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No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence]

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : MissPiggy
TES DOUBLES : Aiden Holmes, Seren A. Vaughan, Théodore C. Pembroke et Victor I. Cartwright
TON AVATAR : David - Sexy - Tennant
TES CRÉDITS : avatar: pathos sing:Charney (un gif de Grace)
TA DISPONIBILITE RP : Sans vie sociale, recherche rp libre.
RAGOTS PARTAGÉS : 4206
POINTS : 1229
ARRIVÉE À TENBY : 20/03/2014

Et si on se battait pour le bonheur?
ÂGE DU PERSONNAGE : 41 ans (8 septembre)
CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
PROFESSION : Détective Inspecteur (en arrêt)
REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence] Ven 20 Fév - 3:22

Février pointait le bout de son nez et ma bonne humeur n’était pas encore disparu. C’était étrange. Je semblais être sur un petit nuage depuis que nous avions déménagé. BON! D’accord! Au boulot, j’étais encore le trou du cul de service. Je venais de ramener au poste pour la troisième fois le même dealer de fond de ruelle en autant de semaine et ça me rendrait ironiquement d’excellente humeur. J’avais en effet l’impression enfin de déboucher sur quelque chose. Certes, monsieur avait passé une très mauvaise journée mais la mienne avait été quand même assez fantastique. Pour une rare fois, à quatre heure, j’avais mon manteau sur le dos et mes clés à la main et je passais le pas de la porte du poste après avoir fermé mon bureau à clé.

De bonne humeur et bien décidé à mettre un peu de soleil dans cette journée pluvieuse du mois de février, je m’arrêtais à l’épicerie. Il manquait à la maison du lait et du pain pour le lendemain matin. Et puis, je me dis que tant qu’à y être… autant faire en vitesse le tour des rangées pour ramasser une épicerie assez grande pour nous permettre de survivre pendant une semaine. C’est ainsi que ma mission d’aller chercher pain et lait me couta près de cent soixante-quinze livres sterling. L’orgueil mâle prenant le dessus de la situation, je ramassais l’ensemble des sacs d’épicerie en un seul coup pour les empaqueter dans l’automobile. Je finis ainsi par passer le pas de la porte sur les coups de quatre heures cinquante-cinq pour me heurter à la chaleureuse boule de poil ronronnante. « Bonjour monsieur Moriarty. » dis-je par habitude en me heurtant à ce chat de ruelle que ma fille m’avait un peu force à adopter.

Devais-je avouer que j’aurais aimé aussi pouvoir dire bonjour à ma fille en même temps plutôt que de m’adresser au félin en premier? Elle devait sans nul doute être dans sa chambre à cette heure en train de faire des devoirs. Je croisais personnellement les doigts pour ne pas que son ami pot de colle préféré soit aussi présent dans la maison – le dénommé Clément. Il passait à mes yeux un peu trop de temps auprès de ma fille. Je sais que ma fille m’en parlait régulièrement, mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il ruinerait son cœur lui aussi comme sa mère l’avait fait avec moi. Après avoir donné une caresse rapide au félin, je ramassais les sacs et allait les porter dans la cuisine. Je me ramenais vers les marches et en gravis une pour crier peut-être un peu plus fort que nécessaire : « Je suis rentré Lawrence! » mais après tout… parfois, ma fille écoutait de la musique en étudiant alors il était très peu probable qu’elle m’ait entendu.

À moins que… était-ce possible qu’elle ait peut-être une rencontre avec le prof de musique pour le fameux concert qui s’annonçait pour la fin de l’année? Je soupirais en commençant à ranger l’épicerie à mon rythme. Les choses qui avaient leur place au réfrigérateur furent les premières à trouver leur place. Suivi des gâteries que j’avais acheté puis des cannes de nourriture conservable pour une plus grande durée de temps. Je finis par me tourner vers les chaudrons et faire chauffer de l’eau et la bouilloire. Lawrence se décida enfin à pointe son nez dans la cuisine. « Bonjour Law! Passé une belle journée à l’école? » dis-je avec un sourire. Je m’étirais la main pour m’agripper à la salière et en jeter un peu dans l’eau chaude. De bonne humeur, je poursuivis : « Je suis passé à l’épicerie. J’ai amené de quoi faire un macaroni comme quand je faisais quand tu étais petite… tu t’en rappelles? »

Peu de choses étaient connues sur moi à Tenby mais mes nullissimes talents en cuisine ne méritaient pas de devenir élément public. NUL ne suffisait pas à me définir. Sauf que j’espérais que Lawrence se rappelle d’une des rares recette que je maîtrisais et qui ne nécessitait pas des ingrédients déjà tout fait. Avec un autres grand sourire charmeur je répliquais : « Et l’avantage avec cette recette, on ne fera pas venir les pompiers cette fois! »

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TON PSEUDO : arwiie
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ARRIVÉE À TENBY : 21/08/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 18 ans
CÔTÉ COEUR : célibataire ; fond pour le jeune D'Arcy mais sait l'avoir perdu ; pense à se réconforter chez qui le veut
PROFESSION : lycéenne
REPUTATION : Vous me croyez si je vous dis qu'elle est la fille du détective Hardy ? Pourtant c'est le cas ! Elle est assez discrète et n'a pas l'air de causer de soucis pour le plus grand bonheur de notre village. Cela dit, il semblerait qu'elle se rapproche du petit d'Arcy !



