. J’avais peur de la décevoir lorsqu’elle comprendrait vraiment que ce n’était que moi. Ma voix trembla un tout petit peu lorsque je murmurais : « Mais il leur doit beaucoup et il peut dire que ça peut être vraiment important des grands-parents. » Elle avait sans doute compris que j’étais celui qui avait été si longtemps abonné aux absent dans sa vie. Est-ce qu’elle était pour me mettre dehors? Sans demander à comprendre la suite de l’histoire.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Lun 4 Mai - 22:56

Du plus loin qu’elle se souvienne, Grace a toujours été une grande gourmande. En véritable accro au sucre, il n’est pas étonnant qu’elle ait vite croisé la route de Theodore. Une certaine proximité s’est installée entre eux sans que Grace ne se soit douté un instant de la véritable nature de leur lien. Elle a toujours naïvement cru que Theodore était le plus gentil des commerçants de Tenby et ses alentours. Et il est effectivement gentil, c’est un homme avec une belle âme. Mais il n’est pas seulement question de gentillesse entre les deux, il y a un traitement de faveur. Et ce traitement de faveur est causé par un secret enfoui depuis plus de vingt ans maintenant. Il aurait pu le rester à jamais. Theodore aurait pu ne rien dire, ce n’est pas Aurore qui aurait trahit le secret. Même ivre morte, elle n’aurait jamais lâché une telle information. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, Grace a déjà tenté. Elle a fini par abandonner l’idée de trouver son père, de si ce n’est savoir son prénom un jour. Et pourtant. Elle en sait déjà tellement au sujet de son géniteur. Et il est là, avec sa petite fille, ça semble juste naturel. Ça ne devrait pas lui mettre la puce à l’oreille, à la jeune Grace ? Non. Certains diront qu’elle n’est pas très futée, d’autres savent qu’elle est profondément naïve. Elle fait confiance aux autres, elle croit ce qu’on lui dit. Et Theodore ne lui a jamais dit qu’il était son père alors c’est qu’il ne l’est pas. Ça paraît tellement logique. Grace n’a jamais soupçonné aucune de ces connaissances d’être son père. Pourquoi on chercherait à lui mentir à ce sujet ? Elle s’est toujours imaginé que si elle le croisait, elle le reconnaitrait tout de suite. Comme dans les films. Mais elle n’a jamais reconnu personne… Peut-être qu’elle n’a tout simplement pas su voir ce qui se passait juste devant son nez. « Je… Oui, je crois. Ça va. » Elle sourit timidement, Grace a du mal à s’avancer sur le sujet. Mais ça va mieux. Indéniablement. Elle s’est remise à sourire, elle tient le coup. C’est dur mais nécessaire, rien que parce qu’elle n’est plus seule désormais. Grace doit penser pour deux, elle doit penser pour Mila. Et pour le moment, la petite a l’air de s’apaiser. Elle est redescendue d’un décibel ou deux et les oreilles de Grace l’en remercient. Ça fait du bien, la jeune mère semble se détendre. Elle apprécie un peu mieux la découverte de son cadeau et est finalement ravie de toutes les bonnes choses que Theodore lui a ramené. C’est adorable. Les yeux de Grace lancent des points d’interrogation dans sa direction quand Theodore murmure qu’il était un peu obligé de lui faire une telle offrande. De quoi il parle ? C’est encore une blague qu’elle n’a pas compris ? Grace est souvent à côté de la plaque mais à ce point ? Quand même pas. Elle l’observe, guette le moindre mot susceptible de sortir de sa bouche. Ce qui vient l’intrigue encore plus. Quoi des grands-parents ? Pourquoi est-ce qu’il lui faut autant de temps pour parler ? Grace se crispe. Ça ressemble à une mauvaise surprise. Des mauvaises surprises, elle en a eu assez pour toute une vie. Frénétiquement, elle ouvre l’emballage d’un bonbon et manque de l’avaler tout rond. Ça a tout de même le temps de la calmer. Un peu. Theodore reprend la parole et elle se retrouve complétement paumée. Qu’est-ce qu’il raconte ? « Ça n’existe pas les humains en carton… » qu’elle dit d’une petite voix en secouant la tête. Elle ne comprend pas où il veut en venir, ce n’est pas clair. Il baisse les yeux vers le sol et Grace n’aime pas ça. Elle a déjà du mal à comprendre ce qui se passe, si en plus elle perd son regard pour l’aiguiller, ça ne va vraiment pas le faire. Il parle. Encore. Il lui raconte ce que faisaient ses grands-parents. Et ses arrières grands-parents. Grace a l’air dubitative. « Comment vous savez ça ? Vous les connaissez ? » Elle cherche son regard, elle espère y trouver plus de réponses mais il continue de l’esquiver. Elle reste alors pendue à ses lèvres. « Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » Oui, vraiment, Grace aurait besoin qu’on lui mette des sous-titres tout le temps pour comprendre tout ce qui se passe à chaque fois dans sa propre vie. « Vous connaissez mon père, c’est ça ?! » Elle s’approche d’un bond, s’installe juste à côté de Theodore et de sa fille. De là, il ne pourra pas fuir ses questions, il sera bien obligé de lui donner les réponses qu’elle attend. « Est-ce que c’est Aurore qui vous l’a dit ?! » Quand Theodore avait parlé de la mère de Grace, il n’avait pas semblé à la jeune femme qu’ils avaient été aussi proches que ça… Mais pourquoi pas ? Tout le monde sait qu’Aurore Hamilton est imprévisible. Mais Grace a tout faux. Pour la première fois de sa vie pourtant, quelqu’un semble savoir quelque chose sur son père –c’est le cas de le dire- et ça la rend toute chose. Elle sent qu’elle tremble, son cœur bat la chamade. Ce serait le mystère de toute une vie qui se résoudrait. Malgré son excitation visible, Grace arrive à prendre d’une main ferme le menton de Theodore entre ses doigts pour rétablir un contact visuel. « Theodore, dites-moi… Qu’est-ce que je ne sais pas ? » Ses yeux bleus pétillent, c’est peut-être une bonne surprise finalement.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Mar 5 Mai - 1:41

« Ça n’existe pas les humains en carton… », me déclara-t-elle d’un ton sec. Elle avait raison. Je n’étais pas simplement découpé à l’intérieur d’une grande plaque de carton épais. J’étais là. J’avais un cœur qui battait, des poumons qui s’assuraient que mon cerveau ait l’oxygène dont il avait besoin… je n’étais pas en carton. J’existais. Mais en même temps, j’avais choisi de m’éclipser de la vie de Grace. J’avais choisi de ne prendre qu’un rôle d’objet. Tapissé dans l’arrière-plan de sa vie, je n’avais pas trouvé la force de défier sa mère qui ne voulait pas que je revienne dans la vie de sa fille quel que soit mon état. Et sérieusement, Aurore Hamilton était mal placé. Monstrueusement mal placé pour me faire la leçon en matière de bonne structure de vie.

Philosophe, je ne pus m’empêcher de répliquer : « Non, mais il en existe qui sont trop mal en point pour s’occuper des autres oui. Et dans ces cas-là, entre ça et être en carton, il n’y a pas vraiment de différence » Je souris. Quel euphémisme pour décrire l’homme de vingt ans que j’avais été! J’étais bien placé toutefois pour savoir qu’il pouvait nous arriver d’être si au fond du gouffre, accolé au pied du mur, que notre propre désespoir nous semble être la seule préoccupation qu’il nous est possible d’avoir. Et le moi de vingt ans mis devant le désespoir d’un bébé n’aurait été d’aucun secours. Trop nombriliste. Trop obsédé par mon propre sentiment d’échec. J’aurais été incapable de comprendre que je n’étais pas la cause des larmes.

C’était des choses que l’homme de quarante ans, en équilibre précaire sur cette vie en fil de fer, savait. Ce même homme de vingt ans avait réussi à ramener sa tête hors de l’eau assez longtemps pour fonder une famille stable. Certes, un peu particulière dans son organisation, mais fonctionnelle et stable. Et voilà que devant les larmes de sa première petite-fille – dont la mère était le produit d’une erreur de jeunesse, il en venait à mettre en péril son équilibre. Est-ce que le fait de ne pas savoir aurait vraiment pu faire une différence majeure dans la vie de Grace? Après tout, elle avait passé vingt ans et six mois sans savoir qui était l’autre partie de sa vie. C’était sans doute la faute de Mila avec ces jolies yeux. L’entente entre Aurore et moi était pourtant claire. Je n’avais rien à voir dans la vie de sa fille. Je n’étais qu’un géniteur – parce que j’étais parti sans savoir qu’elle était enceinte (et quel que soit les raisons de mon départ). Sauf que visiblement, les informations privilégiées que je possédais sur les grands-parents paternels n’étaient pas tombé dans l’oreille d’une sourde. « Comment vous savez ça ? Vous les connaissez ? », demanda-t-elle dubitative.

Un long frisson me parcourut l’échine. J’avais la gorge sèche et mon pouce qui en était à effectuer lentement une rotation sur le petit ventre du poupon tremblait doucement. "Oui... ils m’ont élevés" pensais-je. Eux aussi avaient fait de leur mieux. Même si ce mieux n’était sans doute pas grand-chose. Mais à la place, de le dire à voix haute, je me contentais d’hocher doucement ma tête. À peine visible comme geste. Oui, je les connaissais. J’en voulais aux premiers. Je les avais longtemps tenus responsable de l’effondrement que j’avais ressenti. J’avais aimé les derniers. Je n’avais pas eu assez de temps pour dire au revoir, pas assez de mots pour leur exprimer la reconnaissance que j’avais à leur égard. Mais j’avais l’honneur de travailler dans cette boutique qu’ils avaient monté de leurs mains.

