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All our pieces ♦ William & Lawrence

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MEMBRE ♣ Un voisin à surveiller
TON PSEUDO : arwiie
TES DOUBLES : Faith S. Swanson
TON AVATAR : Felicity Jones
TES CRÉDITS : coclico & alinoe
TA DISPONIBILITE RP : disponible ♥️
RAGOTS PARTAGÉS : 6149
POINTS : 1488
ARRIVÉE À TENBY : 21/08/2014


ÂGE DU PERSONNAGE : 33 ans
CÔTÉ COEUR : Tout juste mariée à Jimmy Muray et heureuse dans son couple, bien qu'elle craint qu'ils n'aient été trop rapides
PROFESSION : Danseuse à Londres et professeur de danse classique au conservatoire de Tenby
REPUTATION : Quand elle est partie, la demoiselle était anonyme, la voilà qui revient populaire. Personne ne comprend pourquoi elle a abandonné le succès et le luxe pour s'installer à Tenby. Pas même elle.



Wearing the inside out
A SAVOIR SUR MOI:
REPERTOIRE DE LIENS:

MessageSujet: All our pieces ♦ William & Lawrence Lun 25 Aoû - 13:56

William ∞ Lawrence
Waiting for the end to come wishing I had strength to stand this is not what I had planned it's out of my control so many things were left unsaid it's hard to let you go [LINKIN PARK]
Ouvrir les yeux. Pas s'éveiller non, puisque je n'ai pas dormi de la nuit. Admettrais-je que c'est à cause de la peur ? Sans doute pas, après tout j'ai encore un minimum de fierté. Mais il est vrai qu'en choisissant de partir à l'aventure, de quitter Bath et mon quotidien répétitif pour retrouver mon père sans savoir s'il voudrait de moi je me suis exposée à de nombreux doutes que j'avais jusqu'à présent ballaiés d'un revers de la main et que j'ai dû affronter de front cette nuit. William a-t-il changé ? Il n'en a pas l'air : plus vieux, plus solitaire certes mais pas de changement radical à première vue pourtant les apparences sont trompeuses et je sais pertinnement qu'en dix-huit mois d'isolement, dix-huit mois à souffrir son divorce, il a dû devenir un peu moins mon père, un peu plus un inconnu. Vais-je devoir tout recommencer à zéro ici ? Dire à ma mère « Je pars vivre chez papa » est une chose. Penser au fond de moi même «Prendre un nouveau départ me, nous ferra du bien » une autre. Mais affronter la réalité, affronter l'inexistance apparente de ma vie ici en est une bien plus complexe. Pas d'amis, pas d'école, pas d'identité aux yeux des habitants de Tenby, pas de maison à proprement parler, pas de projets. Suis-je prête à oublier ma mère ? Certains jours depuis juin j'ai envie de la renier, de la haïr, de la dénoncer à la police pour soulager les épaules de mon père. Et d'autres je ne suis pas prête à la pardonner mais j'imagine la possibilité à longs termes, je pense à lui trouver des excuses et à proposer une forme de réconciliation entre elle et papa. Alors entre ces deux points de vue radicaux j'ai dû mal à définir à quel point je suis apte à abandonner ma vie de Bath. Cette vie faite de rien et d'habitudes. Cette vie où rien n'allait avec Elizabeth mais à laquelle je m'étais malgré tout attachée. Non, je n'ai pas dormi. Je pense que je ne dormirais pas non plus les nuits à venir. De longues nuits à me battre avec mes pensées. Ces nuits entre-calées dans des journées toutes aussi lourdes de réflexions. J'ouvre les yeux. Plafond blanc. Soupire. Papa & la décoration ! Je roule sur le coté, tombe du lit sur un tapis plein gris. Contraste avec ma chambre multi-colore chez maman. Encore et toujours des références à ma vie à Bath. Tout en me relevant difficilement je m'insurge intérieurement contre moi-même et mon incapacité à aller de l'avant. Je traîne des pieds jusqu'à ma valise larguée hier tard dans la soirée dans un coin de la pièce. Une seule valise oui. En l'ouvrant je prends conscience de ma naïveté : comment ais-je pu envisager vivre avec une valise ? J'aurais eu du mal à transporter plus on est d'accord, il n'empêche que je dois donner raison aux messages que m'envoi maman, contrairement à ce que je lui répète j'aurais en effet besoin de récupérer certaines choses chez elle. En attendant j'économiserais les vêtements. Toujours somnolente donc je puise sous-vêtements, jean et débardeur indigo dans le sac avant de m'habiller au ralenti. Décidément, les nuits blanches ne font guère de bien ! Un saut à la salle de bain pour me réveiller à coup d'eau glacée et je me dirige enfin vers la cuisine. «Quitte à ce que je dorme mal autant que ce soit dans le canapé, ce soir tu récupère ton lit papa t'as plus besoin de sommeil que moi ! » Scandais-je avant de réaliser que je parle dans le vide. Une tasse de café traine dans l'évier. Quelques pas me mènent dans le couloir où les pantoufles de mon père ont remplacés ses chaussures de ville. Au mieux il est sorti acheter de quoi déjeuner, au pire il est parti sans m'attendre. Re-soupire et je me dirige exténuée vers la cuisine. Je m'apprête à m’asseoir sur la table lorsqu'un post-it m’interpelle.

Ma grande je t'ai attendu jusqu'à 10 heures 30 dans l'espoir de te croiser ce matin mais le devoir m'appel je suis obligé de partir au poste. Il y a du pain dans le placard à poignée en forme de feuille et du lait dans le frigo, bon matin. Promis je rentre au plus vite, William.
Une boule me sert la gorge. Merde. Merde. Merde ! Je jette le papier dans une corbeille et abandonne l'idée de manger. Pas seule. 10 heures et demi ? Je fronce les sourcils, me traine jusqu'à la chambre de papa et récupère mon téléphone sur la table de nuit pour lire l'heure. Près de midi ? Je n'ai pas dormi et je suis pourtant parvenue à passer quinze heures au lit et à rater le départ de mon père. Bravo Lawrence ! Histoire de me sortir un peu de ma léthargie j'enclenche la radio. Volume moyen histoire d'avoir l'air raisonnable et je m'avachis dans le canapé en projetant de répondre au message que ma mère m'a envoyé hier. Un de plus. Je fixe l'écran. Je cherche mes mots. Je suis incapable de réfléchir. Je me lève, monte le son. M'en fous.

Maman tout va bien ne t'en fais pas. Je ne sais pas si je reste, je ne sais pas si j'ai besoin de quelque chose, je ne sais pas non plus si tu me manques et je ne sais pas si je suis bien ici. J'en sais rien, j'ai aucune réponse désolée. A la rigueur je pourrais te répondre des mensonges, il parait que t'aime bien  ça. Les mensonges c'est un peu devenu ton quotidien pas vrai ? Tout comme ton amant est devenu le seul qui importait pas vrai ? Parce que papa t'as tiré un trait dessus, il t'a fait quoi pour que tu ne me demande même pas comment il se porte ? T'as gâché sa vie et tu...
EFFACER. Je lui répondrais plus tard. Je lui répondrais quand mon bon sens aura pris le dessus sur la fatigue et les reproches. Cependant, en épluchant ma liste de contacts histoire de définir qui je devrais prévenir et qui ne remarquera même pas ma disparition, je tombe sur un nom Cartwright. Je fronce un instant les sourcils avant de me souvenir de qui il s'agit. Enfin, pour ça il faudrait encore que j'ai su un jour de qui il s'agissait ! A son sujet je n'ai que peu d'informations. Le fait qu'elle connait mon père et qu'elle s'inquiète pour lui par exemple. Elle m'avait demandé de la prévenir si je réalisais mon projet de venir m'installer à Tenby. Pas d'hésitations, je lui envois un message et j'en profiterais pour définir en quoi elle se tracasse pour mon père.

Il était midi vingt cinq quand j'ai entamé avec mademoiselle Cartwright une conversation qui aura changer bien des choses. Ma vision de mon père en priorité. Elle est cardiologue. Elle est son médecin. Elle s'en fait pour son état qu'elle qualifie de préoccupant. Préoccupant ! Depuis quand mon père a un état préoccupant ? Depuis quand mon père est malade ? Depuis quand mon père ne pense pas bon de me prévenir qu'il est malade ? Je suis perdue dans mon propre monde, ma propre vie. Dix-huit mois qu'il m'envoi des messages en me demandant comment je vais, en me souhaitant bon anniversaire ou bonne année en fonction de la date, qu'il me raconte de vagues anecdotes sur sa vie loin de moi. Et dix-huit mois durant lesquels il n'a pas trouvé l'occasion de me dire que son état état préoccupant. Ce mot m'arrache des larmes je l'admets. Je suis paumée. Paumée au milieu de l'appartement de mon père. Je vois les murs terriblement blancs autour de moi et ils me semblent hurler l'évidence. Il va mal. Plus mal que ce que je pensais. Son médecin m'assure que je suis du pain béni pour lui, que ma présence va l'aider, le réconforter. Pour ça il faudrait déjà qu'il se confie à moi. Il ne cherche qu'à me préserver. Eviter de me blesser quitte à faire des conneries. Eviter de gâcher ma relation avec Elizabeth quitte à m'abandonner. Préoccupant ça ne veut rien dire. Préoccupant ça veut tout dire. Je ne sais pas à que point je dois m'inquiéter mais j'ai un mauvais pressentiment. A cause du secret. A cause des mots employés par sa cardiologue. La musique défonce mes tympans mais je n'envisage pas de baisser le son, au contraire je voudrais pouvoir l'augmenter encore jusqu'à m'oublier totalement. Me noyer dans le bruit. Je reste immobile d'éternelles minutes à fixer les lieux, à imaginer mon père éviter une chute en ce retenant contre ce meuble, tousser dans un mouchoir et le retrouver ensanglanté dans ce coin là, hésiter à lire les analyses de ses tests sur ce fauteuil, avaler des gélules assis sur cette chaise. Mon téléphone n'a plus vibré depuis un moment déjà, la radio semble passer en continu un air de hard rock qui me déplaît plus ou moins mais qui a eu le mérite de me réveiller et moi je prends soudain conscience du comportement étrange de mon père hier. Sans raison valable il m'a demandé d'attendre un peu devant l'appartement avant d'entrer histoire qu'il range deux trois bricoles. J'avoue que sur le coup j'ai été tentée de penser qu'une femme était passée par là et qu'il tenait à effacer les traces mais les choses me semblent plus limpides maintenant. Médocs. Rageuse je m’irrite les joues en y passant violemment mes manches pour effacer mes larmes et commence à ouvrir les tiroirs des différents meubles. Des vêtements, des livres, des couvertures, des piles et des ampoules de rechanges. Rien alors je jette tissus et papiers a terre. Mais rien. Toujours rien alors qu'ils sont là. Ils sont importants ou non, ils sont destinés à soigner un maux grave ou non, ils sont dangereux ou non, ils sont ce qu'ils veulent ça n'a plus guère d'importance. La panique qui m'envahit n'est peut-être pas fondée, l'envie que j'ai de téléphoner à mon père n'est peut-être pas justifiée, les larmes sur mes joues sont peut-être inutiles, peut-être Savannah Cartwright m'a-t-elle inquiétée sans le vouloir. Mais toutes ces choses n'importent pas. Elles n'importent pas parce que William est malade et que je suis morte de trouille, peu importe si c'est de façon démesurée. Sans lui je suis perdue, sans lui je suis vide j'en ai fait l'expérience dix-huit mois et encore, j'avais sa voix ou ses mots dans mon téléphone. Alors je crie, je balance un bouquin par terre, un coussin et puis c'est mon verre qui y passe. Posé sur la table il n'a rien demandé mais je l'envois valser par terre en hurlant. En pleurant. Je m’effondre à terre, à moitié sur les débris de verre et j'en sens un s'enfoncer dans ma paume. Et le sang qui coule lentement. Sur ma peau. Sur le sol. Mais je m'en fous. Je m'en fous. Tout ce que je veux c'est mon père et des mots. Juste ça. Rien que ça.
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◘ I could drag you from the ocean I could pull you from the fire and when you're standing in the shadows I could open up the sky and I could give you my devotion until the end of time and you will never be forgotten with me by your sidehurts.
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TON PSEUDO : MissPiggy
TES DOUBLES : Aiden Holmes, Seren A. Vaughan, Théodore C. Pembroke et Victor I. Cartwright
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ARRIVÉE À TENBY : 20/03/2014

Et si on se battait pour le bonheur?
ÂGE DU PERSONNAGE : 42 ans (8 septembre)
CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
PROFESSION : Détective Inspecteur (en arrêt)
REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Lun 25 Aoû - 18:00

J’avais ouvert les yeux sur les coups de six heures du matin. Une douleur vive à la poitrine tenait complètement en haleine. La mâchoire serrée, j’avais réussi à étouffer une sorte de plainte. Il ne fallait pas que je réveille ma fille dans cet état. C’était sans aucun doute pour la faire paniquer. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète. C’était sous contrôle. J’ai attendu que l’espèce de coup de poignard que je ressentais au niveau de la poitrine se calme un peu. Respire, William. me répétais-je comme un mantra. Péniblement, je finis par me relever sur le sofa. Il y avait dix pas très exactement qui séparaient mon sofa dans le salon de ma salle de bain. Et à cet instant précis, je doutais profondément de ma capacité à les faire. Quand je me suis levé, les pieds dans mes pantoufles, j’ai fait un effort monstre pour ne pas faire de bruit pour me rendre jusqu’à la salle de bain. Assis sur la cuvette de la toilette, j’ai fouillé dans les tiroirs de la manière la plus silencieuse possible. Après avoir avalé les deux cachets machinalement, je suis resté assis immobile. J’avais l’impression d’avoir couru un marathon. Il me fallait donner du temps à mon cœur pour qu’il se replace. Il me fallait laisser aux drogues le temps de faire leur effet pour que mon cœur comprenne qu’il n’y avait absolument aucune raison de s’affoler. Il fallait que mon cœur envoie aussi le message au cerveau qui l’enverrait aux poumons. Quand le souffle m’est finalement revenu, je me suis relevé.

Appuyé contre le lavabo, je me suis fixé dans le miroir. J’avais le teint pâle. Des gouttes de sueurs avaient perlé le long de mon visage. Je pourrais sans doute appeler ma patronne pour demander une autre journée de congé. Mais je savais que je ne pourrais pas fuir mes responsabilités professionnelles pour toujours. Je ressentais toutefois le besoin d’être auprès de ma fille. J’ai ouvert le robinet d’eau froide et j’ai longuement laissé couler de l’eau pour me rincer le visage. Il faudrait nécessairement que j’en parle à ma fille. On ne pouvait vivre sous le même toit, elle et moi, et prétendre que j’allais à la perfection. J’étais malade. Je le savais. J’avais beau me répéter que mon état était sous contrôle, ce énième réveil en sueur ne faisait me confirmer que si je mentais à quelqu’un, je mentais d’abord et avant tout à moi-même. Mais je n’avais pas envie d’alarmer ma fille. Elle venait de me revenir. Notre relation que j’avais toujours tellement chérie pour sa solidité me semblait précaire comme un vieux pont en bois que les années avaient fait fléchir. Je savais que c’était ma faute. Complètement et entièrement de ma faute. J’avais menti. J’avais mis sa confiance en moi à rude épreuve. Je savais qu’il était trop tôt pour tout déballer sur mon état. Elle prendrait peur, j’en étais certain. Elle s’enfuirait à l’autre bout du monde et je ne la verrais plus. C’était ma crainte. Que le fait de me savoir malade la fasse dégager à l’autre bout du monde. J’avais juste besoin de plus de temps. Plus de temps pour trouver les bons mots. Plus de temps pour que mon état se stabilise. Plus de temps pour que ça ne soit pas aussi angoissant comme état.

Comprenant finalement que j’étais réveillé pour le rester, j’ai parti la douche et j’ai profité de l’eau tiède. Quelques minutes plus tard, j’ai fait face au dilemme du rasage devant un miroir semi-embué. Ma barbe me vieillissait. Mais elle cachait aussi le visage aminci. Du moins, elle en diminuait l’impact grand. J’ai finalement décidé d’attendre. Une autre chose que j’attendais. C’était l’âge probablement qui me faisait ça. Je vieillissais et je vieillissais mal. Je découvrais la patience sous un angle nouveau. Je devenais le pro de la procrastination. Demain. Ça attendrait demain. Tout pourrait attendre demain. Sauf que mes responsabilités, je ne pouvais pas les fuir indéfiniment. C’était ce à quoi je pensais en partant la bouilloire. J’ai ouvert ma mallette qui contenait les dossiers. Je pouvais sans doute attendre que ma fille soit réveillée avant de partir travailler. J’ai sorti l’ordinateur portable et j’ai poinçonné pour le travail. J’ai commencé à remplir les rapports que j’avais d’accumuler. Mon eau chaude fut passée entre deux dossiers dans ma petite cafetière. Le temps filait. Sur les coups de dix heures quinze, je reçus un appel du poste. Ils avaient besoin de moi pour une enquête. À demi-voix, j’ai finalement dit que je serais là dans cinq minutes. J’ai mis mes souliers, avalé mes cachets du matin, déposé ma tasse dans l’évier et ramassé mes clés. En rapidité, j’ai mis un petit mot sur la table de la cuisine : « Ma grande je t'ai attendu jusqu'à 10 heures 30 dans l'espoir de te croiser ce matin mais le devoir m'appel je suis obligé de partir au poste. Il y a du pain dans le placard à poignée en forme de feuille et du lait dans le frigo, bon matin. Promis je rentre au plus vite, William. ».