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MessageSujet: Re: No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence] Lun 13 Avr - 19:01

Will ∞ Law

If you could see me now if you could see my smile see your little [girl] I've been in sticky situations I fell in love with a girl who likes girls I know mom's thinking of you I'm busy trying to make it in this world I hope I'm living your dream, daddy have a drink on me upstairs [KOOKS]
Ace qu'il parait les filles parlent plus facilement mecs avec leur mère qu'avec leur père. Comme bien des choses dans ma relation avec mes parents, c'est tout le contraire. Parler de celui qui fait chavirer mon cœur, du type de physique qui me fait fondre, du trait de caractère auquel je ne peux résister, d'un parfum enivrant, d'une jalousie incontrôlable, d'un manque oppressant, de regrets ou de hontes, de ce sentiment de solitude induit par mon célibat à long terme...c'est avec mon père que j'aborde des sujets là. C'est à lui que j'ai toujours posé des questions, auprès de lui que j'ai été chercher quelques conseils quand mes vagues compétences en relations humaines ne suffisaient plus. D'un autre coté ma vie sentimentale n'a jamais été très fournie mais il n'empêche que nous avons souvent parlé lui et moi de ces thèmes qui font rougir les demoiselles et toussoter les hommes. Pourtant cette fois qu'un événement dont j'ai besoin de parler pour m'apaiser, survient, je ne trouve plus du tout le courage d'aller vers William. Il faut dire que ce que j'ai à confier est quelque peu délicat et je ne voudrais pas retomber dans son estime, décevoir ce père dont la lueur de fierté dans ses yeux lorsqu'il pose son regard sur moi est ma plus grande motivation. Seulement il va bien falloir que je finisse par avouer ce que j'ai sur le cœur. Tout d'abord parce qu'il n'est pas dupe lorsque j'assure que tout va très bien mais qu mes yeux sont mouillés de larmes, scène qui se répète de plus en plus souvent depuis quelques semaines. Ensuite parce que j'ai pris la décision de partir et que c'est atrocement douloureux de m'éloigner de lui mais que cela le sera encore plus, autant pour lui que pour moi, s'il ne connait pas mes véritables motivations. Dés lors je répète intérieurement ce que j'ai l'intention de lui dire tout en faisant les cent pas dans ma chambre, du Rise Against faisant vibrer les murs de ma chambre. Des coups de batterie pour éviter les larmes. Des cris pour retenir ma rage. Des solos de guitare pour aspirer ce venin en moi. Du rock pour tenir droite tout simplement. Comme toujours plutôt. La porte qui s'ouvre et la voix de mon père dans le couloir. Un sourire étire mes lèvres conte toute attente car oui, si la musique me permet de ne pas sombrer, mon père lui, me donne le gout à la vie. Pourtant le réalité me revient en pleine face sans me laisser plus d'une seconde de répits...

Ses mains sur ma peau, ses yeux et les miens, mon corps écrasé sous le sien, sa voix lointaine, son parfum si proche. Finalement ses lèvres, les miennes, un baiser plein de retenue mais d'une forme de passion tout de même. Mes doigts qui se pressent dans son dos, les siens sur mon visage rougissant. Bien vite la séparation, l'incompréhension, l'amertume, un peu de colère, beaucoup de déception et une touche d'envie toujours bien présente mais ardemment refoulée. Ce premier baiser avec Clément. Cet unique moment de plénitude qui fit place au vide et à un désespoir excessif. Depuis cette seconde là je ne fais plus que me remémorer l'instant alors que je voudrais l'effacer purement et simplement de ma mémoire. Pire que tout, je l'ai laissé s'insinuer dans mon quotidien dès lors, plus qu'envahir mes pensées il noie aussi ma vie. Il a détruit ma relation avec le jeune pianiste, il m'a rendue distante vis-à-vis de mes amies et, à présent, il me donne l'ordre de rejeter mon père. Il est un violent poison dans ma mémoire qui envahit tout mon être sans que je ne puisse lutter. Il est inspiré par un sentiment bien trop fort pour cela: l'amour. Ce sentiment contre lequel j'ai craché toute ma haine durant deux ans suite au divorce de mes parents. Ce sentiment auquel j'ai succombé immédiatement en rencontrant Clément. Ce sentiment qui me bouffe aujourd'hui qu'il ne m'est pas accessible.