J’avais justement laissé des mots filtrés sur l’amour que je ressentais pour mes grands-parents. Sur la reconnaissance que j’avais pour eux. Mais encore une fois sans être capable d’affirmer haut et fort que sans moi il n’y aurait pas eu d’elle. « Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? », me demanda-t-elle doucement. Et je ne fut pas capable de répliquer quoi que ce soit. Le souffle coupé, je sentis le rouge venir colorer mes joues et retenir l’ensemble des mots qui voulaient sortir de ma bouche. « Vous connaissez mon père, c’est ça ?! », demanda-t-elle en sautant sur le sofa et en s’installant juste à côté de moi. J’hochais la tête après un moment d’hésitation sans être capable de le dire à voix haute. Je le connaissais par cœur. Ses travers. Ses défauts. Ses problèmes. Son histoire. Mais le dire… le dire semblait me demander un courage que je n’avais simplement jamais eu sobre. Ivre. Ivre, je lui aurais hurlé la vérité au visage sans aucun tabou. Sobre. Sobre, j’étais trop lâche pour être capable de faire quelque chose du genre.

Incapable de tolérer son regard, je préférais encore glisser doucement mon doigt jusqu’aux mains de Mila et voir son petit poing se refermer sur mon index. Elle était tellement miniature et adorable. « Est-ce que c’est Aurore qui vous l’a dit ?! » demanda-t-elle d’une voix ferme. Elle avait parfois des allures qui ressemblaient à sa mère au moment où nous étions tous deux le pire ennemi que nous pouvions être pour nous même. Hésitant, tremblant, je sentis doucement l’index de ma fille glissé sur mon menton. Elle en avait peut-être marre de mon silence. Mes yeux bleus atterrirent dans le fond des siens. Deux océans qui se rencontrèrent. Deux continents à la dérive. Deux univers si différents mais issus des mêmes racines de négligence. « Theodore, dites-moi… Qu’est-ce que je ne sais pas ? »

Bégayant, je peinais à articuler une idée claire. Mes mains lâchèrent doucement le ventre de ma petite fille pour se poser sur le poignet de Grace. Je ne faisais que douter de ce que j’étais en train de faire. Ce qu’elle ne savait pas? Ou ce dont elle se doutait mais qu’elle n’arrivait pas à admettre? Notre relation était plus qu’une simple relation entre un vendeur de bonbon et une cliente un peu naïve. D’une voix tremblante, je finis par murmurer doucement : « Je… c’est… » Lentement mais surement, je réussis à articuler les trois mots qui manquaient pour que cette phrase prenne tout le sens qui lui fallait. « moi… ton père. »

Le poids était tombé. Je ramenais doucement le petit corps contre moi et je me retournais. Assis en boule sur le sofa, je l’observais. J’étais partagé entre un certain soulagement de l’information sortie et un sentiment de trahison envers sa mère. Comme pour tenter de me justifier, j’enfilais des petites perles de l’histoire : premièrement parler d’Aurore. « Ça a pris du temps pour que ta mère me le dise… » pour qu’elle me l’avoue. Je ne l’avais pas su. Je n’avais pas voulu savoir pourquoi. J’avais été étonné de la retrouver avec une gamine quand j’étais revenu. Irresponsable comme avant. Deuxièmement, tenter d’éclaircir des pans de l’histoire mais pas tous. « Je n’étais plus à Tenby quand tu es née. Je n’étais même pas au courant que tu existais… avant de revenir. »

Les yeux brillants, je poursuivis le récit en rajoutant à mon tour un petit passage. Une petite information sur le départ qui s’affirmait. « J’étais marié… et tu avais neuf ans… presque dix… Tu dois t’en rappeler… et tu dois même te rappeler de tes arrière-grands-parents. Ils étaient les propriétaires de ma boutique avant moi. » Je passais nerveusement une main dans mes cheveux avant de murmurer tétaniser par l’intégralité de mes aveux – ceux que je faisais de plein gré. « Ta mère ne voulait pas de mon aide. J’aurais fait ma part. J’avais repris ma vie en main. » J’éclipsais le fait que j’étais presque en contrôle de ma vie. Presque en contrôle de mon existence. Mais je n’allais pas lui avouer que je n’avais aucun contrôle sur ma vie encore à quarante ans bien tapé.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Mar 5 Mai - 10:23

Grace est dans un état second. Elle est carrément surexcitée, c’est la première fois qu’elle a vraiment l’impression qu’elle va apprendre quelque chose sur son père. Aurore lui avait déjà dit des choses avant… Des conneries, elle changeait de version à chaque fois. Grace est naïve mais elle a vite fini par comprendre que sa mère la menait en bateau. Pendant un long moment, elle s’était demandée si elle-même savait qui il était. Après tout, Aurore est connue pour ses nombreuses conquêtes. Peut-être qu’elle n’arrive pas à se souvenir ou quelque chose comme ça. Quoi qu’il en soit, Grace n’a jamais rien su. Pas un nom, rien. Et Theodore semble avoir la solution. Ça paraît tout proche, c’est dingue. Grace a envie de sautiller partout en chantant, comme ce qu’elle faisait quand elle était petite. Mais elle est grande maintenant. Enfin, elle essaye de l’être. « Je comprends rien Theodore… Qu’est-ce que vous racontez ? Aurore est en carton, vous voulez dire ? » Aurore, c’est fou cette fâcheuse habitude qu’a Grace de ne pas appeler sa mère maman comme toutes les autres filles de cette planète. Mais ce serait mentir que de lui donner un tel surnom affectif. Aurore est une mère par défaut, une génitrice. Elle ne sera jamais une maman. Elle sera pardonnée un jour. Probablement. Grace est une gentille fille, elle n’est pas du genre rancunière. Elle pardonne, elle donne, et espère qu’on ne profite pas d’elle à chaque fois. C’est le danger à être si candide, si gentille. Les gens peuvent en profiter, ils peuvent détourner ces qualités au détriment de Grace. Mais, heureusement, on dirait que la jeune maman sait s’entourer des bonnes personnes. Grace enchaine les questions, Theodore ne répond pas. Ça a le don de la rendre dingue, elle a envie de le secouer comme un prunier pour qu’il crache ce qu’il a à dire. Mais elle sait qu’il ne vaut mieux pas le brusquer. Ça pourrait le faire fuir, il pourrait rentrer chez lui… Et elle ne saurait rien. Des faux espoirs, ce serait pire que tout. Elle ne le supporterait. Maintenant, elle est persuadée que Theodore sait quelque chose. Quelque chose qui va changer sa vie, c’est sûr. Et elle attend. Elle essaye de rester sage mais son impatience doit être palpable. Theodore attrape le poignet de Grace, elle comprend que les réponses à ses questions ne sont plus très loin. Et ça vient. Sauf qu’elle ne s’était pas attendue à ça. Pas du tout. C’est le choc. Pour le coup, c’est Grace qui est privée de mots et qui se contente bêtement d’écouter Theodore. Il parle d’Aurore. Apparemment, elle le lui aurait caché. Oui, pourquoi pas. C’est le genre de choses qu’Aurore Hamilton fait. Elle secoue la tête quand il continue ses explications. Comment c’est possible ? Comment elle a fait pour ne pas le voir ? Il est ému. Grace aussi, elle sent qu’elle est toute chamboulée. Elle hoche doucement la tête quand il lui parle de ses arrières grands-parents. Oui, elle s’en souvient. Vaguement. Grace n’est pas une grande fan des personnes âgées, elles lui font peur avec toutes leurs rides. Il aurait fait sa part, il aurait repris sa vie en main ? Grace sent son petit corps s’animer, elle se lève d’un bond alors que Theodore est toujours sur le canapé. « Mais vous le saviez ! » qu’elle s’emporte en gesticulant dans tous les sens. Grace n’est jamais très crédible quand elle s’énerve. Elle est adorable quand elle devient toute rouge, on a envie de la serrer dans ses bras pour lui dire d’arrêter de s’énerver pour des bêtises. Sauf que là, ce ne sont pas des bêtises. C’est l’histoire de sa vie et elle a enfin toutes les pièces du puzzle. « Qu’est-ce que ça pouvait vous faire ce qu’Aurore pensait ?! Vous auriez du me le dire ! » Elle croise les bras sur sa poitrine, les idées fusent dans sa tête. Une multitude de possibilités émergent, Grace visualise sa vie avec un père. Avec Theodore, son père. « Toutes ses années où je vous pensais bienveillant… Mais vous n’avez fait que me mentir ! » Grace écarte les bras, les recroise sur sa poitrine. Et puis quoi ? Elle peut continuer à s’énerver, qu’est-ce que ça va changer au final ? Elle fixe un point dans le vide, son cerveau emmagasine l’information. « Mais alors… Vous et Aurore ? » Elle est calmée, elle est redevenue courtoise. Elle est même plutôt drôle à faire la grimace en imaginant sa mère et son père batifoler. Eh oui, Grace sait comment on fait les bébés maintenant. « Oh mais c’est dégoutant ! » qu’elle s’exclame en redoublant de colère. Ses yeux s’attardent sur Mila qui ne semble pas plus perturbée que ça par la conversation. Elle va grandir en connaissant son grand-père au moins. C’est déjà ça. Grace est contente pour sa fille d’un côté. De l’autre, elle se sent carrément trahie. « Et pourquoi vous me le dites maintenant ?! Vous auriez pu vous taire à tout jamais ! » Est-ce qu’il avait seulement déjà pensé lui dire un jour ? Grace se le demande. En vingt ans, il n’a pas trouvé une seule bonne occasion de le faire avant celle-ci. C’est incroyable. « C’est pour Mila, c’est ça ? » Sa voix se radoucit, Grace doit carrément avoir l’air d’une folle furieuse à passer d’une humeur à l’autre comme ça. « Je n’en valais pas la peine à moi toute seule, peut-être ?! » Elle soupire, passe une main sur son front. Cette vie, c’est vraiment du délire. Elle devrait songer à en faire un livre, ça marcherait du tonnerre à coup sûr. Elle pourrait virer Theodore d’ici, ce serait logique. Mais elle n’en fait rien. Elle lui laisse même sa fille. Elle sait qu’il lui a menti mais la confiance qu’elle a toujours eu en lui est trop forte pour qu’elle se résoude à faire une telle chose.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Mer 6 Mai - 4:26

