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True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith)

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MessageSujet: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mar 6 Jan - 0:36

Ledith
True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen.


Je levai la tête pour regarder le ciel dont la couleur changeait doucement du bleu pâle à un rose-orangé. La marrée montait déjà lentement, et le vent venant de l'océan se rafraîchissait encore. Je m'étais assied dans le sable, au haut de la plage, à côté de mon fauteuil. Pour être plus stable, j'avais posé mon dos contre la clôture qui séparait le début de la plage du chemin de randonnée. Je fermai les yeux en prenant une grande inspiration, appréciant toujours autant l'air frais, l'odeur de la mer. J'avais mal aux bras -ils m'élançaient- à force de toujours les faire travailler pour me déplacer. Je faisais effectivement de l’exercice avant l'agression, mais quand même pas des poids et altères, et c'était ce que j'avais l'impression d'avoir fait à peu près à chaque fois que je me réveillais, le lendemain d'une journée où je m'étais beaucoup déplacé. Déjà, en quelques semaines, j'avais pris du muscle; c'était un bon côté à être en chaise roulante. Je souris et soupirai longuement.

J'avais ouvert les yeux sur elle, et les avais refermés. J'avais la tête qui tournait, et j'essayais de me rappeler ce qui m'était arrivé. Je n'eu pas à réfléchir davantage, les souvenirs de mon agression me revinrent presque immédiatement. Il m'avait battu, et je n'avais pu me défendre. J'avais alors ouvert les yeux de nouveau, et avait planté mon regard dans le sien. Elle me regardait avec un air triste. Elle se sentait sans doute coupable que son mari m'est fait du mal, je comprenais, mais elle n'avait pas non plus à s'en vouloir pour ça. J'avais donc esquissé un sourire pour la rassurer et murmuré: «Je vais m'en remettre, tu sais.» Mais son regard avaient alors paru encore plus triste, et j'avais fait mon possible pour ne pas lui montrer que ça m'avait inquiété. J'avais baissé la tête, trouvé sa main, et l'avait prise pour la serrer doucement. Et c'était à ce moment-là que mon médecin était arrivé et qu'il m'avait annoncé la nouvelle. Je l'avais vraiment mal pris. J'aurais réellement voulu être plus fort, mais ça n'avait pas été le cas, vraiment pas. En fait, je n'avais pas voulu le croire, et j'avais poussé mes couvertures pour regarder mes jambes. Parce que c'était la seule chose que j'avais réussi à faire étant donné qu'elles n'avaient pas voulus bouger. Et j'avais reposé ma tête sur mon oreiller, fixé le plafond et cessé de parler. Mon docteur était donc partit, et Edith à son tour quelques minutes plus tard, pour me laisser digérer la nouvelle. Et j'avais pleuré silencieusement jusqu'à ce que je m'endormes.

J'ouvrai les yeux, la mâchoire serrée, et regardai mes jambes. Je les avais placées de façon à ce qu'elles soient étendues le plus naturellement possible, mais évidemment, cela ne m'aidait pas à me sentir plus normal pour autant. Je soupirai de nouveau en appuyant la tête contre la clôture et regardai en direction de l'océan. Quelques minutes plus tard, j'avais refermé les yeux, et le bruit de quelqu'un se postant près de moi me fit sursauter. Je relevai rapidement la tête, aurait voulu me relever, mais ne trouvai rien d'autre à faire que de la regarder et de passer une main dans mes cheveux. «Hey.» Je lui souris et jetai un coup d'oeil à l'horizon où le soleil disparaissait. «Tu t'assieds près de moi?» lui demandai-je, gêné de ne pas pouvoir me lever pour la prendre dans mes bras et la saluer. Je tapotai le sable à ma droite pour l'inviter derechef à s'y installer, et lui indiquai la mer. «J'ai hâte d'y entrer de nouveau. Dans l'eau, la mer.» Je la regardai; elle avait l'air un peu crispée. Je lâchai un petit rire pour détendre l'atmosphère. Elle n'avait pas à s'inquiéter d'un commentaire comme celui-là, je ne l'avais dit que comme ça. Ce n'était pas si grave. «Fais pas cette tête voyons, ça va.» Je lui montrer ma main pour qu'elle la prenne, et la serrai -assez fort tout en m'assurant quand même de ne pas lui faire mal. À chaque fois que je la sentais près de moi, c'était comme si je respirais enfin. Je me sentais comme chez moi, et j'étais finalement détendu. Peut-être que ça aurait dû être le contraire, que j'aurais dû me sentir stressé, et me contenter de ne lui parler qu'en la croisant, ainsi lui éviter de potentiels nouveaux ennuis. Mais ce n'était pas ce que je faisais, j'étais égoïste: je la voulais toujours dans ma vie, je ne voulais pas me priver d'elle. Le vent faisait virevolter doucement quelques mèches de ses cheveux, et je ne pouvais me résoudre à cesser de la regarder. Elle était magnifique. Mais j'avais quand même en tête la peur qu'elle se sente mal à l'aise vis-à-vis de moi vu ma situation. Je me mordis la lèvre. Après tout, ce n'était pas tout le monde qui était prêt à être si proche d'un homme en chaise roulante. En un sens, je voulais mieux pour elle, mais j’espérais quand même de tout mon cœur qu'elle s'en contente. «T'es tombé sur moi par hasard ou bien est-ce que je te manquais déjà?» plaisantai-je. «À moi, tu me manquais, en tout cas.» rajoutai-je d'une voix douce.


(c) Mayiie



Dernière édition par Leo B. Lloyd le Mer 7 Jan - 5:54, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mar 6 Jan - 18:13