Bonjour Law! Passé une belle journée à l’école? Je suis passé à l’épicerie. J’ai amené de quoi faire un macaroni comme quand je faisais quand tu étais petite… tu t’en rappelles? Et l’avantage avec cette recette, on ne fera pas venir les pompiers cette fois! Je suis descendue bien vite rejoindre mon père dans la cuisine en me promettant d'aborder de suite le sujet qui me préoccupe car je me connais, si je le laisse m'embarquer sur un autre thème, si nous retrouvons notre complicité des beaux jours, si nous nous mettons à rire ou à échanger des regards entendus c'en sera fini de mes résolutions. Je ne voudrais ni risquer de le voir prendre ses distances avec moi, ni le quitter pour rejoindre de la famille dans la capitale. Alors malgré ce sourire illuminant ses traits anciennement douloureux, malgré le soleil dans sa voix, la lumière dans ses yeux, malgré son enthousiasme je m'assieds en silence sur la chaise haute qui m'accueille chaque matin et chaque soir pour les repas. Après avoir longuement expiré je cherche à capter l'attention de mon père qui s'occupe de cuire des pâtes sans remarquer à quel point je peux être préoccupée et, surtout, détachée par rapport à ce qu'il me dit à tel point que je ne prends pas la peine de répondre. Il voudrait une soirée calme, une soirée comme par le passé. Fut un temps où c'est moi qui les réclamait ces moments là mais aujourd'hui le souvenir de Clément, le fait que jamais plus nous ne serons proche me hante. Alors je vais tout gâcher. Excuse moi papa.

Je pars à Londres dans deux jours. J'ai l'impression de revivre cette conversation que j'avais eu avec Elizabeth il y a presqu'un an de cela. Sauf qu'à l'époque je me réjouissais de mon départ car avoir pris conscience de l’innocence de mon père avait été une des meilleures nouvelles de la décennie et bien que je craignais les retrouvailles, c'est tout de même la joie qui guida mes pas vers Tenby. Cette fois c'est par obligation que je quitte cette ville qui m'a adoptée. Disons que je pars pour mieux revenir. En effet j'ai peur en restant trop longtemps dans une pareille humeur, de perdre ceux dont je suis proche en agissant injustement envers eux à cause d'une colère que je ne devrais tourner vers personne ou uniquement vers Clément à la rigueur. Je ne voulais pas te parler de mes problèmes, ils sont futiles comparés aux tiens et puis je suis mal à l'aise d'en parler. Pourtant tu as remarqué que quelque chose me préoccupait alors puisque je ne saurais te les cacher, j'admets que j'ai quelques soucis pour le moment... J'ai l'impression d'être glaciale, distance comme ma mère a pu l'être si souvent mais je refuse de laisser mes sentiments prendre le dessus, m'envahir et me submerger comme ils l'ont fait trop souvent depuis nos retrouvailles avec William. Je ne voudrais pas tout gâcher: nos retrouvailles, notre complicité qui se reconstruit lentement, les amitiés que j'ai créées ici, ma micro intégration à Tenby. Si je reste dans cet état je ne vais faire que dégrader la situation. Je vais aller vivre un moment chez tata à Londres pour revenir plus apte à recommencer sur de bonnes bases, plus apte à m'excuser...
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MessageSujet: Re: No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence] Sam 2 Mai - 23:29

Je n’étais pas un père exemplaire. Je faisais comme bien des hommes faisaient en apprenant qu’il devenait père. J’avais choisi de faire de mon mieux. Offrir un milieu de vie sécuritaire et enrichissant pour ma fille. Elle avait été choyée comme mes parents avaient fait avec moi. Elle avait voulu apprendre le piano, et je lui avais offert les cours qu’elle désirait. J’avais assisté à tous les récitals. J’avais répondu présent autant de fois que cela avait été nécessaire. Et si c’était à refaire, sans l’ombre d’un doute que je le referais. Parce qu’après tout, j’avais l’impression d’avoir fait de bon choix. Des choix qui rendaient ma fille heureuse. C’était évident qu’après notre divorce à sa mère et moi, il avait fallu faire du chemin. Mais j’avais l’impression que malgré les soucis de santé que j’avais et les amours de ma fille, on s’en tirait plutôt bien. J’avais même opté pour un sourire et du bonheur à l’état liquide. C’était bien simple. Je voulais que nous profitions du temps qui s’étalait devant nous.

