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Hearthless [pv Lawrence]

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : MissPiggy
TES DOUBLES : Aiden Holmes, Seren A. Vaughan, Théodore C. Pembroke et Victor I. Cartwright
TON AVATAR : David - Sexy - Tennant
TES CRÉDITS : avatar: pathos sing:Charney (un gif de Grace)
TA DISPONIBILITE RP : Sans vie sociale, recherche rp libre.
RAGOTS PARTAGÉS : 4207
POINTS : 1244
ARRIVÉE À TENBY : 20/03/2014

Et si on se battait pour le bonheur?
ÂGE DU PERSONNAGE : 41 ans (8 septembre)
CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
PROFESSION : Détective Inspecteur (en arrêt)
REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Hearthless [pv Lawrence] Sam 4 Oct 2014 - 18:41




Hearthless

« Papers in the morning / Bowler hat on head / Walking to the bus stop» ► Cardiac Arrest (madness)
En ouvrant les yeux, j’ai su que ce n’était pas pour être une bonne journée. Premier réflexe : Les refermer. Mâchoires fermées, j’ai étouffé un cri de douleur entre mes dents. J’avais mal. Terriblement, horriblement mal. La poitrine en feu. Mon cœur qui courait un marathon. Ma main droite a cherché à tâtons le cachet que j’avais déposé sur le coin de la table basse du salon dans lequel je dormais encore. J’ai avalé le dit cachet avec une petite gorgée d’eau et je me suis laissé tête première dans l’oreiller pour pousser un long grognement. Avec tout le boucan que je venais de faire, je ne fus même pas étonné d’entendre la porte de la chambre de l’appartement s’ouvrir et le bruit des pas de ma fille sur le plancher de notre appartement. Me mordant la lèvre, je me suis lentement et péniblement assis contre le sofa. J’avais le souffle court et je sentais la sueur qui perlait sur mon front. « Tu vas bien, papa? » me demanda Lawrence. J’ai grogné un petit : « mieux… » en reprenant lentement mon souffle. Un regard vers le cadran du lecteur DVD. Cinq heure trente-cinq le matin. Beaucoup trop tôt pour se réveiller en ce samedi matin. Comme si elle avait cinq ans, j’ai grondé : « Retourne dormir… Il est trop tôt. » et je me gardais de rajouter que je ne voulais pas qu’elle me voit comme ça. Je me suis laissé retomber la tête dans l’oreiller et j’ai attendu que le cachet fasse effet.

C’était la première fois en près d’un mois que j’avais vraiment très sincèrement l’impression que ça n’allait simplement pas. Quand la douleur a fini par disparaitre après de longues minutes, je me suis très lentement retourné sur le dos. À la planification du jour, visite avec l’agente immobilière des diverses petites maisons de la ville qui étaient à vendre. J’avais besoin d’un peu plus d’intimité que ce que le salon pouvait m’offrir. Law n’avait pas à me voir dans cet état. Lentement, je me suis relevé et j’ai fait un petit détour vers les toilettes. Malgré l’heure, je savais très bien que je ne me rendormirais pas et que ce soir je m’endormirais probablement sur les coups de huit heure et demi devant un film mis par ma fille – comme s’était arrivé la veille. Je savais qu’elle avait pris la couverture de l’armoire pour venir la déposer sur moi avant d’aller se coucher après son film. J’ai parti l’eau de la douche et j’y suis rentré. Je suis entrée sous l’eau froide. Une autre douleur vive dans la poitrine m’a fait m’asseoir sur le sol de la douche. Je grondais à nouveau. Comment allais-je faire pour cacher à ma fille que c’était exactement le genre de journée que je lui avais dit de craindre? Je trouverais les moyens songeais-je en saisissant le gel douche. Après m’être rasé et avoir enfilé une paire de jean et un vieux t-shirt délavé sous un polar, je sortis dehors. J’ai ramassé le journal et je suis rentré à l’intérieur.

Dans la petite cuisine, je me suis assis sur ma chaise après avoir remis mes pantoufles. J’ai activé la cafetière. Ma fille avait beau tenté de me retirer mon café, je n’en étais pas capable. J’avais besoin de ma dose de caféine matinale. J’étais en train de faire les mots croisés lorsque la porte de la chambre s’ouvrit à nouveau. Je pris une longue gorgée de ma troisième tasse de café et je sentis le regard de ma fille qui me fusilla : « Pas aujourd’hui… » songeais-je en gardant en tête que je venais de la décevoir fort probablement. Elle aurait sans doute voulu que je sois mieux. Pas parfait. Juste moins… juste que je fasse plus attention à moi et à mon traitement. Elle mit deux rôties dans le grille-pain et me tendit mes cachets en même temps qu’un verre de jus d’orange et un bol de céréale – plus ou moins le même petit déjeuner que je prenais depuis dix ans. « Prête pour les visites? », demandais-je d’une petite voix. Je n’avais pas intention de parler du premier réveil de la journée. Nous avions rendez-vous dans une petite heure avec l’agente. Elle me regarda et me dit : « Tu sais, papa, si tu vas pas bien… on peut remettre? ». Je n’aimais pas le regard qu’elle me lançait en ce moment. Mon dieu qu’elle me faisait penser à sa mère quand elle me regardait comme ça. Les bras croisés, l’air autoritaire et une confiance silencieuse que l’on voyait. « Je vais bien… j’ai juste… eu un mauvais réveil… » grognais-je en me recachant derrière mon journal. Je l’entendis pratiquement roulé les yeux vers le ciel avant qu’elle file vers la douche après avoir englouti son petit déjeuner.

Je pris le volant jusqu’à la deuxième adresse donnée par l’agente. Pendant que ma fille sortit de la bagnole, j’en profitais pour lentement serrer et desserrer mon poing gauche. Allez le cœur… reprend le dessus songeais-je en mettant les clés dans les poches de ma veste. Le premier appartement ne fut pas un succès. Parce que c’était au cinquième étage et que c’était franchement moche comme pas possible. Nous étions en train de monter les marches à l’intérieur de la deuxième propriété un petit cottage dans le coin de Victoria Street lorsque je m’arrêtais sur le palier en pâlissant un peu plus que ce que j’aurais voulu faire. Les jointures de ma main qui se tenaient sur la rampe pâlirent aussi drastiquement. Une douleur vive encore une fois. C’était le genre de journée qui m’inquiétait particulièrement. Je grognais un : « Law… attends-moi… » à peine audible en gravissant lentement les deux dernières marches qui menait au palier du premier étage.

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller

TON PSEUDO : arwiie
TES DOUBLES : Faith S. Swanson
TON AVATAR : Bonnie Wright
TES CRÉDITS : Lo
TA DISPONIBILITE RP : 0/2
Will - Deborah

à venir: Savie - Rosie
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ARRIVÉE À TENBY : 21/08/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 19 ans
CÔTÉ COEUR : puisque jamais personne n'est tombé amoureux d'elle, Lawry cherche à se convaincre qu'elle est mieux seule, à passer de lit en lit
PROFESSION : lycéenne
REPUTATION : arrivée il y à 4 ans paisible et bienheureuse, ne causant jamais de problème et s'occupant de son pauvre père. Tenby semble avoir eu une bien mauvaise influence sur cette pauvre enfant!



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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Dim 5 Oct 2014 - 19:47

William ∞ Lawrence
I'm not afraid to take a stand everybody come take my hand we'll walk this road together, through the storm whatever weather, cold or warm just let you know that, you're not alone holla if you feel that you've been down the same road [EMINEM]
Une marche puis deux. Mon cœur qui défonce ma poitrine. Je fixe les volées d'escaliers qui se profilent devant moi. Je suis dans l'entrée de l'immeuble ou je vis depuis deux mois maintenant. Je le connais par cœur ce hall et pourtant il me parait bien difforme en cette sombre matinée d'automne. Je hausse les épaules mettant la faute sur le dos du manque de luminosité et recommence à monter. Une dizaine de marches plus haut je sens mes jambes se dérober. Ne comprenant pas d'ou me vient ce manque d’énergie soudain je m'accroche désespéramment à la rampe et me tire un peu plus haut encore. Il ne devrait plus rester qu'une demi-douzaines de marches à grimper, je lève les yeux dans l'espoir de m'encourager à poursuivre mon cheminement et me vois confrontée à une montagne ou sont creusées, à même le roc, d’innombrables niveaux n'ayant même pas la largeur d'un pied. Je ne comprends pas ce qui m'arrive mais j'entame malgré tout une escalade dangereuse de cet abrupte escalier. Ma main ripe sur un pierre moussue, je perds mes prises et me sens basculer en arrière. Pas un son ne quitte ma gorge. Je n'ai pas peur de mourir. Tout ce qui me reste alors que le sol se rapproche dangereusement c'est une douleur lancinante au cœur et la sensation insoutenable qu'il va imploser. Je touche le sol, je meurs et c'est un soulagement plus qu'un drame car enfin je suis défaite de cette terrible douleur. Je meurs? Mes paupières se lèvent lentement et plafond blanc au dessus de moi. Un soupire froid passe entre mes mâchoires serrées à m'en faire mal. Je ne suis pas morte. Je me suis réveillée.

Cri de souffrance. Cri étouffé. Moi qui m'apprêtait à me rendormir suite à ce cauchemar je me vois soudain dans l'obligation de sauter de mon lit abandonnant oreiller moelleux et couvertures chaudes. Je frissonne mais ne prends pas le temps d'enfiler un gilet, l'origine du cri me préoccupant de trop. J'ouvre vivement la porte de la chambre qui vient claquer contre le mur et trottine jusqu'au salon ou je vois mon père en sueur tenter de se redresser. Tu vas bien, papa? m'enquis-je la voix tremblante. Effrayée. Apeurée. Terrorisée...Il me chuchote un mieux peu plausible. Je voudrais lui apporter un thé pour le réconforter, je voudrais l'aider à s'installer convenablement, je voudrais faire quelque chose qui le soulagerait, peu importe quoi mais sa façon d'agir me montre clairement que je ne dois pas insister. Retourne dormir… Il est trop tôt. achève ma motivation et, esquissant un vague haussement d’épaules je retourne dans ma chambre. Dans sa chambre. La poignée de la porte que j'ai ouvert un peu trop violemment a laissé un creux sur le mur du couloir. On tentera de camoufler ça avant de déménager. Eh oui, on a enfin pris une décision. On quitte cet appartement dès que possible et on recommence à zéro! Dès que possible c'est un synonyme de dès qu'on trouve une petite maison qui nous plait et entre dans le budget. Premières visites ce matin. Si je n'étais pas très emballée à l'idée de forcer mon père à briser ses habitudes à cause de moi, j'envisage aujourd'hui le déménagement comme une occasion de lui faire adopter de nouvelles habitudes. De saines habitudes. J'attrape mon téléphone oublié la veille dans mon sac de cours et m'enroule dans les draps. La gorge serrée, les larmes aux yeux je plante mes écouteurs dans mes oreilles, m'abîme les tympans au son de Linkin Park, abîme ma volonté d'être forte à coup d'SMS. Ceux de mon père. Ça me fait du bien de lire tout ce qu'il m'adressait lorsque nous étions séparés. Ça me fait du bien. Expression mal choisie je pense. Qu'importe. Mon téléphone vibre et me force à abandonner les monologues de Will. Clément. Hier soir après m'être détachée du canapé et de ma couverture pour en border mon père, j'avais envoyé un message à mon ami pour lui donner mon avis sur le film qu'il m'avait recommandé et que je venais de visionner. Il me répond. Il me répond et je ne trouve pas de quoi lui répondre. C'est étrange car avec lui tout me semble si naturel. Il y a bien la timidité qui m'assaille lorsque nous abordons certains sujets mais ce n'est rien en comparaison à l'aisance que j'ai lorsqu'il s'agit de discussion n'abordant pas le mot sentiment. Mais, pour le coup, je ne trouve pas les mots à lui envoyer. Je finis par abandonner en même temps que je finis par laisser couler mes larmes. Je change pour Lorde dans mes oreilles et clos les paupières. Je me souviens les nombreux réveils du genre ou je balançais mon réveil à travers la chambre pour rester dormir encore un peu; Pour rester pleurer encore un peu. L'époque ou la solitude me pesait plus que tout. L'époque ou la trahison me semblait plus qu'odieuse. L'époque ou Elizabeth parvenait toujours à m'embobiner. Epoque révolue. Retour des larmes pourtant. D'autres raisons les motivent.

Les minutes s'égrainent. L'eau coule dans la douche, la porte d'entrée s'ouvre et se ferme, la bouilloire chauffe dans la cuisine. Bruits de pas, bruits de chaises je finis par me motiver. Je ne fais pas l'erreur du premier réveil et enfile une laine au dessus de mon pyjama. Un regard dans la glace pour effacer les traces de ma faiblesse et je rejoins Will dans la cuisine. Je pose un regard plus ou moins mécontent sur la tasse de café qu'il tient entre ses mains mais me retiens de faire un commentaire. Je m'inquiète pour lui et voudrais qu'il améliore son style de vie mais je ne suis pas sa mère et je crains qu'il m'en veuille si je suis trop sévère avec lui alors je me retiens. Parfois. Je me retiens quand je sais qu'il n'en peut plus et que l'heure n'est pas aux privations mais au soulagement. Je sors mon pain grillé de la machine et m'installe en face de mon père. Je nous sers à chacun un verre de jus d'orange et lui tends ses cachets ainsi qu'un bol de céréales tandis que je tartine mon pain de confiture de cerises. Papa mange sucré et moi je mange sain. Maman m'aura influencée sur une chose au moins...Enfin pour le déjeuner uniquement. Manquant d'entrain et de positive attitude je préfère laisser le silence s'installer et me perdre dans la contemplation du ciel par la fenêtre. Il fait froid, il fait gris. La journée s'annonce mal. D'ailleurs lorsque mon père me demande si je suis toujours partante pour les visites je lui propose de remettre ça à un autre jour. Rien ne presse après tout et ce jour se présente sous de mauvaises auspices, peut-être vaudrait-il mieux rester ici, sous des couvertures un chocolat chaud en main et un pot de glace aux cerises comme réconfort. Je vais bien… j’ai juste… eu un mauvais réveil… Evidemment. Je lève les yeux au ciel et débarrasse bien vite mes couverts pour fuir la pièce, ostensiblement exaspérée par la façon qu'il a de me cacher la réalité. En même temps ce n'est pas comme si ça me changeait. Je passe en coup de vent dans la chambre pour récupérer mon portable et la tenue que j'avais préparé la veille. Petite robe noire, collant de nylon et petits escarpins gris. Vu le temps qui s'annonce j'ajouterais un foulard. Les bras chargés j'entre dans la salle de bain et me trouve une fois de plus confrontée au vide que dessine l’absence de produits de soin de mon père. Il se néglige. Je détourne le regard de l'évier ou ne trône qu'une paire de brosse à dents et un pot de coton-tige et m'enfonce dans la douche. Ma radio m'accompagne comme chaque fois et c'est Muse cette fois qui m'aide à m'évader. Sing For Absolution combiné à l'eau brûlante et au parfum d'amande douce du shampoing me soulage véritablement. Cheveux démêlés, tenue enfilée, bijoux ajoutés je quitte la salle de bain plus ou moins requinquée.

Première maisonnette décevante. Etrangement je ne perds pas le sourire et parviens à m'amuser de la laideur des lieux lorsque je remonte en voiture. La seconde adresse indiquée par la demoiselle de l'agence immobilier semble plus prometteuse, du moins la façade est agréable. Enthousiaste je pénètre les lieux la première et gravis les marches quatre à quatre. Je suis déjà au deuxième étage, plantée devant la porte lorsque j'entends une plainte étouffée dans l'escalier. Mon cœur rate un battement et je descends en vitesse. Il ne peut s'agir que d'une personne. Il ne peut s'agir que d'une chose. Le cœur de William fait des siennes et moi je l'emmerde son putain d’organe vital! Quelques secondes après l'appel de mon père je le rejoins et le trouve pendu à la rampe tentant d'arriver au palier. De suite un parallèle avec mon cauchemar se fait dans ma tête. Si j'envisageais ce songe comme insensé je réalise à présent ou il  voulait me mener. Comprendre mon père. Réaliser un peu ce qu'il endure. Le souffle court je me glisse sous son bras et le soutiens tant bien que mal jusqu'à ce qu'il franchise les dernières marches. Là, assieds-toi papa. Mains tremblantes je me sens terriblement inutiles. Je m’accroupis face à lui et sens une vague de panique m'envahir tandis que je réalise la pâleur de son teint. M'efforçant de me contenir je cherche à capter son regard. Ça va aller. Pas vrai? voudrais-je ajouter sauf que ce n'est pas à lui de me rassurer. C'est l'inverse qui doit se jouer et je me le suis promis. A l'aveuglette, les yeux toujours occupés à chercher les siens pour le garder avec moi, je trouve ses mains et les sers dans les miennes. Je tremble toujours. Nous tremblons à deux.
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DON'T LET ME DROWN  
What doesn't kill you makes you wish you were dead got a hole in my soul growing deeper and deeper the loneliness is haunting me and the weight of the worlds getting harder to hold up © BMTH & okinnel.
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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Lun 6 Oct 2014 - 4:35




Hearthless

« Papers in the morning / Bowler hat on head / Walking to the bus stop» ► Cardiac Arrest (madness)
J’étais un bon menteur de manière généralisé. C’était les avantages d’être un policier. Je savais généralement comment bien mentir. Je soutenais les regards. Une personne sur qui ça ne marchait pas, c’était ma fille. Je pouvais affirmer à ma fille que j’allais mieux. C’était un demi-mensonge. C’était une manière de dissimuler la réalité. Mieux, ça voulait juste dire que je ne sentais pas mon sang battre en cadence dans mes oreilles comme le son d’un tambour profond et régulier. Inquiétant et silencieux. J’avais besoin d’espace pour mettre mes secrets à l’abri du regard de ma fille. Parce que certaines choses étaient plus faciles à cacher que d’autre. La décoration du premier appartement aurait pu être refaite pour la rendre à notre goût. Mais c’était un appartement. Et j’avais beau avoir choisi de blâmer avec agressivité sur les murs jaune urine et l’odeur de poisson qui régnait sur l’appartement, la vraie raison, c’était le fait qu’il y avait trop de marches pour moi. Mon cœur ne tolérerait jamais d’avoir à monter les sacs d’épiceries en haut de cinq étage de marche.

En arrivant en face de l’autre petit cottage, je m’étais avec plus de facilité imaginer créer une vie dans cette maison que ce que j’avais été en mesure de faire dans l’autre. La façade bleue poudre de ce jumelé coincé entre une façade rose et jaune m’inspirait déjà plus confiance. De la fiche que j’avais lue. Je savais qu’il n’y avait que deux étages mais que la maison avait un certain âge – donc fort probablement peu d’aires ouvertes. En entrant dans la maison, je remarquais qu’il y avait un garde-robe qui serait sans doute très utile pour les manteaux. Il y avait un petit salon « Ça serait parfait pour mettre un piano. » dis-je en lançant un petit regard complice à ma fille. Je savais qu’elle s’ennuyait de la musique. Nous avions toujours eu un piano à la maison mais mon appartement ne pouvait pas me permettre de lui donner ce luxe dont je savais qu’elle avait droit. Dans la salle à manger, j’étais capable de m’imaginer en train de finaliser des dossiers à la main – je n’avais jamais particulièrement été très apte à prendre le virage informatique de beaucoup de mes cas. Avec un petit sourire, je gardais ce commentaire pour moi. Un petit regard dans la cuisine. J’étais presque capable de nous imaginer tous les deux à cuisiner pour notre souper. J’imaginais presque une tonne de légume dans nos assiettes et ces livres de cuisines pour cuisiner et réduire mes risques en même temps que j’avais rapidement regardé à la librairie.

