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Every truth has two sides | Edith

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : Boston
TES DOUBLES : Eléa, Gwen, Emrys & Lexia
TON AVATAR : Claire Holt
TES CRÉDITS : ava - tearsflight ; signa - anaëlle ; gif profil - tumblr
TA DISPONIBILITE RP : 0/2 : Josh
RAGOTS PARTAGÉS : 1900
POINTS : 3804
ARRIVÉE À TENBY : 17/11/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 28 ans
CÔTÉ COEUR : It's not the fall that kills you, it's the sudden stop
PROFESSION : Aromathérapeute (spécialiste en pharmacie)


MessageSujet: Every truth has two sides | Edith Jeu 20 Nov - 15:33



Nous étions tous projetés dans les tréfonds de la vie, sans précaution, sans notice d’explication. C’était le grand saut dans l’inconnu. Certains, comme souvent, tiraient leur épingle du jeu, tandis que les autres se noyaient dans cette existence qui les effritait. Survivre dans un monde qui s’apparentait à une prison tenait d’un petit miracle : celui-ci s’illustrait au travers de leur passion, de leurs rêves ou de leurs idéaux qui les maintenaient à la surface. Chacun avait son moyen de s’en sortir, mais certains d’entre eux vous abîmaient plus que d’autres. C’était ainsi. La règle pour continuer à garder la tête hors de l’eau ? Se relever quoiqu’il arrive, en toutes circonstances. Avec un morceau de cœur ou de mémoire en moins, déchiré par les aléas de l’existence ou asphyxié par la connerie ambiante… Se relever et retrouver la surface une fois encore. C’était ce que Fiona s’était efforcée à faire au cours des derniers mois. Chaque journée était un combat dans lequel elle luttait contre elle-même pour récupérer ses souvenirs, même si ces derniers temps, elle avait préféré relâcher la pression qui pesait sur elle. Rien ne fonctionnait. Plus elle cherchait à retrouver la mémoire, plus le voile se compactait dans sa tête. La jolie blonde avait donc pris la résolution de mettre ce problème de côté pour l’instant et de laisser les choses se faire. Elle avait notamment déménagé de chez elle depuis quelques semaines pour s’éloigner de sa famille et elle gardait ses distances avec les proches qui insistaient trop sur cette histoire. Il y avait pourtant quelques rares personnes dont Fiona continuait d’apprécier la compagnie, parmi elles, Edith. Étrangement, sa vieille amie ne l’avait jamais bousculée dans ses souvenirs et continuait de lui parler normalement, comme si la jolie blonde n’avait jamais eu son amnésie, même si plusieurs années avaient purement et simplement été effacées de sa tête. La plupart du temps, la jeune Gaspard  mentionnait le sujet uniquement si Fiona l’abordait, ce qui soulageait la jeune femme, qui avait pris pour habitude de limite se faire agresser de questions dans le genre « Et alors du progrès ? Tu t’es souvenue de quoi depuis la dernière fois ? Toujours pas ? Quand ? Comment ? » et autres interrogations dans ce goût-là. À vrai dire, les deux amies n’avaient pas non plus eu l’occasion de passer beaucoup de temps ensemble lors de chacune de leurs rencontres, depuis la sortie de l’hôpital de Fiona, c’est pourquoi, aujourd’hui, Edith lui avait proposé de venir souper chez elle pour qu’elles puissent rattraper ces derniers mois. Voyant l’heure se rapprocher sur l’horloge clignotante, la jeune aromathérapeuthe termina vite de se préparer. Elle avait enfilé une petite robe foncée et classe mais pas trop formelle pour une soirée entre copines. Edith souhaiterait peut-être sortir après le repas chez elle ou non, on n’était jamais trop prévoyants. La jolie blonde attrapa son sac à main dans le hall d’entrée ainsi que le bouquet de gerberas vivement colorées qu’elle avait acheté une heure auparavant avant de partir de chez elle et de monter dans sa voiture. Elle démarra le véhicule et fut alors confrontée à un problème auquel elle n’avait pas pensé auparavant : elle ne se souvenait plus où vivait Edith. Préférant d’abord regarder dans son sac plutôt que de déranger maladroitement son hôtesse pour un problème de souvenirs, Fiona retrouva un carnet où elle avait consigné les coordonnées de ses proches, un aide-mémoire dont elle ne se servait jamais à l’époque mais qui s’avérait bien utile aujourd’hui, dans sa condition actuelle. Elle retrouva l’adresse d’Edith consignée dedans et l’indiqua dans le GPS pour trouver le bon chemin. Fiona avait beau vivre à Tenby depuis l’enfance, elle devait à peu près tout réapprendre sur la configuration des lieux. Baissant le frein à main, la jeune conductrice enclencha à nouveau le moteur et quitta l’allée en direction de la maison de son amie. Quelques minutes plus tard seulement, elle arriva devant ladite demeure. Fiona attrapa son sac et le bouquet qui reposaient sur le siège passager et elle sortit ensuite de la voiture. Ses pas la menèrent jusqu’à la porte d’entrée imposante de la villa où elle sonna et attendit patiemment qu’on vienne lui ouvrir. Le rythme de sa respiration s’accéléra quelque peu à l’idée suivante : comment se passerait donc cette soirée ?  

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Jeu 20 Nov - 19:35

Fiona ∞ Edith

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Fiona moi je l'aime. Des amies je n'en ai jamais eu beaucoup: trop couvée par ma mère enfant, trop indifférente adolescente et trop craintive adulte. Pourtant mademoiselle Miller s'est installée assez rapidement dans ma vie et je pense que ce fut réciproque. Quelques mois à peine après notre première rencontre nous étions déjà inséparables. Inséparables du point de vue de deux femmes intégrées à la vie active, c'est bien entendu moins inséparables que deux adolescentes mais ça l'est tout de même bien assez pour que nous restions toujours informées de ce qui se jouait dans la vie de l'autre. Donc Fiona je l'aime. Seulement elle m'a fait du mal. Pas directement, certes, mais bien assez, bien trop. Tellement qu'inconsciemment je la hais. Je refuse de l'admettre car elle a souffert récemment et elle a besoin d'un soutien. De plus au nom de notre belle amitié passée je voudrais lui laisser une chance mais quelque part au fond de moi il y a ce besoin de vengeance terrible et violent qui me déchire en permanence. Vous savez, parfois j'ai même l'impression que je suis paranoïaque. Ce sont comme des moments de lucidité...Je revois toutes ces fois ou j'ai lu dans son regard qu'elle savait ce que Jefferson me faisait endurer...et j'ai soudain l'impression d'avoir mal interprété ce que disaient ses yeux. Je trouve ça hallucinant ce que l'amitié peut faire. Ce que les sentiments peuvent faire. Ils ont une sacrée influence sur notre objectivité car après tout comment peut-on considérer comme rationnel le fait que ma meilleure amie, celle qui lit en moi comme dans un livre ouvert depuis près de dix ans ait été incapable de déceler ma douleur? Élan de rage et le pinceau vole à travers la pièce. Exaspérée par mes réflexions qui tournent en rond depuis mon réveil je ne prends pas la peine de ramasser l'outil que je viens de jeter et quitte mon atelier sans un regard en arrière. Il est onze heures.

Muse fait trembler les murs de la villa. Je n'ai plus le choix, si je veux supporter de vivre dans cet endroit je dois m'asseoir devant une toile et peindre pour m'évader loin de la réalité des lieux ou me détruire les tympans. Les deux options m'enchantent mais j'admets que mes voisins ont tous une préférence pour la première. Qu'ils s'étouffent avec leurs plaintes, en dix ans je n'ai jamais bronché pour les aboiements répétitifs ou les gloussements exaspérants qu'ils concèdent quelques semaines de musique à leur pauvre folle de voisine qui s’enfuit en courant de chez elle à toute heure de la journée ou de la nuit. Clafoutis aux légumes: fait! Poulet sauce curry: fait! Gâteau au trois chocolats: fait! Je joue pensivement avec un stylo tout en réfléchissant à ce qu'il me reste à préparer. A première vue mon menu est complet et s'il me reste à mettre la table je ne compte pas le faire avant son arrivée histoire qu'elle puisse choisir ou l'on mange. La connaissant j'aurais tendance à dire qu'elle optera pour la véranda comme chaque fois que je l'ai invitée ces dernières années mais suite à son amnésie je serais curieuse de voir si ses goûts ont évolués. Puisqu'il me reste deux heures avant l'arrivée de mon amie je prends une douche en chantonnant Neutron Star Collision. Pas le temps d'enchainer un second titre, je ne prends plus que des douches éclairs depuis le départ de Jeff. Un changement de plus. Un comportement étrange presque maniaque de plus. Mon psy s'inquiète mais je n'ai pas de problème, je ne fais que m'adapter à ce que réclame mon corps. Ce besoin omniprésent de retrouver les mains de mon chéri, sa chaleur et son parfum. Prendre une douche seule par exemple c'est risquer de fondre en sanglots. Le souvenir de mon époux est trop présent et...douloureux aussi. Pas seulement car la solitude ne me va pas mais aussi et surtout parce que mes sentiments persistants envers l'homme qui m'a battue ces six dernières années et qui a faillit tuer l'homme que je suis censée aimer...Et bien c'en est trop pour moi.