Et à mes yeux, un moment du genre, ça pouvait passer par un bon vieux souper. Un souper plein de souvenir. Je m’activais à la cuisine avec un sourire aux lèvres. Mes talents étant profondément limités en cuisine, je m’étais aventuré dans une aventure que je savais sécuritaire. Avec un petit sourire, je me dandinais et j’avais toute les raisons du monde de croire que tout continuerait d’aller de la bonne manière. Pourtant, ma fille qui entra dans la cuisine en trainant les pieds m’aurait inquiété autrement. J’aurais dû me douter de la bombe qui allait exploser sous peu lorsqu’elle s’assit alors qu’attentivement je lisais avec mes lunettes du bout du nez les instructions sur la boîte de pâtes. J’étais concentré parce qu’il vallait mieux que je ne me trompe pas. J’étais assez talentueux pour faire bruler des pâtes. « Je pars à Londres dans deux jours. » Déclara ma fille. Je pensais pourtant que l’on s’en sortait bien depuis un moment. Je savais très bien que ça faisait un peu enfantin. Mais… on s’en sortait bien tous les deux. On avait trouvé un semblant d’équilibre dans notre vie. Ce qu’elle voulait côtoyait ce que j’étais en mesure de lui offrir. Le partage des tâches était clairement établit. Elle cuisinait. Je faisais la vaisselle. Je m’occupais de passer le balai et la vadrouille lors de mes journées de congé. Ça marchait. Ce n’était pas le grand luxe. Mais nous n’avions pas nécessairement besoin de plus que ce que nous avions présentement. Pour moi! Ça allait. Et j’avais de bonne raisons de croire que ça irait aussi pour ma fille non? J’avais après tout fait pour que ma fille se sente libre de venir me parler. Pour que l’on ramène dans notre vie cette complicité durement construite qui n’avait pris qu’une seule fois pour se détruire. En un grand coup. Un grand boum! Notre relation avait implosé. Et la reconstruire prenait du temps. Elle m’en voulait de lui avoir caché que j’étais malade et j’étais objectivement capable de comprendre le pourquoi. Sauf qu’en même temps lorsque ma fille continua de parler : « Je ne voulais pas te parler de mes problèmes, ils sont futiles comparés aux tiens et puis je suis mal à l'aise d'en parler. Pourtant tu as remarqué que quelque chose me préoccupait alors puisque je ne saurais te les cacher, j'admets que j'ai quelques soucis pour le moment... »

Je ne pouvais m’empêcher de m’en vouloir si sa confiance était limitée par le fait que j’étais malade. C’était justement le cas. Quel que soit ce dont elle avait besoin de parler j’étais là. Je pinçais les lèvres en rajoutant délicatement un peu d’huile dans l’eau chaude installé sur le rond de la cuisinière sans oser regarder ma fille. J’étais déçu qu’elle n’ait pas assez confiance. Mes problèmes cardiaques étaient là malgré tout. Et je faisais de mon mieux pour me soigner… enfin, de mon mieux dans les mesures du possible. C’était peut-être trois fois rien… mais c’était déjà un petit quelque chose de bien. J’avais écrasé ma cigarette. Je mangeais santé. J’évitais d’aller sur le terrain les moins bonnes journées. Sauf que… justement. Il n’en restait pas moins que j’étais malade. Irrémédiablement malade. Ma fille continua de justifier son choix avec un sourire : « Je ne voudrais pas tout gâcher: nos retrouvailles, notre complicité qui se reconstruit lentement, les amitiés que j'ai créées ici, ma micro intégration à Tenby. Si je reste dans cet état je ne vais faire que dégrader la situation. Je vais aller vivre un moment chez tata à Londres pour revenir plus apte à recommencer sur de bonnes bases, plus apte à m'excuser... »

Est-ce que c’était comme ça qu’Ellie s’était sentie quand Lawrence avait avouer qu’elle avait intention de venir me rejoindre? Parce que je me sentais profondément anxieux à l’idée de la voir partir. Et si quelque chose de terrible se passait pendant qu’elle n’était pas là? Si… L’idée me terrorisait de ne pas avoir le temps de lui dire au revoir comme il le fallait. C’était peut-être le fait que la porte avec mon père s’était claquée avec vigueur sans que j’aille eu le temps de dire au revoir comme si c’était promis. Je ne parlais pas de mon père avec ma fille. Néanmoins, arrivant à contenir mon anxiété, je sortis les poivrons du sac et je continuais à préparer le repas comme si elle n’avait pas profondément ébranlé mon univers : « Je dois avouer que je ne suis pas nécessaire chaud à l’idée que tu partes, Lawrence. » J’avais le droit d’être inquiet et de ne pas nécessairement accepter facilement qu’elle parte. Ce n’était pas en fuyant ses problèmes que ma fille trouverait une solution à ses problèmes. Prendre de la distance permettait probablement de voir l’image globale. Mais j’étais un cordonnier mal chaussé pour parler du délit de fuite que l’on pouvait prendre devant les obstacles. D’une voix tendue, je dis : « Ce n’est pas parce que je suis malade que je ne veux pas que tu partes… C’est vraiment plus pour ton année scolaire que je m’inquiète, ma chouette. »