Différents. Rebelles. Marginaux. Aurore et moi, nous nous étions trouvés par jeu du sort. Et il était difficile d’établir l’ordre des faits. Était-ce parce que nous avions la même dépendance que nous nous étions trouvé à être proche ou était-ce parce que nous étions aussi proches tous les deux unis que nous en étions venus à partager la même dépendance à l’alcool? Et puis, la réponse n’était pas nécessairement exigée. Aurore et moi avions été. Accidentellement, parfois. Après une bouteille de bourbon ou de Jack, les inhibitions étaient tombées à de multiples reprises. Ivre, la protection était souvent trop difficile à aller chercher et paraissait inutile pour les jeunes gens inatteignables que nous étions. Et puis, il ne fallait pas se leurrer. Quand j’avais été hospitalisé la première fois, je n’avais même pas donné de signe de vie à mes grands-parents pendant près de six mois. Alors en donner à ma partenaire de beuverie aurait relevé de la grossière idiotie. Qu’importe ce que Grace en pensait, Aurore aussi n’avait pas jugé bon de tenter de me contacter : « Mais vous le saviez ! » me reprocha-t-elle d’un ton sec.

J’hochais légèrement la tête. Incapable de lui admettre que je n’avais même pas réalisé toute suite qu’elle était de moi. Tracer la ligne avait été facile. J’avais trente ans quand j’étais revenu à Tenby. Mais j’en avais eu trente-trois avant de faire les calculs et de réaliser que Grace pouvait être de moi. C’était moi qui avais demandé à Aurore de confirmer mes doutes. Et ça m’avait pris un temps digéré la nouvelle. J’avais bu en apprenant la nouvelle. Une autre rechute violente. Une gifle. J’étais fragile. Il en fallait peu pour que je m’effondre sous les impacts multiples.

« Qu’est-ce que ça pouvait vous faire ce qu’Aurore pensait ?! Vous auriez du me le dire ! » hurla-t-elle. Et je détournais le regard. Ça m’importait ce que les autres pouvaient penser. Ça m’importait l’influence que cette femme pouvait avoir sur moi. Mais je n’allais pas ébranler l’image qu’elle avait de moi. Après tout, sous l’orage qui la secouait elle me qualifia : « Toutes ses années où je vous pensais bienveillant… Mais vous n’avez fait que me mentir ! »

Menteur. Non, je n’étais pas certain que c’était le terme que j’utiliserais pour me définir. J’avais voulu la protéger. Elle n’avait aucune idée de ce que j’avais traversé pendant ces années. Les deux hospitalisations à partir de Tenby en raison de mes habitudes alimentaires. Elle ne vivait pas au quotidien avec moi. On dit que ça prend six ans guérir d’un trouble alimentaire – avec un suivi approprié. Malgré un suivi régulier, j’en étais à vingt ans à lutter contre mes dédains alimentaires multiples. Et je voyais l’impact que ça avait sur mon fils. J’entendais les questions sur le pourquoi je ne mangeais pas. Je sentais parfois l’exaspération de Maggie. Elle faisait des efforts en me faisant manger avec des gens, en faisant attention pour qu’il y ait toujours des options santé. Mais je n’arriverais pas à lui expliquer pourquoi j’avais menti, pourquoi j’avais choisi cette vie à l’observer à distance dans l’espoir que je ne la déçoive pas – elle aussi.

Elle semblait s’être calmé lorsqu’elle poursuivit : « Mais alors… Vous et Aurore ? ». Qu’est-ce qu’elle s’attendait? D’une confirmation que j’avais bien couché avec sa mère? Couché par fruit du désespoir et de l’alcool qui avait coulé en grande quantité des années plutôt. J’hochais la tête alors qu’elle rajouta : « Oh mais c’est dégoutant ! » Un semblant de sourire naquit sur mes lèvres. À peine visible. Pendant une fraction de soleil. Devant le choc qu’elle avait, je comprenais. La gorge serrée, j’en finis par articuler doucement : « plus d’actu… je suis sobre… plus sobre qu’elle. Assez pour admettre qu’elle était une erreur de ma part. »

Et une légère pointe de fierté transparaissait dans ma voix. C’était un demi-aveu. Qu’un jour je ne l’avais pas été. Une pièce de plus dans le casse-tête qui devait probablement se régler aujourd’hui. Elle avait sans doute droit à cette explication. Partir par mon alcoolisme – sous contrôle lui – me semblait plus facile. Mais ça ne suffisait pas de dire que je ne couchais plus avec sa mère. J’avais des explications à donner. Des justifications sur l’absence qu’elle avait vécu au quotidien. Je comprenais son énervement. Sa colère. Je n’avais pas su exprimer la mienne face à mes propres parents. Avec un peu d’honte, j’étais content de me faire verbaliser de la sorte par ma fille. Elle était plus forte que moi. Elle était capable d’en prendre un peu plus. « Et pourquoi vous me le dites maintenant ?! Vous auriez pu vous taire à tout jamais ! »

Cette idée fit naitre au fond de mon cerveau une angoisse. Non. Je fis rapidement non de la tête. Je n’arrivais plus à tenir cette demi-vérité. Un jour ou l’autre, j’aurais fini par craquer et admettre la réalité. Je fermais doucement les yeux en continuant avec mes doigts avec une certaine délicatesse à masser le ventre du poupon sans la regarder « C’est pour Mila, c’est ça ? » Je fis à nouveau non de la tête sans oser le verbaliser. C’était la faute du bébé que j’avais réussi à le dire. C’était de sa faute. Mais ce n’était pas à cause d’elle. J’étais pourri pour garder les secrets. Incapable de garder cette image plus longtemps. Visiblement, ça avait semblé être le moment qui serait le moins dommageable pour Grace que de le dire au moment où son enfant s’était presque calmé. Je relâchais doucement mes caresses et je l’observais doucement sous un impact de colère de me faire dire une phrase qui me fit l’effet d’une gifle « Je n’en valais pas la peine à moi toute seule, peut-être ?! »

Ça jaillit de ma gorge comme un grand cri. Un grand « NON! » C’était d’une tristesse. Non. Elle en valait la peine. J’ai relevé des yeux qui trahissaient la paresse. D’un geste délicat, je déposais Mila à demi-assoupie dans le landau avant de me retourner vers Grace en tremblant. Ma main alla doucement déplacer une longue mèche de cheveux. « Tu en valais la peine… mais j’ai longtemps hésité. », ma voix n’était qu’un murmure. Une chance que l’enfant ne pleurait plus. Jamais ma voix n’aurait assez porté. La dureté de la phrase avait noué mes cordes vocales. Je peinais à faire entendre le « trop longtemps… » qui avait pourtant besoin de se faire entendre.

Combien de fois avais-je pensé lui dire? Bien trop souvent. J’aurais aimé mettre Aurore devant le fait accompli. Par frustration. Par orgueil. Par immaturité aussi. J’aurais probablement été plus appliqué qu’elle quel que soit mes troubles alimentaires. Mon fils s’en tirait bien malgré que je fusse en lutte. « Au début tu étais trop jeune pour que je te le dise et… ta mère avait son mot à dire… ma relation avec Aurore est complexe. » Complexe. J’hésitais avant de dire chaque mot. Je réfléchissais peinant à dire la vérité. Mais lentement, je mis de l’ordre dans mes idées. « Les mois sont devenus des années. Tu as eu treize ans, quatorze, quinze… et j’aurais pu te le dire parce que tu étais assez grande pour comprendre… une partie de l’histoire. Mais c’est moi qui aie perdu pied. »

Et je frissonnais en ayant une pensée pour l’hôpital. Pour les semaines d’enfer. Pour le fait de me forcer à manger. « J’ai peur que tu sois déçue du résultat. Alors j’ai attendu encore… pas pour toi… pour moi.» Ça faisait égocentrique que de ramener l’histoire à ma vie. À moi qui n’étais pas en état. Mais ma femme était tombée enceinte avant cette rechute et j’avais manqué cette échographie. « Et puis tu étais enceinte…. Et j’aurais pas voulu que tu crois que je voulais profiter de la situation. » Sans la regarder, je murmurais : « Je te l’aurais dit tôt ou tard. J’ai juste l’impression de ne pas être assez bon pour toi. »