Sauf que tout se gâta lorsque je commençais à gravir les marches. Même perchée en haut de ses talons hauts de trois pouces l’agente d’immeuble se rend au moins douze fois plus vite que moi en haut des escaliers. Je suis à mi-chemin quand une douleur aigue s’accapare ma poitrine. Je me sens pathétique de réclamer de l’aide et ma fille, mais j’ai peur pendant un petit instant de m’écrouler. À mi-chemin, il y avait un palier. Je m’accroche de toutes mes forces à l’idée de m’y rendre. Mon visage se veut stoïque, mais je vois malgré tout ma fille accourir avec de la panique au fond des yeux. Parce que pour que je l’appelle, il faut que ça cloche. Il faut que je m’inquiète. Il faut que j’aille peur. Si je n’aurais pas peur, je chercherais à la protéger. Ses cheveux sentent les amandes – c’est à cette odeur que je me raccroche quand elle s’installe sous mon bras et qu’elle m’aide à monter. Dans une lente escalade, elle m’aide à gravir les marches. « Là, assieds-toi papa. » là, c’est le sol juste à côté du palier. C’est bien. Parce que je doute qu’avec le marathon que mon cœur s’acharne à faire dans ma poitrine, je serais capable de me rendre plus loin. Mon regard fuit purement et simplement le regard de ma fille. Je me laisse retomber contre le mur et je ferme les yeux. Ma respiration est saccadée. Il y avait quoi d’exigeant dans le fait de gravir vingt-cinq marches? Tantôt je n’en avais pas gravir cinq paliers pleins sans rien? Pourquoi c’était sur moi que ça tombait? Pourquoi c’était vraiment ce qui se passait dans ma vie? Pourquoi la situation était-elle aussi injuste? Il me faut un instant pour que je reprenne un semblant de souffle. J’ouvre les yeux. Mon regard s’attarde sur mes mains. Plus précisément sur les mains de ma fille qui serrent avec un acharnement mes mains. L’inquiétude qu’elle ressent, je déteste en être la cause. Elle mérite mieux que moi. Elle ne mérite pas les problèmes que j’entraine. Je suis un tas de problème et un désastre qui n’est même pas capable de gravir une volée de marche. Elle s’est mise beaucoup de pression sur les épaules en acceptant d’être là. « Ça va aller. », me dit-elle. Elle veut me rassurer et je me sens tellement inutile parce que je sais que ça n’ira pas mieux. Sans raison, je le sens.Je voyais les mains de ma fille qui tremblaient presque autant que les mienne. Sérieusement, j’étais plus misérable que je ce que je voulais admettre. Le ton de voix de ma fille laissait transparaitre une nervosité et une tonne de questions qui nécessairement méritait une réponse. Elle voulait une confirmation que je n’étais pas pour m’écrouler complètement devant elle. J’ai lentement serré le poing gauche en espérant que ça fasse diminuer la douleur intense et aigue que je ressentais. Putain que j’avais mal. C’était frustrant pour moi que la douleur soit là et que je sois pleinement incapable de l’extérioriser sans inquiéter ma fille. L’inquiéter, c’était pour être quelque chose d’être inutile. Retenant péniblement une plainte, j’étirais lentement ma main pour l’appuyer lentement sur l’épaule de ma fille qui s’était accroupi face à moi. Il me fallait faire un effort qui me semblait profondément surhumain pour simplement aller soutenir le visage de ma fille en dissimulant au mieux de mes capacités le fait que mon cœur n’était pas nécessairement en train de se calmer. « Oui, ça va aller… Ne t’inquiète pas ma belle. » articulais-je doucement. Je me voulais rassurant mais très lentement je tournais le poignet gauche pour voir ma montre. Est-ce que je pouvais prendre un autre cachet? Je n’avais pas envie de l’inquiéter. Il faudrait que je trouve un moyen de m’éloigner d’elle quelques petites minutes. Un maximum de cinq minutes – juste assez pour ramasser le cachet et le prendre. Qu’est-ce que je pouvais prétendre? Aller aux toilettes était l’option facile. Sauf qu’avec la douleur que je ressentais présentement et qui – je m’en doutais très bien – devait se voir. Je lâchais le regard de ma fille et mon regard s’attarda pendant un petit moment sur l’agente d’immeuble qui avait fait demi-tour. Juste le regard de ses deux personnes sur moi, c’était beaucoup trop difficile à tolérer. Tant pis pour la douleur et le fait qe sincèrement je me sentais comme une merde. Je voulais juste me relever pour ne plus sentir le regard de ma fille. Je respirais lentement. Assis, c’était correct. Assis, mon cœur ne forçait pas trop. C’était sans aucun doute le fait d’avoir eu à monter les cinq volées de marches tantôt et d’avoir eu à les descendre après. Mon cœur ne me l’avait pas pardonné. Mon regard s’attarda longuement sur les cheveux blonds peroxydés de la jeune vendeuse qui devait avoir à peine la jeune trentaine. La même qui m’avait aidé à trouver mon premier appartement ici quand je m’étais profondément énervé contre la proximité que je ressentais dans le petite B&B ou je m’étais installé. Juste depuis la dernière fois ou je l’avais vu, j’avais encore l’air d’avoir continué ma force vers mon âge. Je savais très bien que je me devais de la rassurer elle aussi. Après tout, si je m’effondrais sur le parquet de cette maison qu’elle cherchait à vendre, j’étais pour lui compliquer la tâche. « Je vais mieux… », dis-je. Mais il faudrait nécessairement que je raconter quelque chose pour leur faire croire que j’allais vraiment mieux. Sincèrement que je ne mentais pas. Connard que j’étais, orgueilleux que j’étais, je préférais au moins finir de visiter cette petite maison à la façade bleue poudre avant d’admettre que mon état était loin d’être aussi potable que ce que je voulais prétendre.

Ce que ma fille ne savait pas, c’était que j’en voulais presque autant à mon corps qu’elle lui en voulait. Je ne voulais pas que ma fille soit témoin de chacune de de mes petites marques de pertes. Elle m’avait dit qu’elle serait là dans les bons moments comme dans les mauvais. Sauf que je ne voulais pas qu’elle ait consciences des mauvais jours. J’accrochais mon regard sur les yeux de ma fille et avec toute l’énergie que j’avais, je rajoutais d’une petite voix : « Je te le jure, ma grande. » J’étais vraiment un idiot. Non, je n’allais pas mieux. Un petit effort et mon corps me trahirait. Je basculerais. Ma main replaça très lentement une longue mèche de cheveux roux derrière l’oreille de ma fille. Elle portait tellement les marques de nos origines écossaises à sa mère et à moi. Je jurais. Mais avec le temps, elle aurait sans aucun doute compris que mes promesses n’avaient plus aucun sens. Mais je n’étais pas pour lui confier que j’avais peur de me relever parce que si je me relevais, la chute possible pourrait simplement me faire plus peur. Je n’étais pas capable de lui parler de ça. C’était au-dessus de mes forces. J’avais plus de facilité à aborder des conneries de sa mère qu’à parler à cœur ouvert avec ma fille des peurs que j’avais, du souffle qui me manquait. J’avais besoin de finir les visites, besoin de m’imaginer ces endroits dans lesquelles elle et moi nous pourrions tous les deux s’imaginer de prendre une vie ensemble. Une place ou je pourrais m’imaginer de partager ma vie avec une femme. Reformer une famille. Une place ou je ne verrais pas nécessairement toutes mes mauvaises habitudes de vie qui s’étampaient dans les murs de mon petit appartement. Faisant un autre immense effort, je me relevais du sol. Il restait quoi? Les trois chambres, les deux petites salles de bains à voir? Maximum vingt minutes. Il fallait juste que mon cœur tienne la course pendant une petite vingtaine minutes. J’annulerais les autres visites. J’irais même volontairement m’enfermer contre ma volonté aux urgences : « On peut continuer la visite, s’il te plait? », demandais-je d’une voix calme qui ne laissait pas transparaitre – du moins je l’espérais – l’intensité de la panique qui me tenaillait présentement. Lentement, je passais une main sur mon front. Pas trop de sueur. Je sens pourtant mes jambes qui peinent à supporte mon poids.

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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Mer 8 Oct 2014 - 19:03

William ∞ Lawrence
I'm not afraid to take a stand everybody come take my hand we'll walk this road together, through the storm whatever weather, cold or warm just let you know that, you're not alone holla if you feel that you've been down the same road [EMINEM]
Une façade bleue dans une petite rue tranquille. Je m'imagine assez bien franchir chaque jour la porte de cette maison. A la fin des cours, le week-end après une virée shopping entre amis, certains soirs après une promenade au bord de la plage avec papa. Je reste un instant postée devant la maison et, avant d'entrer je l'envisage un rien personnalisée et je pourrais déjà voir l'endroit comme notre cocon. Quelques jardinières de campanules blanches et violettes aux fenêtres, un tapis devant la porte et une cloche comme sonnette d'entrée. Je suis l'agente immobilière à l'intérieur. Le hall n'est pas bien grand mais suffisamment tout de même pour y installer un porte manteaux, une étagère pour nos chaussures et un tapis au pied des escaliers. A gauche, le salon. Alors que je cherche à en imaginer la décoration mon père m'interpelle avec une remarque qui m'arrache un sourire et me réchauffe le cœur:"Ça serait parfait pour mettre un piano." Je n'osais pas en parler, ni même l'envisager mais Will voit juste, j'aimerais fort installer un piano ici. Je n'osais pas l'envisager et pourquoi? Parce que mon père et moi avons beau vouloir aller de l'avant ensemble, j'ai beau avoir décidé avec lui que je m'installais à longs termes, j'ai du mal à admettre que mon séjour ici relève d'autre chose que de simples vacances. C'est sans doute un peu à cause des nombreux déménagements qui ont bercés mon enfance ; je sais que lorsque les Hardy se fixent quelques part ce n'est jamais pour très longtemps. Mais, plus que cela, c'est que vivre loin d'Elizabeth me parait étrange. La vie à deux, la vie avec mon père, ce fut presque mon quotidien depuis ma naissance car que maman soit là ou non cela ne changeait pas grand chose. Cependant elle est de notre famille et ne pas avoir la moindre trace d'elle dans notre univers m'empêche d'envisager la situation comme réelle. C'est un sentiment que j'ai du mal à décrire mais qui me laisse une sorte de vide. C'est moi qui l'ai fuie, c'est moi qui refuse de la voir et de la contacter mais elle m'a donné la vie et je pense donc que ce manque est naturel. Cependant je vais devoir faire avec car Tenby va devenir ma maison pour quelques années au moins, William sera ma seule attache avec mon passé et pour le reste table rase. Il y aura sans doutes des choses, des personnes qui me manqueront mais qu'importe. En dix-huit mois j'ai gâché tant de choses qu'il est plus simple de reprendre à zéro plutôt que de chercher à reconstruire des ruines. J'aurais un jour des regrets c'est évident mais pour l'instant je vis dans une sorte d'euphorie permanente. Pas une effusion de joie ou de rire, plus un état second, une incapacité chronique à se rattacher à la réalité. Alors mon passé et mon futur m’apparaissent clairement comme des futilités dont je me préoccuperais plus tard. On poursuit la visite. La salle à manger est spacieuse tout comme la cuisine. Je m'éternise un peu dans cette dernière, ouvre placard et tiroir curieuse que je suis. Je la vois bien vert pomme cette cuisine histoire de mettre de bonne humeur ou peut-être aubergine pour adoucir les lieux. En tous cas il faudra remplacer la cuisinière à gaz j'ai horreur de cela! Enfin, je dis ça mais rien ne presse. On ferra tout ça un jour, pour le moment trouver un endroit ou nous aurons chacun une chambre me parait être le seul critère important avec le prix. J'ai cru comprendre que mon père faisait aussi attention au nombre de marches qu'il aurait à monter. J'essaye de ne pas m'attarder sur ce type de détails nourrissant l'espoir qu'un jour il ira mieux et n'aura pas de mal à faire des efforts physiques mais en attendant je conçois ses craintes. 

Montons vous voulez?
 propose alors la jeune agent immobilier me forçant à abandonner la cuisine. Je ne lui en veux pas, quelque chose me dit que j'y passerais du temps à l'avenir, l'endroit semble plaire autant à mon père qu'à moi! Elle grimpe les escaliers perchées sur ses talons et je m'amuse à l'imiter en me mettant sur la pointe des pieds et en me dandinant comme elle le fait si bien. Je ne sais pas si c'est de la jalousie, plus une forme d'ironie. Je conçois qu'on veuille être sexy mais il y a des limites au quotidien. Il faudra m'expliquer la différence qu'il y aurait à porter des talons à moitié moins grands et bien plus confortables. Elle se tourne vers moi pour me présenter les chambres et je m'empresse de ré adopter une démarche normale. Elle s'apprête à m'indiquer la salle de bain lorsqu'un appel nous interrompt. Je dévale les escaliers en vitesse et aide mon père à s'asseoir. Je cherche son regard, ses mains. Il fuit mes yeux, sert les poings. Je l'observe et j'ai peur. Projets. Je vois mon père qui flanche, mon père qui souffre, mon père qui tombe et le mot qui tambourine à mes tempes, qui résonne dans mon crâne, qui accapare mes pensées c'est projets. On devait tout recommencer avec William. Tirer un trait sur dix-huit mois de calvaire et reprendre à zéro. S'installer dans une maison. Y mettre des photos sur les murs. Pas moi à six ans déguisée en princesse, pas lui avec sa mère il y a longtemps, pas nous à Noel en 2006. Des clichés nouveaux. Aller de l'avant. Des clichés de nous maintenant. Y installer un piano. On y passerait nos soirées et je lui apprendrais à jouer des morceaux. Y introduire un chat. Je supplierais mon père, il finira par céder et peut-être même par s'attacher à la boule de poil. Projets. Tout ne s’effondre pas et pourtant tout ce que nous avons envisagé me semble inaccessible. Je cherche à rester positive mais c'est ignoble de voir papa ainsi. Ignoble et décourageant. Terrifiant surtout. Je suis morte de peur, je suis fragile et foncièrement inutile. Je suis tétanisée alors projets c'est un refuge. Considérer nos projets comme en danger c'est une façon moins agressive d'ouvrir les yeux sur le fait que mon père est en danger. Boule dans ma gorge. Cœur qui défonce ma poitrine. Mains qui tremblent. Celles de mon père aussi. Je les sers de façon peut-être trop violente. C'est un peu comme les étreintes que je voudrais partager sans cesse. Le sentir près de moi. Retrouver mon papa comme avant et refuser qu'il parte. Que ce soit au bureau ou...plus loin.

Oui, ça va aller… Ne t’inquiète pas ma belle. finit par articuler William. Je trouve enfin son regard et y plante le mien. Sans doute y décèle-t-on une note de désapprobation car il n'a de cesse de me mentir et même si c'est dans le but de m'épargner je n'adhère pas à l'idée. Une touche de crainte aussi même si je tente de la minimiser. Mais plus que tout il y a une envie de l'encourager et de le soutenir. L'agent immobilier est plantée quelques marches plus haut et nous observe sans bien savoir comment réagir. Je me détache finalement de Will et rejoins la demoiselle pour lui expliquer en quelques mots qu'elle ne doit pas s'en faire et qu'il est sous médicaments.Qu'elle ne doit pas s'en faire. C'est amusant que je prononce ce genre de mots. Je refuse que papa me ménage par des mensonges ou des vérités à moitié voilées et c'est pourtant ce que je fais avec la jeune femme. Seulement elle n'a rien avoir avec nous et n'a pas une plaine conscience de la situation. Moi je suis la fille de Will, je suis aussi une des rares personnes présentes à ses cotés depuis qu'il a quitté Bath il a donc tout intérêt à ne rien me cacher. Enfin, la situation de mon père n'est pas simple je le conçois. Il nous jette un regard et répète qu'il va mieux. Je hausse les yeux au ciel. Il ne me dupera plus avec ce genre de phrase bateau. Mais je ne lui en veux pas, sans doute cherche-t-il a rassurer la pauvre agent immobilière un peu perdue. Seulement quelques minutes s'écoulent durant lesquelles il reprend son souffle mais lorsqu'il s'approche de moi et que je m'attends à une confession du genre "je ne vais pas très bien continue sans moi je vous attends dans la voiture" ou "écourtons la visite, rentrons je dois me reposer on reviendra plus tard", il me fixe et avec un air de menteur professionnel il me susurre:" Je te le jure, ma grande.On peut continuer la visite, s’il te plait? " Je le fixe sans la moindre expression quelques secondes puis, réflexe que je ne contrôle pas mais que je ne regrette cependant pas je le gifle. On est d'accord, je suis sa fille et ce n'est pas précisément le type de comportement que je devrais adopter. Seulement je n'en peux plus de ses airs mielleux et de son ton charmeur. Je suis une idiote et j'avale chaque fois ses mensonges jusqu'à tomber de haut lorsque la vérité me tombe dessus. Je pensais que les choses étaient claires, je pensais qu'il avait véritablement admis que j'étais là pour lui et qu'il ne devait plus y avoir de secrets entre nous. Une fois de plus il m'a dupée. Une fois de trop.

On rentre. C'est un regard glacial et des mots secs. C'est mon ton décidé et pourtant mes certitudes fracassées. J'adresse quelques mots d'excuse à la jeune agent lui assurant que la maison nous a tapé dans l’œil mais que la situation est plus ou moins complexe dans nos vies pour le moment. Je pensais que c'était du passé mais il faut croire que je me suis trompée. Je me suis laissée bernée par l’admiration, l'amour et la confiance sans failles que j'ai en mon père. Imbécile que je suis. Je voudrais envoyer valser tant de choses à ce moment précis mais je ne ferrais pas l'erreur de flancher une fois de plus devant Will. C'est quand je suis vulnérable qu'il s'insinue dans ma tête et m'attendri à coup de sentimentalisme. Sauf que je n'en peux plus. Je ne suis pas sa mère, je ne suis pas son médecin mais je préfère être l'exécrable demoiselle qui lui gâche la vie à force de "prends tes médicaments, arrête le café, vas voir ta chirurgienne, dors plus" plutôt que l'enfant résignée qui cherche vainement à profiter de son père tant qu'il ne s'est pas encore complètement détruit. Égoïstement détruit. Je descends les escaliers en vitesse et m'empresse de sortir de la maison. J'y étouffais sans raison. La présence de mon père et la forme de dégoût qu'il devrait m’inspirer. Sauf que je continue à l'admirer, à le vénérer presque. Un regard froid que je me suis forcée à lui imposer et je me sens brisée. Je voudrais le rejoindre dans la maison, l'étreindre et pleurer dans ses bras. Mensonges. Ce mot m'arrache un sanglot étouffé. Il persiste à me mentir. Qui fait ça? Qui est capable de regarder sa fille dans les yeux et lui chuchoter une fois de plus un mensonge qui risquerait de détruire leur relation? Parce qu'il ne l'a toujours pas compris? Ça me tuera mais s'il ne commence pas à être un peu sincère avec moi je partirais. Pour qu'il ouvre les yeux sur sa situation. Pour qu'il se prenne en mains.

La jeune femme à talons me salue plus ou moins froidement et monte en voiture. Tandis qu'elle disparaît au coin de la rue William s'approche de moi. Je n'ai pas la moindre idée d'ou me viennent les mots que je prononce alors mais ils ont une fougue que je ne me connais pas. T'es qu'une saleté d’égoïste papa. Tu te fous de ton existence semble-t-il, tu te fous de partir. Sauf que moi tu m'as laissé de l'espoir. Si t'as envie de crever fallait pas me rappeler près de toi! Fallait pas m'empêcher de tirer un trait sur toi si...Non, c'est même pas tirer un trait sur toi parce que j'en suis incapable. La petite Lawrence Hardy a grandi et pourtant elle a toujours autant besoin de son père que lorsqu'elle ne tenait pas debout et qu'il l'aidait à marcher. Seulement quand j'ai cru que t'avais fait une connerie j'avais une excuse pour me persuader que je te détestais! Et tu m'as demandé de revenir, tu m'as forcée à me souvenir tous nos moments et pourquoi? Pour crever maintenant qu'il n'y a plus que toi à qui je peux me raccrocher? Des larmes ont commencé à rouler sur mes joues. Si j'en avais conscience je les effacerais d'un coup de manche car je ne veux pas flancher seulement je ne les sens pas. Je débite ce que j'ai sur le cœur et sur l'âme et le reste n'est que vapeur. Si tu voulais gâcher ta vie il fallait y réfléchir avant de faire le con au téléphone en faisant mine de vouloir me retrouver. Maintenant que je suis là tu vas t'en sortir. Je me tais une seconde et reviens sur terre. Je me plante devant la voiture.
On rentre.
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DON'T LET ME DROWN  
What doesn't kill you makes you wish you were dead got a hole in my soul growing deeper and deeper the loneliness is haunting me and the weight of the worlds getting harder to hold up © BMTH & okinnel.
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TON PSEUDO : MissPiggy
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Et si on se battait pour le bonheur?
ÂGE DU PERSONNAGE : 41 ans (8 septembre)
CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
PROFESSION : Détective Inspecteur (en arrêt)
REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Ven 10 Oct 2014 - 18:30

[HJ: je m'excuse toute suite du nombre de mots. Je voulais pas. Je te le jure. Je veux mourir... J'avais pas prévu de faire ce nombre de mots-là - 2913. C'est un accident. Arrêtes de m'inspirer s'il te plait?]




Hearthless

« Papers in the morning / Bowler hat on head / Walking to the bus stop» ► Cardiac Arrest (madness)
Mon attitude de tête de cochon n’avait aucun équivalent. Aucune personne sensée qui ressentait une douleur thoracique alors qu’elle avait déjà clairement un diagnostic de maladie cardiaque n’agirait comme je le faisais. La personne sensée serait restée au sol après avoir eu besoin d’aide pour monter les deux marches qui me manquait et qui menait au palier. Mais moi, j’avais visiblement oublié comment fonctionnait mon cerveau ou je l’avais simplement oublié. Parce qu’à la place, je me levais. Mes jambes peinaient encore à me soutenir. J’ai fait un pas vers la rampe des escaliers. Je voulais voir les chambres à l’étage. Je voulais voir la salle de bain et m’imaginer avoir à ramasser les produits de beauté nombreux qui traînait sur le comptoir de la salle de bain. Je voulais demander à ma fille de quelle couleur elle voulait sa chambre en me tendant debout dans la grande pièce. Je voulais lui demander ce que l’on ferait de la troisième chambre – parce qu’après tout. Je n’avais pas grand-chose. Pourquoi ne pas en faire un beau bureau? J’avais envie de me tenir dans ce qui serait ma chambre en m’imaginant un semblant de vie malgré tout. Sauf que mon acharnement était un comportement dangereux. J’en avais conscience.

Et je n’étais pas le seul parce que ma fille se rapprocha d’un pas assuré. Ses yeux me lancèrent un regard sombre. Comme dans un vieux film, la lèvre de ma fille se mit à trembler sous le coup de l’émotion, son bras droit se leva. La paume ouverte, elle s’enligna sur ma joue. Un son.

