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J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn

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MessageSujet: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Mar 17 Fév - 19:35

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

Voilà une semaine que je suis rentré à Tenby, et je me sens horriblement mal. Oh moins, en Russie personne ne me connaissait, et je n’avais pas besoin de me cacher pour éviter les questions. Mais là, c’est trop difficile pour moi, rester là, enfermé dans la maison de mon enfance… seulement je n’avais plus l’impression que c’était ici ma maison. Depuis que j’ai posé un pied à Tenby, la seule chose qui occupe mes pensées ce sont mes amis… enfin ils l’étaient. Je suppose que maintenant, ils en ont rien à faire de moi et de ma petite personne qui les a lâchement abandonné. Je n’ai donné aucune nouvelle depuis mon départ, parce que je ne voulais pas les mêlés à cette histoire. Pourtant je crevais littéralement de ne plus les voir… je n’avais plus personne à qui parler, à qui me confier. Même de retour dans cette ville, je n’avais pas le droit d’aller les voir… pas même pour tenter de me faire pardonner. J’appartenais à un nouveau monde – que je détestais évidement – mais je n’avais le choix, à vrai dire, je me demande si je l’ai vraiment eu ce choix. On m’a imposé tout ce merdier, cette fille, ce mariage, cette entreprise, ce job.

Il y a deux jours, je suis passé devant notre maison… enfin la leur à présent. Evidement, je n’ai pas osé frapper à la porte ou quoique ce soit d’autre… j’ai vue Malone et Devyn ensemble. Ils semblaient heureux, je ne sais pas s’il se passe un truc entre eux ou si mon imagination me fait endurer des choses encore pire pour m’enfoncer. Ils ont toujours été amis, bien avant moi, d’ailleurs. Mais la voir, les voir heureux me faisait mal. Pourtant, je devrais être content que Devyn ait retrouvé le sourire… mais ce n’était pas grâce à moi. J’ai échoué lamentablement. Ce jour là, j’ai fini ma course dans un bar, ou je me suis bourré la gueule à la vodka. La seule chose positive de la Russie ; on apprend à tenir l’alcool et surtout la vodka.

Je viens tout juste de quitter le bureau de l’entreprise, et je me retrouve devant la maison familiale. Je pénètre dans la grande bâtisse, vide, évidement. Ma mère n’est pratiquement plus là depuis la trahison de mon père… et lui … et bien il est fourré je ne sais ou … peut être même avec ma future femme. Parce que, soyons réaliste, il se la tape encore et n’a aucune moralité envers moi. Je le déteste, autant que je me déteste d’avoir accepté ce chantage… il devrait pourrir en tôle. Je m’avance vers le salon et ouvre le placard, pour y sortir une bouteille de bourbon. Je m’en sers un verre que j’avale d’une traite, puis m’en sert un second. Je me demande encore pourquoi j’essaie de sauver la face de cette famille… je m’écroule dans un des fauteuils et mon regard ce pose sur cette alliance. Plus les jours approchent… plus je me dis que je devrais tout arrêter… fuir cette mascarade. Mais à quoi bon ? C’est trop tard ; je n’ai plus personne.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Mar 17 Fév - 21:21

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
Ce matin aurait dû être comme n’importe lequel ; ils se ressemblaient tous depuis longtemps. Elle s’était réveillée dans les bras de Malone, qui dormait profondément. Heureusement pour elle, il ne fut donc pas difficile de s’extirper de là et de se rendre jusque dans son propre lit. Elle enfila des vêtements d’intérieur, ceux qu’elle réservait pour les jours où elle pensait traîner dans le coin sans sortir. Un petit haut sans manche, qui dévoilait une épaule, et un bas de jogging de sport. Rien d’extraordinaire. En se regardant dans la glace, elle constata que les marques sur ses poignets n’avaient pas disparu. Pas encore. Jamais, en réalité. Elle s’y habituait, de plus en plus. Surtout que cela se voyait moins alors les gens ne demeuraient plus fixés là-dessus. Elle esquissa un sourire léger et s’attacha les cheveux en chignon négligé. Malgré cela, elle demeurait plutôt jolie. Surtout lorsqu’on la voyait dévoiler ses dents blanches et ses lèvres s’étirer doucement. Elle allait mieux, vraiment. Du moins c’est ce qu’elle pensait.

Il n’avait fallu qu’un instant fragile pour que toute sa joie s’envole aussi sauvagement que possible. Sa faute ? Elle avait ouvert le journal du matin, celui de la petite ville de Tenby. On y relatait quelques éléments de société, rien de très intéressant. Sauf qu’elle était tombée sur la photographie d’Alexander Livesey accompagnée d’une grande blonde, présentée comme sa future femme. Le mariage avait lieu dans quelques jours. Devyn n’eut pas le temps d’en lire d’avantage. Elle aurait pu crier et tout détruire autours d’elle, dans sa chambre où elle était montée en toute hâte. Le coeur battant et l’adrénaline aidant, elle se sentait dans un état de crise. Oh, dans son esprit, son univers ne ressemblait plus qu’à un vaste et dégoûtant monde sombre où aucune lumière ne passerait plus. « Quel fils de... » Cracha-t-elle, assise sur son lit, ses ongles s’enfonçant sur ses cuisses. Elle aperçut son reflet dans la glace. La jeune femme tentait de se contenir pour ne pas hurler, pour ne pas réveiller tout le monde. Cependant, dans son élan pervers, son estomac ne fut en rien d’accord. Retourné, il l’obligea à courir jusque dans la salle de bain où elle s’enferma à clef avant de rendre ce qu’il contenant. Comme elle n’avait pas mangé, il n’y avait que de la bile chaude et acide, ce qui lui faisait un mal de chien. Les larmes dues à l’effort et au mépris se manifestèrent. Dès qu’elle le put, elle s’assied sur le sol glacé en carrelage et se recroqueville sur elle-même. La haine. La colère. Le dégoût. Tout ceci se mélangeait inexorablement en elle dans un tourbillon de détresse et de violence. Ce n’est qu’une demie heure après qu’elle put se redresser sur ses jambes flageolantes et qu’elle entrepris sa toilette du matin, notamment un bon brossage de dents. Elle masqua le lieu du crime en nettoyant ce qu’il s’y était passé. Elle ne voulait inquiéter personne ; surtout pas Malone. Il n’avait pas besoin de connaître cette information déroutante. Pas tout de suite.

Elle ressortit des toilettes, blême et fébrile. Pourtant, elle ne décolérait pas. Ainsi, c’est pour cela que Livesey avait décidé de la quitter, en la laissant comme une pauvre merde dans sa dépression ? Il ne méritait aucune compassion. Elle avait envie de lui cracher dessus et de lui exprimer tout son mépris. Un dégoût profond l’envahissait, petit à petit, tandis qu’elle s’habillait plus décemment. Elle enfila un jean et un pull bien chaud, se coiffa d’une meilleure manière en laissant sa chevelure ondulée glisser sur ses épaules. Elle ne prit pas le temps de se maquiller ; elle pensait que c’était inutile, surtout si elle se remettait à vomir et que cela gâcherait encore d’avantage son visage. Dans le silence matinale, elle préféra ne rien dire et insinuer que tout allait bien. Elle partit en cours, mine de rien, malgré la souffrance qui s’immisçait dans ses entrailles.

La fin de la journée fut le moment de la décision, une fois qu’elle sortit de sa salle de classe. Elle regarda sa montre et constata qu’il était l’heure de la fermeture des entreprises. Elle profita toutefois de discuter quelques mots avec ses amis de classe et prétexta à Malone qu’elle ne rentrerait pas tout de suite car elle allait se rendre à la bibliothèque pour une recherche. Une explication fausse, mais qui aurait pu être plausible. Suffisamment pour qu’il ne s’adonne pas à la questionner. Elle l’embrassa sur la joue et s’éclipsa dans sa voiture. Devyn n’eut pas le cran de la démarrer tout de suite. Elle tapota sur le volant, dans des rythmes incohérents. Plus elle se toisait dans le rétroviseur et plus elle sentait que cela la démangeait profondément de le laisser s’en tirer à si bon compte. Il avait blessé Malone, Grace et Sohel. Elle aussi. Même la pauvre Aislynn avait déserté la petite ville après son départ. Tant de dommages causées et il revenait comme une fleur avec une – presque – femme.

Marié. Cela lui tordit les boyaux encore une fois et la nausée la gagna. Elle se retint en déglutissant le plus possible et en tentant de respirer calmement. Cela fonctionna, tant bien que mal. Le moteur se mit en marche et, n’écoutant que sa colère, elle roula jusqu’à la demeure familiale des Livesey, là où ce terrait l’hypocrite de service. Elle se gara dans l’allée, à deux maisons de là, et prit un peu de temps pour se décider. Est-ce qu’il ne valait pas mieux le laisser tranquille dans sa nouvelle vile ? Le revoir ne risquait pas de rendre Devyn encore plus fragile qu’elle ne l’était en ce moment ? Elle hésita puis décréta qu’il n’était pas question qu’il soit dans sa bulle de rêves. Pas après ce qu’il leur avait infligé. Elle sortit de son véhicule, claquant la porte avec une rage nouvelle, et s’avança de manière déterminée jusqu’à la porte d’entrée. Elle frappa violemment contre celle-ci, espérant bien qu’elle puisse se faire entendre. Et puis, l’un dans l’autre, cela la défoulait véritablement. Elle s’imaginait qu’il s’agissait de la gueule d’ange qu’elle avait tant aimée et qu’elle détestait, finalement.

Lorsque la porte s’ouvrit, elle le vit apparaître devant elle. Il était pareil que dans ses souvenirs : grand et fort, désirable et méprisable à la fois. Des sentiments contradictoires s’emparèrent de la jeune femme, mais elle ne se laissa pas attendrir par le bleu de ses yeux. Il paraissait étonné de la revoir et il y avait de quoi. « Un mariage, hein ? » Lui dit-elle, froidement, avec une colère fortement prononcée dans la voix. Elle sentait le vent hivernal la secouer, laissant un frisson la parcourir. Pourtant, malgré les températures extérieures, elle brûlait de l’intérieur. Une sensation désagréable, mais humaine. Il l’avait trahie. Il l’avait abandonnée au moment où elle en avait le plus besoin. Pareil pour Malone ; Il n’avait pas son meilleur ami, son frère, pour l’aider à rester debout après sa rupture avec Cheyenne. Encore moins pour l’aider à se préparer de l’arrivée de sa fille. Il s’était retrouvé seul. Et ça, Devyn ne pouvait le lui pardonner. Pas tant qu’elle serait dans cet état de violence extrême.