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Jeu 7 Mai - 21:03

Ça fait mal de réaliser qu’elle est passée à côté de tout ça. Grace a raté toute une vie, toute une relation qu’elle aurait pu construire avec son père. Il était juste là, sous son nez, sans qu’elle n’ait jamais pu le reconnaître. Pourquoi Aurore ne lui a pas dit ? Qu’est-ce que ça pouvait vraiment lui faire de garder Theodore à l’écart ? Grace n’en voit pas l’intérêt. D’autant plus qu’elle aurait sûrement eu une jolie pension alimentaire tous les mois si Theodore avait reconnu Grace… Alors quoi ? Cette femme est bien trop souvent incompréhensible. Grace se frotte la tête. Cette histoire la rend migraineuse. Ça l’énerve. Pourquoi quand elle a l’impression que les choses reprennent leur place dans sa vie, tout dégénère à nouveau ? Elle n’a jamais rien eu à reprocher à Theodore. Il a toujours été adorable avec elle, toujours très attentionné. Sauf qu’aujourd’hui, elle lui en veut. La meilleure des explications n’y ferait rien, elle est fâchée. Grace a envie de se rouler en boule sur le canapé et de se mettre à bouder. Mais c’est un réflexe qu’elle rejette, Grace sait qu’elle doit évoluer. C’est fini le temps où elle pouvait bouder et faire ses gamineries, c’est fini depuis qu’elle est vraiment devenue la maman de Mila. Elle a mis un moment avant de comprendre et de s’y faire… Et puis c’est comme si elle avait enfin eu le déclic, Grace fait vraiment des efforts pour s’améliorer en tant que mère. Et elle revient de loin ! Finalement, ce n’est pas aussi terrible que ce qu’elle s’était imaginé. Ça devient même de plus en plus facile de s’occuper de Mila. Heureusement que Grace a gagné cette confiance maintenant que Demian n’est plus là pour tout gérer seul. Chacun son tour. Sauf que, malheureusement, Grace devra se débrouiller seule bien plus longtemps que Demian a eu besoin de le faire. Ce n’est pas comme s’ils avaient eu le choix. Grace a envie de crier. De toutes ses forces. Mais ça reste à l’intérieur, elle se brime. Ça va aller, qu’elle se répète. Oui, tout ira bien. Un jour. Dieu sait quand. Grace a du mal à voir le bout des surprises que lui réserve la vie. Elle apprend que Theodore et Aurore ne se fréquentent plus. Ça, elle l’aurait deviné. Grace a vu Aurore avec des hommes. Un tas d’hommes. Vraiment. Mais jamais avec Theodore. Il est marié de toute façon, ça se comprend. Ou était, peu importe. Quoi qu’il en soit, ça ne change rien à la vision d’horreur que Grace a eu en les imaginant ensemble. Ça a déjà été une épreuve de la voir avec d’autres hommes mais là, de l’imaginer avec un homme qu’elle connaît aussi bien que Theodore, ça la dégoute totalement. Surtout qu’il vient d’avouer être son père. C’est encore plus rebutant. Est-ce que tous les enfants ressentent vis-à-vis de leurs parents ? Grace ne sait pas trop. Elle n’a pas vraiment l’occasion de se confier au sujet de ses parents… Jusque-là, elle n’en connaissait qu’un et l’autre –Aurore donc- a juste été trop distante pour qu’elle en ait quelque chose à dire. « Je vois. » Non, en fait, elle ne voit pas vraiment. Mais elle ne voit pas quoi répondre d’autre. Bien sûr que sortir avec sa mère est une erreur. N’empêche que. Elle aimerait bien en savoir plus. Est-ce qu’ils étaient amoureux ? Ou est-ce que ça ressemblait plus à ce que Grace a vécu avec Malone ? Quand elle aura digéré cette information, peut-être qu’elle en demandera plus. Pour le moment, ce qu’elle sait lui suffit amplement à lui donner la gerbe. Pas besoin d’en rajouter. Grace manque de sursauter quand Theodore crie à son tour. Il ne crie pas de colère, ce n’est pas comme ça qu’elle le voit en tout cas. Il a l’air indigné. De quoi ? Il s’explique. Encore. Grace a envie de lui dire que ça ne suffit pas. Pas tout de suite en tout cas. Mais elle hoche la tête, elle écoute sagement. Il va poser Mila dans son berceau. Elle est toute calme, on dirait qu’elle va s’endormir. On dirait qu’il sait y faire, Theodore, avec les bébés qui pleurent sans raison apparente. Il a perdu pied ? De quoi il parle ? Elle fronce les sourcils. Il y a vraiment trop d’informations qu’elle n’a pas pour tout comprendre. Ça la frustre au plus haut point. Elle soupire quand il finit de parler. Il lui aurait vraiment dit ? Elle a du mal à y croire. Sur son lit de mort, à la rigueur. Elle a la mauvaise impression que s’il s’est confié aujourd’hui, c’est heureusement par hasard. Un mauvais concours de circonstances. « Vous me l’avez dit tard, Theodore ! » Elle écarte les bras, tend les mains vers le plafond. Qui sait encore combien de temps elle aurait attendu. « J’aurais du me marier… » Elle secoue la tête. « J’aurais traversé l’allée sans mon père parce que j’aurais été persuadée qu’il n’existe pas. » Pourquoi elle parle de ça ? Ça fait mal d’un coup, mauvaise idée. « Peu importe, ça n’arrivera pas. » Pourtant Grace aurait tout donné pour devenir madame Beauregard. C’était devenu son rêve, elle ne pensait plus qu’à ce mariage. La jeune mère se laisse lourdement tomber sur le canapé, elle ressent comme un coup de barre. Ça y est, elle boude. Bien malgré elle, elle a croisé les bras sur son ventre et arbore maintenant une moue boudeuse. « Je vous comprends un peu dans le fond… Je suis comme Aurore pour vous. Une erreur. » C’est vrai quoi, Grace sait maintenant avec certitude que son père n’a jamais voulu d’elle. D’accord, il n’était pas au courant. Enfin, d’après ce qu’il lui a dit. Mais si Aurore le lui avait dit, n’aurait-il pas cherché à la faire avorter à tout prix ? Sûrement que si. « Vous auriez été assez bien pour moi, vous savez… Mieux que rien en tout cas, c’est certain. »



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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Ven 8 Mai - 1:00

« Vous me l’avez dit tard, Theodore !» me reprochait-elle avec raison. J’aurais voulu prendre le temps de bien la préparer à nouvelle. Pour diminuer le choc de mon aveu, sans tambour ni trompette, j’aurais aimé pouvoir remonter le temps et renverser la vapeur. J’aurais tout donné en ce moment pour donner au moi de trente-trois ans le courage de lui dire la vérité. La préadolescente aurait probablement accepté la nouvelle avec plus de facilité que la femme qu’elle était devenue.

Mais en même temps, une partie de moi savait très bien que les explications que j’aurais dû donner à la préadolescente n’aurait jamais été suffisante. Il aurait fallu que je tempère le dialogue. Que je trouve des excuses qui n’auraient été que des mensonges supplémentaires pour tenter d’expliquer pourquoi je n’avais pas été là pendant dix ans, onze ans, douze ans, treize ans de sa vie. Comment aurais-je pu maquiller la réalité? Diminuer l’horreur qu’avait représentée cette première hospitalisation pour moi? Il n’y avait pas de mots assez sucré pour édulcorer mon passage en enfer. Pas de manière de nier ma réalité. Et j’aurais mal trouvé les explications à donner.

Attendre… attendre m’avait semblé mieux. Il n’y avait pas qu’elle qui devait être préparé. Il y avait moi aussi, qui me trouvais à être désarmé devant elle. Je n’étais toujours pas prêt à trouver les bons mots. Certains refuseraient sans doute de franchir mes lèvres. J’étais un alcoolique en guérison. Je m’en tirais plutôt bien. Et mon passé d’alcoolique était assumé… parce que le plus souvent qu’autrement, j’étais capable de contrôler ce besoin d’acheter pour boire jusqu’à en oublier comment on marche. Mon passé d’anorexique par contre était plus… ardu à assumer. Parce que ce n’était pas vraiment un passé. C’était un historique. Une bataille au quotidien contre cette image que le miroir me renvoyait. Une image que je savais déformer, mais que je n’arrivais pas à outrepasser. Une bataille qui, non contente d’influer sur mon quotidien, se voyait à chaque repas. Dans chaque décision alimentaire que je prenais. Dans chaque assiette qui finissait à la poubelle.

Sauf qu’à force d’attendre… on aurait pu attendre longtemps. Et j’aurais pu passer à côté d’événements important dans sa vie. Après tout, j’en avais déjà manqué plein. Des premiers pas au premier bébé, je n’avais pas occupé la place qui m’était due. Parce que je n’étais pas capable de la prendre. Et voilà qu’elle me lançait : « J’aurais dû me marier… » Une vérité qui m’avait fait si peur. Et je lui avais caché que je m’étais fait un sang d’encre lorsque j’avais appris pour le passé de Demian. Je ne lui avais pas fait confiance parce qu’il était tenancier de bar. J’avais vraiment trop conscience de l’impact qu’avait eu l’alcool sur ma vie. Mais de là à m’imaginer qu’il puisse être aussi malvenu comme personne? Non. Sauf que je me doutais bien que le reproche n’était pas destiné à son fiancé mais à moi : « J’aurais traversé l’allée sans mon père parce que j’aurais été persuadée qu’il n’existe pas. » Je frissonnais. La voir descendre l’allée seule m’aurait brisé le cœur. Quand elle m’avait annoncé qu’elle allait se marier, j’avais failli parler encore. Mais comment était-je sensé lui dire une telle chose. Elle haussa les épaules comme ce qui s’en était passé : « Peu importe, ça n’arrivera pas. » J’avais beau en vouloir à l’homme, je n’arrivais pas à m’en vouloir parce que je savais que je ne l’aurais pas laissé faire.