Leo ∞ Edith
Time waits for no one so do you want to waste some time tonight? Don’t be afraid of tomorrow, just take my hand, I'll make it feel so much better. Swing me these sorrows and try delusion for a while. It’s such a beautiful lie. Romance your ego for a while. Come on, give it a try. We are all illuminated, lights are shining on our faces, blinding. [HURTS]
P
eur. C'est un peu le sentiment qui me possède pour l'heure. M'inhibe. Appréhension, envie, culpabilité, mélancolie. Souvenirs en vague. Je balance inlassablement entre ces sentiments incompatibles qui m'assaillent pourtant simultanément. Plus que douloureux, ce constant mélange d'humeurs en moi me rend folle. Pas une minute sans que je ne change d'occupation, pas une heure sans que je ne me décide à sortir pour finalement renoncer, pas une seconde ou je ne tremble pas. Pas une nuit ou je dors paisiblement. La nuit, le pire sans doute. Si, depuis l'arrestation de Jefferson, je n'ai pas passé une nuit satisfaisante, il n'empêche que je dormais encore un nombre d'heures correct. Mais avec la sortie de l'hopital de Léo et les quelques moments que nous avons passé ensemble, c'en est fini de ma léthargie et de la paix relative que j'étais parvenue à instaurer chez moi. Ma villa me terrorisait peu après l'accident. La solitude me tétanisait, le manque me laissait en pleurs et le souvenir me poussait à fuir l'habitation. Comprenant bien que craindre ma propre maison était intenable je pris sur moi et m'efforçai d'effacer de ma mémoire un maximum de détails qui me poussaient à la paranoïa. Entendre Fiona me dire que j'aurais à choisir entre l'époux et l'amant fissura mes barrages. Revoir Léo leur imposa le coup de grâce et, dès lors je fus incapable de restaurer un minimum de cohérence dans ma tête. Tout se mêle, se chevauche, s'éteint, revient de plus belle et que ce soient mes souvenirs ou mes sentiments, ils ne me laissent pas un instant de répit. Aujourd'hui moins qu'un autre jour, si seulement c'est possible, puisque je pense proposer un café à Léo. Idée folle, peut-être, mais idée tout de même. Je croyais être parvenue à tirer un trait sur lui ces dernières semaines puis j'ai réalisé que je ne le voulais pas. Ne le pouvais pas. Je n'ai toujours pas définit qui de lui ou Jeff j'aime le plus, je n'ai toujours pas définit si mes sentiments ont le moindre sens d'ailleurs, pourtant j'ai finit par revenir sur Terre et réaliser que l'abandonner à son sort qui n'était dû qu'à moi était plus qu'incorrect. Cela relevait d'un égoïsme sans nom voire d'un manque certain d'humanité. Peu convaincue mais incapable de revenir sur ma décision je l'aidai donc à quitter l'hopital et, aussi complexe que fut la situation (le voir en fauteuil, son regard moins lumineux qu'autrefois, l'ambiance froide de l'hopital ou je n'avais même pas daigné venir le voir), nos retrouvailles furent douces et me retrouver auprès de lui me fit un bien auquel je ne m'étais pas attendue, loin de là. Se cachait donc là une des raisons de mes angoisses, le manque. Pas un instant je ne le vis, je ne voulus l'admettre surtout, et pourtant...Quoi qu'il en soit, comprendre que mon état mental s’arrangerait aux cotés de Léo ne m'avançait à rien. J'admettais enfin que mon attachement à lui était bien réel et persistant, sincère, pourtant il n'était pas plus question qu'avant sa sortie de l'hopital, de m'introduire une fois de plus dans sa vie. Notre proximité lui avait causé bien assez de torts et autant je ne voulais plus lui faire de mal, autant je devinais que lui non plus ne voulait plus de moi près de lui. Je me faisais petit à petit à l'idée -enfin, non, pas vraiment mais je m'efforçais de garder la tête hors de l'eau, une belle réussite déjà-, lorsqu'il me remercia pour mon aide. J'ai cherché à lui faire ouvrir les yeux sur mes torts mais il me dit me pardonner et paraissait si bienveillant comme toujours. Depuis les choses vont encore plus mal sous mon crâne et je balance inlassablement entre l'envie, le besoin de retrouver notre complicité d'antan et la part raisonnable de mon être qui me répète qu'il mérite bien mieux que la femme instable que je suis. Que le danger potentiel que je représente.

Quelques coups de pinceaux sur une toile mais trop de craintes, de colère et de tremblements. Résultat frustrant, pensées volages. J’envoie valser mon pinceau. La couleur éclate, des perles de rouge parsèment le sol. Des gouttes de peinture. Des gouttes de sang. C'est ma main tremblante qui a laissé tomber le pinceau, à présent c'est mon corps entier qui frémit, s'éloignant à reculons du résultat de ma douleur. Remontant avec empressement les escaliers menant au hall je saisis mes clés de voiture sur la table de chêne de l'entrée et ne prends pas le temps de récupérer autre chose. Tout ce dont j'ai besoin à cet instant précis c'est de partir. Aller respirer autre chose que l'air lourd de la villa, voir plus que les murs ternes de ma maison et la tristesse qu'ils reflètent. Conduisant sans but je finis par longer la plage. Voir la mer m'apaise, comme toujours, mais le vent rabattant le sable vers les digues et les vagues vers la plage ne m'inspire guère confiance, privée de manteau. Cependant, alors que j'envisage de rentrer, satisfaite par mon état relativement serein, je reconnais, sur la plage, une silhouette que je connais trop bien. J’ai d'abord un peu de mal à croire qu'il est bien là, ce ne serait pas la première de mes illusions, pourtant je dû me rendre à l'évidence. Doute. Une demi seconde. Je descends de voiture et m'avance lentement.

Quelques pas suffisent pour le rejoindre. Des empreintes dans le sable. Aux cotés de longues rainures. Serrant nerveusement poings et mâchoires je m'efforce de ne pas faire attention au fauteuil posté non loin. J'observe Léo. Refuse de briser le silence, profite du calme, de la paix qui plane dans l'air. Il ouvre les yeux et le regard qu'il pose sur moi me fait peur. Il n'y a pas de raison apparente mais me retrouver sous la lumière de ses pupilles me laisse sans défenses et m'effraie. Les tremblements qui m'avaient laissé un peu de repos reviennent crescendo. M'efforçant de me contenir je souris difficilement et m'assieds comme il m'invite à le faire. Sa voix me ramène à tant de souvenirs et je sais pertinemment que perdre pied est un risque qui me guette en permanence. Me raccrochant au mieux à la réalité j'observe la mer qu'il m'indique tout en exprimant sa hâte d'y retourner. La gorge serrée je hoche de la tête. Pas un mot n'a encore quitté mes lèvres. Peut-être ais-je trop de choses à lui dire. Ou peut-être ne suis-je sûre de rien. J'ouvre la bouche, m'apprête à lancer une quelconque futilité lorsque mon regard se pose sur ses jambes terriblement immobiles. Détourner les yeux. Me mordant nerveusement la lèvre inférieure histoire de contenir quelques larmes menaçantes, je suis surprise de l'entendre m'assurer que tout va bien. Je ne comprendrais jamais ou il puise son optimise à toutes épreuves. Une des choses qui le rendent si différent de Jeff. Une des choses qui m'ont plu. Il prend ma main dans la sienne et la sensation est apaisante. Un rien plus enivrante que ce que je peux admettre à vrai dire. Et moi qui envisageais de ne plus le voir. Et moi qui n'ai plus le droit de vouloir notre proximité. Il ajoute une remarque en riant, conclus sur le fait que je lui manquais et je parviens à parler. Sa présence me calme, remet un peu d'ordre dans mes pensées. On devait prendre un verre pas vrai? Je t'ai vu là et j'ai réalisé que je préférais te...te voir plus tôt. déclarais-je en fixant pensivement les remous. Mais toi? Tu es venu te souvenir que tu ne pouv... je m'interromps et réalise que je n'ai pas vraiment envie de plaisanter à ce sujet. Je me reprends. Le paysage te manquait?