La cloche à l'entrée retentit et me sort de mes pensées. Je reviens à la réalité et réalise être roulée en boule sur le sol de ma chambre, emballée dans ma serviette de bain. Je fixe avec beaucoup d'étonnement le radio-réveil posé sur ma table de chevet et réalise que je suis sortie de la salle de bain il y a plus d'une heure...Qu'ais-je fait de ce temps, bonne question. Fébrile je m'empresse d'enfiler la petite tenue que j'avais préparé ce matin puis me rue vers la porte d'entrée. Fiona! m'exclamais-je tout sourire espérant que mon regard ne reflète rien des inquiétudes se bousculant dans mon crâne. Je suis au retard, quelle image je vais te donner? Je t'assure que c'est la première fois que cela m'arrive depuis que nous nous connaissons, assurais-je en riant passant vivement ma main dans mes cheveux non coiffés. Je l'invite à entrer et suspends sa veste au porte manteau avant de l'emmèner vers le salon. Salon, cuisine, vérandas ou salle à manger, je te laisse décider ou l'on va diner!
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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Ven 21 Nov - 12:19


Il avait suffi de quelques secondes pour qu’Edith lui ouvre la porte. Fiona releva les yeux vers elle lorsque son prénom résonna d’une voix aux accents mélancoliques. La jolie blonde n’avait peut-être plus aucune trace de leur passé commun en tête, pourtant l’étrange mélodie de ses cordes vocales ne la trompait pas. Son amie faisait bonne figure depuis longtemps. Malgré cette certitude ancrée au fond d’elle, Fiona n’arrivait pourtant toujours pas à déterminer ce qui se cachait derrière le voile terne de ses prunelles. Que cachait-elle ? Que fuyait-elle ? Autant de questions que la jeune femme ne se risquerait pas à poser, elle qui détestait qu’on la pousse à s’ouvrir quand elle n’avait nulle envie de le faire. Même si Fiona ne se rappelait plus ces derniers mois, Edith savait sans doute qu’elle pouvait toujours compter sur elle. « Hello ! » Répondit finalement la jeune aromathérapeuthe, constatant du même coup que son amie était légèrement… débraillée. Fiona ne s’en formalisait absolument pas, cependant elle redouta d’être arrivée avec un peu d’avance. « C’est moi qui suis arrivée trop tôt peut-être ? » Formula-t-elle d’une voix quelque peu gênée. Edith la rassura aussitôt en lui affirmant que c’était elle qui était en retard et que ça ne lui était jamais arrivé auparavant. Désireuse de dissiper tout malaise que ce soit de son côté ou de celui de son hôtesse, Fiona esquissa un sourire plus détendu. « T’inquiètes, on est entre nous de toute façon. » La jolie blonde offrit ensuite le bouquet de gerberas colorées à Edith qu’elle avait pris pour la remercier de son invitation. Elle entra ensuite à l’intérieur, puis retira sa veste et la tendit à son amie qui l’accrocha au porte-manteau dans le vestibule. Une bonne odeur se dégageait dans la maison, une odeur qui provenait sans aucun doute de la cuisine. « Mais dis-moi, ça sent bon dans le coin… » Lâcha Fiona pour complimenter Edith. Le manque de souvenir mis de côté, la jeune femme avait un don pour cerner les gens rapidement. Elle avait rapidement compris que son amie aimait avoir le contrôle de la situation, c’est-à-dire que les choses soient bien faites. Tandis que Fiona laissait ses yeux s’attarder sur la décoration du salon pour voir si elle se rappelait de l’endroit, Edith lui proposa de choisir l’endroit où elles mangeraient ce soir. Surprise par cette question, la jolie blonde ne sut que répondre dans un premier temps. Était-ce une habitude entre elles par le passé ? Ne mangeaient-elles pas d’ordinaire dans la salle à manger comme il était d’usage ? Loin d’être simple d’esprit, Fiona comprit que si son amie lui posait la question, c’était qu’elles avaient justement l’habitude d’agir différemment que la ‘normalité’ à ce sujet… Edith la testait-elle inconsciemment ou volontairement ? Après quelques secondes de réflexion, la jolie blonde se décida instinctivement pour l’une de ces pièces. « La véranda, ce sera parfait. » Déclara-t-elle, d’un air amusé.  « Tu as besoin d’un coup de main en cuisine ou pour installer quelque chose ? » Si  la propriétaire de la maison lui avait proposé de choisir un lieu pour leur repas, la table ne devait probablement pas encore être dressée.

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Ven 21 Nov - 22:36

Fiona ∞ Edith

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Je présente quelques excuses à Fiona concernant mon apparence peu soignée. Moins que ce que j'aurais voulu du moins. Mon petit ensemble est tout de même raffiné et classe mais mes cheveux et l'absence de maquillage n'aident pas à me donner un air détendu d'autant que je ne le suis pas réellement, toujours inquiète suite à ma petite inconscience de tout à l'heure. Merci beaucoup pour les fleurs! Je vais les mettre dans l'eau et terminer de me préparer...Je fais vite, dans dix minutes je suis là, en attendant fais comme chez toi! conclus-je avec un clin d’œil complice. Fut un temps ou cette villa était presque sa deuxième maison et si cette proximité c'était dissipée avec l'effritement de notre amitié, il n'empêche que rien n'a véritablement changé ici et que s'il lui restait des souvenirs elle pourrait sans doute redessiner les lieux les yeux fermés. Alors en souvenir de cette époque je l'invite presque à fouiner histoire de ramener des images à la surface. Si je peux l'aider à se souvenir, je le ferrais avec plaisir. Après tout sa situation est loin d'être enviable et s'il est vrai que j'aurais parfois envie d’effacer des pans entiers de mon histoire, les voir disparaitre de ma mémoire serait tout de même frustrant. Alors que je me dirige vers la cuisine en quête d'un vase j'entends mon amie me complimenter sur le fumet de mes plats. Je souris et m'apprête à lui donner des indices sur ce que je lui ai préparé lorsque je tombe nez-à-nez avec un vase. C'est ce dont j'avais besoin et pourtant le voir ne me fait pas plaisir. Au contraire. Je referme violemment les portes du placard et reste tétanisée un instant. C'est un cylindre de verre qui a contenu bien des bouquets depuis que Jefferson me l'a offert. Dix pour être exacte puisque c'était le vase attitré à la Saint Valentin que je ressortais chaque année en février pour que mon chéri y dépose les coquelicots qu'il m'avait cueillit. Oui, des bouquets de coquelicots ça ne se vend pas, elles sont si éphémères ces fleurs. Mais puisqu'elles étaient mes préférées Jefferson s'arrangeait toujours pour m’en trouver, quitte à ce qu'elles ne durent qu'une journée en vase. Et ce putain de rituel qui finissait toujours par des effusions d'amour dans tous les sens du terme, n'aura plus lieu. Jamais. Je voudrais tant que cela me soulage mais c'est simplement une douleur insoutenable. Une cruche ferra l'affaire pas vrai? m'exclamais-je le ton si enthousiaste que cela sonne faux. Mains tremblantes je remplis une cruche d'eau, y dépose le bouquet et m'empresse de rejoindre la salle de bain. Des larmes menacent mais elles ne viendront pas. Ce soir je me change les idées. On se change les idées car je suis certaine que Fiona aussi a besoin d'oublier ses problèmes. Mascara, rose à lèvres et fard à paupière léger. Sèche cheveux et quelques coups de brosses. J'enfile mes escarpins noir et me sens déjà un peu plus apte à aborder la soirée comme il se doit.