Mais peu n’importe ce que je disais, le choc auquel elle était confronté était gigantesque. Il fallait que je fasse découper l’histoire. J’étais incapable d’admettre que mon absence avait été dommageable – tout autant que ma présence aurait pu l’être. Mon effort n’avait aucune importance. Mais la tristesse qu’elle m’évoqua lorsqu’elle dit « Je vous comprends un peu dans le fond… Je suis comme Aurore pour vous. Une erreur. » n’avait aucun égal. Non! Ni Aurore, ni elle n’était une erreur. L’erreur que j’avais commise, c’était de nier aussi longtemps le rôle que j’avais à jouer dans toute cette histoire. J’étais important. Un gémissement de plainte s’éleva de mes lèvres. Elle n’avait rien compris. Aurore n’était pas une erreur. Elle était reliée à une partie sombre de mon histoire. Une partie que je préférais oublier.

« Vous auriez été assez bien pour moi, vous savez… Mieux que rien en tout cas, c’est certain. » Continua-t-elle. Et je ne pus m’empêcher de secouer la tête. Je n’arrivais pas simplement à me convaincre que j’étais à la hauteur pour être un bon père. Les yeux fermés, je tentais de comprendre par ou commencer mes explications. Je savais qu’il fallait que je commence par corriger l’horreur qu’elle venait de dire. Elle n’était pas qu’une erreur. Sa mère n’en était pas une. J’avais en un sens aimé Aurore. Elle n’avait jamais remarqué que j’étais mince ou gros. Tout ce qui l’importait, c’était que je sois là et aussi ivre qu’elle. « Je ne veux pas que tu penses que tu étais une erreur. Ce n’est pas vrai. Ta mère était là pour moi, quand personne d’autre n’était là. Tu n’étais pas prévu… j’aurais dû m’en douter à l’époque. Mais j’avais des problèmes. » Elle avait été là… par obligation et par problème tout aussi partagé que le mien.

Je soupirais doucement en m’étirant puis en passant lentement deux doigts sur mes yeux. "J’avais" des problèmes. Compte tenu de l’état de mon assiette à nouveau, l’utilisation du passé n’était pas nécessairement une bonne chose. Je restais là, calme et posé. Il me semblait que plus jeune, je me serais débattu moi aussi et j’aurais gesticulé comme un gamin. Sauf que le fait que j’étais comme un enfant pris la main dans le sac. Aurore… Aurore… Il fallait parler de cette femme, de cette chevelure blonde, de cette femme qui avait été une amie pour le moins particulière pour moi. Je le savais pourtant. Il fallait que j’explique aussi que sa mère n’était pas qu’une erreur. Il y avait une raison à la distance qui s’était toujours vu. Je l’avais laissé glissé plutôt. Aurore buvait encore. Moi j’étais sobre. Un demi-aveu de mon alcoolisme : « Elle n’est pas une bonne influence pour moi. Elle ne l’a jamais été. Ne le sera jamais tant qu’elle va continuer à boire. »

J’étais assez conscient que j’étais capable de rechuter. Je l’avais fait à de multiples reprises. Un autre faible sourire alors que je continuais de tenter de justifier. Elle était assez grande à vingt ans. « Ça peut paraitre difficile à comprendre, Grace. Mais je le vois avec Tim… à quel point un père a une influence parfois… la même chose qu’une mère. » Tim s’en tirait bien. Mais je n’avais pas l’impression que j’avais un impact aussi grand. Je le voyais parfois à jouer dans son assiette m’imitant. Tassant les éléments, grimaçant parfois. Et pourtant, j’étais moins pire qu’à trente ans. Je faisais attention. Il n’y avait que le petit déjeuner qui était systématiquement une bataille avec moi. Et mon fils était un garçon. Un jeune homme. Ma belle Margaret faisait le balancier qui était nécessaire dans la vie de mon fils. Aurore n’aurait pas pu contrebalancer mon influence néfaste. Je savais très bien que c’était plus commun chez les femmes. J’avais été hospitalisé assez souvent pour voir que j’étais une minorité plus que visible dans la foule des traitements.

Hésitant, j’ai articulé : « Tu es une jeune femme… ça m’a fait peur. Sans un père comme moi tu aurais été plus en sécurité… » pas parce que j’étais un dangereux psychopathe mais vraiment plus parce que j’avais conscience que je n’étais pas correcte. J’ai eu un tout petit sourire triste avant de dire avec un petit sourire triste. « Tu penses quand même pas que ta mère se serait entiché pour l’homme parfait, sobre et sans problème… » Je savais qu’elle connaissait tout aussi bien sa mère que je ne la connaissais. Ivrogne. Négligeant parfois. Égoïste comme le sont bien des dépendants. À mi-voix, j’articulais. « J’en avais deux… ».

Je doutais pendant un tout petit instant. Je n’étais pas certain que j’étais en mesure d’avoir le courage nécessaire pour lui dire ce qu’il me restait à dire. J’étais tout prêt de l’aveu. Tout près d’avoir tout mis sur le tapis. « L’alcool, qui est réglé… enfin, presque… et l’ano… » mais le mot se coinça dans ma gorge avec violence. Je n’étais simplement pas capable de le dire à voix haute. Je sentis des larmes perlés sur le coin de mes yeux. J’eus une toute petite pensée pour le fait que mon mascara était de bonne qualité – dieu merci. Je détournais le regard de ma fille. Je pris un souffle et je lançais la variante la plus proche que j’étais capable de dire « ...la nourriture. » un aveu que je faisais trop peu souvent et qui trahissait ma honte.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Sam 9 Mai - 15:19

Grace pose son regard sur Theodore. Alors cet homme est son père… Elle sourit tendrement. Oui, ça paraît assez évident maintenant qu’elle y pense. C’est le père idéal. Comment elle n’y a pas pensé avant ? Et elle ne pense même pas cela parce qu’il travaille dans une confiserie. Même si, bon, ça compte quand même énormément à ses yeux aussi. Mais il est parfait ! Gentil, pour commencer. Il s’est toujours montré prêt à lui rendre n’importe quel service. Sans compter le nombre de cadeaux qui lui a déjà fait. Combien de fois Grace est-elle venue à la confiserie avec quelques misérables pennies qui ne suffisait absolument pas à financer le sachet plein de bonnes choses avec lequel elle repartait pourtant ? Il est exubérant aussi, pas ordinaire. A commencer par ce maquillage, Grace a toujours adoré. S’il était venue un jour la chercher à l’école, il aurait fait sensation. Les papas, on les confond tous avec leurs polos et leurs grosses montres. Theodore, lui, on ne le confond avec personne. Il est unique. Et c’est exactement pour cela que Grace trouve que ça tombe sous le sens maintenant. Non seulement il est son père par le sang… Mais en plus il semble avoir été crée spécialement pour répondre aux attentes qu’elle aurait pu avoir vis-à-vis d’un père. Dommage qu’elle n’ait pas pu en profiter. Il a dit qu’il aurait aimé être là, pourtant, mais que son état ne le permettait pas. Là, elle y reconnaît Aurore. Mais Aurore a beau avoir tous les défauts du monde, elle était là… Des fois. C’est mieux que pas du tout. Elle mettait à manger dans le réfrigérateur, elle s’endormait sous le même toit qu’elle. C’est déjà bien. Elle aurait pu l’abandonner, la petite Grace. Elle aurait pu en faire une orpheline. Mais Aurore n’a jamais laissé les services sociaux prendre Grace. Quelque part, elle devait tenir à sa fille. Peut-être que c’est ça, le secret de sa mère. Tout le monde sait qu’elle est alcoolique et qu’elle couche avec le premier venu mais personne ne sait qu’elle tient à sa fille. C’est un comble. Grace finit par effacer ce sourire niais de ses lèvres. Oui, c’est une bonne nouvelle. Elle trouve même ça carrément rassurant que son père soit un mec aussi cool que Theodore. Imaginez ce qu’elle aurait fait d’un père dans les affaires, un businessman en costume toujours pendu à son téléphone ? Absolument rien. Sauf que c’est une bonne nouvelle qui arrive un peu trop tard. Grace n’a que vingt ans. Vingt ans sans n’avoir jamais gouté d’épinard, ce n’est pas bien grave. Mais vingt ans sans n’avoir jamais eu de père, là, c’est autre chose. Elle en aurait bien eu besoin. Il ne faut pas se mentir, Grace a véritablement manqué d’une figure paternelle dans sa vie. Grace déchante. Ça se voit à son expression, c’est rare de la voir si affligée. « Aurore vous a… » Grace cherche le mot mais l’employer dans une phrase où elle a déjà prononcé le prénom de sa mère lui paraît improbable. « Aidé ? » qu’elle finit par dire en fronçant les sourcils. Sa mère ne l’a jamais aidé. C’est peut-être même le contraire. Longtemps, Grace a manqué de confiance en elle. En fait, elle continue à le faire. Elle ne se trouvera jamais assez jolie, jamais assez intelligente. Aurore est belle. Intelligente aussi même si c’est gâché par l’alcool. N’empêche que. Souvent, Grace a eu envie de lui ressembler. Et puis Theodore continue de parler et Grace est rassurée. Aurore n’est pas une bonne influence. Ouf ! Elle a presque eu peur sur ce coup-là. Un peu plus et elle avait l’impression qu’on parlait d’une autre personne. Mais après tout, pourquoi Aurore n’aurait pas été différente de celle qu’elle est maintenant ? Grace n’en sait rien mais le simple fait qu’elle soit toujours la même la console. Ce n’est pas de sa faute si elle est comme elle est… Elle était déjà comme ça avant. Theodore reprend la parole, un peu plus sérieusement cette fois et Grace a du mal à comprendre. « Je n’ai rien en commun avec ma mère. » Rien qu'elle ne soit capable de voir en tout cas, à commencer par sa ressemblance physique avec elle. Grace se met à fixer le mur en face d’elle, l’air renfrogné. Ça l’embête d’entendre ça. Grace est persuadée qu’elle aurait su faire la part des choses, que tout aurait pu se passer autrement… Si seulement. « Elle vous a aimé ?! » De ces explications, c’est tout ce que Grace retient pour le moment. Aurore, amoureuse de Theodore ? Une grimace, comme à chaque fois qu’elle s’imagine la scène. Ça paraitrait logique pourtant. C’est peut-être pour ça que Grace est venue au monde : Aurore n’avait pas pu se résigner à avorter d’un homme qu’elle a probablement aimé un jour. « L’ano quoi ? » Il s’est arrêté, Grace voit bien qu’il n’est pas à l’aise. Mais elle veut savoir. Ses yeux se remplissent de larmes, Grace s’en veut presque de se montrer aussi impatiente. Alors elle prend sa main. Juste pour lui montrer qu’elle est là, que ça va aller. Elle serre ses doigts entre les siens, sourit en coin. Mais quand le mot sort enfin, Grace est perplexe. Un problème avec la nourriture ? Elle garde sa main là où elle est mais se demande bien ce qui peut le mettre dans un état pareil. Elle n’a jamais entendu parler de quelqu’un pour qui la nourriture est un problème. « Comment ça ? » Elle fait mine de réfléchir. « Vous n’aimez pas ça, c’est ça ? » Ça lui paraît un peu fou mais c’est la seule explication qui lui vient. C’est dingue parce qu’elle est capable de s’empiffrer toute la journée. De sucreries, majoritairement. Et de tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la malbouffe. Etonnant qu’elle ne soit pas plus épaisse, Grace est une vraie brindille. La grossesse lui avait donné des formes qu’elle a perdu quelques semaines seulement après avoir mis Mila au monde.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Dim 10 Mai - 22:13