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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mer 7 Jan - 7:19

Ledith
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Elle n'était pas particulièrement heureuse de me voir, je le sentais, mais elle était là quand même. Je ne savais pas trop ce qui la retenait, parce que je savais que c'est ce qu'elle aurait aimé faire: m'éviter. Éviter mon fauteuil. Éviter de me voir en fauteuil. Par dessus tout, nous éviter. Éviter notre relation devenue étrange. Je pinçai les lèvres en regardant la mer lorsqu'elle s'assieds près de moi comme je lui avais demandé. Je la comprenais, au fond. Je rajoutai d'un ton légé que la mer me manquait, et que j'avais hâte d'y retourner. Elle parut triste, et je m'excusai presque immédiatement en lui assurant que tout irait bien, et surtout que j'allais bien. Même si ce n'était pas forcément la vérité. Je devais apprendre à accepter ma situation, moi aussi, et surtout à en accepter les conséquences. Conséquences parfois toutes aussi pires. On m'avait dit que j'avais des chances de remarcher, et je l'avais pris pour comptant. Je ne pensais pratiquement qu'à ça, en fait. J'espérais me rendre compte que j'arrivais à bouger un orteil, puis un autre. Le temps où j'espérais encore me réveiller et comprendre que tout ça n'était pas arrivé -que je n'avais pas perdu l'usage de mes jambes- était toutefois révolu: la réalité m'avait obligée à l'admettre au cours des séances de réadaptation que j'avais suivie. Tout ça, je n'avais personne à qui en parler sincèrement. Enfin, si, mais pas aussi sincèrement que je ne le voudrais, parce qu'avouer de la façon la plus honnête qui soit aux gens qui m'aiment ce que je ressens à propos de ma situation... Ce ne serait pas correct envers eux de ma part. Ils sont déjà si mal à l'aise avec moi qu'il serait un comble que je leur fasse subir tout ça en plus. Alors je gardais mes états d'âme pour moi. Comme je gardais pour moi le fait que le regard de pitié qu'Edith posait sur moi me blessait. Je me mordis la lèvre et ouvrit la main, paume vers le ciel, invitant ainsi mon amie à y poser la sienne. Pendant un instant, j'eu peur qu'elle refuse, et lorsque je sentis la chaleur de ses doigts délicats contre les miens, je les serrai doucement. Sentant l'ambiance s’alourdir de nouveau, je lançai une plaisanterie, puis ne put m'empêcher d'en profiter pour lui avouer -sérieux, cette fois- qu'elle m'avait manqué. En fait, elle me manquait toujours depuis que je m'étais réveillé dans ce lit d'hôpital. Elle parut se détendre quelque peu, et la sentir plus calme me fit me sentir mieux aussi. Je me rendais compte que je me prenais trop la tête, que je réfléchissais trop, et que je changeais de mentalité probablement beaucoup trop rapidement aussi. Ce n'était pas mon genre de m’apitoyer sur mon sort, même si j'étais monsieur-toujours-incertain en général. Je devais prendre les choses comme elles viendraient, tout simplement. En tout cas, c'était ce qui avait de mieux à faire pour l'instant, parce que j'ignorais encore ce qu'elle voulait réellement. Nous allions en parler, bientôt, c'était inévitable, et j'allais finalement être fixé sur ce dont elle avait envie. Et donc aussi sur ce qui allait se passer pour nous deux, parce qu'il était évident que j'allais faire ce qu'elle déciderait. Comme toujours. «On devait prendre un verre pas vrai?» Je souris en me rappelant notre conversation par messagerie texte qui datait d'il y avait quelques jours. «Moi qui croyait que tu avais oublié.» plaisantai-je d'un ton un peu taquin. Je ne pouvais m'empêcher d'être heureux à l'idée qu'elle accepte, au final. «Je t'ai vu là et j'ai réalisé que je préférais te... te voir plus tôt.» continua-t-elle en regardant les vagues mousser contre la plage. Est-ce que c'était une bonne chose ou pas, qu'elle ait voulu me voir plus tôt que prévu? Je me le demandais sérieusement, parce que même si j'étais plutôt heureux de la voir, je savais que ça ne suffisait pas à arranger les choses. J'hochai la tête, mais n'eu pas le temps de penser à ma réponse qu'elle me relança. «Mais toi? Tu es venu te souvenir que tu ne pouv...» J'haussai les sourcils et détournai la tête pour éviter de croiser son regard. «Le paysage te manquait?» J'haussai les épaules, puis soupirai au bout de quelques secondes de silence que je ne réussi pas à emplir. Je ne savais pas si c'était le fait qu'elle ait voulu plaisanté sur mon handicap qui m'avait fait étrange, et si j'avais seulement été blessé qu'elle n'ose même pas, au final. Nous étions auparavant si proches, et aujourd'hui nous nous traitions plus ou moins comme des inconnus. Des inconnus avec un lourd passé, malaisés d'être l'un près de l'autre. J'y étais quand même pour quelque chose, je ne lui donnais pas la faute. Effectivement, j'avais honte d'être cloué par terre à ses côtés, de ne plus être maître de tout mon corps. J'étais blessé par la façon dont elle me regardait, qui n'était plus la même qu'avant l'agression. «Non, mais te faire danser me manque, Edith. C'est une des choses qui me manque le plus.» Ça et la façon qu'elle avait de me regarder... avant. Je ne la quittai pas des yeux pendant de longues secondes avant de détourner de nouveau la tête. Je ne savais pas quoi lui dire, et je ne savais pas ce qu'elle voulait entendre. Et à ce moment-là, je lui aurais bien dit tout ce qu'elle voulait entendre si seulement ça aurait pu la faire se sentir mieux. «J'arrive difficilement à croire qu'on en est rendu à prendre des gants pour se parler. Je suis exactement la même personne que j'étais avant, tu sais.» J'haussai les épaules et plaisantai: «Mis à part le fait que je me déplace beaucoup plus rapidement en ligne droite.» J'imitai le son d'une voiture de course passant à toute vitesse et lâchai un rire, me détendit encore un peu. Il fallait arrêter de tout prendre aussi dramatiquement. J'étais moi, et elle était elle, au final. Je n'avais pas envie de faire comme si tout était normal, mais ne pouvions nous pas quand même être honnêtes l'un entre l'autre? «Tu me connais assez bien pour savoir que je ne suis pas du genre à faire semblant... Ne le fais pas non plus, j't'en prie.» Je caressai délicatement le dessus de sa main avec mon pouce, et ne rajoutai rien pendant un long moment. Je me contentai d'écouter les vagues et le vent. Lorsque je remarquai que ses doigts étaient un peu froids, je me rendis aussi compte qu'elle n'était pas habillée bien chaudement. Sans hésitation et surtout sans lui demander son avis, j'enlevai ma veste et la posai sur ses épaules. «Tu devrais peut-être rentrer. Il se fait tard, et la température va continuer à descendre.» Je lui disais ça parce que je voulais son bien, mais aussi un peu parce que je n'avais pas envie qu'elle me voit me relever pour m'installer dans ma chaise roulante lorsqu'il serait temps de partir. Je voulais encore bien paraître, mais je savais que ce ne serait justement plus toujours le cas maintenant que je n'avais plus l'usage de mes jambes. «Écoutes, si tu n'es pas à l'aise à me voir... dans cet état, je veux dire. Je ne t'en voudrai pas de prendre tes distances.» Je ne lui en voudrais jamais, je comprendrais même, mais je n'en avais quand même pas envie.
(c) Mayiie

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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mer 7 Jan - 21:32