Et puis, sans réfléchir, en perdant tout le contrôle qu’il lui restait, la brune aux yeux marrons lança sa main droite sur le visage d’Alexander et on entendit la fameuse claque, celle qu’elle n’avait jamais pu lui mettre. Ca avait été instinctif, presque animal. Elle aurait même pu lui cracher dessus, mais elle ne le fit pas. Sa poitrine se soulevait et se redressait rapidement, signe de son sentiment de colère. Les larmes aux yeux, le souffle coupé, elle avait envie de lui arracher les yeux. A la place, elle le regarda d’une façon dont elle n’avait jamais regardé qui que ce soit : le mépris le plus profond. « Connard ! » Cracha-t-elle à son visage. Elle enfourna alors dans sa poche, à une vitesse folle, sa main valide, celle qui ne l’avait pas frappé. Elle sortit un petit bracelet dont personne ne connaissait la signification, si ce n’était le grand brun. Elle lui jeta à la figure cette gourmette qu’il lui avait offerte alors qu’elle était hospitalisée. « Tiens. Offre-le à ta Russe ! » Dit-elle avec tout le venin dont elle était capable. Il tomba au sol, évidemment, mais elle ne le suivit pas des yeux. Elle était trop hargneuse, tandis qu’elle regardait les yeux de Livesey. Finalement, sans un mot ajouté ni aucun besoin d’explication, elle tourna les talons en toute hâte en direction de sa voiture dans une accélération de ses pas. Elle ne voulait plus jamais entendre parler de lui, ni le revoir. Le message était clair.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Mer 18 Fév - 21:41

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

Je suis là, vêtue de mon costard cravate – et dire qu’a une époque, il aurait fallut me payer pour que je porte ce genre de chose… là je le faisais sans rechigner. A peine avait pénétrer dans la maison, que j’avais desserré cette maudit cravate, mais même en l’enlevant, je savais que je restais prisonnier, la corde au cou, comme on dit. J’avais dû mal à me reconnaitre, comment en si peu de temps, j’avais pu changer à ce point ? Ou était passer le mec vantard, grande gueule qui faisait ce qu’il voulait quand bon lui semble ? Il est bien loin, même mort peut être. Mes parents avaient lâchement profité de ce que je traversais à cette époque, la tentative de suicide de Devyn, ma rupture avec Aislynn, ou mon accident de voiture… J’aurais été en pleine possession de mes facultés mentales, jamais je n’aurais accepté un tel deal. Seulement c’était trop tard, personne ne pourrait me sortir de là. Les seules personnes qui comptaient pour moi, m’avaient certainement oublié.

J’avais rejoins le salon, un verre de bourbon à la main… comme la plupart des soirs. Seul l’alcool arrivait à me faire oublier dans quel merdier je m’étais foutu. J’étais devenu ce genre de chef d’entreprise que l’on voit dans les séries américaines, qui avait de l’argent mais pas le bonheur. Plongé dans mes souvenirs, ceux où j’étais bien évidement heureux… comme ce fameux jour où nous avions emménagé à la colloc’ ; dans ces moments là, même Sacha me manquait. J’esquissais un sourire lorsque je me remémorais l’asiatique étalé dans le coca tout ça par ma faute. J’avalais une gorgée de mon verre, quand j’entendis quelques tambourinées à la porte. Je me levais, intrigué, me demandant qui cela pouvait-il être. Ma main se posa sur la poignée, et lorsque j’ouvris la porte ; je restais sous le choc. Devyn se tenait là, devant moi… en colère, mais je la comprenais. Au début, je me demandais, comment elle avait su que j’étais revenu… mais sa phrase me percuta. Evidement, le mariage ! L’annonce dans le journal, et toute la pub autour de celui-ci ; je m’en serais bien passé. Je n’arrivais même pas à la regarder dans les yeux, surtout après le mal que je lui ai fais. Je n’étais qu’un boulet pour elle, celui qui l’a faisait souffrir… et même loin d’elle, j’avais réussi à la blesser encore une fois. Je baissais à nouveau le regard vers le sol, quand je sentis sa main touché violement ma joue. Il faut croire que je le méritais, je n’avais pas le droit de rétorquer quoi que ce soit ; elle avait tous les droits. Ma main se leva pour venir se coller contre ma joue qui me brûlait. J’en avais presque les larmes aux yeux ; pas pour la douleur, non… pour le mal que je lui ai fais. Je n’avais encore prononcé aucun mot, à vrai dire, ma bouche était sèche, une boule s’était loger au fond de ma gorge. Elle l’insulta comme elle ne l’avait jamais fait auparavant… même quand il l’avait trompé. Jamais il ne pourra se faire pardonner… c’était trop tard. Elle glissa sa main dans sa poche, et je suivais son mouvement des yeux. Je reconnue immédiatement ma gourmette, celle que je lui avais donné ce soir là, promettant de veiller sur elle. Devyn l’avait gardé, étrangement un espoir mince, très mince, naquit en moi… peut être qu’elle tenait toujours à moi. La gourmette s’écrasa sur le sol, je me baissais pour la ramasser tandis que Devyn prenait la fuite. Je n’avais que deux option : la laisser filer et la laisser en dehors de ce merdier… ou tenter de la rattraper. Un sanglot dans la voix, je ne pouvais pas la laisser partir comme ça, pas sans avoir prononcé un seul mot : « Devyn, ne part pas s’il te plait. » J’avais envie de la supplier, de courir vers elle. Mon corps refusait de bouger, je perdais totalement pied ; j’étais coincé. Je ne sentais même pas le froid me piquer la peau, ni les larmes roulées sur mes joues. La seule chose que je sentais, c’était mon cœur se briser en milles morceaux. « Ce n’est pas MA RUSSE, mais celle de mon père… » Lâchais-je.  

Sous le poids des remord, je me retrouvais à genoux sur le carrelage froid et humide. « Devyn, s’il te plait… tu es ma seule chance… » Je m’arrêtais. Je n’avais pas le droit de la mêler à ça, non je devais la protéger de cet enfer dans lequel j’étais prisonnier.  

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Mer 18 Fév - 22:15

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
La rage était un sentiment puissant et dévastateur. Jamais Devyn ne l’avait ressenti aussi fortement. Cette animosité qu’elle se découvrait ne lui ressemblait pas. A dire vrai, elle ne se reconnaissait plus tellement, depuis plusieurs mois. La fille d’avant n’aurait jamais osé débarquer comme ça, ni insulter Alexander. Alors lui coller une gifle monumentale et perdre son sang-froid... C’était impensable pour la jeune femme de dix-neuf ans qu’elle fut. Désormais, c’était différent. Elle grandissait dans sa souffrance et pouvait se transformer en une autre femme. Celle qui avait fait son apparition peu après qu’elle ait fêté ses vingt printemps. La mort, la trahison, l’espoir déchu, la déception, l’amertume... C’était devenu son quotidien. Alors sa carapace s’était brisé, puis reconstruite dans une matière plus solide. Impossible à percer, cette fois-ci. Du moins, c’est ce qu’elle s’imaginait. Coucher avec Malone, sortir en boîte de nuit, rencontrer des hommes, embrasser une fille, se laisser à aller, boire, se vider la tête, tout oublier... Ce n’était pas ce à quoi elle aurait pu aspirer. Si on lui avait raconté la façon dont elle se comporterait, plus tard ! Sans doute qu’elle se serait mise en boule, bien qu’elle serait demeurée silencieuse. Aujourd’hui, elle ne pouvait plus se taire. Elle avait tant accumulé qu’elle avait ce besoin vital d’exploser, de crier au monde entier qu’elle avait mal, qu’elle haïssait celui qu’elle avait tant aimé autrefois et que Sacha et Leo lui manquaient terriblement. Elle hurlait à sa façon, en s’autodétruisant. Cependant, personne ne semblait le comprendre ni l’apercevoir. On la laissait sombrer dans sa folie naissante, découvrant alors cette partie sombre d’elle-même. Celle qui était pire encore que la tentative de suicide. C’était plus vicieux, plus dangereux. Elle envoyait tout en l’air ; Devyn ne voulait plus jamais ressentir l’amour. Elle avait perdu ses rêves, ses espoirs, par la faute de naviguer d’océans troubles en océans troubles et de se heurter à la violente et amère déception qu’était la vie.

C’est sans doute pour cela qu’elle avait osé commettre cet acte de violence physique à l’encontre du grand brun qui fut autrefois son petit-ami. Elle en avait gros sur le coeur. Ca faisait un mal de chien ! Le gendre de souffrance qui vous laisse des marques à vie. Il l’avait balafrée dans le plus profond de ses entrailles ; personne n’avait osé lui faire tant de mal. Le plus pénible pour elle, c’est qu’elle ne semblait pas cicatriser. La plaie restait béante, ouverte et même infectée. Ca la relançait violemment et cela lui fichait des nausées impensables. Lorsqu’elle avait tourné les talons pour le laisser derrière elle à tout jamais, la sensation désagréable de vomir ses tripes lui reprenait. Elle sentit les larmes perler sur ses joues froides, tandis que le vent glacé lui piquait les yeux et la peau. Sa colère la maintenant vivante, incapable d’être anesthésiée. Pourtant, qu’est-ce qu’elle aurait aimé que cette saleté de vent froid serve à quelque chose ! A la place, elle n’était plus que douleurs et incompréhension.

Alors pourquoi, bon sang, est-ce qu’elle s’était arrêtée lorsqu’elle entendit sa voix ? Son corps entier refusait d’obtempéré malgré toute la volonté de son esprit et de son palpitant meurtri par le poids de sa tristesse. Comment pouvait-il lui infliger ça, une nouvelle fois ? Il avait fait un choix. Il l’avait trompée. Quittée. Abandonnée. Elle l’aimait. Elle avait été malheureuse durant des semaines, cachant ses sanglots nocturnes à ses colocataires, priant pour que personne ne lui pose de questions, espérant qu’il reviendrait lui demander pardon. Mais non. Il avait été lâche et fourbe. Il s’était enfui comme le pire des enfoirés sur Terre en la laissant seule. Où était-il passé, tout ce temps ? Etait-il présent lorsqu’elle en avait besoin ? Pas le moins du monde. Il n’en avait rien à foutre d’elle ou des autres. Devyn serra les poings et crispa sa mâchoire, au point que ses dents lui firent mal à cause de la force émise. Elle essaya de trouver la force en elle de le laisser comme ça, agenouillé sur le carrelage, dehors, la tête baissée comme un chien battu.