Je reviens près d'elle et Fiona répond à la question que je lui avais posée dès son arrivée. Sa réponse ne m'étonne pas et un vague sourire revient sur mes lèvres. La véranda, excellent choix...et qui te correspond très bien! J'invite mon amie à me suivre dans la cuisine ou j'empile assiettes et couverts sur un plateau. Je rajoute des verres et des serviettes. Tu pourrais porter le plateau? De mon coté je sors les clafoutis du four ou ils ont tiédis ce qui sera sans doute meilleur. Je prends en plus un panier de baguettes et une bouteille de vin. Petite note française autant car j'ai gardé les habitudes de mon pays natal que pour faire plaisir à mon amie qui à les mêmes origines que moi. Nous descendons jusqu'à la véranda. Je laisse mon amie mettre la table tandis que j'allume les lampes dans le jardin et sur la terrasse ainsi que celle de la véranda. J'allume un feu dans la cheminée séparant la pièce ou nous nous trouvons de la salle à manger puis aide Fiona à terminer. Clafoutis de légumes, j'ai tenu à faire simple j'espère que cela te conviendras. Bon appétit!
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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Dim 23 Nov - 13:06


Sa voix. C’était sa voix qui la trahissait le plus, bien plus que le voile terne qui se reflétait dans ses prunelles. Il s’était passé quelque chose dans la vie d’Edith dont Fiona ne savait rien, mis à part que son homme ne vivait plus avec elle. Les deux amies n’avaient pas abordé le sujet depuis l’amnésie de la jeune aromathérapeuthe, à quoi bon, puisque la jeune femme ne se souvenait pas ce qui s’était passé ? Fiona l’entendait résonner, cette mélancolie dans l’accent français de son hôtesse. Elle ne fit cependant aucun commentaire et acquiesça d’un sourire engageant, lorsque cette dernière troqua une cruche contre le vase habituel dans lequel les bouquets étaient mis. Première indication : Edith avait-elle cassé tous les vases de cette maison ? Finalement, la française s’excusa et s’effaça du salon pour terminer de se préparer. Pendant qu’Edith s’éclipsa, Fiona admira la décoration intérieure du salon. Son regard s’attarda sur les statuettes d’art moderne qui trônaient sur une table basse en bois. Elle avait une impression de déjà vu, sans doute sa mémoire essayait-elle de lui ramener le souvenir de leur présence, cependant aucun flash n’envahit ses pensées. La jeune femme avança dans la pièce et contourna l’immense sofa foncé, dans lequel il était probablement confortable de s’installer. Au fond d’elle, elle était convaincue d’être déjà venue dans ce salon à plusieurs reprises auparavant. Edith et elle avaient certainement déjà passé des après-midi entre copines, à regarder un film, à boire une tasse de thé et se raconter des ragots de filles ou à partager leurs soucis du moment. Rien de tout cela ne lui revenait. Fiona cessa de se perdre dans ses rêveries lorsqu’elle entendit son amie approcher. « Wow ! Quel changement ! Toujours aussi magnifique ! » La complimenta l’aromathérapeute pour l’effort. Edith avait tout de suite une autre allure, plus fière, plus distinguée, à l’image de ce qu’elle souhaitait sans nul doute dégager, même pour un simple dîner entre copines. Après quelques secondes de réflexion, la jolie blonde choisit la véranda pour leur dîner et proposa son aide pour dresser la table. Visiblement, ce choix correspondait à ce qu’elle avait déjà pu décider quelques mois auparavant. Fiona esquissa un sourire : sa perte de mémoire ne l’avait donc pas totalement changée, puisqu’instinctivement, elle retrouvait certains automatismes. La jeune femme accompagna son hôtesse dans la cuisine pour lui prêter main forte. « Bien sûr ! » Répondit-elle aussitôt, lorsqu’Edith lui demanda de prendre le plateau avec tout le nécessaire pour manger, tandis que la cuisinière du jour s’occupait d’emmener l’entrée. Fiona partit sous la véranda où elle disposa la table en attendant l’arrivée de son amie, qui ne tarda pas à débarquer avec un beau plat, les baguettes qui rappelaient la touche française d’Edith, et une bonne bouteille de vin. La jolie blonde débouchonna ensuite la bouteille de vin et servit deux verres tandis que son amie terminait d’allumer les lampes et le feu dans la cheminée, afin qu’elles soient un peu plus au chaud. Elles s’installèrent enfin à la table pour commencer le délicieux repas que leur avait préparé Edith par un clafoutis de légumes. « C’est parfait ! Cette odeur… J’ai l’impression que ce n’est pas la première fois que tu en fais. Tu vois, tu es tellement douée dans ce domaine, que je n’ai même pas oublié tes talents derrière les fourneaux ! » La complimenta généreusement Fiona sur le ton de l’humour. D’accord, ce n’était pas très difficile de préparer un repas, mais la jeune femme savait qu’Edith était du genre perfectionniste, presque à se mettre la pression parfois, alors elle ne manquait pas une occasion de la rassurer si ça pouvait lui faire plaisir, et surtout la faire sourire un peu. Néanmoins, Fiona le pensait sincèrement. « Bon appétit à toi aussi ! » Elle goûta le délicieux clafoutis de légume, puis, encouragée par les signes positifs réveillant sa mémoire ce soir, la jeune femme lança une question d’apparence anodine, mais qu’elle ignorait être percutante en réalité. « Dis-moi… J’évite souvent le sujet de l’amitié qu’on a partagé, parce que je n’aime pas quand on me raconte et que je ne me souviens de rien, mais je me demandais… ça nous est déjà arrivé de nous prendre la tête ? » Simple curiosité. Avaient-elles toujours été sur cette même longueur d’ondes ? Bonne question.

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Dim 23 Nov - 14:27

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Nous nous installons sur la table en chêne et si je n'ai guère d'appétit je fais malgré tout l'effort de picorer dans mon plat. Fiona semble apprécier le repas et cela me soulage, elle a toujours été suffisamment franche que pour me dire directement si elle n'aimait pas, c'est une des qualités que j'ai toujours apprécié chez elle. De fait c'est une part de sa personnalité que j'ai cru voir disparaitre lorsqu'elle a fermé les yeux sur le comportement de Jeff, lorsqu'elle n'a pas voulu être sincère de peur de se mêler à une situation déplaisante. Mais pour le reste l'hypocrisie n'a jamais fait partie de sa personnalité. En somme elle aime l'entrée et cela me réconforte puisque j'ai été incapable de l’accueillir en bonne et due forme je ne voudrais pas qu'elle perde le gout de nos soirées entre filles car elle est une des rares personnes que je considère comme une amie et j'ai vraiment besoin d'elle. Venant confirmer mes impressions Fiona déclare qu'elle se souvient de cette odeur. Je souris et reste pensive un instant avant de répondre:" L'odeur en effet tu peux t'en souvenir je l'ai déjà fait mais je ne pense pas t'y avoir déjà fait goûter par contre! Je te faisais plus souvent expérimenter des desserts..." déclarais-je avant de déposer définitivement ma fourchette. Me rabattant sur le vin je cherche activement un sujet de conversation mais Fiona prend la parole avant moi. D'un coté je lui suis reconnaissante de briser le silence, d'un autre j'aurais préféré ne pas aborder ce thème. Je fais mine de réfléchir bien qu'une réponse ai de suite fusé dans mon esprit. Oui nous nous sommes déjà disputées ou plutôt nous aurions dû pour mettre les choses au clair. D'ailleurs je m'apprêtais à aborder le sujet de la violence conjugale à l'époque ou elle est tombée dans le coma. A présent je ne saurais jamais ce qu'il en était bien que je reste persuadée qu'elle savait ce qui se passait dans mon couple et le manque de preuves n'affaiblit pas mes croyances, je connais Fiona depuis bien assez longtemps. Jamais sérieusement...Évidemment il y a eu des moments ou nous nous voyons très peu mais ce n'était jamais vraiment du à des prises de tête. Nous avions parfois des opinions différentes mais nous étions suffisamment réfléchies que pour passer outre! Un vague sourire redessine mes lèvres. Ce n'est que la stricte vérité. La première véritable dispute qui aurait pu, dû se jouer entre nous n'a pas eu le temps d'avoir lieu et je ne préfère pas l'aborder car cela impliquerait la pousser à se souvenir d'une chose dont elle préfère surement ne plus rien savoir. Si je lui en veux d'avoir voulu échapper à des conversations sur mon couple qui auraient pu m'aider, je comprends tout de même que se mêler à une histoire de violence conjugale n'est guère attrayant et je refuse de la forcer à s'en souvenir. J'entame pensivement un morceau de pain, grignote de la mie puis effrite nerveusement le reste dans mon assiette. Quoi de neuf depuis la dernière fois? La vie reprend son cours comme tu le voudrais? m'enquis-je avant de terminer mon verre.
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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Dim 23 Nov - 21:30