Leo ∞ Edith
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I
l y a les mots paisibles qu'il prononce, l'iode à mes narines, l'absence de rancœur que je m'attendais à trouver dans sa voix, notre solitude sur cette plage, le sourire sur ses lèvres, ma main dans la sienne. Il y a encore sa sincérité inébranlée et, malheureusement, mon silence. Je voudrais pouvoir exprimer ce que je ressens, mettre un peu les choses au clair, aborder les sujets complexes parce qu'il le faut, m'excuser en face sans lui donner l'occasion de m'interrompre, réfléchir un peu à l'avenir. Seulement je suis incapable de faire tout cela. J'ai fais de mon mieux en expliquant ne pas pouvoir attendre la fin de la semaine pour le voir ce qui sous entend que oui il me manque. Pourtant je n'aurais pas pu le dire platement. Tout comme j'ai été incapable de lui fournir une réponse enthousiaste lorsqu'il m'a rappelé, par message, que nous devions nous voir. Je m'en réjouissais mais le lui dire aurait été douloureux. Comme le reste. M'ouvrir sur mes sentiments n'a jamais été mon fort pour nombre de raisons et la liste s'allonge aujourd'hui que la situation est particulièrement critique. Tout d'abord je sais à quel point l'attachement peut mener à la douleur. C'est plus qu'une possibilité d'ailleurs, c'est inévitable. J'ai vu ma mère s’effondrer sans mon père. Je me vois brisée à cause de Jefferson que j'aime contre toute logique et qui me le rend bien mal. Alors si l'envie que j'ai toujours eu de rester détachée pour ne pas souffrir s'est avérée vaine, il me reste le silence. Ne pas exprimer ce que je ressens c'est un peu tarir mes sentiments. Refuser qu'ils soient concrets malgré leur réalité. Ensuite, Léo n'a pas le droit d'être si doux avec moi. Enfin, le droit il l'a, il le prend d'ailleurs, mais envers lui il ne devrait pas. Pourquoi ne me haït-il pas? Ce n'est pas ce que je voudrais, bien entendu et, à vrai dire, la bienveillance qu'il a vis-à-vis de moi me donne envie de retrouver notre relation d'antan, seulement je ne peux pas, pour lui, pour racheter un peu ma faute. Alors je tais ce que je ressens, refusant l'idée qu'il soit toujours attaché à moi. Refusant de prendre le risque de lui faire du mal une nouvelle fois. Et, finalement, je ne peux mettre de mots sur ce qui se joue dans ma tête tout simplement parce que je ne sais même pas ce que je pense. Ce que je veux. Si les choses me semblent bien plus claires et naturelles depuis qu'il a prit ma main dans la sienne et que le paysage m'apaise, je sais pertinemment qu'une fois que nous nous serons séparés et que je me retrouverais seule entre les quatre murs de ma villa, rien ne sera plus simple. Evidences pour l'heure mais les doutes reviendront de plus belle plus tard. Quoi qu'il en soit, tous ces motifs de mon silence sont purement psychologiques et je n'ai que peu d'influence dessus. Autrement je m’efforcerais d'être plus loquasse, plus courageuse aussi.

Je n'ai pas vraiment envie de penser à mon retour à la maison de toute façon. Pour l'heure je retrouve mon petit paradis à ses cotés car malgré la tension et les douleurs à venir je prends toujours autant de plaisir à partager de son temps. Mais j'admets que cette sensation de légèreté est plus que lointaine, presque abstraite. En effet je suis un peu mal à l'aise. Un regard sur ses jambes immobiles et je sens les regrets affluer, un mot de travers et je crains de le blesser et le moindre sujet me semble inapproprié. Lorsqu'il me dit que me faire danser est une des choses qui lui manquent le plus je reste interdite un instant. Je nous revois valsant ou dansant toutes sortes de danses avec plus ou moins de technique mais surtout beaucoup de rires et de légèreté. Peu de choses avaient d'importance à l'époque. Ces souvenirs me sont revenus plusieurs fois en mémoire depuis l'accident, pourtant, pas une seconde je n'aurais pensé que l’handicap -ce mot m'écorcherait la gorge si j'avais à le prononcer, il est synonyme des actes de Jeff et ils m’écœurent- de Léo aurait des répercussions sur moi, sur notre relation. A vrai dire jusqu'à maintenant j'envisageais l’invalidité de Léo pour tous les actes du quotidien dont il serait privé mais pas un instant par rapport à moi. Et lui qui m'en parle tout naturellement. Je ne comprends pas. Soit il refuse d'ouvrir les yeux sur l'étendue de ses blessures, soit il veut me faire plaisir. Ou peut-être me faire regretter. Cette dernière option ne me convainc guère. Il n'est pas comme ça. J'en suis venue à douter de tout mon entourage, même de Fiona ma meilleure amie qui ne m'a pourtant jamais trahie. Mais douter de Léo me parait tout bonnement impossible.

J'aurais voulu parler mais le temps que les phrases se forment dans ma tête et le voilà qui reprend. Il dit vrai. La franchise et la spontanéité étaient nos maitres mots en quelque sorte. Mais comment pourrait-il toujours en être ainsi? J'ai tout juste le temps de me poser la question qu'il se met à imiter une voiture pour agrémenter un commentaire. Je le regarde enfin. En effet, depuis qu'il a ouvert les yeux je n'osais plus le regarder avec insistance, mon regard déviant sans cesse sur la mer ou l'horizon. Mais là je le regarde et ne peux que constater la réalité de ses dires. Il est toujours le même. Incroyable à constater et pourtant...Je suis persuadée qu'il souffre plus qu'il ne veut l'admettre mais j'aurais dû prévoir qu'il garderait le sourire et préférerait aller de l'avant plutôt que de s'apitoyer sur son sort. Il est donc toujours le même mais qu'en est-il de moi. Là, tout de suite, j'ai l'impression que rien n'a changé en effet. Mais rien ne sera plus comme avant pourtant et le futur est plus que jamais imprévisible. Le silence revient et j'observe toujours ses traits. Il se tourne vers moi et je soutiens son regard. Combien de temps que nous n'avons pas eu la force de nous regarder ainsi? Je préférerais ne pas faire semblant. Mais je préférerais aussi que tu sois sincère. Que tu cesse de te voiler la face, que tu admettes une bonne fois pour toute que tu m'en veux même si tu ne veux pas me faire de mal, même si tu refuse cette colère. Pas de violence dans mes propos juste la sincérité qu'il voulait. Je détache mes regard du sien mais en douceur. Je n'ai pas envie qu'il m'en veuille cela semble évident mais je ne peux pas croire qu'il est aussi franc qu'il veut me le faire croire. Le regard dans le vague je susurre pensivement Danser aussi me manque... je ne sais pas exactement si je le dis pour lui ou pour moi.

Je suis pensive et je sens mes pensées divaguer lorsque je réalise qu'il me pose sa veste sur les épaules. Je fixe nos mains en mordillant ma lèvre inférieure. On pourrait être plusieurs mois auparavant. Si peu de choses semblent avoir changées, sombrées. Mais la réalité revient au galop alors qu'il me propose de partir. Je ne comprends pas ce qui lui prend mais ses explications éclairent ma lanterne. Me font regretter mon comportement aussi. Ne prenant pas, cette fois, le temps de peser mes mots je laisse l'instinct me dicter mes propos. Danser me manque. Ton rire me manque. Nos conversations me manquent. Oui je voudrais que rien n'ai changé, qu'effectivement tu sois toujours le même et moi aussi. Seulement c'est se voiler la face d'y croire! Je t'ai blessé, je t'ai fais du mal indirectement mais mon égoïsme est grandement en cause et tout ce qui est perdu l'est pour de bon parce qu'il est improbable d'envisager reconstruire quelque chose qui t'a fait tant de torts! J'inspire, cherche son regard mais je pense qu'il ne me regarde pas vraiment. Je voudrais lui dire qu'il me manque, le dire vraiment sans détours mais une fois de plus les mots paraissent imprononçables. Je ne suis pas mal à l’aise Léo...Ton état comme tu dis, ce n'est rien à mes yeux. Par contre ta douleur c'est ma culpabilité et c'est cela qui me gêne. Je regrette tellement que je ne comprends pas que tu sois toujours aussi bienveillant vis-à-vis de moi...

