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Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : arwiie
TES DOUBLES : Faith S. Swanson
TON AVATAR : Bonnie Wright
TES CRÉDITS : Lo & XynPapple
TA DISPONIBILITE RP : 0/2
Will - Deborah - Savie

à venir: Rosie
RAGOTS PARTAGÉS : 5974
POINTS : 1378
ARRIVÉE À TENBY : 21/08/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 19 ans
CÔTÉ COEUR : puisque jamais personne n'est tombé amoureux d'elle, Lawry cherche à se convaincre qu'elle est mieux seule, à passer de lit en lit
PROFESSION : lycéenne
REPUTATION : arrivée il y à 4 ans paisible et bienheureuse, ne causant jamais de problème et s'occupant de son pauvre père. Tenby semble avoir eu une bien mauvaise influence sur cette pauvre enfant!



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MessageSujet: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Sam 18 Oct - 22:09

William∞ Lawrence
Nothing unusual, nothing strange close to nothing at all the same old scenario, the same old rain and there's no explosions here then something unusual, something strange comes from nothing at all I saw a spaceship fly by your window did you see it disappear ? [DAMIEN RICE]
Dix heures du soir, on rentre enfin à la maison. Hier après-midi papa était hospitalisé. Plus de vingt-quatre heures passées à Swansea et nous voilà de retour. Enfin. Pour une fois je suis soulagée de franchir la porte de ce studio, pour une fois je ne souffre pas la blancheur des murs, la laideur du paysage, l’absence de décoration. Pour une fois je serais prête à nommer cet endroit maison. C'est un peu comme le jour ou j'ai découvert le cocon de William. Il m'avait prévenue que je ne devais pas m'attendre à un appartement cosy et agréable mais tout m'aurait plût tant que c'était un domicile ou on pourrait être à nouveau père et fille. J'ai vite réalisé que malgré toute notre bonne volonté on ne parviendrait pas à vivre longtemps dans un si petit espace cependant la taille n'a plus d'importance maintenant qu'on revient d'une journée aux urgences. A présent une tante plantée dans le sable de la plage me paraîtrait parfaite. Je me contenterait de n'importe quoi tant que cela ne s'apparente pas de près, ou de loin, à l’hôpital. Papa ne tient toujours que difficilement sur ses jambes je le soutiens donc et l'aide à s'installer dans le canapé. Nous sommes rentré en taxi car il n'avait pas les capacités de conduire. De toute façon sa voiture est toujours dans Sherwood Street devant le belle maison bleue. La belle maison qu'on s'apprêtait à acquérir lorsqu'il a fait son malaise et qui, aujourd'hui, nous parait bien loin. Une éternité s'est écoulée depuis qu'il a perdu connaissance. Du moins c'est l'impression que j'ai. Tant de choses se sont jouées en vingt-quatre heures. Plus que durant les deux mois qui se sont écoulées depuis mon installation à Tenby. Tellement de choses d'ailleurs que Will et moi ne parlons plus beaucoup. Nous avons épuisés nos mots, nos larmes et nos sentiments durant ses soins à l’hôpital et à présent que les choses sont plus ou moins mise au clair nous nous cloîtrons dans notre silence. Pesant, douloureux mais indispensable. On s'est enfin dit ce que nous avions sur le cœur et il nous faut du temps pour l'assimiler. Alors on se tait et on agit plus ou moins machinalement. Je pose une couverture de laine sur ses épaules et me glisse jusqu'à la cuisine ou je réchauffe la soupe de la veille. Qu'il mange léger m'a recommandé une infirmière. Je suis son aide soignante, son soutien psychologique. Je suis ce qu'il a été pour moi durant quatorze années. Et il ne l'accepte pas. Tiens voilà de la soupe. Il ne l'accepte pas mais il n'a pas le choix. Je ferme un à un les rideaux de l'appartement, monte d'un cran le chauffage et prépare un chocolat chaud pour Will. Je n'ai ni faim, ni soif alors je m'occupe de lui puis j'irais m'avachir dans mon lit histoire de dormir un peu. Chocolat chaud non je ne l'envisage pas encore comme un vieillard qui a besoin de sa petite boisson chaude pour s'endormir simplement j'essaye de trouver des façons ludiques de lui faire avaler ses médicaments histoire de changer du traditionnel verre d'eau...Je ne me sens vraiment pas à ma place dans ce rôle. Seulement il me tient à cœur, je veux l'aider, le soutenir, quitte à me retrouver confrontée à des situations étranges. Tes médicaments... expliquais-je en lui apportant un plateau. Je souris vaguement, croise son regard mais ne le soutiens pas. Trop de choses ont été dites, faites. Je me sens vulnérable, je me sens révélée. Si je lui avais déjà crié haut et fort toute l'importance qu'il avait pour moi, je suis allée jusqu'à lui dévoiler ma dépendance ce qui me met à présent mal à l'aise. Cumulé à cela la gifle que je lui ai infligé et le fait que j'agis plus ou moins comme une mère avec son enfant. Alors en effet, soutenir son regard me parait un effort surhumain que je ne cherche même pas à faire. J'allume la radio de la cuisine pour écouter le journal. Pas trop fort pour ne pas le déranger, pas trop faible au cas ou il voudrait écouter. Je fais la vaisselle que nous n'avions pas fait avant de partir visiter quelques logements puis avale trois verres d'eau et me glisse jusqu'à la salle de bain. Habituellement j'aurais mis la musique à fond pour chanter et danser sous les jets d'eau de la douche. Là je fais le moins de bruit possible afin d'entendre le moindre bruit en provenance du salon. Parano? Terrifiée surtout. Terrifiée à l'idée que Will puisse une fois de plus faire une crise, qu'une fois de plus nous passions une journée infernale à l’hôpital, qu'une fois de plus il souffre le martyre, qu'une fois de plus je pense le perdre. Des heures d'enfer comme celles que nous avons passé hier, papa m'avait prévenu qu'elles arrivaient parfois mais je n'avais pas imaginé l'horreur de la situation. Ses enjeux. Hier, j'aurais pu perdre mon père. A l'heure qu'il est je pourrais être en pleurs, vêtue de noir devant la morgue de Swansea. Je pourrais être au téléphone avec Elizabeth pour lui annoncer le décès de son ex-époux. Certes avec des si on referait le monde seulement c'est une réalité qui fut presque palpable hier soir.

Me savonner, me démêler les cheveux, me brosser les dents. Je fais tout avec précision et volonté. Je me désinfecte. De quoi? De l'odeur hôpital. Je ne crois pas sentir le désinfectant mais c'est plus fort que moi, j'ai besoin de tirer un trait définitif sur le cauchemar que fut cette journée et la soirée qui l'a précédé. Alors me parfumer à outrance pour oublier la senteur de l'éther c'est une solution comme une autre de revenir à la vraie vie. Longue chemise de nuit bleuté et cheveux attachés en chignon je me dirige lentement vers le salon et m'assied timidement dans le fauteuil à une bonne cinquantaine de centimètres de William. Silence qui plane, minutes qui s'égrainent. Je...Je vais aller me coucher... déclarais-je lentement, peu d'assurance dans la voix. Si tu as besoin d'aide tu me réveille... conclus-je comme s'il s'agissait d'une évidence. C'en est une pour moi mais je sais qu'il serait capable d'agoniser en silence pour m'épargner une nuit trop courte. Je n'aime pas cette idée. Je voudrais rester éveillée et veiller sur lui. M'assurer que tout va bien. Seulement je suis éreintée je serais donc bien obligée de dormir un moment ou un autre alors autant que ce soit quand il vient de sortir de l’hôpital et qu'il est donc en plus ou moins bon état. Je soupire discrètement, de fatigue, de regrets et m'éloigne. Je pose vaguement ma main sur l'épaule de mon père. Je l'effleure car j'en ai besoin, mais c'est un geste lointain. Je retrouve ma chambre avec soulagement. Sa chambre. Nous avons failli passer une nuit de plus à l’hôpital mais William a négocié pour partir plus tôt. Cela m'inquiète un peu...J'imagine bien que si les médecins l'ont laissé partir c’est qu'il est hors de danger mais il n'empêche que passer une nuit de plus aux urgences n'aurait pas été du luxe. J'ai voulu protester que rester encore ne nous ferait pas de mal mais mon inconscient m'a empêché de mentir. En effet si cela fait du bien à la santé de mon père de rester allongé dans un lit d’hôpital, pour notre moral c'est plus nocif qu'autre chose. Dès lors, un peu égoïstement, j'ai imaginé retrouver mon lit et notre confort et j'ai donc accepté sans broncher le fait qu'on revienne à l'appartement. Je m'apprête à me rouler dans ma couette quand je réalise ce que je suis en train de faire. Papa est passé au bord de la mort hier, il devrait être dans un lit d’hôpital et je le laisse dormir dans le canapé! Honteuse j'attrape mon téléphone et un bouquin et reviens vers le salon. Pas envie d'argumenter, de m'expliquer, je m'allonge dans le fauteuil sans mot dire.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Les rayons du soleil filtrent par un rideau mal fermé et viennent réchauffer mon visage. Viennent m'éveiller en douceur. Je m'étire, ronronne, souris, profite du soleil sur ma peau et finis par rouler pour tomber du canapé. Façon radicale de se voir obligée de se mettre debout. Un coup d'oeil à l'écran de mon portable m'indique l'heure. 08h29. Je replie mes couvertures et les range dans le coffre en bois dans un coin de la pièce. Je me glisse derrière un rideau et appuie mon front à la vitre pour observer le soleil grimpant dans le ciel dans une explosion de couleurs. Ce n'est plus l'aurore mais c'est encore pétillant et lumineux. Poétique. Je reste là quelques minutes puis me dirige vers la cuisine ou je feuillette pensivement une pile de magazines. Je tombe sur une recette de soupe de fraises et des pancakes aux framboises. Si, hier soir je ne me voyais pas discuter avec William, ce maintenant je nous imagine bien déjeuner ensemble et rire d'un rien. Ecouter la radio comme avant et commenter avec ironie les remarques des présentateurs. Jouer aux critiques gastronomiques en notant le repas et se faire des projets pour la journée. Refaire le monde aussi et pleurer de rire. C'est un matin soleil. C'est un matin passé me semble-t-il. Un matin extra-terrestre parmi tous ceux gris et tristes que nous avons partagés ces dernières semaines. Je passe dans ma chambre, y saisit une jupe de tulle noire, un débardeur blanc et mes ballerines rouges. Je vole un peu d'argent et ses clés dans les poches de mon père et quitte l'immeuble. Pour une fois je n'ai pas les écouteurs plantés dans les oreilles. J'ai envie du chant des oiseaux, du son de la mer et de la voix des passants. Je vais au supermarché en longeant la plage et, si je me presse pour être rentrée avant le réveille de papa, je prends tout de même le temps de m’arrêter lorsque de beaux coquillages attirent mon attention. Couleurs étranges, forment peu communes ou me rappelant des visages, des corps, je les glisse dans mes poches. Je pensais devoir marcher jusqu'à la grande surface mais je tombe sur une épicerie aux étales alléchantes. J'y fais mes réserves, offre de lumineux sourires aux autres clients et à la vieille vendeuse puis reviens sur mes pas l'allure plus rapide. Revenue à l'appartement je retire mes chaussures en vitesse, les abandonnant dans le couloir avec la monnaie et les clés ainsi que mes coquillages. Tout est abandonné sur le parquet du couloir tandis que je me presse d'entamer la confection du déjeuner. Je suis à peu près les deux recettes découvertes dans les journaux de papa mais laisse libre court à mon imagination sur certains points. Ajoutant des raisins secs et des noisettes au muesli que je viens d’acheter je tente de préparer une table colorée et joyeuse, pétillante. Je m'apprête à aller ranger ce que j'ai laissé dans le couloir lorsque j'entends le parquet craquer. Papa est réveillé. Il est réveillé et, allez savoir pourquoi, cela m'inquiète. Je me sens indécise et le cœur qui s'accélère. J'ai peur. Peur de sa réaction. Peur d'être la seule à voir ce matin comme un matin zéro. Comme un matin sourire.
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TON PSEUDO : MissPiggy
TES DOUBLES : Aiden Holmes, Seren A. Vaughan, Théodore C. Pembroke et Victor I. Cartwright
TON AVATAR : David - Sexy - Tennant
TES CRÉDITS : avatar: pathos sing:Charney (un gif de Grace)
TA DISPONIBILITE RP : Sans vie sociale, recherche rp libre.
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POINTS : 1355
ARRIVÉE À TENBY : 20/03/2014