L’enquête importante qui avait valu ma sortie de mon appartement concernait un vandalisme. Je m’ennuyais. Je ne voulais pas être ici. Mon boulot ne me plaisait pas. Je détestais cette ville parce que le mieux que l’on pouvait m’offrir, le plus intéressant sur quoi je pouvais m’offrir c’était du vandalisme ou un vol. Je m’ennuyais des grandes villes. Je m’ennuyais des défis que m’apportait ce milieu. Les heures semblaient s’écouler juste pour faire exprès à la vitesse d’un escargot. Je voulais être à la maison. Je ne voulais pas être au travail. J’avais du temps à rattraper avec ma fille. Beaucoup de temps. Trop de temps. Rencontre d’équipe et autre paperasse se succédaient à une vitesse folle. Je ne voulais pas être ici. Les gens sentaient qu’ils m’exaspéraient encore plus que d’habitude. Si la norme était que je roulais les yeux, là, je râlais ouvertement. Sauf que pour une fois, ce n’était pas en raison de l’incompétence chronique de mes collègues qui semblait être ma raison de japper contre tout le monde. Je voulais juste que ce quart de travail termine. À cinq heures, à la relève de ma garde, je fus le premier à quitter le boulot.

Mes pas me guidèrent dans ce restaurant chinois que j’aimais beaucoup. J’ai ramassé un menu pour emporter pour deux personnes. Je n’avais pas encore eu le temps de faire une bonne épicerie. Mon alimentation laissait à désirer. J’aurais besoin de changer mon alimentation. Recommencer à cuisiner et intégrer à nouveau les légumes dans mon alimentation. Abandonner la friture. Arrêter de me trainer avec un paquet de cigarette dans mes poches. J’avais recommencé à fumer au début de l’enquête Latimer. Comme un adolescent, dans le dos de ma femme et de ma fille. Il faudrait que je le fasse pour ma fille. Je le savais. J’ai gravi l’escalier qui menait à mon appartement et j’ai salué ma voisine de palier – celle qui avait déjà à trois reprise appelé l’ambulance parce que je m’étais effondré sur le palier ou qu’elle avait entendu un grand bruit dans mon appartement. Je déverrouille la porte de mon appartement et avec un sourire dans la voix : « Princesse, j’ai acheté du chinois. Tu vas voir… il est… » mais voilà que je coupe en plein milieu d’une phrase.

À cet instant bien précis, je sais que quelque chose ne va pas. C’est un désordre étonnant qui vit dans ce qui a été un refuge. Les tiroirs sont vides. Vêtements et papiers se trouvent au sol. Au beau milieu du désastre, il y a ma fille. Effondrée sur le sol. La première chose que je remarque, c’est le sang sur sa main et sur le parquet en bois franc. J’aurais pu être en colère, parce que je me doute très bien qu’elle est celle qui a causé le désastre. Mais je ne suis pas capable de me sentir en colère contre elle. Parce qu’à ce moment, je vois son regard. Elle est dévastée. Des larmes coulent le long de son visage. Pendant un instant, je me détourne et je file dans la salle de bain. J’ai sorti des pansements et je suis revenu vers elle. Je m’assis à côté d’elle. Hésitant à parler, je crains ce que cette tentative de discussion va nous amener. Je crains d’avoir des explications à donner. « Tu veux bien m’expliquer ce qui s’est passé, ma chouette? » finis-je par demander.

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Ain't no time for a game
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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Mar 26 Aoû - 21:11

William ∞ Lawrence
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Quelques gouttes de sang sur le sol. Quelques larmes aussi. Si je trouve la force de me relever je téléphone à Mademoiselle Cartwright et la pousse à m'expliquer en détails, peu importe les moyens dont j'userais, je saurais. Et tandis que je me dis ça la porte d'entrée de l'appartement s'ouvre. Papa. Ses cheveux poivre et sel, son visage plus creux et barbus mais un enthousiasme nouveau dans sa voix, peut-être bien quelques étoiles dans ses yeux. Jusqu'à ce qu'il les pose sur moi. Nous nous fixons immobiles de longues secondes. Yeux dans les yeux. Rage contre désespoir. Douleur contre compréhension. Oui, il comprend. Je vois grandir une ombre sur son visage. Peur. Peur d'admettre qu'il est malade ou qu'il me l'a caché ? Je me sens vaciller, terriblement. Larmes sur mes joues hurlant mon désespoir et sang sur mes mains témoignage de ma colère. Colère...Sans doute oui, j'ai mal de lui en vouloir, mal d'être confrontée à une fêlure de plus dans notre relation alors bouder me semble à la fois vain et indispensable. Vain car je n'ai pas abandonné Bath pour construire un mur de plus entre nous et que je sais tout lui pardonner. Indispensable car il est grand temps qu'il réalise que me mentir ne me ferra jamais de bien, que me mentir c'est juste mettre en doute tant de choses. Tout comme me cacher quelque chose. Je finis par penser que j'en demande peut-être trop. Dix huit mois que je vis dans le mensonge, deux jours que je suis de retour et un nouveau mensonge de front. Enfin, un mensonge, pas vraiment. Un secret plutôt. Demander une sincérité à toutes épreuves c'est peut-être trop. Je rêvais une relation père/fille parfaite, je rêvais la continuité de notre complicité passée. Les choses changent. Mon père ne m'aurait jamais menti avant il y a un an et demi, peut-être qu'après l'avoir fait une fois l'engrenage est lancé, notre confiance rompue, notre alliance fragilisée. Peut-être notre relation est-elle devenue banale, la franchise n'y faisant plus office de ligne maîtresse.

William disparaît dans la salle de bain, revient désinfectant et pansement en main. Je le regarde froidement, sans la moindre expression sur le visage. Sans la moindre expression en moi. Juste une envie de crier, de casser et de fuir. Oui, partir, bonne idée. Partir et oublier mes parents ! Ma mère qui a gâché notre famille en or. Mon père à qui je ne peux plus faire confiance. Il s'assied à coté de moi et je continue à le fixer de ce regard vide. Mâchoires serrées pour cesser de pleurer ou éviter de hurler je ne sais pas, j'attends qu'il ouvre la bouche. Un peu comme avec le message que je me suis retenue d'envoyer à ma mère, je sais que si je parle je vais sortir tout ce que j'ai sur le cœur et ce n'est pas franchement une bonne idée. Alors je me retiens de parler et laisse le silence s'installer. Et soudain je me rends compte qu'il ne fait pas silencieux du tout, la radio toujours enclenchée faisant vibrer les murs. Depuis l'entrée de mon père j'ai été focalisée sur le silence lourd planté par la scène que j'ai déclenché mais à présent je me déconnecte et retrouve un peu la notion du monde qui m'entoure. Du désastre qui m'entoure. Je me demande un instant s'il me ferra une remarque quant à l'état dans lequel j'ai mis son appartement. Je pense que s'il fait ça je ramasse mon sac et m'en vais. Il aurait suffit de quelques révélations de sa part et je n'aurais pas été forcée d'agir ainsi. Tout comme il y a dix huit mois il aurait suffit qu'il me dise la vérité et je n'aurais pas eu à boycotter ses appels.

Il m'a parlé. J'ouvre de grands yeux, le dévisage et, lentement je me lève. Perlent quelques gouttes de sang sur ma paume mais je ne sens rien. Je reste plantée devant lui un long moment. De nouveau la confusion dans ma tête. Puis la révélation. Libération.

Ce qui s'est passé ? Bah je saurais pas trop dire, je me suis réveillée et puis je me suis dis que j'allais mettre ton appartement sans dessus dessous! Tu crois que j'ai un problème ? Peut-être que je suis MALADE !

Penchant légèrement la tête sur le coté j'offre un large sourire à mon père. Ironie.

Attends, non, merde, oublie ce que je viens dire on ne se dévoilerait jamais ce genre de choses dans cette famille !

Ma phrase se termine dans les aigus. Un cri. De la colère. J'envois valser la radio au sol. J'ai bien l'impression que des larmes me gâchent la vue mais elles ne couleront pas. Aucun sentiment. Ma révélation. Me montrer fragile, me montrer douce, me montrer compréhensive c'est donner à mon père des excuses pour me mentir. Je suis vulnérable il faut m'épargne trop de souffrance surtout qu'elle est ouverte la petite elle finira par pardonner. Merde. Alors je crie et qu'il comprenne que j'ai besoin de savoir. Savoir pour ne pas devenir folle. Si je ne suis pas une paranoïaque dans l'âme, dans ce cas ci j'imagine déjà mon père mourant. Imagine? Qui sait s'il ne l'est pas? Qui sait si notre dernière année ensemble ne vient pas de s'écouler dans l'éloignement? Ces réflexions m'assaillent de plein fouet et c'est un nouveau livre par terre.

Mademoiselle Cartwright c'est une amie à toi pas vrai? Ou alors tu vas me sortir que c'est ta maîtresse?
Il est toujours assis et je le contourne. Doucement. Méprisante. C'est un joli mensonge ça pas vrai? J'ai pris une maîtresse c'est pour ça qu'on divorce! J'ai pris une maîtresse c'est pour ça que je connais un médecin! Je l'imite, je le moque. Je rage et m'appuie contre un mur. Ma tête frappe la brique et je me laisse glisser le long de la paroi blanche. Genoux contre la poitrine, bras croisés et regard rivé sur lui. Sur lui.
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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Mar 26 Aoû - 22:57

J’avais tellement voulu protéger ma fille. Tellement voulu qu’elle se sente bien avec moi. Dès la première seconde où j’avais eu le bonheur de la serrer contre moi, je m’étais juré que je ferais tout ce qui était dans mon pouvoir pour m’assurer que rien ne lui arrive. Je voulais la protéger et m’assurer qu’elle grandisse en sécurité. Bien entourée. Avec de l’amour à profusion. Mais malgré toute ma bonne volonté, j’avais dû me rendre à l’évidence que je ne pouvais pas la protéger de tout. Comme tous les autres enfants, elle était tombée. J’avais appris à soigner les genoux écorchés. Mais rien, rien dans aucune des douleurs que ma fille avait vécu ne pouvait se comparer à celle que je lui assénais depuis un an. Si avant, j’avais été parfait pour elle. Mes bras avaient perdu leur côté rassurant. Je lui avais appris à me fuir. Si je ne comprenais pas sa réaction, je savais très bien que ma fille avait mal présentement. Un mélange de colère et de douleur. Quelque chose d’inexplicable. J’avais peur. Peur d’être la cause de ses souffrances. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas venir d’être celui qui l’avait brisé.

Le silence avait peut-être été de trop. Parce que quand sa voix s’éleva, la fureur criante me rendit pratiquement sourd d’un coup sec. « Peut-être que je suis MALADE ! » et je ressentis un coup de poignard dans le cœur. Elle savait. Je ne savais pas ce qu’elle savait. Mais elle savait quelque chose. Elle savait que je n’allais pas bien. J’aurais aimé qu’elle se taise. Elle avait passé l’âge où un vaporisateur contenant de l’eau avec une étiquette de poussière de fée pouvait réparer une égratignure. Je n’avais absolument aucun remède contre un cœur brisé. « MALADE » comme un cri. C’était encore pire que ce que j’aurais voulu. Je n’avais même pas eu le temps de préparer le terrain. Comment est-ce qu’elle avait bien pu savoir? Je voyais sur son visage cette espèce de sourire sarcastique. Des mots sans appels, hurlés, qui vinrent directement se planté dans mon cœur. Trop ébahi, je n’arrivais pas à répondre aux mots de ma fille. Je n’entendais qu’à demi quand elle me hurlait : « Attends, non, merde, oublie ce que je viens dire on ne se dévoilerait jamais ce genre de choses dans cette famille ! » Je préférais rester au sol à demi-effondré. S’il y avait un doute à avoir, il était maintenant dissipé. Je me mordais les lèvres. Elle savait. Et ça me faisait mal. Tellement mal. Pour la deuxième fois de ma vie, je réalisais que j’avais peur. Peur de ma maladie. Peur de la mort. Peur du temps qui me manquait. Peur que ma fille soit revenue mais qu’elle aille trop peur pour m’épauler au moment où j’avais absolument besoin d’elle dans ma vie. Je n’étais même pas capable de soutenir le regard de ma fille. Il aurait fallu que j’agisse en homme et que je sois capable au moins de lui dire de baisser le ton. Mais soudain ma gorge me semblait trop sèche pour que je puisse parler. Je fis un faible effort et un petit « Law » réussit à franchir mes lèvres.

J’étouffais. Je ne trouvais ni la force de rester au sol, ni celle de me relever. J’avais l’impression d’assister de manière impuissante à la destruction de mon univers. La tête me tournait. L’honnêteté aurait sans doute été la plus simple des politiques. Lawrence était intelligent. Elle aurait compris. Mais là, elle ne pouvait pas comprendre. Pas plus que moi je pouvais comprendre pourquoi je lui avais caché ce détail. Je cherchais, un mot, une parole, une virgule. Mais je n’avais rien. Rien alors que sa voix s’éleva encore une fois. « Mademoiselle Cartwright c'est une amie à toi pas vrai? Ou alors tu vas me sortir que c'est ta maîtresse? » J’ai l’impression que ma fille vient de me gifler. Pas un geste. Mais d’un coup, le regard dégouté qu’elle pose sur moi me saoule. J’ai une nausée qui n’a pas de nom. Je sens mon cœur qui bat. Régulier. Nous n’en avons pas vraiment parlé depuis qu’elle est revenue. De sa mère et de moi. Et voilà que je suis confronté à l’ensemble des cochonneries que je lui ai fait au courant des dix-huit derniers mois. Sans l’avoir clairement dit, je me doutais qu’elle savait. « C'est un joli mensonge ça pas vrai? J'ai pris une maîtresse c'est pour ça qu'on divorce! J'ai pris une maîtresse c'est pour ça que je connais un médecin! » Je soufflais péniblement. Elle me semblait comme trapper dans ma maison. Prisonnière. Autant que je me sentais prisonnier de mon corps.

Il me fallut un instant, un long moment après ses cris pour que je reprenne peu à peu mes esprits. Amer et retenant un cri, j’ai murmuré à voix basse : « La docteure Cartwright n’aurait pas dû te le dire. Elle n’avait pas le droit. Ce n’était pas… » et j’avais beau vouloir blâmer quelqu’un d’autre. Je savais que j’étais au cœur du chaos qui régnait présentement dans la vie de ma fille. Lentement, j’ai passé une main sur mon visage. « … pas professionnel de sa part. » Je ne me sentais pas bien. Propulsé à l’extérieur de ma zone de confort, je me voyais obligé de passer aux aveux et de prendre tous les blâmes que je méritais. Je me suis relevé et je suis allé m’installer en silence sur le sofa. Je ne voulais pas qu’elle l’apprenne comme ça. Je voulais prendre mon temps. Je voulais pouvoir lui expliquer pourquoi j’avais pris ces décisions, pourquoi je lui avais caché aussi longtemps, pourquoi. Mais pour l’instant, tout ce que je ressentais, c’était un lourd sentiment de colère. J’avais le droit d’avoir besoin de temps. J’avais le droit d’avoir la chance de choisir les bons mots. Le sofa a craqué sous mon poids lorsque je m’y suis assis. Une vague de douleur silencieuse m’a tranquillement assailli. Le stress n’était pas bon pour mon cœur. J’ai poussé une petite plaine et j’ai fouillé dans la poche intérieure de mon veston pour en sortir des cachets.

Machinalement, j’ai défait deux comprimés et je les ai avalés sans eau avant de les remettre là où ils allaient. Lentement, très lentement, j’ai plié et déplié ma main gauche. Que le cœur se calme. Mon regard était simplement incapable de soutenir celui de ma fille. Il fallait que j’attende que la douleur passe avant de tenter une explication. Que j’attende d’avoir assez de souffle pour pouvoir le dire à ma fille. Je réalisais à peine que des larmes à mi-chemin douleur, à mi-chemin tristesse s’écoulaient. Je me sentais faible et pathétique lorsque j’ai murmuré : « Je vais bien… ». Mais avec les comprimés que je venais de prendre, c’était un mensonge de plus. Une vaine tentative de diminuer mon état. Un effort immense pour ne pas l’inquiéter outre mesure. J’étais lâche. Je n’étais pas capable de l’affronter en face. Lui dire. Lui dire rendait ma maladie tellement réelle et effrayante. Lui dire me donnais l’impression d’être en train de mourir pour de vrai. Elle aurait peur et j’aurais peur. Ma voix trembla lorsque j’ouvris la bouche pour laisser transparaître un petit : « Je suis désolé, Lawrence… Tellement, mais tellement désolé. » Je tentais de garder un peu de contenance. Juste assez pour tenter de m’excuser. Juste assez pour réussir à m’expliquer. Lui mettre des mots sur les questions qui devaient se bousculer dans sa tête. Je déglutis lentement. Mon cœur battait la chamade. J’étais incapable de répondre. Incapable d’avoir une phrase assez complète pour lui expliquer. Un sanglot précipité a franchi mes lèvres. Comme un gamin pris la main dans le sac, je me sentais coupable. Un grand hoquet encore et j’ai murmuré : « Tu devais pas... Je… te l’aurais… » mais les mots me manquaient et la musique enterrait la tentative de ma voix d’être assez forte pour être entendue.