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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Lun 19 Jan - 19:16

Ledith
True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen.


«Je préférerais ne pas faire semblant. Mais je préférerais aussi que tu sois sincère.» Je pinçai les lèvres en me forçant à ne pas détourner les yeux de son regard. Elle ne voulait pas croire que je puisse aller bien, elle ne pouvait pas croire qu'un gars en chaise roulante puisse se sentir bien. Et je comprenais. «Que tu cesse de te voiler la face, que tu admettes une bonne fois pour toute que tu m'en veux même si tu ne veux pas me faire de mal, même si tu refuse cette colère.» Cela me rendait fou, mais je ne pouvais pas lui dire sincèrement que je n'avais aucun problème avec le fait d'être privé de mes jambes. Ce que j'aurais aimé pouvoir lui affirmer que je m'étais fait à l'idée, mais ce n'était pas le cas. Pas du tout. J'étais décidé à remarcher. Je ne pouvais pas m'imaginer dans cette chaise le reste de mes jours. Mais je ne voulais pas qu'elle le sache, je ne voulais pas qu'elle souffre. Elle n'avait pas à se sentir coupable, même si je comprenais ses raisons. Je savais que je n'aurais pas dû m’aventurer dans une relation avec Edith pour la simple et bonne raison qu'elle était mariée, mais je l'aimais beaucoup, et je n'avais pas prévu que ça se passe de cette façon. Elle non plus. Je n'avais jamais tenté de convaincre Edith de me choisir à sa place, mais je lui avais quand même toujours dit ce que je pensais à propos de lui. Je n'avais jamais aimé son mari: je ne pouvais pas concevoir qu'on puisse vouloir faire du mal à cette magnifique femme. Je le trouvais lâche et monstrueux, et aujourd'hui, je le haïssais encore plus. Il avait gâché la plus grande partie de ma vie en me privant de mes jambes, et je n'allais pas lui pardonner même si c'était ce que j'aurais conseillé à quelqu'un dans la même situation que moi. Pas parce que je ne m'en sentais pas capable, mais plutôt parce que je refusais d'être si bon envers un homme qui ne le méritait pas. Cet homme, il ne méritait même pas ma colère, au final. Elle détacha, en douceur, ses yeux des miens, et je me pris à tenter de capter son regard de nouveau alors qu'elle ne regardait rien en particulier. «Danser aussi me manque...» murmura-t-elle tout bas. «Je sais...» soufflai-je ensuite. Sans que je m'en rende compte, les larmes m'étaient montées aux yeux, et je retiens ma respiration un instant pour tenter de me calmer. Je ne savais pas pourquoi j'étais si émotionnel d'un coup. Normalement, j'arrivais à bien me contrôler. Je lâchai doucement sa main et passai ma veste autour de ses épaules. Elle avait l'air encore plus délicate sous ce petit manteau trop grand pour elle. Je lui dis qu'elle devrait peut-être songer à rentrer chez elle, qu'il se fait tard et qu'il va bientôt faire froid. Je reposai ma main près de la sienne, sans toutefois la reprendre dans la mienne. Je ne voulais pas la forcer au contact, mais j'espérais quand même qu'elle la prendrait à son tour. «Danser me manque. Ton rire me manque. Nos conversations me manquent.» Ses paroles me faisaient mal, c'était comme retourner le couteau dans la plaie. Tout ça me manquait aussi, et je ne savais pas comment nous pourrions ravoir ce que nous avions. «Oui je voudrais que rien n'ai changé, qu'effectivement tu sois toujours le même et moi aussi. Seulement c'est se voiler la face d'y croire! Je t'ai blessé, je t'ai fais du mal indirectement mais mon égoïsme est grandement en cause et tout ce qui est perdu l'est pour de bon parce qu'il est improbable d'envisager reconstruire quelque chose qui t'a fait tant de torts!» Je ne la coupai pas, mais dès qu'elle eu finit, je secouai la tête et écartai ses dernières paroles du revers de la main. Elle me regarda alors directement, et j'haussai les épaules. «Edith... Écoutes... Ce n'est pas moi qui le voudra si, toi et moi, ça se termine maintenant. Au contraire. Je tiens toujours beaucoup à toi, tu sais.» Je soupirai et lui confiai que si elle était mal à l'aise de me voir dans l'état que j'étais, que je ne lui en voudrais pas de prendre ses distances. Elle s'empressa toutefois de me dire que ce n'était pas le cas. «Ton état comme tu dis, ce n'est rien à mes yeux. Par contre ta douleur c'est ma culpabilité et c'est cela qui me gêne. Je regrette tellement que je ne comprends pas que tu sois toujours aussi bienveillant vis-à-vis de moi...» Je savais qu'elle ne me croirait pas vraiment, du moins pas complètement, si je lui disais qu'elle n'avait pas à s'en vouloir, alors je lâchai ce que je pensais sincèrement et que je ne lui avais pas encore dit, tout simplement. «J'en veux à ton mari, j'en veux à ceux qui me regarde bizarrement, et à ceux qui me jugent. J'en veux même un peu à tout le monde parfois. C'est vrai, je n'ai pas l'impression d'avoir mérité ça juste parce que j'aime une femme que son mari n'apprécie pas à sa juste valeur...» Je serrai la mâchoire en prenant une grande inspiration puis expirai rapidement avant d'hausser de nouveaux les épaules. Je ne m'étais même pas rendu compte avoir insinué que je l'aimais. «Mais ça m'est arrivé, et cette chaise, c'est ma réalité pour l'instant. Je dois m'y faire. Et je veux que toi, tu te fasses à l'idée que tu n'as rien fait de mal. Je ne veux pas que tu t'en veules. Et j'aimerais qu'on ne se prenne plus la tête à propos de ça.» lui avouai-je. Je me redressai légèrement et jetai un coup d’œil à mon fauteuil. Le soleil se couchait bientôt, et nous allions devoir partir bien vite. Je tournai la tête dans sa direction et lui sourit, un peu gêné mais résigné à me relever devant elle. Je lui fis signe de la tête de se relever. «Allez, on y va?» Sans réellement attendre sa réponse, je me décalai de façon à être vis-à-vis ma chaise roulante. Barrée, elle ne bougea pas lorsque je me hissai, le cœur serré à l'idée qu'elle me regarde faire. Je fus soulagé que cela se passe rapidement et que mes jambes n'aient pas eu l'air étranges. Je n'eu qu'à les placer sur les appuis-pieds. Je relevai ensuite la tête vers Edith, et ne mordit la lèvre, ne sachant trop quoi dire. «Tu veux venir souper chez moi?» lui proposai-je alors, stressé comme un adolescent demandant à la fille la plus populaire de l'école d'aller au bal avec lui.
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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Lun 19 Jan - 21:36