Clack

Ma fille venait de me gifler. Une douleur vive sur ma joue. Lentement, je relevais ma main pour la déposer sur la joue là où la main de ma fille se trouvait quelques secondes auparavant. Vraiment? Elle venait vraiment de faire ça? Je n’étais pas certain d’avoir vraiment assisté à ce que je venais d’assister. Un retour des forces. Ma fille subissait en silence ma mauvaise humeur, mes longs silences sans aucune explication et mes journées complètes de frustration qui n’étaient nullement explicable. Bien sûr qu’un jour elle me ferait payer le coût de mon attitude déplaisante. Je le savais. Sauf que je me n’étais pas attendu à un tel geste de sa part. Et la gifle venait de profondément me désarçonner. Ordonnant comme une madone, ma fille de seize ans me détailla : « On rentre. »

Sous le choc, c’était comme si tous les mots que j’avais pu vouloir dire avaient brusquement disparus. J’aurais aimé lui gueuler dessus qu’elle était qui pour me frapper, que ce n’était pas un comportement à avoir et que je ne l’avais pas élevé ainsi. Mais faire une scène devant l’agente d’immeuble – pas mon genre. Je laisse à ma fille la mission d’expliquer pourquoi on s’en va alors qu’elle dégringole une à une les marches de l’escalier. Elle va à toute vitesse, l’agent d’immeuble sur les talons qui tente de la retenir. Ma fille a raison. À seize ans, ma fille comprend plus que je comprends mes propres limitations. Je voudrais la suivre à toute vitesse. Descendre quatre à quatre les marches vers le rez-de-chaussée. Mais je le fais lentement, la main attaché à la rampe d’escalier. Le cœur peinant à faire cet exercice. Je ne vais pas bien. J’en ai conscience. Et ça m’énerve. Quand j’arrive dehors, ma fille est à expliquer que l’on a des choses à régler avant de pouvoir acheter une maison. Des choses, c’est un euphémisme. Nous avons une guerre qui va se mener. L’agente tourne les talons et s’éloigne vers sa voiture. Claque de la porte. Elle aussi part insatisfaite. Les bras croisés. Ma fille me dévisageait. Une discussion allait s’imposer. Mais je ne trouve pas la force de gueuler un « POURQUOI TU M’AS GIFLÉ? » Je savais exactement pourquoi elle m’a giflé. Je n’étais pas idiot à ce point-là. Je regardais ma fille et elle me regardait. Des mots à dire, il y en a des tas. Mais j’ai presque peur de ce qui va commencer à s’installer comme climat entre elle et moi. « T'es qu'une saleté d’égoïste papa. » un égoiste. Une vision de me voir. Ça voulait dire que mes intérêts étaient les seuls que je défendais non? Alors oui, je plaidais coupable. Entièrement et totalement coupable. J’étais une merde. Un tas de jalousie envers ceux qui avaient une vie normale et rangée. « Tu te fous de ton existence semble-t-il, tu te fous de partir. » Les yeux fermés, je poussais un tout petit soupire. Je m’en foutais pas de partir. J’en avais peur. Tellement que j’agissais comme le dernier des connards la plupart du temps.

Ça avait l’air tellement mais tellement facile.

Il fallait simplement changer les mauvaises habitudes. Couper le café. Arrêter de fumer. Ne plus manger dans les fish&chips de la ville. Remplacer les céréales du matin par deux roties de pain bruns. Marcher plus plutôt que de dépendre de ma bagnole tous le temps. Sérieusement, c’était un jeu d’enfant. Pourquoi j’étais incapable de le faire pourtant. Pourquoi malgré les beaux yeux de ma fille, je n’étais simplement pas capable de faire une telle chose?

J’étais incapable de soutenir le regard de ma fille. J’avais honte de mon égoisme et de mon manque de bataille pour vivre. « Sauf que moi tu m'as laissé de l'espoir. Si t'as envie de crever fallait pas me rappeler près de toi! Fallait pas m'empêcher de tirer un trait sur toi si...Non, c'est même pas tirer un trait sur toi parce que j'en suis incapable.» Les mots m’atteignirent. Je ne voulais pas qu’elle tire un trait sur moi. C’était bien trop difficile de croire qu’elle pouvait vraiment faire une chose qui ressemblait vaguement à ça. Elle valait la bataille. Je le savais très bien. C’était une jeune femme intelligente qui deviendrait une femme forte. Avec deux parents têtes de cochons comme sa mère et moi, c’était certain qu’elle était pour avoir son petit caractère. Elle me fit mal lorsque, d’un même souffle, elle rajouta : « La petite Lawrence Hardy a grandi et… » je ne voulais pas qu’elle ait grandi. Je ne voulais pas qu’elle soit devenue grande. Dans ma tête, elle avait encore cinq ans. Cinq ans et besoin de papa. Cinq ans et pas cette allure de grande fille en colère contre son père. « … pourtant elle a toujours autant besoin de son père que lorsqu'elle ne tenait pas debout et qu'il l'aidait à marcher. » J’ai encore une photo de moi en train de tenir les mains de ma fille pendant qu’elle marche. Une photo un peu poussiéreuse que j’ai gardée. Je n’ai pas jeté grand-chose. Je l’aime trop pour me débarrasser de chacun des petits moments d’elle. Elle est revenue vers moi parce qu’elle a encore besoin de moi. Sauf que moi, je sais que je ne peux pas lui donner ce qu’elle a besoin. La stabilité. Le côté protecteur. J’ai trop à régler avec moi-même pour faire comme si rien ne m’atteignait. Trop à avouer pour plaider ouvertement coupable aux gestes dont elle m’accuse. J’ai besoin d’elle mais en ce moment, même avec la pression que je sens dans ma poitrine. Je suis incapable de lui dire. Incapable de lui faire peur. Incapable de lui transférer mon angoisse. Je l’ai forcé à revenir pour ça. Elle me détestait avant. Ça allait bien avant. Parce qu’avant, j’aurais pu disparaitre sans laissé de marque sur son petit univers. C’était ce qu’elle m’affirmait. Sauf que je l’avais fait rester. Je lui avais demandé d’être présente. Je lui avais dit qu’avec elle je trouverais la force nécessaire pour me battre. Le fait était que je ne la trouvais même pas dans ses yeux. Il n’y avait que la peur pour m’habiter. Que le sentiment d’être incompris et incomplet. Je n’arriverais pas à lui justifier. La colère qu’elle ressentait à l’égard de mon attitude, son ressentiment me broyait le cœur. « Et tu m'as demandé de revenir, tu m'as forcée à me souvenir tous nos moments et pourquoi? » poursuivit-elle d’une voix dont chacun des mots trahissait la colère qu’elle ressentait à mon égard. Comme un gamin pris en délit, je fixais le sol avec une attention particulière. C’était une merveille. Mon attitude suffisante avait disparue et des larmes menaçaient de couler. Je voulais la prendre dans mes bras et m’excuser. Je voulais trouver le moyen de me faire pardonner. Elle m’assena le coup de grâce en poursuivant d’une voix glaciale : « Pour crever maintenant qu'il n'y a plus que toi à qui je peux me raccrocher? » Était-ce vraiment l’ampleur du sacrifice que j’avais demandé à ma fille de faire? J’étais autant sa bouée de sauvetage qu’elle était la mienne. J’avais baissé les yeux comme pour être la suite logique de l’abandon que j’étais témoin face à mon état. J’abandonnais la bataille. Je cessais de prétendre que j’allais mieux. Je me négligeais et elle le voyait plus que moi. Les bras croisés, elle me regardait avec un certain défi dans le regard. C’était pénible de la voir dans cet état. Pénible de la voir en colère. Pénible de savoir que j’étais la cause de sa colère non silencieuse et non dissimulée. « On rentre. » rajouta-t-elle finalement d’un ton tranchant comme un couteau.

Plantée sur le bord de la voiture, elle se détourna pour aller s’installer sur le banc passager et claque avec un peu plus de force que nécessaire la porte. Je me surprends quelque peu à hésiter avant d’entrer dans la voiture. J’avais déjà eu cette impression, celle que je la décevais. La décevoir m’est terriblement difficile à faire. J’aurais aimé pouvoir retourner le temps et retourner à ce matin et admettre que je n’allais pas bien. Ne pas prendre les risques que j’avais pris et qui avait réveillé la colère de ma fille. Je n’étais même pas surpris par la gifle. Je l’avais mérité. Je l’avais longuement magasiné. Je sens des larmes qui menacent de couler. Dans la tête, une seule pensée se créait dans ma petite tourmente.

J’ai besoin de fumer.

J’avalais lentement. J’ai honte de cette pensée qui s’est formé pendant un bref instant dans ma tête. Si j’allume une cigarette, je ne suis pas certain que je vais survivre à l’étendue de la colère de ma fille. Je me suis surpris à refaire comme je faisais adolescent ou jeune papa – je fume en cachette. C’est un de mes nombreux mauvais plus. Un de ses indicateurs qui dit que j’étais complètement dédié à devenir un menteur pathologique. J’avais promis d’arrêter au moins à cinq reprises depuis qu’elle est revenue dans ma vie. Elle l’a senti sur l’odeur de mon complet. C’était comme cette promesse brisé de couper continuellement sur la caféine. Je reprends péniblement un peu de contrôle sur moi et j’ouvre la porte du côté conducteur. Sans m’assoir, je commence par dire d’une voix tremblante : « Law… je… m’excuse… », mais je peine moi-même à savoir de quoi je m’excuse. Elle mérite un père qui fait attention à lui. Elle n’est pas ma mère, ni ma conjointe. Pourtant, c’est le rôle qu’elle a souvent dans la maison. Elle joue un rôle important dans notre foyer dysfonctionnel. Je suis plus en équilibre que ce que j’étais avant qu’elle ne revienne dans ma vie. Lentement, je passais une main dans mes cheveux en bataille. Je devrais passer chez le coiffeur et me raser. Je me suis laissé tomber dans le siège conducteur. Un petit grognement en le faisant. Mon cœur tolérait péniblement le stress sous lequel il venait d’être soumis. L’agente d’immeuble devait sans doute pensé que l’on était une famille de tordu et de dysfonctionnel. Après tout, n’était-ce pas le cas? Ma fille venait de me gifler et je me surprenais à penser qu’il y avait bien trois semaines qu’elle aurait du le faire. Péniblement, je fis un tout petit sourire : « Je suis… un connard… », commençais-je par dire. Elle avait raison. Je clignais des yeux un peu plus longtemps que ce qui était nécessaire. Je retiens un petit gémissement de douleur.

Prétendre que j’allais bien.

Il fallait absolument que je le fasse. Ma fille avait beau prétendre qu’elle serait correcte. J’avais remarqué ses mains tremblantes tantôt. Le stress que pouvait provoquer le fait que je n’allais pas bien, je ne voulais absolument pas que ma fille ait à gérer le stress que je pouvais causer. Je savais que c’était particulièrement absurde de me dire que si je m’arrangeais pour que rien ne paraisse alors nécessairement rien ne paraitrait. J’étais trop malade pour pouvoir prétendre une telle connerie. « … j’avais promis que je ne te mentirais plus… » admis-je d’une voix tremblante. Faire fi de la douleur. Juste un instant. Juste un moment. J’avais promis de ne rien lui cacher. Elle m’avait dit qu’elle serait là tant que je ne cacherais rien. Mais m’exposer sans peur et sans tabou, c’était me demander beaucoup. Je n’avais pas menti. J’avais par égoïsme camoufler la vérité. Parce que je ne voulais pas aller à l’hôpital. Je ne voulais pas être malade. Je ne voulais pas admettre que ça allait aussi mal que ça. «  … mais j’avais besoin de… de voir les maisons… » mais elle ne comprendra sans doute pas pourquoi c’était vital pour moi. Je savais que c’était important de se trouver un milieu de vie à deux. Sauf que pour moi. Ça l’était encore plus. C’était un point de repère pour après. « autant sinon plus que toi… » La réplique est acérée comme un couteau. Mon ton jaloux et incompris. Elle ne pouvait pas avoir pleinement conscience de ce que je vivais de cette bataille au quotidien pour être en vie. « Je ne veux pas avoir des limites, Law. Elles me font chier les limites. J’en veux pas. Je veux…. » J’ai fermé les yeux en m’interrompant en plein milieu de la phrase. Mon cœur accélérait comme un connard. Merde. Je ne voulais pas m’effondrer. J’avais besoin de voir les maisons. Besoins de me dire que demain existerait encore pour quand des moments comme celui-ci arrivaient et bousculait mes plus profondes conviction. Besoin d’une bouée de sauvetage pour m’accrocher à quelque chose quand la peur venait m’envahir complètement. Ne rien laisser transparaitre. Mais je ne pouvais pas. J’ai lentement rouvert les yeux et j’ai fixé le plafond de l’automobile. Je n’avais pas envie de le dire, mais pas envie de l’admettre. Lentement, j’ai serré mon poing gauche en espérant que ça diminuerait quelque peur la douleur que je ressentais. Mais rien à faire. La douleur occupait mon torse. Faisant pression sur mon corps. J’ai dégluti lentement avant de murmurer : « Je veux que ça arrête… »  Merci beaucoup capitaine évidence de constater que présentement je n’allais VRAIMENT pas bien. Lèvres serrés. Poings fermement clos. J’avais l’impression d’avoir le torse en feu. Mon cœur se débattait avec vigueur. Je fermais les yeux. Pas devant ma fille. Tentant de reprendre un minimum de contrôle sur ma vie et sur mon corps, je mis la clé dans la serrure. Ma main tremblait comme une feuille. Je suis un connard. Je ne peux pas conduire dans cet état. J’en ai conscience. Souffle court, j’inclinais le banc du côté conducteur. Faisant un effort monstre, je grommela un « Law… ça va pas là… » mais je sentais les larmes qui me monte aux yeux. Elle avait raison.

Je suis un égoïste.
Je suis un menteur chronique.


Dans ma tête, il y a cette longue liste de plans que nous avons faits. Des projets pour demain, pour plus tard. Toute autant plus de choses qui font en sorte que je m’accroche. Ne pas crier. Rester calme. C’est un débat. Cherchant mon souffle, je crachotais avec peine et misère un petit : « J’ai besoin… d’aide… » Ça me prenait tout pour le dire ça. Tout pour l’admettre. Le mot aide sortit péniblement de mes lèvres. Besoin d’aide. Je dis ça avec la honte d’un alcoolique qui a besoin d’aller en cure de désintox. Le malaise était physique. Le malaise était réel. Mais pourtant, je ferais tout pour ne pas avoir besoin de cette aide-là. Tout pour pouvoir me démerder tout seul comme un grand. Après un petit grognement de douleur, j’articulais péniblement : « Peux pas conduire… peux pas me lever. » j’essayais en vain de trouver un truc que je peux faire.

Mais à part pousser une plainte parce que mon cœur me donne vachement l’impression de me courir à côté de la poitrine, je ne trouvais rien. Rester conscient. Me concentrer sur ma respiration. Une vive douleur m’arracha un cri  qui fait ouvrir mes lèvres. Un juron violent sort de mes lèvres. Mi-chemin entre le gaélique de mon enfance et l’anglais de ma fille. Les larmes aux yeux, j’admis péniblement l’étendue de ma souffrance lorsque je trouvais la force de dire : « Panique… pas… appelle… ambu…. Argh… l’ambulance… putain… ». Ma respiration était saccadé. Je m’accrochais à ma fille. Ma main tremblante voulait aller chercher la sienne. Mais avec la douleur que je ressens, je savais très bien que je lui broyerais les doigts. Je tentais de me rassurer. Le « panique pas ». Je ne savais même pas s’il lui ait dédié à elle ou à moi. J’aurais dû appeler plutôt. Appeler avant de descendre les marches pour venir la rejoindre. Appeler quand la douleur était née dans ma poitrine.

Ma fille a raison.
Je suis cliniquement irresponsable.


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Where no one is to blame. Ain't no time to waste my time. Thank you but I disclaim with no regret and no shame : Never falling in love is not a crime. ©alas.
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TES DOUBLES : Faith S. Swanson
TON AVATAR : Bonnie Wright
TES CRÉDITS : Lo
TA DISPONIBILITE RP : 0/2
Will - Deborah

à venir: Savie - Rosie
RAGOTS PARTAGÉS : 5872
POINTS : 1233
ARRIVÉE À TENBY : 21/08/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 19 ans
CÔTÉ COEUR : puisque jamais personne n'est tombé amoureux d'elle, Lawry cherche à se convaincre qu'elle est mieux seule, à passer de lit en lit
PROFESSION : lycéenne
REPUTATION : arrivée il y à 4 ans paisible et bienheureuse, ne causant jamais de problème et s'occupant de son pauvre père. Tenby semble avoir eu une bien mauvaise influence sur cette pauvre enfant!



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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Dim 12 Oct 2014 - 23:38

William ∞ Lawrence
I'm not afraid to take a stand everybody come take my hand we'll walk this road together, through the storm whatever weather, cold or warm just let you know that, you're not alone holla if you feel that you've been down the same road [EMINEM]
Je viens de gifler mon père. Mais qu'est ce qui me prends? Les choses ne tournent vraiment pas rond depuis mon installation à Tenby. Je suis une madeleine en pleurs un tiers de mon temps, une puce débordant d'énergie et de résolution un autre tiers et une boudeuse débordant de reproches et d'agressivité le reste du temps. Je suis presque aussi lunatique qu'une femme enceinte sauf que cette explication est non envisageable. Alors quoi? Qu'est-ce qui fait bugger mon cerveau de la sorte? Qu'est-ce qui m'empêche d'être cohérente dans mon comportement? J'imagine que c'est la peur qui me hante en permanence de perdre Will mêlé à l’excitation des retrouvailles. J'ai vécu dix-huit mois dans un micro-univers ou j'étais frustrée sentimentalement parlant, devant m’accommoder de rage et de tristesse à longueur de journée et voilà que du jour au lendemain je dois jongler entre moult émotions plus ou moins contradictoires. A l'usure je perds les pédales ça parait logique. Logique mais impardonnable. Rien ne peut excuser la gifle que je viens d'infliger à mon père. Certes je lui en veux terriblement et c'est en quelque sorte en désespoir de cause que j'en suis arrivée à pareille réaction cependant je sais pertinemment mon acte quelque peu abusif. D'un autre coté ça m'a fait du bien. Ça m'a soulagée tout d'abord et puis je sais que ce moment il ne l'oubliera pas. Je sais que lorsque l'envie lui prendra de me mentir une énième fois il se souviendra ce que je suis prête à faire. Jusqu’où je suis prête à aller pour qu'il accepte enfin que si je suis là c'est à cent pour cent avec lui et que s'il ne me l'accorde pas, la suite se jouera sans moi. Ça me déchirerais de devoir rentrer à Bath mais je le ferrais s'il le faut. On peut envisager ça comme du chantage et j'en aurais presque honte si je ne connaissais pas mes motivations. La survie de William et pour ça je suis prête à m'abaisser à bien pire que du chantage. Je suis prête à tout, quitte à ce qu'il finisse par me détester tant qu'au final il s'en sort. C'est mon unique objectif présentement et contrairement à ce que j'ai assuré à Clément, je ne parviens pas à me détacher de ce but. Tant que je n'entendrais pas de la bouche d'un médecin que mon père est hors de danger je m’efforcerais de faire attention à lui. Pas de façon exagérée, je vais tenter de contenir mes réflexions pour ne pas le dégouter de se soigner mais je serais sur son dos dès qu'il entravera trop de règles destinées à l'aider dans son traitement. Non je ne suis pas sa mère. Mais je suis sa fille et peut-être est-ce pire dans notre situation. Je me plante sur le trottoir et j'y reste seule quoi? Une minute trente? Deux maximum en tous cas et c'est pourtant suffisant pour qu'un milliard de choses se passent dans ma tête. Tout d'abord j'envisage de m'excuser. En haut des escaliers après avoir violenté mon père je trouvais mes motivations plus que suffisantes et William plus qu'exécrable mais le temps de sortir de la maison a suffit à me faire culpabiliser de plus belle. Il souffre et pourtant il trouve la force de me protéger. Je n'ai pas le droit de lui en vouloir et de lui faire des reproches! Seulement s'il ne s'ouvre pas à moi en quoi pourrais-je l'aider? Je ne supporterais pas d'être inutile, exclue de son monde, incapable de participer à ses soins. S'il devait lui arriver quelque chose je voudrais avoir fait mon maximum. Je voudrais qu'on ai tous fait notre maximum. Donc je ne m'excuserais pas, décision prise je vais même cesser de regretter cette gifle. D'abord parce je risquerais de perdre toute crédibilité, déjà que vu tout ce que je lui ai confié -ma dépendance à notre relation par exemple- il doit douter de ma capacité à partir s'il persiste à me mentir. Ensuite les mots refuseraient de quitter ma gorge par manque de sincérité. Je l'ai frappé d'instinct et cela m'a fait du bien. Ce serait presque mentir que de lui dire que je regrette et je n'agirais pas comme lui. Autre chose qui me traverse l'esprit: je devrais essayer de le comprendre. Quand il assure que tout va bien peut-être que les paroles ne sont pas adressées qu'à moi. Peut-être cherche-t-il à s'en persuader lui-même. Il veut aller de l'avant, il veut nier des évidences et continuer à vivre comme si de rien n'était. Finalement ce n'est pas dur à comprendre. Ça parait même plutôt logique comme réaction face à une maladie. Peut-être bien qu'à sa place je réagirais de la même façon d'ailleurs.En un sens mon songe de la nuit m'a ouvert les yeux sur la possibilité que mon père ne veuille pas admettre sa maladie. Après tout je sentais mon corps lâcher prise et je persistais malgré tout à vouloir atteindre le dernier étage. C'est humain comme comportement. C'est Hardy comme comportement. Persévérer, aller de l'avant qu'importe la situation. Seulement, si lui veut nier la réalité, moi je suis là pour lui ouvrir les yeux et lui faire admettre que refuser sa maladie ne risque pas de le guérir que du contraire. Une dernière chose me traverse l'esprit tandis que William s'approche lentement de moi: qu'en pense l’agente immobilier? Qu'en pensent les gens en général? Je sais que mon père a cherché à cacher aux mieux ses arythmies afin de garder son travail et de ne pas attirer l'attention, seulement si je me suis rendue compte qu'il me cachait quelque chose en moins d'une semaine, j'ai beau être sa fille c'est un délai record, dès lors d'autres ont dû percer son secret. Ne s'en préoccupent-ils absolument pas ou certains sont-ils inquiets pour mon père? Et les gens qui le voient craquer mais qui ne le connaissent pas? S'éloignent-ils tous comme cette agente immobilier sans poser la moindre question ou y'en a-t-il qui veulent lui venir en aide? Et cette prénommée Savannah Cartwright que je n'ai toujours pas eu l'occasion de rencontrer qu'en est-il de son dévouement et de ses inquiétudes? Pourra-t-on compter sur elle à tout instant? Je persiste à user du on alors qu'après ma réaction je ne suis pas certaine que Will veuille toujours de moi à ses cotés, de moi comme soutien, de moi comme aide soignante improvisée.