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ÂGE DU PERSONNAGE : 33 ans
CÔTÉ COEUR : Tout juste mariée à Jimmy Muray et heureuse dans son couple, bien qu'elle craint qu'ils n'aient été trop rapides
PROFESSION : Danseuse à Londres et professeur de danse classique au conservatoire de Tenby
REPUTATION : Quand elle est partie, la demoiselle était anonyme, la voilà qui revient populaire. Personne ne comprend pourquoi elle a abandonné le succès et le luxe pour s'installer à Tenby. Pas même elle.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Mer 27 Aoû - 22:40

William ∞ Lawrence
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Ma tête a frappé la brique et c'est une douleur lancinante sur mon crâne. Une souffrance par vagues, une souffrance qui part et qui revient comme la lumière d'un phare. Un phare voilà ce dont j'aurais besoin. Une lumière vive pour éclairer mon petit monde, éclaircir mes pensées, me donner un cap à suivre. Pardonner ? Oublier ? Fuir ? Abandonner ? Questionner ? Incapable de définir mes positions je me renfrogne dans la rage et les cris qui sont autant de poids ôté de mes épaules et pourtant autant de mots que je regretterais. Mais à présent effondrée au sol le regard rivé sur mon père je sais que plus guère de cris ne franchiront ma gorge. D'ailleurs si je m'écoutais je ne parlerais plus du tout. Je voudrais fermer les yeux et m'endormir le temps de rêver que les révélations de Savannah Cartwright n'étaient que dans mon imagination. Sauf que William est là, non loin, fragile, replié, perdu, incapable de soutenir mon regard. Je regrette le dédain qui redessine mes traits mais il est plus fort que mon envie de le pardonner. Je méprise son incapacité à me regarder. Sa lâcheté. Je ne cesse de fixer mon père qu'un instant, le temps de poser un regard exaspéré sur la radio qui continue à faire vibrer les murs malgré la chute que je lui ai faite subir. Elle balance toujours un hard-rock sauvage et agressif. Le volume n'aidant pas le mal de crâne dû au choc je perds pied un instant et sent la pièce basculer dans le noir. Etrangement ce néant me fait du bien. Plus de William en vue, plus de pièce ravagée par ma colère, plus de blancheur absurde des murs. Juste des ombres. Et je soupire d'aise. Me déconnecter de la réalité me fait un bien fou. Et quelques mots de mon père me ramènent sur terre et me font bouillir plus encore. Décuplant l'idée de lâcheté qui suintait déjà de son comportement il retourne la faute sur Mademoiselle Cartwright. Si j'en avais la force j'aurais pris la porte. Et sans prendre le temps de récupérer ma valise ce coup-ci parce que rester aux cotés de cet homme que j'ai aimé plus que tout et qui me déçoit comme jamais c'est tout simplement plus fort que moi. Mais mes membres ne répondent plus, est-ce à cause de la fatigue ou de la colère je ne saurais le définir, tout ce que je sais c'est que le seul témoignage de ma colère que je peux lui montrer passe par mon visage de marbre et mon regard de glace. Lorsque je le vois bouger je frémis presque craintive. Je ne sais pas bien pourquoi je réagis ainsi, je sais trop bien que je n'ai pas à avoir peur de lui mais je crois plus redouter une approche affective qu'un acte violent. Il s'avachit dans le sofa et je soupire de soulagement. De façon un peu désespérée je cherche une énième fois à capter son regard mais il est perdu dans le vide, dans un ailleurs fait, semble-t-il, de douleur et d'amertume.

Je voudrais défendre la pauvre cardiologue qu'il attaque sans raison valable. Je voudrais mais une fois de plus les mots sont coincés dans ma gorge. Je n'ai jamais vécu pareille situation. Un manque de répondant oui, je n'ai jamais été particulièrement douée pour les joutes verbales. Enfin, si, je me souviens d'une récréation au début de mes années de lycée. Un souvenir qui revient à ce moment pour une raison évidente. Un petit caïd fils de caïd avait insulté William devant la moitié de ma classe. A l'époque mon père avait des difficultés avec l'enquête Latimer -pas encore LE soucis bien connu, juste un manque de progression significatif- et le petit mec avait démonté mon père. Animée d'une force et d'une énergie que je ne me connaissais pas -que personne ne connaissait à la gentille demoiselle isolée que j'étais-, je l'ai pêcheté avant de défendre passionnément mon papa, mon héros. Aujourd'hui je me demande si mes arguments étaient fondés si je n'étais pas simplement aveuglée. Aveuglée par l'amour et l'admiration. Quoi qu'il en soit, si je n'ai jamais eu beaucoup de répondant, perdre ma capacité à produire un quelconque son est une nouveauté. Alors je subis. Je subis ses mots. Un mensonge de plus et mon cœur qui se déchire de le voir persévérer sur cette voie. Je voulais croire que ma douleur lui aurait ouvert les yeux sur la fêlure que cause le moindre de ses mensonges. Mais non. Il me dit qu'il va bien. Et je crie intérieurement et je voudrais être ailleurs. N'importe où. Auprès de ma mère serait encore mieux qu'ici. Ici où je vois mon mythe s’effondrer. Ici où je vois s'achever le règne de notre complicité déjà effritée pas dix-huit mois d'éloignement.

Je m'étais dit que je n'hausserais plus le ton. Je m'étais dit que je devais l'épargner. Maintenant je n'ai plus la moindre compassion juste un besoin d'évacuer la rage que fait grandir en moi la déception que me cause cette conversation. Difficilement, prenant appui sur le mur dans mon dos, je me relève et m'avance vers lui. Un pas. Je n'aurais jamais dû revenir. Je gardais un souvenir idéalisé de lui. Je le voyais héroïque, je le voyais puissant. Finalement il n'en n'est rien. Tu as été tout pour moi, tu as été mon monde entier, le seul qui comptait. Tu as été tout. Tu as disparu. Mais rien n'avait changé. Je voulais croire que je pourrais t'en vouloir pour le mal que tu nous avais fait mais rien. Je l'admets. Je hausse les épaules. Un deuxième pas. J'entends en boucle les excuses qu'il vient d'exprimer. Elles me fendent le cœur, distillent mes pensées. Mais je me bats. J'admets que t'aurais pu tuer quelqu'un j'aurais continué à t'aimer parce que... Ma voix tremble. Je sers les dents et reprends le regard à présent planté dans celui de William. Qu'il me regarde. Qu'il m'entende. Qu'il réalise l'étendue du mal qu'il me fait. Parce que c'est la vie. Parce que quatorze ans avec toi ont fait de toi mon héros. Et là tout s’effondre. Tu me brise le cœur tu sais? Trois pas et c'en est fini de moi. C'est mon cœur et me voix qui se brisent. Et la froideur dans mon regard et mes genoux sous mon poids et ils frappent le sol et je sanglote douloureusement et ma tête tombe sur le sofa et je suis prise de soubresauts. Mes barrières effondrées. Je ne sais plus ce qu'il m'a dit. Je ne sais plus ce qu'il m'aurait fallu répondre. Je ne sais plus rien, juste que m'envahissent tristesse et peur que je rechignais à accepter, que je barricadais derrière des montagnes de haine. Pitoyable je suis. Brisée pour un rien. Brisée pour un million de choses.
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Et si on se battait pour le bonheur?
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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Ven 29 Aoû - 5:23

L’acquisition de la parole était l’une de ses grandes étapes que nos enfants franchisaient. Je ne saurais décrire l’espèce de vague d’émotion qui m’avait envahi lorsque ma fille avait prononcé ces premiers mots. La communication, j’avais toujours considéré que c’était quelque chose d’essentiel. Sans mots, comment se lier avec autrui? Je n’avais jamais été un poète. Je n’avais ni l’orthographe d’un auteur de dictionnaire, ni la poésie de Shakespeare. Pendant un bref instant, je réalisais que nous les avions utilisés dans plus d’un contexte. Il y avait des mots d’amour. Je regrettais de ne pas les avoir dits assez souvent. J’avais bien beau aimé Elizabeth, j’étais plus démonstratif dans mes gestes que dans mes paroles. Il y avait des mots tabous. Ceux que je n’avais jamais osé prononcer par peur de voir des gens me quitter. Les gens qui savaient que j’étais malade parce que je leur avais dit, je pouvais les compter sur les doigts d’une main. Il y avait des mots craints. Je savais que le fameux « chérie, je te quitte » était en haut de la liste de beaucoup. J’avais opté par une variante silencieuse. Quand Elizabeth était venue à la maison ce soir-là, celui où j’avais finalement jeté l’éponge, elle avait simplement trouvé mes tiroirs vides. C’était le signe que notre communication était défaillante. Il y avait aussi ces mots blessants. J’aurais tellement aimé pouvoir être capable de me lever de ma chaise pour aller la prendre dans mes bras et pour enlever la longue liste de mots blessants qu’elle avait présentement en cœur. Mais à la place, je restais assis sur le sofa à la regarder, peinant à se tenir debout face à la hauteur de l’insatisfaction qu’elle ressentait face à moi. J’étais un père horrible de lui avoir caché cela. Je méritais chacune des reproches qui trouveraient le courage de franchir ses lèvres. Je craignais son regard froid et la douleur que je venais de lui causer. Pourtant, les premiers reproches qui franchirent ses lèvres n’avaient rien de ce que je m’attendais après la déception que je venais encore de lui causer. J’étais doué pour décevoir depuis quelques années. « Tu as été tout pour moi, tu as été mon monde entier, le seul qui comptait. Tu as été tout. Tu as disparu. Mais rien n'avait changé. Je voulais croire que je pourrais t'en vouloir pour le mal que tu nous avais fait mais rien. Je l'admets. » et je restais sans voix. Il valait peut-être mieux que je ne dise rien. Si j’interrompais, j’avais peur qu’elle ne puisse pas recommencer. Je savais que quand moi j’aurais la force de parler, si elle m’interrompait, ma voix se terrait. Il me vient en tête l’image de moi à mon mariage. De comment j’avais regardé la foule en espérant que personne ne parle lorsque le pasteur avait dit que quelqu’un s’y oppose ou qu’il se taise à jamais. Si quelqu’un s’était levé comme dans les films, j’aurais paniqué. Sauf que ce n’était pas ce qui se passait présentement. Il n’y avait personne. Que le son étouffant d’une radio qui diffusait une musique que ma fille aimait fort probablement mais que je détestais. Sa voix continua à émettre des mots d’un ton neutre : « J'admets que t'aurais pu tuer quelqu'un j'aurais continué à t'aimer parce que... » et je trouvais finalement le courage de remonter les yeux. Elle s’était avancée de deux pas vacillants. J’avais brisé ma fille à force de vouloir la protéger. Je n’étais pas capable de l’aider convenablement. Elle continua d’une voix sévère : « Parce que c'est la vie. Parce que quatorze ans avec toi ont fait de toi mon héros. Et là tout s’effondre. Tu me brise le cœur tu sais? ». Elle tomba au sol en proie à des larmes qui faisait mal à mon cœur de père.

Soudainement, j’étais incapable de gérer le tas de son qu’il y avait dans mon appartement. Le son des larmes de ma fille avait fait taire le son de mes larmes. Il fallait que je la console. Il fallait que je trouve le moyen de corriger les erreurs que j’avais faites. Sans que je ne le réalise, je me relevais du sofa. Des mots de défenses me virent en tête. Ces mots que j’aurais pu dire à mi-chemin entre un mensonge et une vérité. Mais je savais que ce n’était pas la bonne chose à faire. Mais ma réaction fut tout autre. Je me relevais d’un petit geste et je marchais jusqu’à la radio. Il fallait que je la fasse taire. Il y avait trop de sons. Trop de bruit pour que l’on puisse communiquer dans notre chaos personnel. Je retrouvais enfin ma place à côté de ma fille. Lentement mais surement, ma main alla doucement se blottir dans son dos. J’aurais aimé aller la prendre dans mes bras comme je faisais quand elle était petite, mais ma main se contenta de lentement tracer un grand cercle dans son dos. Doucement, la calmer et peser mes mots pour confier ce que j’avais à confier à ma fille. Je me râclais lentement la gorge. Il fallait que je choisisse les bons mots pour la réconforter. Ma voix trembla comme une feuille lorsque je parviens pour la toute première fois à parler. « Je m’excuse princesse. Je sais que… » mais je songeais à ce que je croyais savoir et il me semblait que je ne savais plus rien. Dans mon univers, plus rien ne semblait roulé au beau fixe. Tout semblait sur le point de s’écrouler. Il fallait que je sois honnête et que je prenne ma part de responsabilité dans l’écroulement de la toute dernière année. Si je savais quelque chose par contre présentement, c’était que je lui avais fait mal. C’était la seule chose qui était certaine. C’était probablement une bonne idée de partir sur la seule chose que je pouvais considérer comme une base solide pour cette discussion imposée de force. « … je sais que je t’ai fait mal ma grande au courant de la dernière année et demie… » repris-je d’une voix pourtant marquée. Demi-sommeil. Trop de réveil en sursaut. Je sonnais vieux et las. Mais je ne pouvais pas expliquer quoi que ce soit sans justifier dix-huit mois d’absence de sa vie. La première fois ou l’on m’avait dit que j’étais malade, il n’y avait eu aucun pronostic. Le seul encore à ce jour que je pouvais avoir c’était que si je continuais de me négliger autant, le temps m’était compté plus que ce que je pouvais admettre. Ma maladie se glisserait dans la conversation. Mais pas toute suite. Il fallait que je parte du début. Je ne pouvais sauter aucune étape dans cette explication de mon comportement de triple idiot au courant des derniers mois. Une autre excuse franchis mes lèvres. « J’en suis tellement mais tellement désolé, Lawrence. Je te jure que je ne voulais absolument rien de ce qui s’est passé. Je ne voulais pas gâcher ses quatorze années. ». Je cherchais comment expliquer l’importance qu’elle avait eu dans ma vie. Mais je me sentais maladroit. Tellement, mais tellement maladroit lorsque je cessais finalement le contact sur son dos pour rester là, les bras ballants dans le vide à la fixer avec une moue triste que je retenais péniblement. « Parce qu’elles sont sérieusement la seule chose bien que j’ai eu l’impression d’avoir fait pendant toute ma vie. » expliquais-je doucement d’une voix qui se retenait de s’écrouler. Comment pouvoir lui expliquer qu’elle valait mille fois les enquêtes les plus fantastiques que j’avais faits? Comment lui dire qu’aucune des promotions que j’avais obtenue ne pouvait égaler le bonheur que je ressentais de la savoir en vie? Si sa vie tournait à la réussite, je serais heureux. J’aurais accompli ce que j’avais nécessairement à faire dans ma vie. Mais j’étais trop maladroit et trop habitué au mensonge, moi qui n’avais jamais pourtant menti avant de prendre le blâme pour Elizabeth, pour être capable de trouver ce qui me semblait être les bons mots.

J’ai hésité pendant un petit moment. Il faudrait nécessairement que je parle de mon état à ma fille. Ma voix a tremblé doucement lorsque j’ai murmuré : « Quand Ellie… » mais le nom de mon ex resta coincé dans ma gorge. Je me doutais que ma fille me reprochait l’allure complètement douce de son prénom dans ma gorge. Je devais être masochiste et ne pas l’assumer pour l’aimer encore malgré toutes les engueulades que nous avions vécu toute les deux. Des mots en trop. Des mots sans mobile. J’ai fermé les yeux et j’ai fait un deuxième effort : « Quand ta mère m’a… » mais j’étais incapable de parler avec ma fille de l’infidélité de sa mère, de comment elle m’avait appelé ce jour-là avec de la panique et de la honte dans sa voix. De comment j’avais été incapable d’être fâché contre Elizabeth. Renonçant à l’idée d’affronter ce soir ou ma vie avait basculé pour une énième fois, j’ai pensé à ma relation pathétique avec ma mère. Tout ça parce que je n’étais pas le genre de personne qui pardonnait. Si l’amour entre parents et enfants était éternel, ce n’était pas mon cas. J’ai doucement fermé les yeux et j’ai murmuré : « Je voulais que tu ailles une relation avec elle… C’est important Law… ». Mais j’étais complètement incapable de lui dire pourquoi et que je refusais l’option chirurgicale de peur de mourir sur la table. Séchant péniblement mes larmes, je l’ai regardé doucement. J’ai fermé les yeux et j’ai dit : « Je sais que ça peut paraitre idiot, Law. Mais j’ai fait ça dans l’espoir de te protéger en majorité de moi. ». Je sonnais cliché. J’avais voulu la protéger de la douleur de perdre la personne que l’on aimait quitte à ce qu’elle apprenne mon combat après ma mort. Je n’avais pas pensé lui demander son avis. J'étais un connard de la pire des espèces qui venait simplement de le réaliser.