Leo ∞ Edith
Time waits for no one so do you want to waste some time tonight? Don’t be afraid of tomorrow, just take my hand, I'll make it feel so much better. Swing me these sorrows and try delusion for a while. It’s such a beautiful lie. Romance your ego for a while. Come on, give it a try. We are all illuminated, lights are shining on our faces, blinding. [HURTS]
E
dith... Écoutes... Ce n'est pas moi qui le voudra si, toi et moi, ça se termine maintenant. Au contraire. Je tiens toujours beaucoup à toi, tu sais. Toi. Moi. Y'a-t-il jamais eu un nous? S'il y en a eu un qu'est-ce qu'il pouvait bien représenter? Nous ç’aurait été une erreur parce que j'étais mariée. Mais toi et moi ce n'est pas exact non plus. Je crois sincèrement qu'on était plus que deux âmes paumées cherchant un refuge de nuit. On a été amis avant d'être amants et j’apprécierais qu'on retourne à ce stade là. Si la vie était un conte de fée ce que je souhaiterais ce serait une véritable relation assumée et admise. Pourtant les choses étant ce qu'elles sont il faudrait simplement que Leo m'oublie pour se reconstruire loin du souvenir de ce qui l'a détruit. Je suis trop égoïste pour cela. Bien trop fragile aussi. Tout le temps qu'il a passé à l'hopital je n'ai pas voulu le voir pour me forcer à tirer un trait sur lui mais à peine nous étions nous revus que j'étais obligée d'admettre que je n'y parviendrais pas. Alors maintenant que recommencer une vie chacun de notre coté parait trop douloureux que pour être envisageable, je pense que l'amitié sera un bon compromis. Je fais des projets comme si c'était à moi d'en décider. Leo serait en droit de choisir seulement il devrait choisir que c'en est fini. Et il fait le mauvais choix encore et encore. Malgré tout ce qui s'est passé, malgré tout ce qu'il a enduré, tout ce qu'il pourrait encore endurer. Je ne comprends pas ce qui l'aveugle ainsi mais je me vois obligée d'agir comme si le mot fin n'avait pas beaucoup de sens à mes yeux. Comme si je ne tenais pas tant que ça à ce que nous avons pu partager. Je crois justement que c'est ce que j'ai pu ressentir pour lui qui me pousse à m'éloigner aujourd'hui. Le protéger est juste un milliard de fois plus important que ce que je m'inflige en gardant mes distances. Ces derniers temps je suis une petite fille perdue. Perdue dans le blanc des murs de ma villa, perdue dans mes souvenirs qui me submergent, perdue entre envies et devoirs, perdue quelque part entre la réalité et le monde ou je me réfugie pour tenir debout. Seulement, pour l'heure, je suis lucide pour deux. Je fais de mon mieux en tous cas.

Nos regards se soutiennent. C'est à la fois le souvenir de tous ces regards échangés par le passé. Entre deux baisers. Main dans la main. Sous la douche. A la terrasse d'un café. Quand on dansait. Après l’agression. A la terrasse du café. Chez lui. Chez moi. Ailleurs. C'est aussi l'amertume de ce qu'on ne ferra plus. Tout ça en somme. Je remarque quelques trainées reflétant la pâle lumière sur ses joues. Boule dans ma gorge qui entrave encore un peu plus ma respiration. Pourtant je n'ai pas envie de pleurer. Je regrette qu'il souffre à nouveau. Plus que moi une fois encore. Il détourne le regard et m'assure que je peux partir si sa présence me met mal à l'aise. Je ne comprends d'abord pas ou il veut en venir puis je réalise que les coups d’œil furtifs que j'ai pu jeter sur ses jambes immobiles ou sur son fauteuil, n'étaient pas des plus corrects. Je les regrette. Une chose de plus. Je prends mon temps avant de lui assurer que sa nouvelle condition n'a aucune importance pour moi. Je tente de lui faire admettre que la seule chose qui me gêne dans son handicap c'est la souffrance qu'il lui fait endurer. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs? Sa chaise c'est aussi le reflet sombre de ce qui fut si beau. Sa chaise c'est un peu la vision de notre relation à Leo et moi à travers les yeux de Jeff. Vision que je n'aurais préféré ne jamais connaitre. Vision qu'il n'aurait jamais dû avoir tout simplement. J'en veux à ton mari, j'en veux à ceux qui me regarde bizarrement, et à ceux qui me jugent. J'en veux même un peu à tout le monde parfois. C'est vrai, je n'ai pas l'impression d'avoir mérité ça juste parce que j'aime une femme que son mari n'apprécie pas à sa juste valeur... J'aime. Le mot est prononcé. Pire que tout il est dit au présent. Est-ce que je dois y découvrir ce qui l'aveugle tant? Est-ce que je peux y accorder la moindre importance? En ais-je envie? Les choses sont bien assez compliquées comme ça et je ne veux même pas savoir si cela fut vrai un jour. Encore moins si ça l'est aujourd'hui. Les motivations que je trouve pour oublier que je tiens à lui vont s’effondrer si je prends au mot tout ce qu'il me dit. C'est pourtant plus fort que moi. Que mon cerveau tout du moins qui veut apparemment me persuader qu'il n'a pas dit cela par hasard. Toi et moi cela ne se terminera pas de mon fait. Les paroles que nous avons échangées depuis le début de notre conversation se recoupent incessamment à l'intérieur de mon crâne et je voudrais y mettre un terme. Je voudrais l'écouter, fixer le mouvement de ses lèvres et boire des paroles douloureuses mais que je ne pensais pas entendre. L'observer, détailler ses traits et me souvenir que j'ai eu la chance de le voir arriver dans ma vie. Ça a brisé la sienne. Ça a sauvé la mienne. Je voudrais pouvoir le lui rendre. Je voudrais tellement.

J'aimerais qu'on ne se prenne plus la tête à propos de ça. C'est ce que je retiens de ses dernières paroles. Il doit avoir raison. C'est évident en fait. J'ai cru qu'il était indispensable de parler de tout cela et pourtant on se porterait bien mieux si nous allions de l'avant. Voir ou les choses nous mènent sans faire de projet. Ne pas chercher à programmer nos réactions au nom d'un soit disant mal être qui se devrait d'être instauré. Imiter les voitures. Finalement cela parait tellement plus logique de le faire aujourd'hui. Mon regard abandonne la mer et se pose sur le sable ou je dessinais inconsciemment depuis tout à l'heure. Des ronds innombrables au bout de mes doigts. Je vois sa main juste à coté de la mienne et pose la mienne par dessus avant de lui adresser un sourire entre complicité et timidité. Quant à moi, je veux être présente. Je le serais aussi longtemps que tu en auras envie. Besoin. Comme je peux être maladroite dans ce genre de situation. Je me demande même si je ne me mets pas à trembler. J'ai l'impression de prendre une décision éminemment importante en choisissant de rester auprès de lui tant qu'il le voudra, même si ce n'est plus que comme un soutien. Il bouge et me demande si nous partons. Je ne sais pas bien que répondre mais il semble déjà décidé puisqu'il se glisse jusque devant sa chaise et prend appui sur ses bras pour s'y installer. Il place méthodiquement ses jambes sur les appuis-pieds. J’analyse le moindre de ses faits et gestes avec une forme d'admiration. Je me suis toujours demandée si on pouvait véritablement s'habituer à la "vie en fauteuil" et Leo semble s'y être vite adapté. D'un autre coté c'est plus une obligation qu'un choix. Il me regarde, se mord la lèvre et je fais instinctivement de même tout en baissant vivement le regard sur le sable. Son jugement me terrifie je le réalise maintenant. Je crains l'installation d'un silence mais il m'invite bien vite à souper chez lui. La note hésitante dans sa voix me fait cruellement plaisir. Je ne suis pas la seule à me sentir paniquée par cette situation. Je me redresse, nettoie ma tenue de quelques gestes de la main et offre un sourire plus assuré que les précédents. Avec plaisir, tu es venu... En voiture m'apprêtais-je à demander. Je regrette mes paroles mais décide de ne pas rester longtemps sur mon faux-pas car d'autres risquent bien de suivre accidentellement. Tu veux y aller à pied ou dans ma voiture? finis-je par demander avant de serrer les dents et de fermer les paupières une demi seconde. Moi qui pensais avoir trouvé une formulation correcte je désespère.