Et si on se battait pour le bonheur?
ÂGE DU PERSONNAGE : 42 ans (8 septembre)
CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
PROFESSION : Détective Inspecteur (en arrêt)
REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Mar 21 Oct - 1:08

Les docteurs sont emmerdants. Comme pour se protéger, ils ne veulent jamais que l’on marche jusqu’à la sortie de l’hôpital seul. Si je suis pour m’effondrer au sol en étant victime d’un malaise cardiaque, que je le fasse dans l’hôpital ou à trois pas du fauteuil roulant qui m’avait mené jusqu’à cette petite ligne qui marquait la responsabilité de l’hôpital et la mienne, ça ne fera pas vraiment de différence. J’avais donc, sans vraiment surprendre les infirmières, fait la gueule lorsqu’après avoir gagné mon argumentaire avec les dames et signé les stupides papiers de décharge, les infirmières m’ont confirmé que je devais vraiment me faire rouler hors des urgences. L’effet était le même que si elles m’avaient giflé. J’étais capable de marcher jusqu’à la sortie tout comme j’étais capable de prendre un taxi. Enfin, c’était ce que je croyais.

J’avais dormi d’un sommeil hasardeux dans le lit de l’hôpital pendant les vingt-quatre dernières heures. Mon humeur était passablement sombre. La longue discussion avec ma fille avait épuisée le nombre de mots que nous semblions capable de dire et le fait que l’infirmière de garder lui avait dit de me surveiller ne devait sans doute pas aider à ce que je sois de bonne humeur. En fait, mon attitude était davantage à rappeler celle d’un enfant de trois ans qui n’avait pas fait la sieste. Je grognais à voix basse en jetant des regards colériques sur tout et en particulier sur le stupide fauteuil roulant dans lequel je m’assis quand même après avoir enfilé ma veste. Les bras croisés, j’étais pensif. Était-ce vraiment une bonne idée que de mettre la pression de ma santé sur les épaules de ma fille de seize ans? Après tout, elle avait besoin de moi! C’était essentiel pour elle. J’avais au moins une bonne raison de me battre. Sauf qu’elle s’en voudrait si je claquais. Parce que ça en venait à lui imputer une partie de responsabilité. C’était dans les raisons qui me faisaient douter que c’était la bonne chose à faire.

Pourtant, j’avais conscience que sans elle, on ne me laisserait simplement pas partir de l’hôpital. Debout, appuyé contre une des colonnes de l’hôpital, j’attendais sagement le taxi. Je fis même l’effort d’ouvrir la porte du véhicule à ma fille. Elle se glissa première sur la banquette mais en quelques secondes, je la rattrapais. Mon front s’appuya sur la vitre après que j’ai dit notre adresse – je ne quitterais sans doute pas la maison pendant deux jours. Ma fille dut me réveiller en arrivant à la maison. C’était sans nul doute les effets des nombreuses drogues qui roulent en circuit fermé dans mon corps. Je n’aime pas me sentir endormi et sous l’effet de l’espèce de cocktail de médicaments. Sauf qu’aujourd’hui, une partie de moi bénit leur existence et leur impact. L’appartement était au deuxième étage. La simple vue des escaliers m’angoisse aujourd’hui. Le prochain appartement ou la prochaine maison n’aura pas plus de marche qu’ici. Je m’agrippe au bras de ma fille pour lentement faire ma courte progression jusqu’en haut des escaliers. Mon cœur s’excitait pour un rien. Je suis essoufflé rendu en haut des marches et je me laisse tomber dans le sofa qui craque sous mon poids.

Le silence était encore plus lourd à porter. Il était tard (ou pas… ma perception du temps était peut-être bien faussé par la fatigue excessive que je ressentais dans chacune des cellules de ma peau). Quand ma fille revint de la cuisine, je ne pouvais m’empêcher de fixer le bol de soupe qu’elle me sert d’un œil vitreux. Elle venait de faire un effort, ça sentait bon. Sauf que mon estomac ne veut pas y toucher. J’avalais toutefois sans l’ombre d’une plainte tous les cachets que ma fille me tendit avec un chocolat chaud. Je la regardais passé d’une pièce à l’autre en me lançant des coups d’œil discret à chaque fois. Elle était inquiète. Et je n’aimais pas être celui qui l’inquiétait. Elle méritait une adolescence comme les autres. Quand elle fila sous la douche, je vais discrètement jeter une partie de la soupe dans l’évier de cuisine. Ma bouche goutait le fer et la maladie. Je voulais juste aller me brosser les dents et aller dormir.

Je profitais de la longueur de sa douche pour aller me changer. Enfiler un pyjama et me brosser les dents, c’est le plus loin que mon hygiène personnelle ira ce soir. Et je faisais ici un effort en me changeant. Il m’était arrivé par le passé de me retrouver dans le même état – seul par contre. Et je n’avais pas pris la peine d’enfiler un pyjama propre. Je m’étais endormi dans ma chemise avec mes souliers encore dans les pieds. Je me sentais obligé de rester réveiller pour l’attendre, mais j’étais à demi-endormi lorsque la porte de la salle de bain s’ouvrit à nouveau. Je bougeais à peine. Le sofa se creuse un peu plus loin. Je fixais ma fille dans sa longue nuisette bleue. Je m’en étais voulu sur le coup. Elle aussi avait l’air d’avoir vieilli dans les dernières heures. Un coup de vieux en un seul coup. « Je...Je vais aller me coucher... » m’affirma-t-elle. Sa voix trembla. Elle avait peur de me laisser seule. Mais elle aussi est fatiguée, elle aussi a mené un combat aujourd’hui. Elle a réalisé des choses. Et j’ai peur qu’elle parte en raison de ces choses. Pourtant, comme si c’était une évidence, ma fille poursuit son petit discours : « Si tu as besoin d'aide tu me réveille... ».

Pourtant quelques minutes après avoir fermé la porte de la chambre, ma fille revint à nouveau dans le salon. Elle me poussa un peu du sofa et s’y installa sans un mot. C’était sa manière de me dire que j’héritais du lit et non pas du salon ce soir. Je me laissais tomber entre les draps de la chambre. Premier constat que je fais : les draps de mon lit sentent l’odeur de ma fille. C’est idiot mais ça m’aide à réduire l’angoisse que je ressens comme une étreinte. Deuxième constat : le lit est vachement plus confortable que le sofa sur lequel je dors. C’est un de seconde main, ça parait et ça explique peut-être le semblant de mal de dos que je ressens depuis que ma fille s’est installé dans la maison. Mon sommeil dans lequel je sombre ressemble d’avantage à un coma qu’à tomber vraiment endormi. Pour moi qui avais habitude de me réveiller plusieurs fois par nuit depuis quelque temps, je ne vis pas le temps passé.

Un claquement de la porte d’entrée me fit ouvrir les yeux. Mon regard se posa sur le réveil matin dans un coin de la pièce. Neuf heures dix minutes. Un record, je ne devais pas avoir dormi aussi longtemps que ça en un seul trait. Mais j’étais encore fatigué. Le tiroir entrouvert et le pyjama déposé contre le panier à linge sale me confirma que ma fille était passé pendant que j’étais en train de dormir pour se ramasser des vêtements. Lorsque je sortis de la chambre avec une paire de jean, un t-shirt mauve et un caleçon propre, un regard sur mon appartement me confirma que ma fille était partie. C’était loin de me rassurer. J’aurais préféré qu’elle reste là. J’aurais voulu qu’elle soit là à mon réveil.