Un sourire, dépourvu de joie ou de lassitude, étira la bouche douce de Fiona tandis qu’Edith lui confirmait avoir déjà préparé le clafoutis de légumes en sa présence. Les souvenirs ne revenaient en effet pas toujours par vague d’images. Ils se manifestaient parfois par l’odorat, l’audition, le toucher ou le goût. Tous les sens avaient leur importance pour retrouver la mémoire. C’était déjà un bon point pour ce soir. Son esprit semblait ouvert à l’instinct et à l’intuition de ce que lui dictaient ses sens. « Tu préparais quoi comme dessert ? » Demanda Fiona qui ne se rappelait pas être d’une gourmandise particulière. Depuis son réveil quatre mois auparavant, ses goûts s’étaient développés différemment et avaient changé, c’est pourquoi, quand on le lui demandait, la jeune femme n’aurait plus été capable d’affirmer avec exactitude ce qu’elle aimait ou non. Après avoir enfourné une bouchée du délicieux clafoutis, une autre question s’invita dans la conversation. Edith et elle s’étaient-elles déjà prises la tête par le passé et si oui, pour quelle raison ? Son amie la regarda quelques instants, l’air hésitante. Elle cherchait sans doute à remonter dans leur passé commun avant de lui répondre. Edith lui résuma que quelques désaccords avaient déjà surgi entre elles, lors desquels elles s’éloignaient pendant un certain laps de temps, avant de mieux se retrouver ; une amitié ponctuée de ses hauts et de ses bas en somme. Pensive, Fiona attrapa son verre et dégusta le bon vin choisi par Edith, qui avait toujours autant de goût à l’évidence. Elle lui demanda alors des nouvelles plus précises sur sa situation actuelle, une question à laquelle la jeune Miller s’attendait forcément. « Oui, je reprends enfin le cours normal de ma vie. Le travail à la pharmacie, tout roule. Sinon, j’ai déménagé de chez moi, je ne peux plus voir mes proches qui essaient sans cesse de me rappeler tout, ça ne fonctionne pas pour le moment. J’arrive tout doucement à faire avec, même si j’aimerai que ça revienne. » Résuma-t-elle le tout en quelques mots avant de laisser à Edith le loisir de répondre. La jolie blonde avança dans son clafoutis et attrapa un bout de pain pour accompagner son repas. Dans un registre plus léger, elle proposa alors une autre idée à son hôtesse. « Ça te dirait de continuer la conversation en français ? Tu ne dois pas avoir beaucoup l’occasion de pratiquer dans le coin. » Merci baguette de l’y avoir fait penser. La mère de Fiona ayant des origines françaises, la jeune femme avait appris à maîtriser cette langue depuis toute petite. Elle avait d’ailleurs passé plusieurs vacances estivales en France, où elle avait notamment rencontré Edith, bien des années auparavant. Au bout de quelques secondes, Fiona se concentra ensuite vers son amie. Son mari ne vivait plus ici.  Que s’était-il passé ? L’avait-il détruite à ce point ? Songea-t-elle en son for intérieur, le cœur au bord des lèvres. Avait-il souillé son âme au point qu’elle en soit marquée à jamais ? Impossible à dire, derrière la barrière qu’elle avait volontairement instaurée. « Et toi alors ? Quelle amie terrible ai-je dû paraître ces derniers mois ! Dis-moi tout ce que j’ai raté… » L’encouragea-t-elle subtilement à s’ouvrir un peu plus et à la mettre au parfum de ce qu’elle avait manqué ces dernières semaines en raison de son coma, mais surtout de son amnésie.  

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Lun 24 Nov - 18:01

Fiona ∞ Edith

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Je continue à penser à cette étrange question que Fiona m'a posée il y a un instant. Avions nous eu des différends? Est-ce vraiment le genre d'interrogation que l'on pose en premier lieu lors d'un souper entre filles? Lors de retrouvailles? Je commence à me demander si mon amie n'avait pas quelques motivations autres que sa curiosité l'ayant poussée à me questionner. Après tout, la dernière fois que nous nous sommes vues, à la terrasse d'un petit pub en ville, elle m'a assuré que des bribes de souvenirs lui revenaient parfois. Peut-être s'est-elle remémorée une de nos dernières rencontres avant son accident ou l'ambiance était plus que glacial à cause de mes suspicions. Ou peut-être cherchait-elle simplement à se forger une opinion de notre relation avant d'entamer la soirée. Quoi qu'il en soit le sujet semble clos et nous terminons pensivement nos verres de vin. Je prends alors le temps d'aborder les desserts dont nous parlions un peu plus tôt. Beaucoup de chocolat parce qu'on a toujours aimé mal traiter nos hanches! déclarais-je en riant avant de reprendre un peu plus sérieusement. Je t'ai fait des macarons plusieurs fois mais ça ne donnait jamais rien de mémorable. J'ai une tarte pêches-framboises particulièrement bonne mais je le répète, le chocolat c'était notre péché mignon! Voyant que Fiona a terminé son clafouti et étant dans l'incapacité de finir le mien je débarrasse nos assiettes sur le plateau ayant servit à transporter les verres et les serviettes à l'allée. Je reviens. Je remonte jusqu'à la cuisine et dresse des assiettes de blancs de poulet avec une salade à l'orange. Le temps de réchauffer la sauce curry au micro-onde et je redescends dans la véranda. Le feu perdant un peu de sa vigueur je rajoute deux buches et m'assieds. Il y a une sauce au curry dans la cruche, comme je ne savais pas si tu aimes j'ai préféré la mettre à part. Fiona me donne des nouvelles de sa nouvelle vie ou plutôt de celle qu'elle cherche à reconstruire et je suis contente d'apprendre qu'elle parvient à aller de l'avant bien que ses proches aient du mal à comprendre que se retourner sur son passé n'est surement pas le meilleur moyen de progresser. Je pense comprendre sa frustration bien que nos situations soient différentes. Je voudrais pouvoir reprendre le cours de mon existence, je voudrais vraiment oublier Jefferson et aimer Bertrand. Ou n'aimer personne à la rigueur et reprendre tout à zéro. Sauf que mes sentiments pour mon époux me semblent plus forts que jamais et je suis bien incapable de m'en débarrasser malgré toute ma volonté. La preuve en est que même lorsque je cherche à me changer les idées en accueillant une amie, je finis dans le brouillard à subir des avalanches de souvenirs et d'images de mon mari. Déménagé? Tu as trouvé un lieu agréable ou t'installer? Sinon n'hésite surtout pas à migrer chez moi, c'est bien assez grand pour deux surtout...Je baisse les yeux et laisse ma phrase en suspend faisant mine de m'intéresser au vin je nous sers toutes les deux en adoptant un sourire que j'espère crédible. Surtout que Jefferson ne vit plus ici ais-je failli dire mais je ne pense pas qu'aborder le sujet soit une bonne idée. Mon amie propose alors de parler français, une diversion qui arrive à point et à laquelle j'adhère tout à fait. Après tout elle n'a pas tort, cette langue que j'ai parlé durant mes dix-huit premières années d'existence me semble bien loin aujourd'hui et s'il me reste un accent parisien lorsque je parle anglais, il n'empêche que je suis parfaitement bilingue grâce à de longues immersions dans deux pays. Enfant je n'aurais pas imaginé une seule seconde que je quitterais la France, il faut dire que je n'avais guère le droit de rêver vu l'éducation que me prodiguait ma mère je me voyais déjà restreinte à une existence à ses cotés de peur de la blesser. Je m'attaque à mon repas avec un peu plus d'appétit que tout à l'heure. Ne lésinant pas sur la quantité de sauce je jette un regard amusé avec une expression faussement honteuse à Fiona. Il serait grand temps que je reprenne le chemin de la salle de sport si je veux garder la ligne malgré les quantités exorbitantes de choses que j'ingurgite par moment. En même temps je régule avec les quantités dérisoires constituant mes repas d'autres jours. J'ai un appétit très variable depuis l'emprisonnement de Jeff. Fiona rompt alors le silence et ses mots tout autant que son ton sont destinés à me mettre en confiance je le devine. Pourtant plus que d'être à l'aise sa question bien que naturelle me rend nerveuse. Je m'attendais, évidemment, à ce que l'on aborde les changements dans ma vie depuis son accident mais je n'étais pas parvenue à me décider sur ce que je devais lui dire...ou pas. Lui rappeler que j'avais un amant? Elle ne m'avait pas jugée la première fois mais les choses pourraient très bien être différentes la seconde fois. C'est étrange d'avoir à re-faire ce type de déclarations qui avaient été si douloureuses à formuler une première fois et qui ne se trouvent pas plus simple à répéter. Lui annoncer que mon mari est à l'ombre? Cela impliquera inévitablement de lui donner les raisons de cet emprisonnement et je reste persuadée que lui dire que Jeff me battait n'est pas une chose à faire. Simplement je ne sais pas si j'ai véritablement le choix. Jefferson est en prison. déclarais-je le plus platement possible. Sans doute est-ce encore la meilleure façon d'en parler. L'envie d'une cigarette se fait sentir et mon verre de vin me semble alors bien dérisoire pour me détendre.
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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Jeu 27 Nov - 21:27