J’ai encore ces images en tête d’Aurore et moi. Tous deux avec notre style si différent, dans cette chambre. La bouteille bien calé entre mes doigts, je l’attirais vers moi – une petite lueur brillante au fond des yeux. La musique emplissait la chambre presqu’autant que l’odeur d’alcool. Je voulais simplement boire jusqu’à oublier cette visite que j’avais fait à la prison – parce que mes grands-parents m’y avait obligé, pas parce que j’avais choisi. Juste boire jusqu’à en oublier mon nom. Juste boire jusqu’à ce que tout retombe à l’endroit. Sa main se tendit vers la bouteille et je m’attachai dans son regard – à ces yeux bleus qui me semblaient être la seule chose de solide dans cet univers tanguant. Je m’entendis malgré tout pousser une plainte lorsqu’elle me l’arracha des mains. Mais je la laissais boire une bonne gorgée à même le goulot avant de la pousser sur le lit.

Notre relation à Aurore et à moi n’avait rien eu de sain. Malsaine. Axée simplement sur nos mauvaises habitudes de vie. Et je ne me voyais pas avouer en toute simplicité que notre relation n’avait jamais vraiment été sérieuse. Elle avait été destructrice. Elle nous avait permis à tous les deux d’avoir quelqu’un pour nous tenir les cheveux quand l’abus avait été simplement trop grand. Pourtant, pourtant, je la semblais troublée : « Aurore vous a… » et elle semblait être perplexe devant le mot qui semblait être approprié à dire : « Aidé ? » et je n’étais même pas certain que c’était vraiment ce qu’Aurore avait fait.

Nous avions tous deux été sur la même spirale descendante en enfer. Sans l’avoir eu comme partenaire de chute… est-ce que j’aurais descendu plus vite? Probablement pas. Vers la fin de cette descente, nous ne passions que très peu de temps loin l’un de l’autre et complètement sobre. Est-ce que j’aurais atteint le fond? Oui… avec ou sans elle, je me serais rendu jusqu’au bout. Et vers la fin, avant d’être hospitalisé, j’avais commencé à remuer mes idées noires. J’avais commencé à penser à partir dans tous les sens du terme. Parce que rien dans ma vie n’allait comme il le fallait. Au diable les plans que j’avais fait. Mes problèmes de consommation et l’étendue immense de mon trouble alimentaire en était venu à influer sur mes résultats scolaires. Ma relation avec mes grands-parents se détériorait. En finir, cette idée absurde, m’avait effleuré assez souvent pour que j’aille peur. Pour que je n’oppose pas de résistance. Je ne voulais pas mourir. Je ne voulais juste plus de ma vie dans les ruines qu’elle était devenue. Mon mal-être, il m’avait fallu du temps pour le contrôle. Du temps et de l’amour.

« Elle vous a aimé ?!» me demanda-t-elle. Et je la fixais. M’avait-elle aimé? L’avais-je seulement aimé? Deux questions que je n’étais pas certain de la réponse. Elle avait été là. Et j’avais ressenti quelque chose pour elle. Mais qui n’avait simplement rien à voir avec ce que j’avais ressenti pour Margaret – ce n’était pas cette passion dévorante, cet amour profond qui donne envie de réveiller l’autre aux petites heures du matin, pour basculer dans une étreinte. J’haussais les épaules sans être capable de répondre. Si elle m’avait un jour aimé, mon absence avait tué ce qu’il y avait un jour eu entre nous. Sans possibilité d’appel ou libération conditionnelle, j’étais entré dans la case des méchants.

Pourtant, je savais très bien que je n’étais pas un enfant de cœur. J’avais des problèmes, si grand que j’en peinais à garder la tête hors de l’eau. La preuve fut cette tempête qui naquit dans ma tête lorsque j’en viens à mentionner ce qui avait toujours été mon plus grand problème. Pourtant, j’étais incapable de prononcer le mot. Incapable d’assumer à voix haute mon état. Je savais exactement quels mensonges racontés pour ne pas soulever de question. J’étais capable de dire à mon médecin que j’avais mangé. Capable de prétendre que je n’allais pas si mal que ce que j’allais. « L’ano quoi ? » demanda-t-elle en me fixant.

J’en viens à me demander pendant un bref instant si ce n’est pas une mauvaise idée que de lui dire. Pourtant, je sais qu’elle doit savoir. Je me suis déjà aventuré trop loin dans mon histoire pour le garder en moi. C’est le contact de sa main sur la mienne qui me donne le petit bout de courage qui me manquait pour mentionner le nom de mon état. Mais je n’y arrive pas. C’est tellement plus simple que de murmurer autre chose : la nourriture. Pourtant, j’ai conscience que ce n’est pas clair que de dire une chose du genre. « Comment ça ? »

Comment la nourriture peut être un problème? Elle peut être un combat au quotidien. Une tempête qui naissait dans ma tête à chaque fois que je me retrouvais assis devant une assiette. Grace m’avait pourtant vu dans ma boutique à me battre contre une salade que je ne voulais pas toucher. J’espérais sincèrement qu’elle comprenne sans que je n’aie besoin de parler. Sans que je n’aie besoin de mettre les bons mots aux bons endroits. Je ne puis m’empêcher de frissonner lorsqu’elle prononça :  « Vous n’aimez pas ça, c’est ça ? » Le frisson m’étouffa tristement la poitrine. Dieu que je n’aimais pas entendre cette phrase. Je sentis un sanglot franchir mes lèvres et s’élever. L’entendre dit par quelqu’un d’autre me semblait plus pénible. Je levais doucement les yeux en détournant le regard. Je n’ai simplement pas le courage de lui dire de confirmer. J’hochais la tête doucement un geste à peine visible. « Je…  oui» Peinais-je à articuler.  

La voix tremblante, un murmure à peine visible lui aussi. Je venais quand même de donner raison à Grace. Oui, je n’aimais pas manger. Mais c’était de réduire de beaucoup la complexité de ma relation avec mon assiette. C’était en oublier les limitations que je me rajoutais continuellement sur ce que je pouvais ou ne pouvais pas manger. Encore incapable d’aborder avec les bons termes ma condition, je préférais brosser péniblement le portrait de ma condition. « C’est… difficile… pour moi de… manger. » J’étais incapable de le dire précisément. C’était un combat. Une bataille. L’enfer. Une étreinte qui m’étouffait. Bien malgré moi, je sentis une larme coulé le long de ma joue. Je ne voulais pas m’effondre au sol. Je mordillais nerveusement ma lèvre inférieure en rajoutant un petit : « vraiment… difficile… » Parfois, dans les mauvais jours, si ça ne dépendait que de moi, je n’aurais simplement pas manger. J’aurais refusé de jouer à cette mascarade où du bout de ma fourchette je triais inlassablement et que du couteau je taillais jusqu’à en oublier la taille.  