Devyn fut prise de remords, lorsqu’elle tourna la tête. Il méritait de souffrir autant. Il lui avait infligé tellement de douleurs... Il pouvait bien mériter de crever, après tout. Sauf que contrairement à lui, la jeune brune aux yeux marrons ne pouvait se résoudre à le sentir aussi malheureux. Elle avait une conscience et une âme. Sa colère ne se dissipait pas pour autant. Cependant, elle avait assez de bonté humaine, pour le peu qu’il lui restait, et cela la força à se retourner pour faire face au cadavre qu’elle avait devant elle. Elle resta tout de même à bien cinq mètres de distance. « Arrête. » Lui dit-elle, d’une voix froide et pourtant dans laquelle on percevait les sanglots étouffés par sa volonté de ne pas paraître détruite à cause de lui. C’était faux, évidemment. Il l’avait brisée et jamais elle ne réussirait à recoller tous les morceaux. « Elle va devenir ta femme, putain ! » Cria-t-elle plus fort qu’elle ne le souhaitait. Ses poumons paraissaient comprimés sous l’effet de la douleur. Elle le toisa avec mépris et colère. Elle ne comprenait pas. Il avait l’air si triste ; pourtant, il avait choisi cette vie. Elle serra les poings si fort que ses ongles rentrèrent dans sa peau ; elle sentait encore ses mains, malgré le sang qui se retirait à cause du froid. « Tu disais que tu serais toujours là pour moi, que tu m’aimais et que tu ne me ferais jamais de mal ! Et maintenant, tu vas épouser cette... » Elle se retint de l’insulter. Cette pauvre femme n’y était pour rien, soyons lucide. Oh bien sûr, Devyn la méprisait tout autant que Livesey désormais. Cependant, dans le fond, elle ne pouvait pas la plaindre d’être tombée dans les bras de cet égoïste. Elle-même avait succombé, autrefois. Qu’on ne lui reprenne plus ! « Tu as fait tes choix. Tu es parti. Tu nous as abandonnés. Tu nous as menti. » Lâcha-t-elle avec hargne. Comment pouvait-elle le respecter, lui qui lui avait arraché le coeur et l’avait balancé aux ordures comme s’il s’agissait d’une pauvre chaussette sale et infecte ? C’était le sentiment de la jeune femme. Il l’avait salie. Et ça, c’était la pire sensation du monde. Elle lui avait tant donné... Et il avait tout sacrifié. Qu’est-ce qui pouvait expliquer un tel comportement ? « J’te déteste ! » Manqua-t-elle d’hurler. Mais les sanglots l’en empêchèrent. A la place, elle sentit les larmes se transformer en un torrent. Elle desserra les poings et les enfourna dans la poche de son manteau gris, visiblement dévastée. Est-ce qu’elle le pensait vraiment ? Aucune idée. Tout n’était que contradiction en elle. D’ailleurs, elle ne pouvait se résoudre à le laisser dans un tel état. Sa respiration saccadée finit par se calmer, le temps de reprendre son souffle et d’essayer d’analyser la situation. Elle ne décolérait pas ; c’était impossible. La blessure était trop fraîche pour le moment.

Elle s’approcha de lui, finalement, de peut-être un ou deux mètres. Juste de quoi garder de la distance. Elle comprenait, au fond d’elle-même, qu’il n’allait pas bien du tout. Que quelque chose clochait. Et à entendre ce qu’il lui avait crié, une minute auparavant, elle se doutait bien que ce n’était pas anodin, que c’était forcément lié à son « mariage ». Elle le regarda alors, toujours en colère. « Dans quel merdier tu t’es encore foutu, Livesey ? » Elle ne parlait plus en tant que la fille aimante ou la potentielle petite-amie. Mais pour l’amitié qu’ils avaient partagé, pour les bons souvenirs qu’ils avaient eu ensemble malgré les événements merdiques et souvent désastreux, elle tenta de faire ce petit effort ; celui d’obtenir des explications. D’essayer de lui tendre le bout des doigts. Elle n’était pas folle, elle n’allait pas lui offrir plus qu’il ne le méritait. Déjà qu’elle en donnait sûrement trop, malgré tout. Elle se mordit la lèvre inférieure et essuya ses larmes du revers de sa manche, avant de replonger sa main gelée dans sa poche. Elle avait eu le cran de venir le voir, de le frapper. Elle pouvait bien tenter de l’affronter, maintenant.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Ven 20 Fév - 22:12

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

Je me sentais seul, horriblement seul. Comment avais-je pu en arrivé là ? Moi qui ne supportais pas la solitude avant. C’était d’ailleurs pour cela que j’avais tant voulu rejoindre cette collocation entre amis ; ne jamais être seul. Et là, malgré moi, je me retrouvais dans la maison familiale éloigné de tous, alors qu’ils ne sont qu’à quelques mètres d’ici. Je me maudissais d’avoir choisi de rentrer chez moi ce soir là, j’aurais dû rester avec Devyn… ou au moins rentrer avec Malone. Mais la culpabilité me rongeait, je savais que si elle avait commis cet acte s’était à cause de moi… et rien que moi. Lorsque j’ai accepté de sauver la « peau » de mon père, je me disais que c’étais une bonne idée, que comme ça ; Devyn referait sa vie. Seulement, je me mentais à moi-même ; parce qu’au final, je ne voulais pas qu’elle refasse sa vie avec un autre. Je voulais que ce soit moi, je voulais lui prouver que j’étais capable de l’aimer et surtout de lui prouver que nous étions fait pour être ensemble. Seulement, j’ai jeté ma dernière chance à la poubelle, en acceptant de me marier avec cette Russe.

Je ne m’attendais pas à la voir débarquer, pas ici, pas comme ça. Et même si je savais que cet instant allait être douloureux ; la voir me réconfortait. Elle ne m’avait pas oublié… et si elle avait fait ce chemin pour me demander des explications, c’est bien qu’elle tenait encore à moi. Elle me faisait face, et je pouvais lire dans son regard toute sa colère, sa haine contre moi. Si j’avais eu le droit, je l’aurais prise dans mes bras pour la réconforter… lui dire que tout cela n’était qu’un cauchemar, et que nous allions nous réveiller à cette époque où tout allait bien pour nous. Mon Dieu que j’aimerais retourner à ce jour-là où elle m’a embrassé dans cette salle de bain… Seulement sa gifle me ramena à la réalité. Non, elle ne m’aimera plus jamais, quoi que je dise, quoi que je fasse. De toute façon, à quoi bon espérer quelque chose d’impossible ? J’allais me marier dans une dizaine de jours, et devoir passer le restant de ma vie à la tête d’une entreprise dont je ne voulais pas et aux cotés d’une blonde qui couchait avec mon père.

A bout, je ne pus me retenir, il fallait que je lui parle ! Je ne pouvais pas la laisser partir, non parce que je savais qu’elle ne reviendrait pas… jamais. Je relevais le regard, pour la voir s’arrêter. Elle me tournait toujours le dos, alors je prononçais les mots que je regrettais déjà. Pourquoi étais-je si égoïste, et pourquoi ne l’avais-je pas laissé partir pour ne pas la mêler à ça ? Lorsqu’elle se retourna, elle me lança un regard glacial. Oui, elle allait devenir ma femme, et pourtant elle ne l’était pas… pas pour moi. Puis les fameux mots arrivèrent, ceux que j’avais prononcés, et ceux que je pensais encore à l’heure actuelle. Elle avait raison sur toute la ligne, et malheureusement j’étais incapable de lui dire le contraire. Alors c’est juste un « je sais » qui sortis de ma bouche. Les larmes continuaient de rouler sur mon visage, et je m’en fichais pas mal. Je n’avais pas à faire bonne figure devant elle, ce n’était pas un futur collaborateur ou client. Non, elle était celle que j’aimais et qui me connaissait mieux que quiconque. Je relevais les yeux vers elle, alors qu’elle s’approchait de moi. Sa question était évidement la bonne, mais avais-je le droit de la mêler à tout ça ? « Devyn, je n’ai pas le droit de te mêler à ça. » Je ravalais ma salive difficilement. « Mais crois-moi, s’il te plaît… cette fois-ci, ce n’est pas moi qui décide ». Je me décidais à me relever, ne pouvant pas rester les genoux au sol… lamentable. Je posais mon regard sur la gourmette que je tenais entre mes doigts. « Je ne l’aime pas, et ne l’aimerais jamais. Mais je n’ai pas le choix, je suis obligé de l’épouser. » J’avais besoin qu’elle me croit quand je disais que je ne l’aimais pas.

Je me redressais, me rattrapant au mur pour éviter de tomber. Revoir Devyn m’avait perturbé, et j’étais sous le choc. J’aimerais pouvoir lui prouver que je suis de bonne fois, que je ne lui mentais pas… et que la dernière fois, à l’hôpital, je pensais réellement ce que je disais.


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Dernière édition par Alexander Livesey le Dim 22 Fév - 12:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Ven 20 Fév - 22:50

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
Pourquoi la jeune femme avait-elle décidé de le retrouver, de se rendre jusqu’à la propriété familiale dans laquelle il avait grandi, pour obtenir des explications qu’elle jugerait sans doute inutiles, futiles ou incomplètes ? Elle l’ignorait. C’était cette douleur dans sa poitrine, celle qui la déchirait d’un bout à l’autre, qui fut le moteur de sa raison, la directrice de son esprit embrouillé. Devyn ne comprenait pas son comportement, pas plus que celui du jeune homme qui se dressait devant elle, dans son costume de marque. Il avait l’air d’un patron d’entreprise, bien que visiblement trop jeune pour mener à bien une telle mission. Il ne paraissait pas étudier, en tous cas. Ou alors, il n’était peut-être que de passage dans la ville de Tenby, finalement, et repartirait entreprendre ses travaux herculéens – parce qu’il fallait qu’ils soient au moins à ce niveau pour justifier son départ précipité – dans un des pays étrangers sélectionnés par la famille Livesey. Elle n’était pourtant pas prête à le laisser s’envoler à nouveau sans qu’il n’ait daigné donner une once de réponse à la jeune femme. Elle désirait plus que tout au monde qu’il s’explique enfin pour qu’elle puisse comprendre et finalement cicatriser. Son silence la pesait, rendant la blessure d’autant plus compliquée à gérer au quotidien. Elle ne souhaitait plus qu’il ait autant d’emprise sur sa vie comme il en avait encore. Il ne méritait pas de continuer à en faire partie, selon elle. Autrefois, elle se serait damnée pour qu’il l’aime comme il le prétendait, de la même façon qu’un prince charmant – celui qu’il aurait pu être avec elle. A la place, il avait choisi de la trahir. Avec Aislynn. D’ailleurs, elle était partie s’enfuir à Paris avec son amie, dont elle ne se souvenait plus du prénom. A croire qu’elle aussi, elle en avait pas mal bavé avec le grand brun. Un véritable bourreau des coeurs, cet Alexander !

Elle croisa les bras, tandis qu’elle tendait l’oreille afin de l’écouter dans sa complainte explicative. Par instant, elle fronça les sourcils. Elle soupira lorsqu’il lui dit ne pas désirer qu’elle se retrouve là au milieu. Il ajouta qu’il ne maîtrisait pas cette décision, alors qu’elle allait forcément engendrer un tas de répercutions sur sa vie personnelle. Cela fit que Devyn se frotta les tempes, nerveusement, d’une main. « Tu m’as mêlée à tout ça le jour où tu es parti comme un voleur et que tu m’as laissée seule à Tenby, sans explication. » Décrocha-t-elle en guise de première réponse, avant de poser ses mains dans ses poches et de le regarder, presque tristement. Parce que oui, le voir pleurer lui faisait fichtrement mal au coeur. D’ailleurs, cela l’insupportait d’être aussi malheureuse pour un homme qui lui avait provoqué tant de souffrances. « Ca a l’air d’être un sacré foutoire. » Admit-elle cependant, en baissant les yeux quelques secondes. Puis elle les redressa lorsqu’il lui avoua ne pas l’aimer pour autant. Ceci parut aussi irréaliste que possible. Néanmoins, avec lui et ce qu’elle avait déjà vécu, plus rien ne pouvait la surprendre réellement. Il se redressa alors, finalement. Pourtant, il ne lui parut pas aussi grand que dans ses souvenirs. Sans doute parce qu’elle ne l’admirait plus autant qu’autrefois. « Je me demande quand même ce qui peut bien de te pousser à épouser une femme que tu n’aimes pas. » Finit-elle par poser, à voix haute.