Fiona se concentra sur la voix de son amie, lorsqu’Edith lui énuméra différents desserts qu’elles avaient déjà eu l’occasion de préparer ensemble : entre macarons et tartes, le chocolat semblait être leur pêché mignon. Cette révélation étonna grandement la jolie blonde qui n’aimait pas particulièrement les desserts chocolatés (du moins depuis son amnésie). La jeune aromathérapeuthe trouvait par exemple la mousse au chocolat bien souvent écœurante. « Je ne m’en souviens pas. » Conclut finalement Fiona sur le sujet de la gastronomie, une réponse qui revenait généralement quand elle essayait de récupérer ses souvenirs. Ses tentatives se révélaient infructueuses. Edith se leva ensuite pour débarrasser les entrées et revenir quelques instants plus tard avec leurs plats tandis que la jolie blonde sortit de ses réflexions. « Ça éveille les papilles ! » Répondit-elle d’un air amusé, lorsque son hôtesse retrouva sa place en face d’elle. Fiona se servit de curry, une sauce qu’elle adorait, d’autant plus qu’Edith savait la préparer. Elles entamèrent ensuite une discussion sur leur situation respectives, une discussion au cours de laquelle la jeune femme expliqua avoir déménagé de chez elle depuis peu pour échapper à la « pression » involontaire de ses proches. « Oui j’ai trouvé un petit endroit cosy, ne t’en fais pas. Mais merci de ta proposition. » Rétorqua-t-elle aux propos de la jeune Gaspard qui l’avait invitée à habiter chez elle si besoin. Ainsi donc, son mari ne vivait définitivement plus dans le domicile familial, mais pour quelle raison ? Le temps de déguster quelques fourchettes du bon plat, Fiona posa ensuite le couvert et écouta son amie d’une oreille attentive. Quelque chose ne tournait pas rond. C’était bizarre qu’Edith n’ait pas abordé le sujet plus tôt. Hésitante, son hôtesse baissa les yeux quelques instants, elle cherchait visiblement ses mots. Et puis, la nouvelle tomba : Jeff était en prison. Sous le coup de la surprise, les yeux de Fiona s’écarquillèrent d’étonnement. « Quoi ? » S’exclama-t-elle spontanément. Au regard d’Edith, elle comprit que ce n’était pas une blague de mauvas goût. Comment était-ce possible ? Et surtout, pourquoi ? Préférant ne pas poser de questions trop directes à ce sujet, la jolie blonde répondit de façon plus neutre dans un premier temps. « Je ne sais pas quoi dire… Il doit encore y rester longtemps ? » Si son séjour en prison se prolongeait, la raison de son enfermement devait alors être assez grave pour le justifier. La jeune femme posa définitivement ses couverts. Hors de question de continuer à manger dans ses conditions, tant qu’Edith n’aurait pas dévoilé un peu plus ce qui s’était passé chez elle ces dernières semaines. Le « pourquoi » lui brûlait les lèvres, elle donnait cependant une chance à son amie de le lui expliquer d’elle-même. 

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Sam 29 Nov - 15:32

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Il me battait et tu n'as rien vu. Il me battait et tu l'avais compris mais je t'ai demandé de ne pas te mêler de cette histoire. Il a agressé un inconnu dans la rue. Il est accusé à tort. Je viens de prononcer les mots que j’envisageais comme étant les plus complexes à dire mais je réalise bien vite que les explications seront plus douloureuses à avouer finalement. Je cherche vainement un mensonge qu'accepterait mieux Fiona et avec lequel je vivrais mieux mais je sais pertinemment que seule la vérité mènera à quelque chose de concret. Si je lui mens sur les raisons de l'emprisonnement de mon époux Fiona finira par découvrir la vérité c'est évident. Je pourrais dès lors chercher à éviter le fait qu'elle n'a jamais pris conscience de ma situation car je sais qu'aborder ce sujet ferra remonter toute ma rancœur, cependant une part de moi préfère la confronter à la réalité. Si j'avais eu le choix j'aurais préféré ne pas parler du tout de Jefferson mais puisque c'est indispensable alors autant qu'elle sache toute la vérité. Si mon amie a déposé ses couverts et abandonné l'idée de manger pour l'instant, moi, au contraire, je me réfugie dans mon assiette et picore activement du poulet et de la sauce dans le seul et unique but de paraitre occupée. Je m'attends à ce que Fiona me demande platement pourquoi mais elle n'en fait rien et prend un certain temps avant de déclarer avec compassion qu'elle est un peu déstabilisée face à cette annonce. La question qui suit est bien moins agressive que ce que j'aurais envisagé. J'aurais compris, pourtant, qu'elle m'interroge sur les raisons de l'emprisonnement de mon mari mais elle s'est retenue et je lui en suis reconnaissante même si je sais que je dois le faire de moi même. Un mois ferme de plus, cela aura fait trois au total. Ensuite c'est la conditionnelle... J'ai cherché à me détacher le plus de son procès, Béatrix m'a même représentée parfois préférant que je reste loin de l'affaire judiciaire. Je lui suis reconnaissante d'avoir fait tant d'efforts pour m'aider à garder la tête hors de l'eau malgré les heurts provenant de tous les cotés. Seulement c'est plus fort que moi, je sais par cœur le moindre détail de l'affaire, je sais les conditions d'enfermement de mon mari, je sais le dossier médical de mon amant. La seule chose donc je ne connais rien et qui m'inquiète assez c'est ce qu'il adviendra de nous trois lorsque Jeff sera libéré et que Bertrand aura quitté l'hopital. Tu sais il... J’hésite un instant puis cesse de fixer mon repas et pose ma fourchette et mon couteau avant de relever les yeux vers mon amie. Il me battait depuis six ans. Un rire ironique franchit mes lèvres tandis que j'ajoute:" Ce n'est même pas pour cela qu'il est emprisonné mais bon...C'est un détail que je tenais à préciser pour planter le décor!" Certes mon ton est amusé mais il est évident que tout mon sarcasme n'a qu'un seul but, masquer ma souffrance. Je me lève et longe la baie vitrée donnant sur le jardin illuminé par quelques torches mais qui sombre petit à petit dans le noir. Je vois en souvenir la foret derrière le petit potager mais en réalité tout n'est que nuit là bas. M'appuyant contre un mur je me perds dans la contemplation d'une des flammes au sommet d'un flambeau et reprends:" J'ai finis par prendre un amant...Bertrand était si doux, poète, romantique. Si différent de Jefferson. Quand il est revenu de la guerre il a apprit pour ma relation extra conjugale. Faut dire que les rumeurs tournent si bien à Tenby qu'il n'aurait pas pu passer à coté!" Un sourire meurtri étire mes lèvres et se rejoue devant la scène que je vois chaque nuit en songe tandis que j'explique les faits à Fiona. Jefferson ne l'a pas loupé,déclarais-je doucement. Certes je n'ai pas assisté à la scène mais mon époux a prit un malin plaisir à me raconter son acte dans les moindres détails. Il voulait que je souffre ma trahison mais pas avec des coups auxquels je m'étais habituée mais à travers la douleur de Bertrand. Il a réussi. C'est la première fois que je me suis rebellée contre lui. Tandis qu'il m'expliquait avoir jeté mon amant au sol pour l'accabler de coups de pieds dans le bas-ventre je me suis levée et j'ai voulu fuir la pièce. Il m'a attrapée et plaquée contre un mur. Tandis qu'il m'expliquait avoir relevé sa victime pour lui infliger plusieurs coups de poings sur le visage j'ai cherché à le repousser, à le frapper avec mes jambes. Il s'est collé contre moi m'empêchant de bouger. Tandis qu'il concluait par le fait qu'il avait laissé Bertrand titubant au milieu de la route avant de monter en voiture et de le faucher j'ai hurlé et pleuré. Il m'a volé des baisers pour me faire taire. Et lorsqu'il m'a laissée partir, lorsque morte d'inquiétude, folle de désespoir, je courrais jusqu'au lieu de l'agression la seule chose qui m'obnubilait c'était mon amour pour ce salopard. Mon amour pour Jefferson. Bertrand est en fauteuil roulant à cause des coups que lui a infligé Jeff. Il est en fauteuil roulant à cause des putains de commères qui ont fait comprendre à mon mari qu'il n'était plus le seul à partager mon lit et les larmes dévalent mes joues. Je ne voulais pas, je me l'étais juré, pas ce soir, pas devant elle. Je serre les poings, les dents, cherche à contenir mes pleurs mais rien n'y fait. L'eau salée reste sur mes joues mais ma voix n'est pas cassée pour autant. Peut-être même est-elle trop neutre. Je n'aurais pas dû succomber à Bertrand sauf que c'était plus fort que moi. Un mari militaire jamais là, un mari violent quand il rentre du front. Et là ma voix est un sanglot étouffé. Pas ce soir. Je me l'étais juré.
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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Sam 6 Déc - 20:29