Passage obligé vers la douche. J’avais perdu l’habitude ici de la musique dans ma douche, mais j’avais gardé le radio dans la salle de bain. Pour la première fois, ce matin-là, je fouillais dans mes disques pour y trouver ce vieux disque de Queen. Machinalement, ma main s’appuya contre la roulette d’eau au fur et à mesure que Bohemian Rhapsody se mettait à raisonner dans la pièce. De l’eau chaude, pour une rare fois. J’entrais sous le jet d’eau puissant et je laissais l’eau m’atteindre. Malgré la fatigue encore présente, je me lavais avec autant de précision. Mon corps sentait l’hôpital. Je voulais simplement l’en effacer de mon corps. Quand je suis sorti de ma douche, je me suis longuement regardé dans le miroir embué. J’avais l’air misérable et selon moi, la barde n’était pas là pour me retirer quelques années. Ça m’avait toujours vieilli. Mais la raser, ça me semblait presque faire comme un pas vers le fait d’admettre que j’étais prêt à faire un changement. Après la frayeur que j’avais ressentie la veille, je devais admettre que de faire un changement s’imposait de lui-même. Il fallait que je le fasse. J’ai fouillé dans l’armoire sous le lavabo. J’en ai sorti la bombe de crème à raser et un rasoir. Je contemplais ces éléments comme s’ils étaient particulièrement étranges. Dix minutes plus tard, j’avais fini de me raser. Je laissais les deux éléments sur le petit comptoir. Je les rangerais plus tard. Quelques petites gouttes d’après rasage sur mon visage, je ramassais ma serviette et mon pyjama et j’éteignis la musique.

En arrivant dans la chambre, j’étais à nouveau fatigué. Mes cheveux encore humide, je me dis que je passerais un peu de gel plus tard. Je refermais la porte de la chambre et je m’allongeais dans les draps à nouveau. J’aurais pu prendre mon cellulaire et appeler ma fille pour savoir où elle était. Mais je préférais lui laisser un peu de sa liberté. Je sombrais à nouveau dans un autre petit sommeil dans le silence de mon appartement. Toujours pas de rêve. Et je préférais que la situation reste ainsi. Lorsque j’ouvris les yeux, il était dix heure cinquante-cinq. Il y avait des bruits dans la cuisine. Je ne retiens pas un petit soupir de soulagement. Ma fille ne m’avait pas fui comme la peste. Elle était sortie pour près d’une heure… mais elle était revenue malgré tout. Je posais mes pieds sur le sol de l’appartement. La latte du plancher craque sous mon poids. Je ne regardais pas mon regard dans le miroir. Petit pas hésitant, je me dirigeais vers la porte de la chambre. Et si elle ne voulait pas me voir? Après la frayeur que je lui avais causée, j’aurais compris. Ma main trembla à cause du stress. J’hésitais entre ouvrir la porte et ne pas le faire. Mais je finis par la pousser et sortir ma tête. La table de cuisine que l’on voyait de ma chambre semblait déjà dressée. « Bon matin ma grande… » dis-je en me rendant lentement vers la cuisine. En passant près des sacs d’épicerie, j’en ramassais deux. Avoir eu plus d’orgueil, j’aurais ramassé tous les sacs. Mais je savais que je n’étais pas assez en forme pour faire une connerie du genre. « Tu vas bien? As-tu besoin d’aide? », demandais-je avec un petit sourire timide en passant une main dans mes cheveux pour les ébouriffés.

[HJ: ceci est mon 1000e post avec William. Je l'ai gardé pour toi J'espère qu'il te plait... j'ai eu de la difficulté à l'écrire mpotte moi s'il ne te plait pas ]

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Where no one is to blame. Ain't no time to waste my time. Thank you but I disclaim with no regret and no shame : Never falling in love is not a crime. ©️alas.
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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Sam 1 Nov - 20:43

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L
e parquet du couloir grince et moi je me glisse lentement jusqu'à un tabouret ou je m'assieds, fébrile. J'ai peur de la confrontation avec mon père. J'ai peur parce que je sais pertinemment que si je décèle de la douleur sur son visage, du regret dans ses yeux, de la tristesse dans sa voix je vais m’effondrer. Et je n'en ai pas envie. Vraiment pas. Je veux qu'on rigole comme des chèvres, qu'on chante comme des canards, qu'on danse comme des éléphants. Je m'en fous de ce qu'on fait tant qu'on est nous. Être nous. J'ai réalisé une chose tandis que nous étions à l’hôpital hier soir. Cela fait trois mois que j'ai rejoins William à Tenby et cela fait donc trois mois que nous ne sommes pas nous mêmes. Qu'on pense ce que l'on veut, que l'on m'envisage comme une idéaliste qui refuse d'admettre que l'on a tous une part d'ombre, moi je sais que Will et Lawry Hardy ne sont pas les fragiles créatures oscillant entre larmes de désespoir et cris de déni que nous avons été ce dernier trimestre. Nous sommes des boules d'énergie, des rayons de soleil, des perles de bonne humeur. Je me vente ? Non, j'admire simplement notre relation. L'un sans l'autre sans doute est-ce différent, l'un sans l'autre nous sommes des êtres humains comme tant d'autres avec leurs qualités et leurs défauts. Mais en tant que père et fille nous sommes parfaits. Point à la ligne. Et donc il nous faut du temps pour retrouver notre bonne vieille complicité mais ça viendra, je veux y croire. Je me voile la face, peut-être mais au moins je garde espoir. Une étincelle de foi est née hier alors que nous discutions yeux dans les yeux, cœurs ouverts et langues déliées. Une étincelle de foi en notre avenir que je veux nourrir de preuves, des preuves que nous pouvons encore être complémentaires et agréables l'un envers l'autre. Mais si ce matin est un matin comme les autres, si nous souffrons en voyant les tablettes de médicaments, si nous désespérons en ne recevant pas de coup de téléphone de la cardiologue, si nous paniquons dès que papa flanche, alors je m'obligerais à admettre que c'en est fini du vieux Will et de la vieille Lawrence. On privera notre flamme d'oxygène et elle disparaîtra.

Bon matin ma grande…Tu vas bien? As-tu besoin d’aide? J'observe mon père quelques secondes tout en sentant un sourire illuminer mon visage. Un sourire tellement vrai et heureux. Un sourire qui n'avait plus redessiné mes traits depuis que j'avais perdu mon père il y a vingt-et-un mois de cela. Et cela fait du bien, tellement de bien de se sentir enfin revivre. Je ne dis pas que mon existence était en mode veille ces deux dernières années, bien entendu il m'est arrivé de rire de bon cœur et de profiter de bons moments, seulement il restait toujours quelque part en moi une ombre planant. Tout un temps ce fut le manque de mon père qui, plus récemment fut remplacé par l’inquiétude de le perdre. Mais là ce voile est littéralement levé. Quelque chose dans la voix de mon père, dans son regard lumineux et son sourire joyeux, son visage rasé et ses cheveux coiffés m'a libéré de mes craintes. Je retrouve le William Hardy de mon enfance et c'est un soulagement incommensurable. Lorsque je retrouve l'usage de mes membres je sautille jusqu'à mon père. Je passe mes bras autour de son cou et pose deux baisers sur ses joues. Tu pique pas, c'est magique! m'exclamais-je en riant tout en m'éloignant pour saisir la cruche de jus de fruit. Si Monsieur veut bien prendre place je vais m'occuper de combler son gosier, citais-je en prenant un accent moyenâgeux et en m'amusant à faire plusieurs révérences plus ou moins gracieuses. Reprenant un peu mon sérieux -bien que je ne parvienne à me défaire d'un petit sourire enthousiaste-, je nous sers un jus de pamplemousse-orange ainsi qu'une tasse de lait chaud. Je veux donner un certain attrait à ce déjeuner, le rendre festif et varié car nourrir mon père avec autre chose que du café et des céréales est loin d'être une mince affaire. Je fouine dans les sacs posés sur le comptoir par mon père mais n'y déniche pas ce que je cherche. Je "patine" sur le parquet ciré jusqu'au couloir dont je ramène le dernier sac. Là... chuchotais-je en en sortant un flacon que je cache à mon père comme s'il s'agissait d'un secret national. T'as vu comment je te prépare des surprises? m'enquis-je avec ironie tout en préparant deux assiettes. Au centre deux pancakes, dessus un trait de sirop d'érable et, touche colorée, des framboises sur le bord du plat. Le plat de résistance et...j'abandonne les deux assiettes sur la table et sautille dans la pièce pour récupérer un bol que je pose entre les boissons du muesli. Bon appétit! conclus-je tout en attaquant mon repas. Je dois bien admettre que mes premiers fruits ne sont pas fort sucrés mais le reste s'annonce meilleur.

Hier, même heure nous nous préparions bon gré mal gré à visiter des maisons. Papa n'était pas en très bonne forme et moi je m’inquiétais de sa capacité à rester debout toute une après-midi. Les choses commencent bien différemment aujourd'hui. De plus je ne pense pas que nous ayons de projets pour la journée ce qui n'est finalement pas plus mal. Pas de stress ni d'obligations. On va enfin pouvoir récupérer des tracas d'hier car, je ne sais pas pour Will mais j'imagine qu'il est dans la même situation que moi, la nuit ne fut pas très réparatrice. Agréable, certes, mais pas suffisante à me remettre d'aplomb. Il est vrai que viendra un jour ou nous devrons ré-envisager un déménagement cependant l'agence immobilière est connectée à un mauvais souvenir encore trop vif, récent pour que l'on aborde le sujet dès à présent. Le jus de fruit n'est pas trop amer et je m'en félicite même si les framboises ne sont définitivement pas bonnes, l'ensemble du déjeuner est plutôt convenable. Le choc de la fourchette sur la porcelaine des plats, le glouglou des boissons dans notre bouche, le son de notre respiration. L'endroit est étrangement calme et si ce n'est pas exactement un silence pesant c'est malgré tout un silence qui gagnerait à être comblé. Je cesse de manger, reste pensive un instant puis sors mon téléphone de ma poche. J'y fouine un instant avant que les premières notes reconnaissables entre toutes de I Want You Back des Jackson Five retentissent. Un large sourire aux lèvres je  me dandine sur mon siège. Cet hymne à la joie me semble correspondre parfaitement à la situation. Je pioche dans le plat de muesli tout en chantonnant par moment, les yeux clos, mes cheveux me chatouillant le nez tandis que je bouge en rythme. Le morceau se termine, je reviens sur terre, souris chaleureusement à mon père qui me fixe. La play-liste s'enclenche d'elle même et c'est un autre titre qui me donne envie de danser Cherry Bomb des Runaways. Je pianote sur la table puis ne me retiens plus. Riant je sautille au milieu de la cuisine et danse, fais du play-back, joue de la guitare invisible. Vient ensuite Don't Stop Me Now de Queen et c'est l'apogée surtout que là, les paroles, je les connais. Oui je chante faux mais qui s'en inquiète? I'm burning through the sky yeah two hundred degrees that's why they call me Mister Fahrenheit! Des pas de macarena, de Claude François ou de danse classique, tout y passe et moi je ris de bon cœur en jetant, parfois, des regards à mon père. M’accordez-vous cette danse Monsieur? finis-je par lui demander cherchant à garder mon sérieux. Regard séducteur et exagérément subjectif je finis par succomber à mes bêtises et par perdre mon calme. Je ris de bon cœur et attends la réponse de mon père en me dandinant sur place. Ça faisait longtemps.