Cependant, elle ne lui laissa pas le loisir de lui répondre pour le moment. A la place, elle leva la main contre lui pour lui dire qu’elle désapprouverait qu’il tente de se justifier dans l’immédiat. Elle la reposa dans la poche de son manteau gris, au final, et elle haussa les épaules. Ses yeux croisèrent celui de Livesey, sans que cela ne lui fasse atrocement mal. Parce qu’elle n’allait pas le laisser s’en tirer de la sorte. Pas tout de suite. Il devait comprendre tout ce qu’il avait loupé et qu’elle n’était pas la seule personne lésée dans son absence. « Au fait, Malone et Grace ont eu une petite fille. Mila. Et ils ont décidé de l’élever, séparément. Parce que Grace va se marier avec Demian. Quant à Sohel, il a une fille, Agathe, qu’il élève seule parce que la mère a préféré se tirer et la lui confier. » Lança-t-elle avec un sourire narquois et un air détaché. Dans le fond, elle souffrait véritablement. Elle repensait à la fois où elle avait fini de mettre les dernières affaires – oubliées – du jeune homme dans des cartons. C’est elle qui avait vidé la chambre de ce dernier et qui lui avait tout renvoyé par la poste, sans émettre le moindre petit mot. Il pouvait penser qu’il s’agissait d’une attention de la part d’une tierce personne de la colocation. Mais non. C’était bel et bien elle qui avait pleuré de rage en voyant les photographies d’un autre temps. D’une époque révolue. Elle leva les yeux au ciel devant sa sensibilité. Pourquoi essayer de trouver des excuses à Alexander ? Parce que, dans le fond, elle espérait qu’il ait une raison valable d’avoir agi comme le dernier des crétins. Elle voulait qu’il ait souffert pour que sa propre douleur lui semble justifiée. « Je ne devrais même pas être là. Ils ne savent pas encore que tu es dans les parages. D’ailleurs, merci d’avoir prévenu de ton retour ! Il fallut que je découvre ton mariage dans la presse ce matin pour réaliser que tu étais revenu à Tenby. » Lui lança-t-elle, avec une rancœur palpable dans sa voix. Non, elle n’était pas idiote au point de lui pardonner. Son manque de tact et de maturité, sur ce coup-ci, prouvait qu’il n’avait pas tellement changé. Il continuait à avoir peur de sa petite réputation envers les autres ; il n’assumait pas ses actes. Pourtant, cela lui aurait semblé la moindre des choses que d’au moins leur écrire, leur donner une brève explication. Un SMS, un courriel, une lettre... Ca ne coûtait pas si cher et cela aurait pu tant apaiser la colère de la jeune femme à son égard ! Son silence fut la pire des tortures à ses yeux. Elle bouillait encore plus en s’imaginait la vie tranquille qu’il avait pu mener de son côté. Toutefois, elle reconnut qu’il avait l’air suffisamment mal pour que son début d’histoire, en parlant de sa future épouse, lui semble cohérant. Alors, elle prit une inspiration légère, suffisamment pour que l’air froid qui entrait dans ses poumons eut un effet calmant, limite anesthésiant. Après le temps des reproches, c’était le moment de dévoiler ce qu’il se tramait. Et il avait intérêt d’être convainquant ! « Alors maintenant, tu as deux options. Soit tu m’expliques ton comportement et ton problème de mariage forcé, parce que ça y ressemble quand même selon ce que tu m’as dit, soit on en reste là pour cette entrevue et tu retournes à ta petite vie et moi à la mienne. T’as le choix. » Dit-elle sur un ton neutre, cette fois-ci. Elle se sentait fatiguée, d’une certaine façon. Elle avait toujours l’impression de devoir se battre intensément pour obtenir la vérité ou ne serait-ce qu’une petite touche de bonheur. A chaque fois, la sensation que tout volait en éclats lui revenait en pleine tête. Elle regrettait son innocence d’avant cette colocation. Elle maudissait ce chauffard qui avait percuté Sacha, provoquant également le signal d’alarme pour sa grossesse interrompue par le choc produit. Elle s’en voulait aussi d’être tombée dans les bras d’un garçon volage comme Alexander, qui l’avait déçue, limite dégoûtée de l’amour à un moment donné. Elle avait l’impression qu’il avait joué avec elle, depuis le départ. Elle se sentait salie par cette relation fichue à la poubelle comme de rien, par le grand brun. Ca lui donnait la nausée que de constater qu’il n’avait pas eu de considération pour elle et son soi-disant « amour » à son égard. Comment un homme amoureux pouvait-il décider de s’enfuir sans prévenir et de revenir, après plusieurs semaines d’absence, sans un mot, mais fiancé à une autre ?

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Dim 22 Fév - 12:00

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

Parfois on se demande que serait sa vie, si on avait fait un tout autre choix ; cette question, je me la posais tous les jours. Chaque matin en me réveillant, je me détestais d’avoir fait ce choix… Je me disais que j’aurais pu changer les choses, que j’aurais dû faire demi-tour quand il était encore temps. Malheureusement, il était trop tard, j’avais honte de moi, de mes actes et surtout de ce que pensaient mes amis de moi. Je n’étais qu’un lâche… celui qui préfère se cacher plutôt que d’affronter l’opinion de ceux qui compte le plus pour moi. J’ai dépassé le stade où je voulais rendre mes parents fièrent, ma famille. Aujourd’hui, j’aimerais qu’on me laisse une seconde chance de me racheter… mais après tout, est-ce que ma seconde chance, ne l’ai-je déjà t’elle pas gâché ?

Devyn était en colère face à moi, je pouvais lire toute la haine qu’elle ressentait lorsqu’elle me regardait. Pire, je la dégoutais… c’était sûrement ce que je méritais. Je l’avais blessé tant de fois, que je ne méritais même pas sa présence ici. Elle venait chercher des réponses que je n’osais pas lui donner. Pourquoi ? Parce que je ne voulais pas être plus pathétique que je ne l’étais déjà. Alexander Livesey, celui qui n’a même pas eu le courage de tenir tête à ces parents. Pourtant le jour où j’ai appris que mon père n’était pas mon vrai géniteur, j’aurais déjà dû réagir… j’aurais dû ouvrir les yeux sur la vrai personnalité de mes parents. Nous étions l’une des familles les plus influente de Tenby, et à quel prix ? Celui du mensonge… évidement. Ma vie aurait été certainement différente, si j’étais né dans une autre famille ; mais jusqu'à mes 18 ans, ma vie me convenait.

Je finis par me redresser, je devais faire face à Devyn, faire face à ce choix qui avait été le mien. J’étais tellement vulnérable à cet instant ; je l’étais toujours face à elle. Je m’adossais au mur, je n’avais rien de l’homme d’affaire de ce matin, encore de ses quatre derniers. Mais Devyn n’en n’avait pas terminé avec moi, elle avait décidé de vider son sac… et je n’avais pas le droit de l’arrêter. Après tout, j’étais le coupable… j’ai pris la fuite. Elle m’annonça la naissance de la fille de Malone et Grace, puis le mariage de cette dernière avec Damian… eux au moins ils s’aimaient pensais-je… puis que Sohel avait la garde de sa fille… je me souviens encore de ce jour où il m’en avait parlé dans le salon, qu’il m’avait montré sa photo. Oui, j’ai raté tous ses bons moments avec eux ; et je payerai cher pour pouvoir retourner en arrière, mais le mal est fait. « J’aurais voulu être là… sincèrement. » lâchais-je tellement bas que je n’étais pas certain qu’elle l’entende. En fait, je me parlais plus à moi-même qu’a elle. Puis elle me remit cette histoire de mariage sur le tapis ; je suppliais intérieurement qu’elle arrête de me rappeler que ce jour approchait à grand pas. Le froid mêlé au vent était difficilement supportable, pourtant j’avais l’impression de ne pas le sentir ; non j’étais là sans vraiment y être. Ces derniers mois, je n’étais que l’ombre de moi-même, je faisais acte de présence.

Lorsque Devyn me donna le choix de tout lui expliquer, ma première réaction fut de la laisser partir… mais j’en étais incapable. Tout cela parce que je ne pouvais pas la laisser sortir de ma vie, parce que j’avais besoin d’elle, et qu’elle était la seule femme qui n'a jamais autant compté à mes yeux. J’aurais dû me battre pour elle… Devant mon silence, elle eu un effet de recule… non je ne pouvais pas la laisser partir. « Entre » ajoutais-je pour l’arrêter. « Je vais tout t’expliquer. » Je poussais la porte d’entrée, et pénétra dans la maison. En y repensant, Devyn n’a jamais mis les pieds ici, pas même lorsque nous étions que des lycéens et que je faisais des tas de fêtes ici. Je fis un pas à l’intérieur, puis me retourna pour voir si elle me suivait. J’aurais aimé lui tendre la main, mais un rejet de sa part aurait été un coup de poignard de plus. Elle semblait hésitante, puis finalement entra. Je refermai la porte derrière nous, et l’invita à entrer dans le salon. Mon verre et la bouteille de Bourbon traînait toujours sur la table basse ; je me retournais vers elle, pour lui proposer une boisson : « tu veux prendre quelque chose ? » J’attendis sa réponse, puis m’exécuta. Je repris ma place initiale sur ce fauteuil en cuir et l’invita à s’assoir. Ma main glissa dans mes cheveux, puis attrapa le verre d’alcool et avala son contenu. J’en avais besoin… parce que je savais qu’après ça, les choses changeront… en bien ou en mal. Devyn décidera de ne plus jamais m’adresser la parole, ou me comprendra. « Ce soir là, quand je suis rentré de l’hôpital… » Mon regard se posa sur ses poignets essayant de trouver une trace de ce qu’il s’était passé ce jour là, mais elle les cachait soigneusement sous ses manches. « Mes parents m’attendaient ici, dans ce salon. Un billet d’avion posé sur la table, mon passeport avec. Au début, je pensais qu’il voulait m’éloigner de toi, de nos amis parce que je n’étais pas le fils prodige qu’il l’espérait puisque je n’étais pas réellement le sien… et qu'il ne voulait pas que ça s'ébruite » Je marquais une pause, relevant mon regard dans celui de Devyn. « Je me suis trompé ; en fait, je devais sauver la peau de mon père pour ne pas qu’il finisse en tôle et qu’il m’entraine moi, ma mère et Venezia dans sa chute ! » Je me servis à nouveau un verre de Bourbon, mon troisième en l’espace d’une demi-heure. Le reste allait être difficile à avouer, je cherchais une once de réaction chez Devyn, quelque chose qui m’aiderait à avouer le reste.