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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Ven 29 Aoû - 17:40

William ∞ Lawrence
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Je me souviens. Je me souviens les larmes. Toutes ces larmes que j'ai pu verser au cours de ma vie. Enfin non, pas toutes. Uniquement celles qui ont coulé auprès de mon père. 2 août 1998. J'ai vu le jour, j'ai inspiré et crié. Pour la première fois. Et puis j'ai pleuré. Un bébé parmi tant d'autres. Mes parents m'ont souvent présenté ce jour comme un des plus importants de leur vie. Mon père du moins. Ma mère quant à elle avait sa version bien à elle. Une version plus réaliste, moins rédigée d'avance. Elle se souvient ce jour comme celui où elle a perdu 3 kilos 200 grammes d'un coup. Elle s'est souvent plein des kilos pris au cours de sa grosses. Je ne peux pas lui en vouloir, elle n'a pas tort après tout, à cause de moi elle a du troquer sa belle silhouette que j'ai souvent vu en photos contre des formes plus généreuses qu'elle n'est jamais parvenue à perdre. En même temps ça ne l'a pas empêché de séduire un jeune flic plutôt canon et d'en faire son amant. Mai 2003. Un gravier sur le trottoir, mon vélo déstabilisé et mon front sur le sol. A peine une perle de sang au sommet de ma tête et pourtant de nombreuses larmes sur mes joues. Et des mots réconfortants de mon père qui me pousse à remonter en selle, moi, la petite guerrière qu'il voulait que je sois. Un après-midi comme tous les enfants du monde en vivent -devraient en vivre- : papa décide qu'aujourd'hui il vous apprend à rouler à vélo et c'est parti. Et malgré les petits bobos et malgré les craintes on persévère pour le rendre fier. Décembre 2005. Ambitionnant de faire une surprise aux parents je grimpe à une échelle et cherche à décorer le sapin de Noel qui trône au milieu du salon et qu'on vient tout juste d'installer. Je rate un échelon et me retrouve les fesses à terre la boule de Noel que je voulais accrocher brisée entre mes mains ensanglantées. Un cri et de douloureux sanglots interpellent mon père qui panse mes blessures et termine la décoration avec moi tout en se dandinant sur des airs traditionnels rythmés par les clochettes des traîneaux. Juin 2009. Les examens qui approchent. Le diplôme de fin de primaire à portée de mains et la panique qui m'envahit, le doute qui s’immisce dans ma tête, un stress sans fondements aux vues de mes bulletins de notes mais qui me fait perdre mes moyens et me fait verser des larmes de désespoir devant mes cahiers. William qui se porte volontaire pour réviser avec moi et faire s'évacuer mon stress et s'évaporer mes larmes. Mars 2013. Des révélations assis face à face dans le salon de Bath. Un rire nerveux qui se veut ironique, un je ne te crois pas assuré et des contestations. Une infinité de non, un déni présenté comme à toutes épreuves et finalement des certitudes qui flanchent, qui deviennent vagues, finissent en doutes puis s’évanouissent à force de répétitions. L'acceptation. Les larmes. Pire que toutes. Les larmes qui signent une fin. Les larmes causées par mon père. Les larmes qu'il ne séchera pas avant de partir parce qu'il veut les laisser couler ou parce que je refuse qu'il m'approche. Août 2014. On ne devait pas pleurer. De joie peut-être mais rien de plus. Cette conversation n'était pas au programme -les plus importantes n'y sont jamais faut dire-. Et pourtant je sanglote comme jamais. Déchirée. Dis huit mois que je ne concevait rien de pire que le chagrin causé par l'abandon. Dix huit mois que je me trompais. Voir mon père partir m'a brisée. Imaginer le perdre me consume. Un an et demi au paravent j'ai pleuré la solitude dans laquelle il me laissait, les moments que nous n'aurions plus l'occasion de partager. Aujourd'hui je pleure sa souffrance plus que celle que m'inflige la situation. Je ne l'admets pas mais c'est bien ça qui me donne le plus envie de crier. Pas son mensonge, pas son secret. Juste la douleur que lui inflige un mal. Juste la possibilité qu'il meurt et, là intervient mon égoïsme, que je le perde.

Je repense à ce qu'il a dit. Entre deux sanglots je cherche à comprendre. « Tu devais pas... Je… te l’aurais… » Je te l'aurais dit. Quand ? Je conçois qu'il n'ai pas tenu à me le dire. Je me suis emballée. La peur m'a poussé à réagir de façon trop impulsive. Démesurée. On vient de se retrouver je comprends qu'il ne m'en ai pas parlé de suite. On se réjouit de nos retrouvailles, on profite. On aborde pas ce genre de sujets. Cependant si c'est si complexe à dévoiler c'est que c'est bien aussi grave que ce que la panique m'a laissé imaginer. Pire peut-être. Je suis incapable d’envisager concrètement la possibilité qu'il soit condamné pourtant l'idée est bien présente dans ma tête. Constamment. Un nuage de vapeur, un oiseau de mauvaise augure qui s'évapore chaque fois que je que je pense à l'aborder sérieusement. Parce que c'est trop douloureux. Parce que mon cerveau veut m'épargner il ne me laisse pas accéder à cette possibilité en la laissant tout de même flotter dans mon esprit afin que je m'y accoutume. Cette révélation ne m'aide pas à sécher mes larmes, au contraire, mes sanglots se font plus secs, plus douloureux. Plus saccadés aussi à cause de ma respiration étouffée. Je me sens pitoyable. M’effondrer ainsi alors que nous avons tant de choses à nous dire n'est pas une bonne idée mais ce n'est pas vraiment comme si je parvenais à me contenir. Papa coupe la radio et cela me fait du bien. Plus de vacarme étourdissant. Mes pensées se font un peu moins confuses. Je cesse de sangloter. Je respire. Je réalise que j'ai soudain envie de me blottir dans les bras de mon père. Que l'on cesse de parler. Que l'on oublie le mensonge et la maladie. Que l'on parle de tout, de rien, que l'on ne parle pas du tout. Juste passer du temps ensemble sans se faire souffrir mutuellement. Mais sans doute est-ce trop demander après tout le sujet est lancé et il faudra bien le conclure si l'on veut pouvoir espérer se retrouver comme avant. William passe sa main dans mon dos, me fait d'abord trembler puis me détend. Inspirer. Expirer. Je voudrais relever la tête mais je crains de fondre en larmes en croisant son regard, je reste donc le visage enfoncé dans le vieux cuir du sofa. Et j'écoute. Lentement mon père commence à parler. Trêves de cris et de pleurs, voici les explications. Des excuses tout d'abord. Moi aussi je devrais lui en fournir. Evidemment. Sa voix est fragile. Gâcher ses quatorze années. Il ne l'a pas fait, sans doutes me suis-je emballée s'il en vient à ce genre de conclusions. Bien sur que non il ne l'a pas fait. D'ailleurs le souvenir de nos quatorze années est justement ce qui m'a permis de tenir le coup. Ce qui me sortait la tête de l'eau lorsque je me noyais à petites gorgées. Lorsqu'il m'annonce qu'elles sont la seule chose bien qu'il a eu l'impression d'avoir fait pendant sa vie, je le sens prêt à craquer. Parce qu'il est complexe de dévoiler ses sentiments ou parce qu'il regrette d'autres choses faites dans sa vie ? Je ne comprends pas bien comment il peut penser pareille choses, après tout il a toujours été quelqu'un de bien et ce bien avant ma naissance ! Peut-être que suite au divorce il a basculé dans un état moins admirable -j'ai bien vu que ses collègues ne le regardaient pas avec admiration et amabilité- mais ce n'est rien comparé à tout ce qu'il a pu faire. Une boule revient m'entraver la gorge alors que je me pensais apaisée. Un silence s'installe un moment. Plus de sanglots pour le troubler, plus de hard rock non plus. Plus de cris, plus de rythme agressif, plus de coups sur les tambours de la batterie qui viennent bousculer nos réflexions, plus de voix suave emmenant loin nos pensées, plus de paroles violentes. Trêves de ces petites déchirures, ces petites blessures à mon âme cherchant à s'apaiser et que la musique venait noircir. Je remercie intérieurement mon père d'avoir coupé la radio. Un peu pour la hard rock mais surtout parce qu'il nous évite la voix enfantine d'un animateur radio mauvais au jeu de l’hypocrisie que lui impose son job et qui allait faire suite à ce morceau de musique. "Je suis content de vous retrouvez !", "Ce nouveau morceau est mon préféré !", "Je suis ravi de vous offrir des places pour le concert de l'année !". L'entendre m'aurait écœurée. Mielleux. Menteur en un sens. Le même type de menteurs que ma mère : un hypocrite. Il fut un temps où cela m'aurait amusé plutôt que gênée. Aujourd'hui overdose. Overdose de mensonges censés faire du bien. Je me remémore une dissertation de l'an dernier. J'avais défendu l'idée de Voltaire selon laquelle "Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal ; c’est une grande vertu quand il fait du bien" . A présent je vois les choses de façon bien différente. Regard lavé à l'eau salue, pensées désinfectées à coup d'amertume, point de vue renouvelé par la fatalité. Il est naïf et égoïste de croire qu'un mensonge peut produire du bien. Pas d'excuses. Plus d'excuses. Pas à mes yeux. Plus à mes yeux.

Je crois que c'est à moi de parler maintenant. Réagir à ce qu'il a dit. Mais rien. Mon cerveau vide et ma gorge sèche. William reprend. Il parle d'Elizabeth, trébuche sur nombre de mots, souffre d'aborder son ex-femme. Je lui en veux de l'aimer encore mais je n'ai pas le droit de le lui montrer. Parce qu'il en est déjà suffisamment blessé. Je relève enfin la tête et plante mon regard dans le sien. Pour l'encourager à parler. Pour le soutenir sur ce sujet qui le brise. Alors voilà. Voilà pourquoi il a endossé la faute à la place de ma mère. Pour que se tisse des liens entre elle et moi. Si seulement il savait comme ce sacrifice fut vain. Je ne sais pas trop si je dois le confronter à la réalité, s'il est bon de lui faire comprendre qu'elle et moi ne pourrons jamais être proche. Encore moins aujourd'hui que j'ai fait face à la triste réalité. Je me mords nerveusement la lèvre. Ne pas lui dire. Il conclut en m'expliquant qu'il cherchait à me protéger de lui. Me protéger de lui? Je fronce instinctivement les sourcils. Qu'est-ce qu'il raconte? Lentement, difficilement je me glisse sur le canapé. Nous sommes à une certaine distance l'un de l'autre. Je perds mon regard dans la pièce. Quelques secondes. Une minute. Je me décide, m'approche de lui et pose, hésitante, ma tête sur son épaule. Je voudrais tellement me blottir dans ses bras comme avant. Je n'ose pas, me contente de ce contact et patiente encore un peu avant de parler.

Tu n'as rien gâché. Je suis terrorisée à l'idée de te perdre et je raconte n'importe quoi.
Des larmes au bord de mes yeux, ma voix qui commence à chevroter. Je m'interromps. Respire et reprends moins fragile. Tu n'as rien gâché, le souvenir de nos quatorze années est tout ce qu'il me restait une fois que tu es parti. Tu dis n'avoir pas fait grand chose de bien mais moi, au contraire, je ne vois rien de mal. Même partir tu l'as fait en ambitionnant rendre Elizabeth et moi plus heureuses. Elizabeth oui, plus maman. Par contre je ne vois pas de quoi tu voulais me protéger chez toi. Je me tais mais reprends bien vite pour ajouter quelque chose qui me tient à cœur. Après tout j'ai fait une promesse à Mademoiselle Cartwright. Quant à Savannah Cartwright elle n'a rien voulu me dire. Elle a juste peur pour toi et veut que je t'aide.
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◘ I could drag you from the ocean I could pull you from the fire and when you're standing in the shadows I could open up the sky and I could give you my devotion until the end of time and you will never be forgotten with me by your sidehurts.
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Et si on se battait pour le bonheur?
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REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Lun 1 Sep - 23:46

J’avais en tête très clairement cette image de ma fille, blottie dans mes bras à peine quelques heures après sa naissance. Une toison de cheveux roux éclatant sortait d’un bonnet rose correspondant à l’idée que ce petit bout d’humain était une fille. Il me semblait que ce n’était encore qu’hier qu’elle était si petite que je pouvais la tenir dans mes bras. Tout, depuis les premiers moments de vie de ma petite princesse, avait été tributaire de notre relation de confiance. Apprendre à faire confiance, c’était un défi. Sans doute le plus grand défi de toute la petite enfance. Pour acquérir l’indépendance, l’enfant doit d’abord s’attacher à un adulte – celui qui lui procure des soins. Si l’adulte répond convenablement aux besoins de son enfant, ce dernier développe un attachement. Il prendra référence sur l’adulte pour savoir comment réagir à son environnement. Le simple fait de savoir que cet adulte qui se trouve à côté de lui permet à l’enfant de contrecarrer une tonne de barrières que le développement de l’enfant : la peur des étrangers, l’acquisition du langage, la reconnaissance des émotions. Un bon lien d’attachement aide. Mais que je le veuille ou non, quand ma fille me contempla dans le silence à nouveau imposé dans notre petit milieu de vie, je me dis que ce lien de confiance, il avait pris des années à être pleinement établi. J’avais l’impression de l’avoir bousillé complètement en mentant à ma fille. Je savais que c’était une connerie immense. J’avais profondément souffert d’un manque total de jugement. Ma fille avait beau avoir grandi et ne plus être une enfant, elle aurait toujours besoin de moi. J’avais besoin de mon père plus souvent que j’étais capable de me l’admettre. J’étais un homme adulte et majeur depuis longtemps. Et pourtant, parfois, j’aurais aimé que mon père soit encore là. « Tu n'as rien gâché. », me dit-elle en se rapprochant de moi. Elle s’assit à côté de moi et déposa sa tête contre mon épaule. Je constatais la fragilité de notre lien à cet instant. Des années plutôt, le réconfort pour une bêtise que j’aurais fait, elle serait venue le chercher en se blottissant dans mes bras. Pas assise à côté de moi. J’aurais dû l’appeler à ma dernière attaque – celle où j’avais même patienté sagement vingt-quatre heures dans une chambre avant de signer une décharge sans l’autorisation des médecins pour m’enfuir de mon état. Mais je savais que c’était facile à dire mais pas aussi simple à faire. Je n’aurais jamais été capable de le dire à sa boîte vocale. « Je suis terrorisée à l'idée de te perdre et je raconte n'importe quoi. » Une partie de moi aurait eu envie de lui dire qu’elle ne perdrait pas. Sauf que je ne voulais pas lui donner de faux espoir. La douleur cuisante qui m’avait réveillé ce matin, comme à tous les matins depuis de longues semaines, n’était pas complètement effacée de mon cerveau. Je n’allais pas bien et j’en avais conscience. Pas assez bien pour prendre le courage de dire à ma fille qu’elle n’avait rien à craindre pour ma santé. Je risquais juste de lui faire simplement plus de mal en lui cachant. Sauf que je déglutis lentement. Lui lancer la vérité toute crue au visage ne serait pas une bonne idée. Lui mentir n’était pas mieux. Il faudrait que je prenne le temps d’édulcorer ma réalité. « Tu n'as rien gâché, le souvenir de nos quatorze années est tout ce qu'il me restait une fois que tu es parti. » dit-elle. Je fermais les yeux en retenant des larmes. Je ne pouvais pas pleurer devant elle. Pas perdre le peu de contenance que j’avais à cet instant. Je n’avais pas la force de lui expliquer que j’avais vraiment eu espoir qu’elle me renvoie un appel. Sauf que ce n’était pas une bonne idée. Ce n’était pas sa faute. C’était moi qui avais fui. C’était moi qui avais menti. J’étais seul responsable. Le stress me donnait envie d’aller fumer une cigarette mais je ne serais sans aucun doute incapable de gérer avec le cœur en compote. Sans doute que Lawrence me frapperait pour avoir recommencé à fumer – mais ne fallait-il pas que l’on ait tous une dépendance. C’était la mienne et je me détestais pour celle-là.