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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mar 27 Jan - 4:22

Ledith
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Je claquai la langue en secouant un peu mon vieux stylo bleu. Plus mes stylos étaient mâchouillés, plus je les aimais, et celui-là avait un bouchon difforme, et pour ne pas le jeter, je l'usais jusqu'à la limite du possible. Je souris en réussissant à terminer à écrire le score de mon étudiant pour son test, et déposai mon vieux bic à côté de la copie. Il y avait une satisfaction à voir ses étudiants réussir presque impossible à expliquer à quelqu'un n'enseignant pas. Je m'étirai en lâchant un long bâillement silencieux et jetai un coup d’œil à travers de la fenêtre du bureau que j'avais aménagé chez moi. Il faisait noir, peut-être même déjà nuit, et il pleuvait des cordes. Un gros orage s'annonçait à l'horizon.

«Quant à moi, je veux être présente. Je le serais aussi longtemps que tu en auras envie. Besoin.» Le dernier mot qu'elle prononça résonna longtemps dans ma tête. Elle savait que j'avais envie d'elle auprès de moi, mais également que j'avais besoin d'elle à mes côtés. Inconsciemment, elle venait de l'affirmer, et je devais avouer qu'elle avait plus que raison. Je le réalisais soudain pleinement: je l'aimais plus que je ne voulais me le faire croire, que je ne voulais lui faire croire à elle. C'était évident, pourtant, mais pas tant que ça non plus. Je lui murmurai, peu être trop bas pour qu'elle ne s'en rende compte: «Merci.» Un seul mot qui voulait pourtant dire tellement de choses.

La tempête rageait depuis un moment déjà lorsque mon téléphone sonna et me réveilla. Je cherchai à tâtons le cellulaire sur ma table de chevet, puis répondit finalement à la troisième sonnerie d'une voix endormie. «Oui, allo?» Je fronçai les sourcils et me redressai d'un coup, le corps soudainement tendu comme un ressort. «Edith? Edith, qu'est-ce qu'il y a? Qu'est-ce qu'il s'est passé?» J'étais déjà en train d'enfiler un pantalon, le téléphone entre mon épaule et mon oreille. Mon coeur battait fort, l’adrénaline m'envahissait, et l'inquiétude me tenaillait maintenant sans possibilité d'apaisement avant d'être auprès d'elle. Sa voix tremblait, et l'idée même que son mari lui ait encore fait du mal me emplissait de haine à son égard. «D'accord. Okay. Respire, ça va aller. Reste là, et s'il revient chez vous pour te frapper de nouveau, enferme-toi dans la salle de bain, compris? J'arrive.» Je claquai la porte d'entrer de chez moi, ma veste sous le bras, les clefs de ma voiture dans une main et lmon téléphone dans l'autre. À peine avais-je eu le temps de marcher jusqu'à ma voiture que je l’aperçue, là, devant chez moi, seule et frigorifiée, complètement trempée, le portable à la main.

Je lui proposai de nous en aller, et me hissai sur ma chaise roulante avant qu'elle n'ait pu protester ou se proposer pour m'aider. Je m'efforçai de bien paraître devant elle, et m'assurai donc d'avoir l'air le plus naturel possible. Avec une légère gêne, je plaçai machinalement mes pieds sur leur appuis, et relevai les yeux dans la direction de l'ancienne danseuse, qui m'observait avec insistance. Je me mordis la lèvre, incapable de dire quoi que ce soit, et lorsqu'elle fit de même, je lâchai un rire, plus détendu. Ouais, cette femme, je l'adorais. «Hey, regarde-moi.» Je souris, et soutins son regard de longues secondes sans même éprouver le désir de dire quelque chose. La regarder, comme ça, en silence, c'était bien mon genre. Je ne savais pas d'où cela pouvait me venir, mais lorsque les mots n'étaient pas assez forts, lorsque je ne savais pas comment les utiliser, je ne faisais que la regarder.

C'était ce que j'avais fait, le jour où nous nous étions embrassés pour la première fois. Le son des gouttes de pluies s'écrasant contre le bitume devant la maison est encore clair dans ma tête, lorsque j'y repense.

Je m'empressa de la rejoindre et lui passai ma veste sur les épaules. «Ne reste pas là, tu vas attraper ton coup de mort. Viens, on rentre.» Et aussi surpris avais-je été de la voir là, je fus complètement sidéré lorsqu'elle m'embrassa. Ça avait d'abord été un baiser libérateur et pressant, qui s'était finalement adoucit et attendrit. J'avais passé une main sur sa nuque et l'avait rapprochée, pressée contre moi de l'autre. La pluie ruisselait dans ses cheveux et aplatissait les miens contre mon front tandis que nos vêtements imbibaient tout ce qu'ils pouvaient. Ce soir-là, elle avait touchée mon âme, et j'avais pu toucher la sienne.

Lorsque je me rendis finalement compte qu'elle devait se demander ce à quoi je pensais, je me repris un peu maladroitement en lui proposant d'une voix hésitante de venir souper chez moi. Elle accepta en se relevant avec un joli sourire. «Tu es venu-» Elle se rattrappa rapidement: «Tu veux y aller à pieds ou dans ma voiture?» J'haussai les épaules et sourit pour la rassurer: je n'étais pas vexé par sa «presque question.» «On va quand même pas laisser ta voiture ici, non? Le tour de fauteuil sera pour plus tard, promis!» terminai-je en plaisantant. J'attendis qu'elle me rejoigne pour me diriger aussi vers sa voiture. «Tu voudras bien mettre le fauteuil dans ta valise?» demandai-je quand même.
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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mar 27 Jan - 17:17