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Merci pour le 1000eme message ♥️ C'est moins long que d'ordinaire, j'espère que ça va

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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Sam 15 Nov - 2:14

Presque deux ans se sont écoulés depuis que j’ai appris que ma femme me trompait. Pendant presque deux ans, je me suis volontairement laissé détruire par les circonstances. J’ai repoussé mes amis et mes connaissances – toutes les mains aidantes qui s’étaient laborieusement avancées vers moi je les avais sauvagement repoussé. Mais la solitude et moi, c’était compliqué. Je peinais à admettre que c’était la bonne chose à faire. En deux ans, mon univers à moi s’était brusquement effondré. Jamais je n’aurais cru qu’un jour je ne serais plus avec Elizabeth et expliquer pourquoi j’aimais encore mon ex-épouse malgré toute la merde qu’elle m’avait fait, c’était pénible et pas vraiment justifiable. C’était comme mon attitude généralement défaitiste face à la vie que j’abordais avec acharnement depuis deux ans. C’était pesant et lourd à supporter. Mais c’était le seul moyen qui m’était venu en tête pour empêcher qu’une situation comme celle qui venait de se produire réapparaisse avant que j’aille eu le temps de panser mes blessures.

Sauf que dans mon égoïsme d’adulte, j’avais oublié ma fille. Elle était de nouveau entrée dans ma vie comme un train. Roulant à grande vitesse, le TGV Lawrence Hardy était venu foutre la pagaille dans ma vie rangée de mec solitaire et désagréable. C’était idiot, mais ça m’avait pris du temps réalisé que je la décevais. Ça m’avait pris du temps comprendre qu’elle avait besoin que je sois là pour elle. J’avais continué à agir comme je l’avais fait pendant des mois. En mentant. En trichant. En camouflant la réalité. C’était hier que le déclic avait commencé à s’opérer en moi. Et ce matin, je m’étais questionné pour la toute première fois à savoir si mon attitude pouvait peut-être un peu expliquer l’aggravation constante de mon état de santé. J’empirais. J’échouais. Je m’essoufflais.

Si j’avais affronté en silence mes médicaments, des tablettes tristes aux cachets qui me faisait peine à voir, ce matin, je voulais essayer de voir avec un nouveau regard la vie que j’avais tenté de fuir pendant deux ans. De faire comme si tout était normal. Comme si hier n’avait pas été un des pires jours de nos vies. Je décidais, en rasant ma barbe, d’accorder une chance à demain. Parce que Lawrence avait besoin de moi, de ma présence et de mon existence. Elle me l’avait clairement fait sentir. Et en voyant son regard plein de chaleur ce matin-là. J’avais su que c’était la bonne chose à faire. De m’impliquer dans ma guérison autant que faire se pouvait. Elle ne méritait pas le vieil ours mal léché qui ne disait jamais s’il te plait et encore moins merci. Elle ne méritait pas ma colère. Elle n’était responsable de rien. Mais j’ai quand même trouvé la force de l’accuser de tous mes malheurs pendant trop longtemps.

Ma consécration au titre de père de bonne qualité, c’était son regard un peu surpris qui s’illumina brusquement. C’était son petit sautillement joyeux qui me rappela avec force les matins de Noel de son enfance quand elle se glissait dans le lit que je partageais avec sa mère – pour nous dire que le père Noel était passé avec des étoiles plein les yeux, les fois où j’allais la chercher à la garderie – et que j’étais le plus meilleur des pères de l’univers entier. Ces images entières pénètrent en moi et chassent presque le gout amer qu’ont laissé les deux dernières années de ma vie qui n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Ma force de me battre, elle provenait de la tornade de cheveux roux qui s’abat contre moi. De ses lèvres qui viennent blottir deux baisers légers contre mes joues. C’était aussi ce grand éclat de rire quasi-enfantin qui sort de sa gorge : « Tu ne piques pas, c'est magique! ».

Elle s’éloigna de moi pour saisir la cruche de jus de fruit. Toujours vide qui, ce jour-là, était pleine d’odeur et de saveur toutes plus particulières les unes que les autres. Comment avions-nous fait pour nous repousser tous les deux ? Comment avions-nous fait pour être aussi sérieux ? Une tonne de souvenir heureux de son enfance remontaient brusquement à la surface pendant qu’elle citait avec un ton moyenâgeux qui m’arracha un grand éclat de rire : « Si Monsieur veut bien prendre place je vais m'occuper de combler son gosier. ». Je la revois pour l’anniversaire de ses cinq ans, déguisée en princesse. Je fis à mon tour avec une révérence et avec le même ton : « Mais avec plaisir milady. »

Je n’ai jamais regretté d’avoir eu ma fille tôt. Quand je regarde l’état de ma santé à l’aube de ma quarantaine, je me dis que c’était une sage décision que nous avions fait, Elizabeth et moi. En ce jour, j’avais une grande avec moi qui amenait sur la table deux verres. Une tasse de lait chaud. Je me sentis réprimée une moue. « Mais mon café du matin ? » hurla une partie de mon cerveau en une plainte. Je la calmai en prenant une gorgée du verre de jus qu’elle a tendu avec les cachets en silence. Pendant ce temps, ma fille fouillait avec énergie dans le dernier sac.« Là... », souffla-t-elle à voix basse sans que je ne la vois faire . Qu’est-ce qu’elle avait manigancé ? L’odeur était délicieuse et j’avais faim. J’allais justement demander ce que c’était lorsqu’en dressant des assiettes d’un pas aérien, ma fille enchaina son petit numéro avec un grand sourire : « T'as vu comment je te prépare des surprises? » / Son énergie était contagieuse. Elle avait un sourire qui ne pouvait que me faire approuver. Mais je n’eus qu’à peine le temps qu’elle déposa deux assiettes sur la table. C’était colorée et magnifique. La petite touche de sirop d’érable. Les framboises. Tout était parfait et terriblement loin de mes habitudes alimentaires déviantes. C’était une bonne chose et j’en avais conscience. « Le plat de résistance et...» elle sautilla pour récupérer encore une autre petite assiette qu’elle déposa entre nous deux. « du muesli. Bon appétit! ».

J’entamais aussi mon assiette avec un petit sourire. Je n’avais plus l’habitude de manger aussi tard que ça. C’était donc avec appétit que j’attaquais mon assiette. Un sourire illuminait mon regard. C’était bon. Je ne remarquais à peine les framboises qui avaient un gout d’eau. L’endroit était calme. Mais le calme ne me pesait pas. Mais je savais très bien que ma fille n’avait pas la même relation avec le silence que j’avais. Sur ce point, c’était à sa mère tout craché qu’elle ressemblait. Je devais avouer que je ne savais pas trop quoi dire surtout après tout ce qui avait été dit la veille. Il faudrait que l’on reparle un jour de prendre une nouvelle maison. Et je voulais que ça soit fait avant d’avoir un traitement pour ma condition cardiaque. Je voulais avoir un point d’ancrage. Une maison qui nous ressemblerait à Lawrence et à moi, bien plus que les murs blancs de cet appartement dans lequel tous les deux nous étouffions. Il faudrait en parler, mais pas maintenant. J’allais rompre le silence lorsque ma fille mis de la musique pour meubler le rassurant silence. C’est une liste d’écoute qui rappelle son enfance et la mienne. Quelque chose de joyeux qui meublait le silence. Je n’étais pas le seul qui voulait donner libre cours à la vie aujourd’hui. Qui voulait replonger brusquement dans le monde des vivants et tant pis pour les épreuves. Sur sa chaise, ma fille se dandine avec énergie. Je ne réalisais même pas que mon regard la regardait. Je ne peux que sourire lorsque deux chansons plus loin, ma fille se lèvait et se mit à danser au milieu de notre cuisine. Et sur Queen, ma fille se mit à chanter.

C’était tellement spontané que j’en oubliais les notes faussées. Je ne serais pas celui qui lui reprochera. Le fait qu’elle chante comme une casserole, c’est pas de sa mère qu’elle retient ça et je le sais très bien. « I'm burning through the sky yeah two hundred degrees that's why they call me Mister Fahrenheit! » épomonna-t-elle en dansant d’un style particulier qui me fit rire au éclat et aux larmes. Ses regards qu’elle me lancait. J’en déposais mes couvert, juste à temps parce que ma fille se retourna avec un air super sérieux : « M’accordez-vous cette danse Monsieur? ».