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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Dim 22 Fév - 14:36

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
Les dés du destin étaient désormais lancés entre Devyn et Alexander. La vie leur avait prouvé, à plusieurs reprises, que s’aiment était un chemin long, sinueux et particulièrement difficile dans leur cas. Elle n’avait pas remarqué tout de suite l’admiration du jeune homme, qui préférait les relations sans lendemain au romantisme dont elle s’enivrait en lisant des histoires à l’eau de rose, en cachette le soir dans son lit. Comment aurait-elle pu le déceler, d’ailleurs, alors qu’elle était elle-même éprise d’une autre personne – du moins elle le pensait ? Et quand enfin ce fut le cas, les problèmes s’enchainèrent d’une façon violente et surréaliste. Finalement, elle avait perdu l’espoir de cette belle époque où elle s’imaginait se marier et avoir des enfants avec lui. Pire, désormais elle n’avait plus la moindre confiance en ce garçon, sur le plan sentimental. Elle ne parvenait pas à lui pardonner sa trahison et son départ précipité. Pas un mot, pas une lettre, rien du tout. Elle avait juste surpris sa chambre vide et le silence pesant dans la maison de la colocation, à son retour de l’hôpital. Elle avait cru sombrer dans la démence. Heureusement que Sohel, Grace et Malone furent présents pour elle, pour l’aider à se relever après une rupture aussi violente. Le sol s’était dérobé sous ses pieds, littéralement. Encore aujourd’hui, elle ressentait cette tristesse démesurée qui l’envahissait. Comment avait-il pu balancer leur histoire d’amour aux oubliettes, de cette façon aussi lâche ? Elle pensait qu’il était digne d’un héro courageux et fort. La brune aux yeux marrons avait déchantée en découvrant qu’il n’en était rien. Alexander Livesey n’était pas un prince charmant. Il n’était qu’un homme faible parmi les autres. C’est peut-être pour ça qu’elle avait fini par se tourner vers Malone, lui qui paraissait avoir les épaules suffisamment solides pour supporter le chagrin tout en restant présent pour une fille qu’il avait mise enceinte. Lorsque Devyn y songeait, elle n’osait pas imaginer la réaction de Livesey si elle avait été dans la même situation que Grace. La réponse aurait sans doute été simple : il se serait enfui comme il l’avait fait, après être venue la voir à l’hôpital. Alors, dans son esprit, elle ne se voyait pas retomber dans le panneau de ce pseudo-prince qui avait trahi deux jeunes femmes en moins d’un mois et qui s’apprêtait à épouser une troisième dans le dos de ses « amis » pour lesquels il n’avait, visiblement, aucun respect. D’ailleurs, cela la faisait rager qu’il n’ait pas donné le moindre signe de vie durant tout ce temps.

Cette fois-ci, elle ne lui permit pas de s’en aller comme auparavant. Elle l’avait mis au pied du mur et elle tiendrait bon. Cette décision était sans appel, sans négociation. Il venait de prétendre qu’il aurait voulu être présent pour les derniers événements, toutefois elle ne parvenait pas à le croire. Et s’il décidait de se taire, elle saurait qu’il n’était qu’un hypocrite. Parce qu’il fallait qu’il se rend compte qu’elle était son seul Joker possible, la seule qui accepterait de l’écouter de long en large. S’il ne le faisait pas pour lui-même, il pourrait au moins essayer pour Malone, par exemple, ou toute autre personne à laquelle il était supposé tenir encore un peu. Voyant qu’il ne daigna pas répondre tout de suite, le coeur de Devyn se serra. Il allait la laisser partir, c’est ça ? Un soupire s’échappa de ses lèvres, laissant la fumée apparaître devant elle à cause du froid hivernal. Tout était terminé. Elle se résolut alors à partir et recula d’un pas. Un mouvement qui eut un effet suffisamment fort sur Alexander qui se décida enfin à la retenir. Il lui avoua qu’il allait tout lui expliquer, qu’elle n’aurait qu’à entrer dans la maison. En analysant la température extérieure, elle se dit que c’était une bonne idée de se réchauffer à l’intérieur. Pourtant, elle hésita un petit instant. Elle n’avait jamais pénétré dans les lieux. Il passa la porte et, prise d’un élan de courage malgré ses réticences, la jeune femme vint à le suivre et emboîta le pas jusque dans le salon où trainaient une bouteille et un verre. Visiblement, il avait ses petites habitudes d’homme fiancé. Un sourire narquois parut sur les lèvres de la demoiselle, cependant elle se garda bien d’émettre un quelconque commentaire pour le moment. Il se retourna vers elle et elle garda un visage fermé, tandis qu’il lui proposait de prendre quelque chose. Sans se démonter, elle le regarda droit dans les yeux. « Un whisky. » Lâcha-t-elle. Etrange pour Devyn qui, d’ordinaire, ne buvait pas ou presque pas. Elle préférait réviser toute la nuit plutôt que de sortir en boîte. Néanmoins, c’était avant tout ça. Avant qu’il ne s’en aille et qu’il l’abandonne définitivement. Désormais, bien des événements marquèrent un tournant dans sa vie et elle avait fait le choix de se laisser border par la mélancolie, de ne plus lutter pour garder la face. D’ailleurs, c’est comme ça qu’elle en était venue à tomber dans les bras de Malone ; elle s’était totalement abandonnée à lui. A ce jeu enfantin dont elle ne parvenait plus à se passer depuis un temps.

Alexander revint avec l’alcool et versa le contenu dans un verre pour la jeune femme, avant de boire le sien d’un trait. Elle le toisa un instant, perplexe, puis elle se contenta de l’imiter. Le liquide lui brûla la gorge, littéralement. Elle manqua de toussoter. Par chance, elle réussit à se retenir ; Depuis qu’elle traînait avec d’autres personnes et fréquentait les bars, elle avait pris l’habitude de ce goût fort. Et puis, dans l’immédiat, elle avait bien besoin de ça au minimum pour garder la tête sur les épaules. Il démarra alors son histoire par le fameux soir de son départ, celui où il était venu la rejoindre dans sa chambre blanche. A ce souvenir, elle tressaillit. Les émotions la regagnaient. Comment avait-il pu la laisser dans cet état, choisir de partir à cet instant-là, au moment où elle aurait besoin de lui plus que tout au monde ? Elle serra la mâchoire, préférant ne pas l’interrompre. Elle voulait comprendre et peut-être même essayer de lui trouver une excuse valable qui justifierait son attitude. Il se lança alors dans un début de récit ; Devyn l’écouta attentivement tout le long sans jamais piper mot ou effectuer le moindre mouvement, de peur qu’il décide de s’arrêter. C’est finalement ce qu’il fit. Cela eut le don de mettre les nerfs en pelote de la jeune femme. Il n’allait quand même pas croire que ça suffirait comme explication, si ? Ou peut-être qu’il attendait qu’elle réagisse pour dévoiler la suite. Elle était suspendue à ses lèvres. Elle cligna des yeux et se resservi un autre verre, comme il venait de le faire pour lui-même. Elle but la boisson alcoolisée, mais en la dégustant cette fois-ci. Plongeant ses yeux marrons dans ceux azures du jeune homme, elle voulait qu’il comprenne qu’elle n’était pas satisfaite totalement. Il fallait qu’il daigne en dévoiler plus s’il comptait regagner un jour son respect. « Et quel est le rapport entre la prison et ton mariage avec cette adorable jeune femme ? » Demanda-t-elle sur un ton plus froid qu’elle ne l’aurait souhaité, avec une once d’amertume ironique dans la voix. Elle ne pouvait pas s’en empêcher, à cause de la colère qui continuait de la brûler à l’intérieur, tel un feu ardent que rien ne semblait étouffer. Cela avait au moins le mérite de ne pas lui permettre de retomber dans ses bras. Pourtant, une partie infime d’elle en mourrait d’envie ; se blottir contre lui et se réveiller, il y a plusieurs mois en arrière, le matin avant qu’il ne la trahisse. Peut-être que tout aurait été différent s’il n’avait pas joué au con immature. Cependant, elle ne pouvait admettre qu’une seule chose : c’était trop tard. Le mal était fait.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Dim 22 Fév - 21:57

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

C’était trop tard pour reculer comme on dit, j’avais autorisé Devyn à entrer dans cette maison – qui demeurait la mienne pour le moment – pour lui donner ma version de la vérité. Celle du journal semblait tellement parfaite, le jeune héritier des Livesey tombe amoureux de la fille du plus gros collaborateur de l’entreprise et se marie dans la foulée ! Non, mais sérieusement ? Qui pourrait croire un tel ramassis de mensonge ? Quiconque me connaissant un minimum savait que j’étais réticent au mariage, et que j’aimais trop ma liberté pour me marier à cet âge ! J’en étais même déçu de savoir que Devyn l’avait cru si facilement ; elle a été la seule que j’ai vraiment aimer – même si avec Aislynn j’avais des sentiments très fort – elle a toujours été celle qui me faisait perdre la raison. Je n’ai jamais, au grand jamais, parlé de mariage avec elle, ou d’un autre engagement.