Papa s'approche et ma langue se délie. Pas un mot n'est pesé, retenu, troqué pour un plus convenable. Pas une idée n'est gardée captive en moi, remodelée pour paraître moins cruelle. Pas un instant mon regard ne quitte le sien, ne s'illumine pour être plus pacifiste. Je dis tout et avec une sincérité sans faille. C'est moi et mon envie de franchise sans mon habituelle retenue. Je suis à moitié face à Will et à moitié perdue dans mes pensées ce qui m'empêche de retenir mes reproches. Si j'étais tout à fait lucide je me serais tue et pourquoi? Pas par peur de représailles, que William m'en veuille me ferait du mal mais je serais prête à l'accepter si c'est pour qu'il connaisse le fond de ma pensée. Simplement j'aurais tu certaines choses car je ne cesse de penser au fait qu'il veut me ménager malgré les préoccupations plus grandes qui l'occupent à cause de sa maladie. Si j'étais complètement consciente je regrettais mon comportement et réaliserais que je ne mérite pas un père comme William. Sans cesse il me met en avant quitte à se blesser lui et je suis pourtant incapable d'être reconnaissante. Je trouve encore des raisons de me plaindre alors qu'il m'a tout donné. Alors qu'il continue à le faire. Mais je suis à moitié perdue dans un nuage de vapeur dès lors ce genre de réflexion lucide m'est impossible et je continue donc à débiter tout ce que j'ai sur le cœur sans le moindre filtre entre mon cerveau et mes cordes vocales. Lorsque je finis par me taire je m'avance d'un pas monotone vers la voiture et, lorsqu'il en déverrouille la portière je me glisse sur le siège passager ou je commence lentement à revenir sur Terre. Oui, une fois de plus je l'avais quittée. Bon, quitter la Terre est peut-être une expression surfaite et exagérée mais l'idée est là. De plus en plus souvent je m'abandonne à mes pensées et perds le fil de la réalité ou, comme à l'instant, je ne conçois plus vraiment l'aspect concret de mon corps et je laisse mes réflexions divaguer et s'extérioriser sans que je ne puisse rien y faire. J'admets que cela me fait peur. D'un autre coté cela m'offre une franchise sans pareil que mon éducation m'empêcherait d'avoir dans d'autres circonstances.

Gouttes d'eau sur mes joues qui roulent, dégoulinent, glissent, s'amusent. Elles me montrent faible et s'en amusent. Elles m'empêchent d'être tout à fait cruelle et, en un sens, elles sont le reste de mon humanité dans des mots de glace. Se montrer forte. Je ne cesse de me répéter ces mots depuis que j'ai assuré à mon père que je serais son roc, la personne sur qui il pourra compter quoi qu'il advienne -dès le moment ou il ne me mentira plus du moins- et je crois que cette rengaine finit par me rendre plus cruelle que forte. Trouver la juste mesure. Larmes sur mes lèvres et sel sur ma langue. Le goût m'arrache une grimace tandis que mon père ouvre la portière du coté conducteur. Je détourne le visage vers la façade bleue poudre de la maison afin de ne pas succomber au regard de mon père. Son regard peut n'avoir rien de particulier, ses yeux peuvent n'être ni tristes, ni lourds de reproches j'y lis moi même le reflet de ma propre rancœur et je finis chaque fois par laisser flancher mes résolutions. Mais pas cette fois. Je vais tenir bon jusqu'à la maison et là j'irais m'enfermer dans ma chambre comme ça je ne risquerais pas de croiser le regard de Will. C'est presque comme Méduse. Croise son regard et tu deviendras de pierre. Moi quand je croise le regard de mon père je fonds de culpabilité et m'excuse ou me blottis dans ses bras. En résumé je regarde tout ce qui m'entoure sauf Will pour ne pas avoir à parler mais il commence avant même de pénétrer la voiture. Law… je… m’excuse Rien. Je ne ressens rien lorsqu'il me dit ça. Pas une once de culpabilité, de pitié, de reconnaissance, de compréhension, de regret. Rien. Juste peut-être un peu d'ironie loin au fond de moi. De l'ironie oui, je la sens qui grandis et c'est une remarque sarcastique qui voudrait franchir mes lèvres mais je la contiens, bien décidée à me cloîtrer dans mon silence. Ironie parce que ce fameux "Je m'excuse" il me l'a prononcé un nombre incalculable de fois depuis que je suis installée à Tenby et, pourtant, chaque fois il ne se gêne pas pour réitérer ses erreurs. A force je n'y crois plus. A force je n'écoute plus. Je suis… un connard… Il cherche à me faire sourire? Game Over je reste de marbre. J'étais apte à regretter et à m'excuser, à flancher et à pleurer il y a quelques instants mais, étrangement, plus il parle, plus il s'enfonce. Ou plutôt plus je m'enfonce. Dans ma colère et mes regrets. Mon amertume et ma rancœur.

… j’avais promis que je ne te mentirais plus… Bla bla. Je ne sais pas bien d'ou me vient ce sarcasme soudain mais, bizarrement, ses mots m'effleurent à peine et ne m'émeuvent pas le moins du monde. Je pense qu'il a perdu toute crédibilité à force de se répéter sans cesse sans appliquer ne serais ce qu'une fois les résolutions prises envers moi. … mais j’avais besoin de… de voir les maisons… Excuses. Des mensonges et des excuses voilà ce qui sort le plus souvent de la bouche de mon père. autant sinon plus que toi… Autant que moi? Mais qu'est-ce qui lui laisse croire que j'ai besoin d'une maison? J'ai celle de Bath moi. J'ai un lieu ou aller même si ce n'est pas le paradis ce sera peut-être quand même mieux qu'avec lui. Ellie me ment comme lui mais Ellie ne me fais pas de promesse qu'elle ne sait tenir. Ellie ne s'impose pas comme un phare dans la nuit, comme une bouée à la mer, comme une goutte d'eau dans le désert. Contrairement à lui Ellie ne me torture pas. Parce que c'est ça l'amour pas vrai? Aimer c'est souffrir. Will a tout fait pour raviver mes sentiments, pour raviver mon besoin de lui et maintenant il veut me pousser à m'arracher à lui. Mais sa remarque me fait serrer les dents pour autre chose. Pour le ton qu'il a employé, pour la note égoïste dans sa voix. Il souffre et il a besoin d'aller de l'avant et moi on s'en fout. Et ce qu'il m’inflige on s'en fout. Il vient par lui même de démonter les excuses qu'il m'a fourni un peu plus tôt. Un rire sarcastique et douloureux résonne dans ma gorge. Je ne veux pas avoir des limites, Law. Elles me font chier les limites. J’en veux pas. Je veux…. La voix qui tremble, le ton mielleux, les mots doux et piquants à la fois. Trop fragile pour moi. Trop théâtral pour moi. Ecoeurée je sors de la voiture et me plante sur le seuil de la maison. Je serais tentée de rentrer à pied mais j'en ai pour un moment, on est de l'autre coté de la ville. Alors je m'assieds et j'attends. Je regarde mon père dans la voiture, son visage qui passe par un tas d'expressions plus ou moins crédibles mais je ne m'inquiète pas. Il joue, il ment, il veut m'embobiner rien de plus. Mon père je ne le connais plus. Mon idole, mon guide est un inconnu qui se débat à gémir des plaintes rauques dont je ne décèle pas grand chose d’où je suis. Les choses changent. Les choses changent et parfois en un temps impressionnant. Il y a moins de vingt minutes j'envisageais de m'installer ici avec mon père et de recommencer notre vie à zéro. Me voilà en train d'hésiter à le nommer encore papa. Je me désintéresse de lui et fouine dans mon téléphone. Je ne cherche rien de précis mais finis par retomber sur les messages d'Elizabeth me demandant de revenir sur ma décision de vivre ici à longs termes. Je n'aurais pas cru que je suivrais un jour un de ses conseils et pourtant...Pourtant j'étais prête à lui répondre que j'y penserais et prendrais une décision définitive dans quelques semaines. Mon message ne s'enverra jamais. Avant que je n'en ai rédigé la moitié un cri violent me fait relever la tête. Will le teint blafard est replié sur son siège. Colère évaporée en un quart de seconde fait place à la panique. Je saute sur mes pieds et me glisse en vitesse dans l'auto. Panique… pas… appelle… ambu…. Argh… l’ambulance… putain… Aveuglée par ma rancœur je ne me suis pas rendue compte du sérieux de la situation. Vague de culpabilité en approche je sers les poings et tente de me focaliser sur mes actions plus que sur mes pensées. Je dois me rattraper. Etre forte pour les fois ou je ne l'ai pas été, être utile pour les mois ou j'ai été absente. Etre à la hauteur. J'ai les yeux humides et je suis aveugle mais le plus important c'est de ne pas avoir les mains qui tremblent. Gestes assurés. J'abandonne mon père un instant pour prévenir en silence une ambulance. Respiration saccadée, paniquée, terrifiée. Je sonne. Numéro incorrect. Une insulte franchit mes lèvres tandis que je recompose le numéro. Ici les urgences? Allo? Mon père il...je...rue de... LAWRENCE TU RESPIRE! Mon père fait un malaise je....On est rue de Sherwood devant le numéro...euh...411. Je vous en prie faites... Papa gémit je m'éloigne du combiné le temps de le rejoindre. La femme s’époumone dans le portable à me demander de ne pas raccrocher et de faire ceci, et de faire cela. Pour l'instant je sers la main de mon père et je cherche son regard c'est tout ce qui importe. Il me broie le poignet mais je me contiens. Papa ça va aller l'ambulance arrive tu n'as pas à t'en faire d'accord? Un sourire plus ou moins rassurant étire mes lèvres juste au moment ou je prends conscience du pouls de Will. Son cœur bat à un rythme terrifiant. Un gémissement effrayé m'échappe et je sers de plus belle le poignet de mon père tout en ramenant le téléphone contre mon oreille. Il...RESPIRE MERDE! Son cœur bat très très vite et puis il est terriblement pâle...Je sais pas quoi faire venez je vous en prie... Elle me dit on arrive, elle me dit aidez le. Et moi je sens que je perds pied et c'est vague de peur sur vague de regrets sur vague de stress. Sur vague de larmes.
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Et si on se battait pour le bonheur?
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REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Ven 17 Oct 2014 - 6:28

[HJ: si tu veux me taper, tu connais le chemin jusqu'à ma boîte de MP - je ne dis même pas le nombre de mots cette fois-ci... Je m'excuse ]




Hearthless

« Papers in the morning / Bowler hat on head / Walking to the bus stop» ► Cardiac Arrest (madness)
Sous le poids de la douleur, je ne pouvais pas m’empêcher de laisser mon esprit vagabondé. La première fois que ça m’était arrivé, ce n’était pas aussi dramatique que ce que j’avais vécu aujourd’hui. L’enquête Latimer était entamée depuis trois mois. C’était lent. C’était difficile. Les preuves nous manquaient. Pour compenser le fait que j’avais recommencé à fumer, j’avais aussi ressorti mes espadrilles et recommencé à courir. C’était dans le parc d’odeur que ça m’était arrivé la toute première fois. Mais ça avait d’avantage l’air d’être une crampe. Mais ça avait été assez pour m’inquiéter surtout quand en l’espace de quelques semaines, j’avais eu d’autres douleurs. Dans d’autres circonstances. J’avais eu des vertiges, des engourdissements et des douleurs à la poitrine. J’avais tenté de couper la cigarette, fumant en cachette – comme je faisais gamin. Mais la douleur revenait toujours par vague. J’avais fini par prendre un rendez-vous chez mon généraliste. Je n’avais pas voulu faire paniquer ma femme. Je n’avais pas voulu inquiéter ma fille pour rien. Sauf qu’en voyant mes symptômes, mon généraliste m’avait fait passer une première série de test. Les résultats avaient été horribles. Pour la première fois de ma vie, j’aurais aimé ne pas connaître ses visages que les gens qui donnaient de mauvaises nouvelles affichaient. Parce que quand j’étais entré le matin dans le bureau du docteur. Le visage plein de compassion et de douceur, par-dessus ses lunettes, le nez dans mon dossier, mon docteur avait lentement passé une main sur ses cheveux aux couleurs plus sel que poivre. Je me rappellerais toujours du regard qu’il m’avait posé : « Ce n’est pas bon, William » avait-il dit d’une voix froide. Et il s’était mis à me parler d’autres tests possible pour déterminer quelles étaient les limitations que j’avais, quelle était la condition exacte et complète de mon cœur et quelles options de traitements s’offraient à moi. Mais il l’avait redit. À une autre reprise. Que ce n’était vraiment pas bon. Mais pour la première fois depuis des semaines, l’enquête Latimer commençait à bouger. J’aurais voulu en parler ce soir-là à Ellie… mais une perquisition dans la voiture nous avait permis de bouger… et puis… tout avait déboulé en l’espace de quelques heures. Le dire à Ellie entre son aveu de l’infidélité et l’aveu des pertes de preuves m’avait semblé inconvenant. La regagner en lui avouant que j’étais malade, ce n’était pas mon genre.

Sous le poids de la douleur qui m’étreignait comme une vague, je n’étais pas capable de m’empêcher de penser que ce n’était pas comme ça non plus que je voulais que ça se passe aussi avec ma fille. Les doigts de ma fille tremblèrent sur son téléphone. Je tente de me concentrer autant que faire se peut. Mais la douleur m’étrangle tout entier. Mon corps tremble comme une feuille par grand vent. Je n’ai même pas la force nécessaire pour lui prendre mon téléphone dans mes poches et moi-même composer le numéro. Je vois le visage de ma fille qui est empreint de détresse alors qu’elle compose pour une deuxième fois. Elle avait beau avoir dit qu’elle serait là pour le meilleur et pour le pire, une partie de moi ne veut pas lui montrer le pire. Une partie de moi sait qu’elle est ma fille, ma princesse et mon trésor. Mon seul enfant. Pas comme Ellie qui en attend un autre. Moi, le temps me manque. Cruellement et amèrement. Je veux être plus fort qu’elle lorsqu’elle tente d’expliquer : « Mon père il... je... rue de... » Mon cœur de père se broie. Je veux la prendre dans mes bras et lui dire de respirer encore. De rester calme. Mais je ne peux pas. Le seul son qui trouve le chemin entre mes lèvres, c’est une longue plainte de douleur. Un gémissement presque aussi long que ce que mon souffle me permet. Je tente de mettre toute mon énergie sur chacune des choses positives. Mes yeux s’accrochent sur les cheveux de ma fille. Est-ce qu’elle se rappelle de cette première rentrée en classe ou j’avais pris la journée ? Assise sur une chaise de notre cuisine dans cette maison en banlieue de Londres que nous avions habité pratiquement deux ans, elle me racontait comment l’école serait plus cool que la garderie pendant que tout troublé par la complexité de la tâche, je tentais vainement de tresses les cheveux rebelles et roux écarlate de ma fille. On était rendu loin de ma petite princesse. Elle était grande. Elle était responsable. Mais elle n’était pas prête à vivre sans moi. Elle avait besoin de moi. Même si j’étais le roi des irresponsables et des idiots. Même si elle méritait mieux qu’un père qui ne serait plus en mesure de combler les besoins d’attention et d’amour dont elle avait encore besoin. J’étais froid. Et elle… elle était parfaite. Reprenant son calme, ma fille continua : « Mon père fait un malaise je....On est rue de Sherwood devant le numéro...euh...411. Je vous en prie faites... »

Sa main se tendit vers moi. Mes doigts s’accrochèrent à son poignet. Un étau m’enserrait la poitrine. Respirer, c’était difficile. La douleur était vive. C’était comme si mon cœur était en feu. Respirer. Lentement. Sans que je le réalisais, je les serrais mes doigts au fur et à mesure que la douleur devenait plus franche. Que ça cesse. Pendant un tout petit instant, j’eus cette image inversé d’Ellie et moi le jour de la naissance de Lawrence. J’aurais aimé avoir la force de murmurer quelque chose à ma fille sur comment sa mère m’avait broyé le poignet pendant les contractions et que je n’avais rien dit. Parce que je l’aimais. Parce que c’était pour la bonne cause. Parce que même avant sa naissance, j’aurais souffert pour elle. Prenant sur moi autant que j’étais capable de le faire, je relâchais le poignet de ma fille en étouffant une autre plainte. « Papa ça va aller l'ambulance arrive tu n'as pas à t'en faire d'accord? » Bouger était tellement difficile. Présentement, je luttais comme un fou pour rester simplement conscient. Reste auprès d’elle. Avalant lentement ma salive, les yeux mi-clos, je cherchais à m’accrocher à l’odeur d’amande de son shampoing qui était en elle-même si différente de l’odeur de melon que celle avec laquelle je lavais ses cheveux quand elle était encore toute petite. Hoquetant péniblement, je tente de faire comprendre à ma fille qu’il faut qu’elle dise à la répartitrice que j’ai de la difficulté présentement. Réunissant toutes mes forces, je réussis à dire : « Mal… J’ai… mal… » et je monte dix doigt. Mes mains tremblent. Mais je ne suis pas certain que ma fille a compris ce que j’ai voulu lui dire dans cet effort.

Elle a repris le combiné en main. Au bout du fil s’époumone une répartitrice. Elle gueule des ordres à ma fille qui fait de son mieux. J’ai envie de prendre le combiné et de gueuler qu’elle n’a que seize ans et qu’elle a le droit de paniquer parce qu’elle ne comprend pas plus que moi pourquoi ça m’arrive et pour quoi c’est sur nous que ça tombe. Des mains tremblent plus que je ne le voudrais. Je les sens s’appuyer doucement contre mon poignet. Elle cherche mon pouls. J’ai une grimace tordue. Je lui donne des faux espoirs. Mon cœur ne peut pas être mesuré. Il déconne. Je vois les yeux de ma fille qui s’emplissent de panique. Elle mesure une fois… deux fois… mais elle ne semble pas être certaine de sa mesure. « Il... », commence-t-elle. Je la vois faire des efforts monstres pour se calmer. J’ai une sensation de brulure en moi. Dépendre d’elle me semble si peu naturel. Mais je sais que je n’ai pas le choix. « Son cœur bat très très vite et puis il est terriblement pâle...Je ne sais pas quoi faire venez je vous en prie... » J’ai un honnête sentiment de fierté qui me remplit la poitrine. Elle reste calme malgré le fait qu’elle a peur pour moi. Je ne peux pas lui faire ça. Je ne VEUX pas lui faire ça. Ce n’est même pas censé se produire comme ça. Ma main se tend et va lentement se poser sur sa joue. Ça va aller Law… t’en fait pas… C’est ce que je veux dire mais que je ne suis pas capable d’articuler.

Tristement, par expérience, je sais que suis une priorité pour les services d’urgences. Il existe des degrés d’urgences. Une priorité allant de un à cinq. Je suis une première priorité. Un malaise cardiaque. À bout de souffle, je lutte péniblement pour rester là. Garder les yeux ouverts est en soit un défi immense que je ressens comme une brûlure amère. Me laisser sombrer serait tellement facile. Mais la facilité… ce n’est par Hardy comme comportement. J’ai une brève pensée pour mon père en attendant l’apparition des gyrophares bleus : je n’ai jamais parlé de lui à ma fille ironiquement. Mais mon père disait de rester fort et de relever la tête. J’ai élevé ma fille comme mon père m’a élevé. Je lui ai appris à être forte et fière d’elle. Mais comme mon père, mon boulot n’est pas fini. Les ambulanciers mettent une éternité arrivée pour moi. Pour Law… je ne peux pas me laisser sombrer. Normalement, depuis longtemps avec l’intensité de la douleur que je ressens, j’aurais perdu connaissance. Mais je tiens bon. J’ai un grognement lorsque les ambulanciers finissent par arrivée. Je veux qu’ils éteignent leurs gyrophares. Je ne veux pas que la scène attire plus d’attention que celle qu’elle a présentement. C’est idiot… je pourrais mourir, mais je m’en fous. Le jeu des apparences m’importe encore alors qu’un des deux ambulanciers qui me reconnait déboutonne ma chemise et vient me coller des électrodes sur le torse et me glisse un capteur sur le doigt. Je l’entends pousser un juron. Il se retourne vers son collègue en gueulant que je suis critique. Merci capitaine Évidence Comme si le fait que j’ai laissé ma fille appeler ne montrait pas en soi l’urgence de la situation et la volonté que j’ai pour une rare fois de m’en tirer. Ils sont à deux pour me tirer de l’automobile et me coucher sur la civière. Ils s’étonnent du fait que je coopère autant que je le fais cette fois-ci. Je ne me débats pas. Je n’affirme pas que je puisse me démerder tout seul. Je les laisse me mettre le masque d’oxygène sur le visage. Mais à peine chargé dans l’ambulance, je le retire et j’articule le nom de ma fille. Mais c’est plus une espèce de plainte à mi-chemin entre un grognement et le prénom de ma fille massacrée par la douleur. Je la veux à côté de moi. Mais elle n’accourt pas. Et j’ai… j’ai besoin d’elle maintenant. Dans un autre effort, je me tortrille pendant que l’ambulancier tente d’attacher les sangles. « William…. Arrêtes d’essayer de l’enlever… t’as besoin d’oxygène et tu restes immobile. », me dit-il d’une voix autoritaire. Au loin, j’entends l’autre ambulancier qui s’adresse à ma fille. « Vous voulez entrer à l’arrière, mademoiselle ? » et pendant un instant, je pense me débattre pour demander à ma fille de ne pas venir. De rester. De retourner à la maison. Que tout va bien aller. Je ne veux pas qu’elle me voit comme ça. Mais mon cerveau sait très bien que ce serait cruel de faire une telle chose à ma fille. Rester conscient est de plus en plus difficile. Les portes de l’ambulance se ferment. Le moteur démarre. Tout ce que j’entends, c’est le son erratique du moniteur cardiaque qui oscille entre un rythme vachement trop haut et vachement trop bas. Le son de la sirène est puissant. A toute vitesse, nous démarrons. Je me sens callé dans les couvertures grises immondes. Je ne veux pas que ça finissent comme ça. Un effort surhumain, je me tortille péniblement sur la civière.