Avais-je vraiment le choix ? Non ! Le William qu’elle veut aurait embarqué dans son délire à un million de kilomètre heures. Avec toute mon énergie, je me leva et pris la main qui m’était tendue avec une véritable délicatesse. J’osais même pour un semblant de révérence avant de rajouter avec un semblant de sérieux : « Mais avec plaisir Gente dame ! ». Et je me joignis de bon cœur à la danse d’un ridicule peu enviable surtout que mes mouvements n’avaient aucune grâce. Je constatais donc comme à chaque fois que j’essayais un art que mes talents n’avait que des capacités limitées en la matière. Et ma voix se joint à celle de ma fille sur un Freddie Mercury qui se retournerait dans sa tombe à un point telle qu’elle se transformerait en hélicoptère pour peu qu’il nous entende tous les deux massacrer les paroles de ses plus grands succès. Mais tant pis. Entre deux chansons, je m’arrêtais pendant un petit moment. Avec un sourire immense sur mon visage, je la fixais pendant un petit instant avant de dire d’une voix douce : « Ça doit faire trois siècle ma grande que je te l’ai pas dit… mais je suis vraiment fier de la femme que tu deviens. »

[HJ: Je m'excuse pour l'attente! J'espère que tu aimes malgré tout]

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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Dim 23 Nov - 22:43

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H
ey papa on danse? Alleeeezzz, s'il te plait pappppaaaa! Yeux de chats et moue qui a le don de faire craquer mon père. Il soupire avec amusement et finit par abandonner ses rapports d'enquêtes. Il quitte la pièce sans m'offrir un regard et je reste penaude au milieu du bureau déçue, moi qui pensais être parvenue à le convaincre. Et le voilà qui revient une écharpe à froufrous de maman sur les épaules en plus. Enthousiaste je ris de bon cœur et sautille sur place, bras en avant pour qu'il me prenne dans ses bras. Il enclenche d'abord la radio qu'un CD de musiques africaines ne quitte jamais. C'est ma petite musique que j'aime à écouter tous les soirs histoire de me déchainer un peu avant d'aller me doucher et dormir. Maman appelle ça du bruit et elle refuse que j'écoute cela dans les pièces communes j'ai donc réquisitionné le bureau de William et j'en ai fait ma boite de nuit attitrée! Viens là petite princessssse déclare-t-il avec un accent latino et en se déhanchant comme jamais, faisant glisser l'écharpe le long des épaules tel un boa de plumes. Je ris bien que ses airs de danseuses m’intriguent quelque peu. Il me prend dans ses bras et je m'accroche vigoureusement à son cou. Nous tournoyons et lorsque la musique s’accélèrent je me cramponne un peu trop. Lawrrrrry je vois la vie en roux là, enlève un peu tes cheveux de mon visssage J'obéis puis me penche un peu pour être tête à tête avec mon père. Je lève mon index d'un air faussement menaçant et déclare en imitant plus ou moins Elizabeth lorsqu'elle me fait des reproches Arrêtes avec cette voix tu es ridicule! William m'adresse un regard plus ou moins outré mais je sais très bien que mes petites imitations de maman l'amusent. Après tout, ce n'est pas comme si elle était crédible lorsqu'elle se met en colère. Il me pose par terre et des rythmes plus tribaux font vibrer les murs. Pétillante je sautille dans la pièce, passe du canapé au bureau en me dandinant et postée sur la table je demande à mon père d'approcher et fais mine de jouer du tam-tam sur sa tête. A la douche jeune fille! Mon père et moi nous tournons vers la porte d'entrée ou est postée Ellie. Dans une longue chemise de nuit en soie, ses longs cheveux roux et humides retombant sur ses épaules je dois bien admettre qu'elle est jolie ma maman! Je sais aussi qu'elle est du genre irritable et je ne prends donc pas la peine de contester son ordre. Mon père m'aide à descendre de la table et je suis ma mère. Avant de rejoindre la salle de bain je me retourne et jette un regard à mon père avant de chuchoter Oh la rabat joie! et là c'est mon père que je mimes.

Main dans la main avec mon père, un peu moins de dix années plus tard, je retrouve cette même complicité entre nous et c'est un plaisir indescriptible. Danser jusqu'à l'épuisement et chanter faux, deux de nos passe temps quotidiens lorsque j'étais gamine. Je pensais que nous aurions perdu à jamais cette relation magique qui nous unissait mais finalement, tout est intact, il faut simplement retirer la couche de poussière recouvrant notre bonne vieille complicité. Deux ans d'éloignement et de ressentiments ont mis en péril notre relation père/fille mais finalement, lorsque l'on y met chacun du sien, tout est possible, même reconstruire ce que l'on pensait perdu. Après tout, ce qui a mené notre lien à la ruine ne sont rien que des mensonges et un manque de compréhension, rien de concret qui pourrait persister aujourd'hui que le voile a été levé sur notre différend! Pirouettes improvisées, révérences, mouvements de valse ou de tango approximatif. Et tout en faisant cela je parviens à gérer des vagues de souvenirs. Preuve du naturel de cette situation! Ces trois derniers mois lorsque William et moi discutions nous faisions des efforts surnaturels pour réfléchir à nos mots, contrôler en parallèle les flashs douloureux remontant à la surface et l'image que l'on voulait donner de soit. Et là c'est comme si seule la spontanéité importait. Après trois chansons la fatigue se fait ressentir, surtout chez mon père que je vois déjà s’essouffler un peu. Il marque une pause et je constate avec plaisir qu'il parvient à se ménager. Il y a encore peu de temps il aurait continué à danser jusqu'à étouffer tout simplement pour ne pas admettre que sa condition physique n’est plus celle de ses vingt ans. A présent il l'assume et même si cela ne doit pas être agréable, il garde le sourire et me fait une déclaration qui me fait chaud au cœur. Ça doit faire trois siècle ma grande que je te l’ai pas dit… mais je suis vraiment fier de la femme que tu deviens. Je dois être rouge comme une pivoine. Je cherche à retenir le sourire ravi qui veut illuminer mon visage mais mes lèvres s'étirent malgré tout. Je m'installe sur ma chaise et reprends mon souffle avant de déclarer: C'est grâce à toi que j'en suis là aujourd'hui alors, merci. J'évite le regard de William car je ne tiens pas à entamer une discussion excessivement touchante et larmoyante. Tant de choses ont été dite hier, suffisamment pour le mois à venir je pense alors si quelques mots doux de temps en temps ne font pas de mal, je ne tiens cependant pas à fondre en larmes -et je ne doute pas que cela serait vite fait vu mon état émotionnel de ces derniers jours.

Je grignote pensivement un peu de muesli lorsque mon téléphone vibre interrompant le morceau de jazz en cours. Étonnée je décroche en vitesse et m'apprête à quitter la pièce pour ne pas gêner William. Je comprends vite que la conversation ne s'éternisera pas, je reviens donc sur mon tabouret. Oui...Je comprends. D'accord eh bien je vois avec mon père et je vous recontacte au plus vite! Oui vous aussi, au revoir! Je raccroche et tandis que du Nina Simone s'entame, j'offre un regard charmeur à mon père. Fut un temps ou j'adoptais cet air triste et mignon jusqu'à ce qu'il succombe à mes demandes mais aujourd'hui je suis incapable de garder mon sérieux plus de dix secondes. Abandonnant ma moue en riant je me penche un peu vers mon père et prends alors un air plus solennel. Papa, l'heure est grave! Je veux rire et me retiens de justesse en me mordant l'intérieur des joues. Je ne dois pas avoir l'air très crédible mais qu'importe, ce n'est qu'une mise en scène et il le sait pertinemment. Voilà, j'ai rencontré un homme et je voudrais qu'il emménage avec nous! Je marque une pause toute calculée et prends une cuillère de céréales histoire de me taire et de laisser mariner mon père. Je finis par hausser les épaules. Mouais bon, en fait c'est un chat que j'ai ramené chez le véto après qu'il se soit fait renverser par une voiture. Mon sourire s'élargit telle une enfant plutôt fière de sa blague. Le vétérinaire vient de m’appeler parce que personne ne l'a réclamé et je pensais qu'on pourrait peut-être l'adopter...S'il te plaaaaiiiittttt. Quelle enfant je fais! Dire qu'il vient de me féliciter pour la femme que je deviens. Il faut admettre que j'ai des réactions plus qu'immatures parfois mais ce ne sont jamais que des délires avec Clément ou William. Parfois avec Siana aussi, je me sens de plus en plus proche d'elle et cela m'aide à me détendre mais pour le reste je suis excessivement sérieuse j'en ai bien conscience.

Attendant sa réponse je pianotes pensivement sur mon téléphone en quête d'un morceau à faire passer un rien plus entrainant que la soul en cours. Je pose une nouvelle fois mon dévolu sur Michael Jackson et pose mon portable avant de nous servir deux verres de jus d'orange. Parler de rencontrer un homme me fait penser à Clément. D'ailleurs lorsque le vétérinaire m'a téléphoné j'ai cru qu'il s'agissait de lui puisqu'il m'a téléphoné avant hier soir. Il avait besoin de soutien et j'ose espérer avoir été suffisamment réconfortante que pour qu'il n'hésite pas à me rappeler s'il en a besoin. Savoir que j'ai quelqu'un sur qui compter me fait du bien mais savoir que des gens comptent sur moi aussi. Je me suis sentie anéantie et inutile lorsque William a quitté Bath l'an dernier et aujourd'hui que je retrouve lentement un cercle de connaissances je renoue avec les plaisirs des échanges et c'est agréable. Quoi qu'il en soit, annoncer à ses parents qu'on est en couple est une épreuve que va bientôt endurer mon ami et je ne voudrais pas me mettre à sa place. Pourtant je réalise à l'instant que me confier à William ne serait pas un soucis. Ellie aurait été plus têtue et compliquée mais puisqu'elle n'a plus à se mêler de mon existence c'est un poids en moins. Mon père lui serait compréhensif même si je ne doute pas qu'en tant que flic il mènerait une petite enquête. Je réalise que je m'imagine lui annonçant que je sors avec Clément. Au moins ça il l'accepterait sans broncher tellement il apprécie le fils D'Arcy seulement c'est loin d'être envisageable et j'ai plutôt honte de penser à ce genre de choses, autant parce qu'il est en couple que parce que je me fais violence inutilement. De toute façon je ne risque pas de présenter quiconque à mon père avant un bon moment vu comment se présente ma situation alors bon, réflexions inutiles!


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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Mar 6 Jan - 15:00

Le bonheur pouvait parfois être facile à obtenir. J’avais avec ma fille une tonne de souvenirs heureux. Quand je la voyais, j’étais complètement incapable de nier qu’elle avait pas tout bousculé dans ma vie. Elle était une petite merveille entrant dans ma vie à la vitesse d’un train. Qui étais-je pour nier l’impact notable qu’elle avait eu? Personne. Ma vie sans elle aurait été d’une tristesse inouïe. Plus triste qu’un été pluvieux à Hopeman. Plus triste que la solitude de mon appartement.