« Tu dis n'avoir pas fait grand-chose de bien mais moi, au contraire, je ne vois rien de mal. » dit-elle. Je souris tristement. J’aimais cette impression d’être encore son héros. Pendant un bref, très bref moment, j’étais capable de m’imaginer que je n’avais peut-être pas trop ruiner ma vie après tout. Sauf que ce qu’elle ne savait pas, c’était que je connaissais pleinement ma réputation dans cette ville. Sans elle à mes côtés, j’étais devenu un connard de première. Dans cette ville, je n’avais aucun allié. À la fête qu’il y avait eu en ville, j’avais réussi à faire bonne impression en me tenant auprès de ceux que je connaissais. Avait-elle entendu que l’on m’appelait face-de-merde? J’aurais peut-être bien fait finalement d’être gentil avec les locaux parce que je regrettais amèrement. Je me mordis la lèvre. Elle ne m’avait pas vu dans la colère qui avait suivi l’annonce de la grossesse d’Elizabeth. Devant ma fille, j’avais toujours fait des effort monstres pour ne pas montrer que je pouvais avoir un tempérament colérique. Peut-être même que je ne l’avais jamais vraiment eu avant que ma vie ne cesse de faire du sens parce que ma femme s’en tapait un autre que moi : « Même partir tu l'as fait en ambitionnant rendre Elizabeth et moi plus heureuses. » Je mordillais ma lèvres. Mon cœur se serra lorsqu’elle appela Ellie par son prénom. Je lui avais bien demandé de ne pas merder. Mais visiblement, si ma fille en était venue à l’appeler par son prénom, c’était parce qu’elle ne ressentait pas ce que je ressentais à son égard. Voyant l’espèce de distance que je pris, ma fille rajouta : « Elizabeth oui, plus maman. ». Ellie avait encore échoué. J’avais échoué. Je comprenais la colère de ma fille encore mieux. Elle devait se sentir complètement abandonné entre les erreurs de deux adultes majeurs et vaccinés qui n’avaient pas la décence de se décentrer de leur égo surdimensionné deux minutes pour regarder le désastre dans lequel ils embourbaient amis et famille. Nous avions oublié que nous avions une grande fille de quinze ans. Elizabeth s’était laissée emporter par l’amour. J’avais eu trop de problème personnel à gérer pour être capable de regarder Lawrence comme étant une jeune femme en droit de savoir. Pourtant, elle avait le droit de savoir que j’avais peur, que j’étais seul, que mon cœur partait en couille sans aucune raison apparente, que la mort me tétanisait parce que c’était une des optiques possible de ma condition si je n’acceptais pas de me faire soigner. « Par contre je ne vois pas de quoi tu voulais me protéger chez toi. » dit-elle. J’ai soupiré. Il faudrait que je parle. Elle en avait besoin et je le savais. Mais je n’étais pas capable d’affronter son regard. Je ne voulais pas qu’elle pleure parce que c’était plein de gros mots. De quoi la protéger de moi? Du fait que je n’avais plus autant de temps devant moi que ce que j’avais derrière moi. C’était ce que je me répétais en continu depuis que je savais que j’étais malade. J’avais deux ans de plus qu’elle quand j’avais perdu mon père et ça m’avait laissé en un désastre sur deux pas. Je ne voulais pas qu’elle implose comme j’avais eu l’impression de faire. Sauf que je n’avais pas su et la blessure m’avait paru violente. Parce que mon père était mort en fonction – pas comme moi. Je ne serais pas une erreur qui s’était produite à quarante-deux ans dans un district tranquille. Je serais le trou du cul qui n’avait pas parlé à temps. « Quant à Savannah Cartwright elle n'a rien voulu me dire. Elle a juste peur pour toi et veut que je t'aide. » J’ai fermé les yeux en me rappelant trop bien l’état de détresse profond dans lequel je m’étais trouvé lorsque j’avais été mis en contact avec la docteur Cartwright la dernière fois. C’était une de ses mauvaises journées. Une de ses rares fois où j’avais avoué sans tabou que je n’avais plus envie de vivre comme ça et que je n’étais pas pour me battre. Mais Lawrence avait été clair. Elle voulait s’installer avec moi. Il faudrait que j’aille un chez-moi décent pour lui offrir cette stabilité. Un cœur qui m’assurait que je me lèverais à chaque matin. Péniblement, j’ai tenté de mettre de l’ordre dans ma tête pour ne pas complètement perdre ma fille dans la tonne de truc que je devais lui avouer.

« Visiblement j’ai échoué à vous rapprocher. Je m’excuse tellement ma grande. », commençais-je d’une voix tremblante. Ma bouche avait le gout amer de l’échec. Une autre des conneries que j’avais faites au courant des derniers mois qui avait le don quand même de me faire sentir comme le dernier des débiles. Mais je ne pouvais pas lui dire qu’avant ce moment, ça ne m’avait pas fait cet effet. Parce qu’une partie de moi l’aurait effrayé en disant que j’aurais aimé qu’elle puisse compter sur sa mère dans l’éventualité où mon cœur abandonne la course avant que je ne sois prêt à dire au revoir. « C’est pour ça que j’aurais préféré te l’annoncer et pas qu’elle ne te l’annonce. Je te l’aurais dit dans pas longtemps. Je voulais juste trouver les bons mots. » articulais-je d’une voix tendue. Je passais lentement une main sur mon visage. Je n’avais jamais pensé qu’un jour j’aurais vraiment cette conversation avec ma fille. Cherchant surtout à contrôler son angoisse par peur de la voir fuir avant même d’avoir pu prendre la chance d’être de nouveau avec elle, je murmurais : « C’est pas si grave que ce que tu penses. J’ai des arythmies…. ». Un gros mot que je détestais profondément. Mais c’était tellement flou, je voulais qu’elle comprenne que malgré le terme ce n’était pas comme si j’avais un cancer – quoi qu’au moins le cancer m’amenait une chance de revenir à un milieu de vie normal. Alors que mon état allait dégénérer naturellement. Je pourrais me stabiliser. Mais je resterais cardiaque pour toujours. J’ai mordillé ma lèvre inférieure avant de rajouter : « Mon coeur fait le yoyo entre des rythmes extrêmement rapides et des rythmes très lents… » Qui pouvait bien être rassurer par ça. J’ai fermé les yeux et j’ai poursuivi en les gardant clos. J’avais besoin de ne pas pouvoir voir la peur dans ses yeux si jamais il pourrait en avoir. J’avais besoin de ne pas voir si les murs de mon appartement s’effondreraient dans ma maison au fur et à mesure que je parlerais. « Je venais d’apprendre que j’étais malade quand ta… mère m’a appelé pour me dire qu’elle avait besoin que je vienne la rejoindre… parce qu’elle avait… parce que l’on n’avait plus… » mais la mention d’Elizabeth se coinca encore une fois dans ma gorge. J’étouffais. Je m’effondrais petit à petit. Je repris le peu de contrôle que j’avais sur moi et je murmurais encore en un seul souffle. « Mon premier médecin traitant n’avait pas de pronostic. On croyait s’en sortir avec une médicamentation stricte… Ça marche la plupart du temps… » mais je restais la phrase en suspension. J’étais incapable de dire ce qui se passait quand ça ne marchait pas.

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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Sam 6 Sep - 12:41

William ∞ Lawrence
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Apaisée. Vous savez les étapes du deuil ? Déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Un truc un peu con censé faire rentrer des gens dans des cases. On a tous une façon de réagir bien personnelle et d'ailleurs il n'y a pas que le deuil qui cause ce genre de douleur. Au contraire. La preuve aujourd'hui. J'ai bousillé l'appartement de mon père : colère. Ensuite je me suis vidée de mes larmes : dépression. Maintenant je reprends mes esprits et cherche à comprendre : acceptation. Je ne suis pas en deuil et j'ai zappé déni et marchandage. J'ai l'impression de rager contre le monde entier. Les présentateurs radio trop mielleux, les psychologues qui cherchent à nous comprendre, Elizabeth qui a gâché l'avenir de notre petite famille. Je rage contre tout le monde sauf mon père. Il faut dire qu'à présent qu'il est face à moi et qu'il m'explique la situation je n'ai plus l'envie ni même la capacité de lui en vouloir alors j'évacue sur autre chose. J'évacue dans ma tête et me détend lentement. Alors je parle. Je le détrompe lorsqu'il me confie qu'il regrette d'avoir gâché nos quatorze années, je lui avoue mes craintes concernant sa maladie, je l'interroge afin de mieux comprendre ce qui l'a motivé à partir, je cherche à le rassurer tout en lui faisant comprendre que je refuserais dès à présent d'envisager Elizabeth autrement que comme ma simple génitrice et je conclus en défendant Savannah Cartwright. Cette conversation fait mal, je veux qu'elle se finisse. Qu'elle se finisse vite et bien. Bien dans le sens où je veux que l'on cesse d'en parler en s'étant compris, que l'on ai chacun les réponses à nos questions et qu'aucune rancœur ne vienne assombrir notre futur. Cette conversation c'est le prologue de notre nouveau départ. Nouveau départ. En serons-nous capable ? L'envie y est je le sais cependant il y a une fêlure. Une dispute engendre toujours une rupture qui n'est jamais totalement réparée. Un mur lézardé, rajoutez une couche de crépi la lézarde sera toujours là sous les couches de revêtement et de peinture. Un os casé, plâtrez le il restera fragile. Mentez à votre fille, excusez vous elle ne vous accordera plus jamais la même confiance même si elle en a envie. Isolez vous de votre père dix-huit longs mois, revenez vers lui il gardera malgré tout une certaine rancœur même s'il refusera de l'admettre. Sans Elizabeth ce ne serait jamais arrivé. Je ne pensais pas pouvoir lui en vouloir autant. Je veux qu'elle souffre. Apaisée ? Pas tant que ça finalement. Penser à elle et à son foutu sourire me rend nerveuse. Son foutu sourire toujours gravé sur ses lèvres. Fut un temps où je la trouvais optimiste, fut un temps où je cherchais à lui ressembler de ce point de vue là. Aujourd'hui cela m’écœure. On ne sourit pas pour tout. On sourit quand c'est sincère, instinctif et non pas pour donner l'impression que la vie va ! Je me perds. J'entends la voix de mon père juste à coté de mon oreille puisque je suis toujours tête sur son épaule et cela me ramène un peu à la réalité. Sa voix à cet instant devient synonyme des berceuses qu'il me chantonnait, des histoires qu'il me racontait. Je clos les paupières et écoute.


« Visiblement j’ai échoué à vous rapprocher. Je m’excuse tellement ma grande. » William a la voix fragile. Alors comme ça cela lui tenait vraiment à cœur. Pourquoi ? En quatorze ans il ne s'est jamais vraiment inquiété de la médiocrité de la relation mère/fille qu'Elizabeth et moi entretenions. Et le jour où elle a commis ce que j'envisage comme étant la pire erreur de sa vie il a décidé que nous devions nous rapprocher. Il poursuit en m'assurant qu'il projetait de m'annoncer pour sa maladie dès qu'il aurait défini la meilleur façon de m'en parler. Il fait une pause et mon cerveau en profite pour faire des connexions. Des connexions logiques mais que j'aurait préféré éviter d'envisager : il s'est éloigné pour ne pas que je souffre sa maladie avec lui. Chaque fois qu'il aborde ses problèmes cardiaques il tente de me rassurer mais je décèle toujours quelque chose qui m'inquiète plus qu'autre chose. De petits indices qui sous-entendent que je pourrais peut-être le perdre. « C’est pas si grave que ce que tu penses. J’ai des arythmies…Mon cœur fait le yoyo entre des rythmes extrêmement rapides et des rythmes très lents… » Je ne prends pas vraiment la mesure de cette maladie. Je n'y connais rien en cœur humain je sais juste que c'est le genre d'organe censé battre de façon régulière sinon...Sinon quoi ? Je n'ai pas de réponse. Je n'ai pas de réponse mais je suis persuadée que si j'en avais une elle ne serait guère rassurante. Parce qu'il cherche trop à me préserver, à me rassurer. Mademoiselle Cartwright a parlé d'un état préoccupant mais je suis certaine qu'elle aussi cherchait à me ménager, la preuve, elle en est arrivée à contacter la fille  de son patient alors qu'elle vivait à Bath et qu'elle refusait de le voir. On ne fait pas ça pour un rien tout comme un père ne cherche pas à se faire haïr par sa fille pour un rien. La panique reprend lentement le dessus sur ma résolution de me détendre. Je sens quelques larmes qui roulent le long de mes joues et viennent parsemer mon jean de petites tâches éphémères. Je voudrais les balayer du revers de la main, je voudrais revenir en arrière, je voudrais manger son repas chinois qui refroidit sur la table de la cuisine, je voudrais parler de ses nouvelles enquêtes. Je voudrais ne plus savoir. Sauf qu'il continue.  « Je venais d’apprendre que j’étais malade quand ta… mère m’a appelé pour me dire qu’elle avait besoin que je vienne la rejoindre… parce qu’elle avait… parce que l’on n’avait plus… » Sa voix se fait chuchotement sensible. Il va s’effondrer. Il va s’effondrer s'il poursuit sur le sujet Elizabeth. C'est chaque fois pareil, j'ai fini par m'y faire. Trois jours que je suis à Tenby, trois jours que nous nous sommes retrouvés et j'ai déjà saisi ses sentiments pour son ex-femme. La douleur que provoque son évocation. Je me demande si j'aimerais un jour comme il a pu l'aimer. Il parait que c'est beau l'amour. Il parait aussi qu'il y en a toujours un des deux qui aime plus que l'autre. J'en sais rien. J'y connais rien contrairement à ce que j'ai pu raconter à Mrs Lloyd. Ce que je sais par contre c'est que l'amour ça peut tuer. Au sens propre, certes mais cela n'arrive que dans des cas extrêmes. Je pensais plus à une mort intérieur et non physique. Quelque chose d'énorme est mort en mon père suite à son divorce avec Elizabeth par exemple. Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Il revient sur sa maladie et me pousse à abandonner cette réflexion. « Mon premier médecin traitant n’avait pas de pronostic. On croyait s’en sortir avec une médicamentation stricte… Ça marche la plupart du temps… » La plupart du temps ? Je parviens à bouger et essuie mes larmes tout en fixant la fenêtre histoire qu'il ne me voit pas. Je me retourne finalement vers lui en abandonnant son épaule.

Je le fixe. Que dire? Regard fragile et visage neutre. Et si je cessais d'être négative? C'est une fusée dans mes pensées ou plutôt une pensée qui fuse dans ma tête. J'ai du mal à influencer mes sombres réflexions et la douleur dans mon regard mais je souris. C'est léger, c'est peut-être aussi mal placé vu la discussion que nous avons mais c'est sincère malgré tout. C'est un sourire d'espoir ou quelque chose comme ça. Un sourire rassurant sans doutes. J'ai envie ou plutôt j'ai besoin de ramener un peu de paix dans cette pièce. Il y a les traces de ma colère avec les papiers et autres objets encombrant le sol, il y a les traces de notre détresse avec nos joues où de l'eau salée à séché, il y a les traces de notre fragilité, de celle de notre relation dans notre comportement hésitant et quelque peu distant. Alors un sourire c'est quelque chose à quoi se raccrocher. Je ne sais pas si William en prendra la mesure, s'il le comprendra, s'il s'en servira mais moi je l'envisage comme ça. Une bouée de secours, une porte menant sur une voix plus paisible. Que l'on cesse de se briser pour un mot ou un sujet, que l'on cesse de se formaliser pour une réaction. C'est en grande partie de ma faute si notre conversation a tourné à l’effusion d'émotions en tout genre. D'ailleurs c'est de ma faute si nous avons abordé le sujet à un moment qui n'était peut-être pas propice. C'est donc à moi de détendre un peu l'atmosphère. J'inspire et puis je parle. C'est grave pas vrai? Sourire qui s'évapore. Ne me ménage plus s'il te plait. Je veux savoir à quoi m'attendre. Je veux savoir comment t'aider. Je veux savoir ce qui se passe les fois où les médicaments n'agissent pas. Je marque une pause et réalise que je suis bien plus assurée que ce que je pensais. Plus de larmes, plus de voix au bord de l’effondrement. Tu sais si je ne suis jamais parvenue à me rapprocher d'Elizabeth c'est loin d'être ta faute. Simplement toi tu étais là pour moi contrairement à elle. Aujourd'hui c'est moi qui veut être là pour toi. S'il te plait.
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Et si on se battait pour le bonheur?
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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Mar 9 Sep - 4:36

Les mots que l’on choisit de prononcer dans une vie ont une grande influence. Je le savais depuis longtemps. J’avais longtemps travaillé avec des gens. J’avais interrogé trop de personne dans une toute petite salle d’interrogatoire pour faire comme si chacun des mots que l’on prononce est un mot innocent. Pourtant, je n’avais jamais été le genre d’homme qui parlait beaucoup… enfin de moi. Je n’étais pas une grande gueule – jamais je n’aurais pu rivaliser avec Mrs Lloyd. Sauf que par le passé, je savais faire rire et me faire aimer par mes collègues. Ce n’était plus le cas. Parce que mes mots s’étaient durcit comme l’ensemble de ma personnalité. Je me rappelais de ces rares fois où j’avais ouvertement parlé d’être malade. Cette fois où sous le poids d’une colère qui n’en finissait pas de me ronger, j’avais littéralement hurlé à mon psychologue que j’étais cardiaque. Mais cette fois-là ne m’avait pas semblé être aussi pénible. Je m’étais même senti mieux pendant un instant. Que le chat soit sorti du sac m’avait mis en confiance. Jusqu’à ce que je réalise que tout ce qu’il me restait pouvait disparaître. Je ne sais pas si, en d’autres circonstances, les mots que j’aurais choisi pour expliquer ou pour même seulement tenter de justifier mes agissements des dix-huit derniers mois n’avaient pas pu prendre une autre forme. Je pensais à cette dernière hospitalisation, quelques trois semaines plutôt – cette fois où la voisine de palier m’avait trouvé inconscient sur le pas de ma porte. Une fois installé dans le lit d’hôpital, le corps carburant à de la morphine, des bétabloquants et de l’oxygène, j’avais pensé appeler Lawrence. J’avais même composé l’ensemble de son numéro. Mais c’était le son du moniteur cardiaque en arrière-plan qui avait réussi à me convaincre de ne pas appuyer sur envoyer. Je l’aurais inquiété. Je le savais. Mon souffle était encore court le lendemain quand je m’étais déchargé. J’avais dit au boulot avoir eu une nuit passablement occupée aux bras d’une demoiselle. Ma réalité était autre. « C'est grave, pas vrai? » Elle avait l’air de vouloir être forte. De ne pas vouloir que je la protège. Et je restais immobile. Est-ce que c’était grave? Je n’étais même pas capable de la regarder dans les yeux pour lui dire quoi que ce soit. J’avais honte. Tellement honte que mon corps me trahisse. Je ne trouvais pas la force de secouer la tête. Diminuer mon état au maximum. Je pouvais vivre. Le docteur Clark trouverait le bon cocktail de médicament un jour. Je voulais la protéger. Je voulais lui éviter de connaître ce sentiment que tout s’écroulait autour de nous d’un coup sec quand une personne que l’on aime disparaisse. « Ne me ménage plus s'il te plait. », me dit-elle. Je ne savais pas non plus comment lui dire que je ne cherchais pas à la protéger. Je cherchais simplement à ne pas lui faire plus de mal que ce que je lui avais déjà fait. Si elle me semblait plus en contrôle que moi présentement, je ne pouvais simplement pas oublié que c’était à ma fille que je parlais. Elle avait eu quatre mois et des coliques. J’avais été présent pour la bercer avec une patience que je n’avais jamais pensé avoir quand Ellie était tombé enceinte. Elle avait eu trois ans et une peur horrible du noir au point qu’elle dormait avec une veilleuse. Jamais ça ne m’avait dérangé d’avoir à vérifier si un monstre n’avait pas établi domicile sous le lit de ma fille. Elle avait aussi eu cinq ans et je devais avoir raconté milles et une fois les mêmes histoires parce que c’était ce qui lui plaisait.