Silencieuse, Fiona écouta Edith révéler tout ce qui s’était passé ces derniers temps dans sa vie. La voix de la jeune française s’éleva tout d’abord, dépourvue d’émotion, comme vidée de toute vie. Les mots quittaient ses lèvres, dictées par son cœur meurtri, par celui qui avait rejeté l’amour qu’elle lui avait offert sans contrepartie, avec ce minuscule espoir qu’il finisse par entendre écho de son côté. Ne restait à présent dans le timbre monocorde d’Edith, que de la souffrance mise en sourdine par sa volonté de reprendre le cours de sa vie et d’assumer ce qu’elle avait ensuite éprouvé pour un autre. Ces paroles, si remplies de vérité, lacéraient clairement la plaie béante de son cœur. Fiona pouvait lire dans les traits de son amie la peur qui la tenaillait. Six ans. Six ans de silence. Comment la jolie blonde était-elle passée aussi longtemps devant le mal être de son amie ? La jeune femme ne se rappelait de rien, pourtant elle était certaine qu’Edith n’aurait pas eu autant de mal à le lui confier, si elle s’en était déjà rendu compte avant son amnésie. En un éclair, Jefferson avait détruit les quelques miettes de pur bonheur que ce couple avait vécu ensemble. Il avait rejeté la faute de ses sentiments trop violents sur elle et les immondes émotions qui le secouaient avaient lentement tué Edith au quotidien, infiltrant dans son cœur, un doux poison d’évasion, le doux poison de cette passion néfaste qui l’avait poussée dans les bras d’un autre. Au fur et à mesure de ses confidences, la belle brune prenait une voix de plus en plus touchée, accablée par ce qui était arrivé. Finalement, Edith ne put retenir ses larmes tandis que la dure réalité de ses propos devaient lui apparaître. Jefferson l’avait-il détruite elle aussi ? Les rumeurs avaient-elles aussi définitivement saccagé ces trois vies ? Fiona laissa son amie terminer avant de se relever pour aller la rejoindre à l’autre bout de la table et la prendre dans ses bras. Elle n’aimait pas voir Edith se mettre dans ces états-là même si son histoire le justifiait. Son désarroi horrifia la jolie blonde qui comprenait désormais mieux le voile triste dans les prunelles de la française. Tout le monde avait ses problèmes, toutefois certaines personnes en cachaient de plus douloureux que d’autres. « Je suis désolée. » Souffla tout d’abord Fiona à voix basse. « Je ne savais pas. » Qu’aurait-elle pu dire de plus ? C’était la vérité, que celle-ci soit douloureuse à entendre ou non. Elle n’aurait jamais accepté de laisser Edith entre les mains de son violent mari sinon. Il était difficile d’avoir une position marquée sur ce qui s’était passé. Fiona détestait ces rumeurs persistantes et destructrices à Tenby, où les voisins se mêlaient un peu trop souvent de ce qui ne les regardait pas. Le problème de fond ne résidait pourtant pas là, il était au cœur même du mariage de son amie. « Je ne sais pas si tu as déjà pensé à la suite, ni ce que tu ressens encore pour Jefferson, mais il est hors de question qu’il touche encore à un seul de tes cheveux. » Elle ne savait pas trop quoi dire d’autre, ni comment elle devait s’immiscer dans cette histoire. Fiona choisit donc de ne pas juger Edith, ce n’était pas son rôle d’ailleurs, décidant simplement de conseiller son amie et de se renseigner sur ses intentions. La jeune Miller n’osait pas imaginer tout ce qu’elle avait dû vivre au cours de ces dernières années et il était hors de question que le cauchemar se prolonge. Lorsque les sanglots de son amie se calmèrent quelque peu, Fiona reprit la parole. « Tu n’as jamais cherché à le quitter définitivement au cours de ces six dernières années ? Pourquoi n’en avoir jamais parlé ou n’avoir jamais déposé plainte contre lui ? » Demanda-t-elle, plus directement cette fois, en prenant les mains glacées de son hôtesse entre les siennes, signe destiné à la rassurer et lui apporter un certain 'réconfort', si seulement c'était possible.

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Lun 15 Déc - 16:32

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Elle ne savait rien. Elle est désolée. Ses mots m’écœurent. Frustrée je sens ma douleur se muer lentement en colère. Rage vive et impétueuse. Rage qui fait grandir en moi un irrépressible besoin de vengeance. Je sais sa tristesse et ses regrets. Je sais la sincérité de ses propos et pourtant il me faut évacuer cette violence en moi. J'ai trop souffert à cause de Jeff, certes mais mon amour pour lui est tel qu'il m'est impossible de me retourner contre lui. Mes efforts pour tirer un trait sur lui son vain. Nombreux mais vains. Alors je hais cette ville de m'avoir dénoncée pour ne pas me haïr moi-même d'avoir commis une erreur. J'en veux à Fiona de ne pas avoir remarqué la violence de mon époux pour ne pas en vouloir à Jefferson de m'avoir fait du mal. Mon amie me prend dans ses bras dans le but de me soutenir et je réalise que ma tête est un fouillis monumental. Il y a la part de moi qui veut tenir bon, qui veut oublier Jeff, qui veut aimer Bertrand, qui veut comprendre Fiona, qui veut écouter Beatrix, qui veut aller de l'avant. Il y a la part de moi qui sombre lentement, qui aimera Jeff à jamais, qui regrette l'amourette extra-conjugale, qui est bien décidée à se venger de quiconque lui a fait du mal sciemment ou non, qui n'a guère besoin d'aide car elle n'a qu'un seul but: attendre patiemment Jeff et reprendre la vie ou elle était. Entre les deux je balance constamment sans avoir la moindre influence sur le choix de qui je suis. Qui? Comme si les deux parts de moi, ces deux opposés étaient incapables de cohabiter et se repoussent tels les pôles de deux aimants. Ils se repoussent tant que j'en deviens deux personnes différentes: volontés, principes, personnalités et objectifs radicalement différents. Je subis les hauts et les bas de mon être sans n'avoir rien comme droit et s'il y a un instant je voulais mettre Fiona à la porte en lui faisant bien comprendre que je n'ai pas besoin de la pitié d'une personne qui n'a pas voulu se mouiller quand il le fallait, à présent j'en viens même à me demander si elle ne dit pas vrai. J'ai bien du mal à l'admettre mais ma santé mentale me fait peur parfois. Certes le choc, l’habilitation aux nombreux changements dans ma vie et la peur d'un avenir trop vague sont autant de justifications de mon état, cependant j'ai peur de subir une dégradation telle que remonter la pente quand les choses se seront apaisées sera une épreuve trop grande pour moi.

Mon amie s'éloigne de moi et je réalise que mes larmes sont séchées et que le torrent sur mes joues n'est plus alimenté. Rien d'étonnant, ma vague de colère de tout à l'heure m'a fait abandonner mon chagrin. Pourtant je ne suis plus non plus en train de bouillir, attendant le bon moment pour cracher mon venin sur mon invitée. Je suis plutôt paisible, posée entre les deux extrêmes de mon âme. Fiona s'éloigne donc et je me retrouve, penaude, plantée au milieu de ma véranda avec un besoin irrépressible de me bouger pour ne pas replonger d'un coté ou de l'autre. Je serais tentée d'ouvrir la porte coulissante et de m'enfuir en me vidant les poumons. A bout de souffle je m’effondrerais ici ou là, ce genre de détail n'a plus d'importance depuis longtemps, et je resterais étendue sur de l'herbe humide, de l'asphalte ou de la terre. La seule chose importante serait la distance mise entre cette maison de cauchemar et mon esprit fragile. Seulement mon amie est là et je n'ai pas le droit de l’abandonner ici, seule. Dès lors je m'occupe autrement en m'empressant de débarrasser les assiettes. Je mets une attention folle à empiler les plats et les couverts sur le plateau pour focaliser mes pensées là dessus plutôt que sur mon envie de partir. Fiona reprend alors la parole et je me sens soudain exténuée. Je n'ai pas envie de penser à mon avenir, à mes sentiments pour Jeff, à la façon dont je vais m'y prendre pour l'oublier. Pourtant mon amie m'y pousse et je sais pertinemment que viendra un moment ou il me faudra sérieusement méditer ces questions. Repousser sans cesse ces décisions ne fait qu'aggraver la situation. Je m'assieds avec précaution et fixe le sol en écoutant attentivement les propos de mon invitée. Elle finit par se mettre en face de moi, me serrant les mains et cherchant mon regard pour me donner le soutien suffisant pour affronter ses questions. Tu ne voudrais plus qu'il touche à un seul de mes cheveux et de mon coté, retrouver son corps contre le mien et sa voix dans mon quotidien c'est tout ce que je demande... déclarais-je tristement. Je voudrais avoir honte de ces paroles mais elles sont sincères. La pure vérité qui répond à la fois au pourquoi je ne suis pas partie et au pourquoi je n'ai pas porté plainte. A vrai dire si ma situation est si complexe il n'y a qu'une seule et unique raison et elle est de ma faute: je l'aime, voilà tout. Un amour qui me déchire mais contre lequel je ne peux rien. Je l'aime. Depuis dix ans et pour toujours. C'est plus fort que moi et je sais pertinemment que je ne peux rien y faire. Preuve en est que si ses coups ne sont pas parvenus à dissiper mes sentiments, rien ne le peut...
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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Lun 22 Déc - 22:53