Je la laissais entrer dans la maison familiale, puis l’invita à se diriger vers le salon. Je lui proposais quelque chose à boire, je ne pouvais pas non plus la traiter comme un banal invité ; elle était bien plus que ça pour moi… et malgré tout ce qu’il s’était passé, je voulais toujours prendre soin d’elle. Elle me demanda un Whisky, ce qui m’étonna sur le coup… mais je ne pouvais que constater qu’elle allait mal, malgré le fait qu’elle le cache. Je m’exécute en versant le liquide ambré dans un verre, et lui tendit. Je reposais la bouteille sur la table… au cas où. Je pris place sur le fauteuil, tandis qu’elle prenait place en face de lui. Mon Dieu que c’était difficile de la sentir si distante… j’inspirais une bouffée d’air, avant de commencer mon récit. L’alcool m’aidait à garder le contrôle sur ce tremblement qui prenait possession de mes mains, ses derniers temps. Je me sentais toujours affaibli, rabaisser, et j’avais perdu toute confiance en moi… avec cette histoire ; et face à Devyn c’était encore pire. Je manquais de m’étouffer quand elle me demanda le lien avec cette adorable jeune femme ? Adorable ? Comment pouvait-on la trouver adorable ? C’était une garce manipulatrice, tout comme son père… une Russe avide d’argent comme la plupart de ces blondes refaites. « Elle n’a rien d’une jeune femme adorable. » Je tentais de reprendre une respiration normale, et avala une seconde gorgée pour faire passé l’irritation. « Cette … » j’aurais voulu utiliser un terme peu flatteur pour la nommé, mais je me contentais de son prénom… tout aussi dégelasse à mon avis. « Olga est la fille de l’associer russe de mon père ; elle n’a que 17 ans. Et monsieur Voliakov a surpris mon cher père en pleine action avec elle dans son bureau. Quoi de mieux qu’un acte sexuel sur un mineur pour s’attirer des problèmes, n’est ce pas ? » J’avais envie de vomir rien que de raconter cette histoire à Devyn… Elle ne voyait certainement pas en quoi ça me regardait… sûrement parce qu’elle n’a jamais mit les pieds dans des affaires comme celle de mon père. « Monsieur Voliakov s’est servit de ses relations pour faire chanter mon père ; et bien évidement il s’est renseigné sur ma famille. Mon père a donc accepté ce pacte… celui qui me voulait marier à sa fille pour qu’elle obtienne la nationalité anglaise, et surtout des parts dans l’entreprise. » Je l’entends déjà me dire, pourquoi je n’ai pas refusé ? Est-ce qu’il est vraiment possible de négocier avec les Russes… j’en doute fort. « Il a menacé ma mère, Venezia… vous. Je n’avais pas le droit de dire un mot de tout cet accord. Sinon il allait ruiner ma famille, je n’ai pas le choix Devyn… » Les larmes refaisaient leur apparitions ; pourtant j’avais un poids en moins sur la poitrine… j’avais besoin d’en parler… de le dire à quelqu’un. « Le pire dans tout ça… c’est juste que j’ai l’impression d’être le seul à souffrir de la situation ; tout le monde trouve ça normal que je me sacrifie pour eux, pour leur réputation et leur compte en banque ! Mon père continue de sauter Olga dès qu’il le peut, et ma mère fait comme si elle ne voyait rien…» Peut être que mon histoire était débile, que mon sacrifice l’était aussi, que j’avais fait tout ça pour rien et que mes amis ne le comprendront jamais.


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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Dim 22 Fév - 22:44

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
Elle avait toujours eu l’impression de pouvoir changer le monde, les gens qui l’entouraient. Pourtant, la vie lui avait prouvé à maintes reprises que la jeune femme n’était pas de taille. Cela avait commencé avec son propre père biologique qui, visiblement, n’en avait rien à faire qu’elle aille bien ou mal. Vouloir se rapprocher de lui n’était pas une option envisageable pour le paternel de Devyn, tant et si bien qu’il lui a demandé de sortir de sa vie. Elle s’était raccrochée à l’idée qu’il la rappellerait, qu’il regretterait ses paroles et qu’elle pourrait enfin entamer une vraie relation père / fille. Foutaise ! Elle avait attendu des jours entiers à côté du téléphone « juste au cas où ». Mais rien du tout. Jamais il ne sonna. Elle dut se rendre à l’évidence qu’il ne ferait pas partie de sa vie, pour une raison obscure. Sans doute avait-il refait sa vie. Finalement, elle s’était imaginée qu’elle parviendrait à modifier le côté « coureur de jupons » d’Alexander Livesey et qu’il n’aurait d’yeux que pour elle. Qu’il l’aimerait sincèrement et que, tôt ou tard, elle deviendrait sa femme. Une fois de plus, la vérité fut difficile à avaler. Quand il l’avait trompée, la brune aux yeux marrons avait cru que le monde s’effondrait autours d’elle. Ce fut le coup de poignard dans le coeur qu’elle ne put supporter, au point de cesser de se battre pour respirer. Pour vivre. Et là, il avait choisi cet instant pour mettre les voiles et disparaître de son champ de vision. Comment ne pas lui en vouloir ? C’était impossible, évidemment. Peu importe la raison ; il aurait pu au moins lui adresser un mot. Mais non. Il s’était contenté de rester le parfait lâche silencieux, du jour de son départ jusqu’au jour de son grand retour, appris dans la presse. Alors elle espérait sincèrement qu’il ait une raison valable pour lui expliquer son attitude. Sinon, autant dire qu’elle tournerait les talons sans le moindre remord – puisque lui n’en avait pas eu à la laisser tomber.

Elle se resservit alors un troisième verre, qu’elle ne toucha pas tout de suite pour autant. A la place, elle le garda entre ses mains et se pencha pour écouter le récit du jeune garçon. Il lui dévoila une révélation à réveiller un mort dans sa tombe. Bordel de Dieu ! Ca, c’était véritablement un choc pour Devyn qui n’en croyait pas ses oreilles. Elle écarquilla les yeux et fut peinée pour lui. Elle aurait eu tendance à vouloir le prendre dans ses bras, lui dire que tout irait bien. Elle n’en fit rien. Parce qu’elle savait que ce serait lui pardonner, lui donner le moyen de s’extirper du mal qu’il lui avait fait. Et ça, elle ne pouvait pas. Pas encore. « C’est vraiment hallucinant comme foutoire. » Lâcha-t-elle avant de laisser un sourire apparaître sur ses lèvres, celui que l’on réserve quand on est amère. Parce que c’était le cas. Elle s’enfonça alors dans le fauteuil, le regard vide et attristé. Devyn posa alors son regard sur le jeune homme et elle haussa les épaules, puis laissa s’échapper un soupire. « Ceci dit, cela ne m’étonne pas vraiment. Avec tous les drames qu’on a vécus ces temps... Je crois que j’ai fini par m’habituer au fait qu’on souffre tous, les uns après les autres. » Dit-elle en baissant les yeux en direction de la table basse, sur laquelle trônait encore les deux bouteilles qui se vidaient, petit à petit. Elle repensait à tous les événements marquants de la vie de ses amis et la sienne. Des révélations, des trahisons, des liens de parents, la mort à plusieurs reprises : Le petit groupe ne fut pas épargné ! Cela lui serra le palpitant et elle déglutit péniblement. Finalement, elle redressa son regard dans celui d’Alexander. Elle voulait l’aider, trouver une solution. Mais rien ne vint. Rien de concret. « Quoiqu’il en soit, il ne peut pas tous vous faire chanter parce que ton père a une relation avec sa fille mineure. D’autant que si elle est consentante... Même si c’est illégal, au pire il irait en prison. Mais ça s’arrête là. Et encore, il faudrait que ce Russe ait des preuves tangibles de ce qu’il avance. Alors à moins qu’elle porte plainte, preuve à l’appui, ça ne tiendrait pas debout. Et une fois qu’elle aurait eu dix-huit ans, son vieux aurait été impuissant. Bref, c’est vraiment con que ton paternel n’ait pas su retenir ses pulsions sexuelles et que ce soit à toi de rattraper le coup. Surtout qu’à quelques mois près, elle aurait été majeure, ta future femme. » Conclua-t-elle. A la fin, elle n’osa pas lui faire remarquer que les « pulsions » n’étaient décidément pas une exception dans la famille Livesey. D’abord sa mère qui finalement était tombée enceinte d’un autre homme, à savoir le père de Malone, et Alexander lui-même qui n’avait pas su se retenir entre Aislynn et Devyn. Maintenant, même le père de ce dernier suivait le mouvement. Elle aurait bien proposé une thérapie familiale, mais elle se dit que ceci aurait été de mauvais goût. Surtout que la situation était des plus désagréable.

« Il faut croire que tu as vraiment le don de te foutre dans la merde même quand tu ne fais rien de spécial. T’as vraiment un radar à emmerdes, je crois. » Dit-elle quand même, essayant par-là de le faire sourire un peu. Ou du moins qu’il réagisse. Parce qu’elle ne pouvait oublier son accident de voiture, dans lequel il aurait pu perdre la vie. Heureusement, il était encore là. Devyn avait cru mourir de peur, ce jour-là. Finalement, c’est Sacha qui décédera du même genre de drame. Elle ne put s’empêcher d’y repenser et cela lui figea le visage, qui devint stoïque. Plus aucune émotion ne paraissait sur son visage. Elle n’était plus qu’un robot, un fantôme sordide qui ressurgissait du passé. Cela lui arrivait encore, parfois. Mais Malone la rendait plus vivante ; elle se sentait enfin aimée. Elle n’avait plus peur de sourire et d’aimer une autre personne. Pourtant, son coeur saignait encore et elle en avait parfaitement conscience. « Cependant, t’aurais quand même pu m’écrire une lettre ou même m’envoyer un SMS. » Lâcha-t-elle sans réfléchir. Elle s’en voulut aussitôt d’avoir osé prononcer ses quelques mots qui dévoilaient alors qu’elle avait espéré jusqu’au bout. Elle l’empêcha alors de prendre la parole et enchaîna. « Laisse tomber. Je n’ai rien dit. C’est sans doute mieux comme ça. » Dit-elle en regardant sur le côté, n’ayant pas envie d’admirer son regard azure qui, autrefois, lui aurait fait perdre la raison. Elle expira assez fortement et décida de boire une gorgée de whisky, histoire de brûler sa gorge et d’anesthésier son palpitant. Elle reporta alors son attention sur le jeune homme, perplexe. Il était vraiment dans un merdier pas possible. « Et du coup, tu vas vraiment l’épouser sans broncher ? » Lui demanda-t-elle, tandis qu’elle réfléchissait. Une fois de plus, il n’avait pas la force de se battre contre son entourage pour ce qu’il souhaitait. Il baissait les bras et espérait que cela passe. Pourtant, la vie ne lui avait-elle pas prouvé plus d’une fois qu’il fallait cesser de s’apitoyer sur son sort et grandir un peu en se sortant les pouces de l’arrière-train ? Etait-il resté le même adolescent si vite dépassé par les événements qui s’acharnaient sur lui ? Parce qu’elle, elle avait fait le choix de changer, d’essayer d’avancer. Elle faisait probablement des erreurs, mais au moins elle ne restait pas là à attendre que le train passe. Elle avait compris qu’il fallait continuer, quoiqu’il arrive. Sinon, c’était la Grande Faucheuse qui nous ricanait au visage. On mourrait tous un jour. Autant vivre une vie qui valait la peine d’être vécue ! Alors, un mariage arrangé, vraiment ? Elle ne pouvait pas l’envisager. Mais peut-être que lui s’y était résolu. Qu’il avait abandonné l’idée d’être heureux. Après tout, il avait bien renoncé à elle sans raison. Plus rien ne pouvait étonner la jeune femme.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Lun 23 Fév - 22:57

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

J’avais espérer ce moment, et à la fois, je l’avais redouté. Je savais que Devyn m’en voulais et qu’elle ne me pardonnerait jamais cette fuite sans avoir laissé un seul mot. J’aurais pu leur faire passer un mot, envoyé un message, mais il était trop tard quand l’idée m’est venue à l’esprit. J’étais dans cet avion, en direction de la Russie. Aujourd’hui j’avais une chance de m’expliquer et je devais la saisir. Même si Devyn décidait que ma version de l’histoire ne méritait pas ce que je leur ai fait subir, au moins, j’avais essayé…