Je retire légèrement le masque et j’hoquette péniblement : « liste… mé…doc… poche… ». C’est un ordre. Ils vont en avoir de besoins. Je ne suis pas en mesure de parler présentement. Et l’ambulancier ne peut pas rien faire pour stabiliser mon cœur sans savoir ce que je prends quotidiennement comme médicament. Il en en besoin et je le sais très bien. Je sais que Lawrence est juste à côté et qu’elle est témoin de mon effort d’avoir l’air brave et de faire comme si rien ne m’atteignait une fois de plus. La panique et la douleur vive et étouffante reste là. Ancrée en moi. Visible dans le respire entrecoupé. Ça ne finira pas comme ça. L’ambulancier me remet le masque d’oxygène. Ma saturation est faible. Toutes mes lectures sont mauvaises. « Okay… on l’amène à Swansea… », affirme celui qui est au volant en empruntant l’autoroute à vive allure. Swansea, ça veut dire que ça va plus mal que ce que je veux admettre. Que ce que je peux admettre. Je m’entends péniblement crachotté sous le masque d’oxygène trois mots, comme un gamin : « veux pas… peur…. » La mort me fait peur. Mourir m’effraie. Je ferme les yeux. Juste un instant. C’est trop difficile. L’ambulancier me dépose une petite tape sur le visage. Péniblement, je rouvre les yeux. À peine, juste assez pour voir la lumière blafarde de l’ambulance. Pour sentir la vitesse à laquelle on roule comme un signe que j’ai des chances de ne pas m’en sortir. Trop. Trop pour entrevoir la douleur et l’inquiétude sur le regard de ma fille. L’ambulancier se veut rassurant : « Hardy… tu restes avec nous d’accord… » m’affirme-t-il. Je grogne comme une réponse.

Avez-vous déjà tenter de rester conscient avec une douleur comme celle là ? Mais même le commentaire désagréable ne parvient pas à franchir mes lèvres. Je lâche prise et je le sens. Je me laisse sombrer dans l’inconscience. Parce que le nuage est plus rassurant que les gens. « Hardy… reste conscient… Har… Merde… », entend-je en restant dans la civière.
Je ne suis pas responsable de mon destin.
Ma vie part en mille miettes.
Devant ma fille.
L’image nette de tous ses plans que nous avons fait se succède dans ma tête pendant la période où je suis inconscient. C’est un film haut en couleur d’une vie que je veux connaître. C’est un avenir rayonnant qui ne m’est pas nécessairement réservé. C’est un demain qui est incertain. C’est une tonne de possible que j’aimerais ardemment voir se réaliser. Quatorze années auprès de ma fille. Deux ans presque à m’effacer de sa vie… C’était peu. Trop peu. Il y avait un million de choses que je voulais faire encore. Je voulais emménager avec elle, adopter un chaton, recommencer à prendre soin de moi, assister à plus de récitals de musique que je n’aurais jamais pensé faire. Souffle court. Douleur étreignant la poitrine. Yeux fermés. Ma composition de demain ne dépendait nullement de ma volonté de le voir ce fameux demain. Elle dépendait de la compétence d’une armée de médecins, d’infirmières et d’auxiliaires. Elle dépendait de d’autres. Pas de moi. Je n’aimais pas ne pas être en contrôle de la situation. Je ne l’aimais pas que d’autre puissent décider de ce qui serait mon sort. Ce n’était pas aussi pire avant le cas Latimer. Mais j’étais devenu comme ces enfants du primaire qui se croient invincible et qu’ils peuvent tout faire tout seul comme des grands. Mais inconscient, je n’avais pas le choix… même si je gueulais, je n’avais pas de voix qui comptait dans l’équation. Ce n’était pas de mon ressort. Et c’était ce qui m’était le plus difficile à admettre.

Combien de temps s’était-il écoulé entre le moment où j’avais perdu connaissance et celui où je le repris? Minutes ou heures? Je n’étais même pas certain que je savais exactement où j’étais. Un regard autour de moi me confirma que les murs bleu pâle tirant sur le blanc étaient ceux d’un hôpital. Le silence fut la seconde chose qui je frappai. Encore allongé dans mon lit, je n’entendais rien mis à part du son régulier d’un moniteur cardiaque. Soin intensif. Une porte fermée et un lit seul dans une chambre. Ça ne peut être qu’un soin intensif. Je veux savoir combien de temps je n’ai pas répondu à l’appel. Je veux savoir l’intégral des procédures. Péniblement, je me lève dans mon lit pour tenter d’attraper ma charte. La tête me tourne. Je grogne un vilain : « MORPHINE! » qui résonne jusque dans le corridor. Une infirmière brunette, cheveux attachés, souliers confortables, uniforme impeccable, passe la porte. D’un ton plein d’entrain, elle commence à dire qu’elle est contente que je sois de retour à moi et me demande de chiffrer mon indice de douleur. Quelle douleur? Je ne sens rien du tout. À cause de la morphine dont ils m’ont bourré le système. Mon ton est sec, fort et cassant lorsque je crache un : « INCOMPÉTENTE… je déteste la morphine… ». Ce n’est pas sa décision. Mais elle me semble heureuse. Ça me semblait être une bonne raison pour l’énerver et la faire suer. Je suis encore assis dans le lit. Et la pièce ne fait que tourner et tourner et tourner. Encore et encore. Comme un grand carrousel. Je vais vomir. Je le sens. Je grommelle un petit « Ca tourne… » avant de me saisir du haricot. Patiente, l’infirmière ramasse et me refait me rallonger sur le lit. Je ferme les yeux.

Je ne suis pas fatigué. Je suis lessivé. J’ai l’impression d’avoir bien plus que mes trente-neuf ans à peine entamé. Mon corps est tout simplement souffrance. Je remonte lentement la couverture par-dessus moi. J’en ai oublié de demander comment va ma fille. Je veux juste être seul. Elle en a vu beaucoup trop. Pourtant, la question de l’infirmière est logique. Sa voix est gentille et lentement elle passe une serviette sur mon front. Je sens la sueur et l’effort physique. Lentement elle me temps un verre d’eau. « Votre fille attend dehors… vous voulez que je la laisse entrer? » me demande-t-elle d’une voix toute douce. Mon corps entier se tend complètement. Lawrence… ma petite princesse a assisté à toute la scène. Elle attend présentement de l’autre côté de la porte. Là où il n’y a jamais eu personne les autres fois ou je me suis retrouvé dans cet état-là. Quelqu’un dépend de moi. Quelqu’un se préoccupe assez de moi pour attendre et pour demander de mes nouvelles. C’est idiot. Mais sur le coup… sur le coup, ça m’effraie. Je n’ai plus l’habitude d’être attendu. « NON… », dis-je avec plus de vigueur que nécessaire. L’infirmière me regarde doucement. Je sens la désapprobation dans son regard. Ma ville vient de me sauver la vie. Si elle n’avait pas appelé, je ne serais pas là. Je le savais. Je rouvre lentement les yeux et je fixe mon regard dans celui de l’infirmière en répétant. « Non… je ne veux pas qu’elle rentre… ». L’infirmière soupire brusquement. Exaspérant. Elle doit être une nouvelle. Une ancienne infirmière m’aurait probablement gueulé dessus qu’elle méritait mieux qu’un trou-du-cul comme moi. Après tout…. Elle venait d’attendre. Pour me voir. L’infirmière continua sa tentative de raisonnement du monstre que j’étais : « C’est si dur de faire comprend que je veux pas qu’elle me voit comme ça ? J’ai l’air… misérable. » jappais-je d’une voix forte.

L’orgueil était mon pêcher. Je ne voulais pas que ma fille me voit dans cet état. Encore en sueur. Le teint pâle. Nauséeux. Délirant. Fatigué. Impatient. Blessé. Trahi. Dans une jaquette d’hôpital dont le tissu pique. Ils m’ont posé un canula sur le visage. Je veux voir l’urgentiste avant de voir ma fille. Je veux lui dire que je vais bien et que je vais m’en sortir. Mais en même temps, elle doit s’en faire. Et c’est ce que l’infirmière est en train de tenter de m’expliquer. Que dans la pièce d’à côté… ma fille attend des nouvelles de moi et qu’elle veut me voir. Je gémis quand même un petit : « Mais je suis fatigué… » et je constate avec horreur que ma voix se tord sous l’impact des mots que je prononce péniblement. Trop fatigué pour voir ma fille ? Impossible. Les pères ne prennent pas de congé maladie. Je me retourne vers la fenêtre de la chambre. J’ai presque espoir de pouvoir apercevoir sa tignasse rousse à travers la minuscule fenêtre. Juste ça, ça aurait rendu le silence moins pénible. Rendu le couinement des semelles de chaussures de l’infirmière sur le carrelage plus tolérable pour moi. J’ai besoin qu’elle rentre. Mais j’ai honte. Honte de lui avoir fait peur. Honte de ne pas être à la hauteur. Honte d’avoir la tête qui tourne en raison de la morphine. Je finis par articuler un : « d’accord… » qui en lui-même ne justifie aucune réponse. L’infirmière me demande d’expliquer pourquoi. J’ai la gorge sèche et encore un goût amer dans la bouche. C’est beaucoup me demander que d’avoir l’air enthousiaste. L’air las plutôt, je murmure à peine un petit : « qu’elle rentre… ». L’infirmière ouvre la porte et sort complètement. Mon regard frôle le bracelet d’hôpital. Je voudrais l’enlever et partir. J’ai besoin de retourner à la maison. Mais la maison… la maison entre dans la pièce pour une fois. Ou ma fille est… c’est ou ma maison est. Elle est tout ce dont j’ai besoin. Faisant un effort monstre, la bouche pâteuse, redressé dans les draps, je murmure un petit : « Hey… ». Des larmes sont immobiles dans ma voix. La honte est visible dans mes épaules voutées et mon corps avachi. « Je ne voulais pas… te faire peur… », dis-je, incapable de soutenir son regard.

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CÔTÉ COEUR : puisque jamais personne n'est tombé amoureux d'elle, Lawry cherche à se convaincre qu'elle est mieux seule, à passer de lit en lit
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REPUTATION : arrivée il y à 4 ans paisible et bienheureuse, ne causant jamais de problème et s'occupant de son pauvre père. Tenby semble avoir eu une bien mauvaise influence sur cette pauvre enfant!



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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Dim 19 Oct 2014 - 17:07

William ∞ Lawrence
I'm not afraid to take a stand everybody come take my hand we'll walk this road together, through the storm whatever weather, cold or warm just let you know that, you're not alone holla if you feel that you've been down the same road [EMINEM]
Mes doigts sont enroulés autour du poignet gauche de mon père ou je cherche vainement à calculer son pouls. Les doigts de mon père sont enroulés autour de mon poignet droit qu'il enserre un peu trop fort à mon gout. Mais on ne bronche pas. Il me dira pas que ses arythmie rendent ses battement cardiaques trop irréguliers que pour être comptés. Je ne lui dirais pas qu'il me fait mal. Vu la situation on préfère se taire et se focaliser sur des choses un rien plus vital. Faire comprendre à la dame au bout du fil ou nous nous trouvons par exemple. Essayer d'appliquer ses conseils aussi et puis décrire un minimum les symptômes de mon père. Un minimum parce que j'ai l'impression que prononcer pâleur, douleur, arythmies ne fait qu'empirer la situation. C'est uniquement psychologique mais si je peux m'épargner une crise de nerfs j'aime autant. Ce sentiment de voir les choses s’aggraver quand on en parle me rappelle la collègue de mes parents dont je m'étais souvenue il y à quelques semaines de cela. Celle dont le fiancé était à l'article de la mort et qui tenait malgré tout à aller de l'avant. Et bien elle aussi avait expliqué à ma mère que son couple refusait catégoriquement les séances de discutions chez un psychologue qui faisait tout sauf les aider. Ils vivaient au jour le jour comme si aucun nuage ne troublait leur ciel et parler de la maladie ou de la mort ce n'était qu'une façon de polluer, de gaspiller une journée qu'ils pouvaient passer comme un couple sans ennui. Situation légèrement différente mais à laquelle je me réfère dans cette auto à voir mon père respirer difficilement et me broyer les articulations. Je préfère lui dire de tenir bon, lui sourire et soutenir son regard plutôt que d'énumérer ce qui ne va pas à une inconnue au bout du fil. Je prends cependant le temps de donner des informations primordiales à la femme au bout du fil. Adresse, problème globale. Elle fait un job atroce tout de même! Elle entends la douleur de blessés, la panique de leurs proches et elle est impuissante. Enfin, à la fois impuissante et indispensable. Je suis finalement peut-être encore moins utile qu'elle. Si, physiquement, elle ne peut rien faire, c'est tout de même grâce à elle que les secours arrivent. Personnellement à part offrir une compagnie surement superflue à Will, je ne suis pas capable de grand chose. Je le regrette. Et si je prenais des cours de premiers soins? Aurais-je la capacité d'agir dans ce genre de situation? Serais-je un peu moins envahie par la panique? Je ne m'en sors cependant pas trop mal puisqu'au moins j'ai composé le bon numéro et fourni les données essentielles en moins de deux minutes. C'est bien pas vrai? Oui je me rassure. Je me sens tellement bête à attendre l'ambulance les bras ballants. J'ai horreur de me sentir fragile et inutile alors je tente de me rassurer comme je peux. Pitoyable. Mal… J’ai… mal… Quelques mots chuchotés d'un ton grinçant me sortent de mes pensées. Parler le fait souffrir. Mon cœur se sert, une boule se forme dans ma gorge. J'ai horreur de le voir dans pareil état. Je m'apprête à le rassurer de façon un peu bête et naïve faute de mieux lorsqu'il cherche à me faire passer un message en langue des signes. Ils bougent les mains, les doigts et moi je ne fais que me sentir un peu plus ridicule dans cette situation. Je ne comprends pas...Je ne comprends pas je suis désolée...expliquais-je tout en fondant en larmes. Je veux être présente, forte, à l'écoute, utile, active, réactive, courageuse, énergique, encourageante, positive et tout le tralala mais je suis surtout une présence vaine. Ou plus un poids qu'une aide plutôt. En effet je vois bien dans le regard de mon père qu'il se préoccupe pour moi, il me demande de ne pas m'inquiéter, cherche à calmer sa respiration. Il refuse de s’abandonner à la souffrance pour moi. Je ne sais pas si c'est bien ou mal mais c'est au moins une preuve du manque de logique de cette situation. Je suis là pour le soutenir et c'est lui qui se veut rassurant envers moi. D'un autre coté je suis tellement ébranlable qu'il a bien conscience que je me briserais s'il se montrait tel que la douleur voudrait qu'il soit. La preuve j'ai succombé aux sanglots que je m’efforçais de retenir. Fragile.

J'appuie le front contre l'appui tête de cuir du siège passager et sers les mains de Will dans les miennes. J'ai essuyé mes larmes et retrouvés suffisamment de dignité et de contenance que pour soutenir son regard. Etre soutien si aucune autre fonction ne veut me correspondre. Je chuchote parfois des tiens bon, ils vont arriver qui lui sont autant utiles qu'à moi. Les nombres se transforment sur le cadran derrière le volant de la voiture. 14h35. Un gémissement. 14h36. Un toussotement. 14h37. Je m'en veux de ne pas savoir conduire, on serait déjà à l’hôpital. 14h38. Serais-ce une sirène que j'entends au loin? 14h39. Fausse alerte je pense. Malheureusement. 14h40. Papa tremble de plus belle. 14h41. Ça c'est une sirène! 14h42. Lumières bleues au bout de la rue, je sors de la voiture et sautille sur le trottoir. Demeurée. Paniquée. 14h43. Les infirmiers s'activent autour de William et je reste en retrait pour ne pas les gêner. Etat critique. C'est tout ce que je retiens de l'échange verbal entre les deux urgentistes. Je serais passée du préoccupant de Savannah Cartwright au tolérable de mon père pour entendre un critique maintenant que la situation est excessive. N'y aurait-il pas eu moyen d'agir avant d'en arriver à pareilles extrémités? Si je ne peux pas parler avec Will de traitement je le ferais avec un médecin. Si j'y pense du moins car pour le moment un milliard de choses se bousculent dans mon crâne, les images se confrontent et s'enflamment. Mes yeux sont secs maintenant, peut-être trop même car je ne bats plus guère des paupières. J'observe mon père qu'on transporte sur une civière, le masque qu'on lui met sur le visage et les transfusions qu'on hésite à lui faire. Ce sont des paroles qui, une fois de plus, me sortent de mes réflexions. Vous voulez entrer à l’arrière, mademoiselle ? Je reste immobile sur le trottoir un instant. Le regard bleu de l'infirmier me ramène sur Terre. Le suivre ou pas? Pourquoi je doute, évidemment que je monte! Je m'empresse de les rejoindre et remercie d'un regard le jeune homme qui m'aide à grimper à l'intérieur. Un sourire serait trop me demander à l'instant. L'intérieur de cet cabine c'est l'enfer. Je l'envisage ainsi pour le moment en tous cas même s'il est vrai que c'est plutôt le purgatoire. Sombrera, sombrera pas? C'est un peu ici que tout se joue. Je suis oppressée par l'étroitesse de l'ambulance et les instruments suspendus aux murs. Cependant je préfère focaliser mon attention sur ces dits objets plutôt que sur Will et l’urgentiste penché sur lui cherchant à l'aider. Mon regard fini par glisser sur la scène et je m'étonne de voir mon père se débattre. Il tenait difficilement éveillé lorsque nous étions dans la voiture et le voilà qui cherche à retirer son masque. liste… mé…doc… poche… L'infirmier ne prête pas attention à ce qu'il dit et replace son masque. Je prends l’initiative de me lever bien qu'il m'ai conseillé de rester assisse et saisit la veste de  mon père abandonnée au pied de la civière. J'en sors une liste y jette un coup d'oeil avant de la tendre à l'infirmier.Il la glisse dans sa poche tout en prévenant le chauffeur: Okay… on l’amène à Swansea… Swansea? C'est quoi ça? Je voudrais poser la question mais la tension et palpable dans la cabine et j'ai peur de me faire rembarrer. Peur de le déconcentrer sur tout alors je me rassieds et j'attends silencieusement. Crevant de peur. Papa chuchote quelques mots que je ne comprends pas. Je veux saisir mon téléphone pour regarder l'heure mais un mouvement de l’ambulancier me pousse à garder mon attention focalisée sur lui et Will. Il gifle papa puis lui demande de rester avec nous. Rester avec nous? Ça veut dire quoi ça? Une fois de plus je voudrais poser des questions mais je m'abstiens. Je prends cependant l'initiative de m'approcher de Will pour serrer une de ses mains dans les miennes. Je le fais et, en même temps, il clôt les paupières et sombre.  Hardy… reste conscient… Har… Merde… L'injure confirme ce que je pensais. Il a perdu connaissance. Je vois ma main qui tremble mais je persiste à rester près de lui malgré tout. Faisant attention à ma respiration je tente de la calmer. Papa est inconscient et moi je reviens lentement à moi.

Ne restez pas là mademoiselle, allez à la cafétéria c'est au premier étage. On vous appellera s'il y a du neuf. Il me fait rire ce gars. Je hausse un sourcil tandis qu'il tourne les talons et s'éloigne. Il est con. Je reste là qu'est-ce qu'il croit? Il n'y a pas de bancs dans ce couloir preuve qu'en effet on est pas censé stagner sur place. M'en fout. Je m'assieds par terre genoux contre la poitrine, tête contre le mur. Quand l'ambulance est enfin arrivée à Swansea j'ai  poursuivi la civière jusqu'à ce que des médecins prennent le relais des urgentistes et qu'ils m'empêchent de les suivre. Et maintenant j'attends. Ça ira, ayez confiance. L'urgentiste aux yeux bleus s'assied à coté de moi. Je le fixe étonnée un instant.J'ai entendu ça trop souvent. Je le croirais quand je l'aurais vu de mes propres yeux. Mon ton est un peu froid alors que ses motivations me semblent...Quelles sont ses motivations en fait? Il a été envoyé pour tenir compagnie à la pauvre enfant dévastée? Allez à la cafétéria, vous ne pouvez pas savoir combien de temps les soins vont durer... Un rire sardonique franchit mes lèvres. La voilà sa motivation, me faire évacuer les lieux. Je sors mon téléphone de ma poche et, ne portant plus la moindre attention à l'ambulancier, je commence à rédiger un message. Lorsqu'il est parti je supprime ce que j'ai écris. Je n'ai personne à prévenir, ce n'était qu'un prétexte pour me désintéresser de lui. J'attends moins d'une heure avant de voir enfin du mouvement. Les portes s'ouvrent et William allongé sur un lit toujours inconscient est amené jusqu'à une chambre. Je le suis mais on m'empêche une fois de plus d'entrer dans la même pièce que lui. Je suis désolée, c'est la procédure vous devez attendre à la cafétéria je fais la grimace ou sur la chaise devant la chambre à la rigueur. M'explique une infirmière. Regard brillant de passion et fendu de compassion. Je lui souris. Elle je l'aime bien. Sans broncher je m'installe sur une chaise de métal peu confortable. Les minutes semblent des heures. Le temps ne veut pas passer et moi je m'ennuie. Je refuse pourtant d'aller dans la fameuse cafétéria dont tout le monde me parle. Hors de question, point à la ligne. Quand il se réveillera je serais présente c'est aussi simple que ça. Les magazines sur la table dans la salle d'attente n'ont pas le moindre d'intérêt et mon téléphone me perturbe. J'ai envie de contacter Clément pour lui expliquer la situation mais je sais pertinemment que c'est une mauvaise idée. Alors je m'ennui et ne fais rien pour améliorer ma situation. J'attends c'est tout.