« Ce n’est pas de ma faute si… si c’est… tellement difficile. » murmurais-je comme pour me justifier. Pas de ma faute. Il y a longtemps que je le sais. Mon état est une maladie mentale. Je suis prisonnier de mon propre corps. L’ennemi, c’est mon esprit. C’est cette impression de ne pas être parfait. J’ai conscience de mon comportement destructeur depuis vingt ans. Conscience que je ne suis qu’une peau de chagrin à la Balzac qui pourrait disparaitre d’un coup sec sans laisser de marque. Et pourtant, je ferais du mal à ceux qui m’aiment. Maggie ne me le pardonnerait pas. Tim chercherait son père… il me chercherait. J’aurais aimé lui dire que je faisais de mon mieux pour m’en tirer. Mais à la place, c’est un autre aveu qui franchit mes lèvres : « Quand Aurore est tombée enceinte de toi, je pesais cinquante-trois kilos. Ce n’est pas moi qui suis… parti… enfin… pas moi qui aie choisi de partir. On m’a hospitalisé contre ma volonté… mes grands-parents m’ont fait hospitalisé. J’étais rendu trop loin. »

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Lun 11 Mai - 17:37

Grace n’a jamais connu la quiétude d’un foyer, le bonheur de grandir entourée de ses deux parents dans un joli pavillon. Et elle ne connaitra jamais ça, la découverte de son père biologique ne changera rien à ce fait. Et même s’il avait été là quand elle était petite, elle doute qu’il serait resté avec Aurore. Comme il l’a dit, elle a été une mauvaise influence pour lui. S’aimaient-ils seulement ? Grace aimerait pouvoir se dire qu’elle est le fruit de l’amour entre ses deux parents mais, apparemment, elle devra se contenter d’être la conséquence d’un trop plein d’alcool. C’est triste de résumer le commencement de sa vie à ça… Mais c’est comme ça. Comme Mila, Grace n’est qu’un mauvais concours de circonstances. Sauf que dans le cas de Mila, ça finit bien. Il serait difficile d’en dire autant pour Grace qui n’a fait que souffrir de l’absence de ses parents. Mila a ses deux parents, Malone s’implique extraordinairement bien pour un jeune homme qui ne se voyait pas être père. Fut une époque, Mila avait même un beau-père aimant et tout aussi impliqué. Quant à Grace… Elle a bien rattrapé ses erreurs des premiers jours. Heureusement. Elle a bien failli virer comme sa mère. Comme quoi. Ce n’est pas héréditaire. Grace sait maintenant qu’elle en est capable. Elle se décourage des fois. Mais elle ne pense plus à abandonner comme avant. Mila, c’est sa fille… Pour toute la vie. Et pour le restant des jours, Grace se promet d’être là pour elle. A chaque heure du jour et de la nuit, Mila aura une maman prête à tout pour elle. C’est ça, l’amour. Grace savait déjà ce que c’était d’être amoureuse. Mais ce n’est rien par rapport à ce qu’elle peut ressentir pour ce petit être. Elle est exceptionnelle, ravissante. Elle l’imagine déjà faire des grandes choses. Pas comme elle qui n’a même pas pu finir ses études. A ce niveau-là, Grace espère tout de même qu’elle prenne exemple sur son père. Malone a continué les études, il lui semble. Et malgré tout, il réussit. Et puis, si ça se trouve, Grace se trouvera le luxe de reprendre les études un jour… Mais pas tout de suite. Là, ce dont elle a surtout besoin, c’est de l’argent. Mine de rien, ça revient bonbon ces petits bouts de chou. Mila a beau être adorable, elle remplit autant de couches qu’elle ne vide de biberons. Sans compter les fringues, elle grandit à une vitesse folle… Un peu rêveuse, Grace revient vite sur Terre face à la gravité de la discussion qu’elle a avec Theodore. Enfin, Grace détient toute la vérité sur sa vie. Il n’y a plus de case manquante, elle est au courant de tout. Ça fait bizarre, ce n’est pas comme ça qu’elle s’était imaginé les choses. Néanmoins, c’est comme ça qu’elles sont. Et la jeune femme qu’elle est commence à comprendre. Son père ne mène pas une vie tranquille. Tout comme elle, il a ses problèmes. Pourquoi est-ce qu’il ne lui a jamais dit avant ? Grace comprend rapidement qu’il a honte. Ça se lit sur son visage. Elle aimerait pouvoir dire quelque chose pour le consoler mais elle ne trouve pas les mots. Affligée, elle se contente de serrer sa main dans la sienne. Ce n’est pas grave, qu’elle aimerait lui dire. On va s’en sortir, on va faire ça ensemble. Mais ça reste coincé. Peut-être est-ce encore la rancœur qu’elle ressent vis-à-vis de toutes ces années de mystère ? Parce que Grace a beau être pleine d’empathie, elle ne peut pas mettre de côté la culpabilité de Theodore. Il lui a menti. Que ce soit pour la préserver ou pas, il a préféré lui mentir plutôt que de prendre son rôle de père au sérieux. Et ce n’est pas juste. Pas aux yeux de Grace en tout cas, peu importe les raisons au final. « Bien sûr que ce n’est pas votre faute ! » Grace continue de le vouvoyer. C’est dur d’intégrer parfaitement que cet homme est son père. Est-ce qu’un jour elle arrivera seulement à l’appeler papa ? Ou est-ce qu’elle le vouvoiera tout le restant de sa vie ? Grace se rend compte qu’il pleure, son petit cœur se serre. Sans qu’elle ne réfléchisse d’avantage, elle s’approche de Theodore. Elle l’attire contre elle, ramène sa tête contre son buste. Là, elle caresse doucement ses cheveux. Grace n’avait pas tous ces réflexes avant… Câline, elle l’a toujours été. Mais maternelle ? Non. Encore moins envers un adulte, encore moins envers son père. Et pourtant, elle sait que Theodore a besoin d’affection à ce moment précis et elle lui en donne sans compter. « Vos grands-parents ont bien fait, ils se sont bien occupé de vous. » Ils ont fait de leur mieux en tout cas puisque Theodore est encore atteint par la maladie. C’est un problème auquel Grace n’a jamais été confronté. D’accord, il y a eu des périodes où elle n’avait pas vraiment envie de manger. Et encore, elle n’a jamais dit non à une glace. Mais elle n’a jamais été répugnée par la nourriture… A part si c’est vert, que ça pue et que ça a un nom aussi dégueulasse que « épinard ». Oui, niveau diététique, Grace est et sera toujours une enfant. « Je vous en veux pas d’être différent, Theodore. Je crois même que je vous aimerais autant si vous aviez qu’un seul œil au milieu du front. » Elle sourit. « Même si, bon, vous ne seriez pas beau du tout à voir. » qu’elle rajoute en rigolant doucement rien qu’en s’imaginant un Theodore cyclope. Elle laisse un silence s’installer pour réfléchir un peu. Ça fait beaucoup à encaisser et même Theodore a besoin de se remettre de ses émotions. « Alors… J’ai un demi-frère, c’est ça ? » qu’elle demande d’un coup alors que ses méninges s’activent depuis plusieurs bonnes minutes. « Tim ? » Grace fait une petite moue. « Il ne me connaît pas non plus, pas vrai ? » Ce n’est peut-être pas trop pour ça. Après tout, Tim n’est qu’un tout petit garçon. « Et votre femme ? Elle sait ? » Grace a l’impression qu’elle n’arrêtera jamais d’avoir des questions.

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Dim 7 Juin - 5:00

L’aveu avait toujours été pénible à faire de ma part. Les mots auraient pu tellement être faciles à dire : je savais le nom de l’état depuis mes vingt ans. C’était en apparence si facile à dire… mais le dire, ça voulait dire admettre que ce que l’on a passé des années à nier avec toute la force de notre âme était réel. Ce que tout le monde avait toujours affirmé être les signes précurseurs d’un trouble alimentaire avait été incarné sous la forme d’une longue liste de préférences alimentaire. Voilà! J’étais sélectif enfant. Pas difficile. Cette sélection s’était empirée avec le temps : ironiquement, ce n’avait jamais vraiment été une volonté de me priver de calories ou de me mettre au régime qui avait balisé ma première chute en enfer. C’était une volonté intrinsèque de disparaitre. Une preuve qu’en un seul claquement de doigt – clap – je pourrais simplement m’effacer. Ce régime restrictif avait visé peu à peu à retirer le bonheur de mon assiette. Et puis, je n’avais pas réalisé que je perdais du poids. L’image du miroir était mensongère. Je me voyais gros, immense… l’alcool aussi s’était imposé de la même manière dans mon cas. De manière insidieuse. Je crois que l’on ne prévoie pas de sombrer… Je ne crois pas que j’avais un jour prévu faire une telle chose.

Pourtant, devant Grace, avouer que je me battais depuis plus de la moitié de la vie contre mon assiette était plus pénible que ça l’avait été devant ce premier psychologue. La détresse était d’autant plus grande que la relation que je voulais avec elle, je ne voulais pas qu’elle soit à l’instar de celle avec tous les psychologues, les psychiatres ou autre docteurs à qui j’avais eu à parler du pourquoi et du comment de mes problèmes. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète pour moi. Et puis, j’avais honte et c’était logique que j’aille honte. Après tout le temps que j’avais passé pour me battre… ça ne marchait toujours pas encore continuellement. Et j’avais beau blâmer mes parents, le ciel ou les circonstances, j’étais quand même un peu responsable et je le savais bien pourtant. Un nœud se créait dans ma gorge et engourdissait ma tête : « Bien sûr que ce n’est pas votre faute ! » Et je n’étais pas capable de lui admettre que comme pour tant de choses dans ma vie, j’avais peut-être plus que mes tords à assumer. Je sentais les larmes commencer à couler et je me sentais devenir impuissant devant cet aveu que j’avais fait. C’était trop d’un coup à avouer. J’en avais profité pour tout larguer : une partie du pourquoi de son abandon. Mais même si j’avais voulu m’occuper d’elle quand j’avais son âge comme elle le faisait avec Mila… Et je confiais même en finissant de m’effondrer que c’était à mes grands-parents que je devais le peu de contrôle sur ma vie que j’avais.