Bien rattrapé William. Mettre sur l’école la responsabilité de l’inquiétude que je ressentais. Il restait quoi? Six mois à l’année scolaire et j’avais peur que ma fille n’envoie en l’air son dossier scolaire étudiant. M’attaquant au découpage du peppéroni et des légumes, je continuais : « Tu as intention de partir combien de temps? Est-ce que tu es certaine que ça ne nuira pas à ton dossier étudiant? Est-ce que tu m’appelleras régulièrement? Parce que si ce n’est pas le cas… je ne crois pas que je serais d’accord pour que tu partes. » Et je croyais très sincèrement que j’avais mon mot à dire sur son départ. Je n’accepterais pas qu’elle manque des mois d’école surtout que j’avais beaucoup sacrifié pour qu’elle ait toutes les portes d’ouvertes. Une semaine de vacances s’annonçait à l’origine. Mais je serais heureuse qu’elle ait une autre semaine de plus. On pourrait pratiquement dire que je prenais très bien la nouvelle. M’attaquant à l’oignon, je continuais : « Et je veux que tu saches que… quel que soit l’état dans lequel je suis… Tes problèmes m’inquiètent toujours plus que les miens. Si jamais tu as besoin de parler, je vais répondre présent ma grande. »

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MessageSujet: Re: No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence] Sam 16 Mai - 16:44

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C'était ignoble. Nos débuts avaient été plus que chaotiques. Un bateau de pêcheurs sur une mer agitée, ballotté en permanence entre le sommet des vagues -l'apogée du bonheur puisque nous étions ensemble, une famille enfin ressoudée, une complicité à l'aube du recouvrement- et les creux -colère infondée ou excessive, amertume, mensonges et regrets. Mais ces quelques mois de souffrance avaient menés à une vie paisible, à une relation père/fille simple mais en cours d'évolution, prête à redevenir ce qu'elle avait été à son paroxysme il y a quelques années de cela. Nous nous étions tous les deux mis d'accord pour refouler nos chagrins et les reproches que nous nous faisions, préférant repartir sur de nouvelles bases, assainies. J'étais la première à crier haut et fort qu'il fallait aller de l'avant et que nourrir des regrets ne mènerait à rien. Et j'étais pourtant bien là, en cette matinée ensoleillée et prometteuse, à annoncer que tous ces efforts de ces derniers temps menaient à mon départ. Bien entendu ce n'était pas à longs termes et à mon retour l'amélioration de notre relation serait toujours en état, seulement il resterait, dès lors et à jamais, un doute inévitable: malgré tout, que l'on recouvre notre complicité, que le soleil brille, qu'un sourire illumine nos visages, que l'on chante sous la douche et danse entre le plat et le dessert, que l'on se confie tout, que l'été fasse place à l'hiver, que le repas soit bon, que nos vies de couples soient en harmonie avec nos vies de familles...quoi qu'il arrive donc, une séparation pourrait être imminente. C'est d'autant plus douloureux à admettre que cela a déjà eu lieu. Ma vie suivait son cours au pays des bisounours, je ne remarquai aucun changement, aucun signe indicateur de la fin de notre bonheur à venir, et voilà soudain ma mère qui trompe mon père, lui qui prend la faute sur lui et disparaît de ma vie. Certes la situation est quelque peu différente, nous n'étions pas destinés à nous revoir à l'époque et nous partions brouillés tandis que si je pars aujourd'hui c'est, justement, pour éviter une quelconque querelle. Pourtant le père et la fille que nous avons été de longues années durant n'auraient jamais eu besoin de s’éloigner pour préserver leur complicité. En somme, en cette matinée ensoleillée et prometteuse, je déclare ouvertement que, malgré tout, notre relation n'est plus celle d'antan. Ne le sera sans doute jamais plus.