18h56. Un cri. Morphine? C'est bien ça que William vient de crier? Je me lève tandis qu'une infirmière accourt. Je veux la suivre dans la chambre mais elle me retient à l'extérieur. Sur la pointe des pieds j'observe ce qui se joue à l'intérieur, par dessus le plastique floutant collé sur une demi vitre. Je vois mon père qui s’agite et s'époumone. L'infirmière semble plus ou moins blasée par la situation. Des patients qui crient et vous insultent semble être son lot quotidien. Triste vie sans reconnaissance. Job frustrant mais vital. Je remercierais cette infirmière. Celle de tout à l'heure aussi. J'irais m'excuser pour mon père qui est bougon parfois. Il semble s'être calmé maintenant mais si c'est positif pour son aide-soignante, ça l'est moins pour moi qui ne perçois plus la conversation maintenant qu'ils parlent calmement. Je me détache de la fenêtre et commence à faire les cents pas dans le couloir. De quoi parlent-ils? De ce qui s'est passé? De son traitement? De moi? A-t-elle pensé à lui demander si je pouvais rentrer? Et s'il disait non? Et s'il disait oui surtout? Je l'ai giflé, engueulé, il m'a menti, s'est excusé. J'ai pensé l'abandonner et il a voulu me protéger. Et s'il disait oui, et si je rentrais comment réagirions-nous? Je recommence à paniquer. Mon téléphone vibre et me sort de mes doutes. Un message d'Annie. Annie? La même qui m'a contactée il y a une semaine et à qui je n'ai pas su parler. Mon amie que j'ai abandonnée en choisissant de rejoindre William et que je pensais à jamais perdue. Seulement elle a fait l'effort de me rappeler il y a quelque jours et moi je suis restée bêtement silencieuse d'un coté du fil tandis qu'elle faisait de même à l'autre bout. Et maintenant elle fait un pas de plus vers moi. Je veux ouvrir le message lorsque l'infirmière quitte la chambre et m'invite à y entrer. Je fixe paniquée l'intérieur de la pièce et tourne les talons. Je compose le numéro de mon amie et m'enfonce dans le dédale de couloirs. J'ai patienté deux heures devant cette porte et maintenant qu'on l'ouvre je fuis. Les mains tremblante je colle le combiné à mon oreille. Une tonalité. Annie susurre un timide Allo. Annie je suis désolée. Jamais j'aurais du partir comme ça. Mais j'avais besoin de le retrouver. Tu sais avec Elizabeth ça n'a jamais été et si toit tu t'entendais plus avec elle qu'avec mon père moi c'était l'inverse. Je voulais rejoindre mon père et maintenant que c'est fait la situation est infernale. Je...Je fonds en larmes. Une fois de plus. Je me déçois. Une fois de plus. Je suis morte de peur il est malade et si je le perds je n'aurais plus rien. Si je le perds je n'ai pas la moindre idée de ce que je ferrais parce que quoi qu'il arrive je reviendrais pas à Bath. Je m’effondre contre un mur. Je sais pas pourquoi je te dis tout ça. En fait je suis terrifiée à l'idée de le perdre mais je sais que si je n'agis pas ça pourrait arriver. Et si j'agis il pourrait me détester à l'usure et je le supporterais pas non plus. Et je ne sais pas quoi lui dire. Je croise son regard et je n'ai plus aucune certitude. Il est trop important...Beaucoup trop. Je...Je te rappelle. Elle pose des questions mais j'ai raccroché avant qu'elle ne les termine. Je perds les pédales. J'avais juste besoin de mettre la situation au clair avec quelqu'un et si elle ne comprend rien ce n'est pas grave. J'avais besoin de parler, d'extérioriser. De crier un bon coup avant d'affronter papa.

Je reviens sur mes pas en vitesse. L'infirmière est partie mais la porte est toujorus ouverte. J'entre le pas assuré, cette conversation m'a redonné confiance. Un regard de mon père me stop net et me rend fébrile à nouveau. Il est branché de partout, fragile et faible. Pâle et les yeux fatigués, cernés. Je me mordille la lèvre inférieur. Elle saigne. Je me détache de cette habitude et me secoue pour reprendre un peu contenance. Je m'approche et m'assieds au pied du lit. Hey…Je ne voulais pas… te faire peur… Il ne soutient pas mon regard et sa voix est cassée, au bord des larmes. Je me sens vulnérable mais un peu plus forte que lui pour le coup. Je pose une main sur la sienne et souris vaguement. Bah c'est raté... dis-je finalement en riant un peu. J'ai rarement eu aussi peur que durant ces dernières heures mais ce n'est pas comme si j'avais le droit de lui en vouloir. Comment tu te sens? demandais-je sur le ton de la conversation. Question banale et qui ne peut souhaiter une réponse sincère. Je l'imagine mal me répondre très mal alors que c'est sans doute la réalité. Simplement il y a un sujet que je veux aborder, qu'on doit aborder mais que je n'ose pas mettre de suite sur le tapis. Oh et puis si je ne le fais pas maintenant que mes résolutions sont fraîches je ne le ferrais jamais! Je toussote, joue nerveusement avec le bas de mon t-shirt et perds mon regard dans le paysage par la fenêtre. Je m'excuse pour tout à l'heure. Je n'avais pas le droit de te traiter comme ça. Tu es mon père, je suis ta fille et j'ai réagis à outrance. J'avais pris la décision de ne pas m'excuser mais durant mes deux heures de réflexions j'ai compris que mon acte avait été puéril et que si je devais le perdre je ne voulais pas que ce soit en l'ayant giflé et disputé. Je suis morte de peur à l'idée de te perdre et je suis donc prête à tout pour que tu t'en sorte mais je n'ai pas le droit de te forcer si tu n'en as pas envie. Je t'ai dit que je partirais si tu ne faisais pas des efforts, que je m'occuperais de toi que tu le veuille ou non mais finalement ce n'était peut-être pas la meilleure des solutions. Etre forte, froide, détachée. Je voulais incarner la fille soutien, la fille roc qui ne flanche pas mais c'est un rôle que je ne parviens pas à incarner il est grand temps que je me rende à l'évidence. J'ai ma fragilité et mes doutes. Mon besoin de mon père à toute épreuve et c'est avec cette personnalité que je me dois d'être présente pour mon père. Vouloir incarner celle que je ne suis pas est un effort vain j'en ai eu la preuve au cœur de l'action lorsque j'ai vu flancher William j'ai été incapable de conserver mes airs durs et matures.Alors pardonne-moi... conclus-je un fin sourire triste aux lèvres. Voilà qui est dit, plus question de revenir en arrière. Plus question de jeu.
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DON'T LET ME DROWN  
What doesn't kill you makes you wish you were dead got a hole in my soul growing deeper and deeper the loneliness is haunting me and the weight of the worlds getting harder to hold up © BMTH & okinnel.
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Et si on se battait pour le bonheur?
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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Ven 31 Oct 2014 - 4:25

Le fait d’être seul dans ma chambre d’hôpital n’avait pas le même sens que d’habitude. C’était pénible seulement d’admettre que ça devenait une habitude d’être hospitalisé entre les quatre murs blancs d’une chambre d’hôpital. C’était triste. C’était difficile. Chaque crise était de plus en plus violente. La première fois, c’était à peine un chatouillis. Mais maintenant, j’étais rendu trop loin pour que le mensonge ne soit pas difficile à porter. Normalement, quand l’infirmière excédée par mon comportement odieux finissait par quitter ma pénible compagnie, je savais qu’il me faudrait attendre des heures pour voir un docteur ou une autre personne qui vouait sa vie à s’assurer que je sois mieux. Et en quelque sens, c’était moins stressant que ce qui m’attendait. Je n’avais pas été gentil avec l’infirmière à l’instar de toutes les autres fois où j’avais été dans la même situation. Tant pis, si je la faisais chier…

Mais pour la première fois, l’arrière-goût des paroles prononcées était amer. Je savais que c’était mal d’agir comme le dernier des trous de cul que cette terre avait porté. Et je craignais que ma fille ait entendue l’étendue de mon égoïsme d’adulte. Parce qu’elle était la variable qui rendait plus pénible. C’était difficile d’être enfermé entre les quatre murs de cette chambre en sachant très bien que je n’étais pas pour l’instant en état de négocier avec ceux qui se chargeaient de mon cas. À voir la gifle et le laïus de tantôt, je savais maintenant que j’avais raison. J’étais en train de décevoir la seule personne qui s’attendait de ma part à quelque chose de bien de ma part. Pour elle, j’étais papa. Je n’étais pas le policier bête qui ne souriait jamais. J’étais plus que ça. J’étais quelqu’un qui méritait une certaine forme de respect, aussi minime soit-elle.

Comme un connard, j’hésitais à la faire rentrer malgré le fait qu’elle répétait qu’elle avait besoin de moi. Un truc de viscéral. Un truc d’essentiel. Je comprenais les mots qu’elle disait. Mais j’étais incapable de faire mon bout de chemin. En la voyant rentrée dans la chambre, je ressentis un petit pincement au cœur. Elle et sa jolie chevelure rousse. Elle avec son héritage écossais marqué partout sur ses traits. Mi-chemin entre sa mère et moi. Entre MacMillan et Hardy. Elle était belle. Elle était grande. Et dans ses yeux, je voyais qu’elle avait eu peur. Peur parce qu’elle avait compris ce que mon était impliquait au-dessus des cachets que je m’acharnais à prendre dans l’espoir que ça fasse vraiment quelque chose.

Le silence de la chambre était bruyant. Je regrettais ce silence qui ne me semblait pas aussi bruyant quand j’étais seul avec ma peur. Ma respiration à moi me semblait encore anormalement bruyante – en raison de l’oxygène sous laquelle j’étais encore. Un bip régulier – en raison des capteurs de fréquence cardiaque installé sur ma poitrines – huit électrodes. Même le bruit du soluté me pesait si bien que je présentais des excuses. Je n’avais vraiment pas voulu lui faire peur.

« Bah c'est raté... »

J’aurais aimé être à la hauteur de la fantaisie que je représentais dans sa tête. C’était pour cette raison. Que je n’osais pas lui parler des mauvais jours. Qu’avais-je à dire de toute façon ? C’était trop difficile pour moi de placer des mots face à mon état. Il n’y avait qu’à ce moment, juste avant de basculer, avant de perdre le contrôle, que je voyais la pertinence de parler pour tenter de justifier comment je me sentais. J’avais une impression d’échec qui m’envahissait en lui ayant fait peur. C’était dans ses moments que j’aurais voulu être encore avec sa mère… et que sa mère soit moins… ait moins de difficulté avec ce genre de discussions. Une conjointe aurait pu porter le fardeau que je représentais en m’effondrant. Mais une partie de moi était incapable d’admettre que ma fille, ma petite princesse, mon petit trésor pouvait porter une partie du fardeau que je représentais.

Pourtant, calé dans les oreillers, je la regardais. Elle avait vieilli. Elle avait grandi. À l’instar de sa mère, elle deviendrait une belle femme qui elle aussi briserait des cœurs – parce qu’elle était marqué par ses deux parents, par ce petit trait de caractère définitivement Hardy qui amenait une certaine méfiance envers autrui. Un trait de caractère qui s’était solidifié depuis que, sa mère et moi, nous nous étions séparés. Elle l’était plus qu’à mon souvenir. Assise aux pieds du lit, ma fille était devenue une jeune femme sans que je ne voie le temps passé. Normalement, j’aurais dû être capable de lui dire – comme ma mère qui les rares fois où je l’appelais se trouvait à être en train de me donner toutes les nouvelles de ce qui se passait à Hopeman depuis le long temps où j’avais appelé. Mais je ressemblais à mon père. Beaucoup trop. Je préférais rester seul. Je préférais avoir l’air fort face à ma fille. Pourtant… présentement, je ne devais pas l’avoir l’air. Avec son regard surprotecteur, ma fille me fixait.

La discussion s’amorçait péniblement. J’avais la tête dans des nuages. La gorge sèche. Un arrière-gout de vomi dans la bouche. Elle fut la première à avoir l’audace nécessaire pour briser le silence épais et dense qui pesait dans la petite chambre. « Comment tu te sens? » J’ai fermé les yeux. C’était le genre de question que je ne voulais pas présentement. Je n’avais même pas la force de mentir. Et ça m’exaspérait au plus haut point. J’aurais aimé être capable de la regarder dans les yeux en lui affirmant que j’allais fantastiquement bien. Mais je savais très bien que si j’allais vraiment bien, je n’aurais jamais été dans la présente situation. Cloué à un lit d’hôpital avec l’impression que mon corps entier était une loque. Nerveusement, je me suis mordu la lèvre inférieur L’orgueil allait me tuer. C’était ce pêcher qui faisait en sorte que de dire la vérité sur la peur que je ressentais, sur ma fragilité, sur ma condition me semblait être une mission impossible pour moi. Être honnête. Je voulais que ma fille me voie comme un homme. Pas comme… comme ce que je me sentais présentement. Un vieillard à l’échine vouté par le dos des années. Un vieux château inhabité hanté par la présence des trop nombreux fantômes de sa vie. Un fantôme auquel il manquait un but pour qu’il puisse rejoindre le monde. Le vieux phare depuis longtemps déserté d’Hopeman qu’un ancêtre à moi avait quitté. J’ai eu un minuscule éclat de rire faible. Un petit sourire sarcastique. Un marqueur d’une ironie profonde que personne ne voyait. Je ressemblais mentalement à ce que les paysages de mon enfance m’éveillaient comme souvenir. Une odeur de froideur et d’absence.

Ton placide. Bras croisés. Position de défense. J’hésitais pendant un petit instant. Je la détaillais. Les détails sur elle. Sur son état présentement. Sauf qu’une partie de moi échouait lamentablement à me retirer l’image de ses mains qui tremblaient comme des feuilles pendant qu’elle tentait de m’aider au mieux de ses connaissances. Elle voulait être là… mais je mets une grande pression sur ses épaules. « Tu veux la vérité… », murmurais-je d’avantage pour moi que pour elle. Ce que j’ai compris de l’engueulade de ce midi-là, c’était qu’elle en avait marre de mon orgueil mal placé. Sauf que j’avais quand même ressenti un petit pincement au cœur. C’était une constatation pour moi. Elle désirait avoir la réalité qu’elle voulait. J’ai lentement levé les yeux vers le plafond blanc que j’ai fixé avec attention. Je cherchais les bons mots à mettre sur comment j’allais. Est-ce qu’elle parlait de physiquement ou de mentalement ? Physiquement fort probablement parce que je venais de faire un malaise. Et je n’avais pas envie de pleurer devant elle. J’ai lentement passé ma langue sur ma lèvre inférieure. Commençons par le début : « Je me sens nauséeux… » parce que je tiens la morphine comme une véritable mauviette. Mais mon orgueil m’empêchait de rajouter cette information essentielle. Nauséeux… mais j’avais déjà vomi. C’était déjà au moins ça de fait dans mon état pathétique. J’ai lentement dégluti et j’ai fixé le plafond.

Péniblement, j’ai tenté de me redresser un peu dans le lit pour aller attraper le verre d’eau posé sur la petite table sur roulettes. Mon rythme cardiaque augmenta sous cet effort. Je lançais un regard glacial au moniteur en me laissant retomber contre les oreillers. J’ai une moue frustrée qui prend place sur mon regard. Avec un ton d’enfant de trois ans frustré, je murmure un petit : « Peux-tu me donner le verre d’eau ? ». Ce n’était pourtant pas difficile. Mais les limitations que mon cœur m’imposait à ce moment me font l’effet d’une gifle sur mon visage. Je n’avais que trente-neuf ans. C’était bien trop jeune pour ressentir des malaises pour des conneries aussi stupides que me redresser. Vulnérable, je l’étais. Et l’admettre, c’était difficile. C’était tout un cheminement que je devais faire dans ma tête. Dans la petite jaquette d’hôpital bleue et blanche, je me sentais vulnérable. Dans les draps horribles qui grattaient. Je préférais mes éternelles chemises et mes chandails amples. Je préférais me sentir comme celui que je n’étais plus.

Allongé dans les draps ici, je ne me sentais pas adulte. Je me sentais vieillard. Toujours avec cette position fermée, je fixais ma fille avec une attention. Physiquement, nauséeux semblait me convenir. Mais elle voulait sans doute aussi entendre parler de psychologiquement. J’ai hésité encore avant de soupirer et de rajouter un petit : « Je me sens vieux et pathétique… ». Pathétique, là où j’aurais dû voir le courage d’affronter cet état. Pathétique de me sentir aussi misérable aujourd’hui. Pathétique de lui avoir fait peur. Pathétique de ne pas pouvoir me relever sur mes jambes et continuer comme si de rien n’était. Elle a été éprouvée. Assez pour remplir une vie entière. Assez pour tout. J’avais honte et je savais que mes yeux étaient plein d’eau présentement. Non. Je n’allais pas pleurer devant elle. Pas cette fois-ci. Il fallait que je fasse mon rôle de père. Il le fallait. C’était nécessaire et obligatoire. Même si je me sentais d’humeur à me rouler en boule et à me jeter à la poubelle, je ne pouvais pas le montrer à ma fille. C’était mal de le faire. Tellement mal. J’ai donc eu un autre soupire et j’ai fermé les yeux en cherchant quelque chose que je pourrais dire pour la rassurer. Pour être à la hauteur. Pour être aussi bon que ce que j’étais sensé être capable de supporter auprès d’elle. J’ai fini par rouvrir les yeux en disant : « Mais je vais mieux que tantôt… » ce qui était sincèrement loin d’être un mensonge. Mais ce n’était pas nécessairement mieux. Mieux que tantôt avant de perdre connaissance quand l’air me semblait difficile à trouver.

J’ai hésité un instant à laisser le silence s’installer de nouveau dans la pièce. Mais il m’opprimait le silence. Ma fille n’était pas faite de silence. Même si on ne parlait plus autant qu’avant. Il y avait toujours du son autour de nous. Sa musique. Son rire. Le son d’un journal que l’on pliait. Le grattement d’un crayon sur une feuille de papier. Mais le silence de l’hôpital était différent et vachement plus effrayant pour moi. Je finis par murmurer un petit : « toi… comment tu vas ? » parce que j’avais beau être grossièrement impoli avec les infirmières… avec ma fille c’était différent. Ce jour-là marquait en un certain sens une nouvelle page dans notre histoire à nous. Elle savait maintenant ce à quoi j’avais l’air lorsque je n’allais pas bien. Elle savait ce qui pouvait arriver. Elle l’avait vu.

À nouveau, je détournais le regard pour m’éloigner le plus possible de cette situation. C’était pénible. C’était difficile pour moi. Il faudrait que l’on parle elle et moi. De la gifle qu’il y avait eu. Des mots acérés qu’elle avait prononcés. Mais je n’étais pas certain que j’étais bien placé pour parler le premier. De toute façon, je sais que j’ai bien mérité ce qui m’est arrivé. Sa colère ne m’avait même pas surprise après coup. Mais je savais que le fait d’avoir failli me perdre après avait probablement fait diminuer sa colère. C’était peut-être un peu mieux parce que je n’étais pas certain que c’était une bonne chose d’affronter ma fille enragée contre mon comportement d’immature et d’irresponsable. Je retiendrais sans doute la leçon… pendant un temps avant que j’en veuille à mon corps de me trahir et de me réduire à ce vieillard grincheux qui manquait de tout… mais surtout de temps. Désespérément de temps. « Je m'excuse pour tout à l'heure. Je n'avais pas le droit de te traiter comme ça. Tu es mon père, je suis ta fille et j'ai réagis à outrance. », affirma-t-elle pour commencer.