Face à elle, je tentais de cacher mon angoisse, mon stress, en avalant du bourbon. Alors que je lui parlais de ce qu’il m’est arrivé, je marquais une légère pause puis continua. Cette fois-ci, aucune pause, je lui racontais tout, bon, sans vraiment accentuer les détails. Je ne voulais pas lui dire qu’on m’avait trainé dans des endroits plus louches les uns que les autres. Monsieur Voliakov possède même un hôtel de passe… Je me demandais où mon père avait pu dégoter un tel associer ; enfin pas tellement au final. Vraiment ? Trouver son associer dans un bar à pute ? Mon père m’écœurait de plus en plus ; d’ailleurs, il ne l’était même pas… mon père. J’avais ouvert les yeux sur mon paternel avec cette histoire, et si je l’avais su plutôt, j’avais j’aurais signé ce fichu papier. Je relevais le regard sur Devyn qui enchainait les verres de whisky à la même vitesse que moi ; et cela commençait sérieusement à m’inquiéter. Mais est ce que j’avais le droit de dire quelque chose ? Il me semble que j’ai perdu ce droit, le jour de mon départ. Devyn prit la parole, en ajoutant que nous étions – en quelques sortes- habitué aux drames. « Je ne sais pas quand cela va s’arrêter… » J’avalais une gorgée de bourbon, et suit le geste de la jolie brune. Elle se redresse sur le fauteuil, et plonge son regard dans le mien… ce qui eu un effet étrange sur moi. Un frisson me parcourra l’échine, je dû prendre sur moi pour me reprendre. Elle pensait que cette affaire pouvait se résoudre facilement, et que mon père n’allait qu’à aller en prison pour régler le problème. « Si il n’y avait que la prison… Monsieur Voliakow possède des parts dans l’entreprise, et mon père n’a pas … que sauter sa fille. Le Russe possède des hôtels de passe et apparemment c’est le loisir préféré de mon père. Y’a des vidéos… Si la réputation de mon père est ruinée, on perd tout. » Je regardais Devyn, elle devait penser que notre famille était bonne à foutre à l’asile… et surtout que nous avions un vrai problème avec notre sexualité. Après tout, j’étais l’exemple même… je l’ai moi-même trompé… en fait non, j’ai trompé Aislynn avec Devyn, et inversement. Je suis qu’un salop irrécupérable, je finirais surement comme mon père.

Puis elle lâcha une réplique qui me laissa un peu sur le cul ; mais elle n’avait pas tord. J’esquisse un léger sourire, suivit d’un rictus. « Ouais, je devrais rentrer dans un monastère. » Mais ce petit moment de détente fut de courte durée ; sa seconde phrase me mit mal à l’aise. Je me mordais la lèvre inférieure en signe de gène. « C’est pas faute d’avoir essayé. J’en ai commencé des dizaines de lettres… mais je n’ai jamais pu les finir. Je me disais que vous étiez certainement mieux sans moi. Tu as tous les droits de me faire des reproches, encore une fois j’ai merdé sur toute la ligne. Comme tu le dis, je suis un aimant à emmerde.» Je passe ma main dans ma nuque, et releva le regard lorsqu’elle me demanda si je comptais vraiment l’épouser sans broncher. « Je sais ce que tu vas me dire, j’abandonne avant d’avoir essayé de me sortir de là ? » J’avale le contenu de mon verre ; est ce que je dois lui dire ce que je pense vraiment ? Car non, je n’ai pas envie de baisser les bras, mais j’ai juste l’impression de me battre seul. « J’y pense depuis des mois, j’ai cherché une solution pour me sortir de là sans faire effondre le château de carte… la seule que j’ai trouvé repose sur ma mère et elle veut rien entendre ! » Je maudissais ma mère pour l’image qu’elle ne voulait pas perdre, et encore moins pour pardonner les extra de mon père. « Toi qui fait du droit… si ma mère divorce, mon père peut bien épouser cette gamine, non ? » Je priais pour qu’elle me réponde que oui. Enfin, tant que ma mère refusait le divorce, j’étais toujours coincé.


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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Mer 25 Fév - 21:14

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
Devyn commençait d’apercevoir une partie du problème qui semblait ronger Alexander, à l’heure actuelle. Effectivement, la partie immergée de l’iceberg était digne d’une mauvaise série sur les hauts et les bas d’une famille puissante, comme la télévision se plaisant tant à diffuser. Elle n’avait d’ailleurs jamais trop adhéré à ce genre d’émissions, bien qu’elle trouvait ça plus intéressant et réaliste que cette prétendue « téléréalité ». Toutefois, là n’était pas le sujet en cours. Non, la réalité la rappelait durement comme bien souvent. Quand est-ce qu’ils allaient tous arrêter de souffrir, d’une façon ou d’une autre ? Devyn en avait véritablement marre de galérer au quotidien. Et elle était persuadée que son calvaire ne cesserait pas. Elle sentait toute la peur qui envahissait Alexander tandis qu’il parlait de ce qu’encourait son père. La prostitution... évidemment. Cette famille avait un véritable don pour se mettre dans des histoires impossibles à résoudre et dont la seule issue était la déception, la trahison et l’amertume. D’ailleurs, la brune aux yeux marrons ne put s’empêcher d’émettre un profond soupire et de se masser nerveusement les tempes, fermant à moitié les paupières. Pour le coup, ils risquaient effectivement de tout perdre. Du moins une grande partie. Ne serait-ce que leur réputation ! Devyn grimaça et se pencha en avant pour attraper son verre de whisky, dont elle but une gorgée. Elle prit une lampée plus importante qu’elle ne l’aurait dû, manquant presque de terminer le liquide d’une traite. Il fallait qu’elle se calme, qu’elle l’aide. Pourtant, elle ne parvenait pas à empêcher cette petite voix au fond d’elle-même qui se moquait de sa naïveté. Pourquoi Diable devrait-elle lui venir en aide ? Peut-être parce qu’avant qu’ils sortent ensemble, ils avaient partagé de bons moments. Ils avaient été amis. Elle ne pouvait pas l’abandonner à son triste sort. Bien que, finalement, elle ne put s’empêcher de lui faire remarquer qu’il n’avait pas été un exemple en amitié. Il l’avoua, prétendant avoir débuté des dizaines de lettres qui furent inachevées. Il prétexta qu’ils étaient sans doute mieux sans lui. Elle fut blessée qu’il pense ses paroles. Parce qu’elle avait souffert. Enormément. Alors, elle planta ses iris dans les siens. « Ouais. T’as merdé. Encore. » Dit-elle avec une profonde sensation d’amertume dans la gorge. Elle n’avait pas à mâcher ses mots ni à être tendre. Il ne l’avait pas été. Il n’avait pas hésité à trahir ses promesses d’infini et d’amour éternel. Que des foutaises ! Il lui avait ment sur toute la ligne et il l’avait abandonnée. Elle ne digérait décidément pas ce qu’il s’était passé entre eux. Et elle estimait avoir le droit d’être en colère, même de manière excessive si besoin. Il ne s’était pas gêné, lui, de réagir comme un gamin immature. Il avait même décidé de la tromper, avec Aislynn. Lui qui se prétendait fidèle et amoureux, qu’elle était la femme de sa vie. Aujourd’hui, elle se souvenait de ses belles paroles et elle se trouvait littéralement idiote. Dans le fond, cela lui faisait un mal de chien. Alexander continua alors à discuter du cas familial et il s’approcha de Devyn pour qu’elle tente de lui donner des conseils juridiques. Elle réfléchit quelques instants et haussa les épaules. « Je suppose que oui. Si tu as eu une dérogation pour l’épouser alors qu’elle est mineure, je crois que rien n’est impossible. Si ton père veut attendre qu’elle ait dix-huit ans pour la marier, il le pourra. Parce que je doute que le Russe accepte de faire une dérogation pour ton paternel. Mais visiblement, le cas échéant, ton père risque de devoir la demander en mariage une fois qu’il sera en prison. » Dit-elle péniblement. Si Monsieur Livesey acceptait d’avoir une réputation salie, il allait en plus devoir être jugé et il perdrait tout. Pour une midinette mineure, ce qui en plus était illégale si elle portait plainte. Encore qu’à l’heure actuelle, il pouvait s’agir de son père puisqu’il était son autorité légale. Décidément, c’était plutôt compliqué. D’autant que Madame Livesey ne semblait pas obtempérée dans ce cens-là, ce qui mettait Alexander dans une situation délicate et inconfortable. Elle le regarda, attristée pour lui. Pour cette famille qui risquait de voler en éclats si le grand brun se réveillait brutalement. Elle soupira, doucement cette fois-ci. « Techniquement, ton père peut aussi demander le divorce, tu sais, si ta mère ne veut vraiment pas. Seulement, c’est une procédure qui risque de mettre du temps si un de deux parties s’opposent à cette demande. Et puis je pense que ta mère voudra des parts de l’entreprise et négocier un montant, l’avoir de certains meubles, et ainsi de suite. Donc ce ne sera pas pour demain. » Avoua-t-elle à contrecœur. Il allait vraiment devoir l’épouser, cette Russe sortie de nul part ? Tout ça parce que son vieux avait merdé sur toute la ligne. Pour une fois qu’il n’y était pour rien, il fallait qu’il trinque ! Elle empoigna fermement son verre, visiblement colérique. Elle avala le contenu d’une traite, le terminant, avant de le reposer sur la table basse. Elle passa sa main dans ses cheveux, de façon nerveuse. Puis elle regarda les yeux azures du jeune homme et eut un sourire narquois. « Franchement... Je crois que tu devrais vraiment arrêter de foutre ta vie en l’air pour eux. S’ils tenaient tellement à toi, ils ne t’auraient pas demandé de te sacrifier et ils auraient assumer leurs conneries. Réfléchis bien à ça, Livesey. Parce que tu risques de perdre bien plus que la fortune, au bout du compte. » Elle voulait le secouer, qu’il réalise ce qu’il allait devoir subir tout le restant de son existence s’il s’engageait dans un mariage forcé. Elle allait être sa femme et jamais il ne pourrait se débarrasser d’elle, sinon l’épée de Damoclès qui était au-dessus de lui allait s’abattre sur sa tête ou celle de son paternel. C’était injuste. Il n’avait pas à endosser une telle responsabilité. Quand on fait des bêtises, on les assume. On nous apprend cela dès l’enfance, après tout. Pourquoi est-ce que cela ne s’appliquerait pas également aux adultes ? Mais alors qu’elle attendait qu’il réagisse, elle sentit son téléphone portable vibrer dans sa poche. Un message venait de débouler, au milieu de tout ce cirque. Elle prit le temps de l’ouvrir et de le lire, ce qui lui arracha un léger sourire, puis elle le referma et le rangea à la place où il devait. Elle sentit son coeur se serrer en croisant les yeux d’Alexander. Elle déglutit péniblement. « Je ferais mieux d’y aller, je crois. » Dit-elle tristement. Dans le fond, elle souffrait de le laisser derrière elle. Néanmoins, elle ne parvenait pas à oublier. C’était plus fort qu’elle. Sa peine était trop grande, trop vive. Elle pouvait être là, comme amie. Pour le reste, elle n’avait guère le choix que de mettre des distances vitales. D’autant que, maintenant, elle avait une vie et qu’elle voyait plus ou moins d’autres personnes. Et ça, il ne le savait probablement pas. Elle se mordit la lèvre inférieure et baissa le regard, presque honteusement. Pourtant, elle ne faisait rien de mal.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Jeu 26 Fév - 21:13