Cette constatation découle de façon implicite de mes propos mais sans doute le réalisera-t-il plus tard. Ce qui saute aux yeux, plutôt mais que je ne m'attendais pas à sous entendre lorsque je préparais mes propos, c'est la barrière que dresse entre nous sa maladie. Il a un million de soucis alors les miens je les garde pour moi. Cela m'a toujours paru logique, naturel comme comportement, seulement, je réalise à présent que nous avions décidé de faire fi (un maximum du moins) des soucis cardiaques de mon père histoire d'avoir un train de vie semblable à celui de mon enfance, de sa jeunesse. Inconsciemment je ne l'ai pas fait mais quelle égoïste aurais-je été en déblatérant sur mes amourettes tandis qu'il frôlait la mort à chaque effort excessif? De toute façon, les promesses non tenues nous commençons à les collectionner...Afin de me changer les idées pour retrouver le fil de mes idées, et de gagner en contenance je commence à rapper du fromage pour accompagner le repas. En même temps William commence à dire qu'il n’apprécie pas tellement l'idée de me voir partir. Je m'attendais à cette réaction et m'apprête à lui dire que moi aussi je tiens à lui plus qu'à tout au monde et que m'éloigner me fait un mal fou...lorsqu'il termine en expliquant qu'il ne voudrait pas que je mette mon année scolaire en danger. Du tac au tac je me renferme sur moi même et déclare avec désinvolture:" C'est fort aimable de t'en soucier mais mes professeurs sont déjà informés. " Que pourrais-je bien dire de plus? Je l'admets, c'est douloureux de ne pas entendre la petite déclaration d'amour à laquelle je m'attendais. Sans doute suis-je trop vaniteuse et ne devrais-je pas calculer ainsi, comme si les sentiments étaient affaire de stratégie. Pourtant je souffre sincèrement de devoir m'éloigner de lui, bien que je refuse de l'afficher clairement de peur de craquer une énième fois, alors que cette douleur ne soit pas réciproque m'ennuie quelque peu, aussi égoïste que cela puisse être...

Papa s'attaque aux légumes. Le regard dans le vague j'achève ma tache et reviens à moi le temps de ranger le fromage et la rappe. J'entends à peu près qu'il revient sur mon dossier étudiant mais n'ai pas le courage d'entrer dans les détails. En somme j'ai instauré une stratégie ces deux dernières semaines. Je me suis arrangée pour être envoyée chez le proviseur une fois puis ai finit par le pousser à m'envoyer chez la psychologue. De moi même j'y suis retournée trois fois et à force d'insinuation et de jeu d'acteur elle a conclut que mon départ pour Londres me serait des plus profitable. Siana a accepté de reprendre mes cours. En gros mon père n'a en effet aucune raison de s'inquiéter, le rassurer en deux mots serait donc plutôt simple mais la motivation n'y est pas. Je m'apprête à quitter la cuisine, sentant une boule grossir dans ma gorge sous le coup d'une vague d'émotions refoulées revenant au galop avec les propos inattendus de William, lorsqu'il reprend la parole pour m'assurer sur un ton excessivement banal, quasiment neutre, que je pourrai toujours me confier à lui. J'ai bien envie de lui dire que, pour le coup, c'est tout sauf ce dont j'ai envie si c'est pour qu'il me fasse la morale sur mon bilan scolaire, pourtant je dois bien admettre que je suis en faute sur ce sujet là et je me dois donc de revenir sur le fait que sa maladie n'aurait pas dû être un frein à mes confessions.

Je me dois d'être sincère, c'est plus compliqué d'aborder certains sujet à présent. Par le passé tout était plus naturel, étais-ce parce que j'étais plus jeune ou parce que nous n'avions pas encore été confrontés à l'épreuve de l'an passé, je n'en sais rien, quoi qu'il en soit je crains, ces derniers temps, de parler de certaines choses. Je crois aussi que c'est de peur de te décevoir, de te voir partir une fois de plus de... Je détourne vivement le regard et fixe avec intensité un point à l'horizon. Les voilà ces foutues larmes, ces foutues émotions qui me dévorent de l'intérieur, consument ma volonté. Enfin bref, je n'ai pas envie de parler de tout ça maintenant. Je pars, je te téléphonerais une fois arrivée puis pour le reste on verra. Tu n'as toujours pas ma garde de toute façon... conclus-je tel un affront. Pas de garde officielle, de ce fait, hors de question qu'il me retienne ici. Cependant je voudrais partir avec son consentement, partir en bons termes. Mais puisque me confier sincèrement fait venir mes larmes je préfère être froide et espérer qu'il comprendra la raison de cette carapace.
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TA DISPONIBILITE RP : Sans vie sociale, recherche rp libre.
RAGOTS PARTAGÉS : 4206
POINTS : 1229
ARRIVÉE À TENBY : 20/03/2014

Et si on se battait pour le bonheur?
ÂGE DU PERSONNAGE : 41 ans (8 septembre)
CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
PROFESSION : Détective Inspecteur (en arrêt)
REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



Wearing the inside out
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MessageSujet: Re: No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence] Dim 12 Juil - 5:35