Autant que j’avais des images clairs de ces nuits à danser plutôt que d’aller se coucher jusqu’à ce qu’Elizabeth vienne me raisonner et me faire agir comme l’adulte responsable que je me devais d’être à titre de père de ma fille que j’avais des images de souvenirs beaucoup plus calmes de nos soirées qui réussissaient à m’arracher des sourires. J’avais le souvenir clair encore d’une soirée dans ce genre-là. Sur les coups de sept heures trente-cinq, j’avais passé le pas de la porte de notre appartement. Lawrence devait avoir peut-être deux ans et demi… peut-être même trois ans. C’était ma journée théoriquement pour aller la chercher. Ellie et moi avions réussi à s’organiser avec la personne qui faisait les horaires au poste pour qu’au moins un de nous deux finisse à l’heure pour aller récupérer notre fille à la garderie. Sauf que parfois… comme ce jour-là, il y avait des impondérables. Ellie m’avait regardé avec un regard qui voulait tout dire. Le chef avait demandé à me voir au moment où j’allais passer le pas de la porte. J’aurais aimé pouvoir lui en parler toute suite du fait que j’avais eu une promotion qui impliquait un nouveau déménagement à l’autre bout du pays – des Cornouailles, nous étions sensé filer dans le coin de Sheffield. Mais je n’en fus pas capable. Parce que deux petites mains encore collantes de fruits vinrent s’aggriper à mon pantalon d’habit avec un traditionnel « PAPA RACONTE ‘STOIRE! » qui m’attendait tous les jours. D’un geste rapide, je ramassais ma princesse qui s’envola dans les airs en éclatant d’un rire léger comme tout. Ma fille avait toujours eu ce rire plus beau qu’une pluie d’étoiles filantes. « Lawry la fusée est prête à aller en orbite autour de la planète des rêves? » dis-je avec un sourire. Avec son sens de la répartie blasant, Elizabeth répliqua : « Elle dormira jamais si tu l’excites comme ça Will! » et avec ma maturité légendaire de l’époque je tirais la langue comme seule réponse en murmurant dans ma barbe : « Oh! La rabat-joie! ». Et voilà qu’après milles et une explications plus abracadabrantes les unes que les autres, ma fille se retrouva dans son lit avec son livre préféré. Trois heures plus tard, ce fut Ellie qui vient me réveiller. Je m’étais en effet assoupi contre ma fille après avoir trop rigoler dans le lit en imitant les voix des personnages de ces contes préférés.

Pendant des mois, les seules choses positives que j’avais eues dans ma vie avaient été des souvenirs comme celui-là. On pouvait m’enlever sa présence et sa chaleur mais il est impossible de m’enlever de la tête tous les moments heureux croqués sur le vif. À travers les bons moments et à travers les mauvais moments, Lawrence avait toujours trouvé le moyen de rajouter les teintes de l’arc-en-ciel à notre univers. Je ne pouvais m’empêcher de sourire bêtement dans la cuisine en voyant renaissant de ses cendres cette complicité que je croyais disparue à jamais. Trop longtemps notre relation avait été fusionnelle. Terriblement, horriblement, complètement proche. L’idée de continuer ma vie sans elle à mes côtés était difficile. Et pourtant, sans le vouloir, je faisais remonter en elle un mélange curieux de sentiments. J’avais besoin du bien que ma fille m’apportait : son énergie, sa vigueur, son rire, son amour de la musique… J’avais besoin de ses tourments d’adolescente et de son histoire en train de s’écrire. Aujourd’hui encore plus qu’avant. Sa simple présence m’aidait à me projeter vers demain. Le bonheur était parfois facile à obtenir, mais pas toujours. Et je le réalisais. C’était comme la fierté que je ressentais à l’égard de ma princesse devenue une jeune reine. Elle n’était plus une enfant.

Mon commentaire ne visait pas à la rendre mal à l’aise. Elle a vieilli. Elle a muri. Elle va aller loin dans la vie. Elle va être heureuse. Elle va rire. Elle va pleurer. Elle va peindre le monde qui l’entoure de mille et une couleurs. Et cette fierté que je ressens d’avoir réussi au moins ça dans ma vie – d’avoir une fille magnifique – c’est quelque chose qui va motiver beaucoup de chose. Pourtant, je vois le rouge qui s’étend sur ses joues. Talent particulier des rouquins. Et un sourire nait sur son visage alors qu’elle s’assoit sur la chaise. Aujourd’hui… pour la première fois depuis longtemps, je repris gout au bonheur en prenant doucement une petite bouchée de crêpes. « C'est grâce à toi que j'en suis là aujourd'hui alors, merci. » Je n’ai pas envie de pourrir l’ambiance. Sauf que j’avais besoin de lui dire qu’elle était ma plus grande réussite même si ça faisait de moi un papa d’un cliché exceptionnellement nul. Au moins on n’était pas en public donc je ne lui tapais pas la honte devant ses amis, pensais-je en souriant.

Pendant un instant, la seule chose qui se réinstalla entre Lawrence et moi fut un silence – il était plus commun qu’avant entre nous. Plus jeune, je n’étais moins taciturne avec elle. Les derniers mois, c’était parce que j’avais peur de ce que l’on devait se dire. Aujourd’hui, c’était simplement la fatigue qui parlait. Je mangeais avec appétit. C’était délicieux alors je n’avais pas vraiment envie de parler. Au bout d’un moment, le téléphone de ma fille interrompit la musique me tirant de l’espèce d’épais nuage de pensée qui m’occupait. Je pensais naturellement à cette discussion que nous avions eue hier et à ce que l’on pourrait faire pour recommencer sur un bon pied notre relation. Lawrence se leva et s’avança vers la sortie en répondant. Mais après quelques pas, elle fit demi-tour et retourna s’assoir sur son tabouret en m’arrachant un petit éclat de rire. « Oui...Je comprends. D'accord eh bien je vois avec mon père et je vous recontacte au plus vite! Oui vous aussi, au revoir! ». En entendant la mention de « mon père », j’ai tourné une oreille encore plus attentif vers ma fille. De quoi devait-elle me parler? Et puis, elle avait un de ses regards charmeurs qui ne dura pas très longtemps avant d’être remplacé par un éclat de rire magnifique qui est retenu. La mise en scène est tellement évidente que je sais qu’elle a quelque chose à me demander. MAIS! Elle me laisse mariner dans mon jus. Au moment où j’étais certain qu’elle allait parler, elle prit une bouchée de muesli. Mon regard était un regard énervé.

Sérieusement tout ce suspense était bien de valoir la peine. Elle haussa les épaules et finit par commencer. Et voilà qu’elle lança d’un ton drastiquement solennel : « Mouais bon, en fait c'est un chat que j'ai ramené chez le véto après qu'il se soit fait renverser par une voiture. » POURQUOI JE SAIS TOUTE SUITE OU ÇA NOUS MÈNE ÇA? Pensais-je. Je passai lentement une main sur mon visage. Quelque chose me disait que l’on finirait avec un chat à la maison dans l’heure. D’une voix d’enfant, elle continua : « Le vétérinaire vient de m’appeler parce que personne ne l'a réclamé et je pensais qu'on pourrait peut-être l'adopter...S'il te plaaaaiiiittttt. ». Ce fut à mon tour d’utiliser les techniques de suspense inutile. La réflexion était toutefois présente dans ma tête. Que faire? L’appartement était tout petit. Alors avoir un chat dans l’appartement, ce n’était pas nécessaire l’idée du siècle. Sauf que son sourire et son regard. Et puis, c’était évident que j’allais craquer. Je déposais solennellement ma fourchette et je fixais ma fille avec un regard sévère : « Bon… Ça te ferait vraiment plaisir n’est-ce pas? » demandais-je d’une voix assez sérieuse. Tant pis… Je rigolais doucement et je rajoutais : « Deux conditions sont posées à l’adoption d’un chat : c’est toi qui s’occupe de la litière de monsieur le félin sans nom dont je veux voir une photo… et on déménage vers plus grand pour adopter monsieur le félin sans nom qui va avoir besoin d’un nom parce que c’est franchement trop long à dire monsieur le félin sans nom. »

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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Lun 26 Jan - 21:46