Lorsque les mots d’Edith atteignirent son cerveau, Fiona retira ses mains de celle qui cherchait désespérément à regagner les faveurs de son mari après ce qu’il avait fait. Comment pouvait-elle encore tenir à un monstre d’homme qui détruisait son bonheur au quotidien et prétendait l’aimer tandis qu’il lui infligeait des sévices et la regardait souffrir de son amour pour lui ? La jolie blonde se redressa. Dans un souci de ne pas juger Edith sans réfléchir, elle retint un flot de paroles désapprobatrices. Les sentiments ne s’expliquaient pas et, pour cette raison, son amie s’était réellement éprise de l’homme qu’elle avait connu, de celui des débuts, espérant sans doute qu’un jour cette situation changerait. Quoique… Ses propos traduisirent une pire réalité : elle s’en était accommodée, acceptant sans contrepartie les coups administrés sur son corps, contre quelques onces de bonheur bien dissipées derrière cette soumission à peine voilée. Edith n’était pas esclave de son mari, elle était esclave de son amour pour lui. « Que trouves-tu à aimer chez quelqu’un qui te bat, qui te détruit ? » Les mots étaient sortis durs comme des petits poignards qui s’enfonçaient dans la peau. La question de Fiona était pourtant légitime, tout à fait objective même, puisqu’elle résumait en quelques paroles décharnées la triste réalité de ce qui se passait depuis si longtemps dans cette maison. Fiona cherchait à comprendre cette relation, à comprendre comment Edith avait pu en arriver à se laisser faire et à tomber sous le joug de son mari sans réagir, sans rien dire à personne – pour ce que la jeune blonde était au courant en tout cas. Combien de temps ce jeu malsain allait-il durer ? « J’ai lu la peur dans tes yeux lorsque tu m’as dit ce qu’il a fait à… ton amant. Imagine ce qu’il pourrait te faire à toi un jour ? Tu serais prête à prendre ce risque ? Parce que si tu me dis que c’est par amour, de ton côté pas de doute, mais ne me dis pas qu’un homme qui aime sincèrement sa femme, puisse faire ça, je ne peux pas le concevoir. » Il s’en était sans doute pris à son amant par jalousie mais surtout parce que sa fierté d’homme « dominant » avait été touchée et si Edith croyait en l’illusion d’une flamme ravivée, elle était peut-être encore plus… aveuglée par ses sentiments que Fiona ne le croyait. Que faire dans cette situation ? C’était toujours compliqué de s’immiscer dans les histoires d’un couple dont on ne savait (plus) rien. Fiona avait-elle connu le mari d’Edith avant son amnésie ? Son amant peut-être aussi ? « Quand est-il censé sortir ? » Demanda-t-elle alors, tout à fait redressée et éloignée de quelques pas à présent. L’aromathérapeute regardait les photos qui trônaient sur le bord de la cheminée à l’intérieur de la maison, près de la véranda. Sur les images, le couple arborait un sourire figé, signe lointain de jours meilleurs.« A-t-il toujours été comme ça ? » Demanda-t-elle songeuse. L’explication était peut-être là. Les années et les aléas de la vie l’avait-il changé ? Fiona s’éloigna des photos et se tourna de nouveau vers Edith dont elle écoutait les réponses. Elle découvrait son amie sous un nouveau jour : le voile terne qui couvrait ses yeux s’était levé au moment même où ses larmes avaient coulé. La jolie blonde voyait dans l’éclat des prunelles de son amie qu’elle était (malheureusement) déterminée à retrouver son mari. « Et ton… autre histoire dans tout ça ? Ce n’était qu’une fois ? Ou tu penses encore à lui ? » Mention directe à son amant, qui avait tout de même pris cher pour une aventure avec la jeune française. Preuve que Fiona faisait la part des choses : elle n'avait même pas dit un mot sur le fait que son amie avait été voir ailleurs, tout simplement parce qu'il n'y avait pas de commentaires à faire à ce sujet. Edith avait ses raisons, point.

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MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Mer 24 Déc - 13:51

Fiona ∞ Edith

You thought you'd found a friend to take you out of this someone you could lend a hand in return for grace [U2]
Mes propos semblent inadmissibles aux yeux de Fiona. Elle ne dit rien mais son regard est suffisamment éloquent. L'étonnement sur son visage et la façon qu'elle a de soudainement s'éloigner de moi sont des preuves supplémentaires de son incompréhension. Pourtant, elle a toujours été une amie ouverte et paisible, peu portée sur les conflits et les jugements trop prompts. Preuve en est qu'à l'époque ou je lui ai annoncé ma relation avec Bertrand, elle n'a pas cherché à me faire la morale. Elle ne m'a jamais jugée ou pas directement en tous cas. Et pourtant elle ne connaissait même pas les motivations qui, aujourd'hui, atténues mes torts. Dès lors la voir à présent prendre ses distances et chercher à assimiler ce que je viens de lui déclarer me prouve à quel point ce que j'ai pu dire est douloureux à entendre. J'ai bien conscience de la folie de mes mots mais le voir à travers les yeux de mon amie est encore plus révélateur. Cependant rien n'y fait, que l'on me condamne de ce genre de regard ne changera rien. Tout mon entourage pourrait me déclarer qu'aimer Jefferson est d'une bêtise sans nom, mes sentiments n'en seraient pas influencés. Pas un instant. Cet amour à toute épreuve prend racine dans un terreau dont je ne connais rien et sur lequel je n'ai pas la moindre influence. Ma résignation pourrait laisser croire que je tiens à notre relation, que je m'accroche désespérément à notre passé, que je veux remettre notre amour sur pied. Seulement ce n'est rien de cela qui motive la préservation de mon amour. C'est une chose bien plus abstraite, une chose sur laquelle je ne peux déteindre. Cette chose qui m'a fait tomber sous son charme il y a quelques années de cela. Un doux filtre à l'époque. Un poison aujourd'hui.

Fiona, après un long silence révélateur et une inspiration, recommence à parler. Son ton n'est pas agressif, sa voix est posée et pourtant ses paroles sont autant de petites déchirures à mon être. J'avais tiré un trait sur notre amitié. Elle est arrivée devant ma porte, tout sourire, fragilisée mais toujours identique à celle qui avait été mon amie si longtemps et je n'ai pu que lui pardonner, en partie du moins. En quelques heures à peine je me suis rattachée à notre complicité et voilà qu'elle profite de notre amitié tout juste réparée pour...m'aider. Je me dois de l'admettre. Je la vois tourner en rond, méditer mes propos, peser ses paroles, m'interroger afin de me comprendre tout en cherchant à m'influencer. Si je me cloitrais dans mon silence et mon immobilité je décide qu'il est temps de m'ouvrir à elle. Lui parler sera vain, les conseils qu'elle me délivrera inutiles et les conclusions que nous tirerons finalement seront évidentes. Pourtant je sens que si je veux conserver notre complicité d’antan il faut que je lui expose la situation dans la quelle je me trouve. Elle a besoin de comprendre pour accepter ou plutôt concéder que mon opinion est envisageable tout au plus. Jamais elle n'admettra mon point de vue mais peut-être parviendra-t-elle à faire quelques concessions.

Fiona, il m'aime. déclarais-je avec une certitude sans faille dans la voix. Une certitude qu'elle envisagera comme de l’aveuglement j'en suis certaine. Alors je me justifie: Il a toujours de petites attentions, pas seulement des cadeaux comme s'il voulait acheter mon amour, c'est bien plus que cela...Il s'arrange pour nous ramener à nos premiers souvenirs, il joue de nos passions communes, il me connait par cœur et ne commet jamais le moindre faux pas. Je prends conscience, en cherchant à mettre des mots sur ce que j'aime chez lui, que mes sentiments sont trop abstraits pour être décrits. On peut décrire une plage au couché de soleil, trouver des mots précis et censés pour présenter la beauté de l'astre sur la ligne d'horizon, les couleurs folles qui se mêlent et s'entrechoquent. Pourtant, aussi belle que soit la description, elle ne vaudra jamais la magie qui se dégage de la vue de ce paysage. C'est dix fois, cent fois plus fort. Magique. Envoutant. Inexplicable tout simplement. Insensé parfois. Tout comme mes sentiments le sont. Tu sais, lorsque nous nous sommes rencontrés, mariés, nous n'étions pas un couple fort amoureux. On avait la vingtaine, on était un peu paumé dans cette ville, loin de notre famille, sans souvenirs ni projets. On s'est dit pourquoi pas et on s'est mariés. Conter notre rencontre me fait sourire. Il est étrange de comparer la plupart des couples qui sont au summum de leur amour lorsqu'ils se rencontrent et qui finissent par divorcer. Notre histoire est inversée. Que cela soit bien ou non, à l'époque nous étions deux âmes volages voyant en l'autre un port d'attache, rien de plus. Et à présent je suis dépendante. A présent je l'aime pour un milliard de petites raisons vagues, inexplicables. Je conviens que quelque chose ne tourne pas rond dans notre relation, pourtant il y a de l'amour dans notre couple, de l'amour sincère ça personne ne peut le remettre en cause. J'ose espérer qu'elle comprendra. J'ose espérer qu'il n'est pas déjà trop tard. J'ai peur qu'elle n'ait braqué ses pensées contre Jefferson, qu'elle refuse à présent de lui concéder la moindre qualité. J'ai peur qu'elle pense que je suis folle d'amour. Folle tout court qui sait. Je voulais la détruire et à présent je désespère de perdre sa confiance.