J’aurais tellement aimé que de déclarer mon amour paternel à ma fille soit aussi aisé que ce que ça avait été quelques deux ans plutôt. Je l’aimais toujours. Mais devant le dilemme, je n’avais pas le choix : il fallait soit fuir ou combattre. C’était ce que notre instinct nous dictait. Le choix se posait devant nous avec une force que l’on n’arrivait pas nécessairement à expliquer. Combien de fois avais-je choisi la fuite plutôt que le combat? Bien trop de fois. Ça m’avait semblé être la bonne chose à faire. Parfois même, ça m’avait semblé être la seule chose à faire. Pourtant, en voyant ma fille m’imposer sa décision, celle de partir pendant un temps, de s’éloigner de moi, je n’étais pas capable de m’empêcher de sentir mon cœur se serrer : « C'est fort aimable de t'en soucier mais mes professeurs sont déjà informés. »

Trahi, voilà comment je me sentais. Trahi. J’étais le dernier à savoir. Elle avait sans doute planifié depuis un long moment cette fuite qui s’était imposé comme beaucoup des fuites. Quand mon père était décédé, je n’avais pas attendu très longtemps. Trois jours après l’annonce de sa mort, mes valises étaient ouvertes sur le plancher de ma chambre. Entre affronter ma mère en gérant nos multiples divergences d’opinion et fuir, ma décision s’était prise sans l’ombre d’un doute. Fuir. Quelques jours plus tard, juste après l’enterrement, j’avais plié bagage et tourner la page. Mais cet exemple datait d’une bonne vingtaine d’année. On n’était loin du gamin de dix-sept ans presque dix-huit qui s’était fait la malle.

Devant Lawrence, j’avais toujours fait attention pour ne pas lui donner l’impression que de fuir était une option qui valait la peine d’être envisagé comme étant la bonne solution à n’importe quel problème. Je lui avais donné de l’amour pour essayer d’effacer les erreurs de parcours qui naturellement se glissaient dans le portrait : les incartades, les hésitations, les négations… Mais je ne pouvais pas nié que nous ne redevenions pas les mêmes. Et j’avais beau tenté d’affirmer que nous pourrions être heureux et que tout irait bien : le chemin a remonté était long et pénible. Et nous étions sur une montagne russe en pleine chute. « Je me dois d'être sincère, c'est plus compliqué d'aborder certains sujets à présent. Par le passé tout était plus naturel, étais-ce parce que j'étais plus jeune ou parce que nous n'avions pas encore été confrontés à l'épreuve de l'an passé, je n'en sais rien, quoi qu'il en soit je crains, ces derniers temps, de parler de certaines choses. Je crois aussi que c'est de peur de te décevoir, de te voir partir une fois de plus... »

Ses mots me firent l’effet d’une gifle. Je me concentrais sur les légumes dans l’ultime espoir qu’elle ne remarque pas les larmes qui menaçaient de couler. Trop avait changé en deux ans. Elle avait grandi. J’avais vieilli. Mais ce qui avait le plus changé, c’était cette symbiose qui nous avait si longtemps unie qui avait été détruite le jour où j’avais quitté la maison que nous avions partagée, Ellie, Law et moi. Devant le choix qui m’avait été offerts : entre rester et partir, cette fois-là, je n’avais pas hésité. Je ne l’avais pas fait par égoïsme comme le gamin de dix-sept ans. Je l’avais fait avec l’intention d’être altruiste. Casser les pots avec Ellie? J’avais conscience que ça prendrait du temps. Et puis, il y avait mon cœur qui s’imposait dans le calcul. Lawrence, pour une rare fois, n’avait pas été l’élément central d’une décision du père que j’étais dans le sens qu’elle n’avait pas eu son mot à dire. J’avais plié bagage et fait comme si j’avais tourné la page. Mais Dieu que ça m’avait fait mal de lui tourner le dos. De la perdre. Et je réalisais à peine que le lien de confiance entre nous deux était brisé… brisé à un point que je n’étais même pas en mesure de soupçonner : « Je pars, je te téléphonerais une fois arrivée puis pour le reste on verra. Tu n'as toujours pas ma garde de toute façon... »

Avait-elle vraiment osé dire ça? Était-ce un moyen de pression ou une simple revanche pour ce stupide "je t’aime" qui n’avait pas trouvé la force de franchir mes lèvres une fois de plus? Elle n’est encore qu’une enfant, me dis-je pour me rassurer. Elle ne réalise pas la portée de ses mots., tentais-je de me convaincre. Pourtant, je savais très bien qu’à seize ans, elle comprenait. Je ne m’étais pas battue pour elle. J’aurais dû me battre pour avoir sa garde des années plutôt. Mais je ne l’avais pas fait. Parce que j’avais réussi à me convaincre que c’était ce qui était le mieux. Ma voix était enrouée et à demi-brisée lorsque j’articulais enfin : « Je ne peux pas dire que j’aime cette idée. Je comprends ce que tu veux dire… c’est ma faute et ce n’était pas correcte de ma part d’être parti quand les choses se sont corsés… Mais je veux que tu saches ma chérie que je t’aime… »