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Q
uitter la ville ou je suis née ne fut pas vraiment un problème. Par la suite j'ai souvent regretté de ne pas connaître ma ville natale, plus par sentimentalisme que pour des raisons concrètes, mais sur le coup j'étais si jeune que je n'en pris même pas conscience. Notre deuxième déménagement eu lieu quand j'avais cinq ans. Là je pris bien plus la mesure des changements que mes parents m'imposaient. J'ai assez souffert la perte de mes amis et d'une baby-sitter à laquelle je m'étais attachée mais le temps guérit bien des blessures. Pour me préserver de celles à venir je décidai, à partir de ce moment là, de plus me focaliser sur mes parents que sur les relations extérieures. Certes je conservais des amis et des proches dans chacune des villes ou nous avions vécus mais je gardais toujours en tête le fait que mes parents seraient toujours présents pour et avec moi tandis que les amitiés s'échouent très souvent ou se perdent avec la distance. Je crois bien que c'est de là que me vient mon attachement à mes parents. Ils étaient ma seule famille puisque les relations avec les parents de papa ne furent jamais bonnes et celles avec ceux de maman prirent du temps à s'assainir. Plus je me rapprochais d'eux, plus je perdais le goût de l'étranger. Je me complaisais dans notre petite vie à trois et le reste semblait avoir peu d'importance. Cela inquiétait Elizabeth et c'est cette lucidité qui lui valu pas mal de reproches de ma part. Pourtant elle avait raison je me renfermais sur moi même et allais de l'avant sans jamais me préoccuper de ma solitude sachant qu'à la maison il y aurait toujours quelqu'un qui tenait à moi et inversement. Les choses s’améliorent lorsque nous nous installâmes à Bath. Les mois passant je compris que nous ne partirions plus ou pas avant un bon moment en tous cas et ce fut comme une libération. Inconsciemment nos changements d'adresse intempestifs me pesaient et savoir que je pourrais considérer une ville comme étant mienne durant quelques années au moins me faisait du bien. C'est ainsi que je devins plus sociable, ouverte et souriante en public. Refoulant ma timidité je pris bien vite goût aux relations humaines et si je n'étais pas bien populaire entourée d'une troupe de courtisans, j'étais malgré tout bien intégrée dans mon lycée. Après un moment je finis même par considérer Annie comme ma meilleure amie et Lewis comme un peu plus que toutes les relations que j'avais pu entretenir. J'étais encore timide sur les dénominatifs et ne me berçais pas d'illusions mais je me donnais tout de même le droit de m'attacher. Ce fut une bonne idée car, lorsqu'Ellie trompa papa et se réfugia dans les bras de son amant tandis que William disparaissait de ma vie, je prenais conscience que mes certitudes étaient fausses : la famille non plus n'est pas toujours là. Parfois on est tout seul, tout simplement et il ne faut pas chercher à trouver de l'aide. Pourtant quand je me croyais abandonnée par les seuls en qui j'avais toujours mis toute ma confiance, ce furent ceux dont je m'attendais le moins à avoir des nouvelles qui me portèrent secours : les amis. Pessimiste et renfermée comme j'étais ils abandonnèrent bien vite la tâche mais au début de mon long cauchemar, ils furent véritablement présents. C'est cette épreuve qui m'a fait ouvrir les yeux sur l'importance des amis. C'est cette épreuve qui m'a offert l'occasion de rencontrer les gens formidables que je fréquentent depuis mon arrivée à Tenby. Alors quand William parle de déménagement j'ai un pincement au cœur quelques secondes avant de me ressaisir. Déménager, oui, mais dans Tenby cela coule de source. Le mot a simplement une connotation à plus grande échelle dans mon esprit. Je finis par hocher la tête avec une espèce d'enthousiasme et me sers un verre d'eau que je termine d'un traite avant de descendre de mon tabouret et de me blottir dans les bras de mon père avec cette même expression que j'abordais petite une fois satisfaite de notre accord qu'il s'agisse de l'heure à laquelle j'irais dormir, du repas que je prendrais ou du nombre d'enquêtes auxquelles il acceptait de m'intégrer. On pensait à Moriarty avec Clément! Enfin non, je pensais à Moriarty et il n'a pas vraiment eu le droit de donner son avis vu qu'il vivra chez nous mais disons qu'il sera le parrain parce qu'il l'a quand même trouvé avec moi! D'aucuns disent qu'il ne devrait pas avoir un nom de méchant mais mignon comme il est, tu verras il est roux et tout petit tout craquant, on oublie le fait que Moriarty est méchant et on se souvient juste du fait qu'il est intelligent charismatique et tout et tout... Contenant un peu mon enthousiasme je marque enfin une pause et offre un large sourire à mon père. Merci papa!

Après avoir collé un baiser sur sa joue je me glisse une nouvelle fois sur mon siège mais le fais glisser jusqu'au radiateur contre lequel je m'appuie pour me réchauffer le dos. Je t'avoue que je n'ai pas trop envie de retourner faire des visites...déclarais-je avec une moue un peu triste en souvenir de ce qui s'est passé la dernière fois que nous avons visiter une maison tous les deux. Tu sais, la dernière, si tu ne t'étais pas évanouis dedans, je la trouverais vraiment bien...assurais-je avec un très vague sourire décidant qu'il était temps de supprimer certains mots et sujets de notre liste des tabous. Petite façade pastelle, grandes fenêtres offrant à la maison une luminosité contrastant avec les poutres de bois sombre. Pièces spacieuses et ouvertes, situation agréable non loin de la mer et, pourtant, prix abordable. Bien entendu, l'adolescente que je suis ne porte d'intérêt qu'à l'intérêt général du bâtiment et sans doute y a-t-il des informations plus importantes encore à cotés desquelles je passe (isolation, chauffe, taxes), pourtant, bien que j'en ai conscience, je ne tiens cependant pas à ouvrir les yeux dessus. Je me suis rendue compte à l'hopital que j'agissais avec une maturité que je n'ai pas dans le seul but d'alléger le poids sur les épaules de mon père mais il a plus besoin de sa fille qu'une d'une nouvelle maman je ré adopte donc mon rôle premier avec grand plaisir.

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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Dim 8 Fév - 3:25

À bien des égards, le métier de policier amenait de petits sacrifices. Il fallait choisir. Si le métier de patrouilleur n’amenait pas l’officier à bouger beaucoup, les plus hauts gradés des forces de l’ordre pouvaient être appelés à déménager. C’était exactement ce qui s’était passé avec moi. Devenu un haut gradé dans la police avant l’âge de mes trente ans, j’avais voyagé quelque peu à travers l’Angleterre. Je savais que ma fille avait vécu quelque peu difficilement les déménagements multiples. C’était en partie pour cette raison que notre relation père-fille était aussi fusionnelle. Je savais que le fait que je lui imposais de déménager et que ce n’était pas nécessairement une bonne idée de lui obliger cette demande.

J’avais besoin d’espace. J’avais besoin de bonheur. Cet appartement me rappelait trop de mauvais souvenir. Il y avait eu trop de nuit de solitude. Trop de tristesse. Trop de frustration. Trop d’appel sans réponses sur la boîte vocale de ma fille. Trop de malaise. Trop de malheur. Je n’aimais pas les vibrations de cet appartement. J’y étouffais. Je m’y sentais purement et simplement malheureux. J’avais besoin d’air et je savais profondément en moi que ma fille et moi, nous avions besoin de recommencer à zéro. Pas de changer de ville. Avec l’état de mon cœur, je savais que changer de poste équivalait à perdre mon métier et en un certain sens – bien que je ne le montrais guère – je m’étais attaché aux habitants de cette ville. Ils étaient chiants. Leur criminalité était profondément ennuyante – sérieusement… depuis le début de ma carrière j’avais rarement vu aussi ennuyant dans un poste de police. Mais ils étaient tous dans leur fond quelque peu attachant. Ils avaient leur petits travers humains. Mais je n’aurais pas été d’humeur à l’admettre directement.

Pour lui faire accepter ce déménagement, j’étais même prêt à m’enticher d’une petite boule de poil un peu chiante – en espérant qu’elle ne miaule pas devant ma porte comme si c’était un opéra d’une profonde beauté qui s’interprétait sous les "MIAOU!" convainquant d’un grand ténor du ronron. Mais après lui avoir dit oui, je la vis se lever pour venir boire une gorgée d’eau et venir se réfugier dans mes bras comme elle le faisait quand elle était toute petite. La sensation de son corps contre le mien me fit sourire. Ma fille était purement magnifique et j’aimais cela qu’elle me comprenne. « On pensait à Moriarty avec Clément! Enfin non, je pensais à Moriarty et il n'a pas vraiment eu le droit de donner son avis vu qu'il vivra chez nous mais disons qu'il sera le parrain parce qu'il l'a quand même trouvé avec moi! D'aucuns disent qu'il ne devrait pas avoir un nom de méchant mais mignon comme il est, tu verras il est roux et tout petit tout craquant, on oublie le fait que Moriarty est méchant et on se souvient juste du fait qu'il est intelligent charismatique et tout et tout... » et la voilà, partie sur sa lancée. Je la revoyais clairement dans ma tête à trois ans et demi me raconter sa toute première journée d’école avec des étoiles brillant dans ses yeux. Elle me ressemblait terriblement avant de perdre confiance en la vie et en l’amour. Avant qu’Elizabeth ne bousilla mon cœur et renversa tout dans ma tête. Amer, froid et distant, je l’étais devenu avec du temps. L’écouter était chaud et de la musique à mes oreilles. J’aurais sans doute l’air un peu vieux jeu en lui rappelant cette gamine de quarante-deux mois qui avait pris un malin plaisir à me décrire avec une précision assez exceptionnelle toute sa journée et son enseignante. Cette scène me faisait aussi penser à ces échange sur mes enquêtes – je lui donnais des indices sur les enquêtes que je venais de résoudre dans la journée pour qu’elle devine qui était le méchant dans l’histoire. J’aurais aimé qu’elle continue pendant longtemps. Mais elle s’interrompit et me fixa pendant un instant avec un magnifique sourire chaleureux. « Merci papa! », me dit-elle d’une belle voix avec un magnifique sourire qui m’irradia tout entier. Merci, je n’avais pas vraiment l’impression de le mériter. Lui accorder un chat après l’enfer que je lui avais fait vivre la veille… c’était la moindre des choses. Un minimum bien peu suffisant.

J’hochais doucement la tête en la regardant s’éloigner tout doucement. Ces mots me semblaient trop peu et les idées me bousculaient dans ma tête. C’était à la fois question d’être constant et de ne pas tout approprié à moi. « Moriarty… J’aime bien. Ça fait même un peu intellectuel. Après tout Moriarty est un professeur et un grand manipulateur. Alors c’est vrai que ça serait particulièrement appliqué dans l’optique ou il trouve le moyen de me faire arriver à avoir un chat par le biais de ton joli minois. » J’avais de la lumière qui brillait dans mes yeux et je tirais légèrement la langue à ma fille. Était-ce la complicité que nous avions longtemps eu qui revenait du néant? J’avais l’impression que cette cassure hier avait été celle qui avait peut-être fait moins de tort que les autres. J’aimais cette impression d’être sur la même longueur d’onde pour la première fois depuis qu’elle était revenue à Tenby en août. Retrouver ma petite fille en un certain sens me faisait un bien fou. Son enthousiasme me faisait un effet enivrant. J’avais envie de la taquiner. Envie de rire. Envie de goûter au bonheur dont je me privais depuis si longtemps. Avec un tout petit sourire, je passais une main dans mes cheveux et je la regardais. Trouver quoi lui dire me semblait si difficile. « De rien ma grande! », me semblait vachement trop peu pour lui rendre la monnaie de sa pièce. J’ai soupiré et j’ai rajouté un petit « Considère le comme un merci pour tout ce que tu as fait. » Un merci pour tes sourires. Un merci pour ta présence. Un merci pour ton existence. Un merci pour ta patience. Un merci pour ton amour quasi-inconditionnel que je redécouvre comme une inondation de chaleur dans ma tête. Merci d’être toi.