Je repense à ce qu'elle a dit à propos de Bertrand. Certes il y avait de la peur dans mes yeux, de l'horreur même. Car si je ne devais plus aimer Jeff se serait à cause du mal qu'il aurait commis à autrui. Moi c'est différent, je ne suis pas soumise à ses coups, simplement notre couple dysfonctionne mais est malgré tout nourri par des sentiments sains. Moi ce n'est pas grave, mon corps meurtri, mes cris étouffés ne sont rien. Je lui en veux d'avoir blessé Bertrand. déclarais-je platement. Je me contentais de cela de peur qu'elle interprète mal ce que je pourrais ajouter. Le fait que mon sort importe peu par exemple. Dans un mois. Trente trois jours à vrai dire. A 17h30 environ. Mais cela je me retiens de le dire. Une fois de plus je sais que Fiona l’interpréterait mal. Pourtant je ne suis qu'une amoureuse se réjouissant de retrouver son chéri. Quel mal y a-t-il à compter les jours me séparant de nos retrouvailles?  La question qui suit m'exaspère quelque peu. Es-tu aveugle depuis le début? C'est ça que tu veux savoir? déclarais-je sèchement. Je regrettais de suite mes propos. J'aurais voulu revenir en arrière et contenir mes paroles. La colère reprend le dessus. Elle a osé juger Jeff alors mon amour pour lui revient à la charge et cherche à le défendre. Quelques gorgées de vin et je reprends plus paisible. Non...Je crois qu'il a vu bien trop de choses à la guerre. Un silence que je romps m'empressant d'ajouter: Je ne lui cherche pas des excuses, rien ne justifie ses actes mais je pense que c'est à cause de cela qu'il est devenu de plus en plus rêche puis colérique et violent finalement. Ce que je lui ai dit précédemment ne cesse de résonner dans mon crâne. Je regrette amèrement d'avoir prononcé ces quelques mots. J'ai finalement exprimés la rancœur que j'étais jusqu'alors parvenue à contenir. Fiona aborde alors Bertrand et ce que j'envisage de faire vis-à-vis de lui. M'adoucissant de suite je baisse le regard et joue nerveusement avec le bas de ma jupe. Fragile telle une enfant je cherche à m'expliquer bien qu'aucune réponse claire ne soit décelable. Et pour cause, aucune réponse claire ne s'impose dans ma tête. Ce n'était pas qu'une fois, au contraire. Nous entretenions une relation plus que platonique depuis quelques temps déjà...Je veux dire on...On flirtait comme on dit, mais je n'aurais jamais envisagé de tromper mon mari et Bertrand aurait encore moins osé le proposer! Je me souvenais nos interminables conversations, nos rires et nos débats, nos repas et nos ballades. Mais finalement j'ai...Enfin on a succombé. J'ai aimé son romantisme et sa douceur...Il était tout l'opposé de Jeff. C'est cela qui m'a plut et qui...Qui me plait toujours. déclarais-je difficilement.
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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : Boston
TES DOUBLES : Eléa, Gwen, Emrys & Lexia
TON AVATAR : Claire Holt
TES CRÉDITS : ava - tearsflight ; signa - anaëlle ; gif profil - tumblr
TA DISPONIBILITE RP : 0/2 : Josh
RAGOTS PARTAGÉS : 1900
POINTS : 3804
ARRIVÉE À TENBY : 17/11/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 28 ans
CÔTÉ COEUR : It's not the fall that kills you, it's the sudden stop
PROFESSION : Aromathérapeute (spécialiste en pharmacie)


MessageSujet: Re: Every truth has two sides | Edith Ven 26 Déc - 13:43



Non. Edith aurait beau lui donner tous les arguments qu’elle voudrait, Fiona ne pouvait concevoir que son amie puisse continuer d’aimer aveuglément un homme capable de lever la main sur elle, voire pire. Elle essayait de se rassurer, de justifier les actes de son mari par un amour démesuré qu’il lui portait, de lui faire comprendre que tout n’avait pas toujours été pareil, qu’il ne commettait jamais la moindre erreur… La jolie blonde ne put s’empêcher de rétorquer comme lors de sa première réaction : dans quel monde vivait Edith pour affirmer de telles sornettes ? « Il ne commet jamais le moindre faux-pas ? Et quand il lève la main sur toi, c’est quoi ? Une bénédiction ? » Ironisa-t-elle par des mots durs certes mais destinés à la ramener à la raison. « Tu idéalises ton mari et ton amour pour lui. Voilà le vrai problème qui t’empêche de te sortir de cette situation. » La passivité de son amie l’effrayait, c’était comme si en raison de ses sentiments toujours présents pour son mari, elle acceptait la situation conne inexorable. Songeait-elle vraiment à l’inévitabilité d’endurer des coups pour pouvoir continuer de l’aimer ? De le garder auprès d’elle ? C’était une pure folie, une autodestruction dangereuse qui risquait un jour de l’emporter plus loin que de simples coups. Edith lui exposa leur rencontre, comment ils avaient fini par se marier, la façon dont ils étaient attachés sincèrement l’un à l’autre… Fiona poussa un petit soupir d’impuissance. La jeune française était encore plus accroc à son bourreau qu’elle ne l’avait crû. « Je comprends que tu essaies de t’accrocher au souvenir d’un amour passé, peut-être qu’il t’aime toujours aussi à sa façon, admettons, je ne suis pas à sa place pour le dire, mais ce passé est une illusion aujourd’hui. Tes sentiments te dominent et t’aveuglent. Tu ne vois pas qu’un homme violent le restera bien souvent ? Tu crois vraiment qu’il changera du jour au lendemain ou alors tu l’espères seulement ? » La conversation dériva alors sur Bertrand, l’amant de son amie. Edith en voulait à Jeff de l’avoir blessé puis ajouta d’un air détaché qu’il sortirait dans un mois. « C’est un comble. Tu lui en veux de l’avoir blessé mais tu acceptes qu’il s’en prenne à toi ? » S’exclama la jolie blonde d’un air d’incompréhension. Elle était dans une humeur révoltée par l’illogisme d’Edith à ce sujet. Que Jeff ait mal pris le fait qu’elle ait un amant était une chose, qu’il le laisse pour mort en était tout à fait une autre. Trente jours. Il restait donc un mois à Fiona pour essayer de faire entendre raison à son amie ou du moins d’être là pour elle. Quand la jeune aromathérapeute demanda si son mari avait toujours agi avec elle de la sorte, Edith se rebiffa dans ses propos et lui répondit sèchement sous forme de reproche selon lequel elle n’avait rien vu. « Et toi, es-tu muette depuis toujours pour n’avoir rien dit ? » Fiona était de nature calme et compréhensive mais elle savait aussi se défendre quand on l’attaquait injustement. Comment aurait-elle pu savoir les dessous de leur mariage ? Elle ne mettait généralement pas son nez dans les affaires des autres, quand bien même l’aurait-elle fait, Edith avait l’air déterminé à le cacher et à se montrer heureuse devant son entourage, sans parler du fait que la Miller avait perdu la mémoire entretemps. Prenant sans doute conscience de la portée de ses propos précédents, la jeune mariée se radoucit et lui exposa alors ce qui pouvait expliquer les changements dans le comportement de Jeff : l’armée ne l’avait pas laissé psychologiquement indemne. Fiona ne commenta pas ce passage. Comme l’avait si bien souligné Edith, ces circonstances n’excusaient en rien que son mari s’en prenne à elle dans le sens où tous les vétérans de l’armée ne devenaient pas des monstres avec leur femme. L’autre histoire de son amie intéressait davantage la jolie blonde qui se doutait – allez savoir pourquoi – que la française n’en avait pas tout à fait fini avec son amant… au contraire. Edith lui confirma ses craintes : Bertrand n’était pas qu’une aventure pour elle, elle avait développé une attirance, voire même des sentiments pour lui, avec le temps. Rien de tout cela ne s’était évanoui après la découverte de cette tromperie par son époux. « J’imagine que tu comptes le revoir… Comment crois-tu que Jeff réagira lorsqu’il sortira et qu’il apprendra que vous vous voyez toujours ? Parce que les commères de Tenby ont toujours la langue aussi acérée… On sait toutes les deux qu’il finira par le savoir. » Avait-elle déjà envisagé ces scénarios-là ? La possibilité qu’il puisse faire pire que ce soit à l’un ou l’autre ? Ou renierait-elle Bertrand pour son vieil amour sachant que les sentiments interdits étaient encore plus incontrôlables que ceux assumés au grand jour ? « J’ai peur pour toi Edith. J’ai peur que tu ne considères pas assez la gravité de la situation et que tu retournes dans les griffes de ton bourreau. » La voix de Fiona s’était radoucie, son regard se fit bienveillant. Sa colère passagère n’était due qu’à l’incompréhension du comportement d’Edith et au fait qu’elle redoutait la suite pour son amie. Elle espérait que la jeune Gaspard pèserait bien le pour et le contre de toute cette histoire plutôt que de suivre aveuglément son amour pour un mariage qui n’était plus que cendres en apparence.

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Every truth has two sides | Edith

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