Même si je ne le disais plus. Même si ça me faisait mal de te laisser partir. J’aurais dû tenter. J’aurais dû être aussi fort que le chevalier qui avait effacé tes cauchemars quand tu étais toute petite. J’aurais dû te forcer à me voir même quand tu étais en colère contre moi. J’aurais dû agir en homme au moment où ma vie entière m’avait donné l’impression de se continuer sans toi. Cette déclaration, à demi-voix, soufflée à peine, je la fis sans détacher mes yeux de la planche à découper et du couteau. J’étais tétanisé à l’idée de remonter mes yeux et d’accrocher mon regard dans le sien. « Du plus profond de mon âme… je t’ai aimé dès la toute première seconde. » mais pourtant, en affirmant cette phrase, mon regard remonta d’instinct pour se fondre dans le sien. L’espace d’un instant, j’avais encore cette image de ma fille, nouveau-née, le visage déformé par l’effort que représentait la naissance qui attrapait de sa minuscule main mes doigts qui paraissait si immense face aux siens. Aimer. Protéger. Chérir. J’avais échoué lamentablement dans ma mission si tel était le but. Oui, je l’avais aimé. Je l’avais chéri. Mais je n’arrivais plus à la protéger. Tellement plus qu’elle préférait me fuir plutôt que de tenter de reconstruire sur les ruines de notre relation. L’éventualité que je la perde pour toujours me tétanisait. C’était peut-être justement ce qui me distinguait de mon ex-femme. Je n’aurais jamais toléré avant qu’elle parte loin de moi. Je ne le tolérerais pas. Elle était l’équilibre dans ma vie et la raison de mes faibles efforts : « Peu n’importe ce que tu vas faire dans ta vie, je suis fier de toi et je le serai toujours. Tu es la plus belle chose que j’ai fait et juste le fait que tu existes est une fierté pour moi. »

Mièvre. Horrible. Ce n’était pas nécessairement moi mais en même temps, c’en était si proche… proche de celui d’avant. Celui qui aimait ouvertement sa fille sans en avoir peur. Ma maladie m’avait changé. Plus que ce que je voulais admettre. Je ne pensais plus à l’amour. Plus à rebâtir ma vie. Tout ce que je voulais… c’était de survivre pour l’instant. En d’autres temps, en d’autres circonstances, je me serais battu plutôt que d’affirmer d’un ton amer : « Si tu crois sincèrement que partir est la seule solution, je vais te laisser faire. Ça ne veut pas dire que ça ne me brise pas le cœur… » Je lui avais si souvent répété que je ne lui mentirais plus que je ne pouvais pas le faire à cet instant précis en déposant dans la poêle chaude les légumes en lui tournant le dos : « mais tu l’as bien dit… » J’eus l’impression de m’arracher le cœur en rajoutant : « C’est encore ta mère qui a ta garde et toujours pas moi… » Et je devrais me prendre un avocat. Mais avec ma condition cardiaque et notre système de justice… j’avais peur de voir la garde de ma fille m’être refusée. Ça arrangeait Ellie, ça m’arrangeait aussi comment fonctionnait la chose… jusqu’à ce que ma fille me rappelle que j’avais cédé tous mes droits décisionnels à sa mère qui lui avait été si longtemps d’une grossière indifférence.

« Fais juste me promettre que tu feras attention ma princesse. Et que tu essayeras de m’appeler au moins une fois de temps en temps. » murmurais-je en guise de confirmation de l’amour que je ressentais pour elle. Qu’elle fasse attention. C’était une jeune femme brillante que ma fille et j’avais confiance en elle, confiance en son jugement quoi que l’on en dise. J’avais beau tenté de répartir de la lumière dans notre vie… nous avions à partir de loin… de bien trop loin. Mais je n’avais pas l’intention d’abandonner. Je n’étais pas le genre d’homme à abandonner. Je me refusais de l’abandonner. Je n’étais pas ma mère. Je ne lui donnerais pas les clés de sa liberté sans appel et sans hésitation. Finissant les préparatifs du diner, je déclarais : « Ça va être prêt dans vingt minutes », comme si de rien n’était.

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Ain't no time for a game
Where no one is to blame. Ain't no time to waste my time. Thank you but I disclaim with no regret and no shame : Never falling in love is not a crime. ©alas.
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No! I won't let you have a puppy... nor a guy under my roof [PV Lawrence]

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