En un certain sens, j’aurais aimé pouvoir lui raconter sans l’ombre d’un tabou ce que je ressentais par rapport à mon état. Mais cette petite partie de moi qui aurait 39 ans dans quelques semaines refusait d’admettre qu’elle était maintenant rendue assez grande pour que ce soit à son tour de veiller à ce que j’aille assez bien. Une partie de moi avait bien beau ne pas vouloir l’infantiliser, tout ce que je voyais sous cette longue tignasse de cheveux roux c’était cette gamine de quelques mois ou de quelques années. Je la voyais sur les jambes du Père-Noel à six ans. Et je n’étais simplement pas capable de ne pas la ménager. J’avais besoin qu’elle n’ait pas conscience de l’étendue. Je sentis son regard pourtant venir se planter contre ma nuque. Ça me tétanisait tellement ce qu’elle avait dit. "Ne me ménage plus." Et si je n’en étais pas capable de ne pas la ménager. Parce que la ménager le rendait moins effrayant. Dire la vérité toute crue, ça faisait peur. Terriblement peur à mon cœur et à ma tête. Mordillant ma lèvre inférieure, je la laissais poursuivre : « Je veux savoir à quoi m'attendre. » Je peinais avec une telle force à retenir mes larmes. Mes mains tremblèrent comme des feuilles. Elle voulait rester. Elle voulait savoir ce qui m’attendait et ce qui formait en un certain sens mon quotidien depuis que j’avais théoriquement quitté sa mère. Une véritable tornade s’occupa de venir déchirer ce qu’il me restait de santé et d’équilibre mental à l’instant « Je veux savoir comment t'aider. » et je peinais à croire ce que mes oreilles. Ce que j’entendais me faisait du bien. Sauf que je n’étais pas capable d’admettre que c’était réel. Je me retournais lentement vers ma fille et je la fixais avec un regard vide. Je devais sans doute être complètement fou pour entendre ce que j’entendais à cet instant. Je clignais des yeux machinalement sans être certain de comprendre mais lorsqu’elle poursuivit, je retiens péniblement un sanglot « Je veux savoir ce qui se passe les fois où les médicaments n'agissent pas. » J’essuyais les larmes qui coulaient en silence. Elle le disait, mais elle ne savait pas nécessairement ce dans quoi elle s’embarquait avec moi. J’avais peur, mais tellement peur. Il fallait que je m’éloigne d’elle malgré la force qu’elle dégageait. Parce que je n’avais pas la même force qu’elle. Je ne pourrais pas la suivre et je ne voulais pas qu’elle soit la béquille dont j’avais besoin pour faire chaque pas. Pour le dire à ma patronne, pour accepter l’aide médical que me proposait la docteure Cartwright. Pour avancer. Pour exister et avoir une chance de peut-être un jour voir mes petits-enfants. « Tu sais si je ne suis jamais parvenue à me rapprocher d'Elizabeth c'est loin d'être ta faute. Simplement toi tu étais là pour moi contrairement à elle. Aujourd'hui c'est moi qui veut être là pour toi. », dit-elle. Je fermais les yeux pendant quelques petites secondes. Je n’étais pas capable de gérer ceci. Je n’avais pas l’impression de faire la bonne chose en la laissant rentrer dans ma vie à nouveau. Même si j’avais désiré sa présence comme un héroïnomane a besoin de sa dose pour être fonctionnel, je savais que la logique voulait que je la laisse dans les mains de sa mère. Sauf que sans elle pour me rappeler que je devais déjeuner, je ne le faisais pas. Sans ce besoin de faire bonne impression, il n’y avait pas de légumes ou de fruit qui peuplait mon réfrigérateur. Sans elle, je serais d’avantage le genre à me laisser mourir sur une diète qui n’avait rien de sain pour quelqu’un d’aussi malade que moi. « S'il te plait. », me dit-elle.

Faisant un effort surhumain, je me relevais et je repoussais sa main. C’était compliqué que d’admettre ce que je traversais. Je fis quelque pas et j’allais vers la salle de bain. Cette fois-ci je reviens avec la boîte de cachet que j’avais sorti et deux autres bouteilles de médicaments. Je les déposais sur la table basse. Il ne me servait à rien de cacher que j’étais malade. Il ne me servait à rien que de tenter de diminuer l’étendue de ma maladie. Si elle était vraiment prête à faire le cheminement avec moi, nécessairement au premier rendez-vous chez le docteur. Tout s’effondrerait comme un château de carte. Jouer carte sur table me serait essentiel. Trop longtemps, j’avais menti. Pendant un petit instant encore j’hésitais. Mais je fermais les yeux pendant quelques petites secondes : « Ces deux-là, je le prends deux fois par jour. Parce que la dose est trop forte pour être en une seule prise. » dis-je. Le deuxième était un ajout récent, cadeau de ma dernière crise d’arythmie qui m’avait mené aux urgences. J’ai fermé les noms. Le nom n’était pas nécessaire. Ça ne lui dirait sans doute pas plus que ce qu’ils me disaient à moi. Je n’étais même pas certain d’être en mesure d’expliquer pleinement ce qu’ils faisaient comme ils semblaient à peine gérer. « J’ai aussi ceux-là – ils sont au besoin quand je sens que mon cœur se met à déconner. J’en prends entre zéro et six par jour. » rajoutais-je en désignant la petite boîte finalement. Je passais lentement une main sur mon visage. C’était douloureux que d’admettre lorsque j’étais malade et de cesser de tenter de cacher. Ma vérité toute crue, c’était que j’avais quatre cachets par jour. Ma vérité, c’était aussi que j’avais moins de jours ou je n’avais pas besoin de prendre le troisième médicament. J’en prenais au moins un par jour, mais la moyenne se retrouvait à deux fois. « Je suis un fardeau que tu n’as pas besoin de porter… Je sais que tu veux être présente, ma grande, mais j’ai peur… ». J’ai fermé les yeux en tentant de ravaler des larmes qui menaçaient de couler. La peur. Je ne l’avais pas connu jusqu’à ne vivre qu’avec la peur à côté de moi. J’ai soupiré avec douleur. C’était tellement difficile de l’admettre parce que j’avais peur. Je n’aimais pas donner cette impression que je n’étais pas à la hauteur. « Faut dire que j’ai constamment peur depuis quelque temps… », murmurais-je avec un semblant de sourire. Ce matin, j’avais eu peur quand je m’étais réveillé dans cet état d’horreur. J’avais peur à chaque matin et à chaque fois ou je me réveillais aux urgences ou que j’allais me réfugier à cet endroit. La peur. Encore et toujours la peur qui m’habitais. « Mais je veux bien essayer… sauf que c’est compliqué de te laisser rentrer. Je suis ton père et je ne suis pas censé être un poids pour toi. » articulais-je en fixant les bouteilles. Je lui en avais déjà trop confié pour qu’elle s’en aille. J’ai fermé les yeux pendant un petit instant. Je me suis doucement appuyé sur mes genoux et j’ai cherché comment répondre aux questions silencieuses de ma fille. Comment lui mettre en mot le fait que j’allais mal. « J’ai des bons jours et … » ils sont de moins en moins présent parce que je ne fais pas attention à moi et j’en ai profondément conscience. Mais je ne pouvais pas lui dire ça. Que j’avais conscience de me laisser mourir. Je me suis râclé la gorge et j’ai hésité avant de dire ce qui serait sans contexte élu euphémisme de l’année (si ce n’était pas de la décennie) : « Et des moins… bons jours. » je fermais les yeux. Moins bons, c’était quand je perdais connaissance, quand la douleur devenait telle que j’allais à l’urgence. Quand la peur m’occupait tout entier. Quand elle me dévorait. « Quand les médocs ne marchent pas, c’est les urgences. La dernière fois, j’ai été réanimé avec un défibrillateur, des bétabloquants et plein d’autres trucs. Je dois avoir été admis dix fois. Dont trois inconscients. » j’avais conscience d’alourdir l’atmosphère. Je la ruinais et j’en avais conscience. Je n’essayais même pas d’avoir l’air fort. J’avais commencé à parler et il fallait absolument qu’elle sache tout de ce à quoi elle s’engageait en venant faire ce bout de chemin. Sans la protéger, je réalisais que je dressais peu à peu un portrait fidèle de ma réalité pour ma première fois depuis toujours. Je devais me jouer d’honnêteté. J’ai respiré avant de murmurer : « C’est grave… et je ne te le cacherais plus… si tu veux faire le chemin avec moi. »

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PROFESSION : Danseuse à Londres et professeur de danse classique au conservatoire de Tenby
REPUTATION : Quand elle est partie, la demoiselle était anonyme, la voilà qui revient populaire. Personne ne comprend pourquoi elle a abandonné le succès et le luxe pour s'installer à Tenby. Pas même elle.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Sam 13 Sep - 18:03

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Epauler. Soutenir. J'ai pleinement conscience de ce à quoi je m'engage. Je réalise aussi que je ne me vois pas agir autrement. C'est une évidence. Nul besoin de douter ou de marquer des limites. C'est mon père et je veux l'aider. Alors que j'abordais précédemment sa maladie comme une horreur insurmontable je me sens à présent la force de l'affronter. Certes mon aide sera infime car qui suis-je contre des arythmies? Mais je vais faire de mon mieux. Je vais être présente car c'est à peu près tout ce que je suis en mesure de faire. Finalement je ne sais pas si c'est pour lui rendre la pareille que je lui propose mon secours ou simplement parce que le voir souffrir m’insupporte. Quoi qu'il en soit je vais devoir me montrer forte. Moi qui crie et pleurs en ayant à peine appris que l'état de× William préoccupait son médecin, comment vais-je bien pouvoir réagir s'il s'évanouit face à moi ? Si je le vois emmené par une ambulance ? Ne serais-ce qu'en le voyant avaler les nombreux cachets qu'il me présente à l'instant ? Je l'écoute vaguement mais mes réflexions accaparent une grande part de mon attention. J'ai presque l'impression d'être ailleurs. Pourtant je n'ai plus envie de fuir. Si, tout à l'heure, je souhaitais oublier les révélations de mon père quitte à retourner à Bath vivre aux cotés d'une Elizabeth froide mais qui, par son mensonge, m’épargnait sans le savoir la souffrance de son mari, à présent j'ai juste envie de soulager× William et d'être bien présente pour lui. Cependant une présence sensible et défaitiste ne l'aidera pas, au contraire. Alors je cherche quelque part en moi de quoi retenir larmes et cris. Je me souviens une collègue de mes parents dont le fiancé était atteint d'un cancer. Phase terminale. Elle vivait aux cotés de l'homme de sa vie en sachant que dans trois mois maximum ils seraient séparés à jamais par la maladie, par la mort. Mais elle tenait bon. J'étais jeune encore à l'époque mais je me souviens son regard défaillant parfois et le soutien que pouvaient lui apporter certains proches. Je me souviens aussi la façon qu'elle avait de vouloir continuer à vivre comme si son monde ne s’effondrait pas autour d'elle. D'ailleurs elle continuait à travailler. Moins, certes, afin de passer un maximum de temps avec son chéri mais elle venait tout de même au poste chaque matin. Pas pour fuir la maladie, juste parce que son fiancé et elle s'étaient mit d'accord sur le fait qu'ils vivraient normalement jusqu'au bout. C'est une façon d'aborder les choses. On peut voir cela comme du courage ou une façon de nier la réalité. Mais une chose est sûre elle était forte. J'ose espérer que ma situation diffère de celle de la demoiselle, j'ose espérer que mon père s'en sortira. Pourtant je veux m'inspirer d'elle. Je veux avoir la même force qu'elle et que d'autres. Laisser mon père fondre en larmes s'il en a besoin, hurler sa rage quand bon lui semble, se morfondre dans son silence si ça lui chante. Et rester là, le soutenir et tenir bon. Bien des gens sont confrontés à cette situation. Soutenir un malade, partager au maximum ses douleurs. S'ils y arrivent j'y arriverais aussi. Sauf qu'habituellement les gens sont entourés. Les malades en priorité. Ils ne vont pas se perdre dans un coin perdu loin de leur famille et de leurs amies ou personne ne pourra leur venir en aide. Il n'y a que mon père pour imaginer que cela puisse être un comportement constructif!

Epauler. On ne surmonte pas une maladie, un traitement en solitaire. C'est un parcours du combattant et les soldats sont en régiments, pas en solo. Mon père ici s'est isolé pour se guérir seul? Que croyait-il? En réalité je me demande s'il n'avait pas tout simplement abandonné la possibilité de se soigner. En tous cas je le ferrais changer d'avis. Savannah Cartwright m'aidera à le convaincre j'en suis persuadée, après tout elle a l'air prête à s'investir pour l'aider puisqu'elle a prit la peine de me contacter. Cependant elle ne reste que sa cardiologue et mon père a tout autant besoin de soins que d'amour. C'est vital. Sans doute suis-je mal placée pour penser cela moi célibataire, moi qui ne partage rien avec ma famille, moi qui me suis refusée à l'amitié ces derniers temps. Mais j'avais l'amour de mon père même si ce n'était que des mots sur ma boite vocale. William lui va avoir besoin de plus que cela. Si je ferrais de mon mieux je crains d'être un poids à la longue. J'investis son univers alors qu'il n'a guère besoin de se soucier de faire les courses, de déménager, de surveiller mon bulletin scolaire. Il a d'autres préoccupations plus importantes et je crains de l'en détourner malgré toute la bonne volonté que je pourrais fournir. Il a besoin d'amis pour lui changer les idées en le faisant sortir, de personnes prêtes à l'écouter, d'une compagne peut-être. Seulement d'après ce que j'ai cru comprendre il n'a pas plus d'amis que de confidents dans cette ville et encore moins de partenaire. Comment en est-il arrivé là? Il était si merveilleusement intégré à Bath. Respecté, apprécié. Sans doute étais-je aveuglée, gamine, incapable de voir qu'il avait des ennemis ou des personnes qui lui reprochaient je-ne-sais-quoi, cependant je sais qu'il avait des amis. Beaucoup. S'il n'avait pas que cela il en avait assez que pour être bien entouré lors de situations difficiles. Et au moment ou il aurait eu le plus besoin d'eux il est parti. Je ne sais pas s'il est toujours en contact avec ses anciennes connaissances mais je les vois difficilement venir passer du temps à Tenby pour l'aider.

Des questions pratiques déjà. Je me sens prête à l’aider. Prête à résoudre les problèmes qui entraveront sa guérison la preuve, je pense déjà à lui trouver de la compagnie. Je commence tout juste à me réjouir de la forme de maturité avec laquelle j'aborde la situation lorsqu'il cesse de m'énumérer des noms de médicaments pour me décrire les différentes formes que prennent ses arythmies. Et soudain l'énergie qui m'envahissait et me motivait déjà à ranger son appartement pour le rendre plus agréable, à contacter sa cardiologue dans l'heure pour fixer un rendez-vous ou à lui préparer son dessert préféré pour lui rendre le sourire s'évapore. Je me retrouve poupée de chiffon et j'écoute ses souffrances en maudissant à peu près tout. Tout d’abord ma petite personne qui n'ai pas été foutue d'être présente lorsqu'il vivait ce calvaire. Je clos les paupières et vois se dérouler les scènes qu'il me décrit dans le néant qu'offre mes yeux fermés. Je l'imagine comme mort allongé sur un lit d’hôpital sa sempiternelle chemise déboutonnée les médecins s'activant autour de lui. 1,2,3 dégagez! Je l'entends. Ça résonne dans ma tête et cela fini par me faire sursauter. Je rouvre les yeux. Je réalise avoir les mâchoires serrées de façon excessive. A tel point que cela me fait mal. Pourtant je ne parviens pas à les détendre jusqu'à ce qu'il ajoute une dernière phrase. La voix fragile mais le ton révélant clairement qu'il en avait finit avec ses délicates explications. C'est donc à moi de parler. Réagir à tout ce qu'il vient de me dire. Tout ce qui vient de me tomber sur les épaules et que je dois faire mine d'aborder sans trop de difficultés. Je refuse d'admettre qu'il me met à mal avec ces descriptions. J'ai quoi comme problème moi? Certes je suis tétanisée à l'idée de perdre la personne la plus importante de mon petit monde mais je n'ai pas le droit de me plaindre. Pas devant lui. Pas du tout. Tenir mes bonnes résolutions et faire bonne figure. Je veux me forcer à sourire avant de regarder mon père mais ce ne sont que des larmes qui tendent à perler aux coins de mes yeux. Lawrence tu n'as pas le droit. Vaine rengaine que je me répète en pensées.