Vient ensuite la question du déménagement. Je dois avouer que je m’y attendais à sa réaction son petit : « Je t'avoue que je n'ai pas trop envie de retourner faire des visites... ». Je m’y attendais même qu’elle ne soit pas nécessairement la plus motivée à se trimballer de maison en maison. Je ne suis moi-même pas nécessairement chaud à l’idée. Idéalement, nous aurions déjà trouvé la maison parfaite. Mais je l’ai mentionné plus tôt… j’avais conscience de l’importance que ce déménagement pourrait bien avoir sur notre relation à tous les deux. « Tu sais, la dernière, si tu ne t'étais pas évanouis dedans, je la trouverais vraiment bien... » Évanoui… c’est un euphémisme pour comment mal je me suis senti. Et j’appréciais la retenue qu’elle avait face à mon état. Si j’étais pas pratiquement mort dans cette maison, ça aurait été parfait. Il y aurait sans doute un moyen pour que je sois capable de m’en tirer sans risquer un autre malaise. Elle avait deux salles de bains. J’ai lentement passé une main sur mon visage. Je me sentais vieux – pour changer. J’ai soupiré et puis j’ai souri doucement « Je sais que tu n’as pas envie… j’aurais dû écouter mon corps. Et je dois avouer que je n’en ai pas plus envie que toi. J’avoue que j’ai bien aimé cette maison, moi aussi. Je la trouvais grande et je nous voyais très bien vivre dedans. Sauf que je n’ai pas pu voir les chambres. On pourrait sans doute faire une autre visite juste de celle-là. Dans quelques jours. Le temps que je m’en remette. Et si les chambres nous plaisent… on pourrait faire une offre. » déclarais-je doucement. Réaliste et pratico-pratique.

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MessageSujet: Re: Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw Dim 8 Fév - 15:44

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M
oriarty. Voilà, c'est décidé. Ce nom plaît à papa et c'est tout ce qui compte. J'ai fait mine que ce choix n'était pas discutable et que notre jeune chat serait d'office nommé comme le criminel extrait de l'univers Sherlock Holmes, pourtant si William avait émis la moindre critique à ce sujet, j'aurais changé. Son opinion est primordiale à mes yeux et même si j'ai parfois envie de jouer l'indépendant, il n’empêche que me fier à son avis a toujours été indispensable à ma vie. Peu sûre de moi, savoir qu'il approuvait mes décisions m'a toujours aidé à persévérer dans cette voie et lorsqu'il émettait ne serais ce qu'une critique je modifias immédiatement mon comportement pour correspondre aux mieux à ce qui lui plaisait. Fille à son papa. Je sais et heureusement qu'il a toujours été du genre à me pousser vers les autres car autrement je me serais contentée de me forger l'image de l'enfant parfaite en occultant complètement ma vie sociale. Quoi qu'il en soit, je sais que la plupart des adolescents cherchent réconfort et conseils auprès de leurs amis et c'est aussi ce que je fais moi même depuis mon installation à Tenby, mais par le passé j'ai chaque fois favorisé les propositions de mon père alors même si, depuis que j'ai quitté Bath, Siana, Dylan et Clément me sont d'un grand secours, il n'empêche que j'ai encore besoin des opinions de mon père. A vrai dire, elles me manquent. Entretenir d'interminables conversations sur un sujet qui tenait à cœur à l'un de nous, afin de connaître l'avis de l'autre me manque. Poser des questions parfois gênantes en sachant pourtant que la réponse serait bonne me manque. Mais si, aujourd'hui, nous faisons des progrès considérables dans la restauration de notre complicité d’antan, il reste malgré tout une gêne causée par les souffrances  inconsidérés que nous nous sommes infligées cas derniers mois. Alors bien que nos visages soient souriants, nos yeux pétillants et nos paroles enthousiastes, je conserve une certaine réserve. Celle-là même qui m'empêche de demander à mon père comment agir vis-à-vis de mes sentiments pour mon meilleur ami que je ne parviens pas à tarir alors que c'est indispensable. Toutes ces réflexions à cause du nom que portera notre tigre taille réduite...J'ai tendance à n’emballer de plus en plus et souvent pour un rien. C'est en parallèle de ce constat que les remerciements de mon père atteignent mon cerveau. Fronçant les sourcils je me tourne vers lui avec quelques interrogations sur le visage. Je décide de ne pas poser de questions et me contente de lui adresser un regard reconnaissant. Merci pour tout. J'imagine qu'il parle du soutien de ces derniers jours, du déjeuner de ce matin peut-être et des efforts fournis pour qu'il applique un maximum de comportements lui assurant une hygiène de vie plus saine. Si c'est de cela qu'il parlait, je n'attendais pas le moindre remerciement à se sujet. Cela parait tellement naturel d'être présente pour lui. Réagir autrement me semble tout simplement impossible. Après tout ce qu'il m'a donné les quatorze premières années de mon existence, le soutenir aujourd'hui est à peine suffisant ! Et puis, en réalité ce n'est même pas pour lui rendre la pareille que je suis à ses cotés. Nombre de raisons m'ont menées ici aujourd'hui, certaines plus égoïstes que d'autres je l'admets. Mais d'autres ne sont fondées que sur l'altruisme à tel point que même s'il n'était pas mon géniteur tant aimé, j'agirais de la même façon. Sans doutes serais-je un peu moins présente mais fournir mon aide, si j'en ai l'occasion, me semble naturel. Sincèrement, je pense que même si c'était Elizabeth qui était en difficulté je voudrais la soutenir. Si elle n'avait personne d'autres à ses cotés du moins. Et pourtant, Dieu sait à quel point je lui en veux, j'ai presque finit par la détester en réalité...

"C'est pas trop tôt Lawrence! Cela fait un mois que tu ne m'as plus donné la moindre nouvelle. Tu peux m'en vouloir autant que tu veux mais je reste ta mère et tu es toujours sous ma responsabilité.

Bonsoir Elizabeth. Ça fait toujours plaisir d'entendre le son de ta voix...Je vais te laisser mais je te demanderais juste de bien...

Elizabeth? Moi c'est maman, Lawrence. Il serait peut-être temps que tu admette que je ne suis pas un monstre, juste une femme, un être humain loin d'être infaillible. Ne crois pas que tu l'es! On fait tous des erreurs, même ton cher père! Tu pourras lui dire d'ailleurs que nous avons eu un enfant ensemble et qu'il n'a pas le droit de te considérer comme sa propriété. Fais attention à to..."


Je raccroche et la faisant taire. On ne touche pas à mon père. Toutes les blessures qu'elle m'a infligées ne sont rien. Sincèrement, ce n'est pas pour jouer la forte ou la blasée. Si sur le moment j'ai souffert à cause de ses actes -que j'attribuais à un autre d'ailleurs-, à la seconde ou la réalité fut révélée, ma douleur n'eut plus la moindre importance. Ce qui alimente ma colère envers ma génitrice ce sont toutes les blessures qu'elle a infligée à l'homme le plus important de mon univers. Le plus respectable et admirable à mes yeux. L'homme à qui il ne faut pas toucher en somme. Et Ellie ne se gêne pas pour le dévaloriser dès qu'elle en a l’occasion. Après avoir ruiné son amour propre en le trompant et brisé son cœur en demandant le divorce, elle lui met aujourd'hui, sur son dos, des défauts qu'il ne possède pas dans le seul et unique but de me pousser à m'éloigner de lui. Ils se sont aimés plus de dix ans alors comment peut-elle en arriver à pareille cruauté? Ma mère n'agit plus que dans un seul but, ruiner mon père et c'est un comportement dont je ne saisis ni le sens ni l'intérêt. Et le pire dans l'histoire c'est qu'elle s'étonne encore que je ne la contacte qu'une fois par mois! Si cela ne tenait qu'à moi elle n'aurait plus jamais entendu parler de moi dès mon départ de Bath seulement William insiste pour que je la rassure de temps à autres. Une preuve de plus que mon père est du bonté sans limites. Je le choisis lui plutôt que la femme qui le démonte à chaque occasion et il tient malgré tout à ce que je reste en relation avec cette dernière pour ne pas qu'elle souffre. A dire vrai, au delà de la bonté il y a l'amour et elle m’écœure quelque peu. C'est une des choses que je reproche à William: l'amour qu'il porte encore à Elizabeth. Seulement je commence lentement à comprendre la situation dans laquelle il se trouve. Pas que les sentiments que je porte à Clément soient aussi forts que ceux que portent mon père à ma mère, j'imagine que c'est incomparable, après dix ans de vie commune et d'attachement des liens uniques se créent. Ce que je veux dire c'est que nos situations se rejoignent dans leur manque de logique. On a conscience de leur coté déraisonnable mais on reste sur cette voie malgré tout. William aime encore la femme qui l'a détruit et il est incapable d'aller contre cet attachement. J'aime le petit ami de ma soeur de cœur et c'est un peu plus fort chaque fois.

Je sirote un verre de jus de fruit tout en me blottissant contre le radiateur de la cuisine. Le jazz qui fait vibrer mon téléphone portable n'est plus qu'une musique de fond et le silence est bien installé et pourtant, pas une once de malaise. Papa aborde alors le projet de s'installer dans une maison histoire de trouver un refuge plus confortable que cet appartement. L'idée ne me déplaît pas bien entendu. En arrivant ici fin août j'avais assuré à William que l'endroit ou nous vivions n'était pas un soucis et j'avais été sincère, seulement après quatre mois à vivre l'un sur l'autre, si l'occasion de déménager se présente, je ne peux pas la refuser! Surtout que la dernière habitation que nous avons visité m'a véritablement tapé dans l’œil et que je nous imagine déjà tout y recommencer à zéro.Comme je l'explique à William il accepte l'idée de retourner y jeter un coup d'oeil. Et c'est ainsi que se termine sur un projet notre premier déjeuner paisible à Tenby.

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Licornes, bisounours & arcs-en-ciel ♦ Willaw

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