Sanglotant, je sentis toutefois ses mains se serrer autour de moi et doucement caressé mes cheveux. Un grand sanglot violent suivit mon aveu et le contact léger. Il n’y avait que Maggie qui m’avait vu dans cet état. Sobre. Pendant un tout bref instant, j’aurais aimé pouvoir me saouler pour enterrer ce que j’avais ressenti à cet instant. « Vos grands-parents ont bien fait, ils se sont bien occupés de vous. » me dit-elle. Et j’aurais aimé pouvoir lui expliquer à quel point je leur en avait voulu de me faire un tel coup bas. Les yeux fermés, je tentais à la place de ne pas m’effondrer complètement devant Grace. Dignité envolée, je peinais à reprendre le contrôle du torrent de larme. C’était si difficile de déformer la réalité : de cacher ce qu’était ma vie… et je n’acceptais même pas de lui ouvrir entièrement la porte. Juste assez pour qu’elle se doute de mon enfer. Peut-être sentait-elle ma culpabilité alors qu’elle rajouta doucement : « Je vous en veux pas d’être différent, Theodore. Je crois même que je vous aimerais autant si vous aviez qu’un seul œil au milieu du front. » L’idée m’arracha à peine un petit sourire mouillé. « Même si, bon, vous ne seriez pas beau du tout à voir. » Je relevais doucement mes yeux encore baigné de larme lorsque ma fille me dit qu’elle m’aimait quand même. Je la fixais comme tétanisé. Ce n’était pas nécessairement d’amour romantique dont on parlait mais juste d’une appréciation globale… probablement simplement parce que j’étais en rechute.

Je n’écoutais qu’à peine lorsqu’elle continua de parler. Ce n’était ni la question de faire des galipettes : combien de fois avais-je songé que j’étais tellement inadapté pour être un bon papa ou un simple bon homme. « Alors… J’ai un demi-frère, c’est ça ? Tim? » J’hochais la tête toujours en la fixant silencieusement. J’avais tout doucement déposé ma tête sur ses jambes et je la fixais. Qu’est-ce que je pouvais bien répliquer d’autre que le minuscule hochement de tête à peine perceptible que j’avais eu l’audace de faire. « Il ne me connaît pas non plus, pas vrai ? » et il me vint en tête que j’aurais pu faire mon fin psychologue et affirmer que l’on ne connait jamais vraiment quelqu’un. Mais je n’étais même pas certain que j’avais déjà officiellement fait de présentation entre Tim et Grace. Je ne savais simplement pas quoi lui dire et par ou commencer pour toutes les explications à lui rajouter. D’une voix douce, elle rajouta : « Et votre femme ? Elle sait ? » et j’aurais pu la corriger en disant que j’étais un divorcé. Mais ce qui sortit de ma gorge était très différent de ce que j’aurais voulu dire : « Tu m’aimes quand même… mademoiselle Hamilton? » demandais-je doucement en essuyant du bout de la marche de mon chandail les larmes qui avaient marqués mes joues. Ma voix tremblait encore alors que je me redressais un peu. Ramenant encore mes jambes contre moi, m’enfermant dans une petite coquille, je murmurais : « Un seul demi-frère. J’ai été fidèle à Maddy. Et Tim ne sait pas que tu existes… Enfin… il t’a peut-être déjà croisé… mais je suis sûr qu’il aimerait te connaître. » Il était plus sain que moi dans ses relations avec autrui. J’ai souris doucement : « Et je ne l’ai pas caché à Maddy. Elle aurait même voulu que je te parle plutôt surtout… » et je m’interrompis. Nous avions eu de la difficulté à avoir Tim. Elle avait souffert. J’avais souffert. Mais elle aurait aimé me voir bien agir avec d’autres enfants. Elle aurait voulu que Grace soit en garde partagée elle aussi. Et sa vie aurait pu être meilleure probablement. Mais nous n’allions pas bâtir l’avenir sur des « et si? » n’est-ce pas?

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MessageSujet: Re: please be strong (teddy) Mer 10 Juin - 15:33

Grace n’est pas rancunière et c’est une chance pour Theodore. Elle l’a mauvaise, c’est évident. Et compréhensible aussi. Malgré toutes les circonstances atténuantes qu’a Theodore, Grace continue de penser qu’il aurait pu tout lui dire avant. Elle aurait aimé qu’il le fasse, elle aurait aimé connaître son père autrement que comme le marchand de bonbons du coin. Mais ça y est, le marchand de bonbons qui avait l’air si ravi de la voir à chaque fois qu’elle entrait dans sa boutique s’est transformé en père. C’est l’homme qui l’a conçu. Avec Aurore. Le mélange est curieux, Grace ne les aurait jamais imaginé ensemble. Mais maintenant que Theodore lui a fait part de ses problèmes passés et de ceux qui sont actuels, Grace comprend mieux comment Aurore et lui ont pu s’assembler. C’est incroyable quand elle y pense. Pendant tout ce temps, son père était juste là, sous son nez. Aurore le savait. Elle aurait pu lui dire un million de fois. Alors pourquoi elle ne l’a pas fait ? Ça n’a pas de sens. Un jour ou l’autre, Aurore se retrouvera à nouveau en face de Grace et elle fera tout pour lui tirer les vers du nez. C’est fini l’époque où Grace se contentait de ne rien savoir, où elle acceptait qu’on la tienne loin de la vérité. Maintenant, elle veut comprendre. Avant, son ignorance ne tenait qu’à elle. Mais aujourd’hui, elle a une petite fille. Mila mérite de savoir d’où elle vient. Un jour, elle viendra poser des questions à sa mère et à son père sur ses origines, sur le début de sa vie. Et ça aura beau être sordide, Grace tient à être capable de lui dire la vérité. Elle ne veut pas que Mila finisse comme elle, dans l’ignorance jusqu’à ce qu’on daigne enfin lui donner la vérité sur les bases de sa vie. Grace se promet qu’elle n’aura pas à attendre comme elle l’a fait. Et encore. Grace a arrêté d’attendre depuis un moment. Elle se disait qu’elle ne saurait jamais. Et puis tant pis. C’est terriblement triste, jamais Mila ne devra se résigner à quelque chose d’aussi radical. Grace y veillera. Pour le moment, elle ne peut pas faire grand chose d’autre que d’écouter Theodore s’expliquer. Et pleurer même, maintenant. Son petit cœur fond, Grace se sent obligée de le consoler. Ça devrait être l’inverse, pourtant, elle le sait. Même en enlevant le fait que Theodore est son père et que la logique voudrait que ce soit lui qui la protège, Theodore est aussi un adulte. Un adulte qui devrait être accompli, plus mature que Grace et plus solide. Mais il est loin d’être plus solide que la jeune femme qui en a encaissé des malheurs cette dernière année. Alors, dans le fond, c’est normal si c’est elle qui est en train de le rassurer à ce moment-là. C’est sa manière à elle de lui communiquer son courage. Elle caresse doucement les cheveux de Theodore, lui murmure tout un tas de jolies paroles censées le réconforter. Grace n’a jamais connu l’homme de cette façon. Ça lui fait réellement bizarre d’en voir plus, d’aller au delà des apparences. Elle ne se serait jamais douté de tout ça, de ce chaos qu’il y a derrière cet homme qui la faisait –et qui la fait toujours- sourire en lui donnant des bonbons. Peut-être parce que Grace n’a jamais été connue pour être perspicace. C’est vrai qu’elle n’est pas très réfléchie, ni même très observatrice. Grace est d’une innocente effarante vu son âge et sa toute récente position de mère. Mais ça s’arrange. Doucement mais sûrement, Grace évolue. Theodore finit par se redresser, les yeux toujours remplis de larmes. Il fait vraiment de la peine à voir, Grace tente un sourire tendre pour achever de le rassurer. Il repose finalement sa tête sur les jambes de Grace qui a l’impression d’être avec un gros bébé. Son gros bébé de père. L’idée lui arrache un sourire, elle est aussi attendrie qu’amusée par la situation. Elle ne pense à la tristesse de Theodore. Ça ne l’amuse absolument pas. Elle pense à ses besoins de tendresse, d’affection. C’est si évident ! Theodore a besoin qu’on le protège, il n’est pas capable de le faire seul. D’ailleurs, s’il était seul, Grace parie que ça ferait bien longtemps qu’il serait au fond du trou. Quand Theodore demande à Grace si elle l’aime quand même, elle n’arrive pas à retenir un petit rire. Bien sûr que oui. Elle aime Demian alors que c’est un assassin. Enfin, entre autre. Il est bien d’autres choses encore. Alors si elle l’aime son père malgré ses cachoteries et ses problèmes ? Evidemment. « Oui, je vous aime quand même, Theodore. » qu’elle dit d’une voix claire alors qu’il est en train de se redresser. Il se roule en boule, il a l’air bien plus bouleversé que Grace ne l’est. « J’aimerais le connaître aussi… » Grace soupire. Elle ne veut pas se montrer désagréable ou adresser d’autres reproches à Theodore. Mais quand même. Elle a un demi-frère. Un petit bonhomme pas beaucoup plus âgé que Mila. Ce n’est pas encore trop tard, certes. Mais Grace a déjà du louper pas mal d’événements dans la vie de Tim. « Il faut qu’il connaisse Mila aussi. Un jour. Après tout… C’est son oncle. » qu’elle déclare après un moment de réflexion. Un jeune oncle mais un oncle quand même. « Vous voulez dire… Qu’elle m’accepte ? » Grace fronce les sourcils. « Elle sait qui est ma mère ?! » Grace a une mauvaise réputation. Pour un tas de raisons. Mais à la base, quand elle n’était qu’une enfant, c’était à cause de sa mère. On s’imaginait qu’elle était aussi bizarre qu’elle, que quelque chose clochait forcément avec elle. Ça paraît fou aux yeux de Grace que celle qui a été la femme de Theodore passe au travers de tout ça.
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