La laisser parler. C’était essentiel. Elle devait dire ce qu’elle avait à dire. Mais je n’avais pas nécessairement à approuver ce qu’elle disait. Je savais que la réaction à outrance, c’était le fait de m’avoir giflé. Mais je n’étais pas capable de lui dire que c’était probablement la meilleure chose qu’elle avait fait depuis un bon moment. Elle poursuivit avec une petite voix : « Je suis morte de peur à l'idée de te perdre et je suis donc prête à tout pour que tu t'en sortes mais je n'ai pas le droit de te forcer si tu n'en as pas envie. »

J’abandonnais de supporter son regard. Je l’avais fait pendant qu’elle tentait ici de parler avec moi. Elle faisait des efforts. Mais elle avait raison. Je ne faisais aucun effort pour arrêter. Cette dernière cigarette que j’avais prise hier soir pendant que ma fille ne le voyait pas. Ces trois cafés que j’avais pris ce matin. Ce sport que je ne faisais pas assez. Les légumes que je ne mange pas. Les plats déjà tout fait que je prends pour diner et qui contiennent trop de sel et de gras pour quelqu’un qui est dans mon état. J’ai fermé les yeux pendant quelques petites secondes encore une fois. Elle voulait que je m’en sorte… mais j’étais loin d’être capable de mettre les bons gestes en place pour renverser la vapeur. « Je t'ai dit que je partirais si tu ne faisais pas des efforts, que je m'occuperais de toi que tu le veuille ou non mais finalement ce n'était peut-être pas la meilleure des solutions. » poursuivit-elle. Mon cœur se broya sur le coup. Elle ne voulait pas partir hein ? Je ne voulais pas qu’elle parte. J’avais beau promettre que je changerais, j’avais conscience que mes promesses ressemblaient d’avantage à des promesses d’ivrogne. Je savais que sa peur était fondée. Elle savait que si elle me laissait, j’achèverais de me laisser mourir en ne faisant pas attention à moi. La preuve, c’était qu’aujourd’hui… sans elle… j’y serais passé. Je sentis une larme chaude coulée le long de ma joue lorsqu’elle rajouta un petit : « Alors pardonne-moi... ».

Première étape : faire de l’ordre dans mes pensées. Il devait y avoir au moins un millions de chose que je voulais lui dire. Un millions de choses que je devais dire pour me faire pardonner de ma bêtise chronique. Mais je ne savais pas par ou je devais commencer. J’ai remonté mes bras comme pour me protéger. J’aurais voulu avoir la force d’aller chercher sa main. Qu’un geste seul puisse effacés les mots qu’elle venait de dire : « Je suis un père excécrable… » commençais-je. Ma voix était blanche comme de la neige. C’était une constatation… comme si j’avais constaté qu’il pleuvait à torrent ou que c’était nuageux. Je l’avais fait d’un ton détaché. Mais les mots me firent mal. Je n’étais pas à la hauteur. J’avais de la chance. Elle était là. Après des mois à avoir simplement souhaité sa présence autour de moi, elle l’était… et elle voulait m’aider. Ça se voyait dans l’horrible pain brun qu’elle me faisait acheter. Dans les habitudes santé qu’elle voulait me donner. Et je ne faisais pas plus d’effort que ce que je faisais avant qu’elle ne revienne dans ma vie.

Deuxième étape : compenser les erreurs dans le raisonnement de ma princesse, devenue grande. « Je crois que tu fais une erreur dans qui doit des excuses à qui… ». Mes mains tremblaient à cause du stress et je peine à la regarder dans les yeux. Lui parler m’était pénible. Je n’étais pas en mesure de l’aider depuis plusieurs semaines. C’était horrible comme impression. Les yeux à demi fermés, j’ai respiré lentement en murmurant : « Je t’en dois davantage que tu m’en dois ma grande… je ne peux pas te demander de rester en toute connaissance de cause et te mentir impunément… C’est mal que je te demande de m’aider et que je refuse quinze secondes plus tard de te dire ce qui ne va pas. »

Troisième étape : tourner la situation au ridicule pour ne pas en pleurer. Parce que je sentais très bien les larmes qui brulaient le coin de mes yeux. J’étais pour fondre en larme si je ne parlais pas. J’ai eu un semblant de sourire et j’ai murmuré : « Tu aurais… probablement dû me gifler plutôt… ». J’ai beau voir ses yeux baignés de larmes, je me dis que je dois être plus fort qu’elle… parce que je suis simplement l’adulte. C’est ma responsabilité. Ce n’est pas la sienne. D’être fort. J’ai un petit rire qui ne me semble pas convainquant. « J’aurais giflé ton grand-père bien plutôt que ça pour m’avoir fait subir que la moitié de ce que je te fais subir. ». Sauf que je ne pouvais pas vraiment savoir… ma relation avec mon père avait été bonne jusqu’à ce qu’il meure en service. J’ai eu un petit sourire et murmuré un petit : « C’est Hardy comme comportement. ».

J’ai lentement détourné les yeux de ma fille pour les fixer vers l’unique fenêtre. Je devais des excuses moi aussi. Mais elles étaient pénibles à formuler ces excuses. Terriblement et horriblement pénibles à dire et à présenter. Je faisais un effort surhumain présentement. Je me suis redressé lentement dans les draps et j’ai doucement passé une mèche de cheveux derrière son oreille. Un geste délicat. Mon sourire fondit quelque peu. « L’orgueil… c’est mon plus gros défaut. ». J’ai hésité pendant un petit moment. Mettre les bons mots et pas trop de mélodrame dans cette situation triste à pleurer. Juste ce redressement m’est pénible. « Je déteste que l’on me voit comme ça… », dis-je. Mais à peine quelque secondes plus tard je me corrige : « Surtout ceux que j’aime et qui comptent sur moi… toi en particulier. ». Je retombais doucement contre l’oreiller et je la regardais doucement.

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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Dim 16 Nov 2014 - 22:25

William ∞ Lawrence
I'm not afraid to take a stand everybody come take my hand we'll walk this road together, through the storm whatever weather, cold or warm just let you know that, you're not alone holla if you feel that you've been down the same road [EMINEM]
Une enfance rose bonbon a fait de moi une enfant trop gâtée. Jamais je ne m'en était rendue compte mais je suis confrontée à la réalité. Assisse sur le lit d’hôpital de mon père je crois mon monde effondré et notre destin tragique. C'est ainsi depuis le départ de Will. J'ai l'impression de vivre un cauchemar et je me plains de mon sort uniquement parce que je n'ai pas été habituée aux épreuves. J'avais une vie de rêve et un entourage d'anges alors dès lors qu'une faille est apparue dans ma vie, j'ai réagit de façon radicale. Dès que mon père s'est avéré être moins parfait que ce que je pensais, j'ai voulu le chasser de ma vie. Pourrie gâtée. Le monde n'est pas douceur et paix et il serait grand temps que je l'admette. On a tous de bons et de moins bons cotés et il faut s'y faire. De plus les épreuves sont partout présentes. J'ai eu une chance inouïe de ne pas véritablement en subir étant gamine (après tout, certains grandissent sans parents ou dans un environnement horrible) et que ma mère prenne un amant et que mon père soit malade sont des passages tristes de mon existences, certes, mais ce n’est pas la fin du monde pour autant. Juste une étape à passer, une page à tourner en s'efforçant d'en ressortir le moins amoché possible. Le plus grandi possible.

J'ai la bouche sèche. Le stress, la discussion animée et la chaleur étouffante des lieux sont en cause. J'ai cru voir une machine à sodas au bout du couloir mais je trouverais cruel d'ingurgiter autant de caféine que bon me semble devant mon père à qui je conseille vivement de ne plus en consommer. Je vais m'efforcer de suivre de mon mieux les conseils que je lui donne. Pas pour ma santé, je ne sais même pas si les arythmies peuvent être génétiques, mais par solidarité. Quand j’étais petite et que je devais être à jeun avant une prise de sang ou une opération, William me soutenait toujours en se refusant aussi à manger. Je lui rendrais la pareille. Je pense aller chercher une bouteille d'eau au distributeur mais avant cela je tiens à parler avec mon père. Cela parait fou mais lorsqu'il y a un froid entre nous j'ai chaque fois peur que quelque chose se casse définitivement entre nous et échanger quelques paroles, même banales, suffit à me rassurer en me prouvant que nous sommes toujours connectés. Cela peut sembler fou qu'un silence un peu tendu m'inquiète plus que les longs mois sans discutions que nous avons subi auparavant. Seulement avant je pensais ne plus me préoccuper de William. Il me manquait mais je voulais le détester et le rayer de ma vie, dès lors ne plus lui parler était un bon moyen de l’effacer de mes souvenirs. Mais aujourd'hui que j'ai admit qu'il est plus important que tout, je ne veux plus risquer de le perdre. Bref, je veux donc parler un peu avant de quitter la chambre, ne serais-ce que cinq minutes, le temps d'acheter de quoi me rafraichir. Rien de bien intelligent ne me traverse l'esprit alors je pose la question la plus banale du monde. La question la moins recommandée dans ce genre de situation, à savoir s'il va bien. C'est une bêtise que je voudrais vite oublier et pourtant elle va porter ses fruits. En effet cette pauvre question me fait découvrir quelque chose d’exceptionnel. William a enfin décidé d'être sincère. Je sens qu'il hésite, ses mots sont fragiles et sa voix peu assurée mais il a ouvert les yeux sur l’importance d'une confiance sans failles entre lui et moi.

Et si je me trompais? C'est une idée qui me traverse soudain l'esprit. Et oui, qui sait? Je n'ai que ce mot à la bouche, confiance. On doit tout se dire, on ne peut pas avoir de secrets. Mensonges et faux semblants n'apportent rien de bon. Et je le scande à longueur de temps et je menace mon père. Mais je ne suis que sa fille et là, je me sens terriblement fragile. Une gamine qui a encore tant à apprendre. J'avais tant de certitudes mais à présent elles sont ébranlées. Je redeviens la fille de mon père. Je ne suis plus celle qui veille à tous prix sur lui. Infirmiers et médecins sont là pour s'en charger alors je redeviens tout naturellement celle que je me dois d'être...et je regrette amèrement d'avoir voulu jouer un autre rôle. Je prends conscience des nombreuses erreurs que j'ai fait en deux mois à peine de retrouvailles. Peut-être ont-elles été causées par de l’orgueil mais je crois surtout que c'est la peur qui m'a dicté mes pas. Mes faux pas. Craignant de perdre William je me suis réfugiée dans l'autorité et la froideur faisant mine d'être à peine touchée par ce qui lui arrivait, cherchant à le persuader, à me persuader, que ce qui lui arrivait n'était dû qu'à lui. Qu'il l'avait bien cherché et qu'il le méritait. Que s'il voulait s'en sortir il devait se battre. Mais en réalité, et j'ai parfois laissé tomber le masque, la panique me prenait à la gorge et la tristesse me suivait partout. Je voulais me détacher de William au cas ou il partirait. Je voulais m'épargner la souffrance que j'avais subis lorsqu'il était venu vivre à Tenby.

Je m'apprête donc à m'excuser pour mes deux mois d'erreurs à répétition -bien qu'il faille admettre que mon père aussi commis des fautes- lorsque William me détaille son état. Après m'avoir demandé si je voulais la vérité -je n'ai pas répondu bien entendu, il connaissait déjà la réponse- il m'explique être nauséeux -d'ailleurs je lui passe un verre d'eau et cela me ramène à ma propre soif-. La légèreté que m'a offert le fait qu'il accepte de dire la vérité retombe avec les mots qui suivent:"Je me sens vieux et pathétique…" J'ai envie de lui assurer qu'il n'a pas de raison de penser de la sorte. Je me retiens. Il n'a pas encore quarante ans et son corps perd déjà les pédales. Je ne l'envisage pas comme un vieux croutons mais je comprends que lui considère son corps comme traitre et son état désastreux. A mes yeux il reste mon preux chevalier, mon super héros. Mon papa, le même que depuis que je suis née. Mais peut-être suis-je la seule à persister dans cette illusion. Dès lors je ne sais que dire et lorsqu'il conclut sur une note un peu plus positive je fais mine de me réjouir mais en réalité ses propos m'ont véritablement ébranlée. Je voudrais le rassurer, lui montrer tout ce dont il est encore capable. Le silence se fait. Un court instant. Quelques secondes pas plus et William vient le briser. De façon un peu trop pressante. Je l'observe pensivement et réalise qu'il craint le silence justement. Surprenant venant de sa part. Tant de choses ont changé. Ou plutôt, nous vivons tellement de situations étranges et nouvelles ces derniers temps que je le vois enfin dans des univers ou il est moins assuré que là ou j'ai eu l’habitude de le voir. Il ne parvient pas à s'en rendre compte mais j'aime tout autant ses forces que ses faiblesses. Découvrir que, finalement, mon père est plus humain qu’aliène ne me fait pas de mal. Il était l'homme parfait, fort et sans peurs. Il devient l'homme avec des failles et des doutes. C'est bien. Etre père ce n'est pas être invincible contrairement à ce qu'il semble croire. Je m'inquiète pour toi...et j'ai soif! ajoutais-je avec un peu d'entrain pour ne pas plomber  l’ambiance qui commençait tout doucement à s'améliorer. Je descends du lit pour chercher une bouteille d'eau dans un coin de la pièce. Je n'aurais pas besoin d'en acheter finalement...

Je bois une longue gorgée, perds mon regard par la fenêtre et finis par dévoiler tout ce qui me pèse sur le cœur. Je m'excuse, je me dévoile et j'accepte mes erreurs. Je suis très reconnaissante à mon père de ne pas m'avoir interrompue. Il n'est pas simple de se confier ainsi et j'avais besoin de terminer tant que j'étais sur ma lancée. J'ai cru voir une larme perler sur sa joue lorsque je me suis excusée et cela me semble plausible lorsqu'il m'explique que ce n'était pas à moi de m'excuser. Il ne peut certainement pas dire cela sincèrement, sans doute cherche-t-il juste à m'épargner car après tout ce que je lui ai fais j'ai bien des raisons de m'excuser. Il me dit qu'il est un père exécrable et si je ne dis rien pour le laisser parler, je ne peux m'empêcher de faire non de la tête. S'il est un père exécrable je serais curieuse de savoir s'il existe un bon père sur cette planète! Il parle, chaque mot est primordiale et je l'entends avec attention. Tandis qu'il parle, il ne parviens pas à soutenir mon regard et je lui en suis reconnaissante car le mien est baigné de larmes mais je ne voudrais pas que cette conversation finisse larmoyante et rassurante. J'ai besoin que les choses soient mise au clair pour de bon et qu'importe si cela fait mal. Malgré tout il finit par aborder la gifle avec humour et je ris tout en sanglotant. Un silence plus léger plane un moment. Rien de réjouissant, certes, mais un silence qui permet de méditer toutes nos confessions. Puis il parle une dernière fois et ces derniers mots me font sourire pour de bon:" Surtout ceux que j’aime et qui comptent sur moi… toi en particulier." Il s'allonge et je sens son regard posé sur moi. Je persiste à fixer l'horizon, le temps que mes larmes sèchent et que mes pensées se mettent en place. Je finis par me glisser lentement contre mon père. Je m'allonge à son coté et pose délicatement ma tête sur son épaule. Tu fus un père formidable. Tu l'es toujours et tu ne cesseras jamais de l'être. C'est plus fort que toi...La seule différence avec avant c'est que maintenant tu dois jongler entre ta paternité et ta maladie et tu as envie de me faire passer avant sauf que ce n'est pas logique. Te soigner c'est te, ma priorité! Je me redresse un instant pour poser un baiser sur sa joue puis me rallonge. Tout s'arrangera j'en suis convaincue...
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Je m'excuse pour le retard, j'ai vraiment honte
Puis ma réponse ne vaut vraiment pas la tienne, pardon j'ai eu du mal désolée

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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Dim 28 Déc 2014 - 20:52

[t'as le droit de me gifler pour l'attente.]

Un petit regard à ma fille me permet de constater tous les dommages que j’ai pu lui causer au courant des dernières années. J’ai beau tenté de me justifier et de me dire que c’était pour son bien que j’ai ainsi menti et trompé. Les mots m’apparaissent sauvagement purs comme ils sont sensé l’être.

J’ai menti. Impunément. Sans honte. Sans regret. Sans culpabilité. Je n’ai pas seulement camouflé une réalité que je n’aimais pas derrière un maquillage. J’ai ouvertement menti. J’ai affirmé haut et fort des centaines de phrases à sa boîte vocale qui voulaient dire que j’allais bien et qu’elle n’avait pas à s’en faire pour moi. Et voilà… voilà que depuis quelque temps. Un à un mes mensonges étaient démasqués. Le masque s’effritait. Elle savait que j’étais malade. Mais pas à quel point je l’étais avant aujourd’hui. Et la réalité, je la voyais écrite dans son visage. La peur, l’angoisse, l’anxiété.

J’avais menti dans l’espoir infime de la protéger de ça. Elle n’était pas ma conjointe. Elle était ma princesse. Ma petite fée aux cheveux de feu et au rire d’étoiles filantes. Et dès le moment que l’on avait su, Ellie et moi, que l’on allait être parents, je m’étais juré de la protéger de tout. Pas que j’empêcherais le mal de lui arriver. J’avais conscience de l’importance des chutes à vélo pour apprendre à pédaler seul. Conscience de l’importance des chicanes d’enfants pour donner à l’enfant des moyens de régler seul ses conflits. Conscience même de l’importance des premières peines de cœur pour apprendre que ce n’était pas nécessairement avec la première personne qui nous aimait que l’on finissait notre vie. Je l’avais laissé faire des erreurs. Je l’avais laissé se tromper. J’avais séché ses larmes et remplacé une moue par un sourire. Elle avait grandi dans un monde de soie. Elle avait grandi dans l’amour aveugle que je portais à sa mère et à elle.

Elle avait grandi dans un environnement sain et puis, j’avais tout gâché ! Comme un idiot ! Elle n’aurait jamais dû me voir comme elle m’avait vu un peu plutôt. Je n’étais pas à la hauteur. Je n’étais pas nécessairement responsable de ma condition cardiaque – en fait, oui, j’en étais responsable dans une certaine mesure. Mais le fait qu’elle venait de voir réellement l’étendue de ma faiblesse me rendait anxieux. Beaucoup plus anxieux que ce que je voulais bien admettre. Et je savais dans ses yeux bordés de larmes et dans la manière qu’elle se tenait qu’elle avait – avec raison – eu peur de me perdre. Combien de temps avais-je été dans les vapeurs ? Combien de temps avait-elle été seule avec l’angoisse de ne pas savoir ce qui m’arrivait ? Je l’ignorais.

C’était de ça que j’avais voulu la protéger. De la solitude. De la peur. De l’angoisse. J’aurais aimé être capable de lui enlever cette peur et de lui faire accroire que sincèrement tout était pour bien aller. Mais pour ça, il aurait fallu que j’y croie sincèrement. En fait, je réalisais que j’étais moi-même tétanisé par ce qui venait de se passer. On aurait dit que quand la solitude était ma seule amie, c’était moins grave que de découvrir une limite supplémentaire. Je ne dégageais ni assurance, ni confiance. Mais je savais que mon honnêteté était essentielle. J’aurais quand même tout fait pour que les mots que je doive dire soit différent de ceux que je prononçais. Je n’étais pas capable de ne pas sentir mon cœur se froisser en entendant l’inquiétude dans la voix de ma fille. Je fermais les yeux et laissa dévier mon esprit jusqu’à loin, le plus loin possible que j’étais capable de faire. J’aurais aimé pouvoir lui dire qu’elle n’avait pas à s’en faire et que j’étais pour m’en sortir mais la réalité c’est que j’avais sincèrement trop mal pour faire ça.

Je finis par aborder simplement ce que nous avions besoin d’aborder. La fameuse gifle que j’avais à mes yeux mérités. La fatigue accumulée et l’impression généralisée de faiblesse dans laquelle me laissait cette attaque m’avaient ouvert les yeux. Il était normal qu’à un moment elle s’énerve de mon attitude d’égoïste et d’enfant gâté. Je savais très bien que ma fille méritait mieux d’avoir un père qui me ressemblait ces temps-ci. Et pourtant… pourtant, je sentis ma fille grimper lentement dans le lit et venir s’installer contre moi. C’est idiot mais je figeais comme tétanisé par la proximité. Avant… avant que tout ne bascule dans le vide, nous étions proches. Mais avant, c’était justement avant que je devienne un connard. Je devais avouer que je restais immobile et paniqué par ce besoin de proximité que ma fille semblait ressentir. Les yeux à demi-fermés, je tendis quand même mon bras pour l’accueillir. C’était un sentiment ancien et poussiéreux qui étrangement me fit du bien. Et lorsqu’elle se mit à parler, les sentiments que je ressentais ne firent qu’être encore plus rassurant. Les deux ont a tous fait des erreurs au courant des deux derniers mois. Sauf que moi, je semble avoir pratiquement oublié qu’avant ce moment-là, j’avais fait des choses biens. Le négatif était plus difficile à oublier… pourtant, Lawrence trouvait en quelque sorte du positif : « Tu fus un père formidable. Tu l'es toujours et tu ne cesseras jamais de l'être. C'est plus fort que toi...La seule différence avec avant c'est que maintenant tu dois jongler entre ta paternité et ta maladie et tu as envie de me faire passer avant sauf que ce n'est pas logique. Te soigner c'est te, ma priorité! ». C’est vrai ce qu’elle disait. Mais l’admettre, c’était difficile. Qu’elle avait raison et que je devais apprendre à prendre soin de moi. Mais la question qu’il fallait que je me pose c’était si je n’avais pas poussé le bouchon un peu trop loin de mon côté. Un léger baiser sur ma joue comme ceux qu’elle me donnait petite me ramena des années plutôt. Après une dure journée au boulot, j’avais enlevé ma cravate et mon veston. Assis sur le sofa de salon, j’avais fermé les yeux. Ma fille de quatre ou cinq ans à l’époque avait grimpé sur le sofa et était venu me déposer un de ses bisous collants un peu envahissant sur la joue. Je me rappelais d’avoir frissonné et d’avoir trouvé la journée beaucoup moins pénible. « Tout s'arrangera j'en suis convaincue... ».