J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander
Devyn & Alexander

J’avais vraiment envie de me sortir de cette galère dans laquelle je m’étais fourré ; mais j’ai l’impression que seul… je n’y arriverais jamais. J’avais besoin d’aide, mais j’étais incapable de le demander. Simplement parce que j’avais honte de moi, de ma famille et que tout le monde pense que je suis un minable, le larbin de son père. Certes, j’aurais pu m’être fin à cette mascarade depuis longtemps en prenant la fuite dans un pays étranger et refaire ma vie de façon anonyme. Mais je savais que c’était impossible ; et la raison était là, devant moi. Tout me rattachait à cette ville, j’ai toujours vécu ici, j’ai grandi ici… je voulais finir ma vie ici. Mais là, tout semblait compromis ; surtout si je décidais de ne pas me marier. J’espérais que Devyn m’aide, pourtant je n’avais pas le droit de lui demander une telle faveur, elle ne me devait rien ; même le contraire. Elle ne devrait même pas être ici, elle aurait dû continuer de ma haïr et surtout de me fuir. Elle-même le disait ; j’étais un aimant à emmerde. J’avalais le contenu de mon verre ; puis me penchais pour demander à Devyn si elle pensait que ce mariage pouvait être annulé ; si mon père prenait ma place. Et effectivement ; elle n’avait pas tord. Mon père n’épousera jamais cette Russe, de une pour son image et de deux parce qu’il préférait l’avoir en maitresse sans les contrainte. Car, ma mère n’est pas si dépensière comparé à Olga qui aime s’offrir des bijoux hors de prix ou encore une robe de créateur. Je commençais à comprendre que j’étais vraiment foutu… J’écoutais attentivement la jolie brune en face de moi, et malheureusement je ne voyais aucune issue. Je reposais le verre de Crystal sur la table basse, puis fixa un moment les photos disposées sur le buffet. Que faire… faire voler cette famille – qui n’en était plus une – ou obéir aux ordres, et vivre une vie de cauchemars. Parfois on dit qu’il vaut mieux être vivant que mort… j’avais bien peur que je ne sois pas mon cas. Mon avenir était flou, mais surtout sans plus aucun espoir d’être heureux.

Puis Devyn s’adressa une seconde fois à moi, lorsqu’elle prononça mon nom de famille cela me glaça le sang… je n’étais pas habitué à l’entendre parler ainsi. J’aimerais que ce soit si simple, que je renonce à tout ça. Si je refusais ce mariage, je finirais à la rue, sans argent, sans famille… et avec la réputation qui allait suivre. Etais-je assez fort pour affronter la vie seul ? Parce que c’était le cas ; je n’avais plus personne vers qui me retourner… du moins, pour l’instant. Alors que j’allais répondre à Devyn, je la vis sortir son téléphone et sourire. Mon Dieu que ça faisait mal… je me demandais qui cela pouvait-il être ? Si elle avait refait sa vie, et qu’elle avait rencontré quelqu’un … que cette personne la face sourire ainsi. Je ravalais ma salive difficilement, me mordant l’intérieur de la joue pour ne pas lui dire des choses que je finirais par regretter. Elle m’annonça qu’elle devait y aller. Je me levais du fauteuil, baissant le regard un moment pour ne pas affronter le sien. « Pas de problème. Je ne voudrais pas te retenir, merci pour tes conseils. » Bien évidement que je voulais la retenir, que je voulais ne l’avoir que pour moi. Rien que de l’imaginer avec un autre me tuer de l’intérieur… mais rien, non je n’avais rien le droit de dire.

Je m’avançais vers la porte, puis lui ouvris. Et si c’était la dernière fois que je la voyais ? Cette idée me paraissait affreuse, et pourtant si réaliste. J’aurais tellement aimé que tout s’arrange entre nous ; mais malheureusement, j’avais bien peur que les choses étaient irréparables. « Je… » Commençais-je alors qu’elle quittait la maison… « Non laisse. Fait attention en rentrant.» Un idiot, je n’étais qu’un idiot.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Jeu 26 Fév - 22:11

Alexander ∞ Devyn
« Cette douleur je ne peux pas t’en parler. J’aime mieux que tu ne saches pas qu’elle existe. ».
Destructrice. C’est ainsi que la vie devait probablement qualifier la relation de Devyn et d’Alexander. Leurs routes s’étaient croisées malgré eux et le destin avait fini par s’en mêler. Ils aurait tout eu pour être heureux ensemble. Ils étaient jeunes, de bonnes familles, séduisants et amoureux. Enfin, le dernier adjectif n’était plus totalement le plus réaliste. Parce que si une partie de leurs sentiments demeuraient les mêmes, tout était différent depuis que la trahison s’était immiscée dans leur duo tant envié, qui finalement n’avait jamais pu durer bien longtemps. Deux mois par-ci, une semaine par-là. Rien qui ne justifierait donc un tel attachement l’un à l’autre. Pourtant, ce feu dévorant brûlait toujours dans les tréfonds de la brune aux yeux marrons. Elle ne parvenait pas à effacer le souvenir des doigts du bellâtre caressant sa peau, ni de la douceur de ses baisers lorsqu’ils avaient décidé de devenir amants. Et cette douleur dont elle ne parlait pas, qu’elle préférait taire, était bien réelle. Elle la bouffait de l’intérieur, rendant son âme plus sombre et la laissant sombrer dans sa propre folie. Le pardon n’était toutefois pas envisageable. Pas après toute cette colère accumulée qui glissait le long de ses veines et remontaient le long de sa colonne vertébrale, donnant l’alerte à son cerveau. Tous ses sens avaient beau être en alerte, la jeune femme n’était pas prête à céder à ses pulsions primaires. Elle avait pris ce risque, à plusieurs reprises, que ce soit avec le garçon en face d’elle où celui qui lui écrivait un SMS à l’instant. Elle pouvait se brûler à tout instant et elle en avait parfaitement conscience. Il demeurait en elle cette infime émotion qui lui criait d’arrêter de succomber à toutes ces fantaisies, parce qu’elle le regretterait tôt ou tard. Alors pourquoi continuait-elle à se butter de cette façon en fonçant directement dans le mur qui se dressait devant elle ? Peut-être parce qu’elle aimait souffrir. Elle devait avoir des gênes de masochiste. Sa présence, dans ces lieux, en témoignait avec évidence ; Elle n’était pas saine d’esprit. Du moins, c’est ce que Devyn pensait d’elle-même. Qui serait assez folle pour se rendre auprès de son ancien petit-ami volage qui allait tantôt en épouser une autre ? Franchement, cela ressemblait à une démence prononcée. Et pourtant, elle l’avait fait. Elle avait bravé tous les interdits qu’elle s’était imposés jusqu’à lors.

Néanmoins, elle avait déjà découvert la vérité et ceci était un point non-négligeable. Ce mariage n’était pas fait d’amour et d’eau fraîche, ni d’une passion naissante entre lui et cette blonde. Egoïstement, elle se sentit soulagée de savoir que l’autre femme ne comptait pas. Pas autant qu’elle, elle avait pu compter autrefois. Alors, malgré elle, cette pensée rassurante vint se glisser à son esprit déstructuré. Evidemment, elle eut également un pincement au coeur assez violent. Dans le fond, elle ne pouvait pas lui dire qu’elle lui pardonnait. Parce que tout son être refusait cette idée grotesque. Il l’avait abandonnée, laissée sur le bas-côté de la route sans tenir la moindre de ses promesses. Elle ne pouvait oublier qu’il était un hypocrite odieux et qu’il lui avait brisé le palpitant en mille morceaux. Malone, lui, au moins, ne promettait rien. Ils s’amusaient, riaient, jouaient, se désiraient... Elle était bien dans ses bras, la nuit. Cette présence rassurante lui avait fait oublier, momentanément, le regard azuré du grand brun. En voyant à quel point il souffrait, lui aussi, elle ressentit une peine immense. S’il savait que la brune dansait à l’horizontale avec celui qui fut son meilleur ami mais qui demeurait être son frère, il aurait probablement une attaque. Quoique, elle n’était persuadée de rien. Après tout, il avait très bien pu aussi tourner la page en Russie et renoncer totalement à ce « eux » qu’ils formaient encore il y a quelques mois en arrière. Devyn n’en saurait probablement jamais rien. Il faut dire qu’elle n’y tenait pas. Ce que nous ne savons pas ne peut pas être douloureux, après tout. C’est pourquoi elle se tut, au sujet du garçon à la peau matte et aux cheveux noirs de jais. Elle préféra ranger leurs écrits dans sa poche, ne voulant pas rendre la situation plus pénible qu’elle ne l’était, que ce soit pour elle ou Alexander. Fuyant son regard de chien battu tout en ayant envie de retrouver son amant actuel, Devyn prétexta qu’elle devait y aller. Elle se redressa sur ses deux jambes, laissant sa silhouette se dessiner devant Alexander. Elle le gratifia d’un sourire courtois, poli, même si le reste de son visage demeurait gelé par sa peine. Elle ne décolérait pas, malgré tout. Alors elle marcha aux côtés de son ancien petit-ami, silencieuse et pensive. Une fois qu’il ouvrit la bouche, elle planta ses iris dans ceux de ce dernier, comme un dernier espoir. Cependant, la lueur s’assombrit aussitôt en se perdant dans la rétractation d’Alexander. Elle se contenta alors d’hocher la tête et d’émettre ce même sourire réservé aux soirées mondaines, qu’elle détestait tellement. « Merci. » Qu’aurait-elle pu ajouter ? Qu’ils allaient bientôt se revoir et que ce serait certainement alors qu’il serait marié avec une autre ? Cette pensée lui fila une nausée effroyable ; alors elle déglutit péniblement. Son regard se baissa et elle finit par lui tourner le dos et s’en aller, loin de lui et de la tourmente qu’il lui provoquait.

Petit à petit, la silhouette de la jeune femme s’effaça du champ de vision d’Alexander de façon définitive. Ce n'est q'à ce moment là qu'une larme s’échappa de ses yeux, glissant dans le vent froid de l’hiver, tandis que la cicatrice de son coeur s’ouvrit à nouveau, provoquant une hémorragie à laquelle elle ne saurait survivre.

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MessageSujet: Re: J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn Jeu 26 Fév - 22:12

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J'ai besoin d'aide, mais je suis trop lâche pour la demander ⊹ Devyn

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