J'inspire longuement et tente de me remémorer l'ensemble des choses qu'il vient de me dire et auxquelles j'ai été incapable de répondre sur le champs trop focalisée par ma quête de courage qui me parait à présent vaine. Je suis un fardeau De quel droit me dit-il ça? De quel droit le pense-t-il surtout? Il n'est pas un fardeau, il est ma bouée de sauvetage. La seule à la quelle je veux me raccrocher. Amis, professeurs, psychologues, grands-parents m'ont tendus des perches afin que je sorte la tête hors de l'eau mais William est le seul qui est parvenu à me donner l'envie, la motivation de le faire. Il ne s'en rend pas compte et pourtant. Il ne fait même rien pour, il est juste lui avec tout les bons souvenirs qu'il me rappelle et l'envie qu'il me donne de retrouver notre vieille complicité. Quand les médocs ne marchent pas, c’est les urgences. Pour combien de temps encore? Quand les urgences elles mêmes deviendront inefficaces face à ses comas? En résumé si on a de la chance on va devoir vivre quelques mois entre hôpital et appartement -ou maison s'il tient à déménager- jusqu'à ce qu'un médecin vienne me rejoindre dans la salle d'attente avec une tête d'enterrement pour me prononcer ces putains de mots tellement crains dans l'enceinte d'un bâtiment médical: "C'est fini." Je refuse d'attendre bêtement que ce moment arrive. Du moins tant qu'il y aura l'espoir qu'une autre fin soit possible. C’est grave… et je ne te le cacherais plus… si tu veux faire le chemin avec moi. » Oui. Evidemment. Sauf que je crains de devenir moi même le fardeau. Le poids mort, l'entrave.

Je m'éloigne de William. C'est instinctif et soudain mais presque vital. Vital dans le sens ou je me trouve obligée de me détacher pour ne pas sombrer. Si je ne le regarde pas, si je ne le sens pas, peut-être parviendrais-je à parler sans fondre en larmes ce qui m'est tout simplement interdit. Tu ne peux pas te bourrer de médicaments plus ou moins inutiles jusqu'à ce que même les urgences deviennent inutiles. J'ai lentement progressé jusqu’à la fenêtre contre laquelle je m'appuie pensivement. Je ne vois qu'une demi-route de là ou je suis mais la circulation semble plus ou moins inexistante. On va contacter Mademoiselle Cartwright et elle te trouvera autre chose! Je voudrais tellement adopter un ton plus convaincu seulement je ne parviens pas à jouer la comédie. Pas face à lui malheureusement mais je sens que je vais devoir m'y faire si je ne veux pas qu'il continue à me rabâcher les oreilles avec des phrases comme "Je suis un poids et tu serais mieux sans moi!" Justement j'entends Elizabeth me sortir ce genre de phrase en parlant de William et une vague de colère revient à l'assaut de ma tête déjà bien larguée. J'adresse enfin un regard à ce dernier et m'adresse à lui avec un peu trop d'ardeur peut-être. Arrête de te considérer comme un poids, un fardeau, un truc à moitié mort et inutile qui va me gâcher la vie! Tu vas t'accrocher, tu vas t'en sortir et on sera comme avant! J'ai trop besoin de toi et tu as beau ne pas t'en rendre compte tu es à peu près tout ce qui me donne envie de me raccrocher à...à quelque chose. J'en ai trop dit je pense. Je me perds. Tu t'accroche, c'est tout. Je soutiens son regard un instant et tourne les talons. Je rage. Une fois de plus. Je pensais m'être calmée mais je suis incapable de contrôler mes sentiments. Si je suis désorientée je fais mine d'être tout à fait assurée et marche donc d'un pas sûr jusqu'à la cuisine ou je me plante au bord de l'évier. Visage penché au dessus du lavabo je ne fais que respirer mais c'est un effort surhumain que me demande cet acte. Se calmer. Se contenir. Inspirer, expirer.
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CÔTÉ COEUR : divorcé, au coeur brisé, en voie d'être recollé
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REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Dim 21 Sep - 21:27


La solitude. Je ne m’étais jamais pensé conçu pour elle. Ma vie, je l’avais toujours imaginée accompagnée. Mes amis. Ma famille. Ma femme. Mes collègues. J’avais vu le jour dans un petit village. J’étais d’Écosse. J’étais de mer. J’étais de pluie. J’étais de montagne. J’avais fait mes premiers pas sur une vieille route en terre battue – dans un village qui semblait fixé dans le temps. Mon meilleur ami était celui qui avait grandi à côté de moi. Celui qui avait toujours répondu présent. Celui qui n’avait en un certain sens jamais pu vraiment choisir ses amis. Dans un petit village, comme celui dans lequel j’avais grandi, c’était la communauté qui composait le bagage culturel des enfants. Contrairement à Elizabeth, j’avais eu une famille aimante et des balises claires qu’il ne fallait pas franchir.

Et puis, un jour, je suis devenu un adolescent. Dans cette indémodable quête de liberté, j’ai agi comme tous les adolescents le faisaient. Je me suis rebellé et j’ai rejeté le cadre imposé par la communauté qui m’élevait. Je voulais me démarquer. Je voulais être unique. Unique dans mon conformisme. J’ai fait comme tout le monde. Troqué les habitudes santé pour allumer ma première cigarette. Séché les cours dans un effort absurde de montrer mon désaccord envers le moule absurde dans lequel l’école voulait nous faire rentrer de force et de misère. Et à dix-huit ans, pour la première fois, j’avais volontaire choisi la solitude pour la première fois. Ma relation avec ma mère ne m’encourageait pas à revenir sur ma décision. Ma décision s’était prise sur un coup de tête et voilà que des années plus tard, je ne ressentais toujours aucun sentiment par rapport à mon départ. Pas de culpabilité. Il m’avait fallu un mois de solitude pour que je réalise qu’elle ne m’était ni familière, ni salutaire. Réintégrant l’école, j’avais fait de mes collègues d’école, mon clan. J’avais été cherché dans leur appui dans mes gestes. Parce que j’avais toujours eu besoin de me référer à ma meute pour savoir comment agir. J’avais fait d’Elizabeth, ma femme et ma muse. J’avais trouvé, dans ses bras, les couleurs et le réconfort de milles couchers de soleil. La solitude m'avait rendu triste que j'avais eu besoin du réconfort de ses soleils.

Sauf que la vie était venue à nouveau m’éprouver dans ses convictions profondes que l’on était toujours mieux accompagné que solitaire. J’avais hésité avant de le dire à ma femme pour ma condition. Aujourd’hui nous n’étions plus. Pourtant, jamais l’idée de le dire ne m’avait effleuré. En un certain sens, j’avais voulu protéger encore mon clan. Lentement mais surement, je m’étais isolé. Cette dernière tentative de solitude ne ressemblait pas à celle que j’avais fait la dernière fois. J’avais cessé d’aller manger avec mes collègues au bureau. J’avais troqué le café du matin dans la salle commune pour celui que je prenais seul dans mon bureau. Un vendredi, j’ai refusé d’aller au pub avec l’équipe – comme je faisais depuis tant d’année. Et le vendredi était devenu un deuxième et un troisième et un quatrième. Et rapidement ma vie était venue à se résumer au boulot. Seulement à lui. Uniquement au boulot. Entre les quatre murs de mon bureau et ceux de ma chambre d’hôtel, il n’y avait pas de différence. J’avais tué moi-même mon réseau social.

J’avais trouvé dans la solitude pour la toute première fois. Sauf que cette fois-ci, elle avait eu un autre sens. Complètement un autre sens. Je n’avais pas fait le moindre effort pour récupérer un semblant de vie sociale qui ressemblait à ce que les autres attendraient. Je me morfondais dans la solitude. Je repoussais vigoureusement toute tentative de me lier avec autrui. Je refusais de m’accorder le droit de dépendre des autres. Je n’avais pas conscience des gestes que je posais et de leurs impacts sur les autres. La plupart du temps, dans mon univers depuis dix-huit mois, il n’y avait que moi. Mon corps, mes intérêts, mon état. Dans ma tête d’égocentrique, j’étais la seule variable dans la majorité de ce problème que je voyais autour de moi. J’étais celui qui était malade. J’étais celui qui savait très bien que ses capacités n’étaient déjà plus celle qu’il avait en d’autres circonstances. Je voyais des limitations que je n’avais pas le choix de me porter pour pouvoir continuer de jouer le jeu. Pour pouvoir continuer d’avancer dans la vie. Pour pouvoir garder un triste semblant de normalité dans ma vie. Sauf que plus rien dans ma vie n’était normal.

Je n’avais jamais été fait pour la solitude. J’avais un clan. Et même si j’avais joué le jeu et prétendu que je n’en avais pas. Deux jours plutôt, Lawrence avec ses cheveux de feu et ses yeux de bois n’avait pas eu d’autre choix que de faire basculer le fragile équilibre de ma vie. J’oubliais qu’elle était une variable importante des choix de ma vie. J’oubliais que ses sourires étaient quelque chose d’essentiel. J’oubliais que j’avais besoin de la référence sur mes pensées. Être malade était mon excuse pour devenir nombriliste. Être malade était mon excuse pour tout envoyer en l’air. J’avais cessé de me battre. J’avais pleinement abandonné la bataille depuis des mois. Une fois, en train de reprendre conscience à l’hôpital après un malaise, je m’étais demandé à quoi ça rimait cet acharnement que j’avais à prétendre que tout allait bien dans ma vie. Parce que j’étais un tas d’ennui qui coûtait une fortune aux contribuables britanniques. Mort, je serais probablement moins une lourde tâche pour les autres. C’était à cette pensée que je pensais lorsque je regardais ma fille s’éloigner de moi. Je savais que je sonnais drastiquement pessimiste en disant que j’étais un poids qu’elle n’avait pas à porter. Mais j’étais un cas plus lourd que ce que j’étais prêt à admettre. J’étais incapable de bien le formuler pour lui étendre sans peur ni tabou ce que je vivais au quotidien. « Tu ne peux pas te bourrer de médicaments plus ou moins inutiles jusqu'à ce que même les urgences deviennent inutiles. » , me dit-elle. Je ne pouvais que sentir le demi-reproche dans le fond de sa voix. Que ma vie ne pouvait pas se résumer à une médication qui fonctionnait la plupart du temps.

Le fait qu’elle soulève elle-même la possibilité qu’un jour même les urgentistes ne réussiraient pas à me ramener à moi me fit frissonner. Jusqu’à ce qu’elle revienne dans ma vie, cette option m’avait semblé tentante. C’était la fin des soucis. Saut que prononcer par ma fille avec la douleur dans sa voix c’était invivable. Le fait de m’être complètement coupé des autres ne m’avait pas insensibilisé à celui qu’elle avait besoin de moi. Terriblement besoin de moi. Ma solitude m’avait enlevé cette idée que l’espoir existait encore. Ma maudite solitude m’avait enlevé ce reflet dans les yeux de ma fille qui hurlait que j’étais un point de repères. Ma satanée solitude m’avait laissé pourrir de l’intérieur à un tel point que je peinais à garder la tête hors de l’eau devant ma fille qui elle croyait encore que demain existerait. Pourtant, je le voyais dans ce geste. Elle était incapable de me regarder dans les yeux. J’avais eu la même réaction quand ma mère m’avait appris pour mon père. Sauf que c’était une autre époque. C’était d’autres circonstances. « On va contacter Mademoiselle Cartwright et elle te trouvera autre chose! » Je me mordis les lèvres tentant de camouffler la douleur que m’arrachait cette pensée. D’avoir ma fille à mes côtés face à des médecins. Je restais assis au sol, à fixer la petite quantité de moquette.

J’étais incapable d’admettre que j’avais peur.
Terriblement peur.
Continuellement peu.

Même les options de traitement me tétanisaient. La vie, la vie entière, ne suffisait pas à couvrir toutes les options. Ma vie m’écœurait et la mort me faisait peur. Solitude et tristesse. Voilà celui que j’étais devenu. Une ombre et un fantôme qui ne trouvait simplement pas la force de sourire pour la rassurer. Sa force de caractère était la mienne avant que la solitude ne devienne ma meilleure amie. Aujourd’hui cette force qui avait fait de moi le héros de ses récits d’enfants est celle qui me fait la craindre. Elle me semble plus loin que moi. Pour engager dans ma bataille que je le suis moi-même lorsque sa voix s’élève. « Arrête de te considérer comme un poids, un fardeau, un truc à moitié mort et inutile qui va me gâcher la vie! Tu vas t'accrocher, tu vas t'en sortir et on sera comme avant! J'ai trop besoin de toi et tu as beau ne pas t'en rendre compte tu es à peu près tout ce qui me donne envie de me raccrocher à...à quelque chose.» Mon regard trouve la force d’aller chercher le sien quelque secondes. Mais la colère que je ressens en elle m’effraie. C’est celle que j’aurais ressenti si les rôles avaient été inversés. Jamais je n’aurais toléré qu’elle baisse les bras. L’abandon n’était pas une option. Ce n’était pas ainsi que je l’avais élevé. Ce n’était pas les valeurs que je lui avais transmises. Je vois dans ses yeux que l’incompétence chronique que je ressens face à mon état et ma propre impuissance la fait rager. Je ne sais pas si c’est mes yeux ou les siens qui lâche. Mais le coin de mes paupières brule. Je peine devant elle à garder un peu de contenance. Son ton est tranchant lorsqu’elle continue. « Tu t'accroche, c'est tout.» Elle tourne les talons et part vers la cuisine.

Je n’ai pas la force nécessaire de me lever pour aller la rattraper. Elle est trop en colère pour que je réussisse à trouver les mots pour la raisonner. Je n’ai pas la force de tenter une quelconque explication. Péniblement, je me relève du sol. L’appartement est étrangement silencieux. Je titube. La tête me tourne et je suis fatigué. Pas un malaise. Juste un épuisement. L’engueulade me pèse et me laisse un gout amer dans la bouche. Je m’installe sur le sofa et je me laisse sombrer contre les coussins sombres de mon sofa. Juste le temps que la pièce cesse de tanguer. Je passe lentement une main sur mes joues. Je pleure encore. Ma mère trouvait que les larmes étaient associées à des comportements efféminés. Mais aujourd’hui, je me l’autorise.

Au bout de cinq minutes, je retrouve un peu de contenance. Je me lève d’un pas hésitant. J’entre dans la cuisine et je pars la cafetière – au diable l’heure. J’hésite pendant un tout petit instant mais l’idée de toucher ma fille n’est pas une bonne idée et je le sais. Je suis retourné m’asseoir sur la chaise dans un coin de la cuisine. J’ai attendu un instant avant de murmurer un « Je suis désolé, ma grande. » un silence s’imposait entre nous. Une distance qui était essentielle. Après la tempête qui venait de nous secouer toute entière. Cherchant péniblement à garder la tête hors de l’eau. « Tu sais, je n’ai pas tant de mauvais jours que ça… mais je peux prendre rendez-vous pour d’autre options de traitement. » L’odeur du café me chatouilla les narines. Je marchais et ramassais ma tasse. J’en pris une tasse chaude et j’en pris une longue gorgée malgré le fait qu’il était brulant. « Le fait est que… je pourrais commencer par faire plus attention à ce que je mange et essayer de bouger un peu plus. » murmurais-je d’une toute petite voix.

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CÔTÉ COEUR : Tout juste mariée à Jimmy Muray et heureuse dans son couple, bien qu'elle craint qu'ils n'aient été trop rapides
PROFESSION : Danseuse à Londres et professeur de danse classique au conservatoire de Tenby
REPUTATION : Quand elle est partie, la demoiselle était anonyme, la voilà qui revient populaire. Personne ne comprend pourquoi elle a abandonné le succès et le luxe pour s'installer à Tenby. Pas même elle.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Dim 12 Oct - 18:50

William ∞ Lawrence
Waiting for the end to come wishing I had strength to stand this is not what I had planned it's out of my control so many things were left unsaid it's hard to let you go [LINKIN PARK]
Une, deux et trois gouttes d'eau abandonnent le robinet pour s'éclater dans le lavabo formant d'étranges dessins sur la paroi métallique. Une, deux et trois larmes salées abandonnant le creux de mes joues pour s’éclater dans le lavabo y formant de significatives taches comme autant de témoignages du fouillis sentimental m'obnubilant. La peur qui prédomine et me dicterait presque de fuir pour m'épargner souffrances et épreuves. La tristesse de réaliser l'état de déchirement de la famille Hardy et les supplices qu'on nous inflige. La colère envers ma mère et sa trahison, envers mon père et son mensonge, envers moi-même et mes erreurs. Et, quelque part, perdue au milieu de ce pessimisme, une infime note de joie. La joie de retrouver William et si nous aurions pu rêver meilleures retrouvailles, le simple fait qu'elles aient eu lieu suffit à nous réjouir un peu. A me réjouir du moins car concernant mon père mon retour sonne le début de soins et d'efforts je m'y engage et cela ne va pas forcément lui plaire...Un, deux et trois pas entre le salon et la porte de la cuisine. Je ne me retourne pas mais je m'illustre assez bien mon père dans l'encadrement. Durant tout un temps je cuisinais beaucoup et lorsqu'il rentrait du travail et que j'étais derrière les fourneaux il se plantait justement à l'entrée de la cuisine et nous parlions. De tout, de rien. Nous parlions le temps que mon gâteau soit cuit puis nous parlions tout en le mangeant et Ellie arrivait souvent à ce moment là. Quand les festivités étaient finies. Les festivités. Nous ne faisions jamais que discuter mais c'était suffisant. Là ou certains auraient eu besoin de partager des activités pour s'occuper, s'entendre ou se comprendre, avec Will tout passait par les mots. On se suffisait. Dire qu'aujourd'hui parler mène à plus de conflits que nous en avons eu en quatorze ans.

Il me semble qu'une éternité s'est écoulée depuis que j'ai quitté le salon. Mes jambes se dérobant sous mon poids devenu soudain trop important je me suis raccrochée au plan de travail pour ne pas tomber. Mon estomac se contractant à force d’écœurement et de nervosité j'ai progressé jusqu'au lavabo au dessus duquel je me suis penchée. Mes mains tremblants à cause de la foule d'émotions j'ai fait blanchir mes phalanges à les serrer contre le bord de la table. Ma tête souffrant suite à l'affront fait à mon cerveau d'assimiler tant et d'avouer si peu j'ai clos les paupières et ait entamé une espèce de respiration destinée à me soulager. Et c'est alors que je commençais lentement à retrouver un comportement normal que j'ai entendu mon père qui me rejoignait. Tétanisée j'ai cessé de penser et d'inspirer le temps qu'il passe près de moi. Lorsqu'il s'est éloigné mes fonctions vitales se sont remises en marche et j'ai senti quelques larmes de plus venir s’effondrer dans l'évier. Ploc, ploc, ploc. Un son ignoble. Le son de ma faiblesse. De nouvelles gouttes dégoulinent sur mes joues et je toussote tandis qu'elles tombent dans l'évier, tentative désespérée de camoufler ce bruit. De camoufler mon incapacité à me contenir, tout simplement. Quand je pense qu'il y a un instant à peine je me susurrais d'être forte. Montrer à William que je serais là, que je serais utile, que je serais capable d'assumer ce qu'il me faudra faire, ce qu'il me faudra voir. J'ai terriblement honte de moi et je sens mon père. J'entends sa respiration, je sens l'odeur de son café et son regard dans mon dos. Sa présence me fait culpabiliser. Je suis faible, je suis incapable de tenir le coup. Je n'ai rien vu, rien entendu, rien compris, rien assimilé. Il m'a épargnée, je me suis protégée du pire de ses paroles et pourtant je suis ravagée. Alors lorsqu'il me faudra affronter sa réalité, affronter hauts et bas qu'est-ce que je serais capable de faire? Vu comme je tremble je serais bien en peine de composer le numéro de téléphone des urgences. Vu comme je pleurs je serais incapable d'expliquer la situation d'une voix claire. Vu comme j'ai peur je serais capable de faire une crise de panique. J'ai rarement eu aussi honte de moi. A vrai dire j'ai rarement eu honte de moi. Les seules fois ou je l'ai été c'était face à William. Quiconque me connait un peu ne sera pas étonné. Décevoir mon père a sans doute été un de mes pires cauchemars durant mes quatorze premières années d’existence! Je me suis parfois sentie niaise et trop sentimentaliste face aux réactions excessives que je pouvais avoir lorsque mon père était mécontent de moi, cependant je n'y contrôlais absolument rien. C'est un peu comme maintenant. Je voudrais contenir mes larmes et mes craintes mais j'en suis incapable.

Je suis désolé, ma grande. Les mots résonnent un peu dans la pièce. Il faut dire que les lieux sont terriblement silencieux...et vide. Je pense que papa ne s'est jamais véritablement fixé ici. C'est un cocon de célibataire mais ce n'est pas un lieu ou il se fait bon vivre. Pas à longs termes en tous cas. Nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler de sa vie à Tenby, il faut dire que nous n'avons pas encore parlé de façon posée depuis nos retrouvailles, cependant je doute qu'il ait envisagé de finir ses jours dans cet appartement. D'ailleurs je pense que s'il a été si prompt à me parler de déménagement c'est qu'il envisageait déjà la chose avant mon arrivée. Quoi qu'il en soit je ne suis pas certaine que le projet soit toujours d'actualité. Après tout...Après tout est-ce que je vais rester? Nous ne nous sommes toujours pas mis d'accord à ce sujet et je ne suis pas certaine que William acceptera ma présence maintenant que je suis un peu moins naïve et un peu plus apte à lui exposer mes opinions. Tu sais, je n’ai pas tant de mauvais jours que ça… mais je peux prendre rendez-vous pour d’autre options de traitement. J'aurais voulu me tourner vers lui et hocher la tête avec un sourire. Chuchoter quelque chose comme Bonne idée ou au moins lui offrir un regard. Mais rien de cela, je persiste à lui tourner le dos et à ma morfondre dans mon silence. Il fait des efforts et je voudrais l'encourager mais mon crâne menace d'exploser, mes barrières de se briser. C'est dur à croire mais il y a un barrage à mes sentiments toujours en place. Oui j'ai les joues mouillées de larmes, oui je tremble. Et pourtant si je ne me contenais pas je serais dans un état plus pitoyable encore. Le fait est que… je pourrais commencer par faire plus attention à ce que je mange et essayer de bouger un peu plus. Il dit ça un café au bord des lèvres. Je n'y connais pas grand chose mais je doute que la caféine soit recommandée pour les soucis cardiaques. Enfin, qu'importe. Envisager des changements c'est déjà une bonne étape pas vrai? Le silence se fait. Je veux ma respiration la plus silencieuse possible. Les minutes s'égrainent et je prends petit à petit conscience que l'appartement n'est pas si silencieux que ce que je pensais. Il y a le tic tac de l’horloge, la déglutition de mon père qui boit son café et le son des voitures qui passent sur la route en contre bas. Entendre les sons c'est revenir à la réalité et je doute que ce soit une bonne idée pour le coup. Mais rien à faire, l'odeur de café m'aide un peu plus aussi à revenir sur Terre et je trouve alors la force de me tourner vers William. Je croise son regard et je vois les larmes séchées sur ses joues, ses mains tremblantes et son teint blafard. Barrage qui explose sans crier gare. Je sanglote, je renifle, je pleure, je tremble, je gémis et, aussi pitoyable que je suis je m'empresse de me blottir dans les bras de mon père. J'inspire l'odeur de sa chemise. Loin il y a les souvenirs d'une cigarette grillée, cela ne m'étonne pas vu le cendrier découvert dans son bureau. Qu'importe. Par dessus il y a l'odeur de son déodorant. Reconnaissable parmi tant d'autres.  Mais plus que tout, cette étreinte elle sent mon enfance. J'ai été privée près de deux ans de cette sensation et je ne m'étais pas rendue compte à quel point cela avait pu me manquer. Là, dans les bras de mon père je crois trouver la force de l'aider. La force d'être forte aussi longtemps qu'il le faudra. Aussi longtemps que je serais avec lui je me battrais pour lui. Mais pour l'instant je me laisse aller à un chagrin sans fin et sans précédent mêlant peur mais aussi joie et soulagement de me retrouver enfin près de lui. Pitoyable, certes mais assumée. De toute manière, une fois de plus, c'est incontrôlable. C'est moi gamine et blessée qui cherche du réconfort auprès de William. C'est moi désespérée devant un Disney qui me blotti contre William. C'est moi terrorisée à Halloween qui me cache derrière William. Et s'il faut un jour que ce soit William qui vient chercher de l'aide auprès de moi je serais là. Toujours.
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REPUTATION : Saviez-vous qu'il a des problèmes de santé plutôt majeurs? Il a quand même failli crevé au boulot. Remarquez qu'avec son amabilité... on s'en serait pas trop ennuyé.



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MessageSujet: Re: All our pieces ♦ William & Lawrence Dim 19 Oct - 4:26

Nous avons tous des choses qu’il nous faut un jour admettre. Des portes que l’on garde fermées dans notre maison. Des placards que l’on ne veut pas que nos enfants explorent librement. Ces vérités nous dérangent. Ces vérités nous troublent. Admettre ces choses, c’est toujours difficile. Toujours pénible. Toujours une bataille contre nous-même. Mais aussi contre le regard que l’autre porte sur nous.

C’était ce que je réalisais. Au courant des deux dernières années, j’avais recommencé à mettre des portes à mes placards. J’avais caché une information, puis une autre, puis une autre… et lentement mais surement le mensonge était devenu une manière de vivre. C’était bien plus que de cacher une réalité.

À Elizabeth, j’avais caché mes sentiments. Sous cette colère silencieuse que j’avais vécue pendant les premières semaines, on devinait encore de l’amour. Cocufié et brisé par son indifférence face à ma personne, je trouvais encore le moyen de ne pas être capable de lui en vouloir. Je connaissais l’histoire d’Elizabeth, sa difficulté à aimer et à s’attacher à autrui et son amour qui avait toujours été différent. J’avais mis le tout sur la même maladresse qu’elle avait eu au début de nous deux. Comme si c’était la même chose que de me poser un lapin que de me tromper. À cause de la porte close, j’avais fini par la perdre.

Aux habitants de Tenby, j’avais brusquement fermé plein de porte. Je n’avais jamais mentionné mon mariage. Parler de ma femme était douloureux en raison des sentiments contraires que je ressentais à l’égard de ma fille. Ne pas parler de Lawrence, parce que ma fille me donnait la vague impression d’être humain. Et je ne l’étais plus vraiment quand je suis arrivé à Tenby. Humain et compréhensif. J’avais caché la partie compréhensive de ma personnalité. Ma vie s’était axée autour de mon boulot. À la vitesse de la lumière, j’avais fait ce que ma femme… mon ex-femme avait tendance à faire. J’avais fermé les volets. Je m’étais isolé dans mon monde. J’avais pris plaisir à me faire détester et à être réduite à un connard de la pire espèce. N’avoir personne qui voulait de moi donnait raison à mon ex-femme, justifiant l’infidélité de ma douce et tendre Ellie.

À ma fille, j’avais caché mon état. Parce que je ne voulais pas qu’elle revienne par pitié. Je ne voulais pas qu’elle revienne parce qu’elle me devait quelque chose. Une partie de moi avait eu envie qu’elle me revienne parce qu’elle s’ennuyait de moi. De celui que j’avais un jour été. J’avais déjà été un homme bon. J’avais bien réussi à élever ma fille. Elle avait de bonne valeurs, elle avait de bonne note. Elle réussissait bien. Je ne voulais pas qu’elle prenne par contre certains de nos plis à Elizabeth et à moi. Notre côté inébranlable, issus de notre longue carrière dans la police. À force d’être neutre et de ne rien ressentir, on finissait par imploser quand revenait les émotions.

Mais ce jour-là… pour la première fois depuis longtemps. Je réalisais que de cacher ses choses n’était pas nécessairement la bonne chose à faire. Le fait que je l’ai caché à Lawrence pendant aussi longtemps n’avait rien fait de bien, ni à elle, ni à moi. Je m’étais épuisé et étrangement vide maintenant qu’elle savait que j’étais aussi malade que je l’étais. Beaucoup des décisions que j’avais prise au courant des derniers mois me semblaient particulièrement absurde. Le cacher à tous prix, c’était me mettre en danger. Mais je ne me sens pas encore prêt à accepter l’aide des médecins qui veulent m’aider. C’est beaucoup me demander que de prendre vraiment soin de la besogne. D’accepter de voir un médecin, de cesser de faire l’idiot, d’aller me faire opérer. Je perdrais mon emploi. J’en ai conscience. Sans mon emploi, je ne sais pas vraiment ce que je suis. Policier, c’est une de ses rares professions qui a cet impact très particulier. Avec le temps, on finit peu à peu par devenir notre profession. Je me définissais beaucoup plus par mon emploi que ce que je voulais admettre. Je ne sais pas ce que je deviendrais si je le perdais. Mais les ravages les plus claires faisait n’étaient pas sur moi. Ils étaient sur ma fille.

Je l’ai vu quand je suis rentré dans la cuisine. De dos, je la voyais tendue comme une corde de violon, s’accrochant à l’évier de la cuisine. Les jointures blanchies. Des larmes que je devinais. Des excuses, c’était ce que je lui devais. M’excuser d’être un idiot. M’excuser de ne pas être à la hauteur de sa fantaisie. Enfant, j’avais été son héros. C’était un fait. J’abordais aussi doucement l’idée de faire plus attention à moi. J’étais presque prêt à me croire, moi, le menteur pathologique, l’accros aux silences et aux non-dits. Le plus ironique, c’était que je disais ça avec une tasse de café à la main. C’était ma combientième aujourd’hui ? Jamais je ne m’en tire sous les cinq. J’en ai toujours trop consommé. Depuis trop longtemps. C’était comme la cigarette que j’ai fumé dehors en attendant les mets chinois qui sont maintenant froid… de toute façon, je n’avais pas faim. Immobile, opprimé par le silence de mon appartement, un silence bruyant et criard, je fixais ma fille. J’avouerais presque craindre les critiques qu’elle pourrait me faire et que je méritais. Mais non, ce qu’elle fit était pire. Lentement, très lentement, ma fille se retournait vers moi. C’était un cauchemar que de voir son visage fondre plus vite que neige au soleil. Elle était détruite et ruiné.


Comment avais-je pu faire autant de ravage dans sa vie et qu’elle revienne vers moi ? Valais-je largement les sacrifices que je lui demandais ? Serais-je capable de ne plus la décevoir comme je l’avais déjà fait à tant de reprises au courant des derniers mois ? J’avais beau voir les larmes sur son visage. Il me semblait que j’avais pleinement oublié comment j’étais sensé réagir à ce genre de situation. Parce que je savais que j’étais la cause de ses larmes. Je savais qu’elle avait peur. Probablement plus peur que moi qui restait stoïque face à cet état que j’avais à confronter. C’est elle qui a fait le premier geste. Un pas. Un autre. Un autre. Ses pas la menèrent dans mes bras.

Il n’y a que le son de ses sanglots. Que le son de ses larmes qui peuple l’espace et le silence de notre appartement. Son nez se blottit contre le col de ma chemise. Le mien atterrit dans ses cheveux. Si humer l’odeur de ma chemise lui fait du bien, l’odeur de son shampoing me rappelle qu’elle a vieilli depuis que j’ai quitté sa mère. Par extension, le fait qu’elle a vieilli me rappelle le fait que j’ai vieilli. Mes bras se resserrent contre elle. Lentement mais surement, je la berçais contre moi. Des images se superposent. Ce ne pouvait pas simplement être moi en train de consoler ma fille de seize ans. C’est nécessairement moi aussi qui prend ma fille de trois mois qui a des coliques et qui la berce jusqu’à ce que les larmes disparaissent – tant pis si demain j’irais travailler sans avoir vraiment dormi. C’est aussi nécessairement moi qui console ma fille avant ce premier déménagement ou elle avait réalisé que ça voulait dire ne plus avoir les mêmes amis à la garderie. C’est aussi des centaines de genoux écorchés, de cœur abimé, de chicanes inutiles avec cette amie à l’école qui ne comprend pas ce que vivait ma fille dans sa famille toujours en déplacement. Ce câlin était à l’image de ma paternité. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais compétent lorsque mes bras se sont refermés sur elle comme un cocon protecteur. À trop vouloir la protéger, je l’avais brisé. Mais j’étais pour tenter de mon mieux de la réparer et de l’aider à faire une chose comme celle-là. Doucement, ma main s’appuyait dans son dos et faisait des petits cercles doux : « C’est pas grave ma grande… tout va bien aller… Je te le promets. » dis-je doucement. C’est une promesse qui est un mensonge blanc. Je ne peux pas jurer que tout ira bien. Mais c’est le dernier mensonge que je raconterais à ma fille.

Comme je le disais. Nous avons tous des choses qu’il nous faut un jour admettre. Des vérités qui font mal. Tranchantes comme des couteaux. Elles peuvent faire plus de mal que de bien aux personnes qui doivent savoir. Ironiquement, mon état, à mes yeux, c’est ça. C’est une réalité immuable contre laquelle je ne peux rien faire. Elle vient d’ébranler l’univers de ma fille. Mais avec elle à mes côtés… demain ne peut être que plus beau et plus pur.

Hors-RP:
 

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All our pieces ♦ William & Lawrence

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