Bien contre moi, je sentis mes yeux se remplir de larmes. Me faire passer en premier. Me soigner. Tout s’arrangera. C’était des mots qui me réchauffaient l’intérieur à une vitesse folle. « Merci ma grande… j’ai quand même de la difficulté à te faire passer en deuxième… T’es dans les raisons qui font en sorte que je me lève le matin… et parfois… il n’y en a pas beaucoup… » dis-je avec un minuscule sourire de rien du tout. En fait, il y avait des matins ou elle était la seule raison pour laquelle je me levais. Les yeux fixés sur ma petite princesse devenue grande, je câlinais ses cheveux en murmurant : « Ça va s’arranger. Je le jure ma grande… mais ils vont devoir me garder sous observation et j’aime pas ça. »

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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Sam 3 Jan 2015 - 22:42

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Tout s'arrangera j'en suis convaincue... Ces mots résonnent dans ma tête. Je voulais une conversation sincère et paisible, douloureuse s'il le fallait, violente si c’était notre seul moyen de communiquer. Mais une conversation vraie. Enfin. Si j'ai remis en doute l'importance que j'accorde depuis toujours à la confiance, il n'empêche qu'un peu de sincérité est indispensable à ce moment précis et rien ne peut le remettre en cause. Et pourtant, c'est moi qui laisse entrer un peu de mensonge dans nos déclarations. Un mensonge, oui, rien de plus malheureusement. Je voudrais plus que tout qu'en effet, tout puisse s'arranger et pourtant j'ai bien du mal à y croire. Pourtant exprimer ce souhait à haute voix me parut indispensable. A tel point, d'ailleurs, que je l'ai dit comme s'il s'agissait d'une certitude alors qu'au fond, c'est loin d'être le cas. Et tout ça pourquoi? Parce que je suis tétanisée et que malgré toutes mes certitudes, toutes mes résolutions et toutes les paroles rassurantes de mon père, je reste mortifiée. L'idée de le perdre est à la fois si abstraire et concrète, inacceptable et plausible. Insensée mais à prendre en compte. Douloureuse surtout. Tellement. Tellement que je ne peux me résoudre à l'admettre. Alors je le dis. Je le dis comme une certitude mais ce n'est rien de plus qu'une supplication. Tout ira bien. Tout ira bien j'en suis sure et tout ira bien je vous en prie. Quelques nouvelles larmes sur mes joues que je refoule violemment. J'ai suffisamment pleuré, suffisamment crié. L'heure est aux mots et rien d'autre n'a de place dans cette chambre. Un peu d'amour peut-être, de regrets et de concessions mais rien de plus. Je mords ma joue pour contenir mes sanglots et écoute les propos de mon père qui ne m'aident décidément pas à me contenir. Une des raisons pour lesquelles il se lève le matin. Une des seules parfois. Une boule me sert la gorge comme jamais. Ces paroles sont peut-être bien les pires que William ait jamais prononcées en ma présence. Voilà donc ce qu'est la franchise. Je voulais tout savoir et c'est à présent chose faite. Je sais l'horreur de son quotidien et ses doutes. Je sais le peu de plaisir que lui apporte son existence et cela me fait horreur. Cet homme qui m'a donné la vie, qui m'a éduquée avec amour et attention, cet homme avec qui j'ai passé des moments inoubliables, cet homme qui fut mon héros et mon roi, cet homme qui s'est sacrifié pour ma mère et pour mon bien, cet homme que je retrouve avec joie n'a guère de raisons d'être sur Terre. L'idée me répugne et il me faut pourtant l'admettre. Si la vie lui plait si peu comment puis-je lui en vouloir de s'y attacher avec si peu d'enthousiasme? Comment pourrais-je le forcer à tenir bon d'ailleurs? Mes sanglots refoulés se muent en tremblements nerveux. Mes gémissements de douleur en hoquet étouffé. Mes larmes contenues en poings serrés et jointures blanches. Je suis une des seules raisons pour lesquelles il se lève. Fort bien, je vas devoir faire avec. Sauf qu'à partir de cela, que puis-je faire? Je ne suis rien moi. La seule raison? Parce qu'il ne veut pas me laisser? Parce qu'il refuse que sa petite princesse souffre? Mais encore une fois c'est pour moi qu'il agit. Pire que tout, c'est pour moi qu'il tient debout. Si je n'avais pas quitté Bath pour le rejoindre ou en serait-il? Si je n'avais pas quitté Bath pour le rejoindre il serait plus libre de ses actes. Il n'aurait pas peur de blesser quelqu'un en agissant comme son cœur le lui dicte. Il gâcherait sa santé pour de bon, il partirait pour de bon. Pas une fin heureuse mais une fin quand il l'a décidé. Et moi qui suis là, un poids nouveau. Je bride ses projets par égoïsme. Projets malsains certes, mais projets tout de même. Aujourd'hui je m'acharne à lui faire la morale, à le pousser à toutes sortes de sacrifices et pourquoi? Pour moi. Je ne voyais pas les choses comme ça mais cela parait évident finalement. Qui nous dit que manger sain, cesser de fumer, faire du sport l'aideront à aller mieux? Je veux qu'il souffre privations et traitements sans savoir si cela portera ses fruits. Il voudrait profiter de sa fin. Fumer quand bon lui semble, boire alcools et sodas, manger viandes et desserts, oublier les soins et attendre. Ambition odieuse à mes yeux et pourtant...

Papa conclut en parlant des médecins, du fait qu'il va rester en observation et que l'idée ne lui plait pas. Il dit aussi que me faire passer en second n'est pas simple pour lui. Mais ces mots je ne les entends pas. La seule chose qui sonne dans ma tête avec acharnement, résonne dans mon crâne comme des coups de tambours annonciateurs de malheurs, ce sont les mots qu'il dit avant. Les mots si simples et pourtant révélateurs de la clé de nos ennuis. Je voulais l'aider à tout prix, je me le suis juré, je l'ai scandé, je le lui ai promis. Et me voilà sans rien. Pas question de le forcer mais l'abandonner n'est pas envisageable non plus. Cependant je pense que puisqu'il me faut choisir, je préfère le laisser prendre lui même ses décisions. Faire des choix qui sont bons pour lui et qu'importe moi. Moi je ne suis rien lorsqu'il s'agit d'enjeux pareil et il serait temps qu'il l'admette. Cela me fend le cœur, brise mes murailles. Cela fait passer les larmes et les sanglots. Pire que jamais. Ils semblent venir de nul part, paraissent motivés par le vent et pourtant. Frémissante je me roule en boule et enfonce mon visage sur l'épaule de William. Qu'importe résolutions et envies. Je n'ai plus la moindre influence sur ce qui se joue dans ma tête et, actuellement, c'est la débâcle. Le crash et la fin. Un peu d'incompréhension et d'indignation. Un peu de résignation aussi. Puis la douleur qui revient à la charge comme jamais. Brise ce que je voulais fonder. Me donne envie d'oublier que fut un temps ou nous étions heureux. Vraiment. Pas du sur mesure. Pas de mensonges. Aujourd'hui je viens même à douter qu'il fut content de me voir débarquer à Tenby. Je ne lui en veux pas, au contraire, c'est moi que je blâme. Je suis arrivée avec mes certitudes et mes envies et j'ai tout imposé sans jamais prendre en compte l'opinion de William. Grave erreur. Égoïsme. Je prends conscience que tout ce que je reprochais à mon père est de mon fait à la base et que je n'ai rien vu. Rien voulu voir surtout.

Finalement, ni mots ni idées à mes lèvres ou dans mon crâne. Juste le néant et les regrets, la compréhension comme un venin dans mes veines et les larmes sur mes joues mêlées aux sanglots et aux tremblements. La chaleur et le réconfort que m'offrent les bras de mon père me font un bien fou dont je me sens indigne. Pourquoi persiste-t-il à me faire du bien lorsque moi je le blesse sans cesse? Rien d'intentionnel certes, juste un aveuglement inique. Inconscient.
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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Dim 18 Jan 2015 - 23:40

N’avoir été que mienne, j’aurais pris la décision de ne jamais rien dire à ma fille. J’avais beau me dire que ma fille était rendue à seize ans, j’étais incapable d’admettre que ma fille était vraiment assez grande pour être capable de tolérer le choc que mon état pouvait entrainer. Quand mon médecin avait commencé à soupçonner une condition cardiaque quand même assez envahissante, j’avais peiné à assimiler les informations qu’il me donnait. Et je n’avais pas dix-sept ans… j’avais pratiquement vingt-trois ans de plus que ça. Vingt-trois ans et tellement plus d’expérience dans la vie que ce que ma toute petite princesse avait comme expériences de vie. Je savais qu’elle voulait être vue comme une femme forte et indépendante. Surtout devant moi. J’avais moi aussi un jour eu seize ans et voulu être reconnu comme étant un adulte.

Avec le décalage et le fait d’être un adulte, je comprenais qu’elle avait beau vouloir – rien ne la préparait à être prête à une telle éventualité d’une vie sans moi. Si j’avais de la difficulté à imaginer ma vie sans moi, j’étais capable d’imaginer la peur qui envahissait la tête de ma fille en ce moment. Je connaissais la peur qu’elle vivait. Elle avait été mienne bien des années auparavant. En la voyant s’effondrer avec une telle lenteur, s’écrouler sur elle-même dans une implosion ressemblant à la fin du monde, je ne pouvais que me sentir coupable de la douleur. J’aurais tout fait pour lui éviter de voir la vérité en face. De prendre conscience de l’étendue de l’angoisse que j’avais le pouvoir de faire naître chez ma toute petite princesse. Je fermais les yeux.

J’aurais aimé n’avoir jamais aimé. Ne jamais avoir été aimé. C’était douloureux d’aimer. On disait souvent que c’était le plus beau sentiment au monde que d’aimer. Je crois qu’avec un certain recul que c’est faux. Aimer, c’est certain que c’est un sentiment d’une douceur qui est incomparable. On en distingue plusieurs sortes. Il y avait l’amour que j’avais ressenti pour mon père – une sorte d’admiration à l’image de celle que ma fille entretenait à mon égard. Je n’avais jamais réalisé avant de devenir père ce qu’impliquait cet amour qui dépassait les limites du raisonnable. Enfant, tu admires ton père. Il est un roc inébranlable. Devant les bêtises que tu peux faire gamin, ton père ne flanche pas. Il te regarde sévèrement et t’impose des limites dont tu as besoin malgré tout. Devant les dégâts que tu peux faire dans une cuisine ou une salle de bain, il sourit contrairement à ta mère qui panique. Devant l’horrible collier de macaroni que tu lui offre avec un sourire ravissant, il ne peut que s’extasier comme si tu venais de lui présenter la troisième merveille du monde. C’était en devenant père que j’avais compris que cet amour était aussi fort dans l’autre sens. Peut-être était-ce parce que mon père n’était pas l’homme le plus démonstratif que la Terre avait porté. Mais j’avais souvent douté qu’il m’ait aimé. Sauf qu’en tenant ma fille contre moi, j’avais senti un véritable bonheur et un sentiment d’être complet.

Je savais que ce que je venais de dire était terriblement dur pour elle. Mais pour elle, j’étais prêt à me battre. Pour elle, j’étais vraiment prêt à faire un effort notable pour qu’elle soit heureuse. J’étais prêt à me redonner le goût de vivre. Prêt à arrêter de fumer. À manger santé. Prêt à peut-être même envisager cette option chirurgicale qui me faisait terriblement et horriblement peur en tout temps. Les yeux fermés, je cherchais le moyen de la calmer. La voir ainsi désemparé m’avait toujours fait une véritable douleur au cœur. Comme si on me laissait le droit de le laisser imploser. Je voulais qu’elle se console dans mes bras et qu’elle n’ait pas peur. Mais comment pouvais-je alors que j’étais moi-même complètement tétaniser par l’avenir.

C’était ainsi que je me retrouvais complètement déstabilisé devant les larmes de ma fille. Lentement mon bras encercla ma fille et effectua une très légère pression pour tenter de la rassurer. Parfois un geste. Un simple geste peut donner le support dont une personne a besoin. Et une petite partie de moi a nécessairement besoin de croire que le simple fait d’être présent et de lui offrir une épaule sur laquelle elle pouvait pleurer était le mieux que je pouvais faire.

Une petite partie de moi cherchait quoi dire à ma petite princesse. Il fallait que je trouve les bons mots. Mais rien ne me semblait approprié. Lui dire d’être forte me semblait inhumain. Je comprenais trop bien comment elle se sentait pour être capable de dire quelque chose d’une telle froideur à l’égard de ma fille. Lui dire d’être forte, c’était aussi en un certain sens lui confier que je n’avais pas l’intention de me battre. Mais c’était faux de lui dire une telle absurdité. J’avais intention de me battre plus fort que tout au monde. Intention de me battre avec l’énergie du désespoir. Intention de respirer avec une telle énergie. Intention de la voir grandir. Intention de la marcher un jour sur l’allée qui mène à l’autel. Intention d’un jour serré mes petits enfants contre moi – un luxe dont j’avais pourtant privé ma mère par égoïsme pur et simple. Je ne voulais pas douter de ce choix. Mais en ce jour, pour la toute première fois depuis si longtemps, j’avais l’impression d’avoir fait le bon choix. J’avais choisi de vivre plutôt que de mourir. Choisis de sourire et de savourer la vie. Mais les larmes de ma fille me broyaient le cœur. À mi-voix, je me mis à murmurer une chanson qu’elle ne devait pas avoir entendu depuis de si nombreuses années. Une manière que j’avais eu enfant de chasser les mauvais rêves et les nuits ternies par une telle douleur. « Je voudrais en faire le plus beau des dessins
Et ne jamais le prendre dans mes mains
De peur que ma chaleur change tes couleurs

De pouvoir toujours te cacher
Qu'autour de toi il y ait plein de fausses fées
De vraies sorcières qui ne peuvent voler
Oh mais dis-moi comment faire pour tout camoufler
Tous ces vrais visages et ces faces cachées

Je t'aime et je t'aimerai toujours
Toi ma petite poupée
Toi qui dors à poings fermés
Nuit après nuit jour après jour
Je t'apprendrai malgré tous les détours
Que tout ce qui compte et qui vaut toutes les richesses
La liberté l'amour et la tendresse

Je ne peux pas te demander de regarder devant
Oh j'ai bien trop peur de ce qui t'attend
Et non plus de regarder derrière
Car vois-tu ma chérie sur un chemin de terre
Il est si facile de lever vents et poussières.
» je faussais encore que je le faisais lorsqu’elle était enfant. Mais l’effort était là. L’effort était une véritable délicatesse de ma part. C’était mieux que le seul son de ses sanglots. C’était moins angoissant pour moi et probablement moins pour elle aussi.

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CÔTÉ COEUR : puisque jamais personne n'est tombé amoureux d'elle, Lawry cherche à se convaincre qu'elle est mieux seule, à passer de lit en lit
PROFESSION : lycéenne
REPUTATION : arrivée il y à 4 ans paisible et bienheureuse, ne causant jamais de problème et s'occupant de son pauvre père. Tenby semble avoir eu une bien mauvaise influence sur cette pauvre enfant!



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MessageSujet: Re: Hearthless [pv Lawrence] Mar 20 Jan 2015 - 16:40

William ∞ Lawrence
I'm not afraid to take a stand everybody come take my hand we'll walk this road together, through the storm whatever weather, cold or warm just let you know that, you're not alone holla if you feel that you've been down the same road [EMINEM]
Premièrement il est hors de question que je retourne à Bath. Je suis majeure dans six mois, d'ici là je me ferrais adopter par Dylan. Clément à la rigueur il me rendra la pareille lui qui s'apprête à venir vivre chez nous. Il faut que j'en touche deux mots à papa d'ailleurs. Bref, ce n'est pas la priorité. Donc, je ne retournerais pas à Bath. Je ne préviendrais même pas Elizabeth sinon elle voudra me récupérer de force. D'un autre coté c'est presque inhumain de ne pas la mettre au courant. Et puis de toute façon si ce n'est pas moi lui apprend quelqu'un d'autre le ferra. Je me fais passer pour morte? Je fugue et reviens sous une nouvelle identité histoire qu'Ellie ne retrouve jamais ma trace! Et l'appartement? Je le revends avant de fuir et je recommence ma vie avec l'argent. Si je veux qu'on ne me reconnaisse pas je vais peut-être devoir faire de la chirurgie...Moi qui ais toujours dénigré ça! Non, le mieux c'est que je parte dans une autre ville le temps d'être libérée de ma minorité. Enfin je pourrais vivre ma vie comme je l'entends en ne me souciant plus d’Élizabeth. C'est étrange, depuis que je suis en âge de comprendre le principe des liens du sang je me suis toujours demandé comment William avait ainsi pu tirer un trait sur sa famille. Et voilà que je projette de le faire. Il faut croire que je ressemble beaucoup à lui, c'est agréable à penser. Suite de mes projets, je vais devoir arrêter les études. Un an au moins ce qui fait que je serais encore plus éloignée de Clément. Il aura déjà finit qu'il me restera deux ans à tenir. A mon avis il ne m'attendra pas tout ce temps pour notre tour du monde. Un job sans diplôme ce n'est peut-être pas plus mal au fond. Salaire moindre que la moyenne mais au moins je ne devrais pas me coltiner sept ans d'études. En même temps depuis le temps que je me vois historienne, archéologue ou restauratrice d'oeuvres d'art je risque, un jour, de regretter d'avoir abandonné mes projets. Surtout si je le fais uniquement pour un tour du monde avec Clément. Oui il est canon, cool, sexy, amusant, mignon, charmant, français, attachant, serviable, drôle, digne de confiance bref c'est l'homme de ma vie mais Dylan est bien mieux que moi. Alors dans cinq ans quand ils seront mariés et qu'ils seront entourés d'une tribu de bambins canons je me retrouverais bien bête sans diplôme. Je n'ai qu'à me dégotter un mec qui me ferra oublier le jeune photographe. Avec lui je... Je voudrais en faire le plus beau des dessins et ne jamais le prendre dans mes mains de peur que ma chaleur change tes couleurs J'ouvre les yeux, détache mon visage du cou de mon père et me redresse très légèrement. Les paroles sonnent dans ma tête avant même que William ne les prononce. Il chante un peu faux parfois mais ça a si peu d'importance. Nous sommes incapables de nous parler alors il chante et cette chanson a tellement plus de sens que tous les mots qu'il aurait pu dire. Elle me ramène loin en arrière mais, surtout, elle m'apaise comme elle a toujours eu le don de le faire. La voix de mon père m'apaise. Je me souviens des soirées ou Elizabeth cherchait à m'endormir en me berçant. J'étais incapable de rester en place et je sautais obligatoirement hors de mon lit pour retourner jouer ou regarder la télévision. Tandis que lorsque c'était Will qui se mettait à chantonner je bafouillais quelques paroles avec lui avant de sombrer bien vite dans le sommeil. Une chose de plus que maman doit me reprocher. Enfin bref, sa voix m'apaise donc. Elle m'apaise et elle me fait ouvrir les yeux sur ce que j'étais en train de penser...

William ne tient plus debout que pour m'aider, me faire plaisir. C'est à peu près ce que j'ai compris de ses propos. Alors je vais le laisser partir. Qu'il fasse ce qu'il veut, je le laisserais agir car le contraindre à tenir bon ce n'est pas mon rôle. Je baisse les bras et accepte qu'il gâche ses derniers mois d'existence si ça peut lui faire plaisir. Et je fais des projets. S'il n'est plus là je sais déjà ce que je ferrais. Comment est-ce que je peux en arriver là? Penser aussi froidement au décès de mon père. Si cela arrive tout s'écroule. Mais ce n'est pas bien grave, ce qui compte c'est que papa fasse ce qui lui convient le mieux. A force de le voir refuser de se faire soigner j'ai bien dû admettre que ce qui lui convenait le mieux c'était, apparemment, d'aller de l'avant comme bon lui semble jusqu'à son dernier souffle. Se laisser dépérir, la meilleure des solutions? C'est fou ce que le désespoir peut faire admettre. Je me bats contre cette idée depuis près de six mois et un coup de fatigue accompagné de quelques paroles douloureuses suffisent à me faire céder. Je sers les dents et m'appuie à nouveau contre mon père. Je regrette amèrement toutes ces réflexions folles qui m'ont traversées l'esprit.

Monsieur Hardy, quelques tests encore et vous pourrez partir! Nous sursautons légèrement et tournons la tête vers l'entrée de la chambre. Une jeune infirmière nous observe en tentant de conserver son sérieux. Elle a dû entendre Will chanter. Je voudrais lui dire qu'elle n'a pas le droit d'en rire mais je me retiens. Je suis plutôt mal placée pour faire des remarques sur ce qu'il est correct de faire ou non après tout ce que je viens de penser. Ce n'étaient rien de plus que quelques pensées sans queue ni tête mais je sais pertinemment que je les regretterais longtemps. Je pose un baiser sur le front de mon père et descends du lit pour laisser l'infirmière et celle qui l'a rejoint emmener mon père. Je le vois partir et il y a cette boule qui revient dans ma gorge. J'ai honte de mes réflexions et je regrette surtout de ne pas parvenir à dire à mon père que je l'aime. Je voudrais le faire. Je voudrais enfin le faire. Mais il quitte la pièce et rien ne veut sortir de ma gorge. Puis la chanson me revient à l'esprit et je commence à fredonner lentement. C'est le mieux que je puisse faire. La moindre des choses que je puisse faire.

Je ne peux pas te demander de regarder devant
Oh j'ai bien trop peur de ce qui t'attend
Et non plus de regarder derrière
Car vois-tu ma chérie sur un chemin de terre
Il est si facile de lever vents et poussières.


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What doesn't kill you makes you wish you were dead got a hole in my soul growing deeper and deeper the loneliness is haunting me and the weight of the worlds getting harder to hold up © BMTH & okinnel.
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Hearthless [pv Lawrence]

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