Leo ∞ Edith
Time waits for no one so do you want to waste some time tonight? Don’t be afraid of tomorrow, just take my hand, I'll make it feel so much better. Swing me these sorrows and try delusion for a while. It’s such a beautiful lie. Romance your ego for a while. Come on, give it a try. We are all illuminated, lights are shining on our faces, blinding. [HURTS]
J
e ne me souviens que trop bien de notre premier repas. Un peu comme de notre première rencontre. Un peu comme de tous les moments que nous avons pu passer ensemble à vrai dire. Contrairement aux souvenirs que j'ai des débuts de ma relation avec Jefferson, ceux de nos débuts à Léo et moi sont encore bien gravés dans ma mémoire. Je vois trois raisons à cela. Tout d'abord les évènements sont encore récents, après tout si notre amitié remonte à près d'un an, nos premiers flirts et notre liaison n'ont, eux, que quelques mois. Ensuite j'ai méthodiquement conservé la moindre image histoire de les peindre. C'est un besoin que j'ai très vite ressenti: besoin d’extérioriser, de mettre des couleurs sur ce que nous partagions ou tout simplement sur ce que je ressentais. Il faut dire que mes doutes étaient nombreux et mon incompréhension grandissante. J'aimais mon mari et pourtant j'en venais à me détourner de lui. Je n'ai toujours pas trouvé de réponses à mes questions d'ailleurs...Pour finir, lorsque Jefferson et moi nous somme mariés, ce fut presque par défaut. Nous étions seuls, perdus, abandonnés par notre entourage et le courant passant bien (les nuits étant plus qu'agréables à vrai dire) nous nous sommes réfugiés dans la sécurité qu'offrait un mariage mais notre relation n'était pas des plus palpitantes ce qui explique sans doute que je ne me souvienne que vaguement de cette époque. D'ailleurs, plus j'ai aimé mon époux, plus j'ai apprécié les moments que nous partagions à tel point qu'aujourd'hui les flashs qu'ils me restent concernent soit mon amant, soit les beaux moments passés avec Jeff ces derniers mois -rares mais véritablement beaux. Quoi qu'il en soit, c'est à ce tout premier repas que je pense alors que nous nous dirigeons lentement vers ma voiture. Je marche à un ou deux mètres de lui, trainant discrètement les pieds pour rester à son niveau sans paraitre l’attendre ni le presser alors qu'il progresse difficilement dans le sable. J'ai pensé l'aider en poussant son fauteuil mais je me suis abstenue ne serais-ce que de proposer. Déjà parce que poser la question m'aurait paru étrange et j'aurais eu peur de le blesser. Ensuite proposer mon aide me semble dérisoire. C'est avant que j'aurais dû véritablement agir en sa faveur en le protégeant de Jeff, aujourd'hui que je l'ai mis dans cette situation n'avoir comme seule influence que de pousser son fauteuil me laisse amère. Lui aussi sans doute.

Ce repas donc. Nous avions pris l'habitude de nous installer à la terrasse d'un restaurant pour boire un café lorsqu'il sortait des cours mais, un après-midi, entre un commentaire sur son job et une remarque ironique sur le spéculoos que j'avais volé au bord de sa tasse, il me proposa de revenir en soirée pour manger un véritable plat dans ce bistro dont nous ne connaissions que les boissons. Ce ne fut rien de plus qu'une invitation lancée en l'air mais elle représentait tout de même un sacré pas en avant pour nous, preuve en est qu'après cela la situation évolua très vite. Il faut dire que lorsque nous abordions les rumeurs courant sur nous deux, nous nous amusions à faire remarquer qu'il n'y avait tout simplement rien à constater. Deux amis qui prennent un verre cela n'a pas beaucoup d'importance. Si l'on dînait ensemble, là il y aurait des questions à se poser! M'amusais-je souvent à répéter avec ironie, riant de ceux et celles qui trouvent toujours du grain à moudre lorsqu'il s'agit de ragots. Alors si, fondamentalement, une invitation n'engage à rien, pour nous deux la sémantique était quelque peu différente du langage commun. Mais cela ne me refroidit pas pour autant, au contraire. Je pense bien que s'il ne l'avait pas fait, j'aurais moi même cherché à faire évoluer notre relation car l'amitié devenait plus qu’insuffisante. Le petit idylle platonique qui s'ensuivit finit bien vite, lui aussi, par ne plus me suffire. Je me souviens de son costume noir, une des seules fois ou je l'ai vu dans pareille tenue. Je me souviens aussi la robe blanche que j'avais porté ce soir là. Si, à l'époque déjà, ma garde robe était principalement constituée de tenues que je m'étais offerte avec l'argent de mon mari, il me restait quelques ensembles du temps ou je vivais à Paris. Caprice quelque peu infondé, j'avais préféré porter une de ces vieilles robes. Enfin vieilles, elles avaient une dizaine d'années mais restaient tout à fait correctes. Simplement elles restaient la plus part du temps suspendues au fond de mon armoire mais, sans bien savoir pourquoi, je ne me voyais pas passer la soirée avec cet homme que j'envisageais de plus en plus comme un concurrent de mon mari, dans une robe offerte par ce dernier. Nous avions parlé danse, voyages, projets d'avenir tout à fait insensés mais témoignant de façon détournée de l'intérêt de plus en plus poussé que nous portions l'un à l'autre. La soirée c'était parfaitement déroulée et nous nous quittâmes amis. Pourtant, lorsque trois jours après Jefferson revint du front et voulu me convaincre à plusieurs reprises de lui offrir ce que je n’avais pas la tête à faire, je quittais la maison d'un pas décidé et téléphonant sans une hésitation à Léo je réalisais à sa voix qu'il était tout aussi préoccupé par mon sort que moi par le sien. Espérant qu'il ne s'agissait pas uniquement de pitié -car de mon coté c'était bien plus que cela, je n'avais pas de raison de le considérer comme fragilisé- j'arrivais chez lui sans prévenir et, comme il venait à ma rencontre je me contentais de l'embrasser. Je ne sais pas exactement d’où me vint cet instinct, cette audace, mais je ne les ai jamais regrettés, si ce n'est peut-être depuis l'agression. En tous cas, sur le moment ce fut plus la libération que la culpabilité qui m'envahit. Aujourd'hui, lorsque j'y repense j'imagine tout ce qui serait ou ne serait pas si j'avais agit autrement mais à l'époque je me réjouissais juste de sentir que Léo ne me repoussait pas. Au contraire.

Je souris vaguement lorsqu'il cherche ironiquement à me rassurer en m'assurant que nous ferrons un tour en fauteuil un jour que je devais simplement être patiente. Sincèrement je ne suis pas pressée, je sais pertinemment que la gêne que je dégagerais dans cette situation plomberait l'ambiance. Cependant je n'en dis rien et je retourne à mes souvenirs. Être patiente. C'est ce que je me suis honteusement répété suite à ce baiser. Entre passion et retenue. Entre révélation et craintes. Je m'accrochais à lui comme si la moindre distance qu'il mettrait entre nous signait la fin de ce qui fut un instant de Paradis. Pourtant lorsqu'il mit fin à ce baiser je ne parvins pas à soutenir son regard et quoi qu'il put dire à l'époque je ne m'en souviens pas. Peut-être n'a-t-il tout simplement rien dit. En tous cas c'est ce que je moi je fis. Je restais silencieuse et presque distante, contenant de mon mieux l'ouragan dans ma tête. Il m'a invitée à prendre un thé, m'a un peu interrogée sur les agissements de Jefferson mais comme je restais silencieuse il n'insista pas et se contenta d'accepter que je me blottisse contre lui et sanglote jusqu'à l'aube. Être patiente. A l'époque cela signifiait attendre le départ de mon militaire d'époux car tant qu'il était là rien ne pourrait plus se jouer. Rien de plus que ce que nous vivions mais même nos entrevues occasionnelles furent mises en parenthèses. Peut-être, d'ailleurs, est-ce cette longue et douloureuse pause qui me rendit plus entreprenante lors de nos retrouvailles. Évidemment...Il se plie comme une poussette? m'enquis-je abandonnant définitivement mes pensées et aidant Léo à s'installer en voiture avant de me débattre avec son siège.

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MessageSujet: Re: True love is like ghosts, which everybody talks about and few have seen. (Ledith) Mar 27 Jan